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Accueil du site > Actualités > Société > La condamnation à mort

La condamnation à mort

C’est un fait, le pouvoir médical est exorbitant de pouvoir décider de la vie et de la mort. On est certes un peu ébahi de voir des Américains traiter Obama de nazi sous prétexte que des commissions devraient décider de rembourser ou non tel ou tel traitement. On ne voit pas bien en quoi la sélection par l’argent qui prévaut sinon serait en quoi que ce soit préférable mais la mauvaise foi des Républicains, véritables Talibans de l’intérieur, agit malgré tout comme révélatrice d’un problème amené à prendre de plus en plus d’importance dans une société médicalisée et vieillissante : non pas celui de l’Etat nazi mais bien de l’euthanasie ! celui du pouvoir de vie et de mort qui est devenu l’apanage des médecins et du système de soins constituant un des fondements principaux de nos sociétés, y compris de la misère des pays surpeuplés, sans être suffisamment interrogé jusqu’ici dans ses contradictions et ses impasses.

On pourrait croire qu’on ne meurt plus que de vieillesse désormais, chose la plus naturelle qui soit, sauf que l’augmentation de l’espérance de vie n’a déjà plus rien de naturelle et c’est dans la plupart des cas une vie médicalement prolongée, autant dire une vie artificielle qui peut être arrêtée arbitrairement à tout moment par un pouvoir médical qui en devient intolérable.

Ce pouvoir n’est pas tant un pouvoir positif ou d’oppression que d’irresponsabilité ou de dérobade. L’argument pour refuser un traitement sera, en effet, soit celui du coût (trop cher pour la sécu) soit celui des effets secondaires ou d’un accident toujours possible dont le médecin ne voudrait pas être tenu pour responsable (primum non nocere). Ce faisant, le médecin se fait simple auxiliaire de police quand il ne fait pas office de bourreau sous sa blouse blanche d’humanitaire supposé à la fois compétent et compatissant. Du haut de son savoir et du privilège régalien de pouvoir délivrer les traitements, il raccompagne gentiment les patients à la porte du cimetière où ils devraient se dépêcher de disparaître, plus rentables, bons à jeter... Ce n’est en rien une question qu’on pourrait évacuer ni résoudre facilement. Il y a certes toujours un moment où il faut arrêter l’acharnement thérapeutique, et donc donner la mort, de même qu’il faut bien faire des choix dans ceux qui auront droit à la vaccination en cas de pandémie. Comme Sartre le soulignait, il y a toujours eu pour la société "nécessité de choisir ses morts", réalité honteuse qu’on cherche à camoufler à tout prix. Où l’on voit qu’il n’y a pas que les pauvres qu’on cherche à éliminer physiquement mais tout autant les vieux ou les malades, passés un certain stade qui varie d’ailleurs grandement selon les personnes et les milieux. Occasion de rappeler que si nos rapports avec nos semblables sont civilisés en temps ordinaire, c’est tout autre chose dans les états extrêmes, quand on n’est plus aussi semblables ni gens de bonne compagnie... Même célèbre, même riche, ce sont vos plus proches qui peuvent vous débrancher un peu comme on donnait en Sardaigne une herbe mortelle paralysante à ceux qui "avaient assez vécu", imprimant sur leur visage le fameux "rire sardonique" avant de les précipiter d’une falaise ! Qu’on ne croit pas qu’on n’a plus rien à voir avec ces moeurs primitives...

C’est en tout cas une expérience que je fais avec ma vieille mère considérée comme trop âgée pour être soignée de son Parkinson alors que des traitements existent, plus ou moins lourds, plus ou moins expérimentaux, mais ça ne vaut plus le coup pour de jeunes neurologues tout juste sortis de la faculté ; affaire classée ! Ce n’est pas bien sûr qu’il faudrait à tout prix prolonger la vie mais avec le vieillissement de la population, l’euthanasie passive va certainement devenir une question sociale de plus en plus aigüe, une nouvelle barbarie à combattre. Ce qui est insupportable ici, ce n’est pas tant qu’il y ait des médecins partisans de l’euthanasie, lâches ou près de leurs sous, ni même que les ressources soient limitées, c’est qu’on soit livré sans recours à des petits fonctionnaires ayant droit et de vie et de mort sur nous. C’est pourtant le patient qui devrait être seul juge de sa vie et des traitements qu’il prend, le médecin ne devant être ici que celui qui examine, informe et conseille, pas celui qui fait le tri et prononce la condamnation à mort. Le patient ne peut être réduit à un objet dans le cabinet médical et perdre son statut de sujet et de citoyen. Plus généralement, il est aberrant que ce soit le médecin qui détermine les doses dans la plupart des cas où il faudrait que le patient les ajuste à leur effet qui dépend de son état ! C’est certainement une raison de recourir aux traitements traditionnels autant que possible mais qui ne peuvent remplacer les derniers progrès de la médecine dont la généralisation est certes problématique mais qui suffit à transformer une mort naturelle en condamnation administrative. D’ailleurs, la question de la démocratisation de l’accès aux soins est aussi celle des compétences sociales pour savoir frapper aux bonnes portes, renforçant encore les inégalités.

