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L’Europe ne mute pas, elle s’effondre sans les philosophes et prophètes

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Un rapport aux conclusions inquiétantes vient d’être remis aux parlementaires européens. Le constat est clair, sans surprise et d’ailleurs, il ne fait que confirmer les discours officiels en étant plus pessimiste. La croissance européenne est en berne et la récession est presque certaine pour 2013 alors que le redémarrage sera très lent. A la crise économique s’ajoute une crise sociale de grande ampleur. Un jeune de moins de 25 ans sur deux est au chômage en Espagne. En Italie ou en France c’est un sur quatre, sans compter les plus de 50 ans qui eux aussi, remplissent les salles d’attente du pôle emploi. Les marges de manœuvre sont limitées, pour ne pas dire inexistantes car les solutions de facilité offertes par la tactique du déficit budgétaire sont maintenant exclues au vu des endettements massifs de la plupart des pays européens. Alors les analystes parlent d’une énorme crise, aussi dévastatrice que celle de 1929, pensent certains, mais d’autres refusent de parler de crise, préférant parler de mutation. Nous vivons une mutation, ainsi s’exprima Jean-Claude Guillebaud, naguère journaliste de terrain puis investigateur des choses de la pensée, scrutateur attentif de la société, héritier de Michel Serre, le sage émoustillé par les nouveautés anthropo-technologiques et Edgar Morin, penseur de la complexité intronisé gourou de la globalité par les mouvances écolo, new age, en quête de nouvelles clés pour adoucir le psychisme et gérer cette complexité.

Nous ne sommes pas en crise, nous vivons une mutation, a dit Guillebaud. Oui, mais c’est quoi une mutation. Jaurès naguère disait que quand on ne peut pas changer le monde, on change les mots. Je paraphrase alors Jaurès pour une formule assez éclatante : quand on ne peut pas comprendre le monde, on change les mots. Je ne pense pas que Guillebaud ne comprend pas le monde. Il livre quelques constats intéressants mais il ne semble pas disposer de cette capacité de visionnaire qu’eurent les gloires passées de la pensée. J’apprécie la formule qu’il met en avant, celle de Gandhi énonçant qu’un arbre qui tombe fait beaucoup de bruit alors qu’une forêt qui germe ne s’entend pas. Effectivement, des tours du WTC à l’effondrement de Lehman Brothers et à la faillite programmée de la Grèce, on a beaucoup parlé alors que les germes d’une civilisation nouvelle ne s’entendent pas. Justement, ce sont ces germes que François Busnel aurait souhaité voir évoqués par un Guillebaud semblant esquiver la question, faute d’éléments tangibles à proposer. Le monde mute, avec des promesses et des menaces. Bref, on pourrait dire aussi que le monde avance avec son cortège d’opportunités et de dangers et pour les Chinois, il s’agit d’une crise. Alors, est-ce une crise ou une mutation ? Si crise il y a, ou mutation, c’est peut-être sur le sens des mots.

Lors des premiers siècles de notre ère, les historiens ont glosé sur le déclin de Rome, sur sa chute, ou sa mutation chrétienne. Vers 1450, la Renaissance est arrivée. Le monde fut secoué par les événements après 1789. Les philosophes ont parlé d’Histoire. Après, lorsque l’industrie de masse est arrivée, Marx nous a fait réfléchir aux transformations, tout comme Darwin inclina notre manière de voir le vivant comme le résultat de transformations des espèces. Les optimistes du 19ème siècle voyaient le progrès alors que dans le même temps, les pessimistes scrutaient la décadence et le déclin. Après 1929, les historiens et observateurs ont plutôt parlé de crises, puis de chocs pétroliers. Les crises étant appliquées le plus souvent au fait économique. Crise asiatique, crise argentine, mexicaine, crise des subprimes, crise des dettes européennes… néanmoins, le concept de crise date de la fin du 20ème siècle et fut appliqué à l’économie ainsi qu’au domaine politique (crise des Sudètes par exemple). La crise ne fait que décrire une instabilité. Et maintenant, dira-t-on vive la crise, c’est une mutation ? Ou même cinq mutations comme le suggère Guillebaud, cinq crises, ou transitions, autre vocable à la mode pour parler de l’énergie. Crises géopolitique (Chine…), économique (finances et industries), bio-génétique (homme remodelé), numérique (communications et expressions du Net), écologique (réelle avec les polluants, voir Naples par exemple, ou les pluies acides, fantasmatique avec l’obsession du gaz carbonique et du climat). C’est assez étrange car en examinant l’histoire récente, je suis prêt à parier que l’on retrouve ces cinq crises (ou transitions ou mutations) il y a quarante ans. Quant au monde en mutation, je ne sais pas ce que cela signifie. L’histoire est faite de transformations techniques, sociales, accompagnée de pensées qui ont suivi les transformations le plus souvent, ou les ont précédées plus rarement. Je ne suis pas certain d’une authentique mutation comme le dit Guillebaud. Le fait qu’il y ait des crises est indéniable, mais alors il faut définir ce qu’est une crise. En vérité, une crise désigne une instabilité. La société et les finances sont instables ces temps-ci, plus qu’il y a dix ans. C’est tout ce qu’on peu dire. Et encore, il ne faut pas céder au nombrilisme européen, car il y a plus de dix ans, l’Asie et d’autres pays connurent la crise. Pour le reste, cette mutation censée être porteuse d’espérance et de nouveauté me paraît bien peu tangible, comparée à l’instabilité crisique conduisant le monde à nous échapper et à sombrer dans une sorte d’hybris généralisée. Si mutation profonde il y a comme le croit Guillebaud, alors cette mutation risque plus de ressembler à un crépuscule qu’à une aurore, entraînant l’humanité vers le bas, vers les penchants matérialistes, futiles, émotifs, infantiles. Pourtant, il ne faut pas céder à la désespérance dit-il, faisant sienne une formule du philosophe Alain (reprise par Gramsci sous une forme différente) ; le pessimisme est d’intelligence, l’optimisme est de volonté. Et rien que pour contredire Alain, je suggère que l’on puisse aussi admettre que le pessimisme est de volonté et que l’optimisme est d’intelligence. Ce qui ne fait guère avancer la compréhension mais permet de poser cette question essentielle de la compréhension du monde, étant entendu qu’il est en mutation depuis des siècles. En quoi la mutation actuelle serait différente des précédentes ?

Chaque époque de transformation est traversée par des crises, comme si l’instabilité était un phénomène indispensable aux mutations. Ce qu’on remarque, c’est que toutes ces périodes de grand changement on vu apparaître des héros de l’histoire mais aussi ceux qu’on nommerait héros de la pensée, qu’ils soient visionnaires, philosophes ou prophètes. Socrate, Confucius, Platon, Jésus, pour n’en citer que quelque uns, ont fait irruption dans l’histoire en ouvrant les consciences, tout en projetant une compréhension inédite reposant pour une bonne part sur les expériences du moment et les espérances possibles. On a connu d’autre période, comme notamment vers 1520, lorsque Machiavel théorisa le pouvoir en se basant sur l’histoire des hommes de pouvoir, dans l’Antiquité et surtout dans l’Italie des princes. A peu près en même temps, Luther secoua la foi chrétienne en placardant ses 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg. Si l’événement fut contesté par les historiens, les thèses ont bien existé et la foi protestante se répandit diversement en Europe. On remarque parfaitement l’inscription de Luther dans un entrelacs nouant l’avenir et le passé. La foi protestante n’a rien d’une fantaisie. Elle se propagea dans un contexte où la chrétienté était en crise, le catholicisme ayant fait en quelque sorte faillite, alors que Machiavel avait saisi un autre aspect de la grande mutation moderne, celle du pouvoir et de la distanciation prise avec l’Eglise. Le monde de 1650 n’est plus celui de 1250. L’Inquisition est n’est plus jugée par les prélats de l’Eglise mais par des tribunaux civils. On ne poursuit pas tant les hérétiques que les sorcières. Autre période de grande mutation que l’ère napoléonienne et toujours un penseur qui su se mettre au dessus de la mêlée. Hegel fut fasciné par la Révolution française puis les conquêtes napoléoniennes, avec à la clé une compréhension inédite de l’histoire qui influença les notables allemands pendant plus d’un siècle. En France, ce sont Saint Simon et Auguste Compte qui se firent les visionnaires d’un monde industriel en marche et promis à un avenir certain. Autres temps, autres penseurs, Marx le prophète de la classe ouvrière, Nietzsche le critique du genre humain, Jaurès, à la fois théoricien et acteur de la société. Les années 1960 ont aussi représenté une courte période de mutation, assez profonde, portée par une jeunesse à l’esprit survolté. Tandis que Habermas et Ellul scrutaient les problèmes liés à la technique, Marcuse se trouva en phase avec cette mutation des émancipations.

En 2012, en supposant que nous soyons dans une période d’intenses mutations, nous ne pouvons que constater ce vide de la pensée, cette absence de philosophes visionnaires alors que les observateurs de la société n’ont jamais été aussi nombreux. Pour ma part, je ne vois pas vraiment de mutation mais plutôt un monde fonçant dans la perte des valeurs, l’hybris, l’abrutissement numérique, l’obstination et l’acharnement technologique, la perte du temps long, des vertus cardinales mais aussi de celles qui peuvent encore se dire théologales et qu’il faudrait nommer transcendantales.

Alors, crise ou mutation ? Je vais tenter d’éclairer mais c’est difficile. Le monde occidental a vécu des mutations, surtout en Europe. Une société se définit par les pouvoirs sur les esprits, sur les corps et sur la matière, clercs, gouvernants et producteurs. Pour ce qui est des gouvernants, l’Europe a connu les chevaliers au Moyen Age, puis les princes de la Modernité, les nobles et militaires de l’âge industriel et les technocrates après 1950. Pour le gouvernement des esprits, les prélats ont été remplacés par les philosophes, puis les intellectuels à la Zola et toute cette faune graphosphérique qui signa les heures glorieuses de la Troisième République. Après, les intellectuels médiatiques ont pris le relais, puis les médiatiques de moins en moins intellectuels. Les gens croient que Stéphane Bern est un historien et c’est vrai puisque Michel Drucker l’a dit à la télé. Onfray passe pour un philosophe important. Les faussaires occupent la scène.

Alors, cette mutation de 2012, je n’y crois pas. Les mouvements d’opposition au système n’ont rien d’innovant. Ils se placent tous dans la continuité de ce qui a été amorcé dans les années 1970. Les observateurs glosent sur les opposants à l’aéroport d’Ayrault, se demandant si c’est un nouveau Larzac. Là n’est pas la question, il ne s’agit pas d’interpréter mais d’agir. La question est de savoir si les opposants veulent un nouveau Larzac et sur ce point, je ne peux que les encourager. Les options alternatives prises dans les années 1970 ont encore une pertinence et une légitimité. Mais cela ne fera pas une grande mutation. La société de 2012 se place dans le sillage de la mutation qui a été amorcée fin 1960, avec aussi l’homme seul, comme l’exposa Claude Frochaux dans un livre roboratif. Il n’y a pas de mutation en vue, juste une crise qui saura être résorbé par la puissance économique du système et contenue par la puissance policière. Ce n’est pas très plaisant à entendre mais il faut voir la réalité en face et le fait que les gens préfèrent la sécurité à la liberté.

Les rares philosophes et visionnaires de notre époque ne peuvent être entendus. L’Europe va dans le mur. La science avance. La métaphysique aussi et Dieu s’occupe du reste.

 


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36 réactions à cet article    


  • Gandalf Claude Simon 3 décembre 2012 11:06

    Je dirais plutôt que la liberté est la recherche de sécurité.


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 décembre 2012 11:18

    C’était un raccourci signifiant que les gens échangent un peu de liberté contre un peu de sécurité, pas de quoi en faire une polémique, ce n’était qu’un codon de terminaison du billet


  • Luxum Luxum 3 décembre 2012 10:30

    « sans sécurité, il n’y a pas de liberté »

    Pas vraiment non. En fait c’est le danger, la menace et l’instabilité qui exacerbe la liberté là où une sécurité confortable engendre la paresse et la routine.
    C’est la routine sécurisante qui a dissuader bon nombre de Français de prendre part à la Résistance en 1940.


    • Fred94 3 décembre 2012 10:40

      La crise n’est pas, à ce que nous rabachent les politiques et les médias, financière car il y a de l’argent, certes non redistribué. La crise est politique car les technocrates, en dévoilant leur visage de représentant de l’intérêt financier, sont de moins en moins représentatifs des citoyens. Exemple, les crises internes du ps et de l’ump qui, menant une politique individualiste, se coupent de leurs militants. La révolution actuelle de nos sociétés se fait avec les ingrédients de l’individualisme, de l’abêtissement, du repli sur soi, de l’éducation citoyenne, des nouvelles technologies biologiques, informatiques, industrielles. Je pense que le chaos n’est pas loin, reste à savoir si nos « dirigeants » sauront réagir en prenant les mesures nécessaires à l’avènement d’une société durable.


