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Accueil du site > Actualités > Société > L’esclavage, un sujet Glissant

L’esclavage, un sujet Glissant

Fonder le Centre national consacré à la traite et à l’esclavage est la mission confiée au poète Édouard Glissant. Rappelons que, depuis 2001, le 10 mai est devenu une journée nationale consacrée à la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Le Parlement adoptait cette année-là, à l’unanimité, une loi faisant de l’esclavage un crime contre l’humanité.

La Documentation française publie un rapport sur la mission de fondation d’un Centre national pour la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Le rapport est préfacé par Dominique de Villepin.

Le devoir de mémoire :

On est loin ici de la caricature qui est faite aujourd’hui, par certains, du devoir de mémoire. Il ne s’agit pas de "repentance", mais d’un combat contre l’oubli, l’ignorance et les idées reçues, d’apporter témoignage aussi pour les siècles futurs.

"La grandeur d’un pays, c’est d’assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d’ombre. Notre histoire est celle d’une grande nation. Regardons-la avec fierté. Regardons-la telle qu’elle a été", avait déclaré le président Chirac en 2001.

Le choix de la date du 10 mai comme Journée nationale avait un temps prêté à discussion. Comme le fit remarquer François Bayrou, le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage par Victor Schoelcher tombait davantage sous le sens, ou bien la date de l’abolition de l’esclavage par la Révolution française et l’abbé Grégoire. Ce point de discorde s’est vite estompé derrière la grandeur du projet.

En 2006, le président Chirac confia à l’écrivain martiniquais Edouard Glissant la présidence d’une mission de préfiguration d’un Centre national consacré à la traite et à l’esclavage. "La mémoire de l’esclavage doit s’incarner dans un lieu ouvert à tous les chercheurs et au public". Ce Centre devra témoigner symboliquement de la capacité de la nation à se rassembler au-delà des polémiques nées de la concurrence des mémoires.

La conception d’Edouard Glissant :

Le poète martiniquais Edouard Glissant s’est très tôt démarqué des poètes de la négritude, Césaire et Senghor. Comme il le fait remarquer, c’est seulement dans les pays africains francophones que la notion de négritude est apparue. Cette notion n’est pas assez universelle. Glissant développe donc un projet moins binaire, plus universaliste : l’antillanité, la "créolisation". Face à la mondialisation libérale qui "massacre les peuples" et uniformise les cultures, il plaide pour une mondialité, en forme d’échanges "dont la loi ne serait plus le profit le plus éternel possible, mais les équilibres du donner-recevoir".

Pour Glissant, la colonisation française a revêtu une forme spécifique. Elle fut généreuse, mais aussi perverse parce qu’elle a tenté d’assimiler à tout prix le colonisé. Le colonialisme français est une sorte de menace pour la culture des peuples qui le subissent. Les partisans de Victor Schoelcher ont fini par marquer leur fidélité inconditionnelle à la métropole française, garante supposée des libertés nouvelles. En 1946, les schoelchéristes étaient devenus des assimilationnistes.

Il ne s’agit pas de repentance dit le poète : "Je trouve stupide de demander aux gens du repentir ou de la repentance, ou de faire semblant de croire que d’autres le demandent. Il n’est absolument pas question de cela." Il s’agit bien plutôt de lutter contre l’oubli et l’ignorance, d’éduquer la nouvelle génération sur ces questions. "Les non-dits, en ce qui concerne l’esclavage, sont innombrables. D’abord de la part des descendants d’anciens esclaves, dont certains ne veulent pas entendre parler de ce passé. C’est un non-dit très grave, car il laisse en suspens quelque chose qui n’est pas résolu."

Le rapport sur la mission de fondation d’un Centre national pour la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions :

Ce rapport est en ligne sur le site de la Documentation française (disponible ici en format pdf). On passera très vite sur la longue introduction de Dominique de Villepin qui n’offre aucun intérêt informatif. Un chapitre est consacré aux Antilles, à la mer Caraïbe et à l’océan Indien.

Concernant les abolitions officielles et gouvernementales, les proclamations furent de caractère très différent, essentiellement de trois natures, dit le rapport :

- l’abolition, arrachée par un soulèvement révolutionnaire des esclaves et qui aboutit à la création d’un nouvel État, c’est le cas de la seule Haïti (1794) ;

- les abolitions déclarées par les États, désormais souverains de la région, après qu’ils se sont émancipés de la tutelle colonisatrice européenne, c’est le cas des États-Unis, des pays de l’Amérique latine ou centrale, de la mer Caraïbe et, enfin, du Brésil (1881) ;

- les abolitions proclamées par les anciens pays colonisateurs et qui régissaient encore leurs possessions dans la région, c’est le cas pour les colonies anglaises des Antilles (1838) et pour les colonies françaises (1848).

Le Centre national pour la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions :

"Le Centre national sera visible. Il signifiera par sa stature, exactement comme un athlète en pleine activité. Il s’élèvera dans un lieu partageable par tous." Il comportera un centre national d’étude, une aire d’activités et d’actualités, un centre des archives portant sur le sujet et un mémorial.

Il existe des dizaines d’institutions consacrées à la mémoire de l’esclavage ou à l’étude de ses implications en Afrique, en Europe, en Amérique. L’ambition du centre ne sera pas de faire la synthèse de leurs documentations, mais de "transformer la nature même du corps d’étude et de réflexion à propos de l’esclavage transatlantique, de telle sorte que nous puissions mettre en relief et en relation des éléments jusqu’ici indistincts et isolés (...). Il s’agira d’opérer le mouvement contraire de ce qui se passe dans les histoires de ces esclavages, d’Amérique du Nord, de la mer Caraïbe, du Brésil, de l’océan Indien : elles sont demeurées opaques et indistinctes, et elles sont restées imperméables les unes aux autres, alors que, par exemple, les mêmes bateaux négriers desservaient tour à tour les ports de la mer Caraïbe, des Carolines et des Virginies, et parfois même poursuivaient au Brésil. Elles sont restées imperméables les unes aux autres, il faut établir pourquoi, et nos optiques d’étude seront précisément d’ouvrir toutes ces dimensions."

Les activités et actualités devront être tournées d’abord vers les jeunes, et la pédagogie sous des formes alternatives. Le mémorial représentera au mieux l’ensemble du Centre national et en donnera une image prestigieuse et de sérénité. L’entrée du mémorial sera dédiée à toutes les oeuvres d’art et aux centres répartis dans le monde et consacrés aux esclavages.

