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Accueil du site > Actualités > Société > L’ultime secret de Sarkozy : si t’es pas compétiteur, (...)

L’ultime secret de Sarkozy : si t’es pas compétiteur, t’es pas un homme !

Les gouvernants parlent souvent pour ne rien dire et c’est en ces circonstances qu’on les entend. Par contre, quand ils ne sont plus en poste et glissent quelque discours porteur de signification, il ne se trouve aucun média pour les commenter. Ce fut le cas pour l’intervention de Nicolas Sarkozy à Doha lorsqu’il énonça ce propos sur notre monde destiné à être un espace ouvert à la compétition. Sarkozy a même énoncé que celui qui nie la compétition se nie lui-même et donc qu’il n’y a pas lieu de combattre la compétition mais qu’il est nécessaire de l’organiser. Sous-entendu, permettre de donner toutes ses chances à chaque compétiteur. Et comme dans toute compétition il y a des lots, médailles et revenus à gagner, il faut que le système ait des règles à la fois pour juger les résultats mais aussi pour faire en sorte que la compétition soit équitable. Sans que cela ait été prononcé par l’ex-président, on aura deviné le lointain souvenir de cette clause qui sans doute, signa l’échec du référendum sur le TCE car elle fut largement commenté, parfois avec quelques relents de protectionnisme. Il est bien possible que le plombier polonais ait coulé le TCE, avec un symbole fort qui n’évoque pas forcément le meilleur de l’histoire française puisqu’on se rappelle dans les années 30 le sort des maçons italiens et mineurs polonais accusés de venir prendre le travail et donc le pain aux Français. Notons que cette fable du plombier polonais n’était que la version imagée de la concurrence non faussée au sein de l’union européenne, clause introduite dans le traité de constitution et qui fit jaser autant à gauche que du côté des frontistes et autres souverainistes. La concurrence non faussée est un exemple de règle érigée pour organiser la compétition économique et l’on peut être certain que Sarkozy y avait pensé en prononçant son discours de Doha.

Ces propos presque sibyllins et apparemment anodins méritent quand même une réflexion car ils interrogent la philosophie, discipline qui a su réfléchir en profondeur sur la nature humaine et sur l’éthique conçue comme élaboration des fins de l’homme. Lorsque Sarkozy évoque une négation de l’identité humaine lorsqu’il y a refus de consentir à la compétition, on se situe dans une perspective anthropologique. L’essence de l’homme est d’être un compétiteur. C’est ainsi que l’on peut transcrire le propos, en pointant un regard attentif vers Hegel qui lui, assigna comme essence à l’homme celle d’être un travailleur. On se souvient de ces fameuses pages où Hegel mit en balance le bâtisseur avec ses coups de marteau et le peintre qui passe ses interminables journées à imiter la nature. L’homme n’a pas pour vocation à prendre l’air du temps et gérer son existence en travaillant pour subvenir à ses besoins et satisfaire quelques loisirs et autres formes culturelles allant du divertissement à l’instruction savante. L’homme doit suer, transformer le monde et la matière, façonner les matériaux, construire les cités, inventer des objets et instruments. En ce sens, Hegel fut un philosophe moderniste, autant qu’un Auguste Comte ou un Spencer.

Le 19ème siècle industriel était ainsi lancé, avec l’homme placé au centre des dispositifs de société, industries et Etats. L’homme évalué en son essence comme travailleur. A cette époque, le monde était offert aux conquêtes matérielles et territoriales, avec la constitution des Etats-Nations mais aussi des dérives comme le colonialisme. Au 21ème siècle, la planète est entièrement conquise et la plupart des territoires sont délimités par les frontières reconnues à l’ONU. La planète est en tout lieu un espace disponible pour l’exploitation des ressources, minières, énergétiques, alimentaires, mais aussi pour l’implantation des usines où les travailleurs locaux ou à défaut importés seront enrôlés. Et comme l’humanité pèse 7 milliards d’âmes, il y a du monde à employer et beaucoup de concurrence. Il ne suffit plus de travailler pour produire comme il y a un siècle ; il faut être compétitif et compétiteur. Que ce soit dans les manifestations sportives, la production économique, l’ascension sociale, la politique, la culture. Vendre plus que son prochain, gagner plus que son voisin, être le meilleur. Les instruments de calcul et d’évaluation sont légion. Les occasions de se comparer sont innombrables. Le phénomène est entré dans la culture. Et d’ailleurs, cette culture de la compétition se marie facilement avec le narcissique. Comme dirait Desproges, un narcissique c’est un type qui refuse de reconnaître que je suis le meilleur ! Cette culture se transmet dans les journaux mais aussi se met en scène dans la plupart des jeux télévisés. Il faut éliminer les concurrents, prendre la meilleure place, le fauteuil. Il n’en reste qu’un, que ce soit pour concourir dans l’épreuve finale pour un gain substantiel ou pour être le dernier à ne pas être éjecté dans les célèbres séries de télé réalité, de Secret Story à Koh-Lanta. Et ça plaît aux spectateurs, preuve s’il en est que la culture de la compétition est parfaitement entrée dans les mœurs. Le sociologue Alain Ehrenberg n’a pas attendu Nicolas Sarkozy pour analyser ce culte de la performance.

Il fut un temps où la vertu et la magnanimité étaient des repères axiologiques, où un père pouvait lancer à son jeune enfant cette formule, tu seras un homme mon fils ! Maintenant, c’est : tu réussiras mon fils ! Nous vivons sous le règne de la compétition universelle alors qu’aucun décret, ni naturel, ni divin, ni philosophique, ni universel, n’a assigné à l’homme de devenir un compétiteur. Pourtant, cette condition humaine (euphémisme) est acceptée sans aucun examen comme si la compétition était le seul horizon, promue comme nécessité, celle de se nourrir ou de se reproduire, comme si cette compétition était un fatum universel aussi évident que le cours des astres et le climat qu’il faut affronter. L’époque de la compétition globale aurait-elle remplacé, voire prolongé l’ère des guerres territoriales puis mondiales ?

La compétition n’est pas le seul horizon pense le philosophe qui ne reconnaît qu’une seule vérité, celle qui énonce que l’on ne naît pas homme mais qu’on le devient. Alors qu’il n’existe aucune civilisation prédéterminée. Les sociétés sont ce que les hommes choisissent d’en faire et surtout de faire. Alors peut-être que le grand chantier philosophique serait de concevoir un monde qui ne soit pas ordonné autour de cette chose érigée en valeur universelle qu’on appelle compétition. Si nous étions au temps des Lumières, Rousseau n’aurait pas planché sur le contrat social ou l’origine des inégalités mais sur l’invention d’un monde qui ne soit pas gouverné par la compétition et pour la compétition. Un monde qui forcément ne conviendrait pas à Sarkozy.

Pourtant, force est de constater que de la Chine à la Californie, en passant par les dragons et tigres asiatiques, la Russie, l’Inde, la Turquie, le Qatar, l’Europe, et l’Amérique latine, la compétition semble bien acceptée ce qui laisserait penser qu’elle est universelle et représente l’essence de l’homme. Néanmoins, dans quelques contrées la compétition économique n’a pas pénétré et dans l’Inde, on note quelques réticentes. Mais après tout, ces pays et ces peuplades ne veulent pas de la modernité. Il est en effet acquis que cette compétition, ce jeu économique, a comme dénominateur commun avec le jeu traditionnel le volet technique. Et c’est ici que se dessine la piste la plus sérieuse pour comprendre cette civilisation héritée de la modernité technicienne. Autre dénominateur commun, le jeu pris comme divertissement ou bien la compétition économique s’avère être un élément qui permet d’oublier les contenus transcendantaux de la pensée, qu’ils relèvent de la foi, de la religion, du spirituel, de la contemplation et bien entendu les angoisses métaphysiques et la peur de la mort.

En vérité, l’homme a deux essences, comme le vivant du reste et l’univers. Essence connaissante (cognitive) et essence technicienne. Voilà, nous savons où l’homme se situe et de quelle manière le choix technicien a été pris vers 1700, préparé par la Renaissance et en rupture partielle avec l’ « homme connaissant » médiéval. C’est aussi une alternative, pour revenir à une étude savante de Leo Strauss, entre la voie-philosophie du conflit tracée par Thucydide et la voie-philosophie de l’harmonie pensée par Platon. La compétition, ce serait la prolongation de la guerre par d’autres moyens. Et la civilisation du 21ème siècle se présente comme celle façonnée par les hommes tournant le dos à la transcendance. Tel est l’ultime secret révélé par Sarkozy.

 


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39 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 18 décembre 2012 09:53

    Votre titre me renvoie à un article de D. Soulez-Larivière d’il y a quelques jours

    au sujet de la dernière tuerie aux U.S.A,

    où il démontre très simplement comment l’égalitarisme forcené
    conduit à un tel arasement des différences, 
    qu’il ne reste plus, aux être humains ainsi rendus « tous pareils »,

    que LA COMPETITION (gagner sur l’autre en l’éliminant) EN ACTE pour exister,
    y compris dans une fulgurance qui conduit à la mort réelle.

    Il ne faut pas oublier que la compétition n’est que la cousine soft
    de la rivalité imaginaire et de l’évaluationnite aiguë, 
    fer de lance des actions de l’ancien gouvernement.




    • Gollum Gollum 18 décembre 2012 10:18

      Intéressant. Il y a en effet en Occident une image complètement biaisée de ce que peut être la véritable virilité. En raison de l’extrême extraversion des occidentaux la virilité est comparaison avec le voisin... Elle est donc facteur de guerre et de compétition. Elle est destructrice. Si je devais faire référence à l’astrologie l’Occident ne connaît que la planète Mars, le dieu de la guerre..


      Pourtant l’astrologie connaît d’autres astres virils. Notamment le Soleil, centre de notre système planétaire et véritable archétype donc de par cette prééminence, de la virilité. Le Soleil est maîtrise souveraine de soi, concilie cœur et raison, art et science.. Il est l’astre de celui capable d’agir sans effort. Il ignore la compétition. Il est synthèse et perfection. 

      Cet idéal solaire n’existe plus chez nous. La longue lignée royale française représentait cet idéal. Louis XIV notamment n’a cessé de mettre en avant cette vision de par son soutien aux arts : art des jardins, art de l’architecture, art de la danse, de la musique.. Même la guerre à cette époque était un art. L’exaltation de la symbolique solaire a atteint avec Louis XIV un sommet.


      La victoire de la caste bourgeoise avec la Révolution a balayé ces idéaux. Place au matériel. Place à l’enrichissement.. Place à la compétition pour gagner plus que le voisin. Le travail n’est plus réalisation de soi, mais esclavage au profit du grand capital (travailler plus pour gagner plus.. smiley), esclavage des objets et du niveau de vie. Des mots nouveaux naissent : volontarisme, déformation grimaçante de la véritable volonté. Et qui masquent mal en fait une maîtrise de plus en plus déficiente des choses.. Plus on se crispe, trépigne, s’agite, et plus le réel échappe aux décideurs..

      On est à l’opposé du sage taoïste qui par le non-agir fait que toutes choses puissent se faire. Idéal solaire là aussi en Chine, le Soleil étant le seul astre immobile du système.


      Si la logique bourgeoise est une logique de l’entropie, la logique marxiste qui prétend lutter contre elle est en fait fille directe de la bourgeoisie. Elle n’existe qu’en réaction à celle-ci et est dans la même logique de guerre. L’action est d’ailleurs le grand mot d’ordre des meneurs marxistes. L’action que l’on présente aux masses comme la panacée permet en fait leur soumission en évitant à celles-ci le retrait nécessaire à la réflexion, à la contemplation.. L’abus du mot de révolution est aussi une des tares modernes. Et pour cause : la Révolution est déracinement et permet d’avoir des masses désorientées et de ce fait manipulables.. La Révolution n’a jamais profité qu’aux seuls meneurs : Bourgeoisie financière il y a 223 ans ou oligarchie marxiste à partir de 1917..


      Le seul qui peut éviter ces tentatives de manipulation est le philosophe. Pas le philosophe moderne bien sûr qui bien souvent ne comprend même pas ce qu’il écrit, mais celui qui est allé à l’école de Platon, Plotin, Lao Tseu, Tchouang Tseu, Shankara, Tilopa, Naropa, Nagarjuna, Nicolas de Cues, Eckhart, Guénon, Schuon, Abellio, Ibn Arabi, Sohravardi, etc.. 


      Bref, des gens qui plaçaient la Transcendance au centre de leur vie.


      • Furax Furax 18 décembre 2012 13:08

        Bonjour Gollum, ça faisait un moment smiley
        « La victoire de la caste bourgeoise avec la Révolution a balayé ces idéaux. Place au matériel. Place à l’enrichissement.. »
        Samedi dernier ,, chez Ruquier, l’« architecte » Philippe Stark vitupére, du haut de sa grassouillette suffisance, l’obscurantisme des religions avant l’arrivée de « lumières ».
        Pas un des incultes sur le plateau pour lui faire gentiment observer que les « obscurantistes » de sa corporation ont élevé des cathédrales à travers toute l’Europe sans devenir milliardaires pour autant et sans même que l’on connaisse leurs noms. Lui jouit de la publicité de tous les faussaires de notre lumineuse époque et se fait payer des fortunes pour relooker des chaises, des brosses à dents et des chiottes...Lumières smiley


      • Gollum Gollum 18 décembre 2012 13:38

        Bonjour Furax. Oui ça faisait un bail.. smiley Vous avez infiniment raison sur l’art du Moyen-Âge qui était un art souvent anonyme, dont le but n’était pas les états d’âme plus ou moins névrotiques de l’artiste, mais visait à l’enseignement et à l’universalité et par dessus tout voulait rendre gloire à Dieu.


        Puis on est passé aux artistes qui ont eu un nom mais qui le méritaient.

        Enfin on est passé à ceux qui veulent être au premier rang tout en essayant de nous faire avaler leurs déjections...

        On vit une époque formidable. smiley Mais le plein d’obscurité est annonciateur du soleil levant.. 
        Donc comme disait Gandalf : « Tout est pour le mieux »..  smiley

      • JL JL 18 décembre 2012 10:18

        Voxagora,

        je ne peux pas vous laisser dire ça sans réagir,

        et pardon à Bernard Dugué si je suis hors sujet (il semble que voxagora, lui-même ...)

        Volià, vous citez D. Soulez-Larivière qui « démontre très simplement comment l’égalitarisme forcené conduit à un tel arasement des différences ...  ».

        Cet égalitarisme là, n’est pas l’égalitarisme de gauche : au contraire, c’est l’égalitarisme libéral dans ce qu’il a de plus pervers, et qui s’exprime par des revendications catégorielles au nom de l’égalité : les armes pour se défendre, le mariage pour tous, la flat-tax, etc, etc.

        Et c’est de la perversion au carré, que de fustiger explicitement ou implicitement, au travers de ces perversions de l’égalité, l’égalité républicaine.

        nb. Au sujet des armes « pour se défendre », je signale aux amateurs de RU, que le jour où l’on versera un RU ? on leur conseillera aussi d’acheter des armes parce que ce jour là, la police ne protègera plus les citoyens.

        En matière d’égalité comme en matière de monnaie, la mauvaise chasse la bonne.

        Qu’on se le dise.


        • voxagora voxagora 18 décembre 2012 11:23
          .
          Très intéressant, votre commentaire. 
          Du fait que vous n’avez pas bien lu le mien (qui concerne bien SARKOZY et la COMPETITION, pourtant) et que vous avez envie de faire passer votre propre message (comme nous tous) vous vous êtes éloigné de la direction qui est la mienne.

          Et bravo pour le tour de force d’être resté dans l’optique de B. Dugué 
          en transférant le sens de son titre ( « .. compétiteur .. tu es un homme .. dit Sarkozy .. » ) carrément sur ma personne, en faisant de moi un homme.
          .








        • cogno4 18 décembre 2012 10:37

          Ils nous emmerdent avec leur vision unique du monde, entreprise, concurrence, etc.

          Quelle tristesse, quelle vision étriquée et limitée, c’est lamentable, plus de rêve, plus de possibilité, juste de la survie, voila l’avenir que ces connards nous promettent.

          Et bien non, j’aime pas la compétition, ça ne m’intéresse pas, j’ai autre chose à foutre que d’écrabouiller mon voisin.

          Ce sont des singes, cette vision n’est rien de plus qu’une transposition du monde sauvage et animal, le coté « civilisé » permet juste d’être plus efficace, et donc plus violent.

          Vivement la fin du monde tiens.


          • JL JL 18 décembre 2012 12:14

            Bonjour Bernard Dugué,

            Vous dites : "Il n’existe aucune civilisation prédéterminée. Les sociétés sont ce que les hommes choisissent d’en faire et surtout de faire. "

            Et vous évoquez l’homme compétiteur, et l’homme travailleur. Mais à aucun moment vous n’avez évoqué la coopération, la solidarité. Étonnant, non, aurait pu dire Desproges que vous avez cité. Pourtant, c’est la coopération et non la compétition qui a fait de l’humanité ce qu’elle est devenue.

            La planète est entièrement colonisée ? Oui, et n’ayant plus de territoires à coloniser, les colonisateurs ont colonisé leurs propres enfants. Comment cela s’est-il passé ? La concurrence libre et non faussée n’est qu’un leurre : dès lors qu’un compétiteur a acquis un avantage, la compétition est faussée.

            Cette aggravation des inégalités a produit la finance puis l’ultra-finance, à savoir la spéculation : La spéculation nous vole l’avenir dont l’investissement basé sur la confiance est porteur (Ziegler).

            La compétition capitaliste libre et non faussée va nous tuer aussi surement qu’elle a tué les Amérindiens.


            • Laconique Laconique 18 décembre 2012 12:20

              « Plût aux dieux que ce fût le dernier de ses crimes ! » (Racine, Britannicus)


              • volt volt 18 décembre 2012 12:42
                certes le plombier polonais... ce saint homme fut une révolution.

                • volt volt 18 décembre 2012 16:59

                  Il n’y a pas une cause unique de dissension, mais il y en a deux sur la terre : l’une digne des louanges du sage, l’autre blâmable. Elles agissent dans un esprit différent. L’une est funeste ; elle excite la guerre lamentable et la discorde, et nul mortel ne l’aime, mais tous lui sont nécessairement soumis par la volonté des Immortels. Pour l’autre, l’obscure Nyx l’enfanta la première, et le haut Kronide qui habite dans l’Aithèr la plaça sous les racines de la terre pour qu’elle fût meilleure aux hommes, car elle excite le paresseux au travail. En effet, si un homme oisif regarde un riche, il se hâte de labourer, de planter, de bien gouverner sa maison. Le voisin excite l’émulation du voisin qui se hâte de s’enrichir, et cette envie est bonne aux hommes. Le potier envie le potier, l’ouvrier envie l’ouvrier, le mendiant envie le mendiant et l’Aède envie l’Aède.

                  Ô Persès, garde ceci en ton esprit : que l’envie qui se réjouit des maux ne détourne pas ton esprit du travail en te faisant suivre les procès et écouter les plaideurs dans l’agora. Il faut n’accorder que peu d’attention aux procès et à l’agora quand on n’a point amassé dans sa maison, pendant la saison, la nourriture, présent de Dèmètèr. Une fois rassasié, tu feras, si tu le veux, des procès et des querelles aux richesses des autres ; mais, alors, il ne te sera plus permis d’agir ainsi. Terminons donc le procès par des jugements droits qui sont les dons excellents de Zeus ; car, récemment, nous avons partagé notre patrimoine, et tu m’en as ravi la plus grande part, afin de te rendre favorables les Rois, ces dévorateurs de présents, qui veulent juger les procès. Les insensés ! lls ne savent pas combien la moitié vaut quelquefois mieux que le tout, et combien la mauve et l’asphodèle sont un grand bien. 


                  Hésiode, Travaux et Jours (intro / trad. leconte de lisle)


                • alinea Alinea 18 décembre 2012 13:05

                  Dire juste que les conditions sont faites aujourd’hui ( et sans mystère aucun, il suffit de se référer à l’idéologie ultra-libérale), que le but n’est pas de gagner plus que son voisin mais que simplement pour gagner sa vie on en vient à être obligé d’éliminer son voisin.
                  Ainsi donc nous somme rendus à une barbarie, qui n’est pas une jungle où il y a de l’espace, mais à une prison surpeuplée ; les lois naturelles sur les attitudes en cas de surpopulation sont quand même connues depuis longtemps.
                  Bien sûr, pour que ça marche, il faut que tout le monde croit qu’on ne peut pas faire autrement.
                  Mais bizarrement, ceux qui ne le croient pas- certes minoritaires- réussissent à vivre sans compétition ni meurtre !


                  • astus astus 18 décembre 2012 14:12

                    Bonjour Bernard,


                    L’idéologie ultra libérale qui a envahi la planète entière est un totalitarisme comme un autre qui prône en effet « a struggle for existence » qui à terme risque de conduire l’humanité à sa perte.Toutefois les ressorts ne sont pas uniquement politiques ou économiques, ils sont aussi numériques, dans le sens simple de nombre. Plus on mets de rats dans une cage et plus ils se battent pour survivre, c’est vieux comme le monde. Avec une planète finie aux ressources limitées le poids du nombre ne peut aller qu’en augmentant pour finir de ravaler l’ humain à un rang bestial. La démarche est déjà bien avancée sur le plan idéologique et technocratique, mais le nombre d’habitants pourrait probablement faire le reste du chemin.

                    Bonne journée quand même.  

                    • easy easy 18 décembre 2012 15:32


                      A mes yeux, vous n’avez pas saisi le problème et votre discours en devient surréaliste

                      Je vais essayer de dire la chose de la façon la plus synthétique possible :

                      La compétition est mais n’a pas à être dite.




                      Maintenant je vais développer un peu.
                      Et je commence par vos dires

                      Vous reprochez le trop dire de la compétition (et une partie de ses conséquences, mais ce n’était même pas la peine, entre savants que nous sommes sur AVox, de seulement commencer à les dire tant nous les connaissons)

                      Mais vous rendez votre discours surréaliste parce que la compétition existe et depuis la formation du monde. Nous vous voyons donc dénoncer une ultrachose alors que nous ressentons la chose en nous.

                      Le seul problème est dans le fait de dire (ou hyper dire) une chose naturelle.

                      Et Gollum met les pieds dans le plat en rappelant que d’autres peuples non-agissent.
                      Nous nous doutons bien qu’en réalité ils agissent, autant que le bousier et le Himba, mais sans penser à l’agissement.



                      Notre Perversion intellectuelle aurait pu commencer -c’est une suggestion- lorsque nous nous sommes mis à nous demander ce qu’était être. Dès ce moment, nous sommes devenus intellectuels et maintenant intellectualistes

                      Ou, dit d’une autre manière, notre mise en vrille, notre Larsénisation, a commencé lorsque nous avons voulu être conscients de notre conscience. 

                      Autrement dit, je ne félicite pas forcément les philosophes dissécateurs (qui dissèquent la pensée)

                      Constatant que ni Confucius ni Lao Tseu n’ont décomposé (disséqué, analysé l’homme) ; que les Chinois n’ont pas décomposé les concepts et choses à écrire en lettres mais les ont écrits entiers, je me dis qu’il était donc possible d’organiser la vie sans découper tout en morceaux.



                      Avant les philosophes dissécateurs de l’Occident, l’Homme était, marchait, courait, pétait, toussa. Il avait conscience de toussa mais en live dans l’instant. Un lion le poursuivait, il courait le plus vite possible pour s’échapper. Il savait bien qu’il courait mais réfléchissait surtout à quel arbre grimper ou qui appeler au secours. Et s’il survivait, il disait « Oh la la, j’ai couru comme un malade »
                      Et au plus haut des intellectualisations entre eux, nos lointains ancêtres auraient dit « Bin courir c’est marcher le plus vite possible et voilà koaaaa » . Sans plus


                      Mais des réfléchisseurs d’Occident se sont dit qu’on ne devait pas en rester là et qu’il fallait penser à fond ce qu’était courir.
                      Et tu penses bien qu’ils se sont mis à penser ce qu’était penser.

                      Les penseurs dissécateurs d’Occident ont si bien découpé l’Homme (par la viande pour les Ambroise Paré et par la pensée pour les Descartes) que nous ne cessons de nous décomposer.

                      Confucius, Lao Tseu, n’ont jamais décomposé l’Homme mais pire : Ils n’ont même pas donné à penser qu’il soit possible de découper l’homme, ce que nous appelons analyser

                      L’Orient est synthétique, l’Occident est analyste




                      Je vous offre cette mise en perspective, car à mon sens, seules les MEP (comportant donc deux points de vision) sont éclairantes et anti-hypnotiques


                      Parmi les découpeurs, il se pourrait que Sartre en ait été un gros.

                      Je doute qu’il vienne à l’esprit d’un Himba de se considérer comme existance+essence.
                      Je crois, mais peux me tromper, qu’un Himba se définirait comme bestiole debout qui mange ce qui court moins vite que lui et qui aime bien niquer

                      L’homme a toujours été un compétiteur mais sans y penser. Sans aller au point d’organiser des compétitions de plus en plus puriste de la compétition (Jeux olympiques) et ...plus grave encore, il avait toujours fait la guerre sans savoir qu’il la faisait.
                      Autrement dit, il ne compétitait pas pour compétiter, il ne guerroyait pas pour guerroyer, il ne parlait pas pour parler, il ne tuait pas pour tuer, il ne mangeait pas pour manger et ne pensait pas pour penser. 



                      Je vous considère, Bernard, pour quelqu’un d’intelligent-savant
                      Je ne suis pas déçu que pour autant, vous subissiez comme tout Français, le phénomène de la mouche dans la bouteille (Ou du sous-marinier qui aurait passé sa vie dans son engin) 
                      On a beau être intelligent et instruit de toute chose, sans la mise en perspective avec les alfas de l’homme, on ne voit que son propre regard et depuis son propre endroit (ou celui de ses camarades, ce qui fait tourner en ouroboros)

                      Jusqu’à mes 14 ans j’ai vécu avec un peuple nu. J’ai automatiquement deux regards. 
                      Suis-je parvenu à vous donner une petite idée de ce que nous sommes devenus, ici, à force de nous penser ?