      • volt volt 3 décembre 2012 11:04

        Vous donnez là deux clés de taille. 

        Le plus étrange, c’est que la première clé, de l’or en barre, vous la jetez négligemment et bien vite. Il s’agit de votre inversion de la formule d’Alain, pour en arriver à « le pessimisme est de volonté et l’optimisme est d’intelligence » - bien que l’on puisse supposer, vocabulaire aidant, qu’il est là une volonté qui serait « d’intelligence », quant à l’imposer, ce pessimisme...

        Une simple teinture de Freud pourrait ici forcer une sacrée porte, et qui grince... Vous citez pourtant Marcuse, mais une brève relecture du Malaise dans la Civilisation suffirait, même si Auguste compte...

        Bien d’accord avec vous qu’Onfray mieux sans... Mais sur votre constat que, depuis si longtemps que c’est vivement dimanche, les faussaires occupent la scène, il sous-entend presque que le penseur en redemande... Or il est bon de ne pas oublier que la scène n’a jamais fait partie de l’apanage du philosophe, même si l’Agora athénienne jouxtait déjà de si près ses concours tragiques.

        Autre point où c’est encore par négligence de la psychanalyse que vous passez outre bien vite, c’est lorsque d’un survol rapide des flamèches d’hell land, vous remarquez qu’« il ne s’agit pas d’interpréter mais d’agir », ne précisant pas que si interpréter ne suffit plus, ce n’est pas pour la raison que ce ne serait pas déjà complètement agir, mais parce que l’« agir » a peut-être pris de bien sourdes dimensions, qui répondent à de nouvelles exigences.

        Enfin oui, cette grande nouveauté, étonnante, que « les gens préfèrent la sécurité à la liberté », deuxième clé - qui ne tient pas à quelque question de nature, mais plutôt des grandes misères du conditionnement.


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 décembre 2012 11:20

          C’est tout à fait le fond de mon intuition

          une volonté faite d’intelligence et je dirais d’intelligence appliquée à un monde partagé et tourné vers les valeurs


        • volt volt 3 décembre 2012 11:48

          Oui euh... la liberté n’appartient pas aux philosophes, essayons de penser le contraire, des marbres sculptés en témoignent encore dans toutes nos rues ; et elle n’est sûrement pas, justement, le droit de dire n’importe quoi.


        • volt volt 3 décembre 2012 16:03

          Nulle part, vous avez fully raison. Mais si on en remonte à la toute première guerre mondiale répertoriée, on y relèverait que les athéniens avaient tout loisir d’opter pour la sécurité sous la bonne protection de Sparte, et l’on peut alors se demander pourquoi, ils envoient des émissaires négocier si longtemps, pendant que justement ils renforcent leurs remparts. Quant aux grands peuples nomades de toutes époques et de tous continents incontinents, ce sont avant tout des fuyards.


        • Roger Téhi 3 décembre 2012 11:30

          Je ne vois hélas rien à redire sur votre article ! Je me conforte volontairement dans mon pessimisme en vous lisant. Sans doute cela m’apporte t-il un faux sentiment de sécurité face à mon impuissance à gagner ma liberté. On tourne en rond...


          • BA 3 décembre 2012 11:49
            Vendredi 30 novembre 2012 :

            Espagne, Portugal, Grèce, Italie : ces quatre Etats foncent vers le défaut de paiement. Pour la Grèce, ce sera le deuxième défaut de paiement en seulement quelques mois.

            Lisez cet article :

            Que se passe-t-il quand un pays insolvable s’endette encore ? 

            La solvabilité budgétaire de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et même de l’Italie n’est pas assurée aujourd’hui : il faudrait un excédent budgétaire primaire énorme, compte tenu des niveaux de taux d’intérêt et de taux de croissance prévus pour 2013 et 2014, pour stabiliser le taux d’endettement public. Cependant, le déficit extérieur disparaît, mais la demande des épargnants domestiques pour la dette publique est insuffisante, d’où le niveau élevé des taux d’intérêt. 

            Pourtant ces quatre pays continuent à s’endetter, soit sur les marchés financiers (Espagne, Italie), soit en partie sur les marchés financiers et en partie auprès de l’Europe (EFSF, ESM, BCE, UE), soit dans le futur auprès de la BCE (OMT). 

            Si leur solvabilité budgétaire n’est pas rétablie (on ne voit pas comment elle le serait même en 2015 en Espagne et en Grèce compte tenu de la taille prévisible de l’écart taux d’intérêt – taux de croissance), cette accumulation de nouvelle dette ne peut que conduire à une situation catastrophique (défaut).

            Conclusion :

            Endetter davantage, soit sur les marchés financiers, soit auprès de prêteurs publics des pays qui n’assurent pas leur solvabilité budgétaire ne peut que conduire à une catastrophe (défaut à un niveau très élevé de dette publique). 

            Dans les conditions présentes de taux d’intérêt et de taux de croissance, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal ne sont pas solvables. Si on fait, pour la période qui commence en 2015, des hypothèses optimistes portant sur le taux d’intérêt apparent sur la dette et sur la croissance de long terme, l’Espagne et la Grèce restent insolvables, ce qui jette bien sûr un doute sur la stratégie d’accumulation de nouvelle dette par ces pays. 



            • Furax Furax 3 décembre 2012 11:51

              Mon intuition, mon espérance, je l’ai exprimée ici :
              http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/et-si-l-esperance-chretienne-104315


              • JL JL 3 décembre 2012 11:57

                Bonjour Bernard Dugué,

                vous écrivez : "Jaurès naguère disait que quand on ne peut pas changer le monde, on change les mots. Je paraphrase alors Jaurès pour une formule assez éclatante : quand on ne peut pas comprendre le monde, on change les mots« 

                Formule »assez éclatante" ? Voyons voir :

                La formule de Jaurès a pour objet de tromper les tiers (sophismes & Co).
                La votre consisterait, si je comprends bien, à se tromper soi-même.

                Vraiment, je préfère la formule de Jaurès, qui a du sens, elle. Mais chacun fait comme il l’entend.


                • JL JL 3 décembre 2012 13:38

                  Pas de réaction ?

                  Je me suis probablement mal fait comprendre :

                  - La formule de Jaurès renvoie à ce que fait le sophiste ;

                  - Celle de Dugué, à ce que fait l’irrationnel.


