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Accueil du site > Actualités > Société > L’homophobie, une simple opinion en France en 2008

L’homophobie, une simple opinion en France en 2008

Mercredi 12 novembre 2008, la plus haute juridiction de France, la Cour de Cassation, a blanchi le député UMP Christian Vanneste en légitimant ses propos innommables...

Le tristement célèbre Christian Vanneste, député UMP, a un lourd passif :

De funeste mémoire, en juin 2004, par amendement, il tente d’introduire dans les manuels scolaires le "rôle positif de la colonisation".

Après avoir suscité un tollé, cet amendement est abrogé en automne 2004 par décret, officiellement pour des paramètres non réglementaires.

Il compte ensuite parmi les 40 députés souhaitant l’abrogation de la loi Taubira qui introduit l’enseignement de l’esclavage dans les livres d’Histoire de l’enseignement.

En janvier et février 2005, il déclare que l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité, qu’elle est une menace pour l’espèce humaine et que les homosexuels doivent être soignés psychiatriquement. Des associations (Act Up, le SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies) et SOS Homophobie montent au créneau et portent plainte contre C. Vanneste pour "injures en raison de l’orientation sexuelle".

Le 24 janvier 2006, il est reconnu coupable par le Tribunal Correctionnel de Lille « d’injures en raison de l’orientation sexuelle » (selon la loi du 30 décembre 2004) et est condamné à verser 3 000 euros d’amende ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois associations plaignantes, qui recevront également 1 000 euros au titre des frais d’avocats. Il a aussi l’obligation de publier sa condamnation dans plusieurs journaux. Vanneste fait appel mais, le 25 janvier 2007, la cour d’appel de Douai confirme le verdict du Tribunal Correctionnel de Lille. Vanneste décide alors un pourvoi en Cassation et envisage même un recours à la Cour européenne des Droits de l’Homme si la Cour de Cassation lui donne également tort.

En mars 2008, Christian Vanneste envoie un manuel intitulé "Homme et Femme, Il les créa" à plusieurs écoles. L’ouvrage est constitué d’un patchwork de textes « contre la propagande pour le mariage et l’adoption homosexuels ». Ce livre, outre la question de l’homophobie, promeut également les thèses créationnistes.

Le mercredi 12 novembre 2008 (hier), la Cour de cassation rend son verdict et blanchi le député. Elle déclare que ses propos sur l’infériorité de l’homosexualité à l’hétérosexualité ne dépassent pas les limites de la liberté d’expression !

Ainsi, il y a maintenant jurisprudence. On peut aujourd’hui parler de catégorie de population inférieure et de catégorie de population supérieure, on peut donc logiquement, sans craindre de commettre un délit et d’être en porte à faux avec la justice, parler de la supériorité des hétéros sur les homos, des Blancs sur les Noirs, des hommes sur les femmes, des Français sur les Arabes et sur les Juifs.

J’ignore ce qui est le plus abject, le plus écoeurant dans l’histoire : les propos de Vanneste, le fait que la Cour de Cassation lui donne raison ou le silence assourdissant politique, militant et associatif qui s’en est suivi... Comme si finalement, personne n’y voyait à redire...

Cette complicité passive me tue.

(Sources : Wikipedia, Act Up Paris, GayClic, Yahoo News)


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73 réactions à cet article    


  • Jean-Dominique Reffait Jean-Dominique Reffait 15 novembre 2008 11:45

    L’homophobie n’est pas une notion juridique et entretient, dans une confusion néfaste, la critique de l’homosexualité et la discrimination envers les homosexuels. Or ce n’est pas la même chose. Il en est de même pour l’islamophobie, autre mot nouveau du politiquement correct. Le mot homophobie ne veut donc rien dire parce qu’il n’établit pas de différence entre les idées et les individus. Il est vide de sens.

    Je suis athée, considère la croyance en dieu comme une sombre connerie digne du Père Noël en plus compliqué et plus nuisible. Je considère la croyance en dieu comme bien inférieure à la liberté d’esprit. Mais, pour autant, je respecte profondément les croyants en tant que personnes, que je ne considère pas comme inférieurs ni nuisibles.

    Etre contre l’homosexualité est une opinion qui ne peut se combattre que par d’autres opinions, dans le cadre du débat d’idées. 

    La notion d’homophobie est absente de la loi de 2004 qui n’évoque que les injures faites aux personnes et non aux concepts. A ce titre, il en est de même pour les injures faites à toute personne en raison de son appartenance religieuse, politique ou ethnique. A ce titre, les homosexuels sont aussi bien protégés par la loi que les autres composantes de la sociétés.

    Mais les idées ou les concepts ne sont pas protégés et, de même que les juges ont rejeté la notion de blasphème dans l’affaire des caricatures, ils ont eu raison de casser les deux jugements de Lille et Douai qui étaient manifestement hors-la-loi.

    Je précise que je ne souscris pas du tout aux propos de Vanneste, que je suis favorable à l’évolution du droit en faveur de l’égalité des homosexuels. Mais je tiens à ce que toutes les opinions, même les plus stupides, puissent librement s’exprimer.


    • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 12:09


      Etre contre l’homosexualité est une opinion qui ne peut se combattre que par d’autres opinions, dans le cadre du débat d’idées.

      Ridicule !
      D’abord, pour quelles raisons peut-on être "contre l’homosexualité" ? 
      Est-ce qu’on est contre l’hétérosexualité ? 
      Contre le vaginisme ? 
      Contre le clitoridisme ? 
      Est-ce que qui que ce soit a une quelconque légitimité pour juger du choix sexuel d’adultes consentants  ? 
      Et de quel droit ? 