                      Un jour j’ai discuté avec des contributeur de Wikipédia sur la problématique suivante :
                      Si Wiki restait l’ultime trace de l’homme sur Terre, est-ce que les Martiens qui en prendraient connaissance comprendront qui ont été les Himbas au travers de ce que l’oeil logos (Raison) de Wiki a vu ?

                      Ou

                      Si les Martiens n’avaient de nous-les-universitaires que nos productions écrites, sans un seul dessin, sans la moindre photo ni vidéo, auraient-ils l’impression que nous avons été des individus entiers ?

                      Comment un Martien peut-il imaginer que Sartre et Nietzsche aient eu un corps en lisant leurs seuls écrits ?



                      Je vous accorde confiance en votre oeuvre web-cénotaphique
                      Je compte sur vous, sur vos capacités, sur votre intelligence pour dire mieux que moi, que nous nous décomposons.
                       
                      Cette décomposition aurait commencé avec les Anciens qui auraient trop séparé physis de nomos en parlant bien trop de ce dernier. Puis ça se serait amplifié avec l’Eglise qui séparait les Bordelais des Indiens, les uns ayant une âme, les autres pas. La décomposition aurait eu une autre étape au XVIIIème où il y aurait eu une autre classification en Intelligents-savants / bête-ignare
                      Une autre étape encore avec l’anthropométrie angle facial, forme du nez, toussa
                      Et depuis Nuremberg, la décompostion-classification continue ; de moins en moins corporelle, de plus en plus intellectuelle.


                      Il reste des Maïté et quelques Mère Denis ou Tour de France ici ou là qui nous sauvent un peu.
                      Mais il y a de plus en plus de shows de causeurs passant à la télé et ne pratiquant que le logos (je parle du logos dur, professoral, où le parleur est absent en tant qu’être fait de viande)
                       

                      [A propos du mot viande que je viens d’utiliser, c’est pour faire contraste donc mise en perspective avec le fait que nous ne savons désigner notre corps physique qu’en manière de docteur. Nous disons j’ai un corps biologique. Ce mot est un mot blouse-blanchiste. Même le mot muscle est en train de perdre son sens viandeux puisque des gens font des robots équipés de « muscles » selon leur terminologie alors qu’il ne sagit que de plastiques. Mon utilisation du mot viande est choquante mais ça devrait vous aider à réaliser que biologique aurait dû nous choquer. Tout s’est passé progressivement et nous n’avons pas senti de choc mais en 150 ans nous sommes passés d’une vision sensible de notre corps à une vision scientifique. Encore 20 ans et on dira « A myocarde vaillant rien d’impossible » . Le pire c’est que ceux qui ne sauront pas ce mot seront considérés comme n’ayant pas de coeur ]

                      Le langage scientifique, suite de scholastique, universitaire, logotiste, hypnotise tout le monde, vous compris qui surenchirissez irrépressiblement

                      Sauf donc quelques rares Coluche ou Depardieu ou Lalane qui ne savent montrer de l’Homme que de l’ethos et du pathos, nous serions déjà entièrement épinglés tels des insectes d’entomologiste.
                      100% de nos pensées seraient déjà sous la censure des docteurs. Une femme ne dirait plus à un homme « Je t’aime » elle dirait déjà la chose en langage de docteur, clinique, elle s’observerait, elle observerait son sentiment au travers de quelque grille psy.

                      Si vous, de votre endroit hyper universitaire, vous ne réalisez pas cette tendance pour dire stop, je ne vois pas qui le ferait

                      La conséquence de cette logossisation (je parle toujours du logos dur de clinicien) c’est que nous classons ou classifions tout selon le seul logos.

                      On avait classifié par le corps vu de loin
                      On a ensuite classifié par le corps vu de près
                      On a ensuite classifié par les croyances
                      On classifie désormais par le logos.
                      C’est celui qui a le logos le plus dur, le plus dénué de pathos-ethos, qui va découper les autres avec quelque dessein utilitariste-compétitiste

                      Déjà, quiconque utilise la terminologie de gentil ou méchant est regardé de haut par 60% des Français jouant les psyquelquechoses. Onpeut encore dire gentil ou méchant mais seulement à la maison. Dehors, ça fait enfantin, puéril, bête, ignare.

                      Ces deux mots parlent pourtant à tous les peuples du monde. Encore que, autant le signaler en ce web-cénotaphe, au Vietnam on ne dit pas il est gentil, on dit il est facile à aimer.
                      Je vous laisse méditer sur la nuance et les conséquences.





                      Autre sujet dont j’ignore s’il fera ou non raccord

                      Vous avez écrit
                       ****** Il fut un temps où la vertu et la magnanimité étaient des repères axiologiques, où un père pouvait lancer à son jeune enfant cette formule, tu seras un homme mon fils ! Maintenant, c’est : tu réussiras mon fils ! ******

                      Il y avait déjà mal en la vision de Kipling.
                      Son poème, conçu exclusivement pour son fils au départ, était extrêmement dirigiste. Et grave de chez grave, Rudyard affirmait que si son fils ne réussissait pas une liste d’épreuves, il ne serait pas un homme.
                      Je vous invite à y réfléchir.


                      Toujours est-il que 4 ans après avoir reçu ce cadeau de son père, la guerre s’annonçant, le fils myope comme une taupe s’est engagé depuis l’Angleterre, a été réformé, son père a bousculé les généraux, son fils a été engagé et dès sa première sortie sur Terre de France, perdant ses lunettes dans la boue, il a été pulvérisé par quelque explosion d’obus.
                      Pendant des années Rudyard a parcouru nos terres dévastées sans jamais parvenir à retrouver une miette de son fils.

                      Du coup, Jack Kipling a deux tombes, mais cénotaphiques.
                      Jack est devenu un homme parce qu’il s’est fait déchiqueter.
                      A ce demander ce qu’il était avant.



                      En fait, oui, je pense qu’il y a raccord entre cette vision de Rudyard et ce que j’ai signalé plus haut. Trop d’importance a été accordée à l’esprit au point de le séparer du corps

                      Explicitons :
                      If, c’est de l’ethos 
                      Du pur ethos
                      Mais dit, énoncé, promulgué, soutenu par un logos, par une manière de parler qui dessine une raison.
                      Elle n’est pas claire cette raison, on ne sait pas bien ce qu’elle est mais on a l’impression qu’il y a une réflexion raisonnée qui permet d’affirmer qu’il faut être super éthique. Disons que ça verserait dans « Il faut que les hommes soient éthiques pour que le monde bla bli bla blo »

                      Que serait dire l’ethos mais sans logos ?
                      Bin ce serait dire « Je suis brave » ou « Tu es courageux »
                      On dit un fait ou un jugement sans plus. On n’indique pas de dévolution ou de finalité.



                      If c’est du pur ethos soutenu par un logos auquel on ne demande pas de comptes. Ce logos n’est pas mis en perspective avec quoi que ce soit. Il n’y a pas le moindre OU ; pas le moindre peut-être.

                      Ce qu’exige ce logos de Rudyard c’est de l’ethos seul, rien que de l’ethos. Ce qui veut dire que le corps doit se démerder pour servir cet ethos, coûte que coûte. 
                      Malade, aveugle, infirme, affamé, peu importe, tu dois compétiter pour obtenir l’hyper ethos. Tu ne seras un homme que si tu crames ton corps pour la quête de ce super ethos (dont je serai fier)

                      Vous voilà militariste et extrémiste cher Bernard



                      Dans ces conditions où un logos (sans aucun doute) soutient une hyper éthique, où le corps ne compte plus, pourquoi ne pas sacrifier (sans aucun doute) des millions de corps pour servir la gloire d’une super éthique ? Pourquoi ne pas exterminer des gens qu’on estime sans éthique ou d’une éthique contraire ?

                      Exterminons au nom de notre éthique et nous aurons bien raison.




                      Je vous signale un autre détail.

                      Gandhi, avocat, tout ethos, avait un fils
                      Gandhi lui a dit « Ton cousin est plus pauvre que nous, je vais lui payer ses études à Londres, toi, tu sauras te démerder ici, en Inde »
                      Par son logos, Gandhi a placé ethos si haut que pathos était méprisable

                      Ce fils de l’illustre, ivre de douleur (pathos) a viré épave, clochard.

                      Le Monde s’en tape complètement du sort de ce fils ; nul n’a un regard pour lui.
                      Le Monde tient son Mahatma, il tient son parangon d’éthique. Le coeur d’une mère, le coeur d’un fils, le Monde s’en fout


                      Le corps a aussi son importance, cher penseur. Il contient un coeur et il est fou de le désunir de la pensée.

                      Vraiment Bernard, je ne suis pas déçu que vous n’ayez pas vu cela. En tant que Français, vous voyez déjà très bien les choses. Mais vous manquez inévitablement de mise en perspective.

                      L’Homme est un ensemble de choses inséparables. On pourrait -a priori- lui demander de forcer un peu sur l’ethos mais il faudrait alors demander de forcer aussi sur pathos. Ce qui donnerait « Soldat, sois très brave et très compassé » . Cet a priori est donc invalide et nous n’aurions jamais dû virer spartiates


                      Ce n’est pas ethos qui est dangereux car il ne peut s’auto-idéaliser. Ce n’est pas non plus pathos. Un type fou de douleur peut tout au plus massacrer 100 personnes. Il ne peut pas convaincre mille autres de massacrer avec lui sur la base de sa seule douleur. Pour réaliser de grands massacres il faut qu’un enragé passe par le logos pour rallier d’autres assassins à quelque ethos.

                      C’est logos qui est dangereux car il censure et fait ce qu’il veut de ethos et pathos.

                      C’est le logos qui peut argumenter, raisonner, décider de ce qui est raison et de ce qui est folie.

                      Actuellement, logos décide déjà où est la folie.
                      Mais rien ne peut dire la folie de logos
                      Sinon le coeur.



                      • alinea Alinea 18 décembre 2012 18:41

                        Un tout petit extrait pour vous easy :

                        "L’homme est un individu, comme tous les êtres animés mais contrairement aux végétaux que l’on ne tue pas si on les divise (on les multiplie en les divisant) ; l’homme donc est indivisible.

                        Aussi ses composantes biologiques- physiques, sexuelles-, sociales et culturelles sont-elles inséparables.

                        Pourquoi alors être arrivé à ce point de dissection ?

                        Comment a-t-on pu s’amputer à ce point ?

                        Comment un indivisible peut-il à ce point se scléroser et occulter de si grands pans de lui-même ?

                        Aujourd’hui, où l’on s’aperçoit que le corps est laissé de côté, obèse, flasque, on attaque le problème par l’extérieur et ce corps devient un autre que l’on doit modeler selon les modes, façonner par toutes sortes de techniques ou appareillages sophistiqués. Notre corps est volé, qu’on propose de rendre plus performant, plus beau, qu’on propose de réparer, bout par bout, mais rien à l’horizon de notre folie pour le réunir à notre esprit, à notre mental, à notre sexe, au monde environnant.

                        Certains sont tout esprit et n’ont aucune conscience d’eux-mêmes. D’autres ont un mental d’acier qui régit tout ; d’autres n’ont qu’un corps qu’ils entraînent : notre société est à cette image mais on vante pourtant le mental d’un sportif, la culture d’une pin-up, la bonne condition physique d’un intellectuel… Mais cela est le privilège de quelques spécimens, le commun, lui, étant fatalement atrophié.

                        Rien ne pourra jamais nous advenir de bon si l’on n’opère pas une réunification. Et celle-ci passe par le retour au sacré ; le sacré qui est même interdit aux enfants que l’on occupe sans cesse et auxquels on ne laisse plus la vacance nécessaire à l’imaginaire, à l’attachement, sources de la création et du sacré. Le temps.

                        Cette réunion déstabilisera puis détruira toute velléité de spécialisation."

                        (Le grain de sel, Ervine d’Ase)



                      • easy easy 18 décembre 2012 21:03

                        Merci Alinea


                        Cet auteur a donc également remarqué notre décomposition, notre transformation en frites.
                         
                        Si c’est un Occidental pur jus, bravo à lui d’avoir réussi à voir la forme de la bouteille depuis notre intérieur. C’est une femme ?



                        Ici, j’ai indiqué par quel biais nous avons fait ça, à mon avis
                        Ce qui nous permet déjà de mettre le logos sous surveillance

                        Mais il reste à trouver pourquoi
                        Pourquoi ce délire des Anciens Grecs-Sémites à penser la pensée ?
                        Pourquoi, en vertu de quelle économie, en sont-ils venus à représenter l’homme avec des lettres séparées ?


                        Pourquoi les Latins sont-ils venus foutre le boxon chez les Celtes qui ne voulaient pas d’alphabet, pour qui une parole écrite est morte ?


                        Pourquoi mère et merde sont-ils si ressemblants ?
                        Pourquoi avons-nous osé papa et caca ?

                        Comment peux-tu faire du sacré avec ça ?

                        Bin tu peux
                        Mais c’est l’utile, le pratique, l’efficace qui est sacré
                        C’est le procédé de l’alphabet qui est sacré, pas la chose qu’on écrit 

                        C’est le joli P, le joli A écrits au tableau qui sont sacrés. C’est le tableau noir qui est sacré, l’écriture, l’écriteur et l’écrit.

                        Le Livre


                        Les livres


                        Lisez
                        Lisez

                        Lisez


                        Taluté
                        Tapalutépa


                        Dans la Région du Livre, l’écrit subsume et domine la parole
                        Une tache d’encre sur un papier a plus de valeur que la voix

                        C’est donc celui qui écrit le plus qui a le plus de la valeur.

                        Et la parole de valeur est alors celle qui ressemble le plus à l’écrit, c’est la récitation, c’est le parler professoral, le parler de la Sorbonne, le parler technocratique, universitaire, littéraire



                        Nous pouvons communiquer même avec un chien rien qu’avec notre corps.
                        Mais nous ne pouvons pas communiquer par écrit avec un Indien qui ignore notre écriture.




                      • alinea Alinea 18 décembre 2012 21:17

                        easy : la communication non-verbale est à mon sens la plus importante ; mais elle n’est pas suffisante, du fait qu’on est homme, les contes, les histoires ont accompagné les hommes depuis longtemps.
                        Hier sur l’article des pervers, ce n’était pas ce commentaire là que je voulais vous faire lire, mais une réponse à Volt ! C’est pas grave.
                        Ervine d’Ase, c’est moi, je l’ai dit dans mon article sur Chany !


                      • volt volt 18 décembre 2012 21:48

                        easy, vous êtes parfaitement lisible, audible, on peut vous suivre à la trace.

                        rien de ce que vous dites n’est à remettre en question, ou presque, sinon des détails de références, du fine tuning, vétilles...

                        bon. très bien.
                        demeure un gros problème : vous lisez, je lis, nous lisons, n’est-ce pas ?
                        sur agoravox bien sûr y’a des tas d’animaux, j’vous raconte pas... vous savez, avec allergies définitves ou passagères toussa, ok.

                        now...
                        en tant qu’animal ici, je peux difficilement communiquer c’est clair, il me reste mon clavier, je peux bien me servir de chansons, de films, photos,etc.
                        reste que l’écrit est là, incontournable.

                        et y’a l’amour, ce qui peut en être dit, et tout ce que les mots ne rendront jamais.
                        y’a des virginités absolues dans tous les domaines, que nul livre n’a jamais pu ne serait-ce qu’approcher, avant, après, tout près, et très loin du langage parlé...
                        des étoiles qui se couchent aux pieds des arbres, ça n’en finit plus !
                        de très vastes discussions parfois ailleurs avec je sais pas des insectes, très riches, précises, blouse blanche déchiquetée d’avance ;
                        ou écrire treize tomes (ou réciter ç)a sur les araignées sauteuses et leur rapport pensé avec la couche d’ozone.
                        mais bon...

                        donc.
                        la vie oui, évidemment.
                        sauf que c’est bien, par-delà notre verbe ce que nous avons tous en partage ?
                        n’est-ce pas la le minimum du Droit ?

                        Or votre argumentaire, s’il a le bon ton de nous y rappeler, semble du même mouvement nous le dénier ce droit du fait que l’on serait accusé de parole ou d’occident...
                        je ne nie pas qu’il est bien des manières d’appréhender la Vie, mais comme vous le dites y’a les vieilles peaux du logos, puis quelques cars de crs parfois nerveux, garés aussi dans le coin.
                        le tout du jeu c’est de faire bien gaffe de pas finir en crs...

                        il suffirait pour cela 
                        de s’accaparer la vie...

                        telle n’est pas l’intention bien sûr, mais cela peut être un effet secondaire à forcer certains positionnements.


                      • Shawford Shawford34 19 décembre 2012 00:45

                        Mise en perspective fort salutaire, de mon point de vue, volt. Il est tellement facile de se perdre « en chemin ».


                      • easy easy 19 décembre 2012 13:29

                        Depuis deux jours, j’ai un tout petit débit Internet. Cela ajouté au petit débit propre à AVox fait que je galère à parvenir jusqu’ici

                        J’ai fait des réponses à celui qui vendait ses livres sur les PNM, à Volt, à Alinéa, à Shawford, et au moment de l’envoi, flotchhh perdu, nada, plus rien.

                         

                         

                        Globalement, sur ce sujet, il n’est pas question de foutre tout le logos aux oubliettes.
                        Il nous faut seulement remarquer le mal en lui.

                        Lorsque Maïté dit « Prenez le poulet, coupez-lui la tête », ce logos simple contient une seule raison (Et c’est vraiment celle que Maïté a en tête) : se faire une bonne bouffe. Il n’y a pas d’arrière pensée, pas d’effet domino.

                        Le logos des contes pour enfant « Alors le prince s’approcha de la jolieeeee princesse... » n’indique aucune raison.
                        Ou alors ce sont des raisons exprimées par les personnages mais elles ressortent surgies directement d’ethos pathos naturels « Moi, la sorcière, je vais tuer Blanche Neige parce que je veux, j’ai besoin, j’ai envie... »

                        Les contes pour enfants seraient du long logos sans la moindre raison proposée par le conteur (pas de professeur), ou sans autre raison que de faire durer un enchantement. C’est le principe de Shéhérazade

                        Il existe donc du logos à raison naturelle, bourrée d’ethos pathos naturel où aucun docteur-savant n’apparaît sinon pour y être ridiculisé par quelque Molière
                        Ce logos là est celui pratiqué par les Indiens d’Amérique, par les Viets d’avant la colonisation, par les Himbas encore de nos jours



                        Il ne peut y avoir une hiérarchisation des natures humaines sans un logos impérial pour en soutenir le principe

                        Le logos dangereux c’est celui qui explicitement ou implicitement instille une raison raisonnée, d’ordre supra individuel, qui n’est ni naturelle ni enchanteresse pour l’auditeur

                        « Tu dois aller à l’école parce que...éboueur. Il faut que tu te laves les mains parce que... » 
                        Ici, le parent ne rigole pas. Il ne dit pas trois minutes après : « Mais non voyons, je rigolais »

                        Ce logos qui ne rigole pas est évidemment le même que « Il faut les jeter à la mer parce que ... »

                        Et le logos scientifique sert très bien ce logos impérial.


                         

                        Logos de l’Eglise : Il faut que parce que ..l’enfer... le paradis

                        Logos scientifique-économique, etc : Il faut que parce que ....cancer, épidémie, faillite

                        Logos politique : Il faut que parce que...les barbares...notre Honneur,notre Patrie 


                        Etant bien entendu que jamais un rhéteur de ces trois catégories ne dit, trois minutes après, « Mais non, je plaisantais.. ». Même des années après il campe sur ses incantations

                        Et puisqu’aucun de ces impériaux ne se désavoue, ce sont les autres qui le désavouent.
                        Au lieu de dire : Stop à ce logos impérial, chacun rivalise d’impératifs. Chacun fait son sérieux.
                        On se retrouve donc avec une Cour bourrée de rhéteurs ou de Cassandre, qui rivalisent de raisons impérieuses, toutes à obéir sous peine de mort.


                        Si seulement ils rivalisaient entre eux, dans quelque temple fermé.
                        Le peuple continuerait de vivre autour d’un logos en Maïté + Grimm, en Rabelais

                        Hélas, nos Sorbonnards ferraillent maintenant jusque dans nos chambres
                        T’es en train de faire des câlins que t’entends quelque BHL dire qu’il faut qu’on sinon...
                        Nous n’arrivons plus à faire des choses sans nous regarder les faire.
                        Notre oeil n’est plus en nous, il est hors nous et c’est un œil qui ne rigole pas du tout. C’est le Nomos surgit du Logos.



                         

                        AVox ne permet de ne communiquer que par le logos.

                        Mais au lieu de pratiquer le logos en sa forme la plus Moi j’aime, Moi je suis (où l’auteur est donc présent, impliqué, engagé en sa chair), il s’y pratique trop la forme universitaire en Il est, il faut (où l’auteur diffuse sa théorie mais où son seul raisonnement est engagé, où son physis est absent. On ne sait pas s’il mange, s’il pète, on ne sait rien de son corps)

                        Autrefois, il aurait été courageux d’exposer ses idées, le corps pouvait finir découpé.
                        Mais de nos jours, personne ne risque rien à dire n’importe quelle théorie. Les gens peuvent donc poser des théories très stigmatisantes envers certains d’entre nous, sans rien risquer.
                         
                        Surtout s’ils ont l’intelligence d’indiquer comment on reconnaît une sorcière, un hérétique, un PNM, un capitaliste, mais en laissant aux lecteurs le soin et la responsabilité, de les détecter, de les traîner au bûcher eux-mêmes.

                        Un promoteur de lynchage ; s’il est malin, s’arrange toujours pour ne pas apparaître accusateur en chef. Il ne pointe personne de particulier. Il se contente d’expliquer comment on reconnaît le diable. Et ce sont les gens qui, en reconnaissant ici ou là, les lui livrent la corde déjà au cou. Le promoteur n’a plus qu’à caresser ses chiens bien dressés et à se régaler de l’hallali. Les chiens de la meute sont contents d’avoir servi le Nomos.

                        Des méthodes pour reconnaître le diable en l’autre, c’est depuis Charlemagne qu’il s’en diffuse par ici. Et c’est le logos dur qui permet cela.

                         

                         


                        [ Le fantôme, par exemple asiatique en Oncle Boonmee, ou écossais, est sans aucune raison, sinon clairement spéculative « C’est peut-être parce qu’il est... ». Et ici, il n’y a aucune conséquence de ces spéculations pour un quelconque vivant.

                        Alors que le PNM ou la sorcière ou l’hérétique sont des théories de fantômes exposées avec une raison et leurs théoriciens affirment la raison de ces fantômes à leur place.
                        Et c’est très lourd de conséquences pour des vivants puisque ces fantômes là ont des incarnations

                        Dans la fantômatique asiatique, on fait parler des morts et on ne se retrouve pas à pourfendre quelque vivant
                        Dans la fantômatique française, on fait parler des vivants et on se retrouve avec des personnes vivantes à incendier ]

                         


                      • Shawford Shawford34 19 décembre 2012 15:31

                        Sympa ta théorie du Nonos, easy, les chiens effectivement en raffole(ro)nt. smiley

                        Trêve de plaisanterie, une fois de plus je te fais juste un petit vu sans plus de commentaire... et avec l’espoir que cela nous, que cela à tout le moins me mène quelque part (parce que je t’avouerai avoir un peu l’impression de seulement discuter là du sexe des anges à défaut de pouvoir y répliquer quoi que ce soit, ou de pouvoir « en tirer profit » d’une quelconque façon). smiley

                        PS : je te tutoie une bonne fois pour toutes


                      • easy easy 19 décembre 2012 17:05

                        Merci l’ami

                        Tu as AVox sans aucun souci de débit ?


                      • easy easy 19 décembre 2012 17:08

                        Olekon, je comprends seulement le Nonos !
                        Chuis lourd, j’te jure !


                      • Shawford Shawford34 19 décembre 2012 17:37

                        Non a priori pas de soucis de débit, pareil que d’habitude.


                      • volt volt 23 décembre 2012 02:34

                        easy, un dernier point, important.


                        Bien sûr, si l’on peut admirer votre prose ailleurs, en souhaitant parfois moins de paragraphages, histoire de pas fatiguer le rouleur-souris, et si l’on peut vous suivre en relevant toute cette clarté, d’autres fois hélas, la confusion peut vous saisir sans que vous y preniez nullement garde, et la chute est alors de taille… genre 800 mètres sur pics rocheux, très dur.

                        Votre confusion d’office, obstinée, entre psychanalyse et psychiatrie dix-neuviémiste est ignorance profonde. Vous tenez cela pour point de départ de votre réflexion, et c’est désolant.

                        Mais ce n’est pas le propos, et ça l’est… Je vais essayer de vous montrer en quoi l’activité diagnostique qui vous révulse tant est une grande source de libération.

                         

                        Voyons d’abord, , l’immense différence entre vous et moi :

                        - Vous relatez un problème technique sur Agoravox, une connexion qui foire, un branchement qui marche pas, ça dure… Vous interrogez l’ami 34, encore tout nonyme de lui-même à cette époque, et il vous tire la langue que pour lui ça va plus que fort ! Vous vous résignez, vous vous dites bad day after all, vous patientez, et enfin au bout de quelques heures, ça revient ! vous oubliez, d’ici la prochaine…

                        - Pour ma part, ici la différence : Ce même problème survient sur mon ordi, j’essaie deux ou trois fois, max 5mn, grand max… Je recule du clavier ; je le tiens pour Signe (notez que déjà je suis fou, mais la psychanalyse qui ne saurait friser cette frontière ne serait encore que dilettantisme) ; très vite ce Signe est devenu un Message, ce Message je le situe alors comme Discours, il a un Énonciateur cet énoncé - et même si cet Énonciateur n’est pas situable comme Personne, cela importe peu, car cela est déjà devenu un Répondant à… moi et mon discours.

