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Accueil du site > Actualités > Société > La banlieue et nous …

La banlieue et nous …

Sensibiliser les habitants des quartiers à la vie politique et sociale de leur cité n’est pas pour plaire à tout le monde ; aux politiques d’abord, qui tirent avantage du désintérêt de la chose publique de cette population, et ensuite à certains membres de cette population, qui vit de petites combines et profite de la faiblesse des autres. Ces gens la n’ont pas du tout envie de remettre en cause ni la société, ni son fonctionnement.

La délinquance organisée s’accommode très bien du système tel qu’il est ; en effet l’accumulation rapide de profits et l’étalage « bling-bling » de biens de consommation de luxe correspondent tout à fait à une société dominée par une idéologie de droite et d’extrême droite. Leur code de fonctionnement basé sur l’autorité d’un chef tout puissant, doté d’un pouvoir punitif extrême à l’encontre de ceux qui enfreignent « les règles », est dans la droite ligne des régimes fascistes et totalitaires les plus dures. C’est l’incarnation parfaite de notre système !

Comme toute bonne entreprise capitaliste de haut vol, ces gens là ne créent rien, n’inventent rien, mais exploitent les plus faibles et rackettent ceux qui ont un peu plus. Ces caïds des banlieues ne veulent pas de services publics dans leurs zones d’influence, la seule autorité qu’ils tolèrent, c’est la leur. Ils dénigrent facilement l’école en prétendant que les études ne servent à rien et traitent les bons élèves de bouffons. Ils ont compris, comme l’on comprit nos gouvernants, qu’il ne faut pas que les exploités réfléchissent trop. A cinquante ans, ils veulent leur Rolex !

Les personnes extérieures aux quartiers mettent tous leurs habitants dans le même sac, alors que si une grande partie de ces populations a les mêmes aspirations qu’un citoyen lambda, ils partagent aussi la même dépolitisation et la même résignation. Et les caïds eux, n’ont pas du tout envie qu’ils s’y intéressent et aient l’idée de remettre le système en cause. Ces délinquants sont à mille lieux d’une pseudo révolution qui remettrait en cause les fondements de leur société.

Ces caïds ne sont pas nombreux dans les cités, mais ils gouvernent par la peur ; comme dans notre société, chez les uns c’est la peur et les sanctions physiques immédiates, chez les autres c’est l’hypothétique agression, la peur du chômage, de la précarité, ou la peur des …banlieues. Et comme nos élites n’ont pas envie que le système change, il en est de même dans les banlieues, car les caïds n’en ont rien à faire d’un environnement social où le chômage aurait disparu, où les femmes auraient une vraie égalité, où le cannabis serait en vente libre, où la justice sociale et la justice tout court serait la règle.

Pourquoi ceux qui subissent ne se révoltent-ils pas ? Pourquoi les habitants des quartiers laissent-ils une bande de malfaisant faire la loi chez eux ? Pourquoi les français se laissent-ils exploiter par une minorité de privilégiés ? Et bien c’est très simple, les gens qui nous exploitent sont une minorité mais ils sont unis, solidaires et ils ne se trompent jamais d’adversaire. Ils savent où sont leurs intérêts, et ne baissent jamais leur garde, ils mettent sans cesse la pression sur « les masses » pour les empêcher de réfléchir à une solution. Ils savent diviser les forces adverses en distillant des faveurs et des bonnes grâce à certains, en promettant à d’autres des petits avantages et en convaincant le plus grand nombre qu’il n’y a pas d’autre alternative. Ils mettent en scène la misère de notre environnement et de notre vie précaire pour nous persuader qu’il n’y a pas d’autres solutions que celle qu’ils nous proposent.

Publié sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/02/14/la-banlieue-et-nous/


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6 réactions à cet article    


  • SNOOP 18 février 2012 12:47

    oui, le système est bien huilé pour que les Français ne puissent s’exprimer librement.
    Jusqu’aux votes antidémocratiques des maires pour les candidats...et de la non proportionnelle aux législatives.


    • Mor Aucon Mor Aucon 18 février 2012 14:09

      Le titre m’a attiré, la banlieue et nous, je pensais lire une analyse sur ce que représente la banlieue, au long de sa courte et agitée histoire, pour l’ensemble de la France mais non, une fois de plus on renvoie la balle dans le camp bétonné des banlieusards en leur demandant de faire un effort de sociabilité.

      Monsieur l’auteur, auriez-vous oublié que dès leur planification, les banlieues ont été conçues comme un dépotoir humain ? Jetez-y n’importe quel groupe humain, n’importe quand depuis les années 60, et vous verrez fleurir toutes sortes de comportements autodestructeurs et de rationalisations de ceux-ci sous forme d’idéologies fortement opposées au reste des valeurs en usage dans la société. Nihilisme, libertarianisme, radicalisme religieux de tout bord ( les pentecôtistes ont envahi les banlieues bien avant les islamistes, par exemple ) et bien entendu la délinquance organisée, de surcroît souvent politisée. Soit dit en passant que chercher à dresser les bons habitants des banlieues face aux caïds maffieux qui les dirigeraient, ressemble beaucoup trop à ce que fait la police militaire brésilienne dans les favelas : diviser pour mieux régner. Les bons habitants n’ont pas à faire la police d’un État qui les a abandonné à leur sort depuis belle lurette. Ils sont, ainsi que leurs tortionnaires délinquants dont ils sont à la fois les bourreaux, les victimes de cette situation que le reste de la France observe sans rien faire depuis 50 ans.

      Je trouve franchement indécent de réclamer un effort de citoyenneté aux habitants de quartiers conçus pour les en éloigner. Quand aura-t-on le courage de faire face aux erreurs commises dans l’effort d’absorption du boom démographique et de les corriger, tant que faire se peut, avant de demander aux gens de faire un effort qui correspond à l’État ?


      • Mor Aucon Mor Aucon 18 février 2012 15:48

        Bon Lg, j’ai du mal avec vous depuis que vous avez osé vous auto-propulser porte-parole d’Anonymous tout en déversant la propagande éculée de l’extrême-droite la plus rance.

        Vous insistez avec votre immonde connerie en réclamant une éducation à la dure, mais vous êtes tellement dans un nuage que vous ne vous rendez pas compte que :

        - s’il y a des français élevés à la torgnole, ils sont dans les banlieues.
        - les banlieues ne furent pas construites comme des Soweto sinon tout le contraire, elles ont résorbé les bidonvilles et les taudis des faubourgs en logeant tout le monde dans les cages à lapin toutes neuves de chez Le Corbusier.
        -pour comprendre le lien entre la misère morale, l’absence de futur et le nihilisme relire Céline, le génial écrivain des faubourgs. Comparer, aussi, son parcours avec le parcours que suivirent beaucoup d’entre ceux qui ont pris la parole dans les banlieues. Le désespoir, ça mène très loin.


      • Mor Aucon Mor Aucon 19 février 2012 00:19

        Eh voilà le travail...


      • Mor Aucon Mor Aucon 19 février 2012 13:19

        Ô Nonymous, notre sauveur à tous ! Retournez vous cacher derrière votre impassible masque blanc. Vous n’en serez que plus photogénique et ça fera des vacances aux écoliers des banlieues.


      • SNOOP 18 février 2012 17:27

        un petit immeuble a été construit pas très loin de mon domicile. 
        4 étages, P3 maxi, balcons, parking, sécurisé et un jardin.
        tout allait bien. Des retraités, de jeunes couples...et puis quelques logements sociaux...
        j’ai discuté avec un retraité qui déménage sous peu...devant mon étonnement il m’a fait visiter le lieu de plus près...en quelques mois...ce petit immeuble sympathique est devenu un zone.
        lieu de RDV pour les racailles, voitures saccagées et volées, insultes, agressions, dégrations des escaliers, du jardin, tags...« on s’en fout, apparts sociaux » qu’ils disaient au petit vieux.
        le social a des limites. 
         

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Robert GIL

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