En conclusion, dit le rapport, "le Centre national est conçu non pas comme un lamentarium, mais comme un lieu vivant de relation, de mise en ferveur, d’échange de connaissances et de solidarités, ce qui manque le plus au monde, au moins dans les rapports des sensibilités des peuples. C’est ainsi qu’une accumulation de lieux communs, d’évidences tranquilles, nous porte." Le Centre ne sera pas exclusivement tourné vers le passé, ignorant du présent. Edouard Glissant veut, en effet, lancer une série de colloques pour envisager et préparer, avec l’appui des ONG et des gouvernements, l’installation d’un tribunal international qui aurait à juger des crimes d’esclavage moderne.


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101 réactions à cet article    


  • snoopy86 31 décembre 2007 11:53

    Il conviendrait également de confier (toujours aux frais du contribuable ) à Paulo La Taverne une mission consacrée à la fondation du CNCB le Centre National du Calembour Breton

    Combien a-t’il touché le pouette zantillais ? combien côutera le bidule s’il existe un jour ?


    • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 11:59

      Je savais bien que c’était un sujet glissant mais c’est pour faire parler, pour en parler. Combien ont rapporté à l’empire français ces millions d’esclaves ? La connaissance a-t-elle un prix à ne pas dépasser ? Lequel ?


    • Black Ader 31 décembre 2007 12:16

      « La grandeur d’un pays, c’est d’assumer toute son histoire. »

      Je comprend pas du tout pourquoi on nous demande d’assumer.. Evidement qu’on assume et que si c’était à refaire, on le referait ! Pourquoi nous souler avec ca ?

      Enfin, de toute façon, Chirac était gateux, alors ses déclarations..


      • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 12:26

        Vous évacuez bien vite la question par un trop facile « de toute façon Chirac était gâteux » qui vous dispense de toute introspection. Vous assumez et vous dites prêt à recommencer mais dans le rôle de l’esclave que l’on fouette et que l’on jette à fond de cale aussi ? Car on ne sait jamais à l’avance de quel côté on peut se trouver : l’Histoire n’est pas un long fleuve tranquille ; elle est pleine de vissicitudes.


      • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 12:29

        Votre « Pourquoi nous souler avec ca ? » me donne le sentiment de parler à un adolescent qui utilise cette expression quand il est mal à l’aise devant une vérité qui le bouleverse et qu’il préfère fuir plutôt que de regarder en face.


      • Krokodilo Krokodilo 31 décembre 2007 12:28

        Nul doute que pas mal de pays vont s’opposer à la naissance d’un tribunal international de l’esclavage moderne... Pays du golfe, Liban, et pas mal d’autres. Sinon, où trouver des « employées » de maison payées une misère pour la semaine de 80 heures, passeport confisqué, exploitables à merci et bonnes à tout faire... Les suicides d’employées de maison au Liban font quelques lignes au fond des journaux, ce qui est un progrès sur les pays où on n’en parle pas ! Et que dire des enfants bossant très jeunes en Chine, où contraints de souffrir des années pour sélectionner les futurs athlètes ou contorsionnistes, seuls espoirs pour leurs parents de sortir de la misère. Et l’esclavage sexuel, plus ou moins toléré par les pays qui apprécient les devises du tourisme sexuel ?

        La gloire du sport - et même de certains cirques - a des relents nauséabonds.

        Il est beaucoup plus facile de s’occuper des vielles lunes de la traite des noirs (à laquelle les chefs des peuples africains ont participé en vendant leurs ennemis), que personne ne nie mais qui devrait être du domaine des historiens, pas de la politique, que de s’attaquer aux turpitudes de notre présent, lesquelles devraient être la priorité des politiques.


        • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 12:35

          Vous avez bien compris l’un de buts de la démarche : il s’agit de cultiver le devoir de mémoire (et ce sont bien les historiens qui s’en occuperont et non le politique qui s’est contenté de donner l’impulsion nécessaire ainsi que les moyens) . Cette mémoire aura aussi pour ambition de lutter contre les formes d’esclavage moderne. Qui sait si demain certains de nos compatriotes même ne seront pas traités en esclaves dans des pays à très forte croissance où ils auront à s’exiler ?


        • Krokodilo Krokodilo 31 décembre 2007 13:33

          Sur l’entraide internationale : dans le film « Le jour d’après » et dans un téléfilm récemment rediffusé sur l’explosion du super-volcan du parc Yellowstone, des millions d’étatsuniens réfugiés au sud demandent l’entrée au Mexique et son aide.


        • daniel 31 décembre 2007 16:47

          Il y a un livre qui vient de sortir : « Du racisme français », qui fait fait un peu pendant à la « férocité blanche » de Uribe. Le projet de centre de mémoire de la traite s’inscrit dans cette aire là.

          Il ne s’agit en rien de lutter contre l’esclavage ou même d’un devoir de mémoire sur l’esclavage. Si c’était le cas on parlerait de l’esclavage, du servage , de la condition ouvriére épouvantable qui amena le peuple ouvrier de 1848 à conduire une révolution, au terme de laquelle l’esclavage fut aboli justement. Qui pour rendre justice à ce peuple de « blouses grises » , de « petits blancs » ???

          Il y a dans ce délire malade de mémoire folle quelque chose d’obscéne. Devons nous demander des comptes aux Musulmans qui ont massacré, colonisé l’Espagne, le Sud de la France ? Devons nous instaurer « des maisons de la mémoire », des « parcours méditatifs » à ce sujet ?

          Devons nous demander des comptes à la Turquie qui a mis en esclavages des millions de Chrétiens européens ???

          Nous ne demanderons pas de compensations financiéres, bien sur. Pas plus que nous n’en demanderons aux Haitiens coupables du génocide de toute leur population blanche, ou aux Algériens coupables d’épuration ethnique ....

          Vous allez me dire que ça ne sert à rien de remuer ces vieilles histoires, que ça va dresser les gens les uns contre les autres.... Vous aurez raison. Et c’est bien à cela que servent toutes ces cérémonies obscénes des « devoirs de mémoire » (rien que ce terme, ça pue l’hypocrisie , la haine ...).

          Et puis un détail : ce fameux devoir de mémoire occulte totalement la traite négriére arabe (il ne fallait pas stigmatiser les jeunes maghrebins, a dit Me Taubira....) ; il occulte la part africaine de la traite (TOUTE la traite a été africaine au départ : s’il ne s’était pas trouvé d’Africains pour vendre leurs compatriotes, il n’y aurait pas eu de traite.... Et pourquoi ces occultations ?? Pour ne pas semer divisions et troubles chez les non-blancs ??? Dites moi que je me trompe SVP ....

          Quant à la richesse issue de la Traite ...L’argent n’est pas une masse immobile ...Ou alors les peuples Africains héritiers des royaumes negriers , les Turcs héritiers de l’Empire Ottoman, surferaient sur l’or à ce compte là...


          • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 17:02

            « ça pue l’hypocrisie, la haine » : Non ! il s’agit de descendants d’esclaves aujourd’hui français comme vous et moi : les Antillais !


          • daniel 31 décembre 2007 17:42

            Oui nous avons fort bien compris qu’il s’agit de compatriotes Antillais.

            Ceci dit si nos compatriotes vendéens exigent le même genre de devoir de mémoire , ainsi que nos compatriotes cevenols, protestants (massacres de la St Bathelemy ; etc...), catholiques (massacres de Nimes et autres lieux), ...

            Sans parler de nos compatriotes Pieds-noirs (eux ont été séchement invités à se taire, d’ailleurs) ou bêtement « sous-chiens » : descendants d’esclaves ou de serfs ou de prolétaires asservis...

            Ca va en faire des devoirs de mémoire... Va t-on inviter les descendants d’esclaves noirs (attention à ne pas confondre avec un descendant de négrier africain !) à aller « méditer » sur un « parcours de mémoire » de la Commune avec ses « petits blancs » tombés pour un monde meilleur ? Ou des descendants de colonisés algériens à aller méditer sur les femmes et enfants massacrés à Philippeville ou à Guelma ?

            Je crains le pire...


          • La Taverne des Poètes 31 décembre 2007 19:07

            Vous sortez du sujet. Il est question d’esclavage. Le servage n’était pas l’esclavage. Une différence notable : ce dernier considérait les êtres humains comme des choses. Les peuples envahis ou opprimés que vous citez nont pas été mis en esclavage. Votre démarche est de tout amalgamer pour tourner en ridicule une cause noble et grave.


          • hurlevent 1er janvier 2008 20:14

            Entièrement d’accord Daniel.

            Tous les pays du monde ou presque ont pratiqué l’esclavage à un moment ou à un autre. Si on devait faire repentence, il y aurait des milliers de repentences croisées.

            Ce qui me gêne, c’est que l’on parle uniquement de l’esclavage des Africains par les Européens, jamais des autres esclavages.


          • ATHENA 31 décembre 2007 18:01

            Pourquoi faut-il que ce « devoir de mémoire » importune tant ceux qui voudrait bien oublier ou mieux encore ignorer ??

            Je crois quand à moi, que la connaissance historique des évènements de son passé est une nécessité pour toute nation. Et ce n’est pas parceque certains pays ne se posent aucune question (les Pays Arabes dans le cas de la traite africaine notamment) que celà justifie qu’ici nous nous en dispensions.

            Je ne suis pas du tout d’accord avec Daniel et d’autres qui trouvent que nous en « faisons trop » et que celà nous empêche de voir les turpitudes actuelles. L’un n’empêche pas l’autre bien au contraire, les évènements s’éclairent souvent entre eux !!

            Quand à imaginer que tous les citoyens français (pour ne parler que d’eux) connaissent parfaitement bien tous les aspects de la traite négrière c’est leur faire beaucoup d’honneur !! Il faut au minimum être passé par un collège et un lycée pour en connaître les grandes lignes et ce n’est pas le cas de tout le monde. Quand à ceux qui ont approfondi la question par curiosité personnelle... ils ne sont pas légion.

            Quand au raisonnement simpliste qui consiste à dire que les peuples africains ont été dans leur ensemble des esclavagistes, c’est pure fantaisie qui permet de se « déculpabiliser » à peu de frais. Les historiens savent bien qu’il y a eu en effet de nombreuses complicités, mais ils savent faire la part des choses et ne renversent pas la situation pour plus de confort personnel.

            Faut-il rappeler aussi que le propre du racisme est de considérer le blanc comme « l’étalon or » de la valeur humaine. Les amérindiens, les africains, les peuples d’océanie... ont longtemps été considérés comme « naturellement inférieurs » (la réligion catholique s’interrogeait même sur l’existence d’une âme). Quand les « blancs » sont victimes d’exactions et de haine, ce n’est pas du tout sur la base d’une prétendue infériorité, c’est au contraire l’envie d’accèder aux mêmes richesses, au même statut qui en le plus souvent le moteur. Je ne parlerai même pas du besoin qu’on certaines personnes de se « blanchiser » à tout prix pour se rapprocher un tant soit peu de la « norme ».

            Il n’y a que quelques decennies finalement que l’on sait sans équivoque possible que nous appartenons tous à une même et seule race : HOMO SAPIENS ce qui interdit toute possibilité de racisme !! Merci la génétique, merci la science !!

            Mais bien sûr tout le monde n’est pas encore au courant, il faut donc le crier bien fort et souvent !

            Comme il faut redire souvent que le pire est toujours possible : après les « camps de la mort » ont a cru naïvement que l’horreur ne pourrait plus se reproduire... on sait ce qu’il en est aujourd’hui.

            VIGILANCE DONC, aucune initiative n’est superflue !!!


            • daniel 31 décembre 2007 18:13

              aTHENA dit : « Quand au raisonnement simpliste qui consiste à dire que les peuples africains ont été dans leur ensemble des esclavagistes, c’est pure fantaisie qui permet de se »déculpabiliser« à peu de frais. Les historiens savent bien qu’il y a eu en effet de nombreuses complicités, mais ils savent faire la part des choses »

              Il ne s’agit pas de « raisonnement simpliste » mais de faits. Ignorer ces faits pour « déculpabiliser » les Africains (cette notion de culpabilité pour des faits dont ils ne sont pas responsables est d’ailleurs idiote) semblent être la marotte des racistes bien pensants d’aujourd’hui.


              • Makan 31 décembre 2007 18:50

                @daniel,

                Les Africains actuels sont majoritairement les descendants de ceux qui ont échappé à l’esclavage, qu’on n’a pas eu le temps de déporter.

                Votre raisonnement consisterait à dire qu’en France, les collabos étaient majoritaires en 40. Ce qui serait une insulte aux nombreux résistants qui ont lutté contre l’occupation allemande.


              • hurlevent 1er janvier 2008 20:18

                @ Makan : Vous oubliez que beaucoup d’esclaves africains étaient en esclavage en Afrique.


              • jako jako 2 janvier 2008 08:16

                @makan

                la résistance en france concernait seulement environ 45.000 personnes.


              • Makan 2 janvier 2008 09:30

                @hurlevent

                « Vous oubliez que beaucoup d’esclaves africains étaient en esclavage en Afrique. »

                Et beaucoup d’Européens de vrais négriers en Europe ?

                Je ne crois pas avoir nié le fait qu’il y ait eu des esclaves en Afrique. Je dirais même que les Africains actuels sont majoritairement les descendants de ces esclaves que les Blancs et leurs collabos locaux n’ont pas eu le temps ou l’occasion de déporter.


              • Makan 2 janvier 2008 09:33

                @jako

                « la résistance en france concernait seulement environ 45.000 personnes. »

                450.000 personnes qui ont eu le courage de prendre les armes et des millions d’autres qui étaient viscéralement contre l’occupation. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas pris les armes qu’ils étaient du côté de l’envahisseur.