      Ce n’est pas du tout une question d’opinions, ou un "débat d’idées" ; c’est la persistance d’une négation de la différence, de la liberté de choix, de la liberté tout court. 

      C’est un ostracisme, un racisme, qui doit être systématiquement combattu, devant la loi s’il le faut. 

      Chacun est libre de son corps, de ses choix sexuels, et n’a de compte à en rendre à personne. 

      Tout le reste, c’est passible de la loi. 


    • Zanini 15 novembre 2008 12:55

      "Chacun est libre de son corps, de ses choix sexuels, et n’a de compte à en rendre à personne."

      Libre de son corps mais pas libre de ses opinions apparement puisque vous etes pour que les personnes qui ont des opinions homophobes soient condamnés par la justice.On peut etre pour l’homosexualité mais etre contre le fait de condamner les propos (et pas les actes) homophobes.Sur les 30 dernieres années la France est le pays européens qui a vu l’apparition de lois les plus répressives contre l’inictation a la haine, au racisme, a l’homophobie et aux discriminations pourtant la France est un des pays européens européens qui a le moins progressé dans le domaine des discriminations, racisme et sexisme, droit des homos etc, c’est un peu comme pour la drogue ou les pays les plus repressifs on vu leur consommation exploser contrairement a d’autre pays plus tolérant chez qui l’augmentation de la consommation est beaucoup moins importante.
      Tout comme la tolérance zéro en matière de drogue ne fait qu’accroite les problemes et pas les résoudres, la criminalisation des opinions en fera de meme en radicalisant encore plus les positions.



    • nihalem 15 novembre 2008 13:46

      @ sisyphe,
      "Ridicule !
      D’abord, pour quelles raisons peut-on être "contre l’homosexualité" ?
      Est-ce qu’on est contre l’hétérosexualité ?
      Contre le vaginisme ?
      Contre le clitoridisme ? "


      Je pense aussi qu’il faut respecter les idées et d’abord chercher à comprendre l’autre et ce qu’il dit sinon, c’est l’avalanche de conneries et de violences assurée. Donc laissez la liberté d’expression débattre des concepts, dont l’homosexualité.

      Ainsi, je suis contre le vaginisme, ces contractions violentes et incontrôlées qui handicapent des femmes. Ce qui ne signifie nullement que je sois contre ces femmes, au contraire, et elles pensent sûrement comme moi.

      Quant au clitoridisme, je ne sais pas ce que c’est et cherche en vain une définition. Éclairez-moi et je vous dirai si je suis pour ou contre. Le clitoridisme, pas vous qui pouvez m’enrichir, même par vos erreurs. D’ailleurs il me semble qu’on s’enrichit bien plus par ses erreurs que par ses réussites...

      Ps : si vous avez omis de vous renseigner sur le sens des mots à travers lesquels vous débattez et que tout ceci n’était qu’un vaste propos, j’ai une réponse alternative qui commence par « Cher Tocard, » je vous laisse compléter...


    • nihalem 15 novembre 2008 13:50

      Tel est pris qui croyait prendre. J’ai commis un lapsus dans mon précédent billet : ne pas lire « propos » mais « quiproquo », bien sûr smiley ...


    • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 15:08

      							par Zanini 							 														 (IP:xxx.x00.175.44) le 15 novembre 2008 à 12H55 							 							
      							

      															
      							 								"Chacun est libre de son corps, de ses choix sexuels, et n’a de compte à en rendre à personne."

      Libre de son corps mais pas libre de ses opinions apparement puisque vous etes pour que les personnes qui ont des opinions homophobes soient condamnés par la justice

      Je répète que ce n’est pas une question "d’opinion" . 
      C’est une question de libre choix de chacun.
      Ce que vous pouvez penser de l’homosexualité ne regarde que vous, et, en aucun cas, vous n’avez à en faire état publiquement. 
      Il y a des lois contre le racisme, la xénophobie, l’injure, la diffamation : pareil pour l’homophobie.

      Personne n’a aucune légitimité pour porter un jugement, et a posteriori une critique sur les choix sexuels d’un individu, entre adultes consentants. 

      Point barre.


    • Alex 15 novembre 2008 16:18

      Tout à fait d’accord avec Sisyphe, ce député n’a pas à émettre d’avis qualitative sur les homosexuels, chacun est libre de son corps et chacun en fait ce qu’il veut.

      On commence par une petite phrase au nom de la liberté d’expression et ça finit en camp de concentration ?


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 novembre 2008 14:22

      "ce député n’a pas à émettre d’avis qualitative sur les homosexuels, chacun est libre de son corps et chacun en fait ce qu’il veut."

      Dans ce cas, il faudrait faire taire les religions, et d’abord modifier la Constitution qui garantit la libre communication des idées et des opinions. Il faudrait en fait changer de société.

      La campagne contre Vanneste et Longuet confirme que le politiquement correct est un totalitarisme en puissance.


