Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > L’exaspération, la cause de tous les dangers

L’exaspération, la cause de tous les dangers

Face à la montée de la violence extrême et gratuite, du chômage persistant, de la précarisation, de l’appauvrissement, il y a une exaspération qui se fait sentir, de plus en plus manifeste pour une partie de la France. Or, il suffit de relire l’histoire pour comprendre que l’exaspération d’un peuple peut être la cause de tous les dangers. Tous, sans exception.

« Une fois lancés, les peuples exaspérés ne s’arrêtent jamais’’, écrit Nicolas Baverez (inutile de le présenter) dans son ouvrage Nouveau monde, vieille France. Il a tout à fait raison. Mais cette phrase sonne aussi comme un avertissement. Les responsables politiques et chacun de nous devraient l’entendre ainsi.

En effet, il y a bien désormais une partie de la France qui est exaspérée. Et c’est tout le problème de notre pays. Bien plus qu’à une fracture sociale, nous sommes confrontés à la formation d’une véritable faille sociétale. Conséquence, la séparation grandissante entre d’une part une France qui encaisse bien les chocs externes, les nouvelles forces à l’œuvre et leurs incidences sur l’emploi et leur quotidien, qui vit bien car elle a les moyens de s’adapter aux nouveaux défis issus de ce nouveau monde qui se met en place et dont il serait illusoire vouloir se protéger sous peine de se pénaliser soi-même.

D’autre part, une France qui prend tous les mauvais coups que ce soit dans la figure ou dans l’estomac, et qui, à force, se remet debout avec de plus en plus de difficultés. C’est cette France, groggy, qui inquiète. Car c’est d’elle que tous les dangers peuvent venir.

Cette France est confrontée à la montée de la violence sous toutes ses formes. pour la violence dite "gratuite", atteinte à l’intégrité des personnes, dégradation de biens, la situation est de toute façon pire qu’il y a vingt ans. Savoir si les chiffres sont en régression d’une année sur l’autre est l’affaire de spécialistes et de préoccupations "politiciennes" de ministres ou politiques en campagne électorale. Car l’important est de constater que le tableau d’aujourd’hui non seulement effraie mais est loin d’être rassurant pour le futur.

La précarisation est réelle et gagne de l’ampleur. Ainsi, sur les 250 000 postes créés au cours des douze derniers mois, les trois quarts sont précaires ! Sur l’année écoulée, trois embauches sur quatre se font en contrats de courte durée (emplois aidés, contrats à durée déterminée) ! Pour finir, 10% des embauchés connaîtront une période de chômage dans les trois ans qui suivront leur recrutement. Ils étaient 4% il y a vingt ans !

La précarisation affecte à la fois les personnes mûres, car leur qualification ne correspond plus aux profils recherchés par les entreprises, et, et c’est la grande nouveauté, les jeunes, qui se précipitent dans des filières sans débouché. Une tendance inquiétante, car la place des nations dans cette économie du savoir et de l’intelligence est de plus en plus corrélée au niveau et à la pertinence de formation des jeunes générations. D’où, faute d’être en phase avec une réalité, ils vivotent, se raccrochent aux miettes du marché, ce qui conduit à une trappe ou à une spirale sans fin.

Enfin, n’oublions la terrible paupérisation de cette France. Selon un récent rapport, sans les aides et les revenus de transferts, une personne sur cinq en France vivrait en dessous du seuil de pauvreté ! Une situation qui là aussi s’aggrave. Autre preuve à l’appui : le nombre de titulaires du RMI (revenu minimum d’insertion) a augmenté en dix ans de 30% ! Sans parler du nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté, estimé à un million par le Cerc (Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale). Et deux millions selon le seuil fixé par l’Union européenne !

Nous assistons bien à la composition d’un cocktail explosif. La seule incertitude est la suivante : comment, à long terme, cette exaspération peut-elle se manifester ? Deux options.