              • hurlevent 2 janvier 2008 20:03

                « Et beaucoup d’Européens de vrais négriers en Europe ? »

                Vous oubliez que les Arabes ont également pratiqué la traite des noirs. En fait, vous oubliez tout ce qui ne vous arrange pas.


              • ATHENA 31 décembre 2007 18:55

                @Daniel,

                Il ne s’agit pas de culpabiliser les uns pour déculpabiliser les autres ! Comme vous le dites si bien, aujourd’hui nous ne sommes ni les uns ni les autres responsables de ce que firent nos « ancêtres » respectifs !

                Pour autant, il ne faut pas tout mélanger et vouloir pour distraire l’assemblée jouer avec les morts, c’est-à-dire passer en revue les massacres, pogroms, guerres de religions, bûchers aux sorcières et aux hérétiques de tout poil !!

                Ce mélange des genres est certes dans l’air du temps (le zapping permanent permet de ne jamais rien approfondir), mais à force d’amalgame, les mots n’ont plus aucune valeur. Or le mot esclave a un sens précis et doit le garder dans l’esprit des gens, vouloir le banaliser est ridicule et dangereux.


                • Landry Okili 31 décembre 2007 19:38

                  Je ne suis pas surpris par la tonne de conneries, d’inepties et de contradictions que les descendants de Colbert déversent en réaction à cet article. Pour votre lanterne les africains n’ont jamais vendus personne. Je demande à voir les actes de vente. Pourquoi ne met-on pas à la disposition de tous les chercheurs sur la traite négrière et l’esclavage, les archives des esclavagistes. Ils tenaient une comptabilité très rigoureuse. Je ne suis jamais tombé sur un acte de vente d’homme par les Africains. Pour la bonne et simple raison que ces vouyous les raflaient. Ou prenaient en otage les membres des familles des chefs et exigeaient leur libération contre un nombre précis d’hommes. Durant cette période les occidentaux n’achetaient rien. Ils pillaient, brulaient, décimaient toute résistance à leur bestialité. Si c’était le cas ils n’auraient pas semer autant de terreur en Afrique et en Amérique. Dans la grande majorité des cas, le personnel des navires négriers ne parlaient jamais de leurs activités inhumaines aux membres de leurs familles. Ils avaient donc conscience de l’abjection de leurs actes. Il y a une foule de fantasmes qui entoure cette période. Les occidentaux ont décidé d’étouffer cette page blanche de l’abomination humaine parce qu’elle les met en porte-à-faux avec l’idéologie droit de l’hommiste à géométrie variable qu’ils portent en bandoulière. Quelque soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par se lever. Nous ne sommes qu’à l’aube de ce jour. Tout le révisionnisme et la négation ou la dénégation de ce crime, est un combat d’arrière garde. Il serait plus sage d’aborder cette thématique dans le respect des souffrances des uns et des autres. Plus certains ramèneront leur morgue, plus ils radicaliseront ceux qui n’aspirent qu’à faire un devoir de mémoire. Les descendants d’esclaves découvrent l’histoire qu’on leur a occultée ou dénaturée. Cette prise de conscience est irréversible. L’arrogance, la violence, le mensonge et l’hypocrisie du descendant de Voltaire n’y changera rien. Avant de donner des leçons de démocratie à la terre entière, certains feraient mieux de balayer leur paillasson. Jamais barbarie n’aura connu une telle ampleur dans le temps, dans la bestialité et dans le nombre, de toute l’histoire de l’humanité. Cela gène beaucoup aux entournures de savoir que plus sauvages qu’eux ça n’existe pas... s’ils analysaient les choses ils verraient que leur sauvagerie et leur bestialité sont toujours d’actualité, elles ont seulement pris d’autres formes. Regardons l’histoire tous ensemble, ce sera un gage de paix sur terre. Le contraire ne présage rien de bien.


                  • Jean-Paul Doguet 1er janvier 2008 11:45

                    « Je ne suis pas surpris par la tonne de conneries, d’inepties et de contradictions que les descendants de Colbert déversent en réaction à cet article. Pour votre lanterne les africains n’ont jamais vendus personne.Je demande à voir les actes de vente. »

                    Quelle absurdité ! Il y a une large littérature sur cette question. Lisez par exemple le livre très remarquable de Meillassoux, « Anthropologie de l’esclavage ». L’absence d’actes écrits n’est pas une « preuve » puisque de toute façon les civilisations africaines traditionnelles n’enregistraient pas par écrit les actes juridiques. Mais il y a de nombreux autres traces, dessins et témoignages. Allez voir la belle exposition sur le royaume du Bénin actuellement au Musée du Quai Branly, avec les anneaux ou « maniques » qui étaient symboles de richesse au Bénin. C’était à l’origine des menottes pour prisonniers de guerre vendus. D’ailleurs la traite était une des sources de la richesse de ce royaume (ou plus exactement de ses rois).

                    Je pense que vous vous trompez d’argument dans le débat. Personne ne peut nier que la société africaine ait été complice de la traite, mais cela ne dédouane en rien l’Europe ni l’Amérique de leur responsabilité. La traite a eu trois sociétés protagonistes.


                  • Landry Okili 1er janvier 2008 14:18

                    L’histoire de cette atrocité contée par les chercheurs français à quelques exceptions près, est une escroquerie. Je suis content que ce débat s’ouvre en fin. Le cuistreries et autres fantasmes de descendants de négriers seront mis à nu. Pour votre information. Je suis tombé par hasard lors d’une visite à un musée à Nantes sur le tableau de bord de Surcouf. Il n’est jamais mentionné achat d’esclave, mais capture. Avec un décompte précis jour par jour. Arrêtez vos singeries ! Je vous conseille le livre de Gomes Eanes de Zurara « Chronique de Guinée (1453) » ou celui de Mungo Park, « Voyage à l’intérieur de l’Afrique ». Il y a des résistances intellectuelles en France sur cette question qui dépassent tout entendement. Les espagnols, les portugais, les anglais, les états-uniens, les hollandais, etc., commencent à aborder cette page blanche de la bestialité blanche de manière scientifique. Seuls les français se ferment, qu’ont-ils à perdre de traiter cette histoire avec les mêmes méthodes historiographiques que d’autres évènements à peu près comparables. Quand l’intelligentsia français prend les élucubrations de Pétré-Grenouilleau pour du travail scientifique, elle ne rend pas service aux grands esprits qui ont marqué ce pays. Citez-moi des références objectives et scientifiques et non des bêtises. Vous parlez du fait que les africains n’écrivaient pas leurs actes. J’ai des traités de coopération entre des Royaumes africains et des puissances occidentales qui datent de la même période. Par exemple entre le roi du Portugal Jean II et le roi Nzinga Bemba du Congo. Ouvrez les archives de Nantes, Bordeaux, La Rochelles, etc., aux chercheurs noirs pour que s’amorcent un débat franc et ouvert. Sinon, fermez-là.