    • aurelien362 18 novembre 2008 18:23

      L’ennui est que Vanneste n’a pas jugé les homoseuxels, mais l’homosexualité en général.
      Dans ce cas, il faudrait condamner pour racisme tout ceux qui critiquent les religions, les pays, etc. -_-


    • docdory docdory 15 novembre 2008 11:56

       @ Rouge Noir

      Aux USA , aucun " délit d’opinion " n’est réprimé par la loi . Toutes les opinions , aussi détestables soient-elles , peuvent s’exprimer librement . A mon sens , ce n’est pas aux tribunaux de combattre les opinions , c’est à ceux qui ont l’opinion inverse de les combattre sur le terrain du débat d’idées . 
      La décision de la cour de cassation est une très bonne décision , qui va dans le sens de la liberté d’expression , laquelle est un bien . N’oublions pas que des intégristes ont voulu faire condamner des journaux pour avoir publié les caricatures de Mahomet . On ne peut pas être pour la liberté d’opinion quand les idées exprimées sont les nôtres , et contre cette liberté lorsque les idées exprimées sont à l’opposé des nôtres .
      Par ailleurs , cette liberté d’opinion soutenue par la cour de cassation permet une meilleure information du public . Si M Vaneste s’était vu interdire de parole , les homosexuels n’auraient pas eu le moyen de savoir qu’il émet des opinions pouvant être considérées comme hostiles à l’homosexualité . Certains d’entre eux auraient donc pu voter par erreur pour M Vaneste sans être au courant de ses idées , la censure est donc contre-productive pour ce qui est des intérêts des homosexuels !


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 20 novembre 2008 18:02
        On ne peut que se réjouir du retour à la jurisprudence Badinter de 1982 (« Chacun de nous est libre de critiquer ou d’approuver l’homosexualité. »Sénat, séance du 5 mai 1982, Journal Officiel [Débats Sénat], p. 1634) , et à la liberté de critique.

        Par ailleurs il ne suffit pas de citer quelques mots entre guillemets, comme le fait Charlie-Hebdo de cette semaine, pour examiner une pensée.
         
        « On peut penser qu’une protection momentanée accordée à certaines personnes victimes de discriminations est pédagogique, en attendant que le comportement global de la société se rectifie. Lorsqu’il s’agit d’un état, c’est souhaitable mais, lorsqu’il s’agit d’un comportement, c’est discutable. Cela conduit à donner raison à George Orwell [1903-1950] lorsqu’il affirmait qu’il y a dans notre société des citoyens plus égaux que les autres [Animal Farm]. Au nom de quoi la défense d’un comportement qui, encore une fois, peut parfaitement être jugé critiquable, serait-elle privilégiée ? Le paradoxe, c’est qu’un tel privilège est accordé à des citoyens dont le comportement peut légitimement faire l’objet de critiques, non seulement au nom de l’intérêt social, mais même au nom de l’universalité. [Exclamations sur les bancs du groupe socialiste.] Un jugement de valeur est universel s’il est fondé sur un critère parfaitement acceptable qui est l’impératif catégorique de Kant : agis toujours selon une maxime qui puisse être érigée en principe universel [Fondements de la métaphysique des moeurs]. Manifestement, l’homosexualité ne le peut pas, ou alors cela conduirait au suicide de l’humanité, chacun le comprend à l’évidence. […] De façon parfaitement paradoxale, en voulant lutter contre la discrimination, vous êtes en train de faire d’une séparation entre les sexes quelque chose de parfaitement défendable et même de définitivement protégé. C’est totalement absurde. L’introduction même de l’idée d’homophobie tend à accréditer que le comportement homosexuel a la même valeur que d’autres comportements, alors qu’il est évidemment une menace pour la survie de l’humanité. [Exclamations sur les bancs du groupe socialiste.] »
        Christian Vanneste, Assemblée nationale, 3e séance publique du 7 décembre 2004.
        cvanneste@assemblee-nationale.fr

        Si la critique de l’homosexualité devenait illégale, alors les religions le seraient également et notre société perdrait son pluralisme. Le rôle de l’Etat est de garantir la liberté sans imposer des jugements de valeur.

        Notons que le chaste célibat des prêtres, moines et autres religieuses, s’il était généralisé, conduirait aussi à la fin de l’espèce humaine. Mais rien ne prouve que ces deux comportements (homosexualité et chasteté) soient en danger de se généraliser.

      • Fergus fergus 15 novembre 2008 12:45

        Le pire n’est pas dans la décision de la justice, mais dans l’attitude de l’Ump qui a renouvellé son soutien à Vanneste. Que ce monsieur ait des opinions très discutables, pour ne pas dire indignes, peut relever de sa conscience. Qu’il soit légitimé par un parti politique et appelé à siéger dans une enceinte parlementaire est en revanche scandaleux !


        • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 19:49

          							par Iren-Nao 							 														 (IP:xxx.x7.10.144) le 15 novembre 2008 à 15H30 							 							
          							

          															
          							 								Ce Monsieur comme vous dites avec mepris represente un certain courant d’idee avec lequel rien ne vous oblige a etre d’accord mais qui a bien le droit d’exister

          Un courant d’idée ? 
          Et c’est quoi ce "courant d’idée" ? 
          C’est défendre que les homosexuels sont des êtres inférieurs, et que l’homosexualité menace l’humanité ? 
           smiley

          Vachement intéressant comme "courant d’idée" !
          De quoi vraiment stimuler la réflexion, n’est-ce pas ? 
           smiley


        • Artius 15 novembre 2008 13:05

          Deux poids, deux mesures, ça vous surprend ?


          • Simplet Le Jeune Simplet Le Jeune 15 novembre 2008 16:27

            A mon sens, la liberté d’expression ne peut qu’être totale, sans quoi elle se contredit d’elle même.

