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Accueil du site > Actualités > Société > L’orthographe nous appartient

L’orthographe nous appartient

La langue appartient au peuple, à celles et ceux qui la parlent. Elle est un flux. Elle coule, elle passe, elle fait couler l’encre. Elle est vivante. Elle ondule, elle bouge, non comme elle veut car ce n’est pas une personne et elle ne veut rien. Elle bouge et se déplace cependant selon des règles internes incontrôlées et incontrôlables qui nous surprennent, que l’on découvre (ou non) a posteriori… Bien des évolutions ne font l’objet ni d’attention, ni de discours. On ne peut créer ni police ni justice pour pénaliser les contrevenants aux règles les plus pratiquées. Les règles les plus pratiquées ne sont pas des règles établies, ainsi qu’il est dit, elles sont juste d’usage dominant, de coutume. Elles varient et les variations ne peuvent venir que par la rupture, le décalage, l’intégration de façons de parler différentes, étranges étrangères.

En France, on a une idée fausse et folle mais vissée à l’esprit de presque tout le monde, selon laquelle les grammairiens sont des législateurs, qu’ils disent le bon et obligatoire, le bon est obligatoire parce qu’il est bon et réciproquement. Les grammairiens, partout dans le monde, y compris en France, sont des greffiers, ils enregistrent l’usage et tâchent d’en donner les lignes de force analytiques.

L’orthographe et ses évolutions nous appartiennent plus que la langue orale. La bonne façon d’écrire est celle qui ne pose pas de problème. Plus on écrit comme on parle, mieux c’est. A moins de vouloir une division de la nation entre ceux qui ne savent pas écrire et ceux qui savent, auquel cas il est bon de complexifier l’écriture, d’obliger un long temps d’apprentissage et d’instituer l’écriture comme instrument de mesure de la position sociale. L’idéal de l’écriture, difficile à atteindre pour qui veut l’atteindre, est que chaque son ait une écriture et une seule. Quand on y parvient, l’écriture devient transparente à la langue parlée, avec un apprentissage minimal, chaque écrit comme il parle.

Les nouveaux manuels scolaires vont être imprimés selon l’orthographe réformée il y a vingt-six ans. Les manuels étant renouvelés tous les sept ou huit ans, cela laisse encore du temps avant qu’elle soit enseignée. Cependant, cela ne va pas et les plaintes montent de partout : le bon, c’était avant, il ne faut pas instituer le nouveau qui est mauvais. Cet état d’esprit décliniste est très partagé et s’exprime fort : toute évolution rend les choses pires qu’avant ! On est dans le renversement politique complet et assumé : le progressisme, c’est le conservatisme, avec fierté, aucun doute n’étant admissible.

Les arguments en faveur du maintien de l’ancien, de l’arrêt du temps sont ahurissants d’irrationalité et, disons-le, de malhonnêteté, celles et ceux qui les pratiquent ou les agréent étant totalement de bonne foi.

« Le croûton craque moins sans son accent circonflexe » nous dit Anne Alvaro sur France Inter, (Boomerang d’Augustin Trapenard) pour en faire ensuite la « démonstration » orale. Certes, juge et partie, elle y arrive très bien. J’appelle cela : saboter l’affaire pour faire la preuve qu’elle est mauvaise. Excuse-moi Anne.

C’est faire fi du caractère non-analogique des mots, lesquels sont dans un rapport numérique,digital comme on veut, aux choses, hormis les onomatopées. Le mot chien ne mord pas. Le mot rose ne sent pas la rose, vous lisez rose écrit en noir sans le voir. Le mot long est court et chacun fait craquer le mot « crouton » à son gout, accent ou pas quand on l’écrit.

Un professeur de lettres classiques, Julien Soulié, demande : « Est-ce qu’on supprime les dates de l’Histoire de France, sous prétexte que ce n’est pas facile à retenir ? Non. » (TF1) Aborder l’Histoire par la connaissance des dates n’est pas de bon aloi. Tout le monde répond « Marignan » quand on dit « quinze cent quinze » et peu de Français savent plus que cette correspondance d’un lieu et d’une date remarquable au niveau sonore, peu de Français connaissent la bataille de Pavie (1525). Ce n'est pas ça, connaitre l’Histoire de France.

Surtout, nous ne disposons pas des dates des batailles, des naissances, couronnements et morts des rois, révolutions...etc. Alors que nous disposons de l’écriture des mots, de la cohérence, de la rationalité de cette écriture, de l’aisance qu’elle nous donne ou qu’elle gène, voire empêche, plus ou moins grande aisance qui nous permet de nous consacrer au style et au contenu avec plus ou moins de bonheur. Ne pas nous encombrer d’irrégularités non-motivées ne peut être que bénéfique.

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Très riches heures du Duc de Berry
représentant le mois d’aout (orthographe de l’époque et de la nôtre)
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« Je vous paierai... avant l’oût »
Orthographe de l’époque (et pas de la nôtre)

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89 réactions à cet article    


  • aimable 10 février 08:36

    les règles sont faites pour que la langue soit compréhensible par tous , du nord au midi de l’est a l’ouest et cela pour le vivre ensemble et ce qui arrange les uns n’arrange pas forcément les autres
    les accents sont plus utilisés au nord de la Loire et déjà le parler du sud n’est pas toujours compréhensible par ceux du nord et inversement , j’en ai fait l’expérience
    alors dans les modification il faut être prudent !
    si tout le monde prononce les mots de la même façon , cela ne pose aucun problème pour les modifications


    • riton09 10 février 13:20

      @aimable

      Allez ! encore un « ségrégationniste, malhonnête ». Les gens du Nord (au dessus d’Orléans je suppose ?) ne comprendraient pas le Français parlé au Sud. En ajoutant , « j’en ai fait l’expérience... » 

      Comme on dit dans le sud, « Et bé dis donc ! quel couillon ce parisien...pas très fut fut ». tout cela parce qu’on dit toutes les syllabes des mots, (ce qui semble normal car on ne doit pas escamoter la langue, Française Non ?) et ce avec en plus avec un accent chantant. Au lieu d’avoir l’ « accent pointu » , du « Parigot », pédant. 

      « Parigot » !!! Mot très connu, qu’il prend bien sûr, comme insulte ?, car nos amis (ils le sont) gens du Nord, nous reprochent, soit-disant, un chauvinisme de mauvais aloi, au même titre d’ailleurs que le reproche que nous leur renvoyons aussi, quand ils nous traitent de Provinciaux attardés. Bien évidemment avec condescendance... dans les deux cas... Heureusement, Si en plus on ne peut pas se « chambrer » amicalement, où va -t-on ? 

      Avec le salut amical d’un Ariégeois « immigré, malgré lui dans le... Norddd »

    • aimable 10 février 14:35

      @riton09
      voyez vous mon cher je suis Normand , si nous mangeons les syllabes , vous vous parlez pointu en mangeant les accents  smiley


    • aimable 10 février 14:38

      @aimable
      je ne vous parle pas du patois pour vous cela serait horrible  smiley


    • Loatse Loatse 10 février 11:07

      « L’idéal de l’écriture, difficile à atteindre pour qui veut l’atteindre, est que chaque son ait une écriture et une seule. »



       L’usage de l’accent circonflexe dans notre langue a ses raisons d’être : il est venu en remplacement de certains mots en est ou ost (hospital, queste), il a également permis de distinguer les mots orthographiquement similaires les uns des autres ( mur, mûr, mûres/ du, dû)

      Et enfin, car je partage la sensation de cette dame qui tient à son « croûton », les mots ne sont pas qu’un amas de lettres, les mots sont vivants, ont une âme... On peut à la rigueur échanger une lettre par un accent (le ost en ô) mais pas les laisser nus ! C’est leur faire offense, c’est aussi une atteinte à nos sens... Fermer la porte à l’imaginaire.

      Le mot pâtisserie fait saliver... pas le mot patisserie... Le mot forêt laisse entrevoir la cime des arbres, pressentir l’odeur de leurs essences, se rappeler le bruit des feuilles mortes qui craquent sous nos pieds... le mot crêpe est une invitation à la faire sauter... :)

      et le croûton sans accent oui, perdra son craquant. 









      • Aristide 10 février 12:09

        @Loatse


        Votre tirade finale est assez ... ambitieuse mais tombe complètement à plat quand on connait le contenu des rectifications apportées. Ces mots ne perdront rien car la rectification de l’académie ne les concerne pas, forêt, crêpe et pâtisserie. Pour crouton ou croûton , l’académie autorise les deux orthographes. a,e,o ne sont pas concernées seul les lettres i et u le sont avec quelques règles bien comprises.

        Vous répondez sans savoir, sans vouloir vous faire injure, il serait bien que tous les pourfendeurs de ces rectifications consultent la source de cette réforme et surtout ne s’arrête à des affirmations erronées pour trouver une raison à leur ire.


      • riton09 10 février 13:29

        @Loatse

        Et alors ? quel est le lien entre mûres (fruits) et mûres contraire de « vert », Peut-être qu’au siècle de Ronsard et Du Bellay, les pères fondateurs, de notre langue Française d’aujourd’hui, pardon je rectifie ! d’hier, et d’avant-hier, auraient-ils du et pas dû, mettre un accent aigu sur un des deux pour ne pas les confondre aussi ? .

      • Loatse Loatse 10 février 14:22

        @Aristide,


        J’ai pris un exemple de ce que pouvait donner, poussé dans ses extrêmes cette manie de simplification... entre la suppression des traits d’union, les trémas que l’on déplace parfois, ou que l’on rajoute on ne sait pourquoi, j’ai fini par me demander si ces modifs facultatives ou pas (ce qui va réjouir les partisans du moindre effort), n’étaient pas effectuées au petit bonheur la chance en fonction de la vitesse du vent et de l’âge du capitaine...

        Ce qui n’est pas concerné aujourd’hui peut l’être demain. pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? 

        « l’académie autorise les deux orthographes. a,e,o ne sont pas concernées seul les lettres i et u le sont avec quelques règles bien comprises. »

        Punies « a, e, o  » ???? smiley



      • Abou Antoun Abou Antoun 10 février 17:38

        @Loatse
        Bonjour,
        il a également permis de distinguer les mots orthographiquement similaires les uns des autres
        Disons plutôt de distinguer orthographiquement des mots phonétiquement similaires (homophones).


      • doctorix doctorix 10 février 20:40

        @Aristide

        Mais si l’accent est supprimé d’un côté, préservé de l’autre, où est la simplification ?
        Tous ces gens qui veulent laisser leur nom dans l’Histoire, avec des réformes qui sont autant de petites crottes, me font profondément chier.
        « Oui, oui, ne sourcillez pas, chier, et le mot est d’une faiblesse à vous faire douter de la prétendue richesse de la langue française.  (René Fallet), »
        Mais non, ce mot, aussi vieux et fonctionnel que l’espèce humaine, je l’aime, moi. C’est déféquer que je hais.
        Modifier une virgule d’un langage qui a inventé le mot « Merde » pour faire chier les anglais, à Waterloo, selon Sacha Guitry, voilà où est le crime. Quelle horreur !
        Allez écrire le desespéranto entre bobos, nous on gardera le flambeau de la langue française allumé.

      • amiaplacidus amiaplacidus 10 février 11:23

        Ce gouvernement a l’art de susciter des polémiques sur des sujets relativement secondaires. Pendant que les gens s’étripent (au sens figuré j’espère) sur l’utilité ou non d’un accent, on oublie que le chômage et la dette croissent sans cesse, que la France est en guerre sur plusieurs théâtres d’opération et qu’elle à dépassé ses possibilités en la matière, etc, etc.

        Rappelons tout de même que cette réforme date de 1990 ! Pourquoi la ressortir 26 ans après ?


        • amiaplacidus amiaplacidus 10 février 11:26

          @amiaplacidus

          Voilà, un accent de trop, lire : « ...et qu’elle a... » et non pas « ...et qu’elle à... » !

          Pourquoi ne peut-on pas corriger un texte lorsque l’on voit une erreur juste après avoir envoyé le message ?


        • Trelawney Trelawney 10 février 11:40

          @amiaplacidus
          Il me semble, je n’en suis pas certain, car c’est difficilement exprimé dans les médias (ils préfèrent faire du buzz avec le chapeau de hôtel).

          En 1990, l’académie française a émis l’idée de réformer certaines spécificitées de la langue française, dans le seul but de la simplifier et de la rendre plus digeste. On enlève des accents circonflexes ou aigus, en enlève le i de oignon etc.

          Sous Chirac et Sarkozy, cette réforme n’est pas entré en application par soucis d’économie. On allait pas changer les manuels scolaires, dictionnaires, bled etc pour cela. Sous Hollande il y a la réforme des collèges qui est mise en application pour 2016 avec pas mal de bouleversements dans les programmes. Comme pour cette réforme, on doit changer les manuels scolaires, on en profite pour y intégrer la réforme de l’orthographe voulue par l’académie française.

          Mais comme en France on n’aime pas le changement et qu’en France les médias ne savent plus quoi inventer pour nous distraire des vrais problèmes de notre société, on en fait tout un pataques (avec ou sans accent)


        • Aristide 10 février 12:22

          @amiaplacidus


          Vous demandez cela alors que d’autres cherchent un boulot, ailleurs essaient de survivre sous les bombes, d’autres luttent contre un cancer,... il y a en a même qui doivent aller faire leurs courses le samedi à Carrouf, ...

          C’est juste un peu moqueur et pour remettre à sa juste place votre remarque sur l’inanité du débat.

        • Abou Antoun Abou Antoun 10 février 18:01

          @amiaplacidus
          Ce gouvernement a l’art de susciter des polémiques sur des sujets relativement secondaires.
          Oui ’c’est la pratique active du détournement de l’attention, procédé bien connu des manipulateurs. On lance des discussions byzantines et pendant que le bon peuple s’étripe sur la question du sexe des anges, du mariage gay, des accents circonflexes, au mieux on ne fait rien au pire on fait passer des lois mortifères.
          La déchéance de nationalité est un de ces derniers gadgets. Imaginez un peu la terreur que cela va entraîner pour nos kamikazes ; ils ne pourront plus baiser leurs 70 vierges sans leur carte d’identité française.  


        • L'enfoiré L’enfoiré 10 février 11:27

          « La langue appartient au peuple, à celles et ceux qui la parlent. »


          Oui, et cela s’appelle la Francophonie et pas la franco-folie.
          C’est à dire qu’elle se doit de suivre des mouvements de remise en question perpétuelle qui penserait à s’étendre pas par les folies d’une orthographe qui ne tient pas la route, tellement elle a des obstacles de compréhension des choses.
          C’est le sens des mots qui importe et pas leur formulation dans des règles qui ne sont pas rigoureuses et ne connaissent que des exceptions. 
          Où parle-t-on français ?
          En France, bien sûr, mais c’est loin d’être le seul pays.
          Le « nombril » du français n’est peut-être même plus celui qu’on croit. smiley
          Voulez-vous quelques belgicismes ?
          Vous risquez d’être désarçonné... 

          • Aristide 10 février 12:13

            @L’enfoiré


            Encore une fois, un à-peu-près, non ce ne sont pas les français seul mais aussi d’autres.

            Présentées par le Conseil supérieur de la langue française, ces rectifications ont reçu un avis favorable de l’Académie française à l’unanimité, ainsi que l’accord du Conseil de la langue française du Québec et celui du Conseil de la langue de la Communauté française de Belgique.


          • Aristide 10 février 12:15

            @Aristide


            Seuls bien sûr, avec accent circonflexe car homophonie avec sur et donc l’accent est conservé malgré que la lettre soit i ou u, en rappel les circonflexes sur a,e, o ne sont pas concernés.

          • Plus robert que Redford 10 février 12:32

            @L’enfoiré
            Mais, y’a pas d’problèm ! (comme l’aurait écrit un ancien président à talonnettes)

            Que les francophones enrichissent la langue, d’où qu’ils la parlent, quoi de plus naturel !

            La fréquentation régulière de collègues d’outre Quiévrain m’a déjà rendu perméable à certains belgicismes (Saurais-tu me passer le sel, s’il te plaît ?) ...

            Et l’écoute du parler sub-saharien révèle souvent des pépites dont nous pourrions faire notre miel : Le Sapeur Camembert ?? N’est-ce pas infiniment plus poétique que de dire : l’homme bien habillé pue des pieds"...