                  • Jean-Paul Doguet 1er janvier 2008 15:29

                    Il est absurde d’écrire comme vous l’avez fait qu’aucun Africain n’ait vendu un autre homme. Personne ne soutient cela.

                    Je pense que vous pratiquez une certaine forme de terrorisme intellectuel visant à discréditer tout espèce d’interlocuteur du moment qu’il est français. C’est bien sûr contraire à toute espèce de sérieux intellectuel et cela interdit toute espèce de discussion rationnelle. je puis vous assurer que je ne suis pas un « descendant de négrier » mais peu importe. Une partie importante des sociétés africaines a connu l’esclavage des prisonniers de guerre bien avant que la traite transatlantique ne se développe au XVe siècle. Celle-ci avait été précédé par une traité saharienne où les Arabes avaient joué un rôle important. Le livre très remarquable de Maillassoux que je vous conseille de lire s’interroge sur ce fait (qui a existé d’ailleurs en Europe et au Proche-Orient dans l’Antiquité).

                    J’ai lu le livre de Pétré-Grenouillaux. Il m’inspire des réserves sur certains points (son insistance par exemple à nier que l’argent de la traite ait pu servir l’accumulation du capital européen au XVIIIe siècle). Par ailleurs, il discute les livres des uns et des autres sans apporter grand chose de personnel, mais je pense que c’est quelqu’un de sérieux et d’estimable et je désapprouve la haine curieuse dont il fait l’objet.

                    Vous ne m’apportez pas de réponse satisfaisante à propos de mon argument. Rien non plus sur le Bénin. Il ne faut pas confondre les transactions individuelles et les traités. Les premières n’ont pas été archivées par les Africains. Les traités que vous mentionnez l’ont été lorsqu’un des protagonistes était européens, et encore là aussi ça n’a pas toujours été le cas. Personne, que je sache, n’empêche les Africains de consulter les archives des ports négriers français (ou anglais).

                    Il y a eu oui des razzias, mais c’est resté minoritaire. D’ailleurs il est impossible de fonder une activité organisée sur des seules razzias au succés aléatoire. Et la traite a concerné des millions d’hommes. Il est absurde nier l’évidence comme vous le faîtes, à savoir l’existence d’un commerce d’esclaves interafricain qui a trouvé dans la vente à des commerçants étrangers une source de revenus essentiellement pour les rois locaux. La traite esclavagiste est un crime commis à trois, qui fait intervenir la complicité de trois mondes, l’Afrique, l’Amérique et l’Europe.


                  • Landry Okili 1er janvier 2008 18:48

                    J’assume et revendique qu’aucun africain n’a vendu personne. Je ne fais pas dans l’idéologie dominante comme vous. Je demande à voir des preuves. Vous me répondez que les africains ne les ont pas archivées. Pendant quatre siècles de terreur nous serions au moins tombés sur un seul document. Pour votre gouverne, il y a une correspondance abondantes entres les rois africains et les rois occidentaux sur leur refus de vendre leurs concitoyens et de les christianiser de force. Je mets au défi quiconque de m’apporter une preuve sur la vente supposée d’hommes par les rois africains. Lorsqu’on va acheter quelque chose on ne brûle pas tout sur son passage. Drôle de manière de faire ses courses. On ne se cache pas aux alentours des villages la nuit tombée pour kidnapper le malheureux qui aura l’imprudence de trainer par là. Arrêtez vos salades. Lorsqu’on ne partage pas vos élucubrations vous sortez tout de suite les grands mots « terrorisme intellectuel ». Pour votre lanterne, c’est l’occident qui pratique du terrorisme intellectuel sur ces questions. Je vous reprends texto la 4e de Couverture du livre de Bwemba Bong « Quand l’Africain était l’or noir de l’Europe » : Toute l’histoire des razzias négrières transatlantiques tourne autour de cette réalité des rapports entre l’Europe d’hier, l’Occident d’aujourd’hui et l’Afrique noire. C’est dire que la réponse qui en découle tout naturellement, éclaire de mille éclats de la Vérité, cette page tragique de l’histoire de l’Afrique et du peuple noir. Ce génocide sur lequel, jusqu’alors, l’Occident s’est, par diverses formes de terrorisme dont il a l’art du secret et le secret de l’art, réservé le monopole de la narration. Un droit de regard exclusif par lequel il s’est institué Juge, Partie, Jury et au surplus Exécuteur testamentaire pour la partie du peuple noir qu’il a déportée pendant quatre siècles comme bêtes de sommes, par l’une des plus terribles violences, pour son bien-être et son confort.

                    Lorsqu’ils encensaient Pétré-Grenouilleau, les médias français n’ont jamais, je dis bien jamais, invités des contradicteurs noirs face à lui. Il y a en des tonnes sur la place de Paris. Pourquoi ? Parce que nous n’étions pas dans un débat universitaire mais bel et bien dans de la propagande occidentalo-occidentale. Nous discutons de traite négrière transatlantique. Restons sur celle-là. Je ne minore pas les effets de la traite arabe, mais c’est un autre débat. C’est justement le travers du débat sur cette question. Pourquoi chaque fois que les occidentaux sont acculés sur leurs turpitudes ils veulent se défausser sur celles des autres ? Il n’y avait pas d’esclavage en Afrique à cette période-là. L’Afrique connaissait du servage, on ne peut le nier. Les serfs étaient tellement bien intégrés qu’il arrivait que certains terminent à la tête d’un royaume. Chose impossible dans un système esclavagiste. Je trouve que notre débat pour plus de clarté devrait concerner des périodes précises pour qu’on sache de quoi nous parlons. La transfiguration de l’Afrique vient de cette triste incurie. Toutes les structures actuelles de l’Afrique sont la conséquence de ce démembrement. L’Afrique était constituée de grands ensembles culturels et linguistiques. Ce sont les occidentaux qui ont saucissonné le continent pour mieux l’assujettir. Tous les ersatz de cultures africaines contemporaines sont des pâles réminiscences de l’Afrique majestueuse de l’avant traite atlantique. Je vous le confirme, en France il y a un ostracisme intellectuel sur cette question, ne vous déplaise. On ose organiser des ventes aux enchères d’objets et documents sur cette barbarie sans que cela n’émeuve personne, à part quelques associations noires. Alors que tout le travail de recherche reste à affaire. On empêche les chercheurs noirs qui ne font pas partie du système de consulter certains documents. Les descendants des grandes familles négrières refusent de mettre sur la place publique les archives de leurs ancêtres. C’est dire tout le mépris que cela suscite. Les pouvoirs publics se comportent comme si cette histoire n’avait rien à voir avec la république. J’ai le sentiment qu’elle ne concerne que les originaires des DOM-TOM. Combien de chaires sur cette abomination dans les universités françaises ? C’est à peine depuis 2 ou 3 ans qu’il y a un balbutiement de recherche.


