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Accueil du site > Actualités > Société > L’orthographe, c’est mon angoisse

L’orthographe, c’est mon angoisse

Recension critique de la page de France Culture :

"L'orthographe, c'est mon angoisse du quotidien"

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Vieille écriture

C’est une émission complètement du côté de l’institué, de ce qui est, de l’ordre établi pour le dire dans une formulation plus compréhensible. L’orthographe est comme Dieu pour les croyants, on ne peut la remettre en questions ; la seule question que l’on peut traiter, et que cette émission traite, est : Que faire des pécheurs ? Jusqu’à quel point être sévère ou tolérant ? Faut-il les punir ou les soigner ? Faut-il les gronder ou les plaindre ? Peut-on graduer les fautes, et faire un classement des pécheurs, grands, petits pécheurs, avec des traitements proportionnés à la gravité de leur comportement ?

Tout le vocabulaire est dans la psychologie : culpabilité, compassion, tolérance, fierté, faute et soin. « Je suis fâchée avec l’orthographe ! » L’orthographe, c’est une personne ? Rien que le titre : Angoisse ! Plusieurs fois, il est question d’exclure ou d’interdire : un collègue d’Hélène, bibliothécaire, lui dit qu’elle doit changer de métier.

Il est proposé de créer une loi pour déclarer nulle et non avenue toute réclamation comportant une faute d’orthographe (c’est pour rire, bien sûr, mais c’est bien là tout de même, on rit d’envisager cette interdiction et non d’autre chose). Une remarque : on peut annuler un courrier dès qu’il contient une faute d’orthographe, le déclarer non-avenu est tout autre chose. Une réclamation avec fautes d’orthographe ne peut en devenir non-avenue, elle reste, jusqu’à preuve de sa vanité, fondée et avenue (je crée peut-être ce mot, une langue vivante comprend des procédures de création de mots, elle n’est pas qu’un patrimoine, elle est un « moteur » aussi). On voit bien dans cet emploi irréfléchi de cette expression nul et non-avenu, le déplacement du contenu sur une futilité, et même l’effacement du contenu devant la forme qu’est l’orthographe.

Evidemment, on explicite ce caractère sacré de l’orthographe par des phrases ad hoc d’une rareté faite exprès et passée sous silence : « je me suis vue couper la route », avec le « e » de vue, une femme fait la différence entre la narration du fait qu’elle a coupé la route à quelqu’un ou que quelqu’un lui a coupé la route (pas de « e » à « vu » dans ce cas). C’est fondamental et semble placé ici pour justifier la nécessité de l’orthographe. Un homme ne peut pas établir cette distinction, on n’en parlera pas. Presque tous les mots sont polysémiques, voire ambivalents. Quelques mots peuvent signifier une chose et son contraire : « hôte » signifie l’invité ou l’inviteur. « Plus » signifie l’augmentation ou l’arrêt de l’augmentation : « Je n’en veux plus » et « je suis plus vieux qu’hier ».

Quelqu’un écrit : « Tolérance zéro. Avec les autres et surtout avec moi-même. » Sauf que la phrase nomianle "Tolérance zéro" est de construction récente, infusée par le journalisme oral. Surtout, c'est une construction faible et qui se substitue à des constructions plus en lien avec la langue française. "Aucune tolérance" serait plus près de l'esprit de la langue française. « Je n'ai aucune tolérance en matière d'orthographe, encore moins pour mes écrits que pour ceux d'autrui. » Voilà ce qu’écrirait une amoureuse de la langue française.

Quelqu’un écrit : « J'ai eu la chance d'avoir au collège une enseignante de français tyrannique ». Vive la tyrannie, c’est merveilleux, la tyrannie, on n’en a jamais assez et conserver l’orthographe pour valoriser la tyrannie est une bonne chose.