Il est donc possible que la question du pouvoir médical soulevée par la tentative d’instaurer une sécurité sociale américaine ne s’éteigne pas de sitôt, même avec la mise en place (très hypothétique à ce jour) du dispositif, car c’est une question cruciale qui n’a pas été assez portée sur la place publique et qui n’est pas sans rapport avec le néolibéralisme qui est une forme de technocratisme anti-démocratique. En tout cas, mettre à bas ce pouvoir des experts transformant les citoyens en administrés, c’est remettre en cause le système de domination comme gestion des populations et biopouvoir qui se substitue insensiblement à la démocratie et que certaines tendances autoritaires de l’écologie pourraient renforcer. Après le racisme et le sexisme, c’est l’hygiénisme et le pouvoir médical qu’il faut dénoncer pour retrouver notre autonomie dans nos dépendances, remettant en cause du même coup la répression des toxicomanes qui est un maillon essentiel de l’extension de l’arbitraire policier et une véritable guerre contre les populations. C’est bien sur ces plans là, plus que d’une vidéosurveillance largement inefficace, que nous avons laissé l’Etat policier se développer avec des mesures fascisantes et qu’il faudra reconquérir notre liberté par nos luttes. Ce n’est pas gagné, mais c’est bien encore une fois une question de vie et de mort !


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38 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 25 août 2009 13:22

    excellent article , j’ai lu un roman prémonitoire où c’est la caisse d’assurance maladie du comté qui décidait qui avait le droit de vie et qui n’était pas rentable ! un peu comme les caisses de santé en Grande Bretagne décident qui doit être soigné en priorité !

    oui , seul le patient doit décider de ce qu’il veut pour sa vie , comme on ne peut euthanasier les gens à « l’insu de leur plein gré », on a pas le droit non plus d’interdire aux gens de mourir quand ils le souhaitent


    • Krokodilo Krokodilo 25 août 2009 14:01
      Article très confus, pratiquant l’amalgame par manque de clarté dans vos analyses, voire assez diffamatoire dans ses raccourcis, comme ce passage : 
      « C’est en tout cas une expérience que je fais avec ma vieille mère considérée comme trop âgée pour être soignée de son Parkinson alors que des traitements existent, plus ou moins lourds, plus ou moins expérimentaux, mais ça ne vaut plus le coup pour de jeunes neurologues tout juste sortis de la faculté ; »

      A vous lire, on a l’impression qu’une bande d’ignobles médecins ont laissé votre mère et son parkinson au bord du chemin, sans aucun traitement, ce qui est absolument inenvisageable, la réalité est bien plus complexe. Il se peut que son parkinson ait évolué, que certains traitements aient moins d’effet sur elle après quelques années, il se peut qu’on ait déconseillé certains traitements neurochirugicaux lourds et réservés à certaines indications (ce qui peut éventuellement être considéré comme un refus, encore faut-il donner les détails), il se peut qu’en plus de son parkinson elle ait malheureusement un début de démence sénile, bref, la réalité est bien plus complexe que votre raccourci. 


      • Jean Zin Jean Zin 25 août 2009 17:05

        Il n’est pas question de parler ici d’un cas particulier mais d’analyser une situation de fait qui résulte d’un système.


      • appoline appoline 25 août 2009 20:03

        Bonsoir Doc,

        Je comprends que vous veniez à la rescousse de vos confrères, mais ce cas est hélas monnaie courante dans les hôpitaux. Vous n’ignorez pas, enfin j’espère, ce qu’il se passe dans les maisons de retraite médicalisées, il y a trop d’acharnement à vouloir faire vivre des résidents déjà à moitié moribonds ; Certaines prescriptions se font à lurelure, quant à l’hygiène malgré des pages de procédures, vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur des gros porcs.
        Le monde médical se meurt car il ne se remet pas en cause et ne sait pas se débarrasser de ses brebis galeuses, voilà le noeud du problème.


      • Krokodilo Krokodilo 26 août 2009 12:09

        Appoline, je ne vole pas du tout au secours de mes collègues, je trouve simplement que cet article est mauvais, confus, et témoigne d’une méconnaissance complète du sujet. Il y a un pouvoir médical, certes, comem il y a un pouvoir du garagiste d’ailleurs, mais c’est un sujet qui mérite mieux que des accusations à l’emporte-pièce telle que celle que j’ai citée plus haut. 
        De même que vopus vous trompez en parlant d’acharnement au sujet des maisons de retraite médicalisées. Le terme d’acharnement thérapeutique ne s’applique pas du tout à ce genre de situations, il s’agit là des soins minimums à fournir pour faire preuve d’un respect minima des précédentes générations, après dans le détail c’est à chaque praticien de doser son recours aux soins et services spécialisés. Vous voudriez qu’on les entasse sur le trottoir devant la maison de retraite ? 

        Dans ce cas, sur le sujet je recommande l’excellent livre de Science-fiction de JM Truong,Français, Eternity express, 4 ou 5 livres de SF mais tous des classiques, comme quoi tout ce qui brille n’est pas anglosaxon ou anglophone.

      • appoline appoline 26 août 2009 19:43

        @ Doc,
        «  Le terme d’acharnement thérapeutique ne s’applique pas du tout à ce genre de situations, »

        Et bien si, Doc, il s’agit bien d’acharnement thérapeutique quand on s’obstine à perfuser une personne âgée en fin de vie, à lui poser une sonde gastrique pour la nourrir, dans le meilleur des cas sinon il y a la petite cuillère entre les dents pour lui faire ingurgiter sa nourriture, au risque évidemment de lui péter une partie du râtelier. Des pacemakers sur des personnes de 92 ans, j’appelle cela une faute professionnelle qui mériterait un licenciement pour faute lourde mais voilà, nous sommes dans le domaine public et chacun peut y faire n’importe quoi en toute impunité. Le monde médical ternit son blason à force de ne pas prendre ses responsabilités et a perdu depuis longtemps son humanité.