La première est la façon violente, comme en témoigne une ultraminorité de cette population désoeuvrée. Mais imaginez qu’on assiste à une réaction en chaîne incontrôlable. Autrement dit, un passage à l’acte généralisé ! Un véritable cauchemar !

La deuxième, pacifique et légitime, est un défoulement au moment des élections. Autrement dit, le vote pour des extrêmes, et son pendant, la sanction systématique des représentants appelés en général démocrates. C’est le cas de figure de la France. Toute l’incertitude, là encore, est de savoir si on peut assister à un effet de boule de neige combiné à un vote décomplexé. Toute la question, là aussi, est de savoir si 10% aujourd’hui peut faire 25% demain.

Or, cette configuration sociale et ses effets politiques dévastateurs pour la démocratie rappellent, non sans glacer le sang, un passé pas si éloigné. Suivez mon regard...

Est-ce donner dans le catastrophisme ? Absolument pas. La France est en effet un pays riche (la France, et non l’Etat !), fort d’atouts (leaders mondiaux, entreprises performantes, innovantes, infrastructures et services d’excellent niveau...) qui lui permettent encore de porter la tête haute, dotée qu’elle est d’une population qualifiée et compétente. Cependant, cette France ne devrait pas occulter la seconde. Or c’est ce qui a été fait jusqu’à présent. Le coup d’arrêt a été donné par les émeutes de l’année dernière.

Pire, il serait dangereux de vouloir diviser, voire opposer ces deux France, comme certains le font par pure démagogie ou populisme (décidément, quand le passé nous tient). Au contraire, la clé du succès est de faire preuve de volontarisme (remettre la politique au centre du jeu), de courage (engager les vraies réformes), de pédagogie (expliquer les enjeux) et de civisme (apprendre à respecter l’autre, et les règles de société sans lesquelles il n’existe de paix sociale).

Qu’attendons-nous ?


Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (85 votes)




Réagissez à l'article

19 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.32.156) 7 novembre 2006 11:26

    Constat lucide mais...

    « Au contraire, la clé du succès est de faire preuve de volontarisme (remettre la politique au centre du jeu), de courage (engager les vraies réformes), de pédagogie (expliquer les enjeux) et de civisme (apprendre à respecter l’autre et les règles de société sans lesquelles il n’existe de paix sociale). »

    Le volontarisme pour quelle politique ? Le courage pour quelles réformes ? La pédagogie pour quels enjeux ?


    • albert (---.---.102.40) 8 novembre 2006 09:39

      Bonjour, je crois me souvenir que Dante avait défini l’enfer ,comme le pays sans espérance Que ceux dont l’ambition est de gouverner, fassent naître cette espérance et en réalisent l’expression, matérielle (il y a du travail).

      N’étant pas, ni juriste ni historien ,je ne saurais raisonnablement contester l’existence des magouilles signalées lors du mariage d’Anne de Bretagne . En remarquant que la France ,construite par annexions, successives, (soit par les armes soit par les traités ) c’est la justification du droit du sol Pour sourire Peut-on quand même rappeler ; qu’amenant en dot le duché à la France Anne de Bretagne avait précisé que les Bretons ne paierait pas péage sur les routes royales . Ce qui fait que l’ autoroute ( à péage) s’arrête à l’entrée de Rennes

      Ce qui fait (accessoirement)que lorsqu’un Président de la République arguant de l’existence (ancienne)d’un parent breton annonçait à Quimper la mise en œuvre d’une autoroute centrale (Rennes Carhaix ,Brest),les élus bretons ont suscité la réalisation de voie express l’une au nord ,l’autre au sud Kenavo (c’est tout ce que je sais dire en breton) cordialement


    • Johan Johan 7 novembre 2006 17:38

      On est tous sur les nerfs.

      Il va bien falloir renouveller nos gouvernants, notre façon de gouverner et les préoccupations de nos gouvernants pour y arriver.

      Parfois je me dis qu’on a les dirigeants qu’on mérite, et que c’est sur le citoyen qu’il faut travailler.

      Parfois qu’on risque de se tourner vers le fascisme pour créer un vraie rupture.

      Parfois qu’on va au devant de grandes révoltes (ce ne sera pas une guerre civile mais une anarchie).

      C’est vraiment frustrant mais aux élections il n’y a pas de démocrates responsables.


      • Sz 7 novembre 2006 17:48

        Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Il y a des démocrates responsables aux élections. Je pense à des gens comme Bayrou ou Chevénement.

        Mais leurs chances sont minces.


        • Johan Johan 7 novembre 2006 18:06

          A SZ,

          Effectivement, ils me sont fort sympathiques. Cependant, ils ne prendront pas des mesures assez ambitieuses. Au moins, on se plantera en démocratie... mais on se plantera.


        • le béret (---.---.140.66) 7 novembre 2006 19:01

          La France depuis quelle existe a toujours suivit un mouvement de balancier, et c’est ainsi que sur le long terme l’équilibre se fait et quelle continue d’exister. Cette fois le balancier est monté « un peu » haut, alors il va redescendre et remonter un peu plus fort de l’autre coté. La France est comme nous qui marchons sur deux pieds, elle est constamment en équilibre instable, mais c’est comme cela quelle a toujours avancé et qu’elle continuera, malgré ceux qui aujourd’hui comme à d’autres époques ont voulu la faire disparaître. Où voyez-vous du fascisme là-dedans ? On se le demande bien, et pourquoi pas du bolchevisme ? On peut même remonter plus loin, mais les français regardent devant, pas derrière heureusement.


          • Sophie (---.---.160.176) 7 novembre 2006 19:20

            La violence, elle est avant tout SOCIALE.

            Ce sont les plus pauvres qui s’en prennent le plus dans la tronche, et en plus on leur fait la chasse : on stigmatise les chômeurs, on discrimine les uns, on contrôle les autres.

            Et pendant ce temps, les élites se pavanent, la délinquance en col blanc est curieusement préservée.

            Après, faut passer s’étonner qu’il y ait du passage à l’acte.


            • Sam (---.---.197.45) 7 novembre 2006 20:17

              il serait dangereux de vouloir diviser, voire opposer ces deux France, comme certains le font par pure démagogie ou populisme (décidément, quand le passé nous tient). Au contraire, la clé du succès est de faire preuve de volontarisme (remettre la politique au centre du jeu), de courage (engager les vraies réformes), de pédagogie (expliquer les enjeux) et de civisme (apprendre à respecter l’autre, et les règles de société sans lesquelles il n’existe de paix sociale).

              Ce n’est pas du populisme que de rappeler les problèmes des français « d’en bas » et de souligner dans le même temps les privilèges de toutes sortes que s’octroient la « France qui gagne », selon la formule de notre ami l’ex de FT.

              C’est simplement décrire une réalité insupportable. Des chercheurs, des politiques, des français de tous bords le font sur une kyrielle de supports. Et cela augmente chaque jour.

              Souligner le risque populiste, devient une précaution oratoire commode pour disqualifier la présentation d’une situation totalement dégradée, pour ceux qui ont les rênes et les avantages du pouvoir. Le populisme, c’est ça aujourd’hui.

              Par ailleurs, avancer ces termes de « volontarisme » et de « réformes » ne modifie rien si on ne met aucune action déterminante en branle derrière. C’est la tactique oratoire des gens qui nous gouvernent (au sens large..). Un gargarisme qui montre simplement qu’il ne veulent pas bouger.

              Sans doute parce que le volontarisme et les réformes ce serait à eux aujourd’hui d’en supporter les effets, d’en subir les conséquences, si une politique favorable à l’ensemble de la population défavorisée se voyait mise en place.