            Il est écrit plus haut :
            "Il y a des lois contre le racisme, la xénophobie, l’injure, la diffamation : pareil pour l’homophobie."
            Je crois que là est tout le problème : penser ce genre de loi et les faire appliquer, n’est-ce pas une autre forme de phobie, voire une déviance de la pensée unique ?

            Je préfère entendre un con déblatérer, ce qui le soulage, et qui sans doute est signe d’une détresse de sa part, et essayer - à défaut de comprendre - de jauger le danger et d’accepter sa vision, aussi bête me semble telle, que de découvrir un beau matin une bande organisée dans le secret, puisque aux idées non conformes, m’empêcher d’avoir mes propres idées subversives.

            C’est un truc à mettre n’importe qui au pouvoir !


            Sans le débat, on ne connait pas l’autre, on ne lui donne aucune chance ni de s’expliquer, ni de changer d’avis. Il finit par se sentir incompris, à part, rejeté... minoritaire, subissant une injustice.
            Tout ce qui a fait que ces lois existent aujourd’hui.

            C’est quand même un comble, qu’au nom de l’égalité de tous (une belle idée, mais un non-sens) et du respect de chacun (une évidente nécessité, mêlant intelligence, humilité et équité), on fasse taire des gens qui ne pensent pas comme nous. Même si ce sont des cons (cf. Brassens
            )

            Ça ressemble plus à de la répression qu’à de la prévention (ne parlons pas d’éducation).
            Et c’est forcément dangereux à terme : la bêtise-crasse se propage plus facilement que l’intelligence.

            Coluche avait-il alors raison : certains seraient plus égaux que les autres ?
            Ou comme dit le vieux chinois des Gremlins : "Vous n’êtes pas prêt !"


            • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 17:05


              C’est quand même un comble, qu’au nom de l’égalité de tous (une belle idée, mais un non-sens)

              Le vrai sens étant l’inégalité pour tous, bien sûr...
               smiley


            • kiouty 15 novembre 2008 19:50

              Mais enfin, c’est un comble de dire que celui qui est dégueulasse risquerait de se sentir rejeté si on ne lui permettait pas de s’exprimer, ALORS MEME que ce sont les homosexuels dans la société d’aujourd’hui qui sont déjà rejetés !! La situation, aujourd’hui, c’est que c’est celui qui tient des propos dégueulasses qui appartient à la "majorité" qui est pour l’heure complètement protégé, et on le voit bien avec ce qui se passe aujourd’hui.

              Voila comment par une réthorique abstraite purement intellectuelle, sans considérer la réalité des choses, on est amené à inverser des situations au mépris de la réalité : ce n’est pas le rejet éventuel des gros cons d’homophobes qu’il faut combattre, c’est le rejet des homosexuels (et des minorités en général d’ailleurs) !!

              La liberté d’expression, ca vient avec la responsabilité. Ne dit-on pas, la liberté des uns s’arrête ou commence celle des autres (j’ai l’impression de parler à des enfants) ?
               
              M Vanneste peut bien penser ce qu’il veut, mais stigmatiser comme il le fait publiquement une minorité en s’exprimant en tant qu’homme politique, c’est absolument dégueulasse. Alors oui, il peut s’exprimer, mais c’est dégueulasse quand même, et c’est particulièrement inquiétant pour une France républicaine. Mais bon, c’est aussi ca la rupture sarkozyste, la droite décomplexée : on n’a plus de honte d’etre raciste, on n’a plus honte de taper sur les minorités...

              Alors oui, si on considère que la liberté d’expression est absolue, oui Vanneste n’a pas a etre puni pour ça. N’empêche que ca n’enlève rien au fait que c’est dégueulasse, et ca ca doit etre souligné justement ! On a plutot l’impression que pour les gens d’agoravox, c’est normal que M Vanneste ne soit pas puni, parce qu’après tout il a le droit de s’exprimer. Il a peut etre le droit de s’exprimer, mais ce qu’il a dit est dégueulasse, et ca, on n’a franchement pas l’impression que les quelques commentateurs d’agoravox le réalisent.

              Mais alors j’ai une autre question : quid de la bannière des footballeurs "bienvenue chez les chtis pedophiles etc". Ce n’est pas de la liberté d’expression ca peut etre ? Il n’y a pas eu de punition ? C’est quoi la différence exactement ? On me rétorquera que la pédophilie est un délit et pas l’homosexualité... Et on en arrive à la situation absurde ou il faudrait que l’homosexualité soit un délit pour que les insultes homophobes soient réprimées. Bref, y a encore de la route a faire pour la tolérance.


            • aurelien362 18 novembre 2008 18:29

              Moi je pense que cette bannière n’aurait pas du etre condamnée.
              Mais ensuite et surtout, cette banderole visait explicitement "les chtis", alors que Vanneste ne visait pas "les homosexuels", mais "l’homosexualité".

              Si je critique, mettons, le cancer, ça ne veut pas dire que je critique les cancéreux. C’est la différence fondamentale. Si je critique le catholicisme, ce n’est pas que je critique les catholiques.


            • aurelien362 18 novembre 2008 18:30

              Moi je pense que cette bannière n’aurait pas du etre condamnée.
              Mais ensuite et surtout, cette banderole visait explicitement "les chtis", alors que Vanneste ne visait pas "les homosexuels", mais "l’homosexualité".

              Si je critique, mettons, le cancer, ça ne veut pas dire que je critique les cancéreux. C’est la différence fondamentale. Si je critique le catholicisme, ça ne veut aps dire que je critique les cathos.