      • Krokodilo Krokodilo 27 août 2009 00:20

        Nous sommes déjà dans des situations plus précises. La perfusion, pas d’accord, ce n’est pas de l’acharnement, ça ne prolongera guère la survie que de quelques jours, c’est tout au plus une hydratation afin de passer les derniers moments sans la sensation de soif, la déshydratation. Un stimulateur cardiaque à 92 ans ? Et que dire à un patient est encore relativement valide et conscient, ayant toute sa tête ? Ca se rencontre de plus en plus souvent : ah désolé, vous n’avez plus l’âge ! Pour la sonde gastrique, je reconnais que c’est plus ambigü, j’ai déjà vu un patient qu’un grand professeur donnait quelques semaines à vivre, ou mois, qui a vécu environ trois ans nourri par sonde gastrique. Ce n’est pas un sujet facile.


        En outre, l’acharnement ne concerne pas que la fin de vie : que dire de l’acharnement à faire des enfants à 70 ou 80 ans, vedettes du showbiz ou simples anonymes ? L’acharnement à se faire poser de faux nibards ? Le jeunisme forcené ? le consumérisme ?

      • marcel 25 août 2009 14:04

        « et une véritable guerre contre les populations. »

        Le grouillement humain excessif que nous connaissons dans le monde entier est cause majeure de l’inhumanité de nos sociétés .
        Les populations sont responsables de la surpopulation qu’elles ont générée : qu’elles paient
        donc les conséquences de leur lapinisme au prix fort.
        Un malthusianisme appliqué de longue date eût donné à chaque pays un chiffre de population adaéquat ; au lieu de cela , la population a crû follement et la résolution de ce problème risque d’ être du type « endlosung » 


        • appoline appoline 25 août 2009 20:09

          @ Marcel,,

          Justement, les infos viennent de féliciter nos pondeuses. Bientôt nous serons 7 milliards sur terre et un connard vient de déclarer qu’en Inde, il y avait un dynamisme pas possible avec ses 27 millions d’individus en plus chaque année.

          Alors nos pondeuses vont pondre de plus belle sans regarder plus loin que le bout de leur nez, peut-être que les évènements qui arrivent leur mettront du plomb dans la tête, la progéniture n’y resistera sans doute pas.


        • millesime 25 août 2009 14:11

          le directeur du Budget de Barack Obama est Peter Orszag. Or le principal conseiller de Peter Orszag est Ezekiel Emanuel (qui en 1990 proposait de refuser de soigner les personnes qui n’ont pas la possibilité d’être ou devenir des citoyens participatifs).

          Le 31 janvier 2009 dans le journal britannique « The Lancet », Ezekiel Emanuel, le conseiller spécial de la Maison-Blanche, signait un article intitulé « les critères d’attribution des traitements médicaux rares »

          Ezekiel Emanuel présentait une méthode de sélection des couches de la population devant être en priorité privées de soins dans la situation actuelle de disette budgétaire. Dans cet article, il explique les principes qui guident son « système de vie complètes ». Ce système « engendre une courbe dans laquelle les individus âgés de 15 à 40 ans ont les plus grandes chances de leur côté, alors que les plus jeunes et les plus âgés voient leurs chances diminuer »

          Il continue en expliquant toujours aussi froidement pourquoi « la mort d’une femme de 20 ans est intuitivement plus grave que celle d’une petite fille de 2 mois, même si le bébé a vécu moins longtemps. La personnalité de la femme de 20 ans est beaucoup plus développée que celle de l’enfant ; elle a bénéficié de l’investissement des autres pour entamer des projets qui n’ont pas encore bénéficié de tels investissements »

          Pour Emanuel, ce système « nous donne le pouvoir de décider, de façon juste, qui nous sauverons lorsqu’une pénurie rendra impossible le sauvetage de tout le monde.. ! »

          (autrement dit cette administration américaine est constituée de déments pressés d’imposer le projet d’eutanasie du cartel bancaire... !)


          • L'enfoiré L’enfoiré 25 août 2009 14:21

            Etre médecin c’est avoir signé le serment d’Hypocrate Réactualisé, il n’a aucune valeur légale. Chaque faculté a sa propre version avec ceci « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. » comme base. 


            • L'enfoiré L’enfoiré 25 août 2009 14:26

              @L’auteur,
               Désolé d’avoir moinssé l’article, pas pour son contenu, que je trouve bon mais pour sa déviation par rapport à l’image et la vision américaine qui n’est pas assez analysée. Finalité qui ne correspond pas. La mutualisation refusée p...


              • Jean Zin Jean Zin 25 août 2009 16:32

                Oui, cet article peut être sujet à tous les malentendus. Il n’est pas sur Obama et les USA mais sur le biopouvoir ici même.


              • Alain Jean-Mairet 25 août 2009 14:50

                Quelques remarques :

                Les Américains qui traitent Obama de nazi ne sont pas des républicains, c’est LaRouche, donc l’extrême gauche.

                Mme Palin, qui est républicaine, a parlé de « death panels » pour qualifier une idée d’Obama qui consiste à créer des comités consultatifs qui traiteraient de cas concrets d’euthanasie. Son propos était excessif si l’on se réfère au projet de loi actuel, notamment car ces comités seraient purement facultatifs (quoique leur simple existence constituerait tout de même une incitation à les utiliser). Mais elle se réfèrait alors à une déclaration publique d’Obama et dans ce cadre, son mot peut paraître justifié (Obama est certes un orateur charismatique mais il n’improvise pas toujours avec bonheur).

                Le seul moyen d’éviter que le sort des patients ne dépende trop de l’avis d’experts et/ou de politiciens est de ne pas légiférer sur le sujet et de ne pas permettre à l’État de dicter des solutions. Seul le patient qui paie lui-même son/ses médecin/s peut vraiment décider de son sort. Et sinon, quitte à faire confiance à d’autres gens sur la base de leur formation ou de leur statut, la moins mauvaise solution reste sans doute d’opter pour des médecins.


                • Jean Zin Jean Zin 25 août 2009 16:42

                  Oui, c’est Larouche qui a atteint le premier le point Godwin mais Larouche ne représente rien (ni l’extrême gauche) et ce sont des républicains qui reprennent la caricature.

                  C’est toujours une mauvaise solution de devoir se fier à des compétences supposées, il faut arriver à ce que ce soit le patient qui décide (en étant éclairé) mais je crois aussi qu’on butte sur un réel et qu’il n’y a pas de solution entièrement satisfaisante. Ce qui m’importe ici, c’est de montrer qu’il y a bien un problème et que ce n’est pas l’argent non plus qui doit décider.


                • socrate socrate 25 août 2009 15:01

                  @ l’auteur :

                  il y a conflit d’intérêt chez vous, et généralisation outrancière.

                  je pense que ce dont souffrent votre grand-mère et vous, ce n’est pas de la décision prise par les « jeunes neurologues » qui sont très bien formés à prendre telle ou telle décision dans le cadre d’une maladie malheureusement aussi banale que la maladie de Parkinson, mais vraisemblablement le manque de dialogue entre eux et vous.

                  Les avez-vous rencontrés ? avez-vous discuté de leur choix thérapeutique ?
                  Y’at-il des alternatives thérapeutiques ?

                  c’est de cela qu’il faut en fait discuter : ce n’est pas du choix fait par les médecins qui ne décident pas comme vous le croyez de la vie ou de la mort (vous leur attribuez une puissance divine qu’ils n’ont malheureusement pas), c’est de leur formation à la communication avec les patients et avec leur famille.

                  et une dernière chose : il faut se méfier des déclarations cathodiques sensationnelles des journalistes qui sont embringués par des médecins en mal de reconnaissance ou de subsides gouvernementaux sur la réussite des traitements nouveaux. Ils sont souvent réservés à des petites populations qui sont triées sur des critères très précis qui n’ont rien de subjectifs mais malheureusement statistiques et humains. Et comme vous le savez errare humanum est.


                  • Jean Zin Jean Zin 25 août 2009 16:58

                    Je ne vois pas bien où il pourrait y avoir un conflit d’intérêt avec le sujet de l’article ??? Je ne suis pas guérisseur et n’ai que la position du malade qui doit en passer par le médecin pour obtenir le traitement dont il a besoin.

                    Je n’aurais sans doute pas dû méler ma mère à une démonstration qui aurait pu s’en passer. C’était une illustration que je trouvais parlante en écho au débat américain (« buter mamie ») pour montrer qu’il y a l’équivalent ici. Il est fort probable que ma présentation est outrancière et si j’avais donné des noms je n’aurais pu porter de telles accusations qui ne sont pas dirigées contre les personnes (j’ai un frère médecin) mais contre un système. Je n’attends rien de médecins plus moraux ou plus humains, seulement d’une démocratisation du rapport malade / médecin. Comme dit Canguilhem, c’est le malade qui appelle le médecin. Il n’empêche que les médecins décident de la vie et de la mort, la plupart du temps avec la bonne conscience du travail bien fait, selon des critères scientifiques. Ce n’est pas qu’ils soient responsables de la situation, ils sont placés simplement à cette place qui est appelée à devenir grandissante dans une société médicalisée et vieillissante où l’accès aux soins devient vital. En tout cas ce n’est certainement pas aussi rose qu’on le dit malgré toute la bonne volonté de la plupart des acteurs.


                  • socrate socrate 25 août 2009 18:34

                    bien sûr que tout est loin d’être « rose » comme vous dites :

                    - la plupart des décisions d’arrêt des traitements est basée sur un certain nombre de paramètres : 
                     . l’âge physiologique du patient (si vous avez 85 ans avec une forme physique de jeune premier tous les traitements existant de la médecine vous seront prodigués/ si vous en avez 45 avec un coeur très défectueux et un état grabataire,
                     . le risque vital ou de handicap aggravé pris à faire tel ou tel traitement devient inacceptable),
                     . la possiblité prouvée de guérir ou d’améliorer la pathologie en fonction des données de la littérature médicale internationale,
                     . l’expérience de l’équipe médicale,
                     . le plateau technique « local »,
                     . l’entourage familial et son soutien (des traitements ne sont envisageables que si le patient est soutenu avec une présence humaine permanente)

                    Sur la prise de décision proprement dite, elle est démocratique à partir du moment où le patient est capable de comprendre et d’exprimer ses souhaits par rapport à sa vie et sa maladie, et également la famille est informée et consultée pour la décision finale.