              • toto (---.---.56.59) 7 novembre 2006 20:57

                Bonjour à tous, Les français sont exaspérés par quoi ? Il est nécessaire de répondre à cette question pour avancer. La première raison est de mon point de vue un déficit d’avenir. A longueur d’antennes (télé, radios, journaux)il est question du déclin français : nos enfants vivront plus mal que nous, nos droits à retraites vont progressivement disparaître, nos entreprises vont toutes se délocaliser en Chine, la politique ne peut rien sur l’économique... Et ensuite nous nous étonnons de la montée de la violence. Comment peut réagir un peuple sans avenir ? Par le repli, la violence et/ou par la volonté de reprendre son destin en main par le jeu politique. Nous voyons à l’heure actuelle ces 3 réactions de manière concomittante. A nous citoyens de favoriser la troisième : la seule solution souhaitable pour l’avenir. Malheureusement, le jeu politique est bouché par le couple Sarkosy-Royal : candidats du vide (attention la nature à horreur du vide). Créons donc chacun avec sa sensibilité les conditions d’un réel débat pour la présidentielle : une société du savoir, une société du partage, une société respectueuse de l’environnement, une société ouverte vers l’europe et le monde. Ensemble...


                • fredleborgne (---.---.85.111) 7 novembre 2006 22:19

                  J’ai bien apprécié l’article.

                  Moins certains commentaires, mais comme j’aime pas jouer des pouces pour être moi plus visible...

                  L’exaspération est elle une conséquence du désordre social, ou une cause ? L’article n’y répond pas tellement qu’en fait la dégradation de l’un fait le jeu de l’autre qui accentue la dégradation...

                  Certaines paroles ensuite blessent sans préavis ...

                  Et tous les politiques pensent que le chaos peut leur rapporter quelque chose, sauf les deux personnes citées qui feraient mieux d’unir leur mouvement car ils défendent les mêmes idées en fin de compte, même si leurs parcours sont différents.

                  Je regrette à ce titre l’intervention de Chevènement qui va pouvoir éviter l’hémorragie du PS au profit du centre et permettre un duel PS UMP complètement anachronique car ces deux partis sont responsables de ce désordre et n’ont pas trouvé de solutions depuis 25 ans

                  Mais qui vivra verra. En attendant, restons soi-même assez zen pour pouvoir calmer notre voisin...


                  • Sz (---.---.23.4) 7 novembre 2006 23:34

                    @ Sophie

                    « La violence, elle est avant tout SOCIALE »

                    Sans doute, mais ce n’est pas celle qui exaspère.

                    Quand on regarde un peu les sondages, ou même les profils des électeurs, on s’aperçoit vite que « les plus pauvres » votent de plus en plus pour les candidats dont les programmes politiques sont axés sur la sécurité, et j’ai tendance à penser que ces candidats sont loin d’être les plus « cleans ».

                    Dès lors, on peut tirer la conclusion que ce qui exaspère les français, bien plus que les notes de frais de Mme de Chirac, c’est de se faire arracher son portable avec option pain de la gueule et menace de représaille. La vie est une question de priorité.


                    • Le chien qui danse 8 novembre 2006 00:50

                      Ce qui est exaspérant c’est de se dire que d’un souhait de pacification et d’unité, nous en sommes loin.


                      • CAMBRONNE (---.---.55.217) 8 novembre 2006 09:37

                        @ L’AUTEUR

                        Article lucide comme d’habitude et je trouve comme vous que la france est exaspérée .

                        Vous parlez de certaines exaspérations et je vous parlerai moi particulièrement de l’exaspération des classes moyennes . C’est la plus dangereuse car elle couve longtemps et le résultat final c’est le Nazisme ou au minimum le fascisme ou le franquisme .Le parti Nazi est né de l’exaspération des épiciers et petits fonctionnaires devant les exactions des bolchéviques aprés la défaite de 1918 . La classe moyenne allemande voulait de l’ordre et elle a vaincu le bolchévisme en s’appuyant sur l’armée .

                        Contrairement à ce que l’on dit souvent ce ne sont pas les plus pauvres qui s’apauvrissent au profit des plus riches . Ce sont les classes moyennes , largo sensu qui ont le plus perdu en pouvoir d’achat .