Je ne partage pas ce point de vue : l'orthographe nous appartient. Ce n’est pas une obligation réelle, sur laquelle nous ne pouvons agir, comme le tracé des fleuves ou le rôle du pancréas dans le corps humain. La rendre la plus logique possible, régulière donc, régulière au sens de « honnête » aussi, de façon à ce qu'elle pose le moins possible de problèmes, qu'on n'y prenne le moins garde possible, qu'on n'ait pas à y penser afin de se concentrer sur le sens ou, inclusif, sur la poésie devrait être un objectif commun, facile à atteindre et pour lequel il faut prendre du temps, beaucoup de temps. Or, l'idée exprimée est que l'orthographe appartient au passé, qu'apprendre ses longues listes d'exceptions non motivées ou motivées par le passé serait formateur. Ce conservatisme favorise les élèves dociles et pénalisent celles et ceux qui pensent par eux-mêmes et voient l'inanité de ce conservatisme qui, de plus, se prend pour un progressisme. Or, nous avons besoin d'invention et d'inventeurs pour résoudre nos problèmes, cela a toujours été ainsi.

Ce conservatisme crée une division de l'écriture entre une perfection de lettrés, d'une élite, peu pratiquée, et une écriture fonctionnelle et efficace dont l'orthographe des textos exprime un état extrême (Je dis et j’écris texto, mot formé sur une racine française selon un procédé admissible, tandis que SMS est un acronyme fondé, de surcroît, sur des mots anglais).

Il conviendrait d’analyser les raisons de cette quasi-unanimité quant à un certain nombre de croyances à propos d’orthographe : cela montrerait la structuration de la langue. Un exemple parmi d’autres, pourquoi des éléments structurels qui n’existent pas à l’oral devraient exister à l’écrit ? Pourquoi les pluriels qui ne se prononcent pas devraient-ils s’écrire ? Il n’y a pas de réponse à cette question. Il y a une foi et ses nombreux péchés.

Mais conserver cette source d’angoisse, quoi de meilleur !

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Tout fout le camp

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47 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 13 décembre 2016 20:16

    Belle constatation.

    L’orthographe est devenu l’orgueil des Français.
    Ils sont tellement fiers, qu’ils en oublient le fond pour la forme.
    Le contenu d’un message, c’est lui qui est important, pas son contenant.
    Pourquoi l’anglais a de plus en plus de locuteurs ?
    Simple, parce que l’orthographe n’est pas leur souci principal.
    Les correcteurs orthographiques gratuits sont déjà efficaces.
    Ce qu’ils ne font pas dans cette version « low cost », c’est l’association des mots et les liaisons entre eux.
    Quant au pluriel qui n’est pas prononcé, c’est aussi le français qui est l’exception.
    L’italien, l’espagnol et les autres, tout se prononce.

    • JL JL 14 décembre 2016 10:54

      @L’enfoiré
       

       non, l’orthographe est devenu la honte des Français. Nuance.

    • L'enfoiré L’enfoiré 14 décembre 2016 11:37

      @JL,

       D’après ce que j’ai pu lire comme articles sur le sujet sur ce site, cela semblait être l’inverse, mais peut-être ai-je tort. smiley

    • JL JL 14 décembre 2016 12:43

      @L’enfoiré
       

       en fait, il faut préciser de quoi l’on parle : quand je dis que c’est devenu la honte, je pense que tout le monde peut comprendre que je fais allusion à la baisse de niveau en orthographe des Français.
       
       En revanche, quand vous dites que l’orthographe est devenue notre orgueil, il est difficile de voir à quoi vous pensez.

    • Alren Alren 14 décembre 2016 12:47

      @L’enfoiré

      La langue dont la prononciation et l’orthographe sont les plus illogiques c’est l’anglais, pas le français.
      Je crois que c’est George Bernard Shaw qui s’en moquait avec moult exemples.

      C’est d’ailleurs pour que les enfants anglophones sachent lire (un peu) avant dix ans, que des psychologues anglo-saxons ont inventé la méthode de lecture globale que l’on a recommandée un temps, par suivisme imbécile aux instituteurs de CP de langue française.

      Ceci dit, notre pays est victime du goût de nos « élites » pour les institutions bénéficiant de l’infaillibilité comme l’Académie française et le Ministère de l’Éducation nationale qui bloquent avec l’aide des « conservateurs » momifiés tout réforme de l’orthographe.