                    Mais cela c’est quand la situation est idéale. Celle que vous nous décrivez est rarement idéale : patients âgés avec des troubles cognitifs donc dialogue impossible, famille peu ou pas impliquée dans la prise en charge du patient.

                    Il n’y a pas à ma connaissance en France des décisions prises sur des critères budgétaires. Nous n’en sommes pas encore là et heureusement. Effectivement c’est un risque que nous courons dans l’avenir. La solution pour éviter cela est la consultation de la nation : est-elle prête à payer pour un soin pris en charge à 100% sachant que les coûts ne feront qu’augmenter par le viellissement de la population (polypathologique), par la technologie (biologie moléculaire diagnostique et thérapeutique, imagerie, médicaments coûteux,....)

                    un comité de prise de décision de choix thérapeutique est déjà utilisé en France : les réunions de confrontation pluridisciplinaires (en oncologie surtout). Ce collège de médecins de différentes spécialités décide telle ou telle thérapeutique et sa décision a des conséquences médico-légales. Ce n’est pas la panacée mais c’est mieux qu’un médecin isolé qui décide seul dans son coin, non ?

                    Faire la même chose pour l’euthanasie vous effraie ? Moi aussi.
                    D’ailleurs l’euthanasie telle que vous l’entendez est interdite en France et c’est mieux comme cela. Après lorsqu’un patient souhaite mourir pour une maladie incurable ou avec des douleurs insupportables, il y a toujours des solutions alternatives. Bonnes ou moins bonnes. Et débrancher un patient qui le demande est criminel : de quel droit un homme peut-il même au nom de la charité ou je ne sais quoi provoquer directement la mort ? En fait là aussi il existe des possibilités indirectes qui n’entrent pas littéralement dans le concept de l’euthanasie (car d’ailleurs il n’y a pas de véritable belle mort à part qq exceptions). La même chose approuvée par un comité même d’éthique est très discutable, cela peut engendrer des situations d’eugénisme ou de déviances sectaires, morales et d’autres choses abominables.

                    Bref, la situation actuelle en France, je précise, est la moins mauvaise. Les médecins sont là pour soulager la souffrance physique et ils le peuvent dans la quasi-totalité des cas.
                    En revanche, ils ne peuvent pas grand-chose pour la souffrance morale des patients et de leur proches. Et cela, c’est impossible à résoudre par des schémas ou des prises charge protocolisées : c’est du cas par cas. Et cela doit rester ainsi. Même si cela vous effraie...


                  • pmrb 26 août 2009 07:29

                    Je veux répondre au message de SOCRATE publié le 25 à 18.34

                     Nous avons les médecins que nous méritons.

                    Chaque médecin a, comme dans tous les autres corps de métier, sa morale, son éthique, et ses convictions. Il n’est pas acceptable de juger et encore moins condamner le corps médical d’après la conduite de l’un ou de l’autre. Et pas justifié de perdre son temps en réquisitoires et plaidoieries.

                    Pour illustrer cela, je peux témoigner qu’une personne de ma famille, condamnée à mort par son cancer à échéance de quelques mois, a été euthanasiée sans l’avoir demandé pour libérer un lit , et qu’une autre a dû attendre que « la nature » fasse un croche-pied à la technique médicale alors qu’elle demandait depuis deux ans à mourir, humiliée à l’extrême par sa déchéance physique et la détérioration de son statut déshumanisé d’objet de soins.
                    Et pourtant je connais beaucoup de médecins qui ont forcé mon admiration pour leur générosité et leur humanité.

                    La responsabilité d’être en charge de la vie et de la mort de leurs patients est un poids lourd à porter pour certains..... mais une flatterie pour l’ego de certains autres.

                    Vous avez compris que le plus précieux pour moi est de conserver le libre choix de mon (mes) médecin(s). Mais pour les encourager aux bonnes pratiques éthiques, je ne manque ni de les féliciter et les remercier quand ils le méritent, ni de m’élever avec force contre les agissements condamnables.

                    Car si le paternalisme médical a des racines ancestrales, la soumission inconditionnelle des patients est un de ses principaux supports.


                  • Jean Zin Jean Zin 26 août 2009 09:17

                    Tout-à-fait d’accord avec ce commentaire. Il est vrai que Socrate nous ferait culpabiliser d’éprouver ce pouvoir médical devant tant de bonne volonté et surtout volonté de ne pas savoir. Il est vrai aussi que les patients ont leur part de soumission volontaire mais il n’est pas facile de répliquer à ce qu’on vous assure être fait pour votre bien, sans compter qu’il faut des compétences peu communes pour s’y opposer. Ce n’est certes pas un problème facile, sans doute même insoluble mais qui doit être mis sur la place publique et non pas dénié, refoulé, laissé à la solitude des mourants pour préserver la bonne conscience du corps médical qui ne peut effectivement porter cette responsabilité et ce pouvoir démesurés.


                  • Krokodilo Krokodilo 26 août 2009 12:16

                    Il y a une bonne part de fantasmes dans le pouvoir médical : pensez au nombre de morts par accidents de la route, par suicides, alcoolisme, toxicomanie, guerres, pandémies, le vrai pouvoir est à chercher dans nos comportements.


                  • Krokodilo Krokodilo 27 août 2009 00:31

                    Je plussoie ce qu’a bien expliqué Socrate.