            Etre réticent aux traficotages conjoncturels de l’orthographe ne veut pas dire qu’on refuse de laisser évoluer la langue, pantoute !


          • L'enfoiré L’enfoiré 10 février 12:36

            @Aristide,


             Vous n’avez pas l’intention d’utiliser le mot « réforme » pour expliquer les changements proposés tout de même ?
             L’accent circonflexe, ce n’est rien d’autre que du cosmétique.
             Je l’ai déjà dit à la suite d’autres articles sur le même sujet,
             Pour que le français puisse continuer sa vie, c’est une reprise en main complète de l’orthographe du français ;
             La véritable réforme du français semble être une catastrophe pour la langue alors que l’anglais se réforme pour simplifier, pour rendre la langue plus efficace, plus exacte.
             Je fais toujours la comparaison avec l’anglais...
             Attention, je ,ne parle pas de sa prononciation.
             Je parle exclusivement de son écriture qui pousse à sourire dans sa complexité.
             On en parle actuellement sur ma radio belge.
             C’est dire que cela fait du bruit même ailleurs. 

          • L'enfoiré L’enfoiré 10 février 12:38

            La langue française est beaucoup plus étymologique que rationnelle.

            D’où sa complexité parfois tout à fait idiote..

          • L'enfoiré L’enfoiré 10 février 12:46

            @Plus robert que Redford,


             Je vais élargir le sujet au sens des mots...
             Je possède un dictionnaire de synonymes et d’analogies.
             C’est dire que beaucoup de mots apportent des nuances précises aux sens.
             Je dirais magnifique...
             Mais alors, comment se fait-il que le mot « temps » a deux concepts complètement différents ?
             Le temps qu’il fait dans l’idée du climat (weather en anglais) et le temps qu’il est (time en anglais).
             Si quelqu’un à la raison de cette ambiguïté, cela m’intéresse. 

          • Xenozoid Xenozoid 10 février 13:17

            @L’enfoiré

            peut etre un début d’explication ici(en anglais  smiley )

          • L'enfoiré L’enfoiré 10 février 14:15

            @Xenozoid, 

            Merci, 
            Les deux significations dérivent du latin « tempus ». Donc c’est un problème qui ne date pas du « françois » que François 1er a repris sans se poser la question à la Renaissance. 
            Si la raison que : les appareils de mesure pour le température et pour l’heure sont similaires, n’est pas une raison étymologique, elle me parait bonne techniquement parlant.
            En plus, comme il est dit dans ce billet que le japonnais fait la même confusion. 

          • Abou Antoun Abou Antoun 10 février 18:15

            @Plus robert que Redford
            à certains belgicismes (Saurais-tu me passer le sel, s’il te plaît ?) ...
            Usage courant en Nord Pas de Calais également (savoir en lieu et place de pouvoir). A bien y réfléchir si on ne sait pas on ne peut pas, et si on ne peut pas à quoi bon savoir ? 


          • alinea alinea 10 février 19:51

            @L’enfoiré
            Et le « tense » !!


          • TicTac TicTac 10 février 11:28

            Qu’il est étrange d’écrire aussi bien pour finalement rejeter l’idée d’une langue si belle et précise qui devrait perdurer.

            Simplifier, oui, mais quel est l’objectif ?
            Que tout le monde puisse s’exprimer sans contraintes, au risque, finalement, de ne pas être compris ?

            Tout cela participe de cette tendance avouée ou non de supprimer l’élitisme supposé et honni.
            Ne plus faire de distinction entre celui qui dit bien, écrit bien, parle plus ou moins bien une langue étrangère, qui travaillera bien ou mal, qui se sera formé ou non pour être à niveau...

            Lisez les tendances :

            - l’orthographe, au bac ;
            - les classes bilingues, au feu ;
            - les obligations professionnelles des artisans, aux orties ;

            Demain, nous serons tous égaux, peut-être, savoir ignorants, incultes, incapables mais prétendument omnipotents.
            Il ne s’agit pas de savoir s’il faut rester dans l’idée que « c’était mieux hier » mais de savoir si ce que l’on propose fera que « demain sera mieux ».

