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Accueil du site > Actualités > Société > La crise délibérée

La crise délibérée

Pendant que les forces de la contestation sociale pansent leurs plaies dans leurs quartiers d'été, celles de l'argent ne relâchent pas leurs efforts pour nous enfoncer chaque jour un peu plus dans la merde.

Deux petites informations de rien qui se télescopent dans l'indifférence paresseuse des fausses vacances : d'un côté, une ville espagnole qui va équiper de cadenas les poubelles des supermarchés, de l'autre une ville de Belgique qui entend forcer les mêmes supermarchés à aider les démunis. Deux villes de notre temps, deux visions de l'action politique diamétralement opposées : l'une qui se couche et accompagne toutes les régressions, l'autre qui se dresse et utilise son pouvoir pour changer les choses, même petitement, même à sa seule échelle locale, l'échelle de l'action politique de la soumission ou du refus.

La mairie indique avoir pris cette décision en collaboration avec les propriétaires de supermarchés, « face au risque pour la santé que peut comporter la consommation d'aliments jetés dans les conteneurs et l'alarme sociale que cela provoque ».


Le plus coûteux pour les collabos du système, c'est encore de parvenir à inventer des explications vaguement convaincantes de leurs petites lâchetés ordinaires. Cadenasser les poubelles, c'est tout sauf une préoccupation de santé publique. Il s'agit de la plus honteuse des soumissions à la logique purement marchande qui préfère laisser crever d'inanition plutôt que d'admettre que 50 % de la nourriture produite à grands frais de pesticides et de maltraitances agricoles ne parvient jamais jusqu'à une bouche humaine. Cadenasser les poubelles, c'est aussi raconter la logique purement génocidaire d'une société où il faut absolument de l'argent pour satisfaire nos besoins les plus élémentaires et où, non seulement, on prive de plus en plus de gens de la possibilité d'acquérir le minimum d'argent indispensable pour juste survivre un jour de plus, mais de surcroît, on fait en sorte que toute manière de survivre en dehors de la marchandise est totalement impossible. Il devient alors absolument impossible de concevoir la réalité et la profondeur de la misère actuelle en ce qu'elle est totalement voulue et assumée par ceux qui la créent et qu'elle est d'autant plus ignoble qu'elle se propage dans des sociétés où le nécessaire comme le superflu est surabondant et majoritairement gaspillé.

Les miséreux ont toujours eu le droit de glaner ce qu'ils ne pouvaient acquérir dans le système marchand. Ils ont toujours eu la possibilité d'occuper les interstices du système, de squatter les biens communs, de satisfaire leurs besoins fondamentaux, même si cela a toujours été de manière précaire et largement insatisfaisante : braconnage dans les campagnes, abris de fortune dans les lieux invisibles, glanage des restes dans les champs, les poubelles, les miettes de la bonne société des inclus. Aujourd'hui, il n'y pratiquement plus d'espace public commun, de terres à squatter, de surplus à glaner. Même la flotte appartient toujours à quelqu'un et fait dorénavant toujours l'objet d'un péage et d'un droit d'accès. Même chier ou dormir n'est plus gratuit : les campagnes sont hérissées de clôtures privatives, les villes s'habillent de mobilier hostile à celui qui cherche juste un peu de repos et même l'accès aux déchets encore consommables de notre société du mépris est devenu pratiquement impossible.

Voilà donc un système où se renchérit chaque jour l'accès aux ressources vitales (eau, nourriture, énergie, abris... etc.), où le travail des gens est toujours plus dévalué, où il y a toujours moins besoin de bras pour faire tourner la machine et il n'est plus possible de survivre en dehors de la matrice.
Où pensez-vous que nous mène réellement cette logique ? Croyez-vous réellement que les gens qui prétendent nous représenter, dans leur grande majorité, œuvrent actuellement à améliorer nos conditions de vie ? Êtes-vous réellement dupes de leurs discours qui nous expliquent que chaque mesure prise sans notre consentement l'est dans une logique de sortie de crise alors que les faits, de plus en plus têtus, nous démontrent précisément le contraire ?

Les gouvernements en place choisissent délibérément la rigueur tout comme ils choisissent délibérément la voie de la paupérisation de masse, et ils le font sous couvert de leur impuissance face aux lois implacables du Marché. Sauf que tout démontre que le Marché ne prend que la place que l'action politique veut bien lui laisser.
Il suffit d'un autre maire, dans une autre ville, pour décider que le supermarché ne sera pas le lieu de la confiscation du droit à vivre de certains, mais celui de la solidarité et de la redistribution, même partielle et encore insuffisante.
Le personnel politique a largement diffusé le récit de son impuissance afin d'en faire une vérité indépassable dont l'objet premier est de dissimuler aux yeux de la foule sa participation active et volontaire à l'entreprise mondiale de déconstruction du social. La récession qui ravage actuellement les classes populaires et menace les classes moyennes des grands pays industrialisés du monde n'est pas la démonstration de l'échec des politiques de rigueur mises en place depuis 2008, mais bien la preuve éclatante que le transfert global des richesses vers une petite part de l'humanité est en train d'entrer dans sa phase efficace.

La grande difficulté des experts politiques et économiques contemporains est bien de construire un discours permettant d'occulter cette réalité afin de convaincre les peuples de la nécessité absolue et inéluctable de poursuivre la refondation actuelle de notre civilisation quand bien même celle-ci repose de manière de plus en plus évidente sur l'éradication malthusienne du gros de leurs effectifs, c'est à dire par une succession de crises alimentaires, sanitaires et environnementales qui devraient fort « naturellement » réguler les populations surnuméraires, entendez par là, celles dont le capitalisme n'a rigoureusement plus besoin pour fonctionner à plein régime.

D'où l'intérêt de ne pas se laisser distraire par des discours trompeurs, des exploits sportifs, des analyses oiseuses ou des informations futiles et de ne pas rater les petites brèves qui en disent tellement plus sur l'état réel de notre monde.
D'où l'intérêt de comparer deux bleds que rien ne relie entre eux, si ce n'est que chacun est diamétralement opposé à l'autre sur le grand échiquier du nouvel ordre mondial émergent.
D'où l'intérêt de se rappeler que l'échelle de l'action politique prioritaire et efficace reste le local et que de petites initiatives peuvent, en frappant les esprits et en éclairant les consciences, déclencher les grands mouvements sociaux dont nous avons terriblement besoin pour stopper la machine qui s'active à nous broyer.


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102 réactions à cet article    


  • jako jako 9 août 2012 10:00

    Merci, tout à fait d’accord, beaucoup ont déja évoqué la re-provincialisation de toutes productions alimentaires , ce serait déja pas mal.
    Petit parenthèse je vous ais entendue ce matin sur FI, vous êtes aussi bonne à l’écrit qu’à la parole smiley


    • Monolecte Monolecte 9 août 2012 10:06

      Mais comment se fait-il qu’avec tous ces lecteurs qui se lèvent tôt, le monde ne nous appartient pas déjà ? smiley


    • jako jako 9 août 2012 10:09

      Exactement, encore un « adage » qui ne marche pas. ( de plus) bonne journée.


    • Monolecte Monolecte 9 août 2012 10:20

      Quelqu’un l’avait actualisé : « le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt »


    • alinea Alinea 9 août 2012 10:08

      Le courage, pas celui prononcé à longueur de phrase par les politiques qui nous informent qu’il leur en faut pour nous assassiner, non, le vrai courage est très rare !
      Et la grande distribution est, pour le quotidien ou la survie de la plupart des gens, le pouvoir le plus nocif ; tout le monde ne s’y frotte pas.
      Je me demande si les espagnols ne sont pas sincères dans leur crainte d’un fléau sanitaire ; il me semble qu’en Grèce, à ce niveau-là, c’est pas la joie et avec la chaleur estivale...
      Bon et puis, c’est la saison touristique, des pauvres qui fouillent des poubelles, ça la fout mal !
      En tout cas c’est un monde de fous ; plus de glanage en ville, plus d’échappatoire...
      Le libéralisme n’a besoin que de vingt pour cent de la population ! La sélection se fait depuis un moment, mais les choses sont beaucoup plus tendues aujourd’hui... quand on apprendra que le prix des céréales a grimpé jusqu’à des prix mirobolants, à cause de la sécheresse et de la canicule américaine ( en Russie aussi) qui ont décimé la production... ???


      • Philippe MEONI Philippe MEONI 9 août 2012 12:01

        « Je me demande si les espagnols ne sont pas sincères dans leur crainte d’un fléau sanitaire »

        La sincérité de l’espagne, c’est que, dans quelques jours, les « sans papiers » ne seront plus pris en charge dans aucun hôpital ou dispensaire... Seuls ceux qui pourront s’acquitter d’une « cotisation spéciale » de 59,20€ mensuels...

        En attendant, de nombreux cas de maladies contagieuses, portées par les vagues dimmigrés qui débarquent chaque jour de leur « pateras » referont surface de manière inquiétante, d’après les médecins...

        A ce jour, chaque réfugié peut accéder gratuitement à la vaccination et aux soins d’éventuelles maladies, ce qui ne sera plus le cas demain... les affectés seront alors laissés pour compte et la propagation de leur maladie sans aucun contrôle...

        Voilà la sincérité du gouvernement espagnol au sujet de la santé publique... !


      • alinea Alinea 9 août 2012 12:06

        C’est exactement ce que je mettais derrière le mot « sincérité » ; un fléau sanitaire, c’est bien quand il n’y a pas de soins !


      • bigglop bigglop 10 août 2012 04:18

        Bonjour à tous,

        La turberculose et d’autres affections reviennent en force dans la population des précaires, des travailleurs pauvres mais aussi dans les populations immigrées qui ne peuvent plus être suivies et soignées.
        D’où un risque avéré de transmission général de ces affections.

        Un scandale sanitaire


      • Taverne Taverne 9 août 2012 10:19

        Moi, je suis pour les deux solutions en même temps : distribuer les invendus aux associations caritatives, cadenasser les poubelles dans lesquelles on ne jettera que les produits alimentaires périmés et nocifs pour la santé (pour protéger la santé des gens et parce que la santé a un coût pour la Sécu).

        Keskenpensévou ?


        • Monolecte Monolecte 9 août 2012 10:47

          Le problème est plus en amont : le fait qu’on ne peut plus survivre sans argent. Que prévoit-on pour ceux qui n’ont plus accès à l’argent ?


        • foufouille foufouille 9 août 2012 12:02

          @taverne
          « distribuer les invendus aux associations caritatives, »
          avec ou sans dossier ?


        • Gandalf Claude Simon 9 août 2012 14:20

          " Le problème est plus en amont : le fait qu’on ne peut plus survivre sans argent. Que prévoit-on pour ceux qui n’ont plus accès à l’argent ?"


          On vote pour Villepin et son dividende universel qui a fait une campagne électorale les mains dans les poches ?
          Je dirais que le capitalisme se tire une balle dans le pied, où alors il s’est allié avec l’écologisme dépopulationniste de Michel Tarrier, c’est selon.

        • cevennevive cevennevive 9 août 2012 16:57


          « Que prévoit-on pour ceux qui n’ont plus accès à l’argent ? »

          Peut-être penser à une sorte de revenu universel dont tout le monde, vraiment tout le monde, pourrait bénéficier pour se nourrir, se vêtir et se loger humainement...

          Mais je rêve là. Comment pourrait-on prélever l’argent qu’il faudrait à ce RU sur les super profits des oligarchies ?

          Triste monde. Merci Monolecte de cet article, et les commentaires montrent que nous sommes presque tous d’accord avec ce constat.

          Cordialement.


        • Gandalf Claude Simon 9 août 2012 19:24

          Inutile de prélever, Dugué se propose d’imprimer pour financer cela. C’est plus indolore pour les super profiteurs, et ça s’appelle l’inflation.


        • Croa Croa 9 août 2012 22:00

          Les produits périmés sont rarement nocifs !

          Quand j’habitais à Bx il y avait une pauvre femme qui me revendait moitié prix des boites périmés. Cette dame était en cheville avec des commerçants des capucins qui avaient pitié d’elle sauf qu’ils lui en donnaient plus que nécessaire ! (Donc elle se faisait encore quelques sous par ces reventes.)

          Je n’ais jamais rien trouvé de mauvais ! smiley

          Et j’ai appris récemment que les normes de durabilité des aliments ont encore été réduits depuis. Le but n’est évidemment pas sanitaire mais de pousser les les gaspillages ! smiley


        • Radix Radix 9 août 2012 10:59

          Bonjour Monolecte

          Il est déjà suffisamment humiliant d’être obligé de faire les poubelles pour se nourrir sans y ajouter le mépris du « cadenas » pour signifier aux malheureux que nos restes sont encore trop bon pour lui !

          Radix

          ps- Merci à Jako pour l’info sur votre passage à France Inter, je l’avais raté pour cause de vacances !


          • katakakito 9 août 2012 11:27

            Très bon article.
            Ayant aidé à donner des repas à des gens démunis, j’ai pu constater le gaspillage de notre société de consommation.
            Dans les produits récupérés via des marchés pour faire les repas, on trouvait les produits les plus chers parce qu’invendus..
            Ainsi ces gens pouvaient manger les premières fraises, abricots ou les cerises quand elles étaient à 10 euros le kilo.
            Attention je ne dis pas que ce sont des privilégiés qui profitent gratuitement de bonnes choses, car cela mis à part leur situation reste dramatique. Je veux pointer ici une aberration de ce système. Une personne travaillant sur les marchés me disait que parfois il suffit au marchand de vendre 10 % de ce qu’il a pour s’y retrouver, le reste il peut le jeter si ça ne part pas.


            • reprendrelamain reprendrelamain 9 août 2012 11:39

              Des attaques de poubelles au lance roquette…voilà qui ne va pas rassurer les rentiers !



              • oj 9 août 2012 11:