                    En outre, il faut peut-être rappeler que le vrai pouvoir de mort n’est pas dans la main des médecins mais dans celle de Dieu ou de la vie elle-même. 
                    Et comme je l’ai dit, dans les propres mains des patients : combien suivent les conseils d’arrêter le tabac, de faire régulièrement un peu d’exercice, de garder leurs poids de forme, de respecter les limitations de vitesse, d’avoir des rapports protégés, de protéger ses employés ou ouvrires des risques professionnels, de militer contre les pesticides etc. ? 

                  • socrate socrate 25 août 2009 15:13

                    de plus l’mage d’Obama c’est vraiment d’un goût plus que douteux....


                    • Jean Zin Jean Zin 25 août 2009 16:59

                      C’est bien pour cela, pour ce que cela peut avoir de choquant que je l’ai mise.


                    • johnford johnford 25 août 2009 18:04

                      ça ne me choque pas du tout ; il continue à faire comme Bush, en bon pantin. de toutes façons leurs campagnes présidentielles ont été majoritairement financées par les même personnes.


                    • ASINUS 25 août 2009 15:34

                      de toute façon j’ ai écouté R Bachelot ce midi

                      on vas tous mourir !!!!!!!


                      • Le péripate Le péripate 25 août 2009 16:42

                        Je n’ai pas encore tout lu, mais je suis extrêmement surpris de voir Larouche assimilé aux Républicains. Il est bel et bien démocrate, certes une version gauchiste et trotskyste. Il a soutenu John Kerry et se présente depuis 1980 régulièrement à l’investiture démocrate. Bref, erreur ou amalgame volontaire ?


                        • morice morice 25 août 2009 18:36

                          vous pourriez aussi éviter de faire la pub pour la Rouche en reprenant son poster honteux.... non ? à moins que vous ignorez qui c’est....


                          un seul élément « Larouche a tenu des propos homophobes dénoncés par les associations homosexuelles ». Le « pouvoir médical » doit faire avec ce genre de gugusse ????

                          • Serpico Serpico 25 août 2009 23:31

                            L’auteur : "On est certes un peu ébahi de voir des Américains traiter Obama de nazi sous prétexte que des commissions devraient décider de rembourser ou non tel ou tel traitement« 

                            *********************

                            Ah oui ? pourtant c’est courant. Il suffit d’être opposé à la politique américaine ou israélienne et vous vous retrouvez »nazi" certifié dans la seconde qui suit.

                            Bof ! Obama devrait créer une commission pour renvoyer tout le monde à l’école. Un pays bourré de veaux, c’est pas bon.


                            • ffi ffi 25 août 2009 23:42

                              Si LaRouche a tenu des propos homophobes, je ne le soutiens pas (mais lesquels SVP ?).
                              Sinon, sur le reste, je trouve qu’il a plutôt raison.

                              Préférer tuer les gens par absence de volonté de réformer le système de manière à ce qu’il permette à chacun vivre dignement, c’est assez ignoble, de mon point de vue.

                              Démanteler les infrastructures de production, issues de dizaine d’année de travail de nos aïeux, pour cause de manque de petits papiers (monnaie), c’est assez stupide, de mon point de vue.

                              Donner le monopole de la création monétaire à des banques privées qui se précipitent sur les opérations de spéculation, financent les délocalisation, juste pour avoir le plus de papier (monnaie), en omettant de mettre en place les conditions de survies de population, et persister politiquement dans cette voie, c’est-à-dire, refuser de reprendre le contrôle du crédit au point de vue de la république, ce qui est conforme au programme du conseil national de la résistance, c’est au final accepter de tuer les gens.

                              Il y a bien une suite logique à vouloir « euthanasier » les populations « inutiles ».

                              Mais il est vrai que ceci est toléré par tous en ce qui concerne l’Afrique depuis un certain temps déjà.

                              Pour paraphraser une célèbre phrase :
                              Ils ont choisi de laisser mourir les Africains, je n’ai rien fait. Puis ils ont choisi de laisser mourir les Argentins, je n’ai rien fait. Puis ils ont choisi de tuer les Afghans, je n’ai rien fait. Puis ils ont choisi de tuer les Irakiens, je n’ai encore rien fait.

                              Maintenant, ils choisissent de me laisser mourir, et comme tout le monde est mort, il n’y a personne pour l’empêcher !


                              • yoda yoda 26 août 2009 01:36

                                L’homme devrait avoir acces a des services d’hygiene et de sante minimal, centres sur la prevention. Ensuite, la question des traitements lourds est une autre question. Vous dites vous-meme que :
                                "l’augmentation de l’espérance de vie n’a déjà plus rien de naturelle et c’est dans la plupart des cas une vie médicalement prolongée« , il n’y a dans ce cas rien d’humble de prolonger la vie, laissons ce plaisir egotique aux egotiques, et acceptons de partir lorsque le destin en a fait le choix.

                                Illitch est probablement celui qui a le mieux cerne les deviances de l’homme medicalise dans sa poursuite nevrotique de l’immortalite :

                                 »J’invite chacun a detourner son regard, ses pensees, de la poursuite de la sante, et a cultiver l’art de vivre. Et, tout aussi importants aujourd’hui, l’art de souffrir et l’art de mourir. [...] Il y a l’obligation quotidienne d’accepter la contingence et la fragilite de la condition humaine."


                                • la truie qui file 26 août 2009 08:54

                                  Obama ... la belle affaire de regarder cette « paille » aux USA ..

                                  Cette question d’euthanasie en France est « taboue » , alors il faut la poser différement à ceux qui sont deja obligé de prendre cette responsabilité .

                                  Car cette realité douloureuse est bien présente  :

                                  Quelle est la valeur mercantile et spéculative qui est accordée à l’estimation d’une vie humaine et ipso facto des « priorités » ?

                                  Parfois on peut amicalement sympathiser avec un médecin chirurgien de surcroit et donc lui poser quelques questions auquel il n’est pas obligé de répondre normalement de par son serment ..

                                  Notre « ami » avoue gaiement d’entrée  que le systeme de santé francais est tres pauvre ( lui pas vraiment ...),mais heureusement certaines mutuelles rétribuent mieux que madame SEKU l’acte médical , et heureusement sinon il ne pourrai pas vivre ...

                                   

                                  Mais tout le monde n’a pas le moyen de payer ces chères mutuelles ...

                                  Parlons un peu des chers progres consacrés à ces chers patients :

                                  « Docteur que pense tu des installations d’imagerie médicales comme l’IRM  ? Comme tu as pu le constater il permet de dépister tres tot des cancer par exemple, alors qu’une echographie ne détecte que ces manifestation seulement en phase avancée ( je faisais il y a quelques temps de l’imagerie scientifique 3 D ...)

                                   »Oui mais cela coute tres cher, alors nous sommes obligé de faire une sélection entre les patients , le systeme médical ne peut pas se le permettre « 

                                   »Donc tu es obligé de faire une sélection mais sur quels critères ?« 

                                   » Et bien il y a evidemment des gens qui sont plus intéressants que d’autres ...« 

                                   »Au fait que penses tu de certaine decouvertes par exemple que les tumeurs cancéreuses sont souvent (à 95 %) accompagné de « candida albicans » et quand on supprime ces colonies par un simple lavage à l’eau bicarbonatée les tumeurs régressent jusqu’a disparaitre «  ?

                                   » Cela doit etre seulement une coïncidence dans tres peu de cas ...« 

                                   »Et que pense tu de la vaccination concernant la grippe A ? « 

                                   »Je n’ai pas d’avis « 

                                  Ensuite notre aimable et respectable »ami" ne condescendra plus à sortir de sa tour d’ivoire que son éminente position lui permet .

                                   

                                   


                                  • Jean Zin Jean Zin 26 août 2009 09:21

                                    Je serais intéressé de savoir d’où vient cette théorie sur les candidoses et le cancer ? Ne serait-ce pas plutôt l’hypoxie qui serait commune aux deux ?


                                  • la truie qui file 26 août 2009 15:29

                                    Sur google il suffit de mettre les mots clés pour avoir des réponses sur ce sujet ainsi que la contre information officielle et tout le saint sacrement des partis pris !

                                    Je ne suis pas médecin donc en tout etat de cause je ne suis pas « autorisé » à emettre une opinion je me suis contenté de relayer une information . Et j’observe aussi les réactions quand je signale un procédé naturel et peu couteux , C’est assez effarant en soi sur tous les sujets pour ne pas prendre une position autre que l’ouverture de pensée .

                                    Par contre dans le regne végétal , ce n’est pas interdit d’extraire une tumeur de plante et de l’analyser au microscope. Un certain nombre de parasites produisent l’apparition d’une tumeur . On parle de Galles pour les excroissances causées par des insectes , mais certains champignons et des bactéries en causent d’autres.
                                     Certaines tumeurs  ne sont pas forcement dangeureuses pour la plante par exemple les nodosités symbiotiques qui permettent d’assimiler l’azote athmosphérique par les plantes supérieures , Par contre d’autres tuent une plante en peu de semaines ou en quelques mois

                                    Et il y a là tout un grand champ d’investigation passionnant pour tout chercheur et des controverses assez désagréables , alors ceux qui peuvent financer leur propres recherches par pure ideal restent en général assez discrets.

                                    Si j’étais médecin pour ma part je vérifierai par moi meme tout de suite et j’essaierai de sauver les personnes quelqu’elles soient par tous les moyens officiels ou non !

                                    Et je croit qu’il faut evidemment une certaine part de courage quasi héroique pour affronter les foudres des autorités et de risquer une interdiction de pratique . Alors je ne me permettrai pas de juger de l’attitude du corps médical dans son ensemble . Simplement il y a la encore un probleme de déontologie ecrasée par le conformisme et aussi le mercantilisme qui sévit à toutes les époques .
                                    Une autre de mes relations medecin à subi des pressions terribles assortie d’une plainte absolument calomnieuse pour avoir pratiquer une medecine pas completement « conventionnelle » .

                                    Par contre hier les sangsues , les saignées , les lavements etaient les panacées officielles enseignée par des respectables universités pour retirer l’exces de Phlegme tandis que de nombreux ramasseurs de plantes etaient rechauffés sur des fagots ...

                                    Alors demain peut etre que certaines pratiques actuelles lies au certitudes officielles paraitront aussi étranges que des ventouses !
                                     
                                    Alors heureusement qu’il y a des chercheurs indépendants qui osent affronter quelques incidents pour l’amour de la vie , de la santé des etres vivants et le progres de la compréhension . Ces quelques passionnés sincères et désintéressés participent ainsi humblement à ce qu’on appelle « la science » au service de l’etre vivant et de l’homme au sein de la nature .