                  • Landry Okili 1er janvier 2008 18:48

                    J’assume et revendique qu’aucun africain n’a vendu personne. Je ne fais pas dans l’idéologie dominante comme vous. Je demande à voir des preuves. Vous me répondez que les africains ne les ont pas archivées. Pendant quatre siècles de terreur nous serions au moins tombés sur un seul document. Pour votre gouverne, il y a une correspondance abondantes entres les rois africains et les rois occidentaux sur leur refus de vendre leurs concitoyens et de les christianiser de force. Je mets au défi quiconque de m’apporter une preuve sur la vente supposée d’hommes par les rois africains. Lorsqu’on va acheter quelque chose on ne brûle pas tout sur son passage. Drôle de manière de faire ses courses. On ne se cache pas aux alentours des villages la nuit tombée pour kidnapper le malheureux qui aura l’imprudence de trainer par là. Arrêtez vos salades. Lorsqu’on ne partage pas vos élucubrations vous sortez tout de suite les grands mots « terrorisme intellectuel ». Pour votre lanterne, c’est l’occident qui pratique du terrorisme intellectuel sur ces questions. Je vous reprends texto la 4e de Couverture du livre de Bwemba Bong « Quand l’Africain était l’or noir de l’Europe » : Toute l’histoire des razzias négrières transatlantiques tourne autour de cette réalité des rapports entre l’Europe d’hier, l’Occident d’aujourd’hui et l’Afrique noire. C’est dire que la réponse qui en découle tout naturellement, éclaire de mille éclats de la Vérité, cette page tragique de l’histoire de l’Afrique et du peuple noir. Ce génocide sur lequel, jusqu’alors, l’Occident s’est, par diverses formes de terrorisme dont il a l’art du secret et le secret de l’art, réservé le monopole de la narration. Un droit de regard exclusif par lequel il s’est institué Juge, Partie, Jury et au surplus Exécuteur testamentaire pour la partie du peuple noir qu’il a déportée pendant quatre siècles comme bêtes de sommes, par l’une des plus terribles violences, pour son bien-être et son confort.

                    Lorsqu’ils encensaient Pétré-Grenouilleau, les médias français n’ont jamais, je dis bien jamais, invités des contradicteurs noirs face à lui. Il y a en des tonnes sur la place de Paris. Pourquoi ? Parce que nous n’étions pas dans un débat universitaire mais bel et bien dans de la propagande occidentalo-occidentale. Nous discutons de traite négrière transatlantique. Restons sur celle-là. Je ne minore pas les effets de la traite arabe, mais c’est un autre débat. C’est justement le travers du débat sur cette question. Pourquoi chaque fois que les occidentaux sont acculés sur leurs turpitudes ils veulent se défausser sur celles des autres ? Il n’y avait pas d’esclavage en Afrique à cette période-là. L’Afrique connaissait du servage, on ne peut le nier. Les serfs étaient tellement bien intégrés qu’il arrivait que certains terminent à la tête d’un royaume. Chose impossible dans un système esclavagiste. Je trouve que notre débat pour plus de clarté devrait concerner des périodes précises pour qu’on sache de quoi nous parlons. La transfiguration de l’Afrique vient de cette triste incurie. Toutes les structures actuelles de l’Afrique sont la conséquence de ce démembrement. L’Afrique était constituée de grands ensembles culturels et linguistiques. Ce sont les occidentaux qui ont saucissonné le continent pour mieux l’assujettir. Tous les ersatz de cultures africaines contemporaines sont des pâles réminiscences de l’Afrique majestueuse de l’avant traite atlantique. Je vous le confirme, en France il y a un ostracisme intellectuel sur cette question, ne vous déplaise. On ose organiser des ventes aux enchères d’objets et documents sur cette barbarie sans que cela n’émeuve personne, à part quelques associations noires. Alors que tout le travail de recherche reste à affaire. On empêche les chercheurs noirs qui ne font pas partie du système de consulter certains documents. Les descendants des grandes familles négrières refusent de mettre sur la place publique les archives de leurs ancêtres. C’est dire tout le mépris que cela suscite. Les pouvoirs publics se comportent comme si cette histoire n’avait rien à voir avec la république. J’ai le sentiment qu’elle ne concerne que les originaires des DOM-TOM. Combien de chaires sur cette abomination dans les universités françaises ? C’est à peine depuis 2 ou 3 ans qu’il y a un balbutiement de recherche.


                  • hurlevent 1er janvier 2008 20:30

                    « J’assume et revendique qu’aucun africain n’a vendu personne. »

                    Vous vous égarez complètement. Vous niez la réalité du commerce triangulaire, dont je vous rappelle les principes : marchandises d’Europe vers l’Afrique, esclaves d’Afrique vers l’Amérique, et sucre/mais/etc d’Amérique vers l’Europe. Les esclaves ont bien été achetés. Ils ont étés vendus par les Africains, qui, lors de combats inter-tribaux, mettaient en esclavage les perdants. Cette vente s’est effectuée aux vendeurs Arabes d’abord, Européens ensuite.

                    Je vous invite à lire l’histoire du Dahomey : http://en.wikipedia.org/wiki/Dahomey

                    Et le commerce triangulaire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_triangulaire

                    Donc, pour votre lanterne, les Africains ont vendus des esclaves. En masse. Désolé, mais c’est la réalité.


                  • moebius 31 décembre 2007 23:36

                    il n’y apas seulement que les européens qui pratiquait l’esclavage d’autres le pratiques encore et qui osent de la dénoncer


                    • moebius 31 décembre 2007 23:37

                      bonne année


                    • Landry Okili 1er janvier 2008 03:28

                      Personne ne dit que les européens ont été les seuls à pratiquer l’esclavage. Mais que les européens ont été les seuls à le pratiquer à une échelle industrielle, inhumaine, bestiale et codifiée aussi longue. Les Africains et les Amérindiens ne se sont jamais remis de leur rencontre avec l’homme blanc. Il a théorisé (Ancien Testament, Bible), codifié (Code Noir), « justifié » « scientifiquement » (Lapouge, Gobineau, Cuvier, etc.) sa bestialité. Ses névroses l’habitent jusqu’à aujourd’hui. La colonisation c’est encore très récent. Lorsqu’on va exterminer des peuples pour exploiter, piller, voler leurs matières premières et qu’on se permet de dire que le dispensaire qu’on a construit pour soigner les colons, ou la route qu’on a construit pour évacuer les produits volés, est un bienfait de la colonisation... Cela relève de la psychiatrie. Rien d’autre. Personne n’a apporté une contradiction au livre de Mme Rosa Amelia Plumelle-Uribe, La férocité blanche... On le dénigre de manière allusive sans contre-argumenter sur le fond. Pareil pour le livre de Mme Tobner. Je souhaite organiser un débat avec tous les bouseux, tapis comme toujours dans l’ombre pour dénigrer, mépriser sans aucune construction intellectuelle. Pourquoi les grands médias nationaux n’invitent-ils pas sur leurs plateaux ces deux dames pour débattre face à des contradicteurs vecteur de la pensée négrophobe ? I Télé a invité Mme Plumelle-Uribe il y a deux, pour censurer 90% de son intervention. C’est ce qu’on appelle un pays démocratique. Mensonge et hypocrisie quand vous nous tenez. En somme minable. Le travail de déconstruction de votre escroquerie droit de l’hommiste est en marche. Aucune nation européenne ne peut se permettre de donner des leçons à un pays Africain. Je dis bien aucune ! Un criminel ne peux pas juger d’honnêtes gens. Tous les potentats africains sont des émanations de l’occident. Mis en place pour empêcher la renaissance africaine et piller le sol et sous-sol de ces Etats. La renaissance africaine se fait malgré tout. Lentement. Mais elle se fait. Vos sbires vont tomber un à un. M. Sarkozy ne se permettra plus d’aller insulter les gens chez eux. Internet nous permet de ne plus être exposé à vos propagandes. L’information circule en temps réel. Fini les manipulations des opinions. Seuls les peuples occidentaux subissent encore le lavage des cerveaux d’une élite corrompue et cynique.


                      • La Taverne des Poètes 1er janvier 2008 03:59

                        L’effet Le Pen-Sarkozy sur le devoir de mémoire est désastreux. C’est l’esprit repentance zéro, comme si le devoir de mémoire, c’était de la repentance et rien d’autre. Je pense comme Glissant qu’il faut faire de ce devoir de mémoire une force positive et internationale pour non seulement regarder notre passé en face (et par un effet d’entraînement inciter d’autres peuples à en faire autant) mais aussi veiller sur le présent et l’avenir, lutter contre les formes d’esclavage moderne. Cela passe par l’éducation qui est une arme contre l’oubli et l’ignorance.


                      • hurlevent 1er janvier 2008 20:51

                        « Mais que les européens ont été les seuls à le pratiquer à une échelle industrielle, inhumaine, bestiale et codifiée aussi longue. »

                        Ha oui ? aussi longue ? Les Arabes ont pratiqué l’esclavage du XVe au XXe siècle. Les Européens du XVIe au XIXe siècle. Les pays Européens sont les premiers, au monde, a avoir aboli l’esclavage. Je passe sur le reste de votre commentaire (comme si les autres esclavages étaient moins bestiaux et inhumains).

                        « Ses névroses l’habitent jusqu’à aujourd’hui. »

                        Ne prenez pas votre cas pour une généralité ...


                      • moebius 1er janvier 2008 03:43

                        ..vive la renaissance africaine mais vous en etes malade


                        • Landry Okili 1er janvier 2008 04:23

                          Dire que les noirs ne sont pas malades serait mensonger. Lorsqu’on a subi des atrocités comme la traite négrière et l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation ça laisse des séquelles profondes. Il faut faire une catharsis. Cela relève presque du miracle qu’il y ait encore des noirs en vie à la surface du globe. La barbarie blanche a eu raison des Amérindiens. Complètement desarticulés. Les traumatismes qu’ont subi les noirs sont incommensurables. Pour moins que ça d’autres pleurnichent à longueur d’antennes. C’est vous dire la force mentale et psychique qui est la nôtre. Nous avons un travail de reconstruction à faire. Nous assumons notre réalité. Ce n’est malheureusement pas le cas des fous qui nous ont fait et nous font du mal jusqu’à maintenant. Il nous faut sortir de ce face à face avec l’homme blanc... le laisser seul face ces névroses... il s’autodétruira. Les psychiatres doivent se pencher sur la violence que cet individu porte en lui. D’où vient cette haine l’autre chez lui ? Il y a un champs de recherche à explorer.


                          • Malraux Malraux 1er janvier 2008 18:08

                            Vous parlez vraiment comme un raciste de bas étage !!!

                            Il n’y a pas plus de « barbarie blanche » que de « sauvagerie noire ». De nombreux hommes à la peau blanche n’ont jamais réduit quiconque en esclavage, et de nombreux hommes à ma peau noire n’ont jamais été ni mis en esclavage, ni même colonisés (deux choses très différentes, même si bien souvent les partisans de la repentance font allègrement l’amalgame)...

                            Quasiment toutes les sociétés du monde sont passées par des périodes de violence extrême et la violence d’une société n’a rien à voir avec la couleur de la peau de ses membres.

                            Comme l’a fait remarquer un autre contributeur, ce qui différencie pour les historiens la traite négrière transatlantique de la traite intra continentale à l’Afrique, c’est simplement l’existence ou non de documents écrits. Les sociétés européennes sont depuis très longtemps des sociétés de l’écrit, comme les sociétés moyen orientales, tandis que les sociétés d’Afrique sub saharienne ont été pendant longtemps des sociétés de traditions orale. Et la tradition orale, quelle que puisse être son utilité comme élément de cohésion sociale, n’atteint jamais la précision, l’exactitude, la froideur des livres de compte. Il est plus facile de s’insurger contre quelque chose qui a laissé des traces objectives que de tenter d’objectiver ce qui n’a pas laissé de traces. Il est même possible de le nier.

                            Le travail des historiens est justement AUSSI de savoir reconnaître « en négatif » ce qui n’a pas laissé de traces objectives. On ne trouve peut être pas de contrats d’achats d’esclaves aux souverains des royaumes africains de la côte pour qui l’écrit n’avait aucune valeur, par contre on peut très bien trouver dans les manifestes des navires négriers à Nantes ou St Malo le décompte exact de la « pacotille » embarquée dans le seul but de servir de monnaie d’échange dans cette traite triangulaire. Et qui dit « monnaie d’échange » dit obligatoirement bénéficiaires de cette monnaie...

                            Il y a sans doute une névrose de l’esclavage dans les peuples antillais, mais comme toute névrose, elle n’est pas la conséquence d’un préjudice subi, mais d’un conflit interne entre deux pulsions contradictoires : d’un côté la « tentation victimale », avec tous les bénéfices secondaires qu’on peut en tirer (et pas seulement matériels...) et de l’autre le désir de normalité dans une société française à laquelle les antillais sont profondément liés autant par la réalité de leur vie quotidienne que par le fantasme des ancêtres blancs dont ils ont tous sinon connaissance réelle, du moins conscience fantasmatique.

                            Pour revenir à la repentance chiraquienne, autant la _connaissance_ de la réalité de l’histoire de l’esclavage est un devoir car elle est une partie indissociable de l’histoire de notre communauté, autant la « repentance » est une notion profondément perverse, injuste pour les français d’origine européenne et maintenant les français d’origine africaine dans une position d’infériorité psychologique qui n’a rien à voir avec leur intégration dans la société du 21ème siècle


                          • Makan 1er janvier 2008 19:42

                            @Malraux (IP:xxx.x48.136.95)

                            « Il y a sans doute une névrose de l’esclavage dans les peuples antillais, mais comme toute névrose, elle n’est pas la conséquence d’un préjudice subi, mais d’un conflit interne entre deux pulsions contradictoires : d’un côté la »tentation victimale« , avec tous les bénéfices secondaires qu’on peut en tirer (et pas seulement matériels...) »

                            N’importe quoi.

                            L’Européen ramène toujours tout à l’argent, aux bénéfices et aux intérêts. Il projette sa propre cupidité sur tous les peuples.

                            Des millions d’hommes et de femmes luttent pour retrouver leur dignité bafouée et vous, vous pensez que des siècles d’humiliation, de déshumanisation, de théorisation de leur infériorité ne sont pas des causes suffisante de cette névrose mais plutôt le désir d’en tirer des avantages matériels. Quel aveuglément !

                            « et de l’autre le désir de normalité dans une société française à laquelle les antillais sont profondément liés autant par la réalité de leur vie quotidienne que par le fantasme des ancêtres blancs dont ils ont tous sinon connaissance réelle, du moins conscience fantasmatique. »

                            Quand au « fantasme des ancêtres blancs », comme vous le dîtes, c’est plutôt plus un sujet de honte que de fierté pour ces hommes et femmes. Quelle gloire y a-t-il à tirer du fait que son ancêtre a été violée par son maître blanc et qu’on est le fruit, même lointain, de ce viol ? Et puis, quel fantasme y a-t-il donc à avoir un ancêtre blanc ? Vous croyez encore à la vieille connerie de l’amélioration de la race noire ? Pourquoi ne pas parler plutôt d’ « abâtardisation » de la race noire qui a été souillée par ce sang blanc.


                          • Malraux Malraux 1er janvier 2008 20:22

                            « Vous croyez encore à la vieille connerie de l’amélioration de la race noire ? Pourquoi ne pas parler plutôt d’ « abâtardisation » de la race noire qui a été souillée par ce sang blanc. »

                            Je ne reviendrai pas sur le caractère raciste de vos propos sur la « race noire souillée par du sang blanc »...

                            La relation des antillais avec la couleur de la peau et les origines ethniques est beaucoup plus complexe que ce que vous caricaturez ici. Il n’y a pas « les bons noirs » et « les méchants blancs » Il n’y a pas d’ailleurs de « noirs » et de « blancs »... Il y a d’infinies variétés de nuances, du chabin au congo, de l’indien au blanc pays. Les relations avec les uns ou les autres sont régies par des codes dans lesquels l’ancienneté de la présence sur place est plus importante que la couleur proprement dite.

                            Les congos (les plus noirs de peau) et les indiens, tous arrivés après l’abolition de l’esclavage sont pourtant ceux qui ont eu le plus de difficultés à se faire une place dans la société antillaise et qui ont le plus subi de discriminations de la part des anciens habitants, blancs ou descendants d’esclaves.

                            Quant au mythe de la gentille noire violée par le méchant maître blanc, je vous fais remarquer que 160 ans après l’abolition, un antillais jeune adulte aujourd’hui est au moins la sixième génération d’homme libre. Ça veut dire qu’il a 32 arrière arrière GP nés libres et 64 AAAGP qui ont vécu au temps de l’esclavage. Parmi ces 32 ou 64 ascendants il y a quasiment toujours un ou plusieurs (voire 1/4 ou la moitié) ascendants d’origine européenne. Et que ça vous fasse plaisir ou pas, c’est souvent ça qui est valorisé.

                            Alors est ce qu’enfoncer les antillais dans leur position de victime est vraiment utile pour eux, je ne crois pas. Vous faisiez allusion dans un de vos posts à la psychiatrie, il me semble qu’en l’occurence il n’y a rien de bien efficace sur le plan narcissique de s’entendre seriner à longueur de temps qu’on est un fils d’esclave et qu’il n’y a que ça d’important dans la vie...


                          • Makan 1er janvier 2008 20:46

                            @Malraux (IP:xxx.x3.194.20)

                            « Quant au mythe de la gentille noire violée par le méchant maître blanc, je vous fais remarquer que 160 ans après l’abolition, un antillais jeune adulte aujourd’hui est au moins la sixième génération d’homme libre. Ça veut dire qu’il a 32 arrière arrière GP nés libres et 64 AAAGP qui ont vécu au temps de l’esclavage. Parmi ces 32 ou 64 ascendants il y a quasiment toujours un ou plusieurs (voire 1/4 ou la moitié) ascendants d’origine européenne. Et que ça vous fasse plaisir ou pas, c’est souvent ça qui est valorisé. »

                            Bien sûr, pour vous, il suffit qu’un crime se soir passé il y a 160 ans pour que ce ne soit plus un crime. Je pense que si certains Noirs, se blanchissent la peau, il doit bien y en avoir effectivement qui mettent en valeur leur « origines » européennes. Il y a des esprits faibles partout. Mais cela n’enlève rien au crime qui a été perpétré et à la souillure du sang noir que constituent ces viols.

                            « Alors est ce qu’enfoncer les antillais dans leur position de victime est vraiment utile pour eux, je ne crois pas. »

                            Personne ne cherche à enfoncer qui que ce soit dans une position de victime. Il s’agit de rendre justice à la mémoire des hommes et des femmes qui ont été bafoués dans leur dignité. C’est facile de lancer les mots magiques de « victimes » et de « victimisation » aux visages de ceux qu’on méprise encore à cause de ce passé, mais tout le monde n’est pas influencé par vos mensonges.

                            « Vous faisiez allusion dans un de vos posts à la psychiatrie... »

                            Je n’ai jamais parlé de psychiatrie dans mes posts. Relisez-les !

                            « ...il me semble qu’en l’occurence il n’y a rien de bien efficace sur le plan narcissique de s’entendre seriner à longueur de temps qu’on est un fils d’esclave et qu’il n’y a que ça d’important dans la vie... »

                            Ah oui ? Pourtant, vous autres Européens ne ratez aucune occasion de rappeler que l’arrière grand-père de telle personnalité était esclave. Quelle hypocrisie !

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