            • TimeLord Wetz25 15 novembre 2008 17:49

              Et si on arrêtait d’en parler un petit peu ? Non c’est vrai, il as dit n’importe-quoi, bon ce n’est peut-être pas sa faute, il est peut-être frustré ? 
              La cour de cassation à juste jugé la forme d’après ce que j’en sais. Il a été relaxé, l’ont nous dit qu’il s’agit d’une victoire de la liberté d’expression, très bien ! Alors ceux et celles à qui les propos tenus par M Vanneste ne plaisent pas peuvent par conséquent s’en donner à coeur joie ! Bon sauf qu’il me semble que M Vanneste à dernièrement attaqué un mineur pour un commentaire posté sur son blog...enfin bref ! Vive la liberté d’expression !
              Sinon j’aimerais bien connaitre les critères qui donnent lieu à un moinssages de post....non parce que sur le précédent article traitant du même sujet, tous mes commentaires - certes pas tous constructifs, je vous l’accorde - ont étés moinssés. Merci d’avance pour l’info. 


              • miwari miwari 15 novembre 2008 19:07

                Hypocrisie flagrante, le droit d’opinion n’est pas le même pour tous, en France on peut dire ce que l’on veut quand il s’agit des musulmans, des chrétiens, des homosexuels, des hétéros, des femmes, des hommes, des enfants, des mongoliens ... etc. mais attention pas touche aux sionistes, c’est à vomir.

                Ci-dessous une parmi tant d’autres de condamnation pour propos "antisémite", celle de Kemi Seba, l’ex leader de la Tribu Ka condamné

                La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a donc reconnu le prévenu coupable de « diffamation », « provocation à la discrimination raciale », « injure » et « contestation de crime contre l’humanité » sur son site Internet, aujourd’hui fermé.

                Il y estimait par exemple que les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le FMI ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient « tenues par les sionistes qui imposent à l’Afrique et à sa diaspora des conditions de vie tellement excrémentielles que le camp de concentration d’Auschwitz peut paraître comme un paradis sur terre ».

                Des thèses que Kemi Seba avait défendues lors de l’audience, le 26 octobre, en multipliant les références à l’Histoire et assurant que ce n’était « pas du racisme de déclarer des vérités ». Le parquet avait requis 5 mois de prison ferme, fait très rare en matière de diffamation.

                Vendredi, le tribunal a également condamné le jeune homme à verser un euro de dommages et intérêts aux six associations parties civiles au procès, telles SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France, ainsi qu’entre 500 et 1000 euros à chacune d’entre elles au titre des frais de justice. Enfin, le jugement devra être publié dans Le Monde, Le Figaro et Libération.


                Et pourtant la vérité n’est pas si loin que ça ... smiley


                • Jean Lasson 15 novembre 2008 21:16

                  Vous voyez, la liberté d’expression, c’est exactement cela !

                  Votre commentaire et les propos de l’autre ?&*\ !# ? noire sont ouvertement antisémites (le mot "sioniste" n’étant qu’un trop petit cache-sexe du mot "juif"). Ils me déplaisent souverainement et m’inquiètent. Je vous tiens, vous et l’autre %@$# ?!£ noire pour des crétins absolus.

                  Mais, à tout prendre, je préfère que vous exprimiez votre haine crasse, pour y répondre comme je le fais, plutôt que vous interdire de parole.

                  La même chose s’applique au député Vanneste, dont les idées me répugnent. Mais elles doivent être combattues par l’expression d’opinions contraires, pas par la loi...

                  Par contre, ne passez pas à l’acte. Ne mettez pas vos "idées" nauséabondes en pratique. Ne cassez pas du juif ou du pédé. Parce qu’alors, vous subiriez, très légitimement, la rigueur de la loi.


                • docdory docdory 15 novembre 2008 21:47

                   @ Miwari

                  Quelles que que soient les absurdités qu’a proférés Mr Kemi Seba , il est scandaleux qu’il ait été poursuivi et condamné pour un délit d’opinion , de même qu’il aurait été scandaleux que le député Vaneste le soit , de même qu’il est parfaitement scandaleux que Rodolphe Crevelle , directeur de " sud journal " , ait été condamné à 3 mois de prison pour avoir eu une prise de position ironique suite à l’installation d’une mosquée dans la localité de Muret dans un article repris ici :

                  http://www.bivouac-id.com/2008/10/27/jugement-scandaleux-le-directeur-de-sud-journal-condamne-a-3-mois-de-prison-ferme-pour-un-article-islamocritique/

                  De même qu’il est scandaleux que des gens qui pratiquent l’homosexualité dans bon nombre de pays soient emprisonnés ou exécutés ! 

                  La liberté ne se divise pas . 