            Libre à vous de lire la phrase de ce prof au pied de la lettre.
            L’idée générale est qu’il ne relève pas du service rendu à nos futurs adultes que de supprimer tout ce qui est difficile.
            L’exigence est ce qui permet de se dépasser, d’exprimer beaucoup de choses, en ce compris l’excellence à laquelle chacun peut prétendre à force de volonté.

            Cette excellence qui fait que l’on apprend avec amour le français à l’étranger ;
            qui fait que dans certains domaines, la France est une référence ;
            qui fait que l’on nous visite et que l’on loue notre gastronomie ;

            Diriez-vous que c’est un progrès de rendre notre langue moins exigeante et donc aussi basique que d’autres ?
            Que la dentelle de Calais puisse être remplacée, en haute couture, par un vague truc imprimé en 3D ?
            Que n’importe qui puisse s’improviser restaurateur en réchauffant des plats industriels ?

            Je plaide pour que l’excellence qui a fait la place, hier, de la France dans le monde, puisse être regagnée et perpétuée.
            Mais nous n’en prenons pas le chemin et cette réforme n’est finalement que l’un des sentiers qui nous mènent à la banalité.

            • Pie 3,14 10 février 11:45

              Je suis d’accord avec l’auteur.


              Supprimer des accents quand leur seule fonction est de rappeler des lettres disparues depuis des siècles n’a rien de scandaleux surtout si la moitié des français les oublient.



              • TicTac TicTac 10 février 11:52

                @Pie 3,14
                Mais est-ce là leur seule utilité ?

                Ne s’agit-il pas aussi de savoir l’origine de tel ou tel mot ?
                De pouvoir reconnaître une signification à un mot inconnu par une racine voisine (au pif, hôtel, hôtel hôtellerie, qui ne se rapportent en aucune manière à un mot proche comme une hotte).

                On peut toujours simplifier.
                On ne sera pour autant pas moins idiots, juste plus pauvres.

              • Aristide 10 février 12:18

                @TicTac


                Au pif hôtel, et bien pas de chance, l’orthographe de ce mot ne change pas.

                Bizarre que vous affirmiez sans savoir.

              • Pie 3,14 10 février 12:24

                @TicTac

                Le même hôtel sans accent ne me pose aucun problème et il n’y a pas risque de le confondre avec une hotte qui est un autre mot.

                J’écris plus sur un clavier aujourd’hui qu’avec un stylo. Des claviers de toutes sortes et parfois très petits. Il y a des quantités d’accents et de consonnes doubles inutiles pour la compréhension dont je me passerais bien.

              • Plus robert que Redford 10 février 12:38

                @Pie 3,14
                Vous avez une solution toute trouvée... Pratiquez la STENO !

                Malheureusement ce langage qui fut enseigné dans le but de décupler l’efficacité des « dactylographes » est tombé aux oubliettes de la langue, grâce à l’avènement de ces petyits instruments à bande ou à puce, épaulés dans cette tâche par des logiciels de correction orthographique de plus en plus performants !!!


              • doctorix doctorix 10 février 15:17

                @Pie 3,14

                Si vous écrivez
                « après ces fêtes, je me taperais bien un petit jeune »
                vous allez au devant de graves ennuis.
                Personnellement, j’ai un faible pour cec, tous accents compris :

                « Oui,dés l’instant ou je vous vis
                Beauté féroce vous me plûtes !
                De l’amour qu’en vos yeux je pris
                Sur - le - champ vous vous aperçûtes :
                Mais de quel air froid vous me reçûtes !
                Tous les soins que pour vous je pris !
                En vain je priai,je gémis
                Dans votre dureté vous sûtes
                Mépriser tout ce que je vous fis.

                Même un jour je vous écrivis
                Un billet tendre que vous lûtes
                Et je ne sais comment vous pûtes
                De sang-froid voir ce que j’y mis
                Ah ! fallait-il que je vous visse
                Fallait-il que vous me plussiez
                Qu’ingénument je vous le disse,
                Qu’avec orgueil vous vous tussiez
                Fallait-il que je vous aimasse,
                Que vous me désespérassiez !
                Et qu’en vain je m’opiniâtrasse
                Et que je vous idolâtrasse
                Pour que vous m’assassinassiez ! »

                Alphonse ALLAIS


              • amiaplacidus amiaplacidus 10 février 17:13

                @Plus robert que Redford

                Les logiciels de correction ne font qu’attirer l’attention sur un oubli, mais, pour bien les utiliser, il faut connaître orthographe et grammaire.