                        Parfait - le problème maintenant est donc dans ma tête, je recule encore ; je respire, et je commence à interroger « mon discours », mes attentes, mon attitude, etc. - la totale - de manière très rationnelle et posée, mais notez que je suis encore plus fou puisque je travaille à réparer ordi et connexions dans ma tête…

                        Dans cette introspection, comme j’ai quelques années d’expérience avec quelques tondus, depuis que le tondu en cours c’est moi, je vais vers : le plus gênant, le plus indicible, les noyaux… J’affronte, guerre, grands combats ; je prononce, je dénoue, je respire bien…

                        Alors seulement, je reviens vers mon clavier, il n’y a plus de problème la connexion fonctionne.

                         

                        Abracadabra ?

                        Non, sauf à considérer que dabra ici désignerait justement la Parole.

                        Le principe ?

                        Celui du Sur-Vivant sans doute, car je ne conçois pas que quelque chose soit plus puissant que le Vivant  : Un ordi n’est qu’une extension, un appendice ; mon cerveau et le sang circulant dans la région de mon cœur (empédocle) auraient réparé une connexion électronique hors de mon corps ?

                        Aucun doute.

                         

                        Vous suggérez la camisole ?

                        Non : Nous sommes tous dans cette capacité, tous – car il suffit de tenir ferme l’hypothèse de l’inconscient et de s’exercer à devenir, comme disait Socrate, un plongeur de Délos.

                        Trop souvent j’ai vu des ordis savoir me précéder, entendre ma pensée quelques millisecondes avant que j’aie appuyé sur « enter », ce simple fait m’a éveillé à la vérification, avant la certitude que, comme pour une caisse, un ordi fonctionne comme extension corporelle - on ne raie jamais un pare-choc par hasard… Toujours : signes, discours, énoncés, répondant, responsable, décideur ; telle serait la chaîne qui dé-chaîne.

                         

                        Certes vous me direz que je délire, j’admets… Même si j’ai cent fois vérifié l’efficience de cette « folie » si ordinaire que je vous conte, et bien sûr, je reconnais que cela… n’a pas réparé votre connexion.

                        Mais attendez… 

                        Nous parlions diagnostic oui ou non ?

                        Pourquoi alors seulement raisonner « en avant » ?

                        Regardons un peu en arrière…

                         

                        Que se passe-t-il sur ce fil ?

                        C’est un jour, vous le reconnaîtrez, où vous n’êtes pas comme les autres jours : 

                        Humeurs visibles, lisibles... vous pestez contre Bernard qui a bien de la patience pour vous (le lendemain vous êtes tout sucre, donc oui… jour d’exception), vous adoptez en conséquence sur ce fil des positions très extrêmes ; je lis, et je décide de vous dire en gros : 

                        Oui easy, mais c’est très extrême, vous allez trop loin, constatez combien votre position se retrouve en marge, éloignée du groupe, isolée…

                        Je ne sais si vous l’entendez.

                        Ce que je sais par contre, c’est que :

                        Il ne serait pas saugrenu que votre quasi-déconnexion qui s’ensuit ne soit à lire dans le strict fil de votre discours.

                        CQFD ; cf. la chaîne qui dé-chaîne :

                        Signe-Message-Discours-Énonciateur-Répondant-Responsable…

                        Il me semble que cela mérite le temps de la méditation, avant ne m’évacuer comme fou, quand la machine vous a  traduit de si près.


                      • Shawford Agoranymous42 23 décembre 2012 08:45

                        Euh, volt, non, je n’ai pas tiré la langue à l’époque en cause... espèce de soucoupiste ( smiley smiley )

                        Bon j’espère bienvenue au Club des anonymes par contre après ce « coming out » remarquable mais très clivant.


                        Voilà, cela aura été pour ma part mon dernier post sous AV sous forme « reconnaissable individuellement », je ne vois pas ce que je viendrai encore y faire après ce que j’ai énoncé et proposé hier (ce n’était pas un délire vain mais tout ce qu’il y a de plus réfléchi et à tout le moins déterminé, tiens-je à préciser si besoin était).

                        A très vite ou adieu, je suis désormais en attente d’allié(e)s, ouvrant un nouveau compte en partant de zéro et avec Agoranymous(n°quelquechose)

                        Bye bye


                      • Shawford Shawford34 23 décembre 2012 09:41

                        Deux dernières précisions :


                        - pour être précis et « syntaxiquement » correct en fait : ce sera Agoranonymous(...)

                        - je garderai bien sûr mon compte Shawford34 et ne me générai pas d’intervenir si besoin ou nécessité est sous Shawford34 ( pareil pour vous donc bien sûr, comment pourrait il en être autrement, mais j’ai la conviction que non seulement cela ne me (et donc ne vous) sera très vite d’aucune utilité ni confort). 

                        Et si on ne se revoit pas d’ici là, je vous souhaite une bonne soirée et une excellente nuit : smiley smiley smiley

                      • volt volt 23 décembre 2012 16:09

                        merci Shawford, on se recroisera.


                        le coming out ne me semble pas possible, 
                        une phalange par-ci par là, dans l’ombre, oui.
                        sur votre démarche, elle me semble réactive, et pas réfléchie jusqu’au bout.
                        supposons cette armée de fantômes, 
                        et gageons bien réaliste que l’investissement du pseudo 
                        relève déjà du caca rente, 
                        certains se glorifiant même si peu anarchiquement des commentaires des autres, 
                        très bien, ça mène où ?

                        entre le dîner de cons et le gueuleton des ombres, y’a pas photo... 
                        et il en va de la lumière la plus intérieure.
                        une plume, un sabre, 
                        tout le reste est lâhetés, enfantillâges boutonnés,
                        et la coupure porterait d’abord sur soi... 
                        donc votre croix n’est pas la mienne, 
                        mais je doute même qu’elle soit vôtre, 
                        et songe bien 
                        que vous croyez voir une solution dans un autre étagement du problème. 
                        débat ouvert.

                        donc c’est bien la place du Commandeur, 
                        la statue vibrante, joli coup, mais la suite ?
                        on dira nulle réponse possible ici, comme ça, 
                        parfait.

                        vous êtes-vous penché sur les détails éditoriaux du local ?
                        vous avez bien vu ?
                        moi, une fois que j’ai vu, j’ai compris.
                        que reste-t-il ? 
                        ben justement des étoiles.
                        il est bel et bon qu’elles soient nommées,
                        sinon c’est l’amas globulaire.

                        en somme je suis tout à fait d’accord sur le principe même de votre contestation,
                        son soulèvement cependant ne me semble pas encore à la hauteur.

                        pour le reste, je serai disons plus clignotant, 
                        les vents se lèvent dans quelques heures, 
                        et c’est donc enfin l’heure d’Ecrire, l’encrier n’attend pas. 
                        mais en courant alternatif, je prendrai ma part du sapin.

                      • volt volt 23 décembre 2012 18:09

                        en plus clair Shawford,

                        how would you be out if u’re still in ?...
                        donc best off serait plus décent, disons, que best of.
                        en négatif, vous verrez alors apparaître la photo de l’Absent.
                        chacun dans son agorabox - et motus, gribouille.
                        tout un art du Silence.

                        par ailleurs - problème de filiation :
                        cette histoire de « légion » chez les anonne-y-mousse,
                        putain ce que c’est judéo-chrétien !
                        avec cette moraline qui dégouline à deux balles :
                        nous savons et vous ne savez pas, nous agirons...
                        ça en dit long sur leur culture des libertés,
                        sur les générations à venir,
                        et sur l’obscurcissement irez-mais-diable.

                        toute une gynécologie de la morale en perspective,
                        pour sous-baisés en mal de flicages.
                        that’s my opinion, and I share it :
                        un moi ne s’abandonne pas par le bas, il se surpasse par le haut.
                        là par contre, résurrection.

                      • easy easy 23 décembre 2012 19:00

                        Volt

                        Des amis se tirent les oreilles
                        (mais cela ne doit pas se dire)

                        Quand j’écris, les idéations sortent de moi en plics et en plocs. Avec des silences entre eux. Cette prosodie fait des blancs sur la page.


                        **** Votre confusion d’office, obstinée, entre psychanalyse et psychiatrie dix-neuviémiste est ignorance profonde. Vous tenez cela pour point de départ de votre réflexion, et c’est désolant. ****

                        Je crains poser déjà trop d’idéations différentes dans mes livraisons. Je me retiens pour ne pas en ouvrir toutes les arborescences possibles. Mes lecteurs voient donc passer des idéations qui leur sont parfois aposématiques (dans les deux sens) et pestent alors logiquement de voir leur mème fétiche juxtaposé à d’autres, comme banalisé sur une brochette de 20 mèmes.

                        Ce phénomène de brochette de mèmes n’existe pas quand on écrit au sujet d’un même et unique mème. 
                        En principe, quand on écrit un papier, on doit, comme le font ceux qui en écrivent ici, ne traiter que d’un seul mème. Qui attire alors les pour et les contre selon ce qu’on en dit. 

                        Je préfère passer d’une lune à une autre pour seulement les commenter. En réalité, je ne les commente pas vraiment. Je ne suis pas intéressé à piétiner ou acclamer une lune. Aucune ne me dérange, chacune m’interpelle et exerce ma réflexion. Je fouille dans mes tiroirs tout ce qui aurait rapport avec le sujet, je vois ce qui les relie et je pose ma brochette de mèmes induits.

                        (Tiens, soudain, vos Himbas me donnent à penser qu’il faudrait que je trouve une lune ad hoc pour poser une brochette constituée des différents regards qui existent sur la nudité)

                        Il est donc possible que votre réflexion ***psychanalyse et psychiatrie dix-neuviémiste est ignorance profonde *** résulte d’un effet aposématique sur vous de quelque mème que j’aurais enfilé sur une de mes brochettes.

                        Quoi qu’il en soit, vous n’avez pas explicité votre réprobation. Je ne pige pas ce qui vous conduit à me tirer l’oreille (ça m’arrive souvent de ne pas piger les aposématiques des autres. Il n’y a pas longtemps Shawford mavait surpris de la sorte avec le 11/09)

                        J’attends donc que vous soyez plus précis dans vos reproches pour vous réponde 



                        Sur mes problèmes de débit Internet, vous posez une idée que je prends avec la plus grande considération.
                        Je vous ai raconté avoir fortement vécu une auto-hypnose dans mon enfance quand je m’étais pris pour un fantôme. Je suis vulnérable à l’auto-suggestion. 
                        J’ai toutefois conduit plusieurs entreprises artisanales allant de la bouffe au laboratoire en passant par l’ergonomie et la décoration sans jamais avoir déçu quiconque. Finalement, je n’ai été fou que sur le sujet des câlins.

                        Sur cette perte de débit Internet, je connais mon contexte local. Mes voisins et moi souffront d’un bout de ligne. Après que Shawford m’a assuré que c’était RAS du côté d’AVox, je suis allé voir ce qui se passait sur un chantier proche et le chef m’a confirmé être en train de télécharger des CCTP. Dès qu’il eut terminé, j’ai recouvré mon faible mais suffisant débit habituel. Pas d’auto-suggestion ou de mise en vrille cette fois-ci. 

                        J’ai pris bonne note de votre rapport d’expérience personnelle et je l’aurais désormais en premier tiroir. 

                        Sur le mème du délire, au début du Net, cherchant dans le allstream où je me trouvais, j’ai sondé les schizophrènes.

                        D’abord de loin, puis je les ai carrément fréquentés.
                        J’ai fait partie des rares personnes non directement concernées par la schizophrénie à se promener avec des personnes se considérant ou étiquetées schizo (avec toutes les variantes). 
                        Ça secoue fort branches et racines quand on n’est pas en blouse blanche, quand on n’est qu’un quidam sans la moindre dévolution à une distanciation, quand on est un simple type qui cherche au contraire à visiter l’intérieur de la chose et à s’en imprégner au maximum. (Je n’y ai rien compris à la schizophrénie, elle ne m’a été que très surprenante)

                        J’ai vécu d’énormes surprises sur tant de plans que je trouve normal qu’on me dise parfois loin du mainstream. Là encore votre alerte fait partie des salutaires et je vais tout de même vérifier mes disjoncteurs. 

                        Quant à mon attitude envers Bernard, je considère d’abord qu’il en a sous le pied, ensuite qu’il n’est pas forcé de s’exposer. Enfin je surveille mes tentations karpmaniennes en essayant de rester le plus possible anarchiste. Je m’efforce au Moi-Toi en freinant sur le Moi-Toi-Lui

                        Sur ce site, je ne vois aucun auteur qui soit spécialement fragile. Tous me semblent rechercher quelque sorte de castagne pour se sonder et tous sont dépités s’ils ne ressentent rien.


                      • volt volt 23 décembre 2012 20:59

                        merci pour cette belle chute easy, quant à votre oreille, où la trouver ailleurs...

                        je n’aurais pas le temps ni la place de vous en conter sur l’histoire de la psychanalyse, et à quel point kraeplin ou krafft-ebing ou même havelock ellis sont dépassés, et leurs blouses pas si blanches avec...
                        bien heureux de votre premier tiroir.
                        malentendu sans doute sur bernard, comme nous, c’en est un spécialiste.
                        désolé sain sert en cas de froissage.
                        pour toute consolation, c’est ringue mais c’est l’époque, 
                        melody gardot chante des choses sur easy, c’est sûr you tube.

                      • easy easy 23 décembre 2012 22:06

                        Ohhh la la
                        Merci Volt !

                        Quelle émotion !

                        M’enfin, me voilà avec la caisse à outils à l’envers et dans le noir
                        Tous les plombs ont sauté,


                      • volt volt 23 décembre 2012 22:21

                        purée j’ai dû forcer la dose !

                        me suis encore emmêlé les télépattes...
                        minute je vous rétablis ça.
                         smiley

                      • Shawford Shawford34 24 décembre 2012 00:03

                        Bon, trois tentatives pour publier un post ici ratées depuis le début de la soirée, je dois avoir ma bécane contre moi, ou alors c’est les ondes de volt qui sont venues jusqu’à chez moi !!! smiley


                        De toute façon rien ne presse, vous me paraissez tellement bien partis pour vous surpasser par le « haut » smiley smiley  smiley

                        A très bientôt


                      • Mugiwara 18 décembre 2012 19:58
                        L’ultime secret de Sarkozy : si t’es pas compétiteur, t’es pas un homme ! 

                        tellement vrai ! 

                        • herbe herbe 18 décembre 2012 20:06

                          Bonne réflexion, merci.


                          Je conseille sur un thème connexe cette émission de Place de la toile :

                          Une petite intro rapide de mon cru pour vous mettre l’eau à la bouche :
                          « émission place de la toile intéressante avec aussi une critique de la société française et de son système éducatif à coté de la plaque avec son corollaire des élites, avec une organisation pyramidale alors, générée par la rareté et donc processus sélectif alors que les fondements mêmes de la culture numérique sont l’horizontal et la co-création... »

                          • Pyrathome Pyrathome 18 décembre 2012 22:24

                            Euh, c’est quoi un compétiteur ??
                            ça ?
                            http://www.youtube.com/watch?v=ZJRwtVFm8h4
                            .


                            • FRANCE T ES FOUTUE tes jeunes ne sont plus dans la rue °

                               - tes très riches ne veulent plus payer d’imports car ils ont été trop gatés en 19 ans de chirac fainéant et de hyperactif superexcité sarko....et incompétent ( bouclier et niches fiscales ...et donnant donnant de l ump )

                              ° TES JEUNES INGENIEURS TU LES PAYES MOINS QU UN EMPLOYE DU SENAT OU UN GUICHETIER DE BANQUES.ILS PARTENT
                              TU NE SAIS PAS LES PAYER ET LES LOGER CORRECTEMENT...TES AVOCATS D AFFAIRES SONT GERANTS DE SCI ET FONT PAYER A DES INFIRMIERES ET INSTIT OU FONCTIONNAIRES JUSQU 1500 EUROS DE LOYER...PARFOIS DANS DES IMMEUBLES INSALUBRES...LEUR PAYE 1600 EUROS...........

                              LE RECORD DE PARIS QUE FONT DUFLOT ET DELANOE POUR CONTROLER....RIEN

                              EXEMPLE VECU....POUR UN 2 PIECES DE PARTICULIER A PARTICULIER DANS LE 20 ème a prix correct 750 euros............400 candidats...UN RECORD MONDIAL

                              TES MINISTRES TOUAINE...LE BRANCU...BELKACEM ...LE DRANT GARDENT UN SIEGE LOCAL AU CONSEIL GENERAL OU REGIONAL (de 1800 a 2750 eurosi) VOIR ARTICLE DE L OBS

                              AVEC LEURS PAYES DE MINISTRES.10000 EUROS.

                              TES DEPUTES ET SENATEURS SONT LES LOBBYISTES DES GRANDS GROUPES ET LABOS ...NE SONT PLUS NOS REPRESENTANTS.....


                              • RECTIf  : TOURAINE ET LE DRIANT ...le BRANCHU(pour la suite lire l obs de cette semaine...)

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