                   

                • miwari miwari 16 novembre 2008 11:43

                  @Lasson

                  • Votre commentaire et les propos de l’autre ?&*\ !# ? noire sont ouvertement antisémites (le mot "sioniste" n’étant qu’un trop petit cache-sexe du mot "juif"). Ils me déplaisent souverainement et m’inquiètent. Je vous tiens, vous et l’autre %@$# ?!£ noire pour des crétins absolus.
                  Faisons court, j’aurais pu vous répondre en vous traitant de dégénéré, d’abruti et tout ce qui s’en suit mais ce n’est pas ce que je vais faire.
                  Premièrement je ne vous permets pas de m’insulter, vous avez votre vérité et j’ai la mienne.
                  Deuxièmement vous me traiter "d’antisémite", mot devenu a la mode dès que l’on parle de sioniste, vous noterez que j’ai employé le mot sioniste et non le mot juif mais cela ne vous a pas empêché bien sûr de faire votre lien (le mot "sioniste" n’étant qu’un trop petit cache-sexe du mot "juif")
                  • Mais, à tout prendre, je préfère que vous exprimiez votre haine crasse, pour y répondre comme je le fais, plutôt que vous interdire de parole.
                  Aimable de votre part et bien ma réponse et celle là, je suis profondément antisioniste cette idiologie de la "race supérieure" qui n’a apportée au monde que chaos quelque soit la région où elle se trouve, semant le désordre sous couvert de démocratie ou d’humanisme.
                  Quand aux juifs ils sont comme tout le monde certains sont à "bénir" d’autres à "maudire" et la majorité n’aspire qu’à vivre paisiblement mais malheureusement on ne les entend pas souvent.
                  • La même chose s’applique au député Vanneste, dont les idées me répugnent. Mais elles doivent être combattues par l’expression d’opinions contraires, pas par la loi...
                  D’accord avec vous et c’est exactement ce que je dis dans mon post.
                  • Par contre, ne passez pas à l’acte. Ne mettez pas vos "idées" nauséabondes en pratique. Ne cassez pas du juif ou du pédé. Parce qu’alors, vous subiriez, très légitimement, la rigueur de la loi.
                  Des menaces ?

                • garibaldi15 15 novembre 2008 19:30

                  @ l’auteur :

                  Je comprends parfaitement que vous soyez scandalisé par cette décision de justice, mais ne perdez pas de vue que ce monsieur prouve ainsi que les vrais en ... ne sont pas toujours ceux que l’on imagine !!!!!!!!!

                  D’ailleurs, votre remarque sur la ’’complicité passive’’ de certains en est une bonne illustration !

                  Il fallait bien qu’il y ait un député pour mener ce combat d’arrière garde ! Il était tout désigné pour cela !

                  Ne vous inquiétez pas, la jurisprudence peut changer et même s’inverser totalement. Même dans le cas d’une jurisprudence constante. En voulant freiner la juridiciarisation de notre société, la cour de cass’ s’est, à mon avis, plantée. Mais il est vrai que depuis qu’il est ’’normal’’ de pouvoir dire à quelqu’un (sans craindre une plainte pour injure publique because l’immunité) : "casse-toi pauvre con’’ .... (au fait vous avez remarqué l’inélégance du bonhomme qui n’a même pas cru bon de reconnaître qu’il avait dérapé !)

                  J’invite les admirateurs de la liberté totale d’expression à bien réfléchir aux conséquences des déblatérations d’un certain petit moustachu qui prétendait que les juifs étaient responsables de tous les maux de l’Allemagne. Après tout, il ne faisait qu’exprimer son opinion. N’est-ce pas Môsieur Iren-Nao ?! Au fait, vous pouvez remettre votre petite provoc dans votre slip .... elle ne fait pas le poids !

                   


                  • PUCK 15 novembre 2008 23:05

                    Il me semble que les propos du "pauvre con" n’étaient pas particulièrement aimables non plus et auraient pu être taxés d’injure au chef de l’Etat .

                    A mon sens ,cette histoire était pure provoc .


                  • Charlesmartel 15 novembre 2008 19:40

                    Honneur au député d’avoir exprimé son oipnion, qui est celle de nombreux Français.

                    Quant à la racaille gaucho qui instaure le délit d’opinion avec la complicité de la pseudo-droite à laquelle appartient malheureusement C. Vanneste, elle mérite le plus parfait dégoût.


                    • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 19:52

                      par Charlesmartel 								 (IP:xxx.x02.254.253) le 15 novembre 2008 à 19H40 				 				
                      				

                      								
                      				
                      					Honneur au député d’avoir exprimé son oipnion, qui est celle de nombreux Français.

                      Pétard ; on voit tout de suite la gueule qu’ils ont, les "nombreux français" qui sont homophobes ! smiley
                      La race supérieure !
                       smiley

                    • sisyphe sisyphe 15 novembre 2008 21:27

                      Eh ben ; vu les réactions sur ce fil, c’est pas gagné, la lutte contre la connerie, hein... 


                      • Marilou 15 novembre 2008 21:33

                        et oui..."homo homini lupus"... dixit Plaute (puis Hobbes.)
                        Ne l’oublions pas ! Il peut être capable du pire, dans ses actes et dans ses paroles.

                        Ceci dit, la justice française est d’une lâcheté parfois !
                        Le principe d’"égalité" est décidément bien mis à mal ! A-t-il encore un sens de nos jours ?...


                        • Gargamel Gargamel 15 novembre 2008 23:03

                          Détend toi un peu Sisyphe, c’est un problème complexe, ce n’est pas parceque d’autres gens mettent la barre de la liberté d’expression plus loin que toi qu’ils sont cons.

                          Et je t’invite à apprécier la différence entre penser qu’il a le droit juridique de dire ça, et être homophobe.
                          Comme je l’ia dit sur l’autre thread je pense que la liberté d’expression devrait s’appliquer dans tous les cas sauf dans l’incitation à la violence, à la discrimination, bref à tout ce qui n’est pas légal.