                Je le dis avec parce que je suis assez loin d’être un champion de l’orthographe et que les correcteurs me rendent service.

                Les correcteurs orthographiques sont relativement corrects, mais les correcteurs grammaticaux ont encore plus que des progrès à faire. Je crois que ce n’est pas demain la veille que l’on verra un correcteur m’aider dans l’accord des participes passés.


              • doctorix doctorix 10 février 17:29

                @amiaplacidus

                Retrouver les accords perdus (ou jamais appris, selon), c’est l’affaire d’une heure de travail sur le Becquerel, avec un peu d’aide au besoin.
                Notre si belle langue mérite bien ça.

              • Plus robert que Redford 10 février 18:42

                @Doctorisque :

                Hou, là !!

                Une heure de travail, c’est à dire 3600 désintégrations radioactives...

                La grammaire devient une activité à haut risque chez vous...

                Louis Nicolas Bescherelle n’aurait probablement envisagé qu’il en devînt ainsi !...


              • Abou Antoun Abou Antoun 10 février 18:46

                @amiaplacidus
                plus exactement ils filtrent les graphies qui n’existent pas dans la langue sous forme déclinée ou conjuguée.
                La phrase suivante :
                J’ai me le gens bon est la sot six.
                Passe entièrement sur mon correcteur sans notification. Le correcteur n’a pas accès à la sémantique de la phrase.
                Mais pour celle-ci :
                J’ème lee janbon ay lah socisse.
                je suis sanctionné sur tous les mots.
                Donc en fait le correcteur est à utiliser uniquement quand on doute de l’orthographe de certains mots (circonflexes, traits d’union, redoublement de consonnes, etc...) et c’est très utile. Accessoirement si on fait attention aux erreurs répétées on s’améliore grâce à cet outil. Pour les conjugaisons on trouve aussi des programmes très conviviaux. On trouve aussi des choses très pédago sur l’emploi des modes.
                Ce qui est aussi très intéressant c’est les suggestions de l’aide à la rédaction des SMS (android) qui utilise le contexte et les probabilités et fait des suggestions grammaticalement correctes. Je ne comprend d’ailleurs pas pourquoi les djeunes continuent à utiliser ce sabir dans la mesure ou valider une proposition va plus vite qu’inventer une connerie phonétique.


              • Plus robert que Redford 10 février 19:04

                @Abou Antoun
                C’est marrant, votre remarque m’évoque une expérience d’il y a peu...

                J’attendais l’avion à l’aéroport international de Victoria, aux Seychelles, et pour tromper l’ennui, je me saisis d’un journal local écrit en Créole (une des langues officielles de ce pays.

                Totalement incompréhensible à la lecture, j’ai été stupéfait de pouvoir déchiffrer une grande partie des articles en m’écoutant les lire à voix haute...

                Comme quoi...


              • alinea alinea 10 février 20:08

                @Pie 3,14
                Le mur est plus court que la mûre mûre ; un préteur m’a prêté sa plume, je suis prête !
                deux sons : « è », « é ». En quoi est-ce plus simple d’écrire « je suis prète » ??
                J’ai cuit des pâtes avec des pattes de lapin...
                ouvert/fermé, court/long.
                Puis c’est tellement plus rapide efficace et économe d’écrire : j’ai payé ma dime.
                Et puis l’écrit a ses règles, l’oral les siennes ; on mélange comme on veut, la langue est bonne fille, mais ce mélange n’a de sens et de beauté que si on en sait les repères. Mince, je ne repérerai pas !!
                Enfin, si des gens sont payés à faire ce boulot, c’est toujours ça de chômage en moins ; pardon, c’é toujour sa de chomage en mwin. Car on n’a pas fini d’éplucher la langue comme des huissiers confisquent des biens.


              • doctorix doctorix 10 février 20:47

                @Plus robert que Redford

                Touché.
                Pardon à Bescherelle.

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