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Accueil du site > Actualités > Société > La Burqa et les réactionnaires

La Burqa et les réactionnaires

Quelqu’un a dû jeter une malédiction de trop. Nous vivons une époque intéressante. Nos ressources s’épuisent, le gaz carbonique s’accumule dans l’atmosphère et le monde industriel se débat dans ce qui sera sans doute la dernière crise de son existence. Pendant ce temps-là un quarteron de députés qu’on espère bientôt à la retraite nous pondent un antépénultième débat sur la burqa.

La pratique consistant à enfermer une femme – ou un homme, d’ailleurs – sous une bâche et à ne le laisser accéder au monde extérieur que par le biais d’un carré de tissu grillagé est évidemment aussi barbare que stupide. Tous les progressistes dignes de ce nom doivent s’efforcer de la faire disparaître. Ce n’est pas le problème, cependant, en fait cela ne l’a jamais été. La seule question qui mérite de se poser dans une assemblée c’est de savoir s’il faut l’interdire.

Une telle interdiction n’aurait, bien sûr aucune chance d’être appliquée. Le Conseil Constitutionnel la censurerait immédiatement et s’il ne le faisait pas, la Court Européenne des Droits de l’Homme s’en chargerait. Tout ce que nous en retirerions ce serait l’indignation de tous les démocrates de la planète, ainsi, sans doute, que quelques vociférations villieristo-souverainistes à la Riposte Laïque.

Là encore, cependant, ce n’est pas le problème.

Il y a dans le chœur de ceux qui réclament l’interdiction de la burqa beaucoup de xénophobie crasse et de conservatisme qui ne l’est pas moins. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder les contorsions intellectuelles auxquels nombre d’entre eux se livrent pour justifier la non-interdiction des cornettes – qui procèdent pourtant de la même logique que la burqa. Ce qui les gêne ce n’est pas l’offense faite aux femmes, c’est la présence visible de l’Islam dans la société française. Cela relève d’une vision profondément perverse de l’identité qui consiste, littéralement, à la graver dans le marbre et à interdire aux sociétés d’évoluer – exactement ce que font, ou plutôt prétendent faire les islamistes. L’identité d’un peuple, c’est d’abord l’affirmation d’une continuité, affirmation qui peut fort bien s’accommoder de changements culturels profonds. Si la Bretagne se convertissait à l’Islam, elle serait certainement différemment bretonne, mais pas moins. Vouloir interdire à un peuple d’adopter telle ou telle religion, ou telle ou telle pratique sous prétexte qu’elle vient d’ailleurs, c’est le figer dans un moment de son histoire et lui dénier toute maîtrise de son destin culturel.

Il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant à ce que intellectuels comme, par exemple Françoise Morvan, se fassent les hérauts de ce genre de discours. Leur vision de la société est fondamentalement conservatrice, même si ce n’est pas le même conservatisme que celui qui anime Sarkozy.

On passera avec indulgence – enfin pas trop, quand même – sur les arguments de ceux qui nous disent que la burqa n’est pas musulmane. C’est certainement vrai puisqu’on ne la porte pas en Albanie. Ce n’est cependant pas aux non-musulmans de décider ce qu’est l’Islam, pas plus que ce n’est aux libéraux de définir ce qu’est le communisme. Nous ne sommes pas obligés de suivre une femme voilée dans son raisonnement mais nous ne pouvons pas nier sa sincérité ni sa conviction que la religion qu’elle suit est effectivement l’Islam, pas plus que nous ne pouvons nier que le mélange bizarre de populisme vigneron et de trotskisme que professe le Parti Ouvrier indépendant soit, à ses yeux, du socialisme.

On peut certainement dire que la burqa est le symbole d’une idéologie détestable et qu’elle doit, en conséquence, être interdite. Le fondamentalisme est indéniablement exécrable, même si ceux qui s’acharnent sur sa version islamique en oubliant ses variantes catholiques ou évangéliques combattent en général tout autre chose. Ceci étant dit, suffit-il qu’une idéologie nous paraissent exécrable pour que nous interdisions ses manifestations ? C’est loin d’être évident. Nous interdisons la propagande fasciste parce qu’elle, par nature, est une apologie de crime contre l’humanité. Il est possible qu’on interdise un jour la propagande productiviste pour des raisons similaires. Cela doit rester des exception cependant, car si les nationaux-laïcards de Riposte Laïque peuvent faire interdire le voile parce qu’il ne correspond pas à leurs valeurs, qu’est ce qui m’empêcherait de demander l’interdiction de Riposte Laïque – ou de n’importe quoi d’autre, d’ailleurs, pour les mêmes raisons ?

La règle doit être qu’il n’y a pas de crime sans victime et que chacun doit être libre de faire ce qu’il veut tant qu’il ne nuit pas aux autres. Or, si les femmes à burqa se nuisent indubitablement à elle-même, on voit mal quelles nuisances elles causent au reste de la population – sauf à considérer comme légitime les vociférations des chrétiens intégristes qui se sentent "agressés" dés que l’on joue du métal un peu trop prés de chez eux.

Il ne manque pas, bien sûr, de bonnes âmes pour invoquer la laïcité, preuve qu’il n’y comprennent pas grand chose ou que dans le fond ce n’est pas cela qu’ils veulent. Que des personnalités aussi éminentes et aussi peu suspectes de sympathies islamistes que Caroline Fourest ou Henry Pena-Ruiz refusent de les suivre sur ce terrain devrait d’ailleurs les interpeller. Être laïque c’est affirmer que la religion ne doit pas structurer la société et que l’Etat doit être, en matière religieuse, d’une neutralité absolue. C’est pour cela que les fonctionnaires, qui représentent l’Etat ne doivent porter, dans le cadre de leurs mission, ni voile, ni croix, ni pentacle. C’est pour cela aussi que les uns comme les autres sont interdis au sein de l’école qui est et doit rester une institution républicaine. Les religions ont, par contre tout à fait le droit de structurer la vie de leurs adeptes, même si cette structure nous déplaît, tant qu’elles ne structurent que la vie de leurs adeptes et qu’elles ne troublent pas l’ordre publique.

Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle inquisition.

En fait, au delà des sophismes et des approximations des croisés de l’anti-burqa, ce à quoi nous sommes confrontés c’est moins à un problème musulman qu’à un problème "républicain" – je mets des guillemets car le mélange nauséabond de nationalisme et d’autoritarisme qui se cache trop souvent derrière ce terme n’a rien à voir avec la vraie république. Le "républicanisme" a certainement représenté un progrès par rapport à l’intolérance au cléricalisme de l’Ancien Régime, mais il ne considère pas plus que lui l’autre comme un individu à part entière, avec son histoire, ses croyances et son projet particulier. Il le réduit à un ectoplasme unidimensionnel qui n’existe que pour et par sa participation à l’Etat et considère toute manifestation d’altérité comme illégitime. En un sens il le chosifie presque autant que le fondamentalisme, même si ce n’est pas sur le même registre.

Ce qu’il faut, au contraire, c’est considérer chaque individu comme un être particulier, digne de respect en tant que tel, et non en tant que futur citoyen-blanc-catholico-laïque ou en tant que sujet d’expérience pour tel ou tel projet de libération involontaire. Cela signifie refuser que l’on voile les femmes de force. Cela signifie aussi refuser qu’on les dévoile d’autorité.


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189 réactions à cet article    


  • Walden Walden 23 juin 2009 13:19

    Rien à rajouter : BRAVO !
    Argumentaire impeccable auquel je souscris pleinement.


    • LE CHAT LE CHAT 23 juin 2009 13:44

      les burqa et niqab noirs qui concentrent le rayonnement solaire sont une abomination pour le réchauffement climatique ! le blanc est bien meilleur ! smiley


      • RilaX RilaX 23 juin 2009 13:56

        c’est quoi des cornettes ?


        • RilaX RilaX 23 juin 2009 14:58

          il est ecrit dans l’article : "Il n’y a pour s’en convaincre qu’à regarder les contorsions intellectuelles auxquels nombre d’entre eux se livrent pour justifier la non-interdiction des cornettes – qui procèdent pourtant de la même logique que la burqa"

          Ça semble ne gêner personne, et ça semble justifier tout le propos de l’auteur.

          Mais moi je ne sais pas ce qu’est une cornette, et google ne me montre que des animaux, des restaurants et autres âneries sans rapports.

          Quelqu’un aurait il l’amabilité d’eclairer ma lanterne ?


        • RilaX RilaX 23 juin 2009 15:31

          ok, merci pour l’image.

          Maintenant que je sais ce qu’est une cornette, je ne comprends pas que l’on puisse comparer une burqa a cet accoutrement. Comparer cornette et voile islamique, ok a la limite. Mais cornette et burqa ...

          Déjà, première différence, et pas des moindres, le visage de celle qui porte la cornette est apparent. Pas celui de celle qui porte la burqa.
          Ensuite, la cornette n’est pas portée par n’importe qui mais uniquement par des sœurs, qui vivent dans des couvents, et qui ont tendances a peu sortir. Je ne crois pas qu’il existe d’équivalent aux bonnes sœurs dans l’islam. Et je suis sur que nul autre catholique que les bonnes soeurs n’auraient l’idée saugrenue que de portée pareil accoutrement. Ce qui explique que je ne savais pas que cela s’appelait ainsi : je ne l’ai croisé que dans les couvents que l’on m’a fait visité dans ma jeunesse.

          Donc, pour moi, nulle contorsion a etre contre la burqa, et totalement indifferent aux cornettes.


        • Reinette Reinette 23 juin 2009 23:26


          DAMIEN PERROTIN


          1 ) ou vous êtes ignorant : car photo que vous mettez en lien est une photo des années avant 1950 ENVIRON donc leurs habillements ont changés - il y a quelques couvents un peu partout en France... suffit de s’informer !


          2) ou vous êtes malhonnêtes....

          - les religieuses catholiques ont choisi, EN ADULTES, leurs conditions de vie et d’habillement... QUAND ELLES ETAIENT ADULTES ET CONSENTANTES !

          - tandis que les burqa sont portées par des femmes, depuis l’enfance, et elles subissent des violences si elles ne la portent pas... VIOLENCE QUI PEUT ALLER JUSQU’A UNE CONDAMNATION A MORT ... qu’elles le veulent ou pas, la burqa est OBLIGATOIRE !



          JE pencherais plutôt pour la 2)
           

          PHOTO (qui doit dater de 1950 environ, à vérifier) http://www.feteland.com/pub/Costumes_adulte_femme/Cornette_de_bonne_soeur.J PG


        • Reinette Reinette 23 juin 2009 23:38


          Portrait actuel d’une religieuse catholique


        • Reinette Reinette 23 juin 2009 23:42

          CECI étant dit NI MAITRE NI DIEU

           


        • brieli67 23 juin 2009 23:49

          cornettes de face
           


        • brieli67 23 juin 2009 23:52

          cornette de profil


        • Reinette Reinette 24 juin 2009 00:10

          ELLES DATENT de quelle époque vos photos en noir et blanc ?


        • Reinette Reinette 24 juin 2009 00:24

          Le furtif

          je m’adressais à briefi67, je lui demande à quelle époque ont été prises ses photos (environ 1950 ?)


        • Reinette Reinette 24 juin 2009 01:00

          Le furtif bonsoir

          c’est vrai pour les gamins, ces religieuses de noire vêtues pouvaient faire peur.

          si les photos datent de 59, leurs tenues ont changés, surtout en ville : elles ont maintenant des petits foulards bleus ou blanc sur la tête. Elles ont fait le choix de cette vie en tant qu’adultes.

           

          tandis que la burqa est imposée, dès le plus jeune âge, par des hommes pour dominer les femmes, ils sont possesseurs de la chose, point trait. Les femmes n’ont pas le choix, elles doivent se plier aux ordres ou mourir (maintenant se qui se passe dans le cerveau de ces hommes si peu sûrs d’eux-mêmes, grande question ?)


          Je vais lire maintenant, un polar ; bonsoir


        • stephanemot stephanemot 24 juin 2009 11:06

          la cornette de la religieuse ou la coiffe de l’imam signalent des « professionnels » de la religion et respectent la constitution

          ce qui n’est pas le cas de la burqa :
          http://blogules.blogspot.com/2009/06/non-la-burqa-non-au-fondamentalisme.html


        • Reinette Reinette 24 juin 2009 13:40

          Le furtif

          les bagnes orphelinats aux sévices sexuels généralisés (révélés dernièrement) et les bagnes pour jeune filles fautives des Magdalenians sisters ...


          De quoi parlez-vous ? Il y a des bagnes pour jeunes filles en France ? pouvez-vous m’apporter des précisions, s’il vous plaît, car je ne suis pas au courant. Merci


        • ZEN ZEN 24 juin 2009 13:43

          Et ces burqas, connaissez-vous ?  smiley


        • omar omar 24 juin 2009 22:07

          troppo forte MDR


        • abdelkader17 23 juin 2009 13:58

          Très bon article monsieur, rien à ajouter.


          • fouadraiden fouadraiden 23 juin 2009 14:05


            Excellent et bien sûr que le problème principal de la gde majorité de ces députés c’est la visibilité des musulmans et les « muslmans » ayant compris cela depuis belle lurette ( voir les statistiques qui les concernent sur le chômage , la déinquance , l’échec scolaire etc) une partie d’entre eux se radicalisent naturellement.

             à Bruxelles, on a la pemerière voilée au parlement bruxellois. une belge d’origine trurque au CDH( centre droit francophone).

            bizarre mais vs remarquerez que l’ on assite presque jamais à des débats sur les problèmes que les « musulmans » rencontrent dans la socité française. pourtant il y a matière...


            • Shaytan666 Shaytan666 23 juin 2009 18:18

              Le CDH, centre droit francophone, laissez moi rire, parti d’obédience chrétienne de centre GAUCHE, sa présidente MilQuette est "scotchée au PS de Di Rupettes.


            • fouadraiden fouadraiden 23 juin 2009 18:41


              oui shaytan, disons centre chrétien + dirupo


            • Antoine Diederick 24 juin 2009 10:05

              Bonjour Fouad,

              Je soumets ici à votre sagacité cet article trouvé ds le journal « Le Soir » en ligne

              Le statut précaire des Marocains de Belgique

              DIRK VANOVERBEKE

              mercredi 24 juin 2009, 07:53

              L’étude réalisée par la Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec l’Université de Rabat, auprès de la population d’origine marocaine vivant en Belgique souligne la précarité de leur statut socio-économique. L’identité religieuse l’emporte sur toutes les autres.
              Tous les chiffres dans Le Soir en PDF.
              <script type="text/javascript"><!--
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              for (var i=1; i<=1; i++) {
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              //-->
              </script>

              Le quartier marocain d’Anvers. © Sylvain Piraux.

              Ainsi, 31,7 % seulement des 400 personnes interrogées jouissent d’un contrat fixe ; 5 % exercent des travaux temporaires ; 21 % bénéficient du chômage et 5 % ne reçoivent pas d’allocations. Les personnes interrogées évoquent surtout les discriminations à l’embauche pour justifier leurs difficultés d’insertion sur le marché de l’emploi.

              La proportion des femmes exerçant une activité professionnelle est sensiblement plus faible que celle des hommes (38,3 % contre 55,4 %). La proportion des femmes belgo-marocaines sans emploi est aussi supérieure à celle des hommes (33,3 % contre 28,7 %). La proportion des femmes inactives (pour raisons familiales ou autres), en marge du marché de l’emploi, s’élève à 62 %. Par ailleurs, la proportion des femmes nées au Maroc et exerçant un travail (22 %) est plus de deux fois inférieure à celle des femmes nées en Belgique (46 %).

              Les personnes récemment naturalisées sont souvent marginalisées sur le marché de l’emploi ou débusquent des petits boulots et des… petits salaires. Du coup, certains Belgo-Marocains se tournent vers le travail au noir pour survivre, tout en bénéficiant des allocations de chômage. Comme le confirme une des personnes interrogées dans l’étude : «  J’habite près de Liège. La plupart des Marocains sont au chômage… Les gens, dès qu’ils touchent des allocations du chômage, arrêtent de travailler, parce qu’un maçon qualifié touche 1.500 euros et un chômeur, chef de famille, en touche 1.200. Je connais des parents qui passent leur journée au café… ».

              Ces difficultés d’insertion sur le marché du travail se répercutent sur le niveau de vie des Belgo-Marocains (lire ci contre).

              Une proportion importante des ménages interrogés entre dans la catégorie de la population dite « à risque de pauvreté » – détenteurs d’un revenu égal ou inférieur à 860 euros par mois. Plus de la moitié (53 %) des Belgo-Marocains vivrait ainsi sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Avec des disparités régionales : leurs revenus sont les plus élevés en Flandre, les moins élevés en Wallonie.

              Les problèmes les plus fréquemment évoqués par les personnes interrogées, outre le chancre du chômage, sont liés à l’identité ethnique et religieuse : le fait d’être traité comme étranger (lire ci-contre) est la critique la plus fréquemment avancée.

              Le manque de respect à l’égard de leur religion et l’inadéquation des valeurs morales avec les leurs sont aussi largement mis en avant.

              Les personnes interrogées pointent, au Maroc, les institutions religieuses, devant la Monarchie, comme étant les deux institutions les plus dignes de leur confiance. En Belgique, ce sont les mosquées qui trônent largement en tête de leurs suffrages, relevant l’importance majeure qu’ils accordent au religieux.

              L’identité religieuse

              Au-delà de l’identité nationale, l’identité religieuse l’emporte sur toutes les autres : plus d’un tiers (36 %) des sondés répond sans hésiter qu’ils préfèrent d’abord être reconnus comme musulmans. 68 % déclarent essayer d’obéir aux préceptes religieux. En dépit du fait que la majorité des personnes interrogées a la nationalité belge, 7 % seulement manifestent le besoin de s’identifier à notre nationalité.

              Parmi les 400 personnes interrogées dans cette large enquête, 68 % ont rejoint un des membres de leur famille qui avait immigré en Belgique. Les 32 % restants sont arrivés les premiers dans notre pays. Et l’étude relève que les membres de la deuxième génération se disent plus heureux que ceux de la première génération.

              D’une manière générale, le modèle traditionnel du ménage – le couple marié avec enfants – s’effrite au profit du célibat ou de la cohabitation. Dans l’échantillon de l’étude, 55 % des Belgo-Marocains n’ont pas d’enfants ; parmi les 45 % restants, moins de la moitié a en moyenne 1 à 2 enfants, 30 % 3 à 4 enfants et 7 % 7 enfants ou davantage.

              On notera que les Belgo-Marocains privilégient le mariage non mixte au mariage mixte. L’idée que les hommes et les femmes épousent des personnes qu’ils font venir de leur pays d’origine est approuvée par plus de 50 % des personnes interrogées. La majorité d’entre elles (62 %) s’opposent au mariage d’une femme musulmane avec un non-musulman et 45 % n’admettent pas que les hommes se marient à une non-musulmane.

              29 % des Belgo-Marocains sont propriétaires de leur logement en Belgique, contre 52 % qui sont locataires et 15 % vivant dans le logement familial.

              Si une minorité de l’échantillon a acquis un logement en Belgique, 60 % sont en revanche propriétaires d’un bien au Maroc.


            • fouadraiden fouadraiden 24 juin 2009 10:54

              @ Antoine


               oui j’ai vu ça ce matin.

               les Belges ne cachent pas la misère des enfants d’immigrés derrière la burqua .

              « Quatre cents personnes issues de la communauté marocaine en Belgique ont été interrogées par l’université de Rabat en collaboration avec la Fondation Roi Baudouin. Une personne interrogée sur trois (31,7 pc) seulement bénéficie d’un contrat fixe et une personne sur cinq (21 pc) touche des allocations de chômage. Les personnes interrogées évoquent les discriminations à l’embauche pour justifier leurs difficultés d’insertion sur le marché de l’emploi. Les femmes sont moins nombreuses à travailler que les hommes (38,3 pc contre 55,4 pc). La proportion de femmes inactives (pour raisons familiales ou autres) s’élève à 62 pc. La proportion de femmes nées au Maroc et exerçant un travail est plus de deux fois inférieure à celle des femmes nées en Belgique (22 pc contre 46 pc). Plus de la moitié (53 pc) des Belgo-Marocains interrogés vivent sous le seuil de pauvreté et ils sont plus nombreux en Wallonie qu’en Flandre. (NLE) »



               vs pensez bien que la France a plutot intéret à parler de burqua qu’à ns communiquer les faits sur la condition des popualtions maghrébines . c’est ss doute pas beau à voir...comme à Bruxelles les prisons tricolores sont pleines ....


            • abdelkader17 23 juin 2009 14:17

              Fouad
              l’expression du chauvinisme républicain.


              • abdelkader17 23 juin 2009 14:22

                ce qui est remarquable, c’est que celui qui tient ce discours est un élu républicain on ne pourra pas
                nous mettre en accusation, nous accusez de saper les fondements de la république.


                • abdelkader17 24 juin 2009 00:03

                  @Léon
                  merci de votre participation, toutes mes excuses au grand mufti d’agoravox.


                • geko 23 juin 2009 14:43

                  Certes cette proposition de loi est ridicule et votre texte est très bien argumenté.
                    Cette loi cristallise cependant des tensions sociales bien réelles qu’elles relèvent de xénophobie crasse ou pas !

                  "Être laïque c’est affirmer que la religion ne doit pas structurer la société et que l’Etat doit être, en matière religieuse, d’une neutralité absolue."

                  Exactement.

                  Effectivement derrière le combat sur la symbolique de la représentation, le fond du problème est de savoir si l’Islam est compatible avec une laïcité « considérant chaque individu comme un être particulier, digne de respect en tant que tel... » ?

                  @abdelkader17 et fouadraiden Dans l’Islam "La loi de dieu passe avant la loi des hommes ?".
                  Merci de votre réponse.


                  • Damien Perrotin Damien Perrotin 23 juin 2009 15:14

                    Je ne connais pas une seule religion où la loi des hommes passe avant la loi de Dieu. Les Dix Commandements ne sont pas optionnels et l’infaillibilité pontificale veut bien dire ce que cela veux dire.

                    D’ailleurs, ce n’est pas restreint aux religions. Nous considérons les lois de Nuremberg comme illégitimes alors qu’elles étaient légales, c’est donc que nous considérons qu’il y a quelque chose au dessus de la loi des hommes.

                    Pour les commandements religieux c’est l’interface entre les deux qui est importante, la capacité d’une religion a accepter que la loi de l’état ne soit pas la loi de Dieu (ou des Dieux) et que cette dernière se place en dehors du champs politique. Il suffit de lire le syllabus pour s’apercevoir que le christianisme a mis du temps à comprendre. Il n’y a pas de raison que l’Islam n’y arrive pas


                  • fouadraiden fouadraiden 23 juin 2009 15:24

                    gréko

                     la question formulée ainsi n’est pas très intéressante d’autant qu’il est facile de trouver deux musulmans pour répondre oui à votre question sans la moindre difficulté et ne s’entendre sur à peu près pas gd-chose.

                    sinon d’où viendrait la diversité des opinions en contexte religieux ?


                  • Annie 23 juin 2009 21:24

                    @Leon,
                    Il est évident que vous prenez plaisir à déchiqueter vos proies. Je ne peux qu’être reconnaissante que vous n’ayez pas exercé vos dents acérées contre moi. Mais peut-être ne suis-je pas un adversaire de taille ?
                    Toujours est-il qu’après avoir exposé mes tendances munichoises, vous n’avez pas répondu à ma question. Comment dans la pratique cette loi pourrait-elle être appliquée ? Peut-on envisager de pénaliser ou d’incarcérer les femmes qui font partie des victimes, c’est-à-dire qui sont obligées de porter la burqa ? Par quelle contorsion juridique parviendra-t-on à faire une distinction entre celles qui sont obligées de la porter par leurs conjoints, celles qui ont succombé à la pression sociale et celles qui ont choisi de la porter ? Et leurs conjoints ? Comment feront-ils partie de l’équation ?


                  • Gazi BORAT 24 juin 2009 08:09

                    « Un seul remède possible est de considérer l’islam comme ce qu’il est une puissance politique avant tout »

                    C’est exactement ce qui était dit du judaïsme par l’extrème droite européenne d’avant guerre, qui ne le considérait pas comme une religion, mais comme une sorte d’entité raciale ayant volonté de gouverner le monde.

                    Tous les délires furent alors de mise  : du « judéo bolchévique » à l’alliance des banques juives puis à la fusion des deux.. On l’accusa même de vouloir saper la famille chrétienne et d’attenter aux bonnes moeurs par l’exhibition des écrits de Freud et d’un ouvrage de jeunesse de Léon Blum prônant l’émancipation sexuelle des jeunes filles..

                    Les boucs émissaires fantasmatiques changent, les procédés restent les mêmes.. Et, pendant ce temps, le MEDEF se frotte les mains..

                    gAZi bORAt


                  • armand armand 24 juin 2009 09:59

                    Damien,

                     

                    Au fait - merci pour votre article, même si je ne suis pas d’accord sur certains points...
                    Il y a toujours eu des tensions entre loi de Dieu, loi des hommes. Encore faut-il savoir si Dieu se préoccupe d’ordonner de porter tel ou tel vêtement.

                    Jésus a bien dit de ’rendre à César ce qu’on doit à César’.
                    Même en Islam (on l’oublie souvent) il y avait souvent dissension entre le pouvoir régalien - sultan, malek ou shah - et les autorités religieuses. C’est en cela d’ailleurs, que le système du velayat-i-faqih, ou gouvernement des religieux, en vigieur en RI d’Iran est une dangereuse rupture de l’équilibre qui existait depuis la nuit des temps entre l’empereur et les autorités religieuses dans ce pays.


                  • Annie 24 juin 2009 11:01

                    @Leon,
                    Je viens en fait de lire un projet de loi remontant à 2006 qui prévoit l’interdiction de la burqa. Je le copie ici :
                    « Article 1er
                    Aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le territoire de la République doit avoir le visage découvert permettant aisément sa reconnaissance ou son identification.

                    Le principe mentionné à l’alinéa précédent ne s’applique ni aux services publics en mission spéciale, ni aux activités culturelles telles que le carnaval ou le tournage d’un film.

                    Article 2
                    Est puni de deux mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende la violation du principe mentionné à l’article 1er. Est puni de la même peine l’incitation à violer ledit principe.

                    En cas de récidive, ces peines seront portées à un an de prison et 30 000 € d’amende.

                    Article 3
                    Toute personne étrangère qui se comporte en violation du principe institué à l’article 1er ou qui incite une autre personne à violer ledit principe est éloignée du territoire national sur décision du ministre de l’intérieur ou des préfets de la République
                    . »

                    Bien que la notion d’incitation soit prise en compte, on peut se demander quelle sera la latitude d’une femme pour dénoncer son conjoint, ou sa famille. 
                    La question pour moi n’est pas là. Je comprends vos arguments mais j’ai dû mal à saisir la valeur éducative d’une interdiction. Et encore plus comment cette mesure va favoriser l’émancipation des femmes à laquelle, je sais, vous adhérez sincèrement.


                  • Nobody knows me Nobody knows me 24 juin 2009 11:08

                    Aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le territoire de la République doit avoir le visage découvert permettant aisément sa reconnaissance ou son identification.

                    Cette phrase est-elle à interpréter en un tout, càd uniquement dans le cas d’une prescription culturelle ou religieuse, ou bien devra-t-on skier sans bonnet, lunette ou cagoule, interdire les combinaisons couvre-chef/lunette etc ???


                  • Gazi BORAT 24 juin 2009 11:52

                    « Vous transformez l’entité politique dont je parle en entité raciale, pourquoi ? »

                    Par souci de vérité historique..

                    A l’époque, l’hygiénisme scientifique hérité du XIX° siècle imprégnait le discours politique, tout comme revient de temps en temps sa variante moderne et génétique.

                    L’antisémitisme variait du complot juif (version politique), à la dégénerescence raciale (version raciste) ou à la judéophobie catholique traditionnelle (les assassins du Christ). Et tout se mélangeait...

                    Faire de l’Islam une entité politique est ridicule.. d’autant plus que c’est une religion sans état, au contraire du catholicisme (Le Vatican) ou du Judaïsme (Eretz Israel).

                    gAZi bORAt


                  • philbrasov 24 juin 2009 15:24

                    vous confondez peuple juif et religion juive.....

                    copie a revoir mon cher


                  • Nobody knows me Nobody knows me 24 juin 2009 15:38

                    On pourrait par exemple imaginer que face à une interdiction de la burqua, les femmes et les familles concernées se posent la question du pourquoi, se renseignent, débattent etc, et finissent par remettre en question ou au moins accepter de se conformer à cette norme.

                    C’est pourquoi il faudra accompagner voire remplacer les amendes prévues par des consultations, des rencontres avec des assistantes sociales ou des assos qui pourront faire le travail adéquat en matière de prévention.
                    Une punition sans explication n’a à mon avis aucune valeur éducative.


                  • oncle archibald 23 juin 2009 15:05

                    Je suis totalement opposé au port de la burka et autres vêtements, insignes, etc .. indiquant voire revendiquant une appartenance ethnique et religieuse. Je n’arrive pas à imaginer une rue avec des femmes en burkas, des mecs avec des croix de 50 cm pendues au cou, des mecs à bouclettes avec leurs kipas etc..Je n’ai aucune envie de connaître d’abord la religion de quelqu’un avant de savoir même qui il est. Car ces vêtements ne sont pas portés par hasard, ils le sont pour adresser un message à la population : je suis musulman et je t’emmerde, je suis catho et je t’emmerde, je suis juif et je t’emmerde.

                     

                    La société française fonctionne comme ça, on ne peut pas trier dans les avantages que l’on trouve à résider en France, il faut accepter les moeurs d’un pays laïque. La laïcité n’a pas été « naturelle » mais conquise. Elle est le gage, la condition de la liberté de chacun et notamment de la liberté de culte.

                     

                    Anecdote : dans le lycée Pierre de Fermat à Toulouse il y a 54 ans, j’en avais 11, un surveillant m’a demandé d’enlever la médaille de baptême grande comme une pièce de 20 centimes que l’on entr’apercevait à travers ma chemise ouverte... J’ai trouvé ça très con, mes parents m’ont expliqué qu’il avait raison, voir explications que j’ai très bien retenues plus haut .. 


                    Je m’en suis toujours très bien porté et je n’ai aucune envie de me laisser emmerder. Je suis catho et je n’emmerde personne, que les juifs, musulmans ou autres en fassent autant. La religion en France doit rester du domaine privé. C’est très important.

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