                • astus astus 3 décembre 2012 12:34

                  A la question : « sommes-nous en crise ou en mutation ? » je serai tenté de répondre que la première appelle irrémédiablement la seconde car je ne vois pas comment il pourrait y avoir la perception d’une phase évolutive du système jugée suffisamment grave (critique) sans que cela entraîne un changement, c’est-à-dire à une mutation qui sorte la crise de son instabilité pour tenter de recouvrer, au moins temporairement, un nouvel équilibre.

                  Mais en réalité les systèmes stables et fixes n’existent pas car ils sont condamnés aux crises, mutations, évolutions, et changement divers qui accompagnent leur vie propre, d’autant qu’ils sont vraisemblablement interdépendants entre eux et que chaque modification ici retentit ailleurs.

                  A-t-on jamais vu un climat stable, et que dire alors des groupes sociaux, des mouvements économiques, ou des systèmes de pensée : « le monde est une branloire pérenne » disait Montaigne, qui lui-même se trouvait différent entre le matin et le soir.

                  La crise actuelle, qui s’accompagne de nombreuses mutations, est d’abord une crise des représentations de notre monde et de nous-mêmes, qui ont perdu de leur sens. Si l’on croit au paradis, au progrès, à l’amour idéal, à la science, ou au pouvoir des politiques pour changer le monde cela peut donner un sens à la vie. Mais pour paraphraser Gilbert Keith Chesterton depuis que les gens ne croient plus en rien ils sont prêts à croire à n’importe quoi parce que beaucoup de ces anciennes valeurs n’ont pas résisté au constat de duperie qui présidait à leur acceptation.

                  Or personne ne semble actuellement en mesure de proposer d’autres idéaux plus réalistes ou plus fiables d’autant qu’il n’est pas bien clair pour beaucoup que les problèmes de l’humanité actuelle ne sont ni financiers ni économiques comme on nous en rebat les oreilles ad nauseam, mais sont tout simplement humains car derrière ces machineries capitalistiques il n’y a jamais qu’un très petit nombre de tyrans, c’est à dire de gens comme vous et moi.

                  Amitiés.

                   


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 décembre 2012 12:53

                    Intéressante l’idée d’une crise de la représentation

                    Qui conduit à l’idée d’une représentation de la crise. On entend que ce mot, crise, crise, crise. Pourtant, les routes sont bouchonnées et les centres villes asphyxiés par les badauds venus acheter les cadeaux. La crise, c’est peut-être une option tactique pour contraindre les gens à accepter le réel, de se taire quand il faut se taire et de s’activer quand il faut se faire traire... ah, ces veaux de Français !

                    bonne journée


                  • Pierre Régnier Pierre Régnier 3 décembre 2012 12:50

                    « L’authentique mutation  » est celle de Guillebaud lui-même. On l’a cru réformateur et il s’est fait normalisateur… comme il faut l’être quand on travaille dans le groupe de presse du (nouveau) Monde.




                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 décembre 2012 12:57

                      JC Guillebaud a peut-être muté de plus d’un siècle,

                      J’ai parfois le sentiment de le trouver dans la posture d’un Lacordaire, chantre du catholicisme social mais respectueux de l’ordre papal.


                    • Pierre Régnier Pierre Régnier 3 décembre 2012 15:10

                      Oui, et quand »l’ordre papal" est le vieux dogmatisme confirmant que Dieu a jadis voulu une « bonne » violence allant jusqu’à la réalisation d’un « bon » génocide qu’il faut "bien interpréter« , la duplicité de Guillebaud peut faire très mal.

                       


                    • dom y loulou dom y loulou 3 décembre 2012 14:32

                      et bien sûr, si vous aussi taisez et censurez THEMES ou les veilles du magister ludi collection de perles de sagesses collectées sur quarante ans, littérature parlant du platonicien bien, beau et vrais et non de fictions parodiques grotesques qui reçoivent aujourd’hui tous les prix de mise en vue, TOUT L’ESPRIT gagné au-travers du « jugement contre l’aom » orchestrée par la bête otanesque qui blasphème et ment toutes les journées qu’Amour fait et piétine inlassablement les aom et toute forme de vie, restera LETTRE MORTE


                      et nos vies des tombes mercantiles

                      • dom y loulou dom y loulou 3 décembre 2012 14:58

                        et je me demande bien où qui que ce soit vive encore de la liberté ou de la sécurité, car s’il n’y a pas de liberté pour l’esprit, qu’il se voit noyé sous les bassesses et les insultes crasses et les humiliations même devant le PRODIGE DE NETTOYER LE SMOG DES VILLES... alors c’est carrément la fin de l’humanité


                        reste des apparences humaines, éteintes qui font tourner une machine dans le vide intersidéral dans lequel elle prétend diriger les êtres

                        un hâchoir oui où toutes les créatures se font broyer

                        la bête otanesque monstrueuse ne donne ni l’une ni l’autre, elle bouffe et massacre tout ce qui bouge avec la couronne d’Angleterre assise dessus, écarlate du sang des innocents

                        regardez « earthlings » pour fêter dignement ce No-elle barbare et empileur d’objets inutiles (seul jour du calendrier grégorien qui ne fête pas la déesse folle Inanna babylonienne, la pute assassine dont on re-fête le renouveau du ptit tour annuel des barbaries rothschild en passant le point greenwitch, la sorcière verte, point zéro abstrait qu’on aurait aussi bien pu placer à Moscou ou à Tombouctou, hasard dites-vous ? On a dû apprendre bien autrement sous les coups des magiciens noirs)

                        l’abdication devant cette merderie rothschild est une réelle abomination et la fin de toute civilisation en occident, devant, sur les écrans flashy, les beaux sourires et derrière, dans les boyaux où on nous fait déambuler, le sang et la cruauté sans bornes

                        voilà ce que nous ont amené les trente glorieuses

                        il en faut des croyances pour continuer à faire tourner une bête caduque en tout, sans raison, illogique en tout, menteuse en tout et amassant les charniers, un milliard de personnes sont déjà mortes sous les coups de l’agenda de dépopulation ordonné par le common wealth qui est vraiment le common HELL, cette machine de guerre est une bête aveugle et ignorante dont les bouches merdiatiques PERMETTENT ET ENCOURAGENT TOUTES LES PERVERSIONS

                        chacun compte ses centimes tandis que les banksters amassent des centaines de milliards en les posant en dettes sur nos dos pour continuer le joyeux massacre

                        TOUT EST CADUC, rien ne va plus, mais les jeux de perles de verre ne sont pas faits

                        • Pyrathome Pyrathome 3 décembre 2012 17:04

                          Les gens préfèrent la sécurité à la liberté....
                          Manque de bol, ils n’auront ni l’un ni l’autre...
                          En ce qui concerne l’Espagne, ils viennent de mettre un pied dans la tombe !
                          http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202425607764-l-espagne-demande-officiellement-une-aide-pour-ses-banques-516763.php
                          ...


                          • Nord 3 décembre 2012 17:46

                            Crise ? Mutation ? La belle affaire. Dans un demi siècle, je serai mort et mes enfants aussi. Mes petits enfants seront bien vieux et leurs petits enfants à eux n’auront plus le bleu de mes yeux, ni de ceux de mon père et de ma mère et leurs cheveux seront crépus. Ma lignée sera éteinte et ma race sera morte. Ce sera alors mon extermination totale.


                            Non, je ne veux de ça. Je ne veux pas que ma race meure, je ne veux pas que ma lignée s’éteigne. Si je sais que ma mort est inéluctable, celle de ma suite m’est insupportable. Je hurle mon désespoir, mon sentiment d’impuissance devant cette tragédie qu’on m’impose et qui va souffler plus de vingt siècles d’histoire de ma famille, européenne de la Gaule cisalpine aux plaines du Danube.


                            Quand j’entends ces politicards exerçant un pouvoir de papier me dire en pleine gueule que le métissage est une nécessité, une chance même, j’ai envie de vomir.

                            Quand j’entends tous ces fils de bourges entonner le même discours, ces fils de pute qui se feront musilms ou pédés suivant le sens du vent, j’ai envie de sentir le recul de la crosse au départ de la chevrotine.

                            Quand j’entends les « élites » de la com’ déverser sans sourciller leurs mensonges éhontés pour nous entortiller comme du bétail, j’ai peur. J’ai peur de manquer de fil de fer pour les accrocher, eux et leurs maîtres aux réverbères de nos cités. 


                            Non, l’étouffement et l’ abatardisation de ma race, c’est le mal. Je me fiche éperdument des raisonnements foireux des uns et des autres tentant de justifier sa disparition parce que rien ne saurait la justifie. Si ces collabos veulent jouer le rôle des Kapos, tant mieux. Et qu’ils en portent l’insigne sur la poitrine ils seront plus faciles à cibler.


                            Le désespoir semble réveiller le vieil animal carnassier qui survit au fond de moi et faire renaître la liberté du loup.

                            Quand mon ordre sera éteint, je n’en aurai plus la loi.


                            • ddacoudre ddacoudre 3 décembre 2012 18:42

                              bonjour dugué
                               Si je dis en cette fin du monde prévu pour le 32 12 12, nous serons sauvés, car le 32 n’existe pas,
                              tout le monde dira cela et mourons le premier du mois suivant.
                              çà a toujours été notre société et çà le sera toujours, l’existence ne se comptabilise pas même si sa comptabilisation sont des instruments structurant, il ne peuvent tenir de sens de l’existence dont tout ce que nous en disons et diront sera en pensé obscurantiste.
                              c’est à dire que nous serons toujours ignorant du résultat réel qu’engendre nos milliards d’actions, ne devant nous contenter du peu que nous pouvons comprendre en nous efforçant de nous le transmettre et jamais en totalité car sa transmission subit les bruits et les distorsions de la communication. Cette « imperfection » ou impossibilité nous assure un constant repositionnent par rapport aux savoirs et savoirs faire disponible qui se reporte le lendemain dans un temps T que nous ne maitrisons pas si ce n’est par le langage comme je le démontre dans mon introduction.
                              Ainsi ceux qui imposent leurs savoirs, en l’occurrence « la comptabilisation de l’existence » comme la pierre philosophale ou absolue de notre avenir, ignorant de la méconnaissance et sur de leurs savoirs qu’ils imposent, ils deviennent forcément des obscurantistes.
                              il n’y a donc pas plus de crise que de mutation ou d’évolution seulement une mue permanente ou un obscurantisme remplace un autre sans savoir qu’il devra un jour s’en défaire.
                              en 1999 j’écrivais ceci :

                              Il me paraît évident, et c’est là ma réponse, que nous ne couvrirons pas la planète de béton, de voitures, et de produits toxiques. Cela, à cause d’une mécanique qui nous échappe et par laquelle se manifestent toujours des êtres plus « intelligents » que d’autres, pour jalonner leur époque1. L’époque des scientifiques de toutes nations est proche, et ils ne resteront pas éternellement alarmistes (naturellement je ne pense pas à ceux qui suivent leur maître financier ou idéologique). Ce n’est pas là la marque du hasard, mais celle d’une espèce dont l événement culturel génère ses propres éléments devant concourir à son évolution, parce que toute cellule qui prolifère produit des déchets qui entraînent sa destruction, si elle ne reçoit rien de l’extérieur ou n’est pas capable de se transformer.

                              Comme tout événement, « le culturel », événement en soi, déterminera le sien, et à la richesse matérielle en succédera une autre. Il ne peut en être qu’ainsi en raison du deuxième principe de la thermodynamique appliqué à notre système. (Un système évolue de manière irréversible, quel que soit son état initial, quand il tend toujours vers le même état final unique, et fixe une direction d’évolution qui ne peut être inversée sans intervention extérieure au système. 



                               : Nous nous dirigeons vers cela et les nouveaux penseurs ou prophètes nous les trouverons chez les scientifiques comme avant ils se trouvé chez les lettrés.

                              il y en a, pour reprendre ta comparaisons çà germe lentement, mais pour le moment nous vivons au rythmé de la mesure du capitalomètre, en attendant de vivre à celui de la mécanique quantique qui nous obligera à inventer des mots nouveaux pour qualifier les événements qui se déroulent sans être obligé de prendre ceux existant qui ne peuvent définir la réalité sans difficultés comme tu en fais la démonstration.

                              .http://ddacoudre.over-blog.com/pages/le-capitalometre-8441227.html

                              cordialement.







