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Accueil du site > Actualités > Société > L’honneur perdu de Maurice Papon

L’honneur perdu de Maurice Papon

Maurice Papon sera enterré avec sa croix de commandeur de la Légion d’honneur aujourd’hui mercredi 21 février à Gretz-Armainvilliers. Le port de cette décoration, reçue en 1962 des mains du Général de Gaulle, lui a été interdit par décret en 1999, en raison de sa condamnation à dix ans de réclusion pour complicité de crimes contre l’humanité. Robert Badinter à l’image de beaucoup de Français a jugé la polémique sans « aucun intérêt ». Derrière les apparences de l’honneur, restent l’orgueil et la vanité d’un ex-haut fonctionnaire, condamné pour complicité de crime contre l’humanité.

Jusqu’au bout, Maurice Papon n’aura rien regretté ni renié. Il était en train de finir de corriger ses mémoires La Mort dans l’âme sous-titrés Mémoires d’un reclus, ouvrage dans lequel il ne renie rien, quand il est décédé à l’âge de 96 ans samedi 17 février. Au fil des pages, l’ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde persistait à clamer son innocence dans la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et à certifier que le police parisienne, dont il fut le Préfet, n’a aucune responsabilité dans la mort de très nombreux Algériens après la manifestation du 17 octobre 1961.

"Papon Maurice. Profession retraité". C’est sous ces mots que l’ancien haut fonctionnaire s’est présenté à la barre de la Cour d’assises de Bordeaux en 1997. Dans ce dossier symbolique d’une période sombre de l’histoire de France, les mots ont leur importance. Haut fonctionnaire, Maurice Papon n’était pas une petite main de l’administration. En 1943, il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, chargé des questions juives. Autrement dit, le numéro 3 d’une préfecture de région créée par Vichy dont les deux missions essentielles étaient le ravitaillement et la police, dont la question juive. Si l’impulsion meurtrière est venue des nazis qui demandaient des contingents de juifs négociés avec Vichy, l’administration du Maréchal a mis un point d’honneur à leur répondre avec efficacité. Maurice Papon en tête. Sous ces années de plomb le jeune homme fait preuve d’un zèle remarqué. A trente-deux ans, le fonctionnaire assiste le préfet dans la réalisation de toutes ses missions. Sa signature, par délégation, s’appose au bas des documents : "Pour le préfet régional, le secrétaire général". C’est donc de sa main et de son nom qu’il a signé des actes de collaboration avec l’occupant nazi, visant à livrer des juifs. Il ne sert pas alors la République mais une dictature, le régime de Vichy, qui repose sur une administration forte, tout autant au service de l’Etat que de la personne du maréchal Pétain. Avec près de cent hauts fonctionnaires, Maurice Papon a prêté " selon les lois de l’honneur et de la probité" serment de fidélité à la personne du Maréchal.

Pour des raisons complexes, essentiellement d’amnésie de circonstances, Maurice Papon traverse comme beaucoup d’autres, sans souci, "les filtres" de l’épuration et se trouve nommé préfet des Landes en 1944 à la libération de Bordeaux. Ce certificat de virginité lui permettra de continuer sans encombre son parcours de fonctionnaire jusqu’au sommet de la carrière préfectorale. Serviteur de maîtres plus que de l’Etat, reconnu comme un grand technicien du maintien de l’ordre, il restera également dans l’histoire comme le préfet de Police de Paris en poste lors de la répression sanglante de la manifestation des sympathisants du FLN dans la capitale le 17 octobre 1961.

Sa vie publique ne s’arrête pas avec sa retraite. Propulsé par la suite PDG de Sud-Aviation, l’homme se reconvertit alors en politique. Au lendemain de mai 1968, il est élu député du Cher, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, puis rapporteur de cette même commission, à la demande du président Georges Pompidou. En mai 1978 : Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, et Raymond Barre, premier ministre, en font à 68 ans un ministre de la République. Cette entrée en politique va signer le début de ses ennuis.

En mai 1981, entre les deux tours de l’élection présidentielle, Le Canard enchaîné révèle ses activités, pendant la guerre, comme responsable du service des questions juives, à Bordeaux. Maurice Papon crie à la "manoeuvre électorale". Il proteste de son innocence et demande qu’un jury d’honneur, composé de figures de la Résistance, se prononce. Le jugement rendu est à la Pyrrhus. Le jury reconnaît tout à la fois à Maurice Papon ses titres de résistant et "des actes apparemment contraires à la conception que le jury se fait de l’honneur" qui auraient dû le conduire à démissionner de son poste. En décembre 1981, 1’affaire glisse sur le terrain judiciaire avec les premiers dépôts de plaintes.

En septembre 1996, l’ancien ministre est renvoyé devant la cour d’assises. Le 2 avril 1998, il est condamné à dix ans de réclusion criminelle pour "complicité d’arrestations illégales et de séquestrations arbitraires" dans la déportation, ordonnée par les Allemands, de quatre des douze convois de juifs, qui seront organisés, entre 1942 et 1944, de Bordeaux vers Drancy. Ces crimes revêtent, imprescriptibles, le caractère de "crimes contre l’humanité". Près de 1600 juifs, durant cette période, dont 130 enfants de moins de treize ans, ont été déportés. Les débats révèlent l’indifférence et la compromission du fonctionnaire d’alors, et sa mue opportune et précautionneuse à l’automne 1943 lorsqu’il refuse une promotion (préfet du Lot) et prend contact avec la Résistance.

Le reste n’est que l’histoire d’un vieil homme qui n’aura jamais demandé pardon, incarcéré pendant trois ans (puis libéré pour raisons de santé) mais surtout enfermé dans son passé. Au bout du compte, l’affaire Papon souligne la force du concept juridique de crimes contre l’humanité qui, par son caractère imprescriptible, ne permet plus au temps de conférer le sentiment d’impunité.


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77 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 21 février 2007 12:07

    tiens , il avait pas une carte au FN ? Mitterand et Bousquet non plus , par ailleurs.......

    C’est drôle , les salauds ne se trouvent pas toujours où la bienpensance voudraient qu’ils soient !


    • Jimmie Danger (---.---.164.192) 21 février 2007 14:57

      @ Mr Le Chat

      - Vous pouvez remplacer « bien-pensance » par « bienséance ».

      Au fait : où est l’erreur ?

      François Mitterrand recevant la francisque ou François Mitterrand socialiste ?

      François Mitterrand fleurissant Jaurès au Panthéon ou le même fleurissant Pétain sur son île ?

      Jimmie Danger


    • (---.---.34.110) 21 février 2007 12:14

      On fait de Papon le symbole de la France de Vichy.

      Mais le nom de Papon n’apparaît pas une seule fois dans l’ouvrage de Paxton « La France de Vichy » (Seuil, coll. Points)

      En fait, Papon a payé pour Bousquet.


      • Barth (---.---.46.242) 21 février 2007 12:17

        Quand Pinochet est mort, Sarkozy chez Serge Moati a répondu « rien » à la question « qu’avez-vous à dire sur la mort de Pinochet ? »

        Je ne l’ai pas entendu sur la mort de Papon.

        A-t-il dit quelque chose ?


        • (---.---.37.71) 21 février 2007 12:38

          « L’honneur perdu de Maurice Papon »

          L’honneur ? De quoi tu parles mec ? On s’en fou de l’honneur dans une démocratie ! Surtout que Papon n’était même pas Noble, il n’a donc jamais eut d’honneur.


          • faxtronic (---.---.127.45) 21 février 2007 17:37

            Il y a des seance guillotine qui se perdent...


          • Jojo2 (---.---.158.64) 21 février 2007 12:40

            Papon c’est l’exemple typique de la soumission à l’autorité. On lui commande de déporter, il déporte. On lui commande de faire frapper les manifestants, il les fait frapper. C’est exactement comme ça que fonctionnait l’état nazi. Des abrutis obéissant pour avoir la « paix » et une promotion. C’était un con.


            • Milla 21 février 2007 18:07

              @ Jojo2

              Chindler aussi n’était qu’un éxécutant si c’est ce que tu veux dire, ça ne l’a pas empéché de sauver quelques hommes...

              C’est l’échec politique qu’on admet pas dans cet histoire, la culture entre les mains des salops... c’est tout !

              Milla smiley


            • Jojo2 (---.---.49.40) 21 février 2007 20:24

              Schindler, justement, n’était pas soumis puisqu’il faisait des faux, à ses risques et périls.


            • (---.---.208.137) 21 février 2007 12:46

              L’honneur perdu de Maurice Papon ? Mais quel honneur ? Ce salaud ne méritait pas sa décoration. J’espère qu’il est en enfer à l’heure qu’il est...


              • maxim maxim 21 février 2007 12:58

                Papon a reçu sa croix de la legion d’honneur des mains de DE Gaulle, a ete prefet sous le meme De Gaulle ...a meme ete au budget.....

                dans le monde politique des années d’après guerre où Mitterand à ete plusieurs fois ministre ,(de l’interieur en 1954 ) Defferre a ete minister plusieurs fois ministre et resistant Chaban Delmas aussi ,qui nous fera croire que personne de ces gens n’etait au courant du passé de Papon ????

                combien d’autres on du etre aussi zèlés que lui mais certainement soigneusement oubliés.....

                cela n’excuse en rien ce qu’a fait Papon ,il ne faut pas croire que c’est une supplique à sa defense ,mais seulement que l’on a ressorti une affaire dans les années 90 qui aurait pu etre mille fois mise à jour auparavant.....

                quand à la légion d’honneur ,on la distribue n’importe comment ...bientot on va la donner au gagnant de la star académy.....

                qu’on la laisse à Papon....qu’est ce que ça peut faire maintenant......pour ce qu’elle vaut actuellement...


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 21 février 2007 13:50

                  MAXIM

                  Toujours heureux de retrouver votre bon sens .

                  salut et fraternité .


                • zOoO zO 21 février 2007 21:41

                  De toute façon il ne pouvait plus la porter en public, et où il se trouve maintenant le public... smiley


                • (---.---.37.71) 21 février 2007 13:02

                  Et est-ce que Mitterand est enterré avec sa Francisque ?


                  • (---.---.34.110) 21 février 2007 13:09

                    Ou avec ses articles de 1942 dans la revue vichyste « France - Etat nouveau » ?


                  • Jimmie Danger (---.---.164.192) 21 février 2007 15:03

                    « Mur de l’Atlantique.. »

                    Les entreprises françaises ayant travaillé sur le mur ont bien été payées.. par les indemnités que le régime de V.. versait à l’occupant allemand. Les requisitions étaient payées par les Français et non par les entreprises..

                    Il s’agissait en grande partie de groupes (par ex : Bernard Campenon Bernard )ayant participé à la construction de la ligne Maginot et qui ont ensuite oeuvré sur les grands ensembles de la reconstruction.

                    Ce qui explique le « Hard French », c’est à dire l’option « bétonnage de masse » qui a défiguré nos banlieues.

                    Jimmie Danger


                  • Bill Bill 21 février 2007 13:53

                    Je n’ai jamais réussi à me faire une opinion précise sur Maurice Papon. Un journaliste disait un peu après le procès qu’il était lui-même désorienté : des résistant sont venus témoigner à la barre, disant qu’il avait sauvé des juifs et qu’il avait été vraiment résistant !

                    Je crois qu’il est un peu tôt pour vraiment juger des faîts de cette époque. Miterrand à Vichy et ministre de l’intérieur pendant la guerre d’Algérie est aussi un personnage controversé, il trouvait parait-il les menbres du gouvernements de Vichy « charmants ».

                    Pour ma part, je m’abstiens de juger de faîts que je ne connais pas dans le détail, sur cette période que je n’ai pas vécu...

                    Bill


                    • (---.---.37.71) 21 février 2007 13:54

                      Mouais, ces vieilles histoires de la seconde guerre mondiale, ca commence a lasser, et ca fait longtemps que ca n’interesse plus personne. J’imagine que ca permet aux socialo-communistes de se croire dans le camps du Bien, en tous cas de l’affirmer, car ils savent bien qu’ils ont fait un pacte avec Satan, et que leur cause est épouventable, temoins tous ces génocides et massacre qui accompagne leur folie. Bref, de la figuration pas cher. Tous ca ne nous impressionne pas. Ce sont les communiste, les Maoiste, les Trotskyste, les Pol Potiste, les Castristes, Titistes et tout ceux qui ont recu de l’argent et des ordres de Moscou qu’ils faut maintenant juger.


                      • Jimmie Danger (---.---.164.192) 21 février 2007 15:04

                        « Jugeons les Maoïstes.. »

                        A commencer par Finkielkraut, Glucksman et Bruckner..

                        Jimmie Danger


                      • Le chasseur de ’istes (---.---.69.4) 22 février 2007 12:39

                        Les Pol Potistes, souvent appelés khmers rouges, ont reçu un soutien des Etats Unis après avoir perdu le pouvoir en 79 (et donc une fois leurs atrocités connues) car ils s’opposaient au régimme communiste soutennu par le Vietnam.

                        Désolé, je n’ai pas pu résister. L’histoire cela ne s’invente pas, cela s’apprend.


                      • Internaute (---.---.210.127) 21 février 2007 14:17

                        On a trouvé le nouveau filon.

                        Papon est publiquement condamné et on lui interdit de porter la légion d’honneur. C’est d’ailleurs un rituel de ce genre de procès. Combien de « docteurs de l’université » ne se sont-ils pas vus retirer le titre que les pontes de l’université avaient jugé bon de leur donner. C’est ce qu’on appelle la rétroactivité de la bêtise. Si aujourd’hui vous êtes traité d’idiot c’est que forcément quand vous avez eu votre doctorat il y a 20 ans vous l’étiez encore plus mais que le jury de l’époque n’a rien vu. Heureusement qu’on est là pour rétablir la justice.

                        Donc Papon est un salaud. Mais Papon a été employé aux plus hauts postes par de Gaulle et même décoré par lui-même ce qui apporte la preuve au bras doit de Sarkozy (Klarsfeld) et aux autres chasseurs de prime que de Gaulle a couvert les agissement de Papon. Par conséquent, c’est tout une brochette de hauts fonctionnaires de la V° et leur descendance que l’on peut légitiment pourchasser et punir comme il se doit. La nation, coupable d’avoir élu ces gens pendant des années, ne pourra qu’accepter un juste châtiment en payant des indemnités infinies, à prendre sur leur retraite, leur ISF et leur RMI. Depuis qu’on lui fait la leçon sur la repentance il va bien falloir qu’elle s’exécute.

                        C’est mille fois plus juteux que le coup de la SNCF. Je vois déjà un député vert en baver de plaisir.


                        • fidel chavez (---.---.211.99) 4 mars 2007 07:48

                          a internaute....SI CA NE PAIE PAS EN FRANCE SACHES QU UN TRIBUNAL DE NEW-YORK A ETE SAISI ET CELA VA CHIFFRER EN MILLIONS DE DOLLARS SONNANT.TREBUCHANT.ET NET D IMPOT !!! CELA DIT CE QUI ME CHAGRINES C EST LE MUTISME (COUPABLE) QUANT ON EVOQUE LES CENTAINES D ALGERIENS (PACIFISTES) ASSASSINES SUR SON ORDRE( ET SA HIERARCHIE)EN 1961. C EST UN FAIT HISTORIQUE TRES GRAVE POUR LEQUEL LE MUTISME « AGACE » DE CERTAINS N EST CERTAINEMENT PAS LA SOLUTION....JE SUIS CONVAINCU QUE LA SITUATION SOCIALE DE REJET INSTITUTIONNEL DE CERTAINS ...VIENT DE CET ABCES.


                        • ZeusIrae (---.---.209.130) 21 février 2007 14:20

                          ça reste une petite main.Je suis désolé mais le secretaire general de la prefecture n’est pas un « haut fonctionnaire »,un haut fonctionnaire c’est à Paris ou alors un Prefet. C’est ce qui m’ agace beaucoup avec cette histoire,le presse parle du personnage comme si on avait affaire avec Himler en personne.L’avocat des victimes parle meme du « boureau ».

                          Faire d’un grate-papier l’equivalent d’un Eichmann est tout simplement delirant.Je ne dit pas qu’ils soient innocent mais il faut garder le sens de la mesure.

                          Et puis cette manie de personnaliser le probleme.Les crimes de Papon sont ceux de toute la France,fallait pas perdre la guerre.C’est ça le crime majeur,le reste etait inevitable.Si il avait fallu executé tout les collaborateurs à la liberation,l’administration française aurait subir une jolie cur d’amegrissement.


                          • gem gem 21 février 2007 16:46

                            désolé de vous contredire, mais un SG de préfecture c’est bien un haut fonctionnaire : c’est un sous-préfet qu’on teste avant de le passer préfet si il remplit bien son rôle. Rôle pratiquement identique à celui d’un préfet, les relations sociales (avec les notables et les élus) et médiatiques (pas de conférence de presse !) en moins. Le SG est le chef réel de tous les « directeurs départementaux », à l’exception notable du Trésorier Payeur Général qui n’a de compte à rendre qu’au ministère des finances. C’est donc le chef de (presque) tous les chefs de tous les « gratte-papiers » du département : pas vraiment un « gratte-papier » de base...

                            Par contre c’est vrai que le crime majeur c’est d’avoir perdu la guerre et que tout le reste en découlait inévitablement : il y a toujorus des Papons


                          • higgins (---.---.12.31) 21 février 2007 14:30

                            Tout d’abord, une mise au point : l’abomination que constitue la déportation des populations de confessions juives, tziganes, etc, etc, en France sous l’occupation restera à tout jamais une tâche indélébile dans l’histoire de notre pays.

                            Je crois qu’il est sain de connaître la vérité, près de 60 ans après les faits, sur la réalité de notre pays en cette période trouble. La grande complexité de cette dernière rend cependant difficile, voire stérile, les jugements à l’emporte-pièce dont notre époque est si friante. Le personnage m’indifférait plutôt, on sait tous à quoi pousse l’arrivisme, mais Maurice Papon me semble être un bouc émissaire pratique. Après tout, et contrairement à d’autres, je n’ai lu nulle part qu’il ait reçu la décoration maréchaliste par excellence, la francisque, pour services éminent rendus à l’état français. Son procès était certainement nécessaire, mais une peine réelle mais symbolique suffisait. L’homme, on l’a bien vu, n’acceptait pas le principe de cette dernière. Y ajouter de la prison n’apportait rien de plus.

                            Je serait facilement persuadé que, s’il n’y avait pas eu un Maurice Papon préfet de police en 1961 à Paris, on aurait moins parlé de cas atrocement banal. Saurons-nous jamais combien d’autres Maurice Papon, au rôle peut-être moins visible mais autrement plus nuisible, ont échappé à jamais à la juste condamnation qu’ils méritaient ? La notion de soumission à l’autorité, dont une expérience qui est au centre du film d’Henri Verneuil « I comme Icare » montre combien elle est facile à obtenir, reste le principal paramètre de la période 1940-1945 en France. Qui est capable d’affirmer qu’il aurait eu la clairvoyance de ne pas y succomber ?


                            • (---.---.37.71) 21 février 2007 14:44

                              « Tout d’abord, une mise au point : l’abomination que constitue la déportation des populations de confessions juives, tziganes, etc, etc, en France sous l’occupation restera à tout jamais une tâche indélébile dans l’histoire de notre pays. »

                              N’importe quoi.

                              La Révolution ou la guerre de 14/18 c’est tout de même autre chose !


                            • Internaute (---.---.140.112) 21 février 2007 18:28

                              Vous avez l’air de regretter qu’un sous-préfet respecte l’autorité du préfet et du gouvernement. J’imagine un pays où les hauts et moins hauts fonctionnaires feraient ce qui leur passe par la tête. Cela s’appelle une République bananière et on y va petit à petit mais il y a encore du chemin tout de même.

                              Vous oubliez aussi que l’autorité suprême la tenait les allemands et pas le gouvernement français. C’est un peu facile d’accuser les morts 60 aprés alors que l’information est noyée dans une ambiance de bourrage de crâne permanent.


                            • voyageur51 (---.---.66.198) 25 février 2007 23:10

                              Adolh Eichmann aussi n’a jamais fait que respecter les lois nazis. Comme Papon. Or on a raccourci Eichmann de 20cm...


                            • Cl4ud3 (---.---.230.156) 21 février 2007 14:33

                              l’honneur perdu de maurice papon ? cet homme ne peut l’avoir perdu, pusiqu’il n’en a jamais eu.

                              qu’on enterre donc papon avec sa babiole : le ruban en a été déshonoré par ses actes. son nom a été rayé des tablettes de la légion d’honneur. il a su profiter de la période trouble de la fin de la guerre pour essayer de faire disparaître les preuves de sa conduite igniminieuse. mais comme on ne peut penser à tout, il est quand même resté des traces dans les archives départementales et des témoins qui sont revenus de l’enfer où il les avait envoyés...

                              il vaut mieux que ce triste sire s’en aille avec tous ses attributs et collifichets de pacotille pour rejoidre la place qui lui est dûe dans l’histoire : celle des êtres opportunistes et véléitaires que l’on préfère oublier...


                              • Français (---.---.71.55) 21 février 2007 14:44

                                Certains s’en sont pris à Papon par vengeance. Oubliant que la plupart des fonctionnaires de l’Etat Francais étaient bien obligés d’executer les ordres de l’occupant allemand.

                                Si la République etait à Londres, L’Etat était resté en France et faisait ce qu’il pouvait selon les conditions de l’armistice.... Ces conditions étaient imposées par l’occupant. Si vous ne le croyez pas , relisez les donc... Et , Le combat se passait ailleurs....

                                Certains beaux esprits affirment actuellement dans le confort de leur salon qu il « suffisait » de « refuser » d’executer les ordres recu de l’occupant. Ces beaux esprits imprégnés de l’idéologie pacifiste n’auraient pesés bien lourds devant ce genre d’occupation... Ces bons et braves esprits oubliant les règles mises en place par l’ennemi. Cet ennemi avait des services tels que la GESTAPO, l’ABwehr, la SS ou encore la milice de Darnand pour règler les affaires de refus : au mieux l’execution immediate, au pire la déportation.... Et ca ne trainait pas.

                                La plupart des fonctionnaires en place se sont exécutés et cela jusqu’à la dernière heure en 1944 ! Pouvaient ils d’ailleurs faire autrement ?....

                                Alors pour ce qui concerne Papon, on s’en est servi en tant que victime expiatoire pour masquer les fautes de beaucoup ! C’est un rideau de fumée utile pour certains.

                                Après Papon ? A qui le tour ? Des communistes collaborateurs et traitres jusqu’en 1941 ? DEs communistes renseignant et trahissant pour le compte de l’URSS pendant la guerre froide ? Des socialistes amis de Deat et Doriot ? Des maoistes, castristes, universitaires polpotistes qui hantent actuellemnt certains partis ?

                                Il n’y a que l’embarras du choix....

                                Alors ? Qui sera le prochain ?


                                • Bill Bill 21 février 2007 15:40

                                  Brassens a dit durant un entretien et au sujet de la liberté de parole, qu’à l’époque, « on ne chantait pas au coin de la rue »les Allemands sont ces cons« , ça ne se faisait pas... »

                                  Bill


                                • Jimmie Danger (---.---.164.192) 21 février 2007 16:16

                                  « DEs communistes renseignant et trahissant pour le compte de l’URSS pendant la guerre froide ? »

                                  La particularité de la guerre froide étant d’avoir mis en place une bipolarité, que penser des Français (parmi eux, de nombreux ex-OAS ) qui travaillaient pour la CIA à la même époque ? Ont-ils trahis ?

                                  Vous me rétorquerez qu’ils travaillaient pour un idéal, pour le Monde Libre... tout comme les Communistes..

                                  Papon, lui, obéïssait aux ordres, sans se poser de questions. Si comme vous le dites les Allemands occupants exerçaient une certaine pression, je ne pense que celle-ci se soit exercé sur lui en octobre 1961 lorsqu’il couvrit le massacre aujourd’hui bien connu..

                                  A titre personnel, je pense que Papon, sous occupation soviétique, aurait mérité l’Ordre de Lenine pour avoir rempli les goulags..

                                  Jimmie Danger


                                • (---.---.233.32) 21 février 2007 16:54

                                  Je n’était pas né pendant la dernière guerre, mais pendant le « massacre » de 61 je l’étais, et je m’en souviens. Le FLN avait sorti tous les travailleurs algériens (en ce temps il y avait du travail) de chez eux sous peine de mort, histoire de montrer à la France et au monde qu’ils étaient tous unis derrière eux (tu parles !) et ainsi faire pression sur les négociations d’Evian. La police (Papon ?) n’a pas voulu céder et il y a eu des morts (pas forcément tous partisans du FLN). Qui est responsable ? Les français ! ne cesse de marteler Bouteflika et sa clique. Le FLN ! qui a organisé par la force cette soi-disant manifestation bien qu’ils savaient que le sang coulerait répondent les français (sauf les cocos-porteurs de valises). A chacun de juger... Mais, nous avons assez de problèmes devant nous sans regarder derrière sans arrêt pour faire toujours repentance.


                                • voyageur51 (---.---.66.198) 25 février 2007 23:14

                                  J’ai eu plusieurs personnes de ma famille fusillées par les allemands. Et cela pour c’être opposée à des ordres qu’elles ont considérées iniques.

                                  C’est cela le courage.


                                • voyageur51 (---.---.66.198) 26 février 2007 00:08

                                  Papon, ce truc n’est jamais qu’un vulgaire criminel condamné soutenu par des extremistes, comme Hitler l’est actuellement.


                                • Aeglin (---.---.32.236) 21 février 2007 15:54

                                  Chirac n’aurait j’amais du reconnaitre la responsabilite de la France dans cette histoire et reste dans la droite ligne de ses predecesseurs. C’est une boite de pandor qu’il a ouvert et depuis, la France n’en finit plus de s’excuser pour des faits remontants a plus de 40 ans en arriere ! Je suis ne plus de 20 ans plus tard ! Je ne vois pas pourquoi j’aurai a me repentir d’etre ne dans ce pays !

                                  La ligne disant la Republique legitime, c’etait la France libre et le regime de Vichy un Etat illegal etait des plus commode. Elle sauvegardait l’honneur de la Republique. Petain a ete juge, la plupart de ses collaborateurs executes ou emprisonnes. Que Papon soit passe entre les mailles du filet, considerez que ce fut un moindre mal au milieu de cette epoque troublee. Personne n’a idee (et je ne pretends le savoir mieux que quiconque) de l’Etat de la France a cette epoque. Tout et n’importe quoi pouvait en sortir. Une dictature, un regime marxiste, une occupation americaine, que sais-je...

                                  Il faudrait pouvoir replacer les choses dans leur contexte. Et finalement, la prescription a ceci de bon qu’elle permet de ne pas juger avec un omportant retard alors que la plupart des survivants de l’affaire sont deja morts. Je vais peut-etre en choque quelques-uns, meme certainement, mais en terme de crime contre l’humanite, un delai de prescription doit etre applique. 30 ans me parait un delai raisonable.

                                  Qqn plus haut a dit que tout le monde dans la France d’apres guerre devait etre au courant pour Papon. Oui, certainement. Mais que voulez-vous, qd vous avez a la fin de la guerre une menace communiste reelle d’un cote, une resistance locale dont personne n’emerge et des fonctionnaires competents de l’autre qui ne demande qu’a passe dans le bon camp, le bon sens prime.


                                  • Cl4ud3 (---.---.230.156) 21 février 2007 18:26

                                    vichy est un régime qui n’a pas été promu par les urnes, il n’appartient pas à la 3° république ; il s’est substitué à elle.

                                    que je sache la france a été l’un des seuls états occupés à être passé aves son gouvernement et son administration sous les ordres des nazis (ls autres étant la norvège et le danemark), à avoir « dénaturalisé » les personnes qui étaient françaises depuis 1927, à avoir mis sa police aux ordres de l’occupant, devançant même les demandes de rafles de juifs, à avoir enfermé dans divers camps ses ressortissants de confessions juive, à avoir abandonné les soldats décorés de la grande guerre et les avoir exclus de la société sous prétexte qu’ils étaients juifs...

                                    les exemples sont nombreux. il vous suffit pour cela de lire les ouvrages d’henri amouroux (pourtant taxé d’indulgence pour vichy), d’Henri Michel,Henry Rousso , Max Lagarrigue, Jean-Pierre Azéma, jean lacouture ... Robert Owen Paxton qui démontre l’engagement de pétain et laval auprès des nazis : « Loin d’avoir protégé les Français, le concours de Vichy a permis aux Allemands de réaliser plus facilement tous leurs projets - pillage économique et alimentaire, déportation des Juifs, exil forcé de la main-d’œuvre en Allemagne. Avec leur peu de troupes, de policiers et de fonctionnaires, jamais les Allemands n’auraient pu gérer un pays développé aussi vaste sans le concours actif du gouvernement, de l’administration et de la police.  » ( http://cartoflash.free.fr/motcle/pages/Vichy.htm ),... Philippe Burrin qui fut l’un des experts au procès de Maurice Papon à Bordeaux en 1997 . Lors de son intervention, il insiste sur la connaissance des français avant la guerre de la cruauté de l’Allemagne nazie envers les juifs notamment en Pologne (par le biais - entre autres - de la presse de l’époque qui faisait ses « manchettes » sur ce thème) et sur la possibilité de marge d’autonomie et d’ « échappatoires » au sein de l’administration du régime de Vichy, ce principe étant selon lui « le fondement de la collaboration » .

                                    papon savait et il a tourné sa veste quand cela a commencé à sentir le roussi...


                                  • Cl4ud3 (---.---.227.127) 21 février 2007 20:23

                                    @ aeglin

                                    ce n’est pas la france en tant que nation qui était responsable, c’est l’état de vichy, qui était un état autoritaire et non démocratique.

                                    et ce sont des français qui ont mené une politique antisémite et anti-résistance, qui ont crée la LVF (légion des volontaires français) qui sont partis combattre sur le front russe, la milice qui a torturé et passé par les armes des centaines de résistants et arrêté des réfugiés juifs ou non, radio-paris n’était pas tenue par les allemands, ni personne n’a forcé Pierre Laval à déclarer le 22 juin 42 : [qu’il]« souhaite la victoire de l’Allemagne » sur Radio Vichy !!!!

                                    ce sont ces gens là qui ont déshonnoré la france et se sont conduit comme des traîtres.

                                    il était normal que Chirac reconnaisse l’engagement du régime de vichy au profit de l’allemagne hitlérienne. cela était dû aux victimes de ce régime : déportés, résistants... c’est la marque d’un grand peuple que de savoir reconnaître ses erreurs.


                                  • Sébastien (---.---.213.142) 21 février 2007 16:57

                                    La mort de Papon m’indiffère. Je regrette simplement qu’il ait été libéré pour des raisons bidons de santé et qu’il ne soit pas mort en prison.

                                    Et pour apporter une précision sur le personnage, Papon avait organisé son insolvabilité avant le procès pour n’avoir à verser aucun dommages et intérêts aux familles des victimes. Voilà qui était Papon, un fonctionnaire froid dont la conscience se limitait à savoir s’il avait appliqué consciencieusement les ordres sans jamais se poser de question sur leur bien-fondé.


                                    • Jim (---.---.25.204) 21 février 2007 17:02

                                      Monsieur Aeglin,

                                      Vous ne serez étonné que je vous donne tort sur bien des points. Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France dans cette dérive collaborationniste parce qu’avant lui aucun Président de la République ne l’avait fait, soit par calcul, soit par lâcheté. Pétain a été porté au pouvoir par la majorité des Députés, donc légalement. L’Etat Français était légal sinon légitime. Je ne me sens pas non plus responsable de ces crimes. Cependant, je suis Français et j’assume l’Histoire de la France et des Français avec ses zones de lumière et aussi d’ombre. Nous avons un devoir de mémoire à transmettre à nos descendants pour que de pareils crimes ne se renouvellent plus sur notre sol et ailleurs.

                                      Tout d’abord, n’oublions pas que le racisme et l’antisémitisme étaient une constante dans la pensée de bien des Français avant la guerre. Par exemple, deux évêques seulement, Monseigneur Saliège (Toulouse) et Monseigneur Théas (Montauban) se sont émus et indignés du port de l’étoile jaune puis de la déportation des Juifs, hommes, femmes, enfants, vieilards.. et les autres ? L’Eglise de Pie XII était antisémite, n’en déplaise à ses thuriféraires ! ! L’Eglise aussi a tardivement reconnu cette faute ! Pour vous, la lutte contre le communisme devait-elle passer par l’oubli volontaire des crimes des complices des nazis ?

                                      Si le Général de Gaulle connaissait le passé du sinistre Papon, qu’il soit maudit ! D’autant plus que le personnage a dirigé la police parisienne lors des manifs contre la guerre d’Algérie (Morts noyés de la Seine, morts du métro Charonne). Papon n’a jamais respecté la vie humaine. Son carrièrisme lui a fait suivre différents maîtres sans souci de la morale. La caricature d’un fonctionnaire zélé, avide d’honneurs. C’est avec de tels types qu’une démocratie peut devenir une dictature. Alors la mansuétude de l’Eglise pour Touvier, du Gal de Gaulle pour Papon, de Mitterrand pour Bousquet est condamnable. La fin ne justifie pas tous les moyens ! Jim

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