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Accueil du site > Actualités > Société > La condition des noirs en France du XVIIIe au XIXe siècle

La condition des noirs en France du XVIIIe au XIXe siècle

Les Noirs, c'est l'appellation convenue dans certains milieux pour parler des Africains ou des personnes d'origine africaine. Il s'agit de ce fait de comparer celles-ci aux blancs, deux extrêmes qui dissipent toute ambiguïté. En agissant de la sorte, on classifie l'humanité selon les couleurs de peau des uns et des autres : noirs, blancs, rouge, jaune... Les ethnologues habités par des esprits peu évolués ont par la suite utilisé cette classification pour déterminer le degré d'humanité des uns et des autres. Et comme on n'est jamais mieux servi que par soi- même, dans leurs travaux le blanc est au dessus de l'échelle alors que le noir est réduit à presque rien, pas trop loin d'autres espèces animales connues. 

Pouvait-il en être autrement ? Déjà dans l'imaginaire collectif occidental, la couleur noire s'apparenre à quelque chose d'effroyable, de piteuse, l'enfer et le diable tout le contraire du blanc qui est lumière, bonté, beauté, paradis.

De ce fait, l'homme noir va tout simplement perdre sa qualité d'Homme aux yeux de nos ethnologues qui vont réussir à convertir à leurs thèses des esprits plus faibles que les leurs. L'homme en est réduit à sa couleur, comme si une voiture Peugeot de marque 406 et de couleur verte perdait sa qualité de voiture 406 pour sa simple couleur : la verte. 

Ce raccourci, quoi que l'on dise, témoigne du malaise qui circule dans certains milieux à admettre l'africain comme entièrement Homme, car s'ils le faisaient, ils admettraient ipso- facto l'égalité des Hommes au-delà de leurs couleurs de peau.

De ce fait, il était socialement convenable que cet homme soit nommé Noir c'est -à-dire réduit à sa couleur. Ce postulat une fois posé, la querelle entre les militants de l'égalité entre les Hommes (Société des amis des Noirs fondée en 1788 à Paris par exemple) et ceux qui prétendaient (ou prétendent encore) à la suprématie de l'homme blanc prenait des formes moins irréconciliables.

Il n'en reste pas moins que le Noir est réducteur et fait référence à tout ce passé douloureux où les Occidentaux avaient le monopole de la race humaine. 

 

Heureusement, pour les Africains, certains africains comme les Bantous chez qui les couleurs prennent d'autres significations. En effet, dans la mythologie bantoue, la couleur noire est une couleur paradisiaque en revanche la couleur blanche est infernale, elle évoque un précipice. Les choses en étaient là jusqu'à l'arrivée du catholicisme sur le continent. Les religieux venus en Afrique s'étaient donné pour mission d'imposer leur conception des choses chez les Africains, notamment, faire croire que la couleur blanche est préférable à la noire selon Dieu.

 

 Les Africains qui adoptèrent cette nouvelle religion acceptaient au même instant la vérité selon laquelle le blanc est paradisiaque alors que le noir est infernale. Plus la religion s'imposait, plus la couleur noire devenait diabolique. C'est la naissance de tous les complexes liés à la couleur de peau. Il devenait naturellement acceptable chez certains africains d'admettre l'évidence : la supériorité de l'homme à la peau blanche. Le catholicisme soutenu par tous les exclavagistes venait de gagner l'une de ses missions en Afrique.

 

En Occident, la question relative à la couleur noire de la peau des africains a donné des arguments aux idéologues esclavagistes qui voulaient par ailleurs satisfaire des intérêts économiques de l'Europe. Ainsi, 1685 les esclaves sont soumis au "Code noir" qui recommande dans ses articles :

 

Art. 2. Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique.

 

Art. 12. Les enfants qui naîtront de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves. 

 

Art. 38. L'esclave fugitif aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lys sur l'épaule. S'il récidive, il aura la jambe coupée et sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre épaule. La troisième fois, il sera puni de mort.

 

Jusqu'en 1787, les Noirs ne sont pas considérés comme une espèce humaine malgré toutes les idées véhiculées par les philosophes de lumière. Dans un acte notarié enregistré à la Rochelle, on peut encore lire :

 

39 nègres valent........................................ 86 650 F

18 négrillons (garçons) valent................ 14 650 F

40 négresses valent .................................55 220 F

6 négrittes (filles)....................................... 4 050 F

70 animaux de ferme.................................11 400 F

125 hectares de terres.............................. 110 000 F

 

Il ressort que que le Noir est une marchandise comme toutes les autres marchandises. Son prix témoigne de la place qu'il occupe dans la société française d'avant 1789. 

 

Pour tous les esclaves l'avènement de la Révolution française devait marquer la fin de cette condition. Mais, lors de la Révolution de 1789 qui inaugura une nouvelle ère de liberté pour l'Homme, l'Assemblée constituante maintient l'esclavage et la traite des Nègres et ce malgré les revendications de la Société des amis des Noirs, sous l'influence des idées des philosophes, qui réclament son abolition. Le débat à l'Assemblée constituante de 1791 sur l'égalité des droits "des hommes de couleur et des Noirs libres" est cruellement à la faveur des esclavagistes.

 

Les esclaves qui espéraient retrouver la liberté à la faveur de cette révolution furent contraints aux révoltes notamment dans la partie nord de Saint- Domingue en Août 1791. Mais, partout sur le territoire français, ces révoltes sont mortellement réprimées.

Les esclavages attendront le 4 Février 1794 pour goûter à la liberté. En effet, en cette année, la Convention dominée par les Jacobins, "partisans de l'égalité et de l'universalité" abolit enfin l'esclavage.

 

Le Décret de la Convention nationale du 14 Février 1794 déclare que " l'esclavage des Nègres dans toutes les colonies est aboli ; en conséquence elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français, et jouiront de tous les droits assurés par la constitution".

 

 

Mais la question de l'égalité entre "les Noirs" et les "Blancs" pose un sérieux problème à Bonaparte qui arrive au pouvoir en 1799. Considérant que pour des intérêts économiques de la France les Noirs n'ont pas à jouir de la liberté comme tous les Hommes, comme tous les Français, Bonaparte rétabli l'esclavage le 20 mai 1802. En effet, le décret stipule dans ses articles :

 

Art. 3. La traite des Noirs et leur importation dans les dites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlement existant avant 1789. 

 

Partout l'esclavage fut rétabli sauf en Haïti où les esclaves venus du Kongo, sous la protection spirituelle de Kimpa nvita, infligèrent une lourde défaite aux troupes françaises, l'armée la plus puissante du monde sous le commandement de Napoléon 1er. 

 

Ailleurs, la condition des Noirs bascule une fois de plus dans l'innommable. Ils perdent leurs droits les plus inaliénables. Ils continuèrent les travaux dans les plantations de la canne-à-sucre et autres au profit des riches propriétaires blancs et français. 

 

C'est en 1848 que officiellement l'esclavage sera aboli en France grâce à l'action de Victor Schoelcher sous la deuxième république après les U.S.A., la Grande- Bretagne, la Hollande, la Belgique. La France a été l'un des derniers pays esclavagistes à abolir cet odieux et honteux crime contre l'humanité.

Mais, nous savons aussi que cela n'a été possible qu'une fois que la production du sucre de betterave ( moins gourmande de la main d'oeuvre) a remplacé en grande partie celle de la canne- à- sucre. Par ailleurs, nous savons aussi que l'abolition de l'esclavage a inauguré une nouvelle forme d'exploitation de l'homme noir : la colonisation. 

Enfin, nous savons aussi que les bateaux français ont continué le commerce des noirs bien au-delà de 1848 dans l'atlantique et ce malgré des patrouilles britanniques qui tentaient d'empêcher le traffic de ces navires. 

Documents joints à cet article

La condition des noirs en France du XVIIIe au XIXe siècle La condition des noirs en France du XVIIIe au XIXe siècle La condition des noirs en France du XVIIIe au XIXe siècle

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32 réactions à cet article    


  • OMAR 20 juin 2011 20:08

    33

    Juluch :"Le Soudan par exemple....

    Vous confondez l’Afrique du Sud et le Soudan...

    Et le pays arabe qui a colonisé :

    le Maroc,
    l’Algérie,
    la Tunisie,
    le Togo,
    le Mali,
    la République Centre-Africaine
    le Cameroun
    la Cote-d’Ivoire,
    le Tchad,
    le Burkina Fasso,
    le Gabon,
    le Senegal
    la Mauritanie
    Madagascar
    le Rwanda
    le Congo, etc....

    ce pays arabe s’appelle la.... FRANCE...

    Et ce pays arabe, non content de massacrer les négres de ces pays, en a fait des esclaves, déplaçant certains d’entre-eux vers de lointaines iles et contrées, et les a même obligé à aller faire la guerre pour elle, en Europe...

    Pauvre Juluch et votre culture...


  • ykpaiha ykpaiha 20 juin 2011 23:07

    Il est temps de lire des ouvrages un peu plus serieux Mr omar c’a aide pour dire moins de conneries !!

    Le commerce transsaharien existe depuis l’antiquité, y compris celui des esclaves. L’introduction du chameau, au IIIe s, facilite le commerce.

    En Afrique noire, l’esclavage est ancien, posséder des captifs pris au combat est un signe de richesse et de puissance ; cette forme d’esclavage est issu de la traite interne, les esclaves sont destinés aux sociétés locales, en particulier à l’empereur et sa cour.

    A partir du VIIIe s, à la suite de la conquête arabe, les musulmans systématisent, organisent de nouvelles formes de traite négrière englobées sous l’appellation de traites orientales, ensemble à l’intérieur duquel on distingue la traite transsaharienne. Le Coran ne remet pas en cause l’esclavage, sous condition que l’esclave ne soit pas musulman. Ces traites arabo-musulmanes commencent donc au VIII° s, elles précèdent la traite atlantique et lui survivent au moins jusqu’à la fin du XIX° s voire début XXe s.

    Les routes transsahariennes relient le nord au sud selon 3 axes principaux :

    • L’axe reliant la Tripolitaine au Kanem par Zawila

    • L’axe reliant les villes de Tunisie comme Tunis, Kairouan ou l’Algérie avec Alger

    à Gao ou Tombouctou au Mali par Warghla…

    • L’axe reliant les villes du Maroc comme Fès, Sidjilmassa aux royaumes du Soudan par le Touat

    • « la traite vers le monde arabo-musulman et vers l’Asie orientale » (Elikia M’Bokolo, Afrique noire, histoire e civilisation, tome 1 : jusqu’au XVIII° S, Hatier, 1997)

    Il est difficile d’estimer le nombre d’esclaves vendus mais cela se monte à plusieurs millions : Elikia M’Bokolo dans son ouvrage « Afrique noire, Histoire et civilisations, tome 1, Des origines au XVIIIe s » (chapitre 3 p170-176), pense qu’une évaluation est impossible. Il fait référence cependant aux estimations de Ralph Austen mais à utiliser avec précaution. Ces extraits sont publiés dans le manuel « Regards sur l’Afrique » rédigés par Joseph Ki Zerbo et Elikia M’Bokolo (Hatier, 2010).

    Pour Olivier Pétré-Grenouilleau (in La Documentation Photographique n°8032, « Les traites négrières » 2003) 17 millions de captifs auraient été déportés par les différentes traites orientales entre 650 et 1920 dont 9 millions pour la traite transsaharienne ; les traites internes (destinées à alimenter en esclaves les sociétés d’Afrique noire) ont, au total, quant à elles conduit à la réduction en servitude d’un peu plus de 14 millions de personnes. Dans l’Atlas des esclavages de Marcel Dorigny et Bernard Gainot (édition Autrement, collection Atlas / Mémoires, 2006) la traite transsaharienne est donnée sous forme de graphique : le total, de l’an 700 à 1900, est de 7,450 millions d’esclaves.

    Ralph Austen “ “The trans-saharan slave trade : a tentative census”, in HA.Gemery, et J.Hogendorn (eds), The Uncommon Market : Essays in the Economic History of the Atlantic Slave Trade, New York, Academy Press, 1979, pp. 66 et 68 ; African Economic History, Londres, James Currey, 1987, p275.




  • ykpaiha ykpaiha 20 juin 2011 23:10

    Je continue pour la santé mentale de ce post

    Les différentes traites négrières du VII° au XX° s

    Routes

    Période

    Nombre total

    Moyenne annuelle

    Mer rouge

    650 - 1920

    4 100 000

    3 200

    Côte swahili

    650 - 1920

    3 900 000

    3 100

    Sahara

    650 - 1910

    9 000 000

    7 000

    Atlantique

    1450 - 1900

    11 700 000

    26 000

    La traite transsaharienne du VIII° au XVI° s


    Période

    Nombre

    Moyenne annuelle

    650 - 800

    150 000

    1 000

    800 - 900

    300 000

    3 000

    900 - 1100

    1 740 000

    8 700

    1100 - 1400

    1 650 000

    5 500

    1400- 1500

    430 000

    4 300

    1500- 1600

    550 000

    5 500


    L’exemple d’une route des esclaves du royaume du Mali au Maroc.

    Dans la période de notre Moyen-âge, les royaumes du Soudan comme celui du Mali islamisés, participent à la traite des esclaves : la guerre, les razzias permettaient de capturer des esclaves pour les vendre aux marchands arabo-musulmans qui recherchaient des esclaves non musulmans.

    Au Mali, les villes comme Tombouctou, Djenné et Gao, surtout aux XIIe et XIII siècles, sont les plaques tournantes du commerce de l’or, des esclaves…, et relient le Sahel à la Méditerranée par les routes du désert. Ce commerce enrichit l’élite et les marchands intermédiaires convertis à l’Islam.

    carte des « échanges transsahariens entre VIII° et XVI° s » dans Histoire de l’Afrique ancienne VIII-XVI° s, dossier n°8075, mai – juin 2010, de P. Boilley et J-P Chrétien, La documentation photographique.

    Au XIIIe siècle, Soundjata Keita aurait élaboré la charte du Manden (en 1222 ?) qui condamne l’esclavage… mais dans la réalité la traite continue et se développe ; les mêmes routes ont toujours été utilisées pendant 1400 ans et cette traite négrière a même perduré jusqu’au XIXe s.

    Au XIVe siècle, Tombouctou devient le principal pôle commercial, d’après le géographe musulman Ibn Battûta qui est l’un des premiers à décrire la ville, les routes qui y mènent.

    Les caravanes se dirigeaient alors vers le nord, en direction du Maroc et de la côte méditerranéenne en passant par les oasis du Sahara. Pour assurer la sécurité et éviter que les caravanes ne soient pillées, l’armée bien organisée du royaume du Mali protégeait ces routes commerciales. Les souverains marocains avaient fait construire des forteresses le long des routes pour les haltes. Cependant le trajet était long (environ deux mois de marche pour parcourir 1500,1800 km à travers le désert), dangereux et pénible pour les esclaves entravés, privés d’eau. La mortalité était importante.

    tableau montrant la traite orientale arabo-musulmane, le génocide voilé, Tidiane N’Diaye, Gallimard, 2008.

    Sidjilmassa, à la porte du désert, était le point de passage obligé pour les caravanes, lien entre l’Afrique « blanche » et l’Afrique « noire ». La ville était fréquentée par des marchands arabo-musulmans venus de Fes, Marrakech…

    Arrivés à Marrakech ou dans toutes autres villes de la côte méditerranéenne, les esclaves étaient vendus au marché sur la place publique ou dans les souks ; les hommes étaient utilisés dans les grandes plantations, dans les mines de sel, dans l’armée, dans les harems comme eunuques et les femmes pour les travaux domestiques et les harems.

    représentation du marché des esclaves de Marrakech dans « Les civilisations de l’Afrique », Maucler et Moniot, Casterman, 1987.


    D’autres routes traversaient le Sahara en direction du Caire et de la Mecque comme le montre le pèlerinage de Kankan Moussa en 1324. Celui-ci, précédé de milliers d’esclaves, fait halte au Caire pour rendre visite au sultan. A son retour, il rentre au Mali accompagné de lettrés, d’intellectuels, d’architectes arabes et fait construire des mosquées à Tombouctou, Djenné.


    un extrait de l’ouvrage d’Ibn Battuta, Voyages, 1352, au sujet de la cour de l’empire du Mali, où il fait mention d’environ 300 000 esclaves armés qui suivent le Mansa.

    l’Atlas dit « Catalan », d’Abraham Cresques (1325-1387) paru dans La Documentation Photographique (pp 24-25) n°8075, mai-juin 2010.


  • LE CHAT LE CHAT 20 juin 2011 23:57

    @omar

    l’un des pays les plus impliqués dans le trafic d’esclaves était le sultanat d’Oman , dont dépendait Zanzibar !

    les pays musulmans arriérés ont renoncé aux traites négrières et ont mis leurs femmes en esclavage à la place !


  • OMAR 21 juin 2011 01:06

    Omar 33

    Le Chat :"l’un des pays les plus impliqués dans le trafic d’esclaves était le sultanat d’Oman ..

    Même vous, vous sombrez dans le suggestif, en laissant supposer que l’esclavage est né avec l’Islam....

    Dans ce cas, la Mecque aurait été l’Ile de Gorée...

    Et les noirs américains ou des Antilles, sont les descendants d’esclaves que les felouques ont ramené vers le continent américain...

    Que Juluch l’inculte, Calmos l’accro du gardenal ou Ypakekechoze sombrent dans le grottesque , le ridicule et même à la limite de l’idiotie, ça se comprend, mais pas vous..

    Voyons....


  • LE CHAT LE CHAT 21 juin 2011 09:23

    @omar

    je n’ai jamais dit que les musulmans avaient inventé l’esclavage , mais il est certain qu’ils y ont pris une part active  ! il faut le reconnaitre , c’est tout , je ne demande pas de repentance plus pour les uns que pour les autres !

    Zanzibar est l’équivalent de l’île de Gorée pour le trafic d’esclave arabe


  • caramico 20 juin 2011 10:30

    Les US ont aboli l’esclavage avant la France, mais à l’époque où je jouais avec mes petit copains et copines noirs aux Antilles sévissait encore l’apartheid aux US.


    • jef88 jef88 20 juin 2011 11:22

      La considération pour l’homme est à multiples facettes ainsi un auteur du 19ème, Alfred MICHIELS, regardait de la même façon « exotique » « les bucherons et schlitteurs des vosges » et « Le capitaine Firmin ou la vie des nègres en Afrique  »

      Il y a toujours eu des intellectuels pour qui un mode de vie différent était l’expression d’anomalies ou de déviances

      Et comme c’est eux qui ont pignon sur rue et qui font l’opinion, ils expriment le "politiquement correct’ de leurs époques. Le vulgus pecum n’a qu’a approuver ou fermer sa G....


      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 juin 2011 12:59

        C’est toujours étonnant de lire un article historique où il est question de francs et d’hectares AVANT la Révolution de 1789 !

        En outre, l’auteur semble oublier qu’il y a eu la guerre de sécession aux USA entre 1860 et 1865 ( souvenez vous des tuniques bleues ... ) qui a été declenchée entre autres par la volonté des Etats du Nord d’ABOLIR l’esclavage aux USA alors que les Etats du Sud voulaient continuer à exploiter les esclaves dans leurs champs de coton.

        L’esclavage a donc été aboli aux USA après la France bien que certains Etats du Nord avaient déjà aboli l’esclavage avant.


        • Luis Gonzalez-Mestres 20 juin 2011 19:39

          Ce qui n’a pas empêché Jules Ferry de proclamer haut et fort, dans son discours du 28 juillet 1885, les « droits et devoirs des races supérieures » pour défendre la « grande expansion coloniale » avec le soutien de parlementaires dits de « gauche » et de « centre-gauche ».

          Vous trouverez le texte intégral de ce discours, tiré directement du Journal Officiel, ici :

          Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (I)


        • COVADONGA722 COVADONGA722 20 juin 2011 13:09

          yep le fait historique ne semble pas le souci premier de notre auteur , la il nous sert la messe et nous sommes priés de l’avaler sans moufter !

          d’aucun disent , rendez l Afrique aux Africains !
           yep l’inverse me conviendrait mieux !


          • Quitterie Turlac-Roth 20 juin 2011 14:02

            « le fait historique ne semble pas le souci premier de notre auteur , la il nous sert la messe et nous sommes priés de l’avaler »

            Y’a qu’la foi qui sauve quand les faits condamnent.

            Je reprendrais bien une hostie, tiens, s’il lui en restent.

            Si ça ne fait pas de bien ça ne fait pas de mal : c’est sain, il n’y a pas de sucre, ni de gras ni de cholestérol, et c’est béni-oui-ouimentt correct.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 juin 2011 13:18

            On peut donc en conclure que contrairement à ce que croit l’auteur, la France a été un des pays précurseurs sur la question de l’abolition de l’esclavage.

            Ce qui est, il faut bien le dire tout à l’honneur de la France.

            N’oublions pas a contrario que le coran fait l’apologie de l’esclavage alors qu’il s’agit pourtant d’un ramassis de mensonges tels que l’existence de duels de sorcellerie entre Moise et les sorciers d’un Pharaon inconnu alors qu’il est évident que la sorcellerie ne fonctionne pas étant donné que personne n’est capable de fournir un sort de sorcellerie qui puisse produire des effets vérifiables.


            • easy easy 20 juin 2011 13:33

              Ouille !

              Cet article cherche à expliquer le racisme au travers de la seule couleur de peau.

              Gné ??

              Figurez-vous que si d’aventure les Nordméditerranéens avaient découvert, au très sud de cette mer, des populations plus avancées, ils n’auraient pas du tout conclu au même racisme.

              C’est la corrélation entre la morphologie des gens et leur niveau de civilisation qui a formé le racisme blanchiste.

              Comme on sait depuis toujours qu’en Inde y a des merveilles disons architecturales, on n’a pas du tout conclu au même racisme alors que les Indiens sont quasiment aussi noirs que des Africains.

              La difficulté des racistes de 1850 est dans le défaut de corrélation entre les noirceurs équivalentes des Congolais et des Indiens alors que leurs civilisations sont très différentes.

              Dans le racisme, l’Inde a donc été un trou noir et il en a été très peu question dans las traités racistes. S’il n’y avait pas l’Inde, le racisme serait parfait. Il fallait donc dénier l’Inde.

              Idéalement, dans l’apologétique raciste, il aurait même fallu faire de la Chine et du Japon un trou noir.

              Le second point, qui est entièrement contenu dans ce premier principe, c’est celui de la définition d’une civilisation. Le troisième point, encore contenu dans le premier principe, c’est la corrélation à établir entre défaut de civilisation (que le blanchiste a donc à définir) et le niveau d’intelligence (que le même blanchiste a à définir)

              Comme Shylok dans le Marchand de Venise, le raciste-moderniste se retrouve pris dans les filets de sa propre logique. Quand tout va bien, il définit l’intelligence en disant que c’est ce qui permet de fabriquer des Tour Eiffel, des vaccins et des chaises électriques pour les assassins. Mais se retrouve coincé quand on lui dit, « Euh, et pour Tchernobyl, la mise à sac du Congo, Bhopal, la crise des subprimes, Woerth, l’Amocco Cadiz, on électrocute qui ? Tous ceux qui ont joué ce jeu, tous ceux qui ont pris l’avion ou une mobylette ? »


              Le niveau de civilisation a souvent sinon toujours été, dans le secteur Chine-Europe-Egypte-Inde, apprécié selon des critères de puissance militaire organisée (Darius, Gengis Khan, Alexandre, Jules César...). Disons selon des critères impérialistes.

              La stricte considération militaire ne suffit cependant pas. On a également considéré le bâti, sa complexité ou difficulté de réalisation, ses performances technologiques (d’où l’inclinaison des plus racistes face aux pyramides par exemple).

              On a donc considéré les niveaux de calcul et, finalement, les niveaux d’écriture, les complexités et subtilités de la communication verbale. Dans cet examen, la complexité des métaphysiques ou la subtilité des communications par tam-tam ou par nuages de fumées a été éludée sinon péjorée en « superstitions »

              Au fond, à partir du moment ou des gens ne construisaient pas des tour Eiffel, on concluait que leur système de communication et de philosophie était archaïque, animal.



              Dans tout ce secteur Eurasien (et autrefois dans le secteur Sud Américain) on s’enorgueillissait de ses tours Eiffel. Dans tout ce secteur, il y avait du racisme. Et de tout ce secteur ; c’est l’Europe qui a été l’endroit le plus moderniste, donc le plus raciste (c’est automatiquement lié, quoi qu’on en dise). Et ce racisme visait donc les peuples les moins architectes, ceux chez qui l’architecture ne reflétait pas la puissance de l’organisation, l’industrialisation.

              L’industrialisation remonte à des 5000 ans comme un rien dans le secteur impérialiste et architectiste.

              L’industrialisation c’est déjà les mines de cuivre, d’étain des Etrusques, Carthaginois ou Japonais. C’est la fabrication en série des amphores et des navires. C’est la production de sel loin des mers que pratiquaient les ancêtres de nos ancêtres Gaulois. C’est, plus simplement mais tout de même, les assèchements de marais, les routes un tant soit peu pavées ou creusées ou sculptées. L’industrialisation c’est la tendance toujours à uniformiser les systèmes de mesure, donc les verbes, donc les écritures. C’est la frappe de monnaie. 

              L’industrialisation du XIXème siècle n’a été qu’une accélération violente de plus à un phénomène très ancien. 

              Et le modernisme-racisme induit automatiquement « Demain sera meilleur » 

              Aussi bien en Chine qu’en France, on ne pouvait nager dans la logique de l’industrialisation, de la standardisation et de la rationalisation, sans aller dans l’analyse
              L’analyse c’est la soupe dans laquelle nous sommes nés. Décortiquer, découper, scanner, rayonxisser, décomposer, fissionner, fusionner, recomposer, additionner, multiplier, ajouter, agrandir, voilà ce qu’on a ici appelé le prométhéisme. 
              On a donc tout disséqué.

              Or un non civilisé en ce sens, n’analyse pas. Il ne dissèque pas les corps qui en meurent . Il fait ce qu’ici on nommerait de la synthèse, rien que de la synthèse. Le sauvage est constamment dans une vision globale. Le poisson étant vivant avec sa queue, on ne conçoit pas de ne considérer que sa queue. Quand nous roulons vers la plage de nos vacances, nous pensons à la route, aux accidents, au réservoir d’essence, au péage. Le sauvage, quand il avance sur une piste, il n’est même pas exactement dans une pensée exprimable, il est dans une sensation d’ensemble plus que dans une décomposition. 
              Pour lui, il y a des liens de vie entre les choses et ne conçoit pas de les dénier.

              Bien des questions que le civilisé Romain ou Arabe pose au sauvage semblent impossibles à ce dernier mais en une seule génération passée chez le civilisé, il peut déjà penser comme lui. Si c’est en tant qu’esclave, ou éboueur, il ne poussera pas trop l’assimilation mais si c’est en tant qu’égal, il poussera à fond et deviendra l’équivalent ou le singe parfait.
              Né dans la marmite de la civilisation, le fils de sauvage deviendra civilisé-raciste-méprisant-exploiteur-performeur à l’identique de tout civilisé.

              Heureusement qu’il y a eu, dans la civilisation, des concepts de modération que sont par exemple l’humanisme ou la sagesse.



               
              Lorsque des Océaniens avaient vu des navires pour la première fois, ils ne parvenaient pas à inclure ces étranges objets dans l’ensemble du contexte qu’ils considéraient habituellement et ils rentraient au village sans parler de cette chose. Ce n’est que progressivement, chacun essayant de mettre des mots (qui décomposent forcément les choses) dessus, que l’ensemble du village est parvenu à parler vaguement de l’étrange apparition. Et encore, en faisant des analogies ou liens avec leur ordinaire.


              Mutatis mutandis, si l’un de nous voit aujourd’hui un truc étrange dans le ciel ou sur quelque loch, il va bredouiller ses pensées à ses copains, sur le Net. Puis il agglutinera des propositions de mots et de sens des uns et des autres (CIA, Ben Laden, monstre, OVNI, Cabanel etc..) pour parvenir à dire quelque chose de pas forcément juste ou vrai mais de communicatif, donc de rassurant (L’angoisse s’atténue dans la collectivisation si la collectivité reste sereine et confiante).

              Ensuite, toujours dans ce secteur des civilisés, il y avait à dire si bien ou si mal. Il a toujours été hors de question de dire que l’architecturisme ou que l’impérialisme était mal (il était donc difficile de critiquer cette tendance chez les concurrents puisqu’on la cultivait soi-même et on n’a jamais su critiquer le modernisme des Romains ou des Nazis)


              Ainsi, dans tout ce secteur, la civilisation était bien et bonne. Le sauvage étant donc mal et mauvais. Même pour Rousseau, qui n’a pas du tout envisagé le renoncement à la civilisation.

              Ce n’est que là, tout récemment, face à nos impasses écologiques, économiques et sociétales, face à nos meurtres, cruautés et catastrophes industrielles, que nous commençons à douter un peu de cet ordre Bien/Mal, Bon/Mauvais. Nous ne sommes plus aussi certains d’avoir eu raison d’aimer autant l’industrialisation et la standardisation de tout.


              Trop d’éléments d’ordre purement écologique nous culpabilisent et nous voilà déchirés, schizophrènes (au sens vulgaire) parce malgré nos feux en tous genres, nous restons très banalement mortels et même plus mortels que les lichens, virus, rats et autres cafards.


              Dans tout ça, avant même que surgissent nos murs et peaks écologiques, notre secteur civilisé a ressenti bien des crises. Il suffit à tout individu civilisé de se voir en train de mourir trop tôt pour ressentir quelque injustice, pour remette en cause le bien fondé du contexte dans lequel il baigne. C’est donc régulièrement et surtout depuis que nous nous sommes sentis penseurs de l’Humanité entière, que certains d’entre nous se posent des questions. Et que font-ils alors pour essayer de trouver et de montrer où se planque la vraie vérité ? Et bien ils foncent droit chez les sauvages, s’il en reste.

              Chaque fois que l’homme civilisé a paniqué devant l’insolubilité de certaines grandes questions il est allé fouiller dans les affaires des sauvages. Pour justifier l’inceste par exemple, nos penseurs sont allés fouiller chez les plus sauvages des Hommes et nous ont ramené toutes sortes de certificats prouvant que l’inceste est absolument universel et que basta, n’en discutons plus.

              Alors que pour le cannibalisme, c’est tout le contraire. On sait très bien que les sauvages font ça (on passera sur le fait qu’ici on l’a également pratiqué) mais là on en est certain, manger son prochain cépabien.

              Il n’est pas question d’imiter le sauvage en son cannibalisme mais il est tout à fait logique de l’imiter sur l’inceste, s’il le pratique.

              Un coup le sauvage est le repoussoir, un coup il est le modèle. Selon nos besoins.
              Et là, catastrophes écologiques récurrentes obligent, le sauvage va devenir plus que jamais le bon élève de l’Humanité. Il ne nous reste plus qu’à trouver la rhétorique permettant de le reconnaître sans ressortir pour autant avec le bonnet d’âne.
              L’idéal étant qu’il n’y ait plus un seul sauvage en vie avant de faire ce constat d’Erreur Fondamentale. Tous coupables, tous responsables c’est quand même mieux que Nous seuls coupables et responsables de la catastrophe. 

              A ce sujet, et là je déborde nettement, pardon, les catas qui nous font réagir, celles qui entrent dans nos comptabilités, sont celles qui nous touchent concrètement.

              6000 morts de misère néocolonialiste chaque jour, dans quelque région du monde sans plage à sable blanc, on s’en tape. Ca n’est pas près de nous arriver puisque nous sommes les auteurs de ces abus. Nous n’allons tout de même pas nous affamer nous-mêmes.
              6000 morts par tsunami aux antipodes, ça nous touche un peu car sait-on jamais, ça pourrait nous arriver et puis on aime bien lézarder sur ces plages de sable fin.
              Mais 10 morts dans une centrale nucléaire ou d’avoir bouffé des steaks congelés, ça nous fait fliper grave parce que ça pourrait fort bien nous arriver.

              Cela dit, la panique personnelle c’est une chose, la panique collective une autre. Et comme la collectivité est généralement plus immortelle que l’individu, elle reste généralement plus calme, ce qui rassure les individus qui la composent.


              • COVADONGA722 COVADONGA722 20 juin 2011 14:40

                bonjour Easy meme en désaccord ou malcomprenant toujours un plaisir de vous lire.
                Pour votre démonstration sur l ’Inde puis je vous renvoyer à Kipling , il s’y montre de son temps « donc raciste » et y décrit une société multiethnique endogame, racisteet le tout verrouillé
                par le systeme de castes .

                , Asinus


                • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 juin 2011 16:27

                  D’ailleurs, en Inde le système de base c’est la distinction Arya - Parya , le P de Paria étant une marque de négation selon les linguistes...

                  Plus facho que ça ...


                • easy easy 20 juin 2011 16:48

                  Rudyard Kipling est là pour nous montrer ce que l’Européen, le Blanc donc, pensait et pense de l’Inde.

                  Et l’Inde, faisant partie des endroits du Monde où l’on a construit des Tour Eiffel, on était automatiquement raciste et en tous cas fier de ces constructions donc méprisant envers ceux qui n’en faisaient pas autant.

                  Ce mépris des bâtisseurs pour les non-bâtisseurs tenant pour une part importante au fait que ces derniers n’allaient même pas à admirer ce bâti. Par exemple, les choses avaient mal tourné pour Darius III et ne serait-ce qu’en raison de la victoire des Macédoniens, il ne pouvait pas lui venir à l’esprit de mépriser ses vainqueurs, sinon sur quelques plans accessoires. Et ce Darius aurait entendu Alexandre s’émerveiller devant Babylone, il l’aurait évidemment trouvé civilisé. 

                  Ainsi, bien que s’affrontant constamment entre elles, les civilisations (les bâtisseurs donc) se sont mutuellement admirées. C’est même, au-delà des aspects militaristes, essentiellement sur la question du bâti donc de l’architecture et de ses petits (La décoration, l’orfèvrerie, les arts, les sciences et les lettres...), que les peuples civilisés ont pu, en temps de paix, se recevoir mutuellement en grandes pompes. 

                  C’est par les villes, les temples et les palais que les civilisés se sont jugés, inspirés, copiés, toisés et enviés. Hitler bavait de Paris, Louis XIV bavait de la Grande Porte, Léopold II bavait des boulevards de Haussmann, François 1er bavait de Florence...
                  Entre civilisés, on se méprisait sur des détails et surtout après une victoire. Mais on ne se traitait pas de crétins. 

                  Tous les civilisés, dont les Indiens faisaient partie, surtout avant d’avoir été colonisés par les Anglais ; dont les Chinois faisaient partie, surtout avant d’avoir été croqués par les Japonais et les Occidentaux ; dont les Japonais faisaient partie, surtout avant d’avoir été vaincus par les EU ; dont les Incas, les Egyptiens et les Aztèques avaient fait partie à leurs grandes heures, tous ceux là se sont certes bien foutus dessus et insultés mais jamais au point de se traiter de macaques.

                  Et tous ont profondément méprisé, animalisé et exploité ceux qui ne bâtissaient que des paillottes ou des cases de terre.

                  Les champions de l’arrogance et du mépris étant ceux qui construisent les immeubles les plus hauts. Il est très facile, de nos jours, de voir où ils se trouvent.

                  Cela dit, les sens de raciste a évolué constamment et chacun de ces peuples bâtisseurs lui accorde un sens qui lui est propre.
                  Le racisme d’un Chinois ou d’un Indien bâtisseur, n’est et ne sera jamais exactement celui d’un bâtisseur français qui différera également toujours de celui d’un bâtisseur anglais, italien ou allemand.

                  En certains endroits, la performance s’exprime surtout en termes de hauteur, ailleurs en termes de matériaux, en d’autre en termes de fontaines, en d’autres en termes de cirques, en d’autres encore en termes de dorures, de harems, d’écuries, mais en gros, il s’agit bien d’architecture.


                  Les premiers voyagistes du Monde ont été les orientalistes et il ne s’agissait pas d’aller visiter des montagnes ou des rivières mais bel et bien des constructions édifiantes.



                  Tout étant fractal, ce principe du mépris du bâtisseur pour le non-bâtisseur, vaut même entre petits-bâtisseurs.

                  Les Amérindiens du Nord qui construisaient de grandes cases (fixes donc) se considéraient supérieurs à ceux qui vivaient sous tipis. Idem en Afrique noire où le moindre édifice de terre battue qui dépassait 5 m de hauteur était considéré comme une merveille traduisant la supériorité de ses bâtisseurs.
                   
                  Plus que tout autre élément, le bâti survit longtemps à son bâtisseur et allonge ainsi artificiellement sa trop courte vie. Dans chaque civilisation, même modeste, tout prince se construit ou se fait construire une tour Eiffel avant toute chose. Rarissimes ont été les princes qui, comme Gandhi, Mandela ou Ho Chi Minh, ont renoncé à ce principe d’orgueil

                  (En 1804, le Noir JJ Dessalines, dès qu’il eut viré les colonialistes bonapartistes, s’était fait proclamer empereur, carrément. empereur d’une fraction de petite île. Dans une bagarre contre un grand empereur, il est très difficile d’en rester à un verbe d’entre gueux, du coup, on perpétue le jeu de la prétention) 



                  Ainsi, le racisme n’est pas du tout fondé sur une histoire de couleur de peau malgré la coïncidence très noir= case de terre, mais uniquement sur une histoire de civilisation architecturale.

                  Et c’est pour cela qu’il existe une version intra raciale, par exemple franco française, du racisme qui est le mépris des châtelains ou grands bourgeois pour les ouvriers.
                  Les Sans-abris étant tout en bas de toutes les échelles, partout où existe du bâti.

                  (Pendant 60 ans après la Révolution, le droit de vote était censitaire, ce qui veut dire qu’il était réservé aux hommes propriétaires de bâti)
                  (En Inde, un Intouchable ne pouvait pas être propriétaire)

                  Un sauvage c’est un type infoutu de produire un titre de propriété sur un terrain, c’est un type qui n’a même pas conçu que ça puisse être possible.


                  Le racisme n’est donc pas l’idée que tel mec avec tel os dans le nez est un crétin mais surtout qu’on est plus légitimé que lui pour s’approprier le terrain sur lequel il vit. C’est pour dissimuler notre convoitise que nous insistons sur la bêtise globale du sauvage et sur notre droit supérieur au sien pour le gérer, ce terrain. La racisme n’est qu’un prétexte à la colonisation (colonisation millénaire que tous les bâtisseurs, du plus petit au plus grand, ont perpétré)

                  Les attentats du 11 septembre ont choqué bien plus les grands bâtisseurs que les Roms et il s’en est suivi une guerre des mots éminemment raciste entre eux qui habitaient des buildings et ceux qui se terraient dans des grottes.

                  Dans ces guerres du bâti, si Troie, Carthage et Persépolis ont été rasées, s’il y a eu le pillage et l’incendie du palais d’Eté de Pékin par les Français et les Anglais en 1860, s’il y a eu l’incendie du palais des Tuileries en 1871, si Hitler vaincu avait voulu brûler Londres et Paris, s’il y a eu Hiroshima et Nagasaki, si les Talibans ont détruit les Bouddhas de Bâmiyân, il y a eu le cas du palais impérial du Japon que les Ricains ont délibérément épargné. Un véritable miracle, une exception qui confirme la bonne règle comme on dit.

                  Dans tout ça, en dépit de son gaullisme (pourtant parfaitement raciste) et en dépit de l’odeur, Jacques Chirac présente un cas à part puiqu’il aura été le seul de nos princes à faire édifier un palais à la seule gloire des non-bâtisseurs et en ce que ces sauvages avaient fait de tout de même épatant.


                • Clavdio 20 juin 2011 16:45

                  Merci de nous passer 2 siècles sur l’’esclavage, cette tranche pour aussi honteuse qu’elle fut pour nous Français n’est pas celle du pire pour nous. Certes nous étions dans le fond de l’abominable mais outre les colons présents sur les iles, et les fortunes immorales bâties dessus, nous en assurions le transport et ce, pour un petit pourcentage.
                  Les Américains, les Portugais , les Hollandais avaient des comptoirs entiers ou ils y faisaient leurs razzias, aidés en cela sur place par qui ? Par les rois nègres eux mêmes qui avaient mis sur pied une collecte tellement guerrière que ces pauvres gens pour moitié décimés, n’avaient plus pour seul refuge, que la forêt elle même. Certains rois locaux ont même vendu non seulement leurs propres sujets mais aussi les membres de leur nombreuse famille y compris femmes et enfants...
                  Cette page, celle de la traite des noirs, sur l’échelle de l’esclavage n’est qu’une très petite partie de l’esclavage dans sa globalité. Nous même Français que sommes nous ? Des francs ou les descendants de leurs nombreux esclaves ? Sans parler des Grecs, des Romains. Le pire étant le millénaire d’esclavage Barbaresque Afrique du Nord/Turquie avec ses caravanes Qui s’enfonçaient très loin en pays noir et ou sur le chemin de retour des points spécialisés étaient prévus, non seulement pour le ravitaillement mais aussi pour énucléer les garçons ou tel autre pour « amadouer » les filles destinées aux harems etc.... Ce trafique alimentait non seulement ce que nous appelons maintenant le proche mais aussi le moyen et l’extrême orient, Inde comprises. La plaque la plus marquante étant Alger point de ralliement des caravanes et des navires qui y amenaient des esclaves blanches razziées en France, Italie, Grèce mais surtout dans les pays slaves. Et cette partie de l’esclavage est souvent occultée au bénéfice de sa dernière partie. Pourquoi ?


                  • minidou 24 juin 2011 11:51

                    Peut être parcequ’il est plus louable de ballayer devant sa porte ...Peut-être aussi que l’esclavage dans le cadre de société traditionnelle (n’ayant pas accédé aux « lumières »...) est moins condamnable que celui des société développées ..


                  • easy easy 20 juin 2011 19:58

                    «  »« 
                    Selon Platon, une société sans esclave était impossible, c’est dire la hauteur de vue et la lucidité du mec.
                     »«  »

                    Bin oui, il avait raison le Platon.

                    Toute société, si elle comporte un volet bâti avec proprio titré et de bon droit, ne peut se passer d’esclaves ou d’ouvriers à peine mieux traités.
                    (Il y a moins d’écart de fortune entre un esclave et son maître Etrusque qu’entre un smicard et certains patrons)

                    Le coup de génie du capitalisme, quand il s’est retrouvé interdit d’exploiter des esclaves, a été de faire croire à ses ouvriers qu’ils n’en étaient pas et qu’il y avait là-bas, loin derrière l’horizon, des sauvages valant moins qu’un mineur de Lorraine.

                    Pour un Dupont de Nemours ou un Krupp, il n’y avait aucune différence de valeur entre un parisien cordonnier et un Congolais, hormis dans la fiabilité au travail. Très importante la fiabilité au travail. Travail Famille Patrie était dans l’air du temps. Et plus les ouvriers ont eu l’impression de ne pas valoir plus cher que les Indochinois ou des Malgaches, plus ils ont râlé et plus ils ont été remplacés par d’autres néoesclaves ou des robots.

                    Lorsqu’un smicard d’ici peut tout de même s’offrir, par le biais de son CE, une semaine de vacances en Tunisie, c’est parce que là-bas les femmes de ménage sont quasiment ses esclaves du point de vue pécuniaire. Et s’il peut se payer un barbecue à 17 € made in china, c’est en vertu du même principe.















                  • OMAR 20 juin 2011 21:22

                    Omar 33

                    Easy :"Lorsqu’un smicard d’ici peut tout de même s’offrir,..

                    Mais alors, il vraiment est con DSK, de partir jusqu’aux USA, de louer une chambre à un prix impopssible, et surtout de forcer la femme de chambre...


                  • easy easy 21 juin 2011 10:09



                    @ Kerjean

                    «  »«  »«  je sais que vous aimez la provoc mais comment pouvez vous oser comparer prolétaire et esclave juste sur le point du revenu ? »«  »« 

                    Aimer la provoc moi ?. Je pense que ce n’est pas ce que je cherche. Je ne vise qu’à dire les choses à ma manière quand et seulement quand je la vois différente. Et quand l’expose cette vision différente, c’est vraiment comme si je posais un stand aux Puces, je propose ma camelotte humblement, sans crier ni lever des émeutes et les gens n’achètent que si ça les intéresse.


                    En l’occurrence, pensant être le seul à ma connaissance, à considérer que le racisme a des fondamentaux qui n’ont rien à voir avec la couleur de peau et complètement à voir avec »tonneau / château« ou avec »Titre de propriété / sans droits ni titre écrit"


                    Ce n’est que progressivement et surtout quand le quidam, sur tout continent, a pu accéder au moindre titre de propriété, que le mépris s’est décalé. A l’instar de l’aristo, dès que le clampin a accédé à la propriété, il s’est mis à mépriser plus bas que lui. Et qui pouvait-il mépriser l’émigrant débarqué du Mayflower ? Les derniers sans-titres de la Planète.
                    C’est le fait d’être sans titre de propriété sur du foncier ou du bâti qui vaut le mépris des bâtisseurs quand bien même ces bâtisseurs seraient de simples ouvriers agricoles.
                    Etre SDF étant, pour les propriétaires, le signe de la plus grande déchéance possible.

                    Sous les Nazis, très peu de Juifs ont été tués dans leur domicile. Ils en ont d’abord été extraits, ils ont d’abord été réduits à l’état de SDF, ils ont d’abord été dépouillés de tout biens et titres, avant d’être émiminés.



                    Un smicard n’est pas un pauvre. Ce n’est pas un Rom, ce n’est pas un Gitan, ce n’est pas un Karen ou un Massaï. Un smicard c’est un pauvre asservi et parfaitement utile aux bâtisseurs les plus ambitieux pour leur construire les plus beaux châteaux.

                    A mon sens travailler avec quelqu’un se distingue de travailler pour quelqu’un. Je trouve donc qu’un smicrd qui bosse avec son patron plombier ou menuisier ou boulanger ou cafetier, en étant à peine moins payé que lui, n’est pas un esclave du tout.
                    Mais gagner le smic quand on bosse pour des patrons qui n’ont pas à supporter l’odeur de sa sueur, qui jouent au golf pendant qu’on s’échine dans une mine, qui ignorent son nom, sa femme, ses enfants, c’est être leur esclave.

                    Si vous achetez un menhir à un Obélix que vous connaissez, vous êtes dans un rapport durable. Si vous achetez un barbecue fabriqué par des gens dont vous ignorez tout, vous êtes dans un rapport non durable, de type esclavagiste, celui qui nous met aujourd’hui face à un Mur.



                    Vous me traitez de Niakwé.

                    Cette insulte est apparue à la suite de la colonisation entièrement fondée sur une question de titre, de droit du sol. Elle indique le mépris qu’on éprouve envers celui qui vit hors ville, à la campagne, dans une maison de terre et de paille, qui peut en être très facilement délogé parce qu’il ne sait ni lire ni écrire dans la langue du maître français, qui ne dispose ni droits ni titres octroyés par ce maître et qui serait si bête qu’il n’en concevrait même pas le principe.

                    La colonisation, c’est bien entendu le canon, mais juste derrière le canon, en guise de justice formelle, c’est le tampon du maître sur un papier qui est la clef du machin car il fait guise de droit et de justice. Avoir le tampon ou le papier tamponné dans sa poche c’est avoir la Force Publique dans sa poche.

                    En me traitant de Niakwé, vous prouvez que vous méprisez celui qui subit le principe trinitaire canon-tampon-prison et votre mépris n’est ni pire ni meilleur qu’un autre. Il est normal et même indispensable dans le monde des bâtisseurs.
                    Platon l’avait déjà compris, ce monde des bâtisseurs est obligatoirement méprisant envers les non bâtisseurs, il est donc fondamentalement esclavagiste mais sait bien entendu varier ses formules d’asservissement.

                    Moi, j’irais non pas à mépriser celui qui inflige ce triptyque aux Nikawés car je pense qu’on ne peut mépriser personne, mais à en dire le principe. Je pense qu’il suffit de proposer sa lecture des choses.

                     

                  • courageux_anonyme 20 juin 2011 20:30

                    Un peu de modernisme, que diable :

                    Une télévision koweitienne justifie l’esclavage sexuel au nom d’Allah !

                    « On croit tout avoir lu et entendu au sujet de l’islam. Et puis voilà qu’au jour le jour, l’insolite, l’inattendu, l’ahurissant, l’ignoble vous parvient ; encore et encore ! Au détour d’un mail, d’une dépêche ou d’une vidéo. Ce sont nos amis de l’excellent site Poste de Veille qui ont déniché l’information que je vous présente ici.

                    Il s’agit d’une émission télévisée koweitienne nommée « Lettre de Salwa al-Mutairi ». Après avoir regardé la vidéo en question, j’ai décidé de la traduire, de la doubler et de la partager avec nos lecteurs pour qu’ils puissent être pris à témoin. Ce que vous allez voir et entendre ici prouve que l’Américaine d’origine syrienne, Wafa Sultan, a bien raison de dire que Samuel Huntington a tout faut : entre les pays libres et l’islam il ne s’agit pas de conflit de civilisations mais bel et bien d’un conflit de notre civilisation contre la barbarie. Accrochez-vous bien, c’est un retour vers le futur Moyen-âge ! »

                    http://ripostelaique.com/l-esclavage-sexuel-est-tout-a-fait-legal-en-islam.html


                    • ykpaiha ykpaiha 20 juin 2011 23:51

                      Quel que soit la dénomination utilisé il en est un label qui est a proscrire c’est bien l’hypocrite amérique pour ce qui est de la vertu.
                      Maintenant quand a etre surpris par les propos d’un pays soutenu par celui qui les condamne euh il a plus sérieux...Non ? c’a s’appelle avoir un pied dans chaque camps....


                    • titi 21 juin 2011 13:39

                      « Accrochez-vous bien, c’est un retour vers le futur Moyen-âge  »

                      Hallucinant !!!

                       


                    • Annie 20 juin 2011 20:42

                      Je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible de traiter la question de l’esclavage en France sur ce site, sans faire systématiquement référence aux autres pays qui ont aussi fait la traite des noirs ou qui le font encore. Pas mal d’autres débats passeraient à la trappe si c’était le cas.

                      La France a mis longtemps avant d’abolir l’esclavage, et son économie n’était pas aussi dépendante de cette forme d’exploitation humaine qu’aux Etats-Unis, qui a frôlé la cessation.
                      Mais elle a été aussi en retard pour accorder le droit de vote aux femmes et pour abolir la peine de mort. La France ne serait-elle que progressiste lorsque ses intérêts ne sont pas en jeu ?


                      • courageux_anonyme 20 juin 2011 20:55

                        "Il est au goût du jour de ne voir que grandeur dans l’histoire des autres peuples et comportements vicieux se penchant sur celle de notre pays. Ainsi nous sert-on de larges rasades sur l’esclavage des Noirs et, c’est vrai, l’ignoble méthode qui consistait à les enlever d’Afrique pour les envoyer dans les plantations d’Amérique. Certes, nous sommes coupables, mais moins que les autres Noirs, qui nous vendaient leurs frères après les avoir capturés pour recevoir en échange des armes ou de la verroterie. Si nos ancêtres avaient là leur part de responsabilité, on n’entend guère parler d’un autre esclavage, celui auquel les pirates musulmans réduisaient les chrétiens des côtes méditerranéennes. C’était l’époque des barbaresques, du XVIème siècle au début du XIXème."

                        http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Documentsterrorisme/barbaresques.html



                      • Annie 20 juin 2011 21:06

                        Parfaite illustration de ce que je voulais dire. Inutile de revenir sur notre passé peu glorieux, puisque question culpabilité, d’autres pays ont fait pire. Et l’histoire peut bégayer, personne ne s’en souvient.


                      • courageux_anonyme 20 juin 2011 21:13

                        Sauf que les autres pays, personne n’en parle jamais. Par exemple, on ne cesse de nous bassiner sur l’islamophobie alors que des chrétiens se font bruler vifs dans les pays arabes. C’est tellement facile de cracher sur les blancs, de nos jours.


                      • Annie 20 juin 2011 21:29

                        Il ne me viendrait pas à l’esprit de cracher sur les blancs. Mais il est impossible de comprendre l’Afrique aujourd’hui et l’histoire de notre pays en niant ou en minimisant ses erreurs, ses errements et ses choix. La France pour moi, c’est un peu comme mes enfants, je vois leurs défauts mais cela ne m’empêche pas de les aimer, mais aussi, du moins pour mes enfants, de les conseiller et les aider à tirer l’enseignement de leurs erreurs. Revenir sur cet aspect déplaisant de notre histoire n’est pas cracher sur la France ou sur les Français. Il est dommage que ce soit dans ces termes que le débat soit posé.


                      • courageux_anonyme 20 juin 2011 21:52

                        Vous auriez raison si ce n’était pas toujours les aspects négatifs qui sont mis en avant ou si, comme je le fait, ces faits étaient relativisés par d’autres. A quand un article de l’auteur sur les découvertes scientifiques françaises ou sur la mise en place de la sécurité sociale en France ?


                      • Le péripate Le péripate 20 juin 2011 21:34

                        Quel besoin de fabriquer un faux pour soutenir une idée ?

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Brice


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