                                  • ykpaiha ykpaiha 26 août 2009 10:20

                                    Une pétition a signer et qui donne l’air du temps, c’est grave ...alors a vos signatures et faites passer :

                                    http://www.amuf.fr/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=2

                                    Nous,
                                    médecins urgentistes de toute la France,
                                    annonçons dès maintenant, que quelque soit l’avenir de la loi HPST, en parfaite conscience de la gravité de notre geste, demain nous entrerons en résistance.
                                    Nous continuerons à accomplir la mission que le conseil national de la résistance a souhaitée pour l’hôpital public.
                                    Nous accueillerons à l’hôpital public, en tout temps, en tout lieux, tous les hommes et toutes les femmes qui se tourneront vers le service public de la santé.
                                    Aucun patient n’est une marchandise, nos hôpitaux ne sont pas des entreprises où un pseudo PDG pourra demain décider quels sont les bons et les mauvais soins, quel est le projet médical que les médecins « à la botte » devront mettre en œuvre.
                                    Notre dignité est de refuser de choisir les patients « qui valent la peine ». Notre dignité est de voir dans chacun de ceux et celles qui se tournent vers nous des hommes et des femmes souffrant qu’il faut aider au nom de l’humanité, qui n’est pas une valeur de marché.
                                    Nous appelons tous les soignants, s’il le faut, demain, à désobéir à la logique qui nous est imposée malgré tous nos appels à la raison.
                                    Nous préférons la légitimité à la légalité.
                                    Nous préférons les valeurs humaines à la loi.
                                    Nous préférons la dignité aux honneurs.
                                    Il n’existe pas de délit de solidarité.
                                    Nous entrons en résistance parce que nos valeurs sont différentes de celles de cette loi, nos valeurs sont celle du Conseil National de la Résistance et de notre république : « liberté, égalité, fraternité »
                                    Il y a 3937 Signataires dans cette catégorie.



                                    • faxtronic faxtronic 26 août 2009 11:00

                                      En fait le principe est que la medecine est en elle meme une artificiallisation de la vie. mais benefique. Les limites ne sont que l argent et la notion de vie et de mort. L argent a une limite, et amene le concept de marchandisation de la vie : combien vaut une vie. He bien souvent, elle ne vaut, economiquement pas grand chose.
                                      Apres vient le concept de vie et de mort. Tous sont a glorifier la vie, mais on occulte la mort, qui est pourtant la fin ineluctable de toute chose. Les gens ne veulent plus mourrir, n acceptent plus la mort comme une part essentiel de la vie. La mort n est pas un mal. Il est important que chacun se prepare a mourir, et savoir qu il peut mourir tout a l heure. Et l accepter.
                                      Pour eviter la marchandisation de la vie, il faut accepter la mort. Les soins medicaux ont un cout enorme, il faut bien trouver l argent. Peut etre peut on rogner sur l education ou la recherche pour la survie artificielle (mode ironique evidemment) ?? 


                                      • pmrb 26 août 2009 14:42

                                        Jean Zin a écrit :

                                        Il est vrai aussi que les patients ont leur part de soumission volontaire mais il n’est pas facile de répliquer à ce qu’on vous assure être fait pour votre bien, sans compter qu’il faut des compétences peu communes pour s’y opposer.

                                        Oui. En me relisant, je me suis trouvé trop dur pour les patients, mais je ne me suis pas corrigé pour.... ne pas abandonner cette vérité à la solitude des mourants..... !

                                        Les associations de consommateurs, fort opportunément, se sont déjà intéressées au domaine médical, notamment en dénonçant les conflits d’intérêt des prescripteurs et de l’industrie pharmaceutique, mais n’ont jamais abordé les rapports patient-médecin. Et je les excuse car ce n’est pas le plus facile. Un jour viendra peut-être où l’une d’elles prendra le problème à bras le corps. Mais quand on voit comment Léonetti a confirmé, et même consolidé, la toute puissance médicale en dépouillant les Directives Anticipées - qu’il a inventées - de tout pouvoir contraignant à l’égard des médecins et en légalisant - sans le reconnaître - l’euthanasie décidée et pratiquée par le médecin en utilisant les effets secondaires des antalgiques, on se demande comment le malheureux mourant, déjà pas en position de force, peut mettre en oeuvre l’autonomie de décision que Kouchner lui avait donnée en 2002.

                                        Il y a beaucoup à faire, maintenant qu’on a légalisé l’arrêt des soins résultant d’une « obstination déraisonnable »- c’est le bon côté de la loi Léonetti -, beaucoup à faire, donc, pour assurer la dignité des vieillards à bout de course et des incurables en fin de vie, mais qui pourrait le faire et comment ? Je ne vois pas d’autre solution qu’une association de défense de ces consommateurs là. Elle manque.


                                        • Jean Zin Jean Zin 26 août 2009 15:23

                                          De même que je ne pense pas qu’on puisse comparer médecin et garagiste ni faire de l’hôpital une entreprise ou un centre de profit, je ne crois pas qu’on puisse réduire le patient à un consommateur. Des associations de malades seraient mieux indiquées mais, un peu comme pour le sida, il faut passer par une politisation de ces enjeux, ce qui est difficile mais s’imposera à mesure qu’il prendront de l’importance et seront liés aux enjeux écologiques car, bien sûr la prévention est la meilleure médecine mais ne doit pas se faire au détriment de nos libertés, ce qui est le risque d’une gestion technique des populations et d’une médecine trop technicienne (le garagiste...). La question démocratique est toujours aussi neuve et aussi incongrue pour tous les pouvoirs qui nous ramènent à des objets.

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