                              • herbe herbe 3 décembre 2012 19:12

                                A propos d’optimisme vs pessimisme, je vous propose une compilation de citations :


                                « Un optimiste est un homme qui regarde vos yeux ; un pessimiste, un homme qui regarde vos pieds. 
                                (Gilbert Chesterton, Orthodoxie )

                                Le pessimiste dit que son verre est à moitié vide, l’optimiste qu’il lui en reste encore la moitié.
                                (Sagesse populaire)

                                L’optimiste proclame que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, tandis que le pessimiste craint que ce ne soit vrai. 
                                (James Branch Cabell, The Silver Stallion)

                                L’optimiste pense qu’une nuit est entourée de deux jours. Le pessimiste qu’un jour est entouré de deux nuits. 
                                (Francis Picabia, Ecrits)

                                Le pessimiste est celui qui pense que toutes les femmes sont légères. L’optimiste est celui qui l’espère bien. 
                                (Marcel Achard)

                                Un optimiste peut voir une lumière là où il n’y en a pas. Mais pourquoi le pessimiste se précipite-t-il aussitôt pour l’éteindre ? 
                                (Michel de Saint-Pierre)

                                L’optimiste est celui qui sait à quel point le monde peut être triste. Le pessimiste est celui qui le découvre tous les jours. 
                                (Peter Ustinov)

                                Le pessimiste dit que ça ne peut pas aller plus mal. L’optimiste répond : mais si, mais si ! 
                                (Alexandre Zinoviev, Les Hauteurs béantes)

                                Est pessimiste la femme qui pense qu’elle ne pourra pas garer sa voiture entre deux autres dans un espace visiblement trop étroit ; est optimiste l’homme qui pense qu’elle n’essayera pas. 
                                (Grover Whalen)

                                L’optimiste rit pour oublier ; le pessimiste oublie de rire. 
                                (Anonyme)

                                Optimistes et pessimistes sont également nécessaires à la société : l’optimiste invente l’avion et le pessimiste invente le parachute. 
                                (Anonyme)

                                Un pessimiste est un type qui regarde des deux côtés avant de traverser une rue à sens unique. 
                                (Laurence Peter)

                                L’homme qui est pessimiste à 45 ans en sait trop, celui qui est optimiste après n’en sait pas assez. 
                                (Mark Twain)

                                Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. 
                                (William Arthur Ward)

                                Les plus pessimistes d’aujourd’hui ont été les plus optimistes d’autrefois. Ils poursuivaient de vaines illusions. L’échec les a découragés. 
                                (Hu Shi )

                                La seule différence entre un optimiste et un pessimiste, c’est que le premier est un imbécile heureux et que le second est un imbécile triste. 
                                (Georges Bernanos)

                                Les pessimistes, ceux qui disent : considérons d’un côté les désavantages, de l’autre les inconvénients. 
                                (Jean-Marie Poupart) 

                                Si un jour votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard. 
                                (Douglas MacArthur) 

                                Aucun chrétien ne peut être pessimiste, car le christianisme est un système d’optimisme radical. 
                                (William Inge)

                                Mieux vaut être optimiste et se tromper que pessimiste et avoir raison. 
                                (Jack Penn)

                                A la fin le pessimiste aura peut-être raison mais l’optimiste aura mieux vécu. 
                                (Anonyme) »

                                • clostra 4 décembre 2012 00:10

                                  "Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté (...) car les pessimistes ont presque toujours raison, mais ne font rien, alors que les optimistes ont presque toujours tort, mais assurent la marche du monde" René Dubos - Les célébrations de la vie


                                • herbe herbe 4 décembre 2012 20:37

                                  merci clostra !


                                • Lion vert 3 décembre 2012 21:46

                                  Si quelques coquilles sont à corriger (Auguste Conte / Compte : ///En France, ce sont Saint Simon et Auguste Compte/// ), certains des passages de cet article sont peu compréhensibles (probablement en raison d’un copier/coller erroné).

                                   

                                  ///L’Inquisition [est n’est plus] jugée par les prélats de l’Église mais par des tribunaux civils. On ne poursuit pas tant les hérétiques que les sorcières. Autre période de grande mutation que l’ère [napoléonienne et toujours un penseur qui su] se mettre au dessus de la mêlée. ///

                                   

                                  Qui est ce penseur qui sut se mettre au-dessus de la mêlée ?

                                   

                                  Quant à l’autorité de l’Inquisition en Europe (et dans le Nouveau-Monde) au XVIIe/XVIIIe siècles, elle ne me semble pas être un critère probant ; cette institution n’a pas les mains libres en France à cette époque en raison du gallicanisme (et de l’absolutisme monarchique) : elle est considérée comme une « cinquième colonne » au service des Espagnols et son autonomie ne pouvait que porter ombrage à l’autorité du Roi de France. Cela dit, les hérétiques ou ceux qui portent atteinte aux valeurs sacrées de l’Église, restent passibles de la vindicte des autorités religieuses (et civiles, puisque toute sentence capitale doit être confirmée par un Parlement) comme le prouve encore la célèbre affaire du chevalier de La Barre. L’essor du Protestantisme dans l’Europe du Nord a éradiqué l’Inquisition, institution papiste, considérée comme à la solde de la « Prostituée de Babylone » http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_prostitu%C3%A9e. Mais celle-ci reste toute puissance dans les pays hispaniques et à Rome (voir, par exemple, le très beau film « Les Fantômes de Goya » http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Fant%C3%B4mes_de_Goya.) L’épisode de l’autodafé du Candide de Voltaire est dans toutes les mémoires, je suppose. Il y aurait également beaucoup de choses à dire concernant la « persécution des sorcières », mais ceci est une autre histoire…

                                  Le problème des propos de Guillebaud sur lesquels s’appuie votre brillant article

                                  http://www.lenouveleconomiste.fr/jean-claude-guillebaud-contre-le-pessimisme-ambiant-loptimisme-strategique-16405/

                                  c’est que notre penseur ne part pas de la définition étymologique du mot « crise » qui est au départ un terme médical (même si un lecteur cultivé aura tendance à y percevoir avant tout  les connotations introduites par Hegel et Marx) ; la référence au corpus hippocratique est le plus souvent perdue de vue. Or, pour faire simple, la médecine grecque considère que la crise est un point de basculement qui conduit soit à la mort, soit à la guérison (dans le contexte de complexité qui caractérise actuellement notre « civilisation », il y aurait de beaux développements à faire sur les « attracteurs étranges » qui vont provoquer le basculement du système dans l’un des états possibles). La vision dialectique de Marx induit une vue optimiste de l’avenir puisque la crise trouvera une résolution.

                                  ///La croissance européenne est en berne et la récession est presque certaine pour 2013 alors que le redémarrage sera très lent.///

                                  Or, à mon humble avis, un redémarrage est illusoire car le système a atteint (ou est sur le point d’atteindre) ses limites. On le perçoit à l’augmentation du désordre et de l’instabilité (à tous les points de vue) qui reflète à la fois une dérive chaotique et une prévisible apoptose (Si l’on s’en tient à la seule économie, il convient de guetter certains signes précurseurs ; je prédis, par exemple,  que le Baltic Dry Index http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND

                                  devrait  atteindre un très bas niveau aux alentours de fin janvier/début février 2013). L’asphyxie du système est inéluctable à terme, à moins d’un changement du paradigme qui ferait évoluer notre civilisation d’un système clos (la jacinthe d’eau colonisant un étang selon une progression géométrique me semble un bon exemple démonstratif) à un système ouvert (découverte, par exemple, d’une source d’énergie aisément disponible et inépuisable ou contact amical et productif avec une civilisation extra-terrestre. Ces exemples relèvent évidemment de l’utopie (car hautement improbables), mais je les évoque simplement pour montrer à quel point nous avons atteint une situation irrémédiable et sans issues visibles et rationnelles.) Certains blogueur, tel Paul Jorion, prédisent « l’agonie du capitalisme » et se réfèrent également de manière régulière à la Chute de l’Empire romain ; mais la différence avec ce qui s’est passé dans une minuscule partie du monde aux alentours du Ve siècle, c’est que nous raisonnons à une toute autre échelle, dans un cadre planétarisé où l’essor de la population en l’espace de quelques décennies et l’hyper-développement de l’informatique, de la puissance de calcul, de la circulation des informations, ont produit une accélération qui va s’avérer létale. La majeure partie de l’Humanité actuelle, dotée par l’essor technologique de moyens dont la sophistication dépasse l’entendement commun, est à peine supérieure aux primates dont elle est issue, dont elle a gardé la quasi-totalité des comportement instinctuels, hiérarchiques et territoriaux (l’échec de la prédication du Christ et la manière dont l’Église catholique a transformé son message d’amour et de fraternité en instrument de domination, l’échec des  idéaux communistes et la manière dont ils se sont transformés en méthode pour asservir des peuples pour le profit d’une nomenklatura veule et cupide, sont des exemples suffisants pour confirmer cette opinion). Pire, les moyens de communication modernes ont produit chez les individus une régression culturelle de plus en plus visible qui les prive de tout raisonnement lucide et laisse émerger les couches les plus archaïques de leur personnalité (il suffit de parcourir certains blogs et de lire les réactions de certains lecteurs…) De cette situation découle une incapacité à raisonner sainement : les individus se laissent ainsi persuader par le premier slogan, par le premier mot d’ordre, par leurs émotions primaires et irréfléchies : le storytelling et la rhétorique publicitaire exercent leur puissance hypnotique sur les masses qui ont perdu jusqu’à la maîtrise de leur propre langue (http://fr.wikipedia.org/wiki/Globish) et donc de leur destin (qu’ils sont devenus incapable de concevoir en dehors du cadre restreint et appauvri que propose la soi-disant société moderne) ; mais comment imaginer que cette situation n’influe pas également sur les structures neuronales de leurs cerveaux dont l’abondance des connexions s’est considérablement appauvrie, à l’image de la pauvreté des centres  d’intérêt dont la plupart des individus font leur pain quotidien ? Un apogée semble atteint dont on ne peut déduire que le pire. Aussi aucun espoir, aucun optimisme

                                  Notre vie est un voyage / Dans l’Hiver et dans la Nuit, / Nous cherchons notre passage / Dans le Ciel où rien ne luit.

                                  Bien que je n’aie aucun lien avec ce site, j’ai trouvé par hasard cette analyse de la pensée de Guillebaud (dont j’ai lu toutes les œuvres soit dit en passant…)

                                  http://www.lesmutants.com/executionguillebaud.htm

                                   ;


                                  • Shawford Shawford34 5 décembre 2012 19:27

                                    Ils fument grave la moquette ces mutants ! smiley


                                  • Pierre 9 décembre 2012 20:09

                                    Excellente intervention, Lion Vert !


                                  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 3 décembre 2012 22:53

                                    L’effondrement d’une civilisation peut paraître une mutation.

                                    N’empêche, la richesse culturelle, cultuelle, etc. de cette civilisation disparaît, le plus souvent pour laisser place à des hordes sanglantes qui s’entre-déchirent, et transforment un quotidien plus ou moins assuré en une lutte de tous les jours a l’issue incertaine.

                                    Quoiqu’il en soit, quelque chose est alors perdu, irrémédiablement.

                                    Nous en sommes probablement là.

                                    Reste à savoir si sous saurons dépasser cette voie vers le chaos systémique, ou si nous saurons créer une nouvelle renaissance.

                                    Il y a dans cette crise des forces positives et négatives á l’oeuvre. Bien malin qui sait ce qui va advenir.


                                    • clostra 4 décembre 2012 00:17

                                      « Quoiqu’il en soit, quelque chose est alors perdu, irrémédiablement. » C’est ça qui interroge sur les choses humaines. (mémoire, apprentissage, savoir-faire, sa voir-être...) curieusement on fait des choses de plus en plus éphémères comme si on avait entrepris de se détricoter.


                                    • tf1Goupie 4 décembre 2012 12:53

                                      L’Europe est un continent vieillissant, avec des gens vieux en âge et vieux d’esprit, c’est aussi simple que ça.

                                      Et parmi cette vieille Europe il est des pays encore plus momifiés que d’autres, accrochés à leur passé, à leurs « Lumières » ou à leur DeGaule


                                      • Pierre Régnier Pierre Régnier 4 décembre 2012 18:52

                                        tf1Goupie

                                        A partir de quel âge faudrait-il donc, selon vous, se débarrasser des « vieux en âge et en esprit » qui « s’accrochent à leurs »lumières« et à leur De Gaulle » ?