                        Les classes moyennes ne font pas parler d’ellles , elles ne descendent pas dans la rue , ne font rien bruler et sont en général attachées aux valeurs de la république .Elles payent des impots et travaillent .Les classes moyennes que certains brocardent en fabriquant le personnage de Dupont la joie en ont vraiment raz le bol et je l’entends tous les jours .Les propos qu’elle tient sont bien loin de ce que les médias retransmettent .

                        Les classes moyennes savent que nous allons dans le mur et pour l’instant elles n’ont pas de solution ni de sauveur , peut être SARKO et encore ..Si par hazard quelqu’un se présentait , dans le genre Le Pen en plus jeune .....

                        Vous avez raison de dire que l’exaspération est potentiellement dangereuse car il faut se méfier d’un mouton enragé .

                        Sur ce , vive la république quand même .


                        • toto (---.---.56.59) 8 novembre 2006 09:57

                          Bonjour J’aimerai que vous définissiez le concept de classe moyenne ! 60% des français sont employés ou ouvriers (statistique de l’INSEE). Alors qui fait partie de la classe moyenne ? Les professions intermédiaires, les cadres, les indépendants ? Arrêtons de diviser les français par des concepts flous. L’INSEE confirme que depuis 20 ans, une seule catégorie profite de la situation : le premier décile (celui qui bénéficie des stocks options, des bienfaits de la bourse et des placements immobiliers).


                        • sweetsmoke (---.---.241.2) 8 novembre 2006 10:33

                          Qu’est ce qui est dangereux ? que le pen soit président ? et alors ? moi, anarchiste, je préfère le chaos du diable aux fausses bonne manières de segolène ou aux aboiements d’un caniche ump qui fait peur à personne. que tout le monde se fasse botter le cul est la moindre des choses depuis le temps que le temps que la « middle class » léthargique pleine de portables et d’écran plat est aussi crade et egoïste que les bourgeois.


                          • CAMBRONNE (---.---.55.217) 8 novembre 2006 12:00

                            TOTO

                            Je ne suis pas d’acccord pour mettre les gens en cases INSEE . Les statistiques disent tout et son contraire .

                            La classe moyenne est une notion floue mais tout ce qui a trait à la sociologie sauf pour les idéologues est flou parcequ’on ne traite pas de l’humain à coup de chiffres .

                            Vous avez des ouvriers hautement qualifiés , des plombiers , des coiffeurs qui font partie de la classe moyenne ainsi que bon nombre d’employés .

                            Pour aller jusqu’au bout du flou , la classe moyenne ce sont des gens qui ne sont ni riches ni pauvres , qui vivaientplutot bien pendant les trente glorieuses et qui vivent moins bien maintenant . Ne parlons pas des retraités dont le pouvoir d’achat est en baisse constante depuis vingt ans .

                            Les plus pauvres , inactifs souvent sont un peu moins pauvres .

                            Le sujet n’était pas de parler des classes moyennes en tant que telles mais de dire que cette catégorie de français , assez floue je le concède , composée surtout de français de souche européenne tient des propos de plus en plus remontés et qu’elle est mure pour suivre l’homme ou la femme politique qui la fera réver . Suis je clair ?

                            Cordialement .


                            • toto (---.---.133.142) 8 novembre 2006 22:07

                              Tout à fait d’accord. Cela est très clair. Contrairement à l’idée reçue qui affirme que se sont uniquement les exclus qui votent extrème droite, la classe « moyenne » a le même comportement lorsqu’elle se sent en « danger ». Prenons un exemple : comment se loger en France avec un salaire moyen (1400 euro par mois) ? Peut-on parler de classe moyenne lorsqu’il n’est plus possible de se loger ? Les mots ont un sens. L’idée de classe moyenne évoque dans notre esprit à la fois une certaine aisance matériel permettant de répondre à ses besoins élémentaux et une majorité de la population. Alors stop, arrêtons d’utiliser ce concept petit bourgeois : une majorité de français rame pour boucler chaque fin de mois. Et pourtant, le PIB français augmente chaque année ! Où va l’argent ? Dans la poche des actionnaires !


