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Accueil du site > Actualités > Société > La compétition est-elle un moteur ou un obstacle à la vie en collectivité (...)

La compétition est-elle un moteur ou un obstacle à la vie en collectivité ?

Etre compétitif, concurrentiel, tant au niveau individuel qu’entrepreuneurial ou collectif semble être largement et communément accepté dans nos sociétés contemporaines, au point d’en être devenu un élément, un mode de pensée ou un schème psychologique fondateur, quasiment jamais ou très peu questionné. Cet état de fait s’explique-t-il par le caractère naturel de l’esprit compétitif, hérité de tendances ou conditionnements biologiques tournés vers la lutte pour la survie dans le cadre de la théorie de l’évolution, comme le pensent un certain nombre de chercheurs de la communauté scientifique ? Ou n’existe-t-il pas d’autres composantes, psycho-éducatives et culturelles, responsables de la perpétuation de la croyance en l’idée de compétition comme un comportement normalisé et normalisable des rapports humains dans la société ? Une approche synthétique de la problématique est présentée suivie de quelques aspects techniques d’approfondissement.

Parce que la compétition est omniprésente dans nos sociétés, quels que soient les domaines d’activité, économique, artistique, politique, religieux, éducatif, scolaire, relationnels, son questionnement est une démarche essentielle et nécessitant un esprit de sérieux et alerte, car il s’agit de soi-même et du monde que nous construisons, tant à l’échelle individuelle que collective. Par « collectif » ou « collectivité », nous n’entendons bien sûr pas ici des termes référentiels à une quelconque idéologie politique ou philosophique, ou à quelque utopie présente ou historique que ce soit, mais la notion de vie en collectivité, factuelle, qui est la réalité des rapports entre les êtres humains dans le monde, gouvernée par les divisions étatiques, nationales, religieuses ou politiques, dont les conséquences problématiques abondent notamment dans l’actualité. Un esprit un tant soit peu concerné par le monde et doté d’une sensibilité naturelle ne peut que constater, voir et peut-être s’insurger intérieurement face au désordre général global qui constitue la vie en collectivité, sans pour autant projeter sur cette perception quelque idéologie, principe ou concepts préétablis, laissant ainsi libre cours au questionnement et à la perception des faits, de moments en moments. 

Il est assez intéressant de voir, en consultant les informations et les médias institués, à quel point la compétition fait partie intégrante de toute la pensée collective largement acceptée et perpétuée de jour en jour de manière bien souvent inconsciente. Et c’est parce que cet aspect de la pensée collective n’est jamais questionné, jamais remis en question, qu’il s’agit, et que cela devient un mouvement inconscient. Le principal moteur de cette idée de compétition est bien évidemment le modèle économique institué, mettant en concurrence des entités entrepreneuriales séparées, au sein de marchés portant sur des finalités identiques et bien souvent orientés sur des produits de consommation ou des services ciblés très spécifiques dépendant bien souvent d’effets de mode et de l’habileté et de l’argent investi par les industriels et publicitaires pour créer de nouvelles habitudes, demandes, voire besoins consommatoires. 

L’art dans la société est également présenté en terme non plus de création, mais principalement de « performances », et notamment en fonction de récompenses, de prix divers, dans le cadre de divers festivals cinématographiques, musicaux ou autres, et concours, instaurant l’idée de vainqueurs, de gagnants, et de perdants au sein de l’activité artistique. Il est tout à fait frappant de voir que tout ce mouvement psychologique n’a absolument aucun rapport avec ce qu’est l’art et la création artistique, mais que par un effet de détournement idéologique des esprits, formate les activités artistiques en les réduisant bien souvent à cet aspect compétitif, comparatif, basé sur la récompense, mais également la punition, institutionnalisée par la critique artistique médiatiquement professionnalisée, ou par le succès commercial et la popularité.

L’éducation n’est pas épargnée par l’esprit de compétition, et il apparaît que dès les premières années de l’école, sont inculquées aux jeunes esprits les bases psychologiques à l’origine de ce mouvement entier sous-tendant l’ensemble des activités au sein de la collectivité. Non seulement au sein de l’institution nationalisée de l’Ecole, mais également par l’éducation familiale générée de la même manière et reproduite avec de maigres modifications de génération en génération, et enfin par la société elle-même, dont l’inertie générale interdit toute perspective de changement radical dans le cadre de ses diverses institutions, tant politiques que sociales. La séparation des êtres humains par appartenance nationale, les méthodes éducatives quasiment entièrement tournées vers l’acquisition et l’accumulation de connaissances, au détriment du développement de l’esprit critique intégral, de la sensibilité et du développement des potentiels individuels, la comparaison, les classements et le conformisme généralisé, sont autant de témoins d’alerte indiquant que l’éducation est, de manière générale, un système de maintien et de perpétuation des règles et modes de pensées de la société, formant un cadre général dans lequel subsiste une certaine illusion de choix que l’on appelle "libre-arbitre" et que l’on érige assez aveuglément bien souvent en dogme indiscutable, principalement dans les sociétés dites libérales et occidentales. 

Au-delà de tout jugement idéologique concernant l’idée de compétition, l’état d’iniquité, d’injustice et de désordre accru du monde, régulé par la barbarie guerrière, au niveau mondial, et par des instances intergouvernementales en charge de propager l’uniformité dogmatique des modèles institués et du pouvoir, il est d’une évidence flagrante que le modèle général des activités humaines basé sur la compétition est dans l’incapacité d’apporter la paix dans le monde tant au niveau collectif et individuel, instaurant donc l’idée communément acceptée de la nécessité de l’existence du conflit dans la vie quotidienne. La compétition est alors perçue comme un moteur essentiel de l’existence, les guerres sont banalisées et perçues comme un mal nécessaire à l’instauration d’un ordre relatif et auquel il n’est d’autre choix que de se conformer « pour le bien de tous », la compétition individuelle, l’ambition, la réussite, deviennent alors des comportements psychologiques normalisés et quasi naturalisés et considérés comme partie intégrante de la condition humaine. Mais est-ce réellement le cas, ces comportements sont-ils réellement naturels, contingents ou inhérents à la nature humaine, sans aucune perspective et possibilité de changement, et non pas d’adhésion à des idéologies ou de création de systèmes en rapport à un éventuel et imaginaire changement, et qui n’ont par le passé jamais fonctionné, et ne fonctionnant toujours pas dans le présent ?

Dès lors que l’on accepte la compétition comme nécessaire et inéluctable, l’on cesse de questionner, tant ce qu’est la société que ce que l’on est, et l’on se ferme à toute possibilité de découverte s’il est possible et ce que signifie vivre sans le moindre sens de compétition et qu’elles en sont les implications pour la société. La peur est généralement ce qui empêche et entrave le questionnement, et une première réaction est de dénier la possibilité d’une existence sans compétition : « si la compétition n’existe plus, tout le système s’écroulera et le chaos prendra le pas sur le monde ». Une telle croyance irrationnelle résulte d’une défense psychologique de l’individu conditionné par le schème compétitif et y restant fermement attaché. Le monde actuel dans lequel nous vivons est déjà dans un chaos indescriptible où règnent la violence, l’injustice et la misère matérielle et psychologique contre lesquels les idéologies, religions et divers mouvements politiques constituent des outils de camouflage et de relativisation, à l’image de cosmétiques agissant en surface et ne résolvant aucun problème en profondeur, radicalement et immédiatement par une attention radicale et collective sur le problème.

Accepter de vivre dans la relativité des solutions à court terme des politiques, technoscientistes, idéologues ou dans les mirages des croyances spirituelles ou des propagandes des religions organisées est une position de résignation que la plupart des personnes adoptent, par conformisme et peur de l’inconnu, qui sont les résistances les plus importantes à l’approche objective de la question de l’esprit de compétition dans le monde et au quotidien. Si conflit et compétition vont de pair, car il n’y a pas de compétition, sans comparaison, mesure, division et donc conflit, il est pour les esprits un tant soit peu sérieux et concernés par leur vie et le monde, primordial de se questionner s’il est possible de vivre dans ce monde, dont nous ne sommes pas individuellement séparés, sans compétition, et donc potentiellement sans conflit et sans les efforts incessants associés qui constituent globalement la trame de nos vies quotidiennes à l’échelle individuelle et collective.

Pour finir sur un aspect quelque peu technique cette courte synthèse de la problématique du schème psychologique de la compétition, une telle approche et un tel questionnement demande-t-il du temps, ou n’est-il pas une affaire de compréhension immédiate et instantanée ? Ainsi, si l’on perçoit, à titre individuel, les conséquences désastreuses de l’esprit de compétition dans le monde, se libérer de ce conditionnement psychologique implique-t-il un effort progressif et graduel dans le temps ? Ou bien, la compréhension ne doit-elle pas être immédiate et globale ? Car si l’on accepte l’idée d’un effort progressif et graduel et donc l’idée de temps psychologique pour se libérer de l’esprit de compétition, l’on crée un idéal, une illusion, non actuelle, en réaction avec ce quoi l’on veut stopper. Pendant cet intervalle de temps créé par la pensée, cet intervalle entre l’état actuel réel de l’esprit de compétition et l’idéal non réel, non factuel, de son opposé que l’on peut par exemple appeler ici pour le propos :« non-compétition », l’esprit est en lutte pour le devenir. Un tel esprit cherche à se conformer avec un idéal qu’il a lui-même inventé en réaction à son état premier dont il veut se débarrasser. Il s’agit tout simplement d’une illusion, de croyances en des projections dans un futur non actuel, et donc de non-faits. Parce qu’un fait est toujours une actualité, toujours un objet de perception actuelle en ce qui concerne l’esprit humain, vivant et toujours en mouvement, l’idée de temps psychologique pour apporter un changement radical, véritable, au niveau psychologique est erronée.


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47 réactions à cet article    


  • Vinrouge 17 avril 2009 17:25


    Bravo pour cet article passionnant !
    Je pense pour ma part que la compétition et la hiérarchie sociale à laquelle elle conduit
    sont profondément ancrées en nous, et qu’il nous est impossible de nous en séparer (à mon avis, la théorie de l’évolution, la Volonté de puissance ou encore la Psychanalyse sont des cadres théoriques qui permettent de le démontrer. De façon plus anecdotique, retenons que « l’homme est un loup pour l’homme »).
    Un « contrat social » est une mise en forme de la compétition, pour qu’elle soit acceptable et acceptée par les membres de la société concernée, il en fixe les règles et le « but » au nom de « valeurs supérieures ». Il me semble que la compétition a toujours été pratiquée, mais avec des règles et des buts différents : dans la société féodale par ex. la compétition entre les aristocrates se matérialisait par le décompte de ses quartiers de noblesse, sa proximité avec le Roi, etc.
    Ce qui nous pose problème aujourd’hui est que la compétition n’est plus qu’économique, matérialisée par la consommation ! Toutes les autres formes de compétition dont vous parlez ne visent finalement qu’à participer à cette compétition suprême !
    Il me semble que les changements que vous appelez en filigrane ne pourront s’effectuer que si l’on change les règles et les objectifs de la compétition et que le contrat social puisse garantir qu’elle est à peu près équitable. L’Histoire nous montre que beaucoup de choses ont été tentées, que beaucoup de formes de compétition ont existé, mais qu’une seule a un tout petit peu fonctionné : la méritocratie garantie par l’Etat-Nation. Je pense que se trouve là un espoir, la difficulté étant de définir la « structure » ou « l’organe » pouvant apporter cette garantie.


    • paul muadhib 17 avril 2009 18:43

      competition=guerre...point final !

      www.kinfonet-fr.org


      • Abolab 17 avril 2009 23:22

        Bonsoir et merci à tous pour les commentaires

        Voyant que vous référez au site Kinfonet, je vous invite à la lecture de ce précédent article se voulant être une présentation introductive et très sommaire de la pensée de l’éducateur Jiddu Krishnamurti. Merci de votre attention.


      • paul muadhib 18 avril 2009 11:22

        salut abolab, merci pour le lien sur ton article precedent a propos de Krishnamurti.
        Pour moi son « enseignement » est une cle, une porte.
        Utilise comme une methode a suivre c est une catastrophe...comme n importe quelle religion.
        j ai eu l occasion d aller a brockwood park dans son ecole et au centre krishnamurti qui jouxte l ecole,
        J y retourne cet ete, avec le projet d y travailler bientot comme cuisinier.
        Cette ecole est interessante, j y ai rencontre des eleves...differents, certains se plaignaient du trop d energie de cet endroit...desirant etre moins impliques dans la vie communautaire, certains rechignant a aider en cuisine par exemple...
        detail , tout le monde est au meme salaire, pas tres eleve,environ 700 livres anglaises, nourriture et logement compris , on y vient pour autre chose que la reussite sociale.
        l endroit est magnifique, special.
        Krishnamurti disait a propos de cette ecole un truc du genre : avec le temps vous allez tomber ici ausi dans une methode routiniere, et il faudra que quelqu un vienne de l exterieur pour vous mettre en garde !
        Bon a un de ces jours , salutations..


      • paul muadhib 17 avril 2009 19:27

        bien sur ? comme toute action humaine la competition a son origine dans le fonctionnement de ce que j appelle ,faute de mieux ,le cerveau analytique.
        Je decrirais grossirement ce cerveau analytique par un « melange » de memoire d experiences, de capacites d analyses, de capacites de projections ...bref parfait pour tout ce qui est technique, bien pour assurer nos besoins physiologiques, nourriture, abris etc tout ceci necessitant ,experiences+memorisation+technique apprises+projet...
        Or cet espece de cerveau analytique ou personnellement je situe l ego, se mets a fonctionner de cette facon « analytique » dans tous les domaines, cette faculte d analyse c est un peu comme l oeil du scientifique qui « analyse »,regarde au travers de son microscope avec ses propres connaissances,tres pratique pour les sciences donc.. cette faculte analytique du cerveau separe c est son role ,l ego se separe de ce qui n est pas lui dans un but d analyse, logique.. Son analyse ainsi faite avec ses conclusions deviennent alors le programme de ce cerveau analytique / ego pour disons ,construire une maison,et ca marche !! et je le redis dans le domaine des techniques c est absolument necessaire,mais voila, ca se gate et c est a peu pres la qu on peut situer la competition,
        A partir de toutes ses conclusions, on pourrait dire ses gouts, ce cerveau analytique/ego,
        va ainsi fonctionner de cette facon pour tout , et comme sa fonction est toute connement binaire genre oui/non ou encore j aime /j aime pas, et bien c est la en gros que je situerais la competition, moi contre les autres, mon avis contre les autres etc..
        ainsi nous passons notre vie contre les autres, victime d une partie de nous meme qui se prend pour le tout. la finalite etant : j ai raison..
        ce sujet est vital , c est je crois un chemin personnel a accomplir en soi, car au dela de la comprehension intellectuelle de ce genre de propos , il y a un moment ou le cerveau analytique /ego doit se « taire » pour....a chacun de s y aventurer.
        comme mon propos d avant je redis competition=guerre..


        • rikiki 17 avril 2009 23:07


          Compétition va avec rentabilité, ce sont deux éléments hautement cancérigènes.

          Oui, d’accord avec Paul, compétition = guerre, comme dualité = guerre, le deux c’est la guerre, il manque un troisième élément ! celui qui fera la synthèse entre les deux, celui qui établira la Paix entre individu, entre individus et nations.


          • paul muadhib 17 avril 2009 23:14

            la competition qui mene toujours a la guerre ne semble pas un sujet.
            Normal , je ne pense pas que l humain cherche a changer, il cherche un abris physique et psychologique ou se refugier,a l abris de lui meme , de ses pensees et des autres, autres qu il supprimera sans coup ferir des que la peur deviendra trop grande , l humain est cerne par ses peurs, et le chemin de l ouverture a soi est tout sauf...un refuge, mais plus l expression d une vie d instant en instant, etre vivant ...ce n est pas hier ,ce n est pas demain,c est maintenant ..ou ca ne le sera jamais.. !!!


            • Bois-Guisbert 18 avril 2009 11:16

              il est pour les esprits un tant soit peu sérieux et concernés par leur vie et le monde, primordial de se questionner s’il est possible de vivre dans ce monde, dont nous ne sommes pas individuellement séparés, sans compétition,

              Si, si, c’est possible. Ca existe déjà chez les légumes notamment. Dans un champ de poireaux, par exemple, il n’y en a pas un qui aspire à pousser plus haut que les autres.

              Enfin, je ne peux qu’imaginer, parce que je ne suis pas un légume. Et puis il m’arrive, de temps à autre, d’être en compétition avec un homme marié. Pour calcer sa bourgeoise.

              Des fois, je gagne, des fois, je gagne pas...


              • Ecométa Ecométa 18 avril 2009 12:08

                Pour « compétition », le dictionnaire nous donne deux origines : celle récente de l’anglais « competition » et celle plus ancienne du bas latin « compétitio ».


                Selon l’adage olympique de Pierre de Coubertin : en « compétition » l’essentiel est de participer ! Tout comme le terme de concurrence, qui, étymologiquement, signifie « courir avec » ou « courir ensemble » et non les uns contre les autres ; il semble que, l’anglicisme de compétition, au sens de rivalité, d’opposition, ait largement pris le pas sur l’origine latine du mot compétition, plus proche de participation que de cette rivalité et de cette opposition si chères aux anglo-saxons.


                Nous avons un sérieux problème de logique car nous baignons culturellement dans la logique dichotomique, cette logique d’opposition, sans nul doute vieille résurgence de l’antédiluvienne lutte entre le bien et le mal, voire du plus récent manichéisme. Il nous faudra, hélas, longtemps avant que les choses ne changent ; longtemps avant que nous remplacions cette logique dichotomique simpliste voire même crétine, animale, par une logique de complémentarité comme le sont les élément de la nature entre eux, comme devraient l’être les systèmes humains entre eux, comme devraient l’être les êtres humains entre eux !


                Il est dit que l’homme est un loup pour l’homme ; sauf que nous sommes sortis de l’animalité... mais il semblerait que la logique économique systémique, libérale systémique, veut nous y renvoyer ! Opposer les gens entre eux est sans aucun doute la meilleure façon de dominer pour qui entend dominer. Le monde est complexe extrêmement complexe, subtile même... mais nous sommes lourds, même très lourds, voire lourdingues !


                Moins de compétition, et un peu plus de solidarité, ne nuirait certainement pas au système ! Bien sûr pas cette solidarité charité, celle de l’ « Etat providence », imposée par un libéralisme économique qui confond largement fins et moyens, qui privilégie la satisfaction des seuls moyens mis en oeuvre, de leurs tenants et de leurs aboutissants, surtout de leurs tenants propriétaires de ces dits moyens, ceci en lieu et place de la satisfaction de la société et des individus qui la composent. Pas cette « solidarité charité » tellement dégradante pour les bénéficiaires, mais une solidarité principe le plus évolué d’intelligence collective !


                Cette compétition, imposée par le système, fait penser à ce jeu de mains pratiquer par les enfants qui posent alternativement une main pour réaliser un tas de mains , et la main au-dessous doit systématiquement passer au-dessus ; un jeu qui se termine toujours en foire d’empoigne !


                Une autre logique qu la seule logique dichotomique, une autre raison que celle rationaliste, un autre savoir que celui de l’exclusive technoscientiste, une autre culture que celle de l’individualisme : tout ceci s’impose !


                • Marianne Marianne 18 avril 2009 12:27

                  Pour ma part, la compétition est un obstacle à l’épanouissement de tous, sans aucun doute. Et pourtant, je ne suis pas un poireau !
                   
                  Bon, je n’ai pas le temps de développer, mais je crois que vous pourrez trouver matière à réfelxions dans le dernier ouvrage du philosophe Alain Badiou : ’L’hypothèse communiste" qui sort aujourd’hui en librairie. Editeur : Nouvelles Editions Lignes 


                • Bois-Guisbert 18 avril 2009 18:58

                  Et pourtant, je ne suis pas un poireau !

                  Sachez que chez les animaux - donc chez les humains - la compétition commence dans le domaine de la détermination du partenaire en vue de l’accouplement. Les mâles sont en lutte pour la possession des femelles, les femelles sont en lutte pour la séduction des mâles.

                  De ce point de vue, on peut dire que la coquetterie, le maquillage et le choix de vêtements mettant en valeur celle qui les porte, ressortit déjà à une forme de compétition, la première de toutes et celle qui conditionne peut-être toutes les autres, raison pour laquelle contester le principe même de la compétion est manifestement contre nature !

                  Alors, je ne sais pas dans quelle mesure vous participez, ou ne participez pas, à cette compétition-là, mais si vous n’y participez pas, vous devez avoir quelques problèmes dont je ne spéculerai pas sur l’origine, puisque c’est vraiment du cas par cas.


                • Marianne Marianne 19 avril 2009 11:10

                  « De ce point de vue, on peut dire que la coquetterie, le maquillage et le choix de vêtements mettant en valeur celle qui les porte, ressortit déjà à une forme de compétition, la première de toutes et celle qui conditionne peut-être toutes les autres, raison pour laquelle contester le principe même de la compétion est manifestement contre nature ! »

                  Donc, si je vous suis, le naturel (l’absence de maquillage) est contre nature ?

                  Il fallait y penser !


                • Marianne Marianne 19 avril 2009 11:13

                  De plus, voyez-vous, je suis un être humain, pas un animal, et j’ai d’autres armes qu’un bâton de rouge à lèvres pour séduire. Pas vous ?


                • Bois-Guisbert 19 avril 2009 11:52

                  Donc, si je vous suis, le naturel (l’absence de maquillage) est contre nature 

                  Ridicule ! Ce que je dis c’est que le maquillage est un symptôme de la volonté de séduire, comme les vêtements , la chasse aux cinq kilos de trop, et qui dit séduction, dit désir de conquérir, donc compétition

                  De plus, voyez-vous, je suis un être humain, pas un animal, et j’ai d’autres armes qu’un bâton de rouge à lèvres pour séduire.

                  Donc pour participer à la compétition. Vous voyez, il est pratiquement impossible d’y échapper du moment qu’on n’est pas un poireau, une patate ou une betterave...


                • Abolab 19 avril 2009 12:32

                  Vous posez ici la question plus générale des relations humaines, et notamment entre hommes et femmes, la sexualité, etc... Cela dépasse assez largement la portée de cet article, et l’on ne peut évidemment pas réduire toute la problématique humaine à l’aspect compétitif de sa vie en société.

                  Dans l’idée de compétition, il y a bien sûr l’idée d’un désir de réussir, de conquête, d’achèvement (collectif ou personnel), et plus qu’une simple idée, ce sont des faits que l’on peut observer par soi-même, individuellement ou en observant le monde.C’est par exemple l’ambition sociale, la réussite personnelle, et toutes ces choses qu’encouragent la société dans laquelle nous vivons.

                  Maintenant, l’idée de compétition dans les relations humaines implique de questionner également ce que sont les relations humaines. Pour beaucoup, du moins certains (et ce qui est encouragé par la société et ses médias), la séduction est devenu quelque chose de très important, voire de primordial dans la relation. Et qui dit séduction dit image. L’image de soi, physique ou psychologique. Et il ne s’agit en fait que de la résultante de cette idée même de « soi », qui a pris dans nos sociétés une importance extrême : l’idée de moi, de soi...etc. De cette idée découle un bon nombre d’affections et de misères psychologiques, des problèmes d’images, etc. C’est une chose assez terrible en fait.


                • Bois-Guisbert 19 avril 2009 12:49

                  Cela dépasse assez largement la portée de cet article

                  Ca ne devrait pas, puisque la compétition dans le processus hautement instinctif de perpétuation de l’espèce, est fondamentale.

                  Et il n’est pas exclu que ce processus soit à l’origine de la plupart, voire de la totalité, des besoins de briller.


                • Abolab 19 avril 2009 13:07

                  Monsieur, l’humain (l’homme et la femme) sont conditionnés par une longue évolution biologique, faisant parti du règne du vivant, mais également par une longue évolution culturelle, sociale, idéologique. Par évolution, nous entendons ici le temps physique, chronologique, celui des montres et des horloges, celui des ères géologiques...etc. C’est indéniable.

                  Maintenant dire que la compétition fait parti de la nature est une autre « paire de manches ». Il y a bien évidemment dans le règne végétal et animal, une forme de lutte, d’oppositions, de conflits pour la survie. Et nous sommes génétiquement programmés par notre longue évolution biologique. Maintenant, connaissez-vous des espèces animales se détruisant elles-mêmes comme le fait actuellement l’espèce humaine, avec ses guerres, ses conflits, la destruction de l’environnement, etc... ? Comment se fait-il que les être humains vivent dans une telle division chaotique ? Vous êtes-vous jamais posé la question ? Si l’être humain est si intelligent, si rationnel, etc... pourquoi cette barbarie et cette inéquité qui existe dans le monde à l’échelle globale ?

                  L’humain a créé les conditions matérielles de par son efficience technique, lui permettant de s’affranchir de son état animal, élaborant ce que nous appelons : la culture. Mais il est resté barbare. L’humain n’a pas foncièrement psychologiquement et dans son comportement évolué. La barbarie est aujourd’hui plus raffinée, plus subtile, camouflée par de beaux discours et des idéaux, mais cela reste toujours de la barbarie. Est-ce que l’esprit de compétition est à l’origine de tout cela ? Ou est-ce qu’il n’y a pas encore une cause plus profonde ?


                • Bois-Guisbert 19 avril 2009 18:47

                  « Vous êtes-vous jamais posé la question  ? »

                  Je me la suis posé, mais il y a longtemps. Et j’ai trouvé la réponse et alors j’ai passé à autre chose

                  « Si l’être humain est si intelligent, si rationnel, etc... »

                  Ah mais, cela, c’est vous qui le dites... Et avant vous, ces stupides petits marquis qu’on appelle, encore pour un temps, les Lumières.

                  La réponse que j’avais trouvée était que l’homme n’est pas rationnel et que son affectif règle ses comportements à hauteur de 80 % environ, le reste étant dévolu à la raison, de façon plus ou moins appropriée.

                  Si vous adoptez ce point de vue, vous vous apercevrez que vous répondez à quantité d’interrogations fondées sur des réalités qui ne restent difficilement compréhensbles que tant qu’on leur apporte de mauvaises réponses.

                  « ...pourquoi cette barbarie et cette inéquité qui existe dans le monde à l’échelle globale ? »

                  Parce qu’à tous points de vue, les hommes, les peuples, les ethnies, sont profondément inégaux en talents, en ressources intellectuelles, en capacités et en potentialités.

                  Mais bon, il n’est pas du tout recommandé de le dire. Ca va contre tellement de théories à la mode...


                • Ecométa Ecométa 21 avril 2009 09:25

                  @ Bois-Guisbert


                  Il y a de la contradiction dans tout votre discours, Bois-Guibert, vous soulevez des problèmes, comme celui de l’intelligence humaine, de la rationalité humaine, qui ne seront certainement pas résolu par la compétition... bien au contraire.


                  L’être humain serait irrationnel au regard du rationalisme classique cartésien, mais pas en ce qui concerne sa propre nature... extrêmement complexe : il a tout simplement sa rationalité propre ! Une rationalité totalement niée culturellement, et plus précisément par un rationalisme techno scientiste qui ne devrait en rien concerner l’humain.


                  Assez généralement, le dominateur, celui qui est dans la compétition, qui entend dominer les autres, s’imposer aux autres ; ce dominateur est manipulateur ! Ceux qui président à la politique ou encore à l’économie manipulent, tout comme ceux qui ont présidé à la religion ; assez généralement, pour pouvoir dominer, il convient d’opposer et de diviser à l’antagonisme tout ce qui naturellement participe, collabore et s’entretient. Dans la nature même le charognard à une fonction d’utilité, et assez généralement, le plus souvent, il ne s’intéresse qu’à des proie affaiblie : pas folle la bête !


                  Je ne pense pas que l’ensemble du peuple américain voulait la guerre, c’est G. W. Bush qui voulait la guerre et qui a manipulé le peuple américains ; ce sont généralement les dominateurs, les tenants et les aboutissants de la compétition, du toujours plus, de la fuite en avant, qui mettent les autres dans la merde et non l’ensemble qui préfère vaquer à ses occupation journalière afin de satisfaire ses seuls et vrais besoins : ceux individuels comme collectifs !


                  Vous dites : « La réponse que j’avais trouvée était que l’homme n’est pas rationnel et que son affectif règle ses comportements à hauteur de 80 % environ, le reste étant dévolu à la raison, de façon plus ou moins appropriée ».


                  Désolé, mais si pour certains, qui se laissent submerger par l’affectif, votre réponse est bonne, pour une grande majorité elle est totalement fausse ! Bien sûr que l’affectif est important, et tant mieux, mais le coté pratique, le pragmatique, même le raisonnable, (je connais plein de gens parfaitement raisonnable encore que c’est assez difficile et que le système de compétition mis en place au plan mondial...n’aide en rien) ; désolé mais le pragmatique et le raisonnable sont aussi important que l’affectif, voire même plus au bout du compte !


                  Le pragmatisme pour certains ne consiste pas dans une compétition instaurée par un système ; une compétition, qui, forcément, se terminera en foire d’empoigne ! Le pragmatisme réside tout simplement dans la satisfaction individuelle et collectif des besoins primaires, secondaires et supérieurs de l’humanité : de toute l’humanité !  Une satisfaction, qui, sans aucun doute, peut se satisfaire raisonnablement, c’est à dire autrement que par la compétition (au sens anglo-saxon) ; une satisfaction qui peut se réaliser par la complémentarité et la coopération entre les humains dans le respect des principes d’humanité : de manière ontologique, déontologique, éthique et altruiste !


                • Caturix 18 avril 2009 14:31

                  Bonjour et merci pour cet article.
                  Pour l’instant, il nous est impossible de savoir si cette notion de compétition est culturelle ou « génétiquement programmée ». Mais comme dans beaucoup de domaines, la réponse n’est peut être pas aussi manichéenne que vous le laissez entendre. On peut imaginer, comme pour la théorie de l’apprentissage (cf débat Chomsky-Piaget), que la compétition est « génétiquement programmée » mais influencée par le contexte (c’est un peu simplifié mais bon...)
                  Autre question : la notion de compétition n’est elle pas trop générique. Autrement dit, n’existe il pas plusieurs formes de compétitions ? Et dans ce cas, laquelle est « responsable » de l’état notre société actuelle et peut on la modifier ?
                  Enfin, pour clore, je pense qu’une compétition peut avoir lieu sans pour autant être négative. Ainsi, on peut vouloir être atteindre le meilleur niveau sans toutefois écraser son entourage. En fait, tout dépend des conséquences de cette compétition.


                  • Abolab 18 avril 2009 18:28

                    Merci pour les commentaires.

                    Vendredi paraissait également dans le quotidien Ouest-France un article à tonalité humoristique intitulé : « Ils rêvent d’un monde sans compétition ».

                    Il va de soi que ce dont il est question ici dans cet article Agora Vox n’est ni une utopie, ni un rêve, ni la promotion d’un quelconque système « non-compétitif » auquel il faudrait à son tour se conformer, mais nous parlons de la compréhension globale et non fragmentaire de ce qu’est la compétition et sa nature destructrice à l’oeuvre dans notre société.

                    Il ne s’agit donc pas de faire de l’anti-compétition ou de prôner des mesurettes superficielles, mais bien d’engager une démarche de compréhension individuelle du processus global de ce qu’implique l’état d’esprit compétitif dans notre vie de tous les jours, et de ses répercussions à l’échelle globale. Il s’agit d’une question vraiment sérieuse et non à prendre à la légère sous une forme de blague, comme le peut le faire cet article de Ouest-France.

                    Car lorsque l’on adhère psychologiquement à un groupe, une idéologie, ou à une nation, l’on est en conflit avec tout ce qui n’est pas ce groupe, cette idéologie, cette nation, et de cette division naît l’esprit compétitif, générateur de conflits individuels, et de guerres militaires ou économiques, à l’échelle de la planète. Ce sont les faits et l’actualité de la vie des êtres humains dans le monde.

                    Lorsque l’on voit clairement le danger de cela, de manière réelle, par soi-même, et non seulement de manière intellectuelle, l’on met fin tout naturellement à ces appartenances, et il ne s’agit pas d’un rêve ou d’une utopie, mais d’une actualité.


                    • Bois-Guisbert 18 avril 2009 19:46

                      Car lorsque l’on adhère psychologiquement à un groupe, une idéologie, ou à une nation, l’on est en conflit avec tout ce qui n’est pas ce groupe, cette idéologie, cette nation, et de cette division naît l’esprit compétitif, générateur de conflits individuels, et de guerres militaires ou économiques, à l’échelle de la planète.« 

                      Dans la mesure où vous adhérez psychologiquement au groupe de ceux qui souhaitent mettre fin, »tout naturellement," à leurs appartenances, comment est-ce que vous vous positionnez par rapport à ceux qui dénoncent votre attitude comme irréaliste, rétrogradante et suicidaire ?


                    • Abolab 19 avril 2009 11:56

                      Monsieur, merci de poser cette question, car elle est effectivement utile à la compréhension de ce dont nous parlons ici. Pardon à l’avance pour ma réponse qui est peut être un peu longue.

                      Tout d’abord, il ne s’agit pas ici d’appartenir à un groupe quelqu’il soit, ni d’adhérer à une idéologie ou un système de pensée quel qu’il soit. Et c’est bien là la difficulté de la chose à saisir, qui est un peu plus subtile, mais très intéressante si l’on veut bien se donner un peu la peine d’y réfléchir, ou plutôt si l’on engage réellement un tant soit peu son esprit à la compréhension de la chose.

                      Donc, il ne s’agit pas ici d’imposer une idée ou un jugement de valeur concernant la compétition : « la compétition, c’est bien, c’est utile », ou bien « la compétition, c’est mal, c’est dangereux...etc ». De telles positions sont des conclusions que l’on adopte en fonction de ses propres préjugés, idées, ou bien parce que l’on a été convaincu par l’argumentaire de telle ou telle personne. Il ne s’agit pas donc d’une compréhension personnelle, claire, factuelle et objective de la chose, mais d’une simple répétition.

                      Ainsi, dès lors que l’on a accepté une certaine idée, ou bien rejeter une certaine idée (concernant ici la compétition), l’on a cessé l’investigation, et on a créé une idée, une opinion, à laquelle on adhère. Si un certain nombre de personnes adhère à cette idée ou opinion, alors, elle forme un groupe, une communauté, etc., avec toute la propagande associé. Nous connaissons très bien cela, et notamment dans le domaine de la politique. Et là n’est pas le point invoqué par l’article, qui est non pas de promouvoir un système de pensée ou une idée ou opinion particulière, mais bien de réfléchir ensemble à ce qu’est et implique la compétition dans notre vie, tant au niveau individuel que collectif, ces deux niveaux n’étant pas cloisonnés ni réellement séparés.

                      Et pour réfléchir ensemble, il faut avant tout avoir psychologiquement mis de côté ses préjugés, ses appartenances, ses opinions, ses croyances...etc (ce qui peut être un peu dérangeant voire inquiétant pour un certain nombre de personnes). Pour réfléchir ensemble, il faut être libre psychologiquement. C’est-à-dire avoir compris le caractère limité de tout savoir, de toute pensée, et d’avoir perçu le caractère conflictuel de toute pensée : « ma » pensée et « votre » pensée, « mes » croyances et « vos » croyances. Car tant que l’on s’attache à ses croyances, ses idées, ses opinions, réfléchir, ou penser ensemble est impossible. C’est le conflit sans fin des politiques, des idéologues, des religions organisées, des groupes de pensée, des systèmes intellectuels, des nations...etc

                      Et pour être libre psychologiquement, il faut également être psychologiquement seul, ce qui n’est pas non plus un égocentrisme. C’est-à-dire, lorsque l’on dépend psychologiquement d’un groupe quel qu’il soit, l’on ne peut être libre. L’on dépend inévitablement matériellement d’un certain nombre de groupes ou de configurations sociales dépendant de circonstances et d’intérêts communs particuliers, mais psychologiquement, la dépendance doit être questionnée pour comprendre ce qu’est être libre et ce qu’est réfléchir rationnellement et objectivement sur une question donnée quelle qu’elle soit.


                    • Bois-Guisbert 19 avril 2009 12:44

                      Vous montrez ici toutes les limites de votre démarche, qui reste complètement utopique.

                      Ainsi, vous écrivez...  : 

                      « ...psychologiquement, la dépendance doit être questionnée pour comprendre ce qu’est être libre et ce qu’est réfléchir rationnellement et objectivement sur une question donnée quelle qu’elle soit. »

                      ...or, je vous mets au défi de parler « rationnellement et objectivement » de l’immigration allogène, de l’énergie nucléaire, du végétarisme ou de l’homéopathie...

                      En quelque domaine que ce soit, la rationnalité et l’objectivité sont les vôtres et seulement les vôtres, fruits de vos expériences et de vos réflexions qui, là encore, sont les vôtres et seulement des vôtres.

                      A partir de là, la rationnalité en soi, comme l’objectivité en soi, ne peuvent pas exister. Cest en cela que votre approche est profondément utopique.


                    • Abolab 19 avril 2009 13:10

                      Penser rationnellement et objectivement, c’est-à-dire avoir mis de côté ses préjugés, ses croyances, ses opinions ne dépend pas d’un sujet de discussion particulier. Lorsque cela est, lorsque cela est intégré, compris, et que plusieurs personnes se réunissent dans cet état d’esprit, alors il est possible de régler n’importe quel problème dans n’importe quel domaine.


                    • Bois-Guisbert 19 avril 2009 18:56

                       c’est-à-dire avoir mis de côté ses préjugés, ses croyances, ses opinions

                      L’homme n’a pas que des préjugés, des croyances et des opinions, il a aussi des certitudes et des convictions, basées sur l’étude, la connaissance et l’expérience, dont il est impossible - outre que ridicule - de faire abstraction.


                    • La Luciole 19 avril 2009 00:02

                      Sans esprit de compétition nous serions au mieux des pachydermes, et encore pas sur, même eux sont animés par un esprit de rivalité ne serait-ce que pour assurer leur survie ou pour la reproduction de l’espèce. 
                      D’ailleurs le désir est à la source de la vie, et cet « esprit de compétition » n’est jamais qu’une sophistication du désir. Le « modèle économique » serait au contraire une conséquence de cet instinct inné de compétition et non pas sa cause.
                      Mais si vous n’avez pas d’ambition, libre à vous d’inverser l’ordre des choses.


                      • Ecométa Ecométa 19 avril 2009 09:43

                        Désolé la luciole pour votre éclairage peu lumineux... mais nous sommes sortis de l’animalité !


                        De plus le pachyderme, terme péjoratif pour désigner l’éléphant, sait faire preuve d’empathie, même de compassion, au regard de ses congénères morts ou en difficultés.


                        Nous sommes sortis de l’animalité, du moins en grande partie... bien qu’il nous reste des traces, pas seulement d’animalité mais plutôt bestialité, ou simplement de bêtise humaine ! Comme bon nombre d’animaux qui vivent en troupe, comme nous vivons en société, nous sommes capables d’empathie, de compassion. L’évolution à fait que nous sommes en mesure de nous interroger, de comprendre, au moins d’essayer, de conceptualiser et créer notre propre univers... malheureusement pas toujours de la meilleure des manières pour tout le monde.


                        Notre évolution vers l’humain, vers le concept d’humanité à fait que nous avons développé des concepts philosophiques comme l’ontologie, la déontologie, l’éthique et l’altruisme ! Effectivement, en plus d’être des êtres de besoins, de besoins primaires comme les animaux, mais également de besoins beaucoup plus évolués, individuels et sociétaux, l’évolution a fait que nous sommes des êtres également de désir. Mais le fait de vivre en société, d’avoir besoin les uns des autres, sauf à être un vrai « bof » et ne penser qu’à sa tronche ; cette évolution fait que ce désir est forcément limité, du moins sa réalisation, car toute chose à ses limites, ceci, au même titre que la liberté individuelle qui ne peut être inconditionnelle mais forcément conditionnelle : sociétalement conditionnelle !


                        La compétition n’est pas liée au désir mais au besoin de certains, d’une façon ou d’une autre (politique, économique, religieuse, dans la vie de tous les jours...), de dominer les autres en permanence ! Les sociétés humaines, sauf à devenir autre chose, comme des sociétés d’humanoïdes et plus réellement d’humains, doivent s’organiser légalement et règlementairement, de façon à limiter l’action des prédateurs. Il faut des meneurs, des chefs, des gens capables de monter des voies, mais toujours dans un cadre de démocratie républicaine ; à cette égard, et pour tous, les meneurs en tout genre et les autres, l’éthique de Kant paraît une bonne règle de conduite en société humaine !


                        L’éthique de Kant :


                        « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée par ta volonté en une loi universelle » et non individuelle ou personnelle.


                        « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité en toi-même et en autrui comme une fin et jamais comme un moyen ».


                        « Agis comme si tu étais législateur et sujet dans la « République » des volontés libres et raisonnables ».


                      • Bois-Guisbert 19 avril 2009 10:18

                        « Mais le fait de vivre en société, d’avoir besoin les uns des autres, sauf à être un vrai « bof » et ne penser qu’à sa tronche... »

                        Ah mais ça, c’est le cas de 95 % des individus. Il faut comprendre que parmi ceux qui se dépensent sans compter pour autrui, ils sont aussi 95 % à le faire pour se sentir meilleurs, plus méritants, que les autres. Ce qui est encore une façon de « compétitionner » !


                      • La Luciole 20 avril 2009 02:10

                        Merci bien pour ces bonnes leçons de morale, mais Kant a plutôt exprimé « l’impératif catégorique » à titre de réflexion théorique et dans la suite logique de sa « critique de la raison pure », c’est à dire comme une loi de la « raison pratique » et non comme le ferait un donneur de leçon. D’ailleurs il n’était pas naïf et ne se faisait aucune grande illusion sur la capacité de tout un chacun à s’appliquer spontanément ces règles.

                        Ceci dit pas de rapport direct avec l’esprit de compétition ou l’ambition qui n’ont rien d’immoral et que je continuerai de considérer comme des valeurs positives et motrices de la vie.


                      • La Luciole 20 avril 2009 02:54

                        D’accord aussi avec Bois-Guibert.
                        L’esprit de compétition chez l’homme c’est quelque chose d’inné, y’a qu’à voir chez les gamins comme ça fonctionne bien la récompense et l’émulation. Mais bien sur ils vont vous dire « non ce comportement c’est le fruit d’un acquis », « c’est parce qu’on le récompense qu’on l’a dressé à devenir ainsi, réflexes conditionnés, etc ».... toujours ce même raisonnement inversé du « matérialisme historique », inversion entre Esprit et matière.


                      • frédéric lyon 19 avril 2009 10:37

                        Ceux qui contestent le principe de la compétition sociale me font rire.

                        Ne sont-ils pas justement en compétition avec les autres pour tenter de faire triompher leurs principes sur ceux de leurs adversaires, dans la société dans laquelle ils vivent ?

                        Malheureusement pour eux la compétition est une loi de la nature à laquelle ils obéissent comme les autres, avec pour seule différence qu’ils sont les seuls à le nier.

                        Car enfin, l’impayable auteur de l’article que nous avons l’honneur de commenter ici-même, pourrait-il nous expliquer ce qui l’a poussé à se fendre de ce pavé sans queue ni tête, dans lequel il s’est littéralement crevé à tordre tous les concepts, pour essayer de nous faire comprendre qu’il n’est nullement en compétition avec quiconque, puisqu’il est un Bisounours ?

                        Et ils voudraient qu’on les croit. Ils ont sans doute du temps à perdre. Finalement les bolchéviques étaient plus honnêtes, puisqu’ils ne refusaient pas la compétition et envoyaient leurs adversaires au Goulag sans aucun remords.

                        Mais nos crétins d’aujourd’hui, qui tentent de recycler leurs idées en faillite depuis la chute du Mur de Berlin, rêvent toujours d’instaurer la société qu’ils ont fantasmé hier au soir pendant leur cuite, et à coup de triques s’il vous plait.

                        Ils n’ont seulement plus l’honnêteté de l’assumer.

                        Leur combat est désormais un combat d’arrière-garde, l’Histoire ne repasse pas les plats. 


                        • Marianne Marianne 19 avril 2009 11:23

                          « l’Histoire ne repasse pas les plats. » Oh que si, elle les repasse ! Regardez par exemple les guerres de religion et les guerres tout court, on en a pas encore fini...

                          Vous ne voulez quand même pas nous faire croire que le capitalisme est la fin de l’histoire, Frédéric Lyon... ?

                          Pas avec ce qu’il se passe en ce moment !


                        • Bois-Guisbert 19 avril 2009 12:20

                          « l’Histoire ne repasse pas les plats. » Oh que si, elle les repasse ! Regardez par exemple les guerres de religion et les guerres tout court, on en a pas encore fini...

                          Quand Céline a écrit que l’histoire ne repasse pas les plats, il voulait dire aux mêmes protagonistes.

                          Les guerres de religion d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que celles d’hier et les guerres d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier non plus, où l’on ne parlait pas de guerres asymétriques, par exemple.

                          Celles de demain auront un visage que nous ne pouvons même pas essayer d’imaginer. Tout ce qu’on sait, c’est qu’elles seront. Oswald Spengler n’a pas eu besoin d’interroger de pleins bols de marc de café pour écrire :

                          « Du peu que nous pouvons connaître des événements du futur, une chose est certaine : les forces du mouvement du futur ne seront rien d’autre que celles du passé : la volonté du plus fort, les instincts vitaux, la race, la volonté de posséder, et le pouvoir. »


                        • La Luciole 20 avril 2009 02:43

                          Tout à fait d’accord avec Frédéric Lyon.
                          On assiste d’ailleurs toujours à ce même clivage droite gauche que certains persistent à vouloir nier, et qui prend diverses formes en se dissimulant sous divers prétextes. Derrière la négation de cet instinct naturel à la compétition qui pourtant anime l’homme, c’est encore et toujours le capitalisme qu’ils cherchent à dénigrer, et pour cela ils dénoncent les progrès technologiques puisqu’ils génèrent des profits, et condamnent tout ce qui pousse instinctivement à aller de l’avant.


                        • Bois-Guisbert 20 avril 2009 08:36

                          Derrière la négation de cet instinct naturel à la compétition qui pourtant anime l’homme, c’est encore et toujours le capitalisme qu’ils cherchent à dénigrer,

                          Mais pas seulement. Au-delà du dénigrement du système capitaliste, ils proclament l’égalité de tous les hommes et, par conséquent, remettent en cause tout ce qui confirme l’existence d’inégalités entre les individus.


                        • La Luciole 20 avril 2009 10:05

                          OK Bois-Guibert, mais en fait cela revient au même, égalitarisme et anticapitalisme étant directement reliés.


                        • Ecométa Ecométa 20 avril 2009 10:56

                          @Bois-Guisbert


                          Un peu simpliste : le fait de critiquer un état de choses, une réalité construite, voire manipulée, imposée, qui plus est inacceptable pour qui a un minimum de conscience, ne relève pas de la compétition mais simplement d’un état de conscience visiblement plus développé chez certains que chez d’autres.


                          Vous êtes en train de vous égarez, à moins que vous soyez en panne d’arguments ! Il faut de la mesure en toute chose, surtout ne pas les abuser ces choses comme nous le faisons si parfaitement, si sciemment, si savamment, si académiquement, ou alors elles vous le rendent. Personnellement je critique tous les termes en « isme » qui sont des usages paroxysmiques relevant de la pure bêtise humaine.


                          Ainsi je critique l’individualisme, l’individu pour l’individu, paroxysme d’individualité et plus réellement individualité ! Le rationalisme, ma rationalité pour la rationalité, paroxysme de rationalité et plus réellement rationalité. L’utilitarisme, l’utilité pour l’utilité, paroxysme d’utilité et plus réellement utilité. L’économisme, l’économie pour l’économie, paroxysme d’économie et plus réellement économie. Le scientisme, la science pour la science, paroxysme de science et la science stupide ! Le protectionnisme, la protection pour la protection, paroxysme de protection et une protection crétine. Le concept de nationalisme, la Nation pour la Nation, paroxysme de nationalité et la Nation crétine ! Il en va de même pour le capitalisme, le capital pour le capital, usage paroxysmique du capital.


                          A vous entendre le capitalisme, donc usage paroxysmique du capital, réduction d’un système complexe à un seul des éléments, qui plus est, simplement de moyen ; à vous entendre : le capitalisme ne serait pas critiquable ! Le capital est utile et nécessaire à l’économie, tout comme l’épargne, le crédit, la monnaie, mais réduire l’économie au seul capital, comme le fait le capitalisme, tel un dogme indépassable, comme une doctrine, comme une pure croyance qu’il vaudrait mieux ne pas contrarier, et dont il serait impossible de sortir : relève de la bêtise humaine !


                          Personnellement je cherche simplement à satisfaire mes besoins et ceux de ma famille, ceci au sens de la pyramide de Maslow, besoins primaires physio-biologiques et secondaires psychosociologiques, et que ceci ne peut se faire qu’avec les autres,, désormais dans le cadre d ’une société et plus simplement d’une tribu, ceci, d’autant plus dans une société organisée nationalement au plan économique.


                          J’insiste, mais les termes de compétition et de concurrence ont été dévoyés de leur sens premier par des esprits sophistes et cyniques, en fait par ceux utilitaristes, même positivo scientistes, des 18 è et 19 è siècle ; par une culture individualiste crétine qui a présidé la fin di 20 è siècle.


                          Il y a, et il faut, de la diversité en société ! Il faut de tout pour faire un monde, ceci, à la condition expresse de rester dans le raisonnable et l’acceptable par tous et pour tous. Le principe d’Egalité de la République ne signifie pas « égalitarisme » mais seulement « égalité en droit et en devoir » ; il ne doit pas y avoir de domination des uns sur les autres...  de certains sur d’autres ! Humainement, au plan de notre évolution, des principes d’humanité, sauf à les contester, il doit y avoir participation de tous... c’est précisément, là, dans la participation qu’est résumé le véritable sens, celui étymologique, des termes de compétition et de concurrence (les préfixes « con » ou « com » signifie « avec » et non « contre ») : agir avec les autres, courir avec les autres ; tout simplement participer ! Souvent la culture du moment, des moments, altère le sens des mots, et c’est le cas de cette culture de l’individualisme paroxysme d’individualité et plus réellement individualité qui caractérise si fortement nos modernes sociétés. Une société individualisme : n’y a-t-il pas là comme un non sens... comme une contradiction ? N‘ y a-t-il pas la une antinomie qu’il faudrait lever ? Bien sûr que si !


                        • Ecométa Ecométa 20 avril 2009 11:09

                          @ archibald-haddock


                          La compète c’est la fuite en avant, la négation de la réalité ; c’est la négation du temps présent qui est le seul temps valable pour réellement comprendre la réalité !


                        • Camille 20 avril 2009 10:01

                          Il y a ceux qui défendent la pensée mécanique comme si l’humanité vivait dans une bulle.Plus simplement cela s’appelle la bêtise,mais les bêtes le sont souvent moins que beaucoup d’humains.Le rêve ou l’illusion s’achève un moment ou un autre.L’humanité quelque soit sa prétention ne peut négocier avec sa propre fin. C’est d’intelligence, c’est de prendre conscience de nos prétentions dont nous avons le plus besoin . Une révolution à tous les niveaux est plus que nécessaire.......

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