                                      • julius 1ER 9 décembre 2012 10:39

                                        j’apprécie vos articles car ils posent de bonnes questions en général mais pour ce qui est de celui-ci quel type de crise ou de mutation vivons-nous eh bien je dirai les deux mon capitaine ! chaque crise économique entraîne des mutations, mais celle-là, de crise est d’une ampleur inégalée, certainement pire que celle de 1929, qui était une crise financière, et surtout très conjoncturelle avec pénurie de la demande, du fait d’un très fort taux de chômage, caractéristique que l’on retrouve dans celle-là mais d’une manière massive,ce qu’il y a de très grave et d’inédit dans cette crise là,c’est qu’elle s’ajoute à d’autres crises qui n’ont pas été résolues car il faut se rappeler que le capitalisme génère des crises à répétition produisant chômage conjoncturel,stagnation de l’activité, puis redémarrage du système etc... mais ce à quoi on assiste c’est qu’il y a un chômage structurel qui ne fait qu’augmenter ! pendant presque 2 siècles l’ après crise signifiait le retour au plein emploi, on l’a bien vu pendant plus d’un siècle le capitalisme enrôlait les enfants, puis les femmes car il n’avait jamais assez de main-d-oeuvre, hors ce qui est nouveau c’est que maintenant le capitalisme ne veut plus du travail humain, il lui préfère les machines car le capitalisme est devenu sa propre caricature, et pourquoi ?,je pense que l’hyperconcentration du capital est la cause première, car l’on sait depuis longtemps que la concentration du capital entraîne chômage et hausse des prix, c’est pour cela que l’ on votait des lois anti-trusts pendant 2 siècles hors là rien du tout la farce tragi-comique Floranges-mittal en est la parfaite illustration, faut-il moins d’acier, la réponse est certainement non, mais conjoncturellement avec une activité récessive sur toute la planète, la réponse est oui, et quand une activité est contrôlée par un seul monopole, alors seul l’intérêt du monopole rentre en ligne de compte, c’est pourquoi l’ on assiste à cette farce à l’échelle des observateurs, mais tragédie pour ceux qui sont impliqués au premier degré cad les ouvriers ! bref hyperconcentration du capital +automatisation forcené = chômage massif : c’est l’équation que les gouvernements vont devoir résoudre dans les années qui viennent, années dans le meilleur des cas, mais mois, dans le pire des cas.(ventre affamé n’a pas d’oreilles) comme dit le proverbe alors même si l’on ne meurt plus vraiment de faim sous nos latitudes, le fait d’être dans « l’insécurité » permanente et surtout maintenant génération après génération ne plus avoir de perspective que le chômage et la crise, cela est vraiment le cocktail le plus explosif qui soit donné et face à cela sécurité et liberté deviennent vite accessoires....... 


                                        • Soi même Soi même 9 décembre 2012 11:30

                                          Constat lucide d’une aventure qui à débuté avec la guerre de 14-18.
                                          Depuis cette époque, si onprend en compte tous les paramètres que les événements ont crées. On ne peut constaté que l’Europe a entamé son suicide avec cette guerre et elle est maintenant dans l’agonie !
                                          Il est important de comprendre, que cela va affecté tous les pays du Monde, car au début du 20° siècles dans certains cercles ils étaient attendues que l’ensemble de l’Europe puisent prendre un autre virage !
                                          Cela n’a malheureusement pas été possible, et une de ses impossibilités est justement se déferlement de violence qu’à été la guerre de 14-18 et ses conséquences à l’on terne que cela à engendré dans le Monde !

                                          Maintenant que nous sommes dans le marrasse, il y a deux voies qui se pressente à nous soit c’est la peur et l’égoïsme qui prend le dessus comme cela semble être le cas avec la finance Mondialiser et par se fait donner raison à Oswald Spengler avec son essai Le Déclin de l’Occident qui finie sur la barbarie généralisé, tous indiques que nous avons déjà les signes précurseurs sont déjà en action, et notre temps en devient comptés !

                                          Soit que l’on prenne le courage à deux mains en s’ ouvrant à des impulsions salutaires de créations de communautés élargies à tous qui se base sur des valeur humanisme pour résisté aux déferlement à venir !

                                          Car dans l’état des choses nous pourrons pas échapper à cette déferlante à l’effondrement financier mondiale, et le seul moyen dans sortir et bien de devenir solidaire de tous pour encaissé se choc de civilisation !

                                          Et en même temps il ne faut pas désespérée, au plus profond de la nuit , la lumière à besion des ténèbres pour briller !

                                          Il suffit de faire tombé ses préjuger pour trouvé les impulsions qui vont répondre à se déluge matérielle, ces implustion sont là, elle sont en veilleuses par la paresse des hommes, elles attendente tous les hommes de bonne volonté qu’ils répondent à ses exigences, et en cela même si nos nous allons passer un sale quart heure, les jeux ne sont pas fait,

                                          « Lorsque Kant dit du devoir : « Devoir ! Nom sublime, nom grandiose, qui ne contient en toi rien d’aimable et recélant la flatterie, mais qui exige la soumission », toi qui « établis une loi (...), devant laquelle se taisent toutes les inclinations, même si en secret elles agissent en son encontre », l’homme qui parle à partir de la conscience de l’esprit libre lui répond : « Liberté ! nom accueillant, nom humain, toi qui contiens en toi tout ce qui est cher à la moralité, que mon humanité estime au plus haut point et qui ne fais de moi l’esclave de personne, toi qui ne te contentes pas de poser une loi, mais qui attends ce que mon amour moral reconnaîtra lui-même comme loi, parce qu’en face de toute loi qui ne lui est qu’imposée il se sent non-libre. »2 »

                                          Philosophie de la liberté Rudolf Steiner 1893-1894

                                          http://democratieevolutive.org/

                                          http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/rubrique.php3?id_rubrique=72

                                           


                                          • BA 9 décembre 2012 14:57

                                            Zone euro : chiffres du deuxième trimestre 2012 :

                                             

                                            1- Médaille d’or : dette publique de la Grèce : 300,807 milliards d’euros, soit 150,3 % du PIB.

                                             

                                            2- Médaille d’argent : dette publique de l’Italie : 1982,239 milliards d’euros, soit 126,1 % du PIB.

                                             

                                            3- Médaille de bronze : dette publique du Portugal : 198,136 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB.

                                             

                                            4- Dette publique de l’Irlande : 179,718 milliards d’euros, soit 111,5 % du PIB.

                                             

                                            Ah, l’Irlande ...

                                             

                                            Nous avions oublié la faillite de l’Irlande, mais l’Irlande vient de refaire parler d’elle.

                                             

                                            Comme la Grèce, l’Irlande vient d’annoncer qu’elle sera elle-aussi incapable de rembourser les 85 milliards d’euros du plan de sauvetage.

                                             

                                            Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande a plaidé pour la recherche d’une « solution durable », qui n’aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite.

                                             

                                            "En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé", a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

                                             

                                            http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

                                             

                                            Depuis le 27 novembre 2012, nous savions que les soi-disant "plans de sauvetage" de la Grèce étaient UN ECHEC TOTAL.

                                             

                                            Nous savions que les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce allaient coûter des milliards d’euros aux contribuables français.

                                             

                                            Et aujourd’hui, nous venons d’apprendre que le soi-disant « plan de sauvetage » de l’Irlande est lui-aussi UN ECHEC TOTAL.

                                             

                                            L’Irlande est en faillite. L’Irlande est incapable de rembourser quoi que ce soit.

                                             

                                            La question est donc :

                                             

                                            Combien de milliards d’euros ce défaut de paiement de l’Irlande va-t-il coûter aux contribuables français ?


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