                              • BUOT-BOUTTIER BUOT-BOUTTIER 17 janvier 2007 14:42

                                Bonjour, La notion de « classe moyenne » n’a rien d’un concept bourgeois. La notion de bourgeoisie au sens sociologique du terme n’a d’ailleurs plus vraiment de sens aujourd’hui. Or, la classe moyenne, définition sociologique, existe bel et bien en France et représente quelque chose de l’ordre de 90% de la population. Il est entendu qu’il exsite ensuite différentes strates à l’intérieur même de cet ensemble de la population. Les plus pauvres et les plus riches se partagent ensuite le « reste du gâteau », si je puis m’exprimer ainsi. Ainsi, et contrairement au discours de l’extrême gauche, les entreprises qui évoluent dans la sphère du CAC 40, pour en venir aux entités économiques, représentent une partie infime de l’économie française. L’entreprise française type est une P.M.E. aux prises avec un environnement fortement concurrentiel. Quant aux fameuses classes moyennes, pour revenir à notre sujet, ce n’est bien entendu pas son sommet qui souffre le plus de la situation économique mais ceux qui composent sa base, des employés à titre d’exemple qui perçoivent des revenus trop élevés pour bénéficier de quelconques aides sociales mais pas suffisants pour « joindre les deux bouts ». Pour être concrête, si vous êtes bénéficiaire du R.M.I et que vous avez des problèmes dentaires qui vous amènent à avoir recours à des couronnes, vous pourrez accéder à ces soins sans aucun frais personnel. Si en revanche, vous êtes salarié et percevez un salaire de 1300 euros, il vous en coûtera au minimum 700 euros par couronne. Certains sont alors réduits à recourir à des emprunts bancaires pour faire face à ces dépenses. Mon ancienne pratique de terrain en tant que travailleur social m’a permis de constater combien il est de recours financiers possible pour les plus démunis. Des vacances payées (train, location d’un studio bord de mer) à des familles que certaines classes moyennes ne seraient pas en mesure de s’offrir. Or, s’agissant de familles monoparentales, il n’était pas rare que la mère (donc seul parent) bénéficiant d’allocations diverses (allocation jeune enfant, allocation subsitut parental, allocations familiales), ne soit manifestement pas en recherche d’emploi. Quelques heures de travail au noir suffisaient pour le petit plus ! Les travailleurs sociaux, assistantes sociales de secteur et commissions de décision d’attribution des aides, portent une lourde responsabilité face à ces abus qui, si je l’espère, ne sont pas majoritaires, existent toutefois en nombre trop important. Il serait temps, me semble-t’il de mettre un peu plus le nez dans la « petite cuisine » du secteur social ! Car la situation est telle qu’aujourd’hui certaines familles sans emploi parviennent, avec les aides sociales dont elles disposent, à avoir le même niveau de ressources que certains salariés de la classe moyenne. Qu’en est-il aujourd’hui de la valeur du travail ? Isabelle Buot-Bouttier


                              • cdg (---.---.220.124) 11 novembre 2006 23:17

                                Exasperation certes. Mais pourquoi dire que ca va mener au nazisme ?? En 1789 il y avait aussi exasperation en france (les nobles qui monopolisaient tous les postes (remplacez noble par enarques), une certaine insecurite (menace de bruler les recoltes des paysans comme forme de racket) et une contestation de la legitimite de l autorite/systeme de gouvernement (cf voltaire rousseau)

                                Bref : ca peu finir par le tete de juppe au bout d une pique !!! Franchement est vraiment un mal si on se considere comme les heritiers de la revolution francaise (eh oui pas de republique si on n avait pas un peu guillottine il y a 200 ans...)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès