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“L’esprit d’observation doit remplacer l’esprit de système”, PJG Cabanis

A mesure que l’homme fait de nouveaux progrès dans la connaissance de la nature, il voit une plus grande quantité de phénomènes résulter immédiatement des propriétés de la matière. Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808), médecin, philosophe et homme politique français.


Défenseur farouche du matérialisme au sein des Idéologues, notamment avec Destutt de Tracy, Cabanis prendra tardivement une attitude plus spiritualiste en accordant à la nature une finalité. (source)

Il est assez remarquable de voir comment les esprits changent d’avis, de croyances ou de convictions, tout au long de la vie. Les généticiens, par leur exploration fine du génome, isolent des caractères causaux au sein de la matière vivante. La société technophile et marchande, l’humanité qui a développé de nombreux outils, aussi bien pour améliorer son cadre de vie que pour faire la guerre, a induit l’idée d’un système, encore aujourd’hui servi par l’esprit des Lumières. Ce système considère que toutes les solutions aux problèmes humains seront apportées par la science, par la connaissance, et par la "civilisation" du monde ; ce que l’on appelle : le progrès.

Si la pensée des Lumières a permis à la société de s’affranchir de l’obscurantisme des religions organisées, ces dernières sont encore pourtant bien présentes dans la société, grâce notamment à la complaisance politicienne et au mélange des genres que caractérisent nos sociétés du spectaculaire. Mais il apparaît également que la pensée des Lumières souffre aussi de ses propres excès, qu’il s’agisse des dérives utilitaires de la science ou des idéologies réductionnistes qui y sont parfois associées, et promues comme modèles et directions pour la société tout entière.

Loin de vouloir donner une quelconque finalité à la nature, en tant que globalité - ce qui ne serait pas du domaine de la science -, il est clair, aujourd’hui, en observant ce qui se passe dans les faits, que l’industrie génétique entend modifier et contrôler le cours de l’évolution en interférant artificiellement avec les caractéristiques fondamentales des êtres vivants. En d’autres termes, l’industrie génétique entend remplacer l’idée religieuse ou philosophique de finalité naturelle, par sa propre finalité technique et industrielle. Aussi, nous pouvons observer un transfert de l’idée de finalité biologique, de la religion vers la technologie, et en donnant une fin aux organismes vivants et à leur développement, la technique du génie génétique ne fait que reproduire le mythe de la nature au service de l’homme, nombril de la "création" ou de l’univers.

Dans ce système, dans lequel la compréhension biologique des phénomènes est expulsée en faveur de la technologie et de l’efficience technique et marchande, les scientifiques reproduisent et pour beaucoup malgré eux, d’anciens mythes issus des croyances religieuses et des propagandes millénaires sur la place de l’homme dans le monde et dans l’univers. "L’esprit d’observation doit remplacer l’esprit de système", affirmait PJG Cabanis, et sur ce point nous ne pouvons que le rejoindre, l’observation étant affaire de faits, seule l’observation dans le présent des faits peut nous libérer de l’emprise d’un système qui, en l’occurrence, ne repose fondamentalement que sur des connexions causales expérimentales limitées, au regard de l’immense complexité de l’organisation du vivant, mais sans vouloir faire non plus de cette complexité un nouveau système théorique et intellectuel qui viendrait encore une fois recouvrir les faits, en nous empêchant de réellement les observer.


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1 réactions à cet article    


  • Blé 19 septembre 2008 14:04

    Merci pour cet article.
    Je pense que les humains ont oublié que la nature n’a pas besoin d’eux pour exister par contre ils ont besoin d’elle pour vivre. Aucun coffre fort, aucune montagne de dollars ou d’euros ne pourront les nourrir. J’ai l’impression que ce petit détail commence à s’imposer dans les esprits. La contre production de nos technologies coûte plus en plus chère, mais il est vrai que tant que cette contre production entre dans le P I B d’un pays, ce qui signifie que nous ne sommes pas prêts à changer notre "Culture" du profit immédiat en sacrifiant les futurs générations.

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