                          Quand un religieux dit qu’on descend tous d’Adam et Eve, il se ridiculise un peu, mais c’est son droit. Par contre s’il dit que tous ceux qui croient en l’évolution doivent être purifiés par le feu, là c’est à la justice de
                          prendre le relais.

                          Les sottises qu’a dit Vannette le ridiculise face à tous les gens cultivés, le problème c’est que personne parmi les politiques n’a efficacement rebondit la dessus pour prouver son erreur. C’était à eux de s’en occuper, pas à la loi.

                          Pour info je suis contre la sur-protection des juifs, cf l’affaire Siné. Pour moi ce que disait ce Kémi Seba ne relevait pas du domaine juridique, il aurait du être contré avec des faits et des arguments, pas des amendes.


                          • sisyphe sisyphe 16 novembre 2008 00:35

                            Je suis désolé, mais, pour un élu, responsable de ses actes et de ses paroles devant le peuple, affirmer "l’infériorité" d’une catégorie de citoyens, relativement à leur choix sexuel, et présenter donc, un comportement sexuel comme un danger pour l’humanité (au mépris de toute réalité), ce n’est pas une question "d’opinion".

                            C’est une atteinte à la dignité et au respect de la liberté de chacun de choisir ce qu’il veut faire de son corps et de sa sexualité. 

                            Et présenter l’acceptation de ce genre de propos comme un "droit à la liberté d’opinion" est une forfaiture. 
                            On remplace "homosexuel" par "juif", et on a, instantanément, toutes les ligues juives et antiracistes qui portent plainte. 
                            Or, que je sache, le droit de choisir un comportement sexuel n’est pas moins entier que le droit de choisir une religion.

                            Un député n’a pas à tenir des propos publics excluant une communauté de citoyens ; ça n’a RIEN A VOIR avec la "liberté d’opinion" ; c’est un délit, point barre. 

                            Quand on voit qu’un simple citoyen a été, lui, condamné, pour avoir repris une expression utilisée par le Président de la République lui-même, on voit clairement qu’il y a deux poids, deux mesures. 

                            Que Vanneste soit un con ; ma foi, ce ne sera pas le premier con élu, ni le dernier, hélas. 
                            Mais qu’il se permette de fustiger publiquement une catégorie de citoyens, alors qu’il est élu, n’est pas acceptable. 

                            Je lui souhaite d’être entarté d’une crème indélébile. 


                            • aurelien362 18 novembre 2008 18:34

                              Mais ce n’est pas les homos que Vanneste a fustigé, c’est l’homosexualité.
                              Ce qu’il a dit est peut etre maladroit, etc. mais il a le droit de dire ckil veut, tant qu’il parle d’un sujet général (homosexualité) et non des personnes en elle même...


                            • EricB 18 novembre 2008 22:36

                              Mais bien sur, si Vanneste avait dit "la négritude est inférieure à la blanchitude", il est évident que "les noirs" ne se seraient pas DU TOUT sentis concernés....


                            • Hieronymus Hieronymus 16 novembre 2008 02:25

                              @ l’auteur
                              article superficiel qui fait double emploi avec celui-ci
                              http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47167
                              auquel il a d’ailleurs ete deja repondu en long, en large et en travers
                              par souci d’economie de place, plutot qu’un copie-colle, le lien vers ma reponse d’alors, je ne change rien
                              http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=47167&id_forum=1898956
                              JD Reffait a tres bien repondu au debut, ces lois concernant les delits d’opinion sont une aberration ..


                              • Canine Canine 16 novembre 2008 04:12

                                @l’auteur

                                Vous exagérez les faits, et la portée de la jurisprudence.

                                "Ainsi, il y a maintenant jurisprudence. On peut aujourd’hui parler de catégorie de population inférieure et de catégorie de population supérieure, on peut donc logiquement, sans craindre de commettre un délit et d’être en porte à faux avec la justice, parler de la supériorité des hétéros sur les homos, des Blancs sur les Noirs, des hommes sur les femmes, des Français sur les Arabes et sur les Juifs."


                                Monsieur Vanneste a justifié son propos en argant du fait que l’homosexualité ne pouvait tendre à l’universel au même titre que l’hétérosexualité, puisque si tout le monde était homosexuel, l’humanité cesserait d’exister au bout d’une seule génération. Cette rhétorique qui lui a permis de placer ses propos dans le contexte du point de vue, et non de l’injure. Elle ne saurait être étendu aux Noirs, aux Arabes ou aux Juifs, puisque si tout le monde étaient noirs, juifs, ou arabes, l’humanité pourrait très bien continuer. La jurisprudence n’a donc pas du tout les conséquences que vous lui donnez. Elle a une portée potentiellement discriminatoire, mais uniquement vis à vis des homosexuels.


                                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 novembre 2008 14:33

                                  Il n’a jamais été question de catégorie de population.


                                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 17 novembre 2008 14:32

                                   Quant à l’épithète d’homophobe, jadis attribué à l’ancien ministre Jean Foyer et à Jean-Marie Le Pen, ce furent ensuite André Gide, les sénateurs François Abadie et Gérard Longuet qui se le virent décerné (1) par les autorités médiatiques du PC ; André Gide étant accusé de colonialisme par un critique littéraire dans le Nouvel Obs, pour faire bonne mesure et bonne conscience, malgré le Voyage au Congo. Le quotidien Le Monde - par la plume acide de Roger-Pol Droit (promoteur de l’Appel à la vigilance de 1993 et de l’attaque contre P.-A. Taguieff) - avait, lui, accusé André Gide de complaisance avec le stalinisme, comme s’il n’y avait pas eu Retour de l’URSS ...

                                   Si l’antisémitisme était un délit selon Jean-Paul Sartre – qui en 1941 succéda néanmoins, en tant que professeur titulaire au lycée Condorcet, à un professeur juif révoqué ..., le n° 92 de la revue Commentaire en apportait confirmation –, l’historien Jules Isaac, plus compétent en la matière, et auteur de Genèse de l’antisémitisme, le considérait comme un courant d’opinion ; ce qui ne lui donne pas de consistance logique ou morale pour autant, bien entendu, cela devrait aller sans dire.

                                   Le choix se fait entre ces deux attitudes :
                                  1/ Je ne suis pas d’accord avec vous, et je le dirai, mais vous devez pouvoir vous exprimer. C’est la tolérance humaniste des Lumières ; Voltaire n’était pas d’accord avec Helvétius, mais prenait son parti hautement, quand des "hommes absurdes" faisaient brûler son ouvrage De l’Esprit.

                                  2/ Vous n’avez pas le droit de dire cela. On va vous faire taire, vous fermer votre clapet, etc. Comportement que Christian Combaz a appelé, pas si anachroniquement que cela, un "stalinisme rampant du milieu littéraire français" (La vertu par l’anathème, avril 2000). Pratiquement, le moyen est la poursuite devant les tribunaux par des associations (UEJF, LICRA, MRAP, notamment).

                                   Il revient certes à l’État de maintenir l’ordre public et de rendre la justice, de contrer le racisme, l’antisémitisme, la diffusion de fausses nouvelles, le sexisme, et l’âgisme, lorsqu’un dommage manifeste est causé à une personne ; mais pas de réprimer les divagations historiques ou scientifiques, ni par ailleurs ce qu’on appelle aujourd’hui l’homophobie (extension sociologique discutable d’un trouble psychiatrique masculin rare) ; « Chacun est libre de critiquer ou d’approuver l’homosexualité » assurait le ministre Robert Badinter au Sénat en 1982 (séance du 5 mai). Il n’y a pas davantage à limiter l’expression de points de vue anti-religieux ; or l’anticléricalisme républicain devient lui aussi politiquement incorrect – et ceci malgré la marginalisation du christianisme qui ne se fait plus qu’au profit des deux autres religions monothéistes. On a été jusqu’à inventer le terme d’islamophobie. Certains conflits d’opinions devraient pouvoir subsister dans une République libérale dont Big Brother n’est pas encore le Président (2), ni New Speech la langue officielle, en particulier sur tous les sujets controversés comme l’immigration, la légalisation des drogues dites « douces », la nation, les sectes ou l’adoption par les couples homosexuels, la liberté d’expression devant jouer pour le choix et le traitement de les thèmes de débat possibles. En 1997, des intellectuels de renom – notamment Philippe Sollers – avaient envisagé d’examiner le plus objectivement possible « la question pédophile », et ce genre d’attitude devrait non pas rester confidentiel, mais être étendu. Il importe certes, on l’a dit, de sanctionner les discriminations envers les personnes, lorsqu’elles leur occasionnent un tort manifeste – ce que prévoit déjà, au delà des infractions pénales, l’art. 1382 du Code civil - mais sûrement pas d’exercer une police de la parole par la censure ou l’intimidation, ni même par des dispositions légales, sans cesse renforcées depuis juillet 1972, au point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable emballement, d’une fuite en avant : loi Pleven (3), suivie des dispositions du Nouveau Code pénal de 1994, de propositions de loi tendant : - à lutter contre l’homophobie (Ppl n° 1893 et 2150 de l’ancienne législature), - à réprimer les propos discriminatoires (n° 2373), - à poursuivre les négateurs des génocides reconnus (n° 2281) ; et plus récemment, les dispositions tendant à aggraver les peines en cas d’intention raciste.

                                  1. « L’homophobie de Gide est évidemment regrettable. » (Leo Bersani, Homos. Repenser l’identité, O. Jacob, 1998).

                                  2. La liberté d’opinion est affirmée par l’art. 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, article proposé par le duc de La Rochefoucauld d’Enville et adopté le 24 août 1789, puis par l’art. 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de l’assemblée générale des Nations Unies de 1948, par l’art. 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe de 1950 et par l’art. 11-1 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne de 2000.

                                  3. La loi Pleven du 1er juillet 1972, non contrôlée par le Conseil Constitutionnel, a été complétée et aménagée en 1975, 1977, 1983, 1985, 1987, puis par la loi Gayssot du 13 juillet 1990. Voir Jean-Jacques Pauvert, Nouveaux (et moins nouveaux) visages de la CENSURE, Belles-Lettres, 1994 ; pp. 132-144. Robert Ménard, « La France en liberté surveillée », EPOK, n° 26, mai 2002, p. 21.

                                   


                                  • georges jean 17 novembre 2008 17:36

                                    on peut être pour la normalité

                                    depuis une dizaine d’année les gens normaux se font qualifier " d’hétérosexuels".

                                    halte à la normalophobie


                                    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 novembre 2008 15:48

                                      "depuis une dizaine d’année les gens normaux se font qualifier " d’hétérosexuels" "

                                      L’opposition des vocables homosexuel/hétérosexuel est apparue en 1868 dans la langue allemande, et à la fin du XIXe siècle dans la langue française.

                                      Avant, d’autres termes étaient employés, comme "coniste" et "bougre" à la fin du XVIIe siècle.

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