    • zygzornifle zygzornifle 15 décembre 2016 11:42

      @JL


       Mr et Md thographe ont appelés leur fille Laure .....



        • nours77 nours77 14 décembre 2016 03:20

          Je suis fâché avec l Orthographe... vraiment... mais c est une chose, pas une personne...

          Que c est curieux, une diabolisation de gens faisant des fautes d orthographes, blasphème a la langue française, mais sans jamais remettre en cause la méthode d apprentissage.

          Nous pouvons le dire sans risque de se tromper, la méthode semi globale est bien inférieur a abécédaire, c est la dessus qu il y a a dire...
          J ai déjà eu des discutions enflammées avec des professeurs de français, le langage est un art ou simplement un code pour se comprendre, il y a la aussi a dire.

          Seriez vous un défenseur de la simplification de l orthographe,
          "pourquoi des éléments structurels qui n’existent pas à l’oral devraient exister à l’écrit ? Pourquoi les pluriels qui ne se prononcent pas devraient-ils s’écrire ?"

          L oral est un langage rapide, l écrit est un langage précis.
          on ne peut faire des phrases a rallonge personne n écouteraient la fin, on ne peut écrire a base d abréviation, tout néophyte de ce code ne saurait pas le lire...


          • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 08:58

            @nours77
            Vous écrivez : « L oral est un langage rapide, l écrit est un langage précis »

            Cela me parait faux. A la lecture, l’écrit est plus rapide. Quant à la précision, elle est dans le locuteur ou l’écriveur.

            Quant à la méthode d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, il n’y a aucun autre moyen de faire que ce qu’on appelle semi-global. Personne ne pourrait lire en ne pratiquant que ce qu’on appelle le syllabique. Pour prendre l’exemple paradigmatique de cette idée que la lecture est syllabique, le B-A BA, il est facile et rapide de voir que B suivi de A ne fait pas toujours BA : Bai, bau, ban. Ce qui permet de savoir s’il faut lire deux lettres d’un seul son ou trois ou quatre et parfois plus, c’est une vision globale du mot.

            J’appelle mes concitoyens à se montrer fier d’être libres, en matière d’orthographe comme en tout.

          • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 10:28

            @Orélien Péréol
            J’appelle mes concitoyens à se montrer fiers d’être libres, en matière d’orthographe comme en tout.

            J’ai corrigé une erreur, qui ne signifie en aucun cas que j’avais pas conscience de la structure de la phrase, ainsi qu’il est abondamment dit.

          • L'enfoiré L’enfoiré 14 décembre 2016 11:26

            @nours77,


             Puis je vous donner une expérience vécue.
             C’est avec un ancien copain que je savais être opposé à ma manière de voir.
             Des mails se sont transférés en ping pong.
             J’en ai fait un sketch.
             Cela s’appelait « Le Chiffre contre la Lettre ».

          • rocla+ rocla+ 14 décembre 2016 09:22

            Si on vous demande  un autographe  donnez le .


            • L'enfoiré L’enfoiré 14 décembre 2016 11:34

              @rocla+
              Encore un mot qui crée une hésitation.

              est-ce un mot masculin ou féminin ?
              Des règles ?.. le son « o », quand est-ce qu’on l’écrit « eau », « au », ou bêtement « o » ou « ô »,
              Il y a une foule de règles foulées au pied en français.
              Qu’est-ce qui pousse un étranger à aimer une langue ?
              La difficulté ou la simplicité ?
              Mon dernier article en est une preuve.
              On parle en français, mais on écrit en anglais...
              Cherchez l’erreur.
               

            • rocla+ rocla+ 14 décembre 2016 11:42

              @L’enfoiré


              `L’important est de savoir se faire comprendre .

              On peut écrire  «  quel  beau sourire  »  la vraie émotion est celle qui surgit 
              au moment  de  « voir  » le sourire .

            • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 10:27

              Il y a en ce moment, il y a une émission sur France Inter sur l’orthographe. Voilà ce que je leur ai envoyé : « Je viens d’écrire un enième article sur la vanité de l’orthographe et la façon insensée qu’on emploiepour en parler. Exemple qui vient de passer : l’orthographe est un marqueur. Non. Nous faisons de l’orthographe un marqueur, l’othographe n’est pas un marqueur comme la banane est jaune et la cerise juteuse. »


              • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 10:29

                @Orélien Péréol
                On retrouve dans cette émission les mêmes clichés : garder l’orthographe qui est comme Dieu incriticable, et changer la méthode d’apprentissage.


              • JL JL 14 décembre 2016 10:55

                L’orthographe est l’intonation de l’écrit.


                • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 11:31

                  @JL
                  Mais non.

                  Ce qui guide l’intonation de l’écrit, c’est la ponctuation.

                • JL JL 14 décembre 2016 12:39

                  @Orélien Péréol
                   

                   vous n’avez pas compris : la ponctuation c’est une aide à l’intonation.
                   
                   L’orthographe est à l’écrit ce que l’intonation est à l’oral.
                   
                   La redondance est à l’oral ce que l’orthographe et la ponctuation sont à l’écrit.
                   
                   Il faut n’avoir jamais rédigé un texte avec un souci littéraire pour ignorer ces choses là.

                • rocla+ rocla+ 14 décembre 2016 11:45

                  Le  language  des sourds-muets a pas l’air  orthographique .



                  • zygzornifle zygzornifle 14 décembre 2016 13:20

                    moi mon angoisse c’est Valls-Fillon.....


                    • JL JL 14 décembre 2016 14:07

                      Orélien Péréol,

                       
                       vous devriez lire cet article : 
                      ’’Les enseignants : fossoyeurs de l’Occident’’
                       dont je n’approuve pas les thèses, mais seulement les présupposés, par exemple : ’’Parler d’excellence quand les universitaires font des fautes d’orthographe et éprouvent de grosses difficultés à résoudre une règle de « 3 » ; parler d’excellence quand les universitaires, dépourvu de toute culture générale, ont oublié jusqu’aux notions les plus élémentaires du cursus primaire et secondaire ; parler d’excellence lorsque 12 années passées sur les bancs de l’école n’ont laissé aucune trace ; parler d’excellence lorsque les enseignants eux-mêmes ne maîtrisent plus les notions qu’ils sont censés enseigner est une insulte à la raison.’’

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 14:32

                        @JL
                        Je n’irai pas lire cet article tant que vous n’aurez pas lu le mien. Je n’y parle ni d’excellence ni d’enseignement.

                        Je traite de cette soumission à une orthographe considérée comme ne pouvant être interrogée.
                        Je traite des « raisons » évoquées pour considérer l’orthographe comme un bien absolu, certaines de ces raisons relèvent du fantasme.
                        Parlez-moi de ces points, commentez-les, si vous voulez bien.

                      • JL JL 14 décembre 2016 14:59

                        @Orélien Péréol
                         

                        Je suis assez d’accord avec vous. Mais je persiste et signe mon premier commentaire : l’orthographe permet une concision dans l’écriture par la précision qu’elle apporte.
                         
                        Ceci dit :

                        Vous écrivez : ’’ « je me suis vue couper la route », avec le « e » de vue, une femme fait la différence entre la narration du fait qu’elle a coupé la route à quelqu’un ou que quelqu’un lui a coupé la route (pas de « e » à « vu » dans ce cas). 
                         
                        Je n’aurais pas fait la différence sur ce ’’e’’ à vu (j’aurais d’ailleurs écrit vue dans les deux cas ), mais sur la suite attendue :

                         « je me suis vu(e) couper la route à ce camion » vs « je me suis vu(e) couper la route par ce camion. »

                         voire même : « je me suis vue couper la route de ce camion ».
                         
                         Je crois que l’orthographe comme le choix des mots, le style ou la ponctuation sont des outils pour bien écrire et se faire comprendre, et chacun fait ce qu’il peut. Et pour moi c’est un art dans lequel je n’ai jamais été une lumière, que je respecte.
                         
                         Bien écrire, surtout si c’est à destination de nombreux lecteurs, c’est fournir un effort pour faciliter le travail des lecteurs. C’est une sorte d’altruisme, de générosité ; un bon investissement si l’on écrit pour être bien compris. Mais évidemment, je suis opposé à toute idée de répression. Chacun fait comme il veut.

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 15:20

                        @JL
                        J’ai cité cet exemple (je me suis vue couper la route) qui est sur la page de France Culture dont je fais une recension critique.


                        Je cherche à analyser, à dire de quoi c’est fait et comment ça marche. Je ne cherche pas à donner une opinion. Je ne vois pas en quoi l’orthographe est un outil pour mieux écrire.

                        Mon vœu serait que l’Etat français, en ses institutions, l’école surtout, et les Français admettent des orthographes et y voient un enjeu de modeste importance.

                        Les enfants passent des heures et des heures à apprendre cette matière pour une résultat minable et qu’il serait bienvenu qu’ils apprennent des choses utiles et intéressantes (l’économie politique par exemple).

                      • JL JL 14 décembre 2016 15:26

                        @Orélien Péréol
                         

                        ’’Les enfants passent des heures et des heures à apprendre cette matière pour une résultat minable et qu’il serait bienvenu qu’ils apprennent des choses utiles et intéressantes (l’économie politique par exemple).’’
                         
                         C’est ça qu’on appelle l’utilitarisme, non ?

                        « Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » (Hannah Arendt ) 

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 15:29

                        @JL
                        Désolation. SI c’est bien d’apprendre des choses inutiles à l’école, on peut faire encore mieux.


                        La généralisation de mon propos que vous pratiquez par le terme d’utilitarisme est illégitime et ne concerne que vous.

                      • JL JL 14 décembre 2016 15:43

                        @Orélien Péréol
                         

                         mais je n’ai jamais dit, moi, que l’orthographe est inutile. Je crois même avoir argumenté dans le sens opposé.
                         


                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 15:52

                        @JL
                        Si. Vous m’avez accablé d’utilitarisme, ce qui pour vous n’est pas bien et vous avez instrumentalisé Hannah Arendt contre moi, tel que vous me voyez.


                      • JL JL 14 décembre 2016 15:58

                        @Orélien Péréol,

                         
                         l’utilitarisme pour moi, ce n’est pas juger pour soi de l’utilité des choses ; ça c’est du pragmatisme. 
                         
                         L’utilitarisme c’est la volonté de décider pour les autres de ceux qui est utile et bon pour eux.
                         


                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 16:01

                        @JL
                        oulala ! On décide de ce que les enfants doivent apprendre à l’école, on ne leur demande pas, puisque par principe ils ne peuvent le savoir. Je ne vois pas en quoi passer moins d’heures à apprendre cette chose de peu d’importance qu’est l’orthographe, lui donner sa place en quelque sorte, serait plus utilitariste que de leur apprendre à tous un instrument de musique ?


                      • JL JL 14 décembre 2016 16:12

                        @Orélien Péréol
                         

                         ne nous égarons pas dans une polémique qui n’a pas lieu d’être. Vous dites que l’orthographe n’est pas (si) utile (que ça). Et moi je soutiens le contraire. 
                         
                         Nous pouvons si vous le voulez bien, en rester là.

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 14 décembre 2016 16:17

                        @JL
                        En effet, restons en là. Cordialement.


                      • sarcastelle 14 décembre 2016 18:09

                        Parmi tous ceux qui veulent figurer parmi les pionniers d’un monde nouveau figurent, encore qu’à une place modeste, les réformateurs d’orthographe. Laissons-les à leur douce manie et à leurs indignations. 


                        • alinea alinea 15 décembre 2016 11:02

                          Notre orthographe n’est pas un code creux ! c’est une finesse grammaticale ou historique. Du reste il n’est pas étonnant que celle-ci gêne à une époque où la pensée est très dévalorisée !
                          Je suis désolée, mais un texte plein de fautes est illisible et incompréhensible ; c’est comme ça, et puis, il fut un temps où cela ne posait de problème à personne, en ce temps-là, tout le monde était capable de l’acquérir. Bizarre, non ?


                          • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 décembre 2016 11:29

                            @alinea
                            Je ne pense pas que l’orthographe était un code creux. Je n’ai rien dit de tel, ni rien qui s’en rapproche.

                            Je dis que notre attention à l’orthographe est excessif, je dis que notre orthographe est gravement irrationnel, et que l’évolution est une nécessité du vivant.Je dis que une chose vous angoisse, il vaut mieux changer cette chose que conserver son angoisse.
                            L’enchainement causale que vous faites entre une dévalorisation de la pensée que vous croyez voir dans notre époque et une gêne causée par l’orthographe fait partie, selon moi, de l’irrationalité qui entoure les débats liés à l’orthographe. J’ai écrit enchainement comme il se doit depuis 1990, il n’y a ni erreur, ni faute, je pense, car je valorise fortement la pensée.
                            Je doute qu’il y eut un temps où tout le monde était capable d’acquérir l’orthographe, Chervel, historien, dit que les instituteurs ont œuvré à simplifier l’orthographe pour démocratiser l’écriture et la lecture, jusqu’à la restauration qui a décidé d’une sainte orthographe et d’une seule.
                            Nous en sommes en cet état d’esprit que conserver est défendu comme un progressisme.

                          • alinea alinea 15 décembre 2016 12:16

                            @Orélien Péréol
                            Mon idée est que tout effort d’apprentissage et de compréhension développe l’esprit, que toute simplification arbitraire, décidée par l’un ou l’autre alors que la langue s’est construite par tous au cours des temps, est une démagogie.
                            Pourquoi mettre un « e » à auteur, et l’ôter à « je me suis vue partie » ou « je me suis laissée aller » ? Y a-t-il là quelque chose de rationnel ?
                            Quant au rationnel, je le crains ! notre langue est notre expression, notre expression est notre culture, notre culture c’est nous, et nous ne sommes pas rationnels.
                            Pensez aux Chinois, dont la structure de langue est si simple que les Chinois parlent à un an ! Mais regardez la complexité de leur écriture ; cette complexité développe leur esprit. Bon, pour moi c’est important.
                            Le globish est efficace mais son champ est étroit ; pourquoi la construction ( et créativité) de la langue allemande rend cette langue la plus riche, la plus complète, en philosophie ? Pourquoi notre langue si floue si « irrationnelle » en fait la langue la plus riche en poésie ?
                            Laissons la langue évoluer par l’usage et si les textos conviennent à un certain type de personnes dans un certain type de communication, gardons la richesse de l’écrit - qui n’a rien de spontané- pour ceux qui veulent !
                            Il semble que vous vouliez déculpabiliser et dé-dévaloriser les pauvres victimes de l’apprentissage insensé du français ; qu’ils l’assument ou progressent mais normaliser les carences imposées par l’EN est à mon sens une très mauvaise idée !


                          • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 décembre 2016 13:40

                            @alinea
                            Vous invoquez mille objets et dispersez le débat. Bon. Dont acte.

                            Je ne vais pas répondre à tout, en tout cas, pas en une seule fois. Je vous serais reconnaissant de traiter des points que je traite dans mon article et pas de ceux qui vous conviennent, dont vous dites qu’ils ont à voir, ce qui, en général, je ne vois pas.
                            Vous dites : « Mon idée est que tout effort d’apprentissage et de compréhension développe l’esprit » Ce n’est pas mon idée du tout. Il faut apprendre des choses qui ont du sens, pour le dire en termes simples : la vie est courte.
                            Une langue est un moteur, elle a des règles d’évolution qui sont un élément de son être, elle n’est pas qu’un patrimoine, je l’ai déjà écrit il n’y a pas longtemps sur ce site.
                            Je mets un « e » de féminin à auteur, à professeur, comme j’en mets un à voisin, à élu, savant, s’il s’agit d’une femme.
                            Je ne parlerai ni des Chinois, ni du globich, ni des intentions que vous me prêtez.

                            Les hommes (au sens d’humains) ne sont pas que rationnels, certes. Cela n’interdit pas de tâcher de l’être quand c’est possible. En matière d’orthographe du Français, c’est tout-à-fait possible.

                          • alinea alinea 15 décembre 2016 14:24

                            @Orélien Péréol
                            Je discutais, excusez-moi, j’ai dû me tromper de site !!

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