Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > L’insoluble nécessité du vivre ensemble

L’insoluble nécessité du vivre ensemble

Vivre en société implique un minimum de citoyenneté contributive. Les théories économiques, armées de courbes et de graphiques ronflants ne valent guère plus que le doigt en l’air pour le vent. Avec les mêmes chiffres, on peut démontrer tout et son contraire. Alors comme il est courant de les amplifier, de les manipuler pour corroborer ce qu’on veut démontrer, tout cela laisse libre cours à la malhonnêteté intellectuelle.

Difficile de faire cohabiter des ultralibéraux compulsifs, des marxistes désabusés, des décroissants rêveurs, des vieillards moralisateurs, des mégères acariâtres, la facilité se traduit en petites lâchetés racistes, homophobes, anticléricales. Les héros sont désormais fatigués, les gentils pas toujours gentils, les méchants pas systématiquement méchants. Envoyer l’intolérance aux orties et s’armer d’une infinie patience pour découvrir ce qui rassemble plutôt que s’arc bouter sur ce qui divise.

 

Comment faire passer un message, les médias devraient se comporter comme une courroie de transmission. Un journaliste doit proposer des pistes, ce n’est guère le cas. L’autocensure avance à pas feutrés et s’avère plus dommageable et sournoise que la censure dont il est aisé de saisir les ficelles. Duperie insidieuse d’une corporation préoccupée de coller à la pensée unique au lieu d’ouvrir des portes de la diversité d’opinions et de propositions.

 

Ne nous voilons pas la face. Les fossoyeurs capitalistes ont commencé l’entreprise de sape il y a trente ans, ils ont réussi à colmater toutes les brèches de la contestation, à fermer un à un les robinets de la revendication, patiemment, systématiquement, et cacher leur cynisme sous de faux airs de commisération. Sentant le vent tourner, conscient qu‘ils ont emballé le système, ils manipulent de plus belle les chiffres et les consciences, prétextant l’absence d’alternative. Prendre garde à la douceur des concepts, il n’y a pas plus conservateur qu’un libéral, antinomie des termes. Il propose qu’on le laisse devenir riche, en échange de miettes.

A leur solde, depuis 30 ans, une brochette de comiques troupiers et de commis voyageurs inconséquents ont conduit la politique, on leur demande désormais de rendre des comptes à la souveraineté populaire. La présumée bonne foi ne saurait masquer l’incompétence et la veulerie ni la pardonner.

 

Dans cette société d’illusionnistes, le fort semble toujours avoir le dernier mot, souvent par la contrainte ou la fourberie. La patience est pourtant le contrepoint idéal au mirage de l’apparente domination des uns. L’impulsivité et la pseudo franchise, son faire-valoir, ne sont à long terme, que des artifices impromptus, anachroniques et inefficients. Gandhi, l’archétype du faible, bouta les anglais hors de son pays. Jeanne d’ Arc, zélée et en armure, caressant le même dessein, termina sorcière sur un bûcher.

Alors, comment faire, gérer le quotidien, colmater les brèches qui s’agrandissent chaque jour, donner un grand coup de balai, un grand coup de pied dans la fourmilière française, européenne, mondialiste. Sortir du confort pour agir, de sa position sociale, de son statut, s’offrir la désapprobation, l’infamie, le rejet. Le risque doit correspondre à une urgence. Ne pas se tromper de combat, ni de moyens, savoir convaincre plutôt que vaincre, sans travestir ni trahir. Plus que les choix eux-mêmes, le moment de les assumer est essentiel, anticiper ou retarder ne se lit pas dans le marc de café et demande finalement plus d’intuition que de réflexion. 

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.86/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • lulupipistrelle 14 mai 2013 13:36

    Désolée votre comparaison ne tient pas : mes chats et mon chien s’adorent, au point d’étendre cette sympathie à tous les représentants de l’autre espèce... 


    Sinon je suis assez d’accord : il n’est question de vivre ensemble que dans le bla-bla institutionnel...dans la réalité nous évitons les gens qui ne nous plaisent en rien, ou pire que nous ne pouvons pas blairer... Nous les ignorons . 

  • bibou1324 bibou1324 14 mai 2013 13:49

    « Nécessité » ? Non je ne crois pas... Il existe quantité de marginaux, de systèmes parallèles, de groupuscules ...


    Je n’ai jamais eu besoin des autres, je vie dans une ferme avec un peu de famille en quasi autonomie. Société, citoyenneté, système, et même France, sont des mots ne signifiant rien pour moi.

    J’invente ma société, et ne tiens nullement compte du « monde extérieur ».

    Certains pensent qu’il y a besoin de combats, manifestations et autres révolutions pour faire entendre sa voix et pour pouvoir vivre comme on le souhaite. C’est totalement faux. Il suffit de le faire. Et d’emm****r le reste du monde.

    • lulupipistrelle 14 mai 2013 13:57

      Bien dit. 


    • cardom325 cardom325 14 mai 2013 16:47

      @ Bibou

      merci de votre contribution, c ’est vrai que j’aurais du dire l’insoluble nécessité si et seulement on veut vivre ensemble , je vis un peu comme vous, à la campagne , menant une simplicité volontaire , une sobriété heureuse, on cultive, on fait du pain, du fromage , etc ....à l’écart des autres , indéniablement . Et si comme vous, j’emm...le monde entier , je ne me réjouis pas de cet échec du «  »vivre ensemble «  » , j’ai besoin de croire en la fraternité et d’essayer de proposer sinon des solutions, en tous cas des pistes


    • Rincevent Rincevent 14 mai 2013 17:57

      La peur de l’Autre, si elle est possiblement innée, est aussi bien entretenue par tous ceux qui y ont intérêt et je ne pense pas qu’aux marchands de sécurité. En ayant ringardisé des valeurs telles que la solidarité, le bien commun, l’écoute de l’autre (le mot empathie est très à la mode à défaut d’être pratiqué…) au profit d’une vision de pur consommateur, il est bien plus facile de manipuler l’individu puisqu’il se retrouve seul, au fond.

      « Alors, comment faire, gérer le quotidien ». Un petit exemple qui ne coute rien : comme d’autres, je reçois de temps à autre dans ma boîte mail, envoyés par des amis ou de la famille, des liens supposés dénoncer des scandales. Ça part d’une bonne intention (pas toujours) et je le prends en considération mais je vérifie. La moitié du temps, outre les suspects habituels ( le racisme, la grande conspiration, etc.) ces informations sont fausses ou sévèrement déformées. Je prends la peine de retourner le message à l’envoyeur avec la rectification. C’est ainsi qu’une amie a cessé de m’envoyer systématiquement ce genre d’infos, qu’elle relayait en toute bonne foi sans aucun recul. Je ne sais pas si elle est devenue plus critique sur ce qu’elle reçoit, en tout cas ce genre de chaine entretenant des formes de peur ne se propage plus de mon côté.


      • cardom325 cardom325 14 mai 2013 19:40

        comme vous le dîtes, ces messages transférés «  »innocemment«  » par des amis parfois colportent des mensonges , souvent un fonds de vérité enrobé dans la caricature , j’en reçoit souvent dénonçant des assistés touchant des indemnités mirobolantes , qu’on peut facilement démonter en se documentant , mais qui font mouche sur une bonne partie de la population . plus les chiffres sont outranciers, plus ils sont susceptibles de provoquer une réaction épidermique . le fait de les diffuser par partages de courriels successifs, et finalement transmis par un de nos correspondants est indéniablement un piège pour légitimer le message ....puisque c ’est un pote qui me l’as envoyé , çà doit être vrai .....manipulation gravissime puisque souvent efficace


      • cardom325 cardom325 15 mai 2013 07:05

        Je trouve très étonnant les réactions à mon article, qui ne traite en aucun cas de l’immigration et des indigénes, comme si les problèmes du « vivre ensemble » tournait autour de cette notion , comme si le fait de rester entre nous (les souchiens) créerait le pays de Candide .....et ces statistiques perpétuelles qui ponctuent les interventions me laissent dubitatif . En 2100 , les seigneurs capitalistes auront sans doute réduit la planète à un désert , et les problèmes que vous énoncez seront dérisoires
        En plus cette notion de souchien est étrange.....désapprouvez vous de la même façon les immigrants qui ont depuis 2 siècles pillé les terres et les droits des souchiens indiens aux Etats Unis , Sans doute non, c ’est l’histoire qui fait les hommes et vous savez que l’histoire est un éternel recommencement

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès