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Accueil du site > Actualités > Société > L’implacable érosion de l’indignation

L’implacable érosion de l’indignation

Si tu t’écoutais deux minutes, tu passerais ta vie en Sarkoland ordinaire à éructer, vitupérer, gueuler, beugler, hurler ta colère et ton indignation permanentes. La constance de la saloperie ordinaire est telle que tu te pèterais une coronaire en moins de temps qu’il n’en faut pour remplir une cuvette de chiottes de toute la bile qu’un journal de Pernaut peut te faire remonter du gosier.

Bad luckLe piège, c’est l’habituation. C’est quand la succession sans fin de cette information d’égout te submerge comme une immense chape d’amertume et de découragement, c’est quand tu as l’impression que toutes les bonnes volontés du monde ne parviendront jamais à endiguer ce flot constant et putride de corruption, de lâcheté, de soumission, de petites tractations d’arrière-boutique pour savoir quel scandale finira par faire la Une du cortège des indignés, à peine le temps de trois glapissements avant que la vague suivante ne t’enlise déjà dans ton dégout anesthésié. Du coup, tu prends du recul, de la hauteur, de la distanciation, tu montes sur ta montagne et tu contemples, l’œil rond et un peu lointain toute cette stérile agitation, tu laisses s’égrener le chapelet des petits scandales et des grandes indignités. Tu te dis qu’à moment donné, tu verras le schéma directeur émerger de toute cette mélasse, que tu choperas le bon angle d’attaque, que tu distingueras dans une grande fulgurance la cohérence de tout ce désordre et que tu pourras tranquillement redescendre parmi les tiens, les tables de la loi solidement calées sous le coude, ta grille de lecture ouvrira alors de nouvelles perspectives et le marasme accouchera d’une nouvelle lucidité sur nos temps troublés.

Hé bien non ! Ça continue à gesticuler dans tous les sens dans la vallée de larmes et grande est la tentation de définitivement tourner le dos à la constance de la médiocrité exponentielle d’un monde qui n’en finit plus de crever. Circulez ! y a plus rien à voir ! Tout ce qui était inimaginable, il y a seulement quelques années, est devenu banal, quotidien, normal. Le pays des droits de l’Homme transforme son semblable en bête traquée et chacun des complices passifs de cette énorme saloperie en un animal vil et peureux. À quel moment avons-nous cessé d’avoir les tripes tordues par la chasse au sous-homme, par le racisme le plus hideux, parce que clairement exprimé, parfaitement compris et absolument pas assumé, bien qu’étant la colonne vertébrale d’une politique globale de discrimination à la hache ? Discrimination totale et à tous les niveaux de la vie publique, entre ceux qui ont tous les droits et ceux qui héritent de tous les devoirs.

Prenons les affaires de mœurs. Il faut toujours se méfier des affaires de mœurs. O tempora, o mores  ! Ça tape forcément sous la ceinture et ça stimule ce qu’il y a de plus primaire et épidermique en nous. Frédéric Mitterrand et Roman Polanski sont sur un radeau, y a-t-il un gosse qui tombe à l’eau ? Ordures ou artistes ? Le curseur moral s’affole et personne ne fait dans la nuance. C’est que, voyez-vous, ce sont des hommes de l’art, des hommes de lettres, des hommes, aussi, avec leurs besoins. Et en face, il y a quoi ? Des petites putes ! Voilà tout. Des petites putes avides de fric ou de renommée. Ou alors des petites victimes. Victimes de la misère ordinaire. Victimes du monde des puissants, où le miroir aux alouettes hypnotise les poussins fraîchement sortis de l’œuf, où la loi du milieu, la loi du genre, la loi du métier, autorisent tout un chacun à se servir sur la bête. Petite chose qui ne connaît pas les règles du jeu et qui va en payer le prix. Cash. Cache-cache immonde dans les médias. Posture de classe pour défendre l’indéfendable.

Un ou deux ans après le coup du parrain pédophile, j’ai eu le droit, sur la plage, au rabatteur d’un certain photographe mondialement connu pour ses clichés de nymphettes dans la brume. J’étais très fan de ses photos, que je trouvais absolument romantiques et belles à pleurer. Pour les gamines ado de mon âge, c’était la quintessence de la jolie photo très classe de fille-fleur et avoir été choisie pour poser devant l’objectif du grand photographe aurait été un honneur incroyable. Pas de bol, je n’avais pas le genre qui plaisait au maître, pas assez évanescente, pas ce côté liane sensuelle et faussement ingénue, les cheveux trop courts, l’air trop espiègle. Par contre, c’était le cas de ma copine, bien qu’un peu brune par rapport au modèle habituel. J’ai été déçue, tendance jalouse, jusqu’à ce que les parents de ma copine opposent leur véto à ce projet. Brisant le rêve dans l’œuf. Faut dire qu’eux, ils savaient. Ils savaient que le camp de naturistes du Cap était le terrain de chasse du grand monsieur et l’on murmurait à l’ombre des dunes qu’il ne dédaignait pas essayer quelque peu ses jolis petits modèles. Ensuite, j’ai vu ces photos de Lolitas éthérées d’un tout autre œil. Mais, là, sur le coup, du haut de mon romantisme échevelé de 13 ou 14 ans, avec notre sexualité balbutiante de jeunes ados ébouriffées par un French Kiss au clair de lune, qu’est-ce que j’aurais compris au désir brut et adulte d’un homme que je trouvais par ailleurs admirable ? Si j’avais été un peu plus jolie, est-ce que cela aurait fait de moi un gibier acceptable et consentant ?

In-dé-fen-da-ble !

Quel est le niveau de consentement d’un partenaire mineur ? Quelle est sa conscience de l’acte ? La loi a tranché : il n’y a pas de consentement possible chez le mineur en matière de pratiques sexuelles avec un adulte. C’est un jugement à la hache, mais il a le mérite d’être clair.

Question subsidiaire : Comment Polanski devient-il infréquentable ?
Soyons clairs : tout le monde savait. Plus ou moins. Affaire de mœurs. Viol. Pédophilie. Moi la première. Et pourtant, j’aime ses films. Qu’est-ce qui fait la différence entre Polanski est un grand cinéaste qui a commis une erreur de jugement dans sa jeunesse et Polanski est un horrible salopard violeur de petite fille qui mérite de croupir au trou  ?

La Loi.

Le bras séculier de la Justice qui vient d’alpaguer le monsieur plus de 30 ans après les faits. La Loi qui trace la ligne jaune entre ce qui est admis et toléré et ce qui est de l’ordre du délit ou du crime, entre ce qui doit être oublié et ce qui doit être puni. La loi qui distingue fermement et sans équivoque le criminel de sa victime. La Loi qui normalise la société civile quand bien même celle-ci patauge dans un marigot où tous les repères du vivre-ensemble sont bouleversés.

Haro sur le bougnoule ou le gueux et que toute notre mansuétude accompagne le riche et le puissant qui ne font que satisfaire leurs besoins impérieux, car impériaux !

Et quand la Justice s’incline devant le fait du Prince ?

Il nous reste notre indignation, notre belle, implacable et inusable indignation !
 

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31 réactions à cet article    


  • Nometon Nometon 14 octobre 2009 10:33

    « Il nous reste notre indignation, notre belle, implacable et inusable indignation ! »

    Phrase magnifique, lumineuse, essentielle, qui conclut un texte qui ne l’est pas moins.

    Surtout, ne nous taisons pas ! Ne nous taisons jamais. C’est exactement ce qu’attendent les officines et les cabinets de conseil et d’avocats des puissants incriminés : l’habituation, l’oubli. Qu’on tourne la page. « L’affaire est close » a dit François Fillon avec un cynisme écoeurant.

    Non.


    • Fergus Fergus 14 octobre 2009 10:39

      Superbe et magnifique article. J’applaudis débout ce lucide constat des dérives de notre société.


      • Philou017 Philou017 14 octobre 2009 10:41

        On ne peut qu’être d’accord avec ce qui est dit.

        Néanmoins, j’aimerais suggérer à l’auteur de faire des articles qui ne soient pas essentiellement dans l’indignation et la critique.
        Des articles de ce genre, il y en a déjà eu des tonnes sur Agoravox. c’est même un peu facile.

        J’aimerais quelque chose de plus constructif ou qui aille plus loin dans l’analyse. Je suis sûr que l’auteur en est capable. Se laisser submerger par la colère ne mène à rien.


        • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 octobre 2009 11:01

          Assez d’accord avec Philou.
          Ce n’est pas qu’on ne vous aime pas , Monolecte, mais c’est toujours un peu noir et blanc, votre vision des choses de la vie. Et comme le dit joliment Philippe D dans son CV avatar, dans la vie, c’est quand méme plutôt les nuances de gris qui dominent.

          Djian (que je n’apprécie plus guère) a malgré tout une belle phrase dans « Impardonnables », son dernier roman :
          « Passé 50 ans, on hésite entre maudire les cieux pour ce (et ceux) qu’ils nous ont pris,ou leur rendre grâce pour ce qu’ils nous ont laissé ».
          Vous venez peut étre de découvrir ça, et avant 50 ans. C’est bien.

          Par exemple, pour Polanski, puisque vous en hurlez le nom avec les loups : qui se souvient de Sharon Tate ? Cela n’a peut étre rien à voir, je ne suis pas psychiatre, mais qui sait les dégats que font la découverte dans sa villa de sa femme éventrée , où pend son enfant mort, et où son sang a servi à écrire « Pig » sur les murs ?Et des 5 autres corps dépecés.
          C’est le méme homme qui a vu ce qu’il a vu, et fait ce qu’il a fait depuis.

          Une érosion de l’indignation , sans doute.
          Ou un trop plein.
          Un homme, c’est pas simple. Une vie non plus.

          PS : heureusement que vous écrivez des billets sur AV et que vous n’étes pas Présidente de Cour d’Assises. L’affaire serait bien simple, avec vous.


          • Monolecte Monolecte 14 octobre 2009 11:59

            Je me souviens très bien de l’affaire Sharon Tate... mais je ne vois pas le rapport avec la choucroute. Donc, l’idée, c’est que d’avoir vécu des trucs horribles te dédouane de tes actes postérieurs ?
            Donc, tout enfant violé pourra violer à son tour ? On aurait pu ouvrir des lupanars remplis de gosses pour les rescapés des camps nazis ?

            Ça me rappelle mon grand-père, orphelin pendant la première guerre mondiale : il ne cessait de se plaindre la la souffrance de son enfance et cela lui a permis de justifier tous ses comportements de gros con ensuite. Du coup, il tapait sa femme, terrorisait ses enfants, buvait et jouait l’argent du ménage, courait les putes... ben oui, le pauvre, fallait comprendre !
            Sous prétexte d’avoir eu une enfance pourrie, il a pourri la vie de plusieurs autres personnes, dont moi. Je ne lui ai jamais trouvé la moindre circonstance atténuante. J’ai moi-même bénéficié d’une enfance de merde que je ne souhaite à personne. Du coup, je me sens au contraire responsable des conséquences de mes actes envers les autres, du coup, je fais attention à mes proches, aux gens que j’aime et même à tous les autres. Parce que j’ai eu une enfance de merde, je sais combien il est important de tout faire pour adoucir la vie des autres quand on le peut.

            J’aime faire rire : ma famille, mes amis, mes proches, j’aime leur apporter quelques grammes de douceur dans un monde de brutes. Et je n’aime surtout pas que l’on fasse aux autres ce que je n’aimerais pas que l’on me fasse à moi-même.


          • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 octobre 2009 13:57

            Monolecte, j’essayais seulement de vous suggérer la nuance, mais apparement, je me suis trompé de boutique ( j’ai pas dit « la finesse », car je ne cherche pas à étre inutilement blessant, mais c’est quand méme l’idée générale...).

            Votre post est assez « Bushien » , ne vous en déplaise :(le Bien, le Mal, les choses et les gens Bien/ Pas bien, les « forces du Mal »).
            Pour le reste, ben oui, si vous aviez fréquenté morgues et prêtoires, vous sauriez que beaucoup de violeurs ont été violés, de tabasseurs initialement tabassés, etc.
            Et le coup de « l’enfance malheureuse » est un grand classique des avocats, et ça marche avec le boulanger et l’assistante sociale qui est juré...

            Je ne suis pas dans le jugement, mais dans le constat.

            La violence appelle la violence, le sang le sang, tout cela se superpose comme un mille-feuiles, rien de s’oublie, tout s’aditionne, jusqu’à ce que mort ou vieillesse s’ensuivent.
            Puis viennent de plus jeunes plus fous, qui croient faire différement et feront-souvent- pareil.
            Ce jeu de légo s’appelle la vie.
            On peut se taper la tête contre le mur, il ne reculera pas d’un centimètre, et ça fait mal au crâne.
            Il reste donc, dans les éclaircies entre deux orages,et pour ceux qui en ont le talent, à prendre sa guitare et chanter cette chiennerie, ou à en faire un bon roman, pour aérer le cerveau de ceux qui n’ont pas de talent. Ou tout simplement partager un verre de Brouilly et un cigare avec quelques amis , sans se parler, avant le prochain orage.
            M’est avis.
            PS : un petit joyau sur ce dont ont parle, par quelqu’un qui en connaissait un rayon sur les choses pas belles à mettre dans le container, et qui le chantait bien :

            http://www.6lyrics.com/music/alain_bashung/lyrics/comme_un_lego.aspx


          • Philippe D Philippe D 14 octobre 2009 17:23

            Sandro,

            Venant de vous, qui nous avez donné des textes aux nuances de gris si profondes, la référence à mon CV avoxien m’a fait rougir.
            Il faut sans doute s’être rendu compte par soi-même ( et parvenir à s’en souvenir ) que l’on possède tous notre part d’ombre pour accepter une vision un peu moins manichéenne des choses et surtout savoir se le répéter avant de juger définitivement les autres.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 octobre 2009 18:08

            Je vous aime bien aussi Sandro, et Philou itou, mais je suis encore ici du côté de Monolecte. Les choses étant ce qu’elles sont, tout commence par l’indignation - il n’y a pas de substitut à l’indignation - et rien n’est perdu aussi longtemps qu’elle ne s’émousse pas, même quand il n’y a pas de façons concrètes d’y donner suite sur le champ.

            OUI, au moment de l’action, tout est NOIR ou BLANC, car on fait ou on ne fait pas... Et il est vrai que les gris dominent dans le monde... mais ils sont toujours dominés. J’ai écrit ici un article plutôt dur sur Mitterand, il y a quelques jours, et même si 8% des lecteurs l’ont « nasé ».... AUCUN n’a osé un seul commentaire favorable au Ministre... Le gris est accommodant.

            La France est a repeindre. En tons plus vifs. La Cour d’Assises aussi. Il y a trop de magouilles, de scandales, de corruption... Il faudrait que les choses simples soient perçues avec simplicité. 

            Soit dit en passant - si on s’y attarde, on n’en sortira pas - parler de Sharon Tate pour comprendre Polanski ressemble trop, à mon goût, à parler d’Auschwitz pour comprendre Israel. Si on transmet tout le mal qu’on reçoit, à quoi a t-on servi ? Remarquez que je n’ai rien dit de Polanski. J’en parlerais s’il était Ministre. 

            Il y a tant d’autres sujets d’indignation...


            Pierre JC Allard



          • Philippe D Philippe D 14 octobre 2009 18:25
            PJCA,

            Les choses étant ce qu’elles sont, tout commence par l’indignation.

            Mais les choses ont TOUJOURS été ce qu’elles sont, puisqu’elles sont choses humaines et que l’homme est invariable, notamment dans sa grande stupidité.
            Où alors vous pensez que l’homme est bon ?
            Ou qu’il va en s’améliorant ?
            Ou qu’il pourrait se bonifier ?
            Ou qu’il le serait si ... ? Oui, s’il était autre chose qu’un homme.

            L’indignation est nécessaire quand il faut agir, elle n’est jamais suffisante quand il faut juger.



          • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 octobre 2009 18:41

            @PJCA et PhilippeD
            Je ne voudrais pas abuser de l’hopitalité de Monolecte, mais vous connaissez sans doute tous le mot de Senghor sur ceux qui « se trompent de colère ».
            Nous nous trompons presque tous de colère. Le système du Légo de la vie, tel qu’il fonctionne, est encore plus complexe, vicieux et « billard trois bandes »que ce que j’en disais plus haut.
            La violence et la colère s’accumulent et se superposent, mais manquent le plus souvent leur sujet. Il n’y a guère que chez les grands voyous qu’on arrive à se venger de son ennemi et à tuer X parce qu’il a tué Y qui lui-méme avait tué Z.
            Dans la vraie vie, c’est différent : celui (celle) qui vous a blessé ou humilié, la vie vous donne rarement l’occasion de s’en venger de son vivant. Il(elle) est mort, introuvable, trop vieux, ou trop puissant.

            Commencent alors les « colères de substitution ». Monolecte, avec l’exemple de son grand-père, en donne un bon exemple. Pour son grand-père, mais pour elle également. Elle est en colère contre son grand-père, et naturellement, elle le fera payer à d’autres qui n’ont rien demandé.
            Les exemples abondent, je ne vais pas developper.

            Les colères se trompent de colère. Humiler d’autres n’enlèvera rien à sa propre humiliation, et créra des injustices en spirale, mais c’est comme ça que ça marche.
            Certains colent des affiches ou font de la politique pour ça , pour ce qu’on leur a fait jadis(ils n’ont pas peur d’étre cocu à leur tour...)

            D’autres deviennent artistes, ils ont ma préférence.
            D’autres boivent et fument en silence, je les respecte.

            PS : Ce M. Polanski ne m’est nullement sympathique ( méme pas artistiquement, quitte à donner dans le « ski », je lui préfère Zulawski).
            Je m’étonne seulement que dans les centaines de pisse-copies qui ont surgi ces dernières semaines, aucun ne se soit souvenu de Sharon Tate. La mémoire courte et les idées longues.
            Et moi, il me semblerait plutot que le corps et l’esprit ont la mémoire longue et n’oublient rien.
            Bonne soirée quand méme, la vie s’en fout de tout cela.
            « Il ne faut pas prendre la vie trop au sérieux. Est-ce qu’elle nous prend au sérieux, elle ? ».
            (P. Desproges).


          • Annie 14 octobre 2009 18:57

            J’ajouterai à cette très intéressante discussion que l’indignation est toute dévorante , et qu’elle n’est pas toujours constructive. Peut-être est-ce l’âge ou la sagesse pourquoi pas, mais je choisis maintenant mes batailles avec plus de discernement. Parce qu’il est impossible d’être indignée tout le temps, à propos de tout et d’essayer de vivre en même temps, d’élever des enfants et de jouir de la vie sans se sentir coupable. 
            Lorsque Sandro fait allusion à Sharon Tate, il a raison. Juger Polanski en faisant abstraction de son passé, n’est pas lui refuser des circonstances atténuantes, mais refuser d’accepter qu’un homme ou une femme est la somme ou parfois plus que la somme de toutes ses expériences.


          • Naja Naja 14 octobre 2009 19:15

            Si je ne m’abuse, les propos de M. Mitterrand n’ont pas fait valoir de circonstance atténuante, mais des excuses supposées légitimer une impunité (= abandon de poursuite).
            Or dans en justice, la circonstance atténuante module la sévérité de la condamnation par le tribunal, elle ne décide de l’opportunité d’une poursuite ni de la culpabilité de l’accusé.


          • Naja Naja 14 octobre 2009 19:18

            Je reprends ma deuxième phrase avec tous les mots dans le bon ordre...

            "Or en justice, la circonstance atténuante module la sévérité de la condamnation par le tribunal, elle ne décide pas de l’opportunité d’une poursuite ni de la culpabilité de l’accusé."


          • Gabriel Gabriel 14 octobre 2009 11:03

            Tant que nous aurons la force de nous indigner, de nous révolter, c’est que nous sommes encore vivant. C’est que nous cherchons une vie meilleure, c’est que nous ne sommes pas prêt à baisser les bras face aux ordures qui s’amoncellent. Merci pour ce lucide article. 


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 14 octobre 2009 11:05

              Pour les djeunes qui ont la mémoire courte, voir ici :

              http://fr.wikipedia.org/wiki/Sharon_Tate


              • Michael Jordan Manson (MJM) Michael Jordan Manson (MJM) 14 octobre 2009 11:30

                Je m’indigne. Je vais manifester pour une meilleure application de la loi sur ce forum d’internet. Ce texte est illégal.


                • rimo 14 octobre 2009 11:41

                  Excellent article, heureusement qu’il y a encore des gens clairvoyants, ni candides, ni naîfs, malheureusement c’est loin d’être la majorité.


                  • Frabri 14 octobre 2009 11:41

                    Dans les pays riches qui sont des société de consommation basées sur les matérialismes et l’individualisme,( avec la « lutte des places » qui va avec pour l’ascension sociale ) il est facile de passer de l’indignation a la résignation.

                    http://www.dailymotion.com/video/x2agre_le-contrat-jaccepte_shortfilms


                    • Montagnais Montagnais 14 octobre 2009 11:55

                      Superbe. "Il nous reste notre indestructible désir de revanche, notre beau, implacable et inusable désir de revanche ! ». Car celui qui consent à son esclavage et à celui de ses frères restera toujours un esclave. Le Maître ne libère l’esclave que si ce dernier lui demande.. Au moins.

                      Et les leçons de moral méprisantes, haineuses et insultantes de BHV, ses menaces indignées, ne vont pas nous impressionner.


                      • Monolecte Monolecte 14 octobre 2009 12:00

                        Ben non, je ne suis même pas revancharde. Action - réaction, finalement, tu restes dans la même dynamique de merde, tu ne construis rien d’autre.


                      • Imhotep Imhotep 14 octobre 2009 12:12

                        Excellent sur le fond et dans la forme. Je suis fan.


                        • Paul Cosquer 14 octobre 2009 12:23

                          Grâce à l’habituation, un sondage dira demain que 88 % des français soutiennent la promotion de Jean Sarkozy et voient en lui l’élite de ce pays dont il est l’avenir.

                          C’est beau votre France.

                          Voris Bian, nationalité bretonne.


                          • Paul Cosquer 14 octobre 2009 12:28

                            Mais il nous reste davantage que la simple indignation. Il nous reste encore l’action. Il suffit pour chacun de trouver sa forme possible et personnelle d’action. En ce qui concerne Voris Bian, cela passe par des chansons coups de poings. Après « Sarko York », Un album en préparation qui sortira ces jours-ci juste après le duo Voris - Amadeus.

                            Voris en mettra plein la figure à Nico, Jean, Fred et les autres !
                            Des textes gratinés et qui font mouche.


                            • Paul Cosquer 14 octobre 2009 12:46

                              Et en 2012 (je zappe les Régionales, faute de temps) : démultiplication et amplification d’actions de Voris par articles sur la toile, chansons et clips videos ! L’hôte de l’Elysée s’étant épuisé, vu qu’il n’est pas fait pour tenir la longueur et que son ciboulot montre déjà ses limites.

                              Le combat continue et , je l’espère, toujours pour le MoDem (dont j’attends un positionnement plus clair sur l’affaire du Fred la braguette magique qui ne prend que les moins de 14 ans).


                            • Jean-paul 14 octobre 2009 13:17

                              Grace a Sarkozy Voris Bian existe sur AV et ils ont l’air d’avoir le meme EGO .


                              • Paul Cosquer 14 octobre 2009 13:47

                                « Grace a Sarkozy Voris Bian existe » : teu teu teu ! Sans le Sarko, Voris Bian existe ! Mais trop sans doute aux yeux de certains. C’est leur problème.


                              • Paul Cosquer 14 octobre 2009 14:14

                                Y’a de l’égo dans l’air ? Mais dans l’air seulement ! Et Voris compose des airs sans égaux. Et il existe parce qu’on se reconnaît dans ce qu’il exprime.

                                Quant à Sarko, lui, s’il existe, c’est seulement grâce à des milllions de couillons qui lui re serviront peut-être le couvert en 2012. Sans eux, il n’existerait pas ! C’est simple à comprendre mais c’est dur à faire appliquer par beaucoup qui rechignent à voir que c’est là que ça coince.


                              • Jean-paul 14 octobre 2009 16:37

                                A quand un article pour la promotion de Voris Bian ?????


                                • darksad 14 octobre 2009 16:39

                                  [litteriarius / permanence],
                                  [logos / occasion].

                                  indignité = indignation,
                                  permanence.

                                  dignité = silence,
                                  permanence.

                                  vieillesse = [silence / non-écoute],
                                  permanence.

                                  [soi-vieillesse / silence / non-écoute] = [alter-jeunesse / indignation].

                                  non-érosion.


                                  • herbe herbe 14 octobre 2009 21:29

                                    Merci pour cet exercice salutaire de « défibrillation ».

                                    Soumis aux chocs de la stratégie déjà si bien décrite, il nous faut des contre chocs ...


                                    • zinia zinia 4 novembre 2009 11:58

                                      Bravo !
                                      Continuez de vous indigner et de secouer l’insoutenable inertie des coeurs.
                                      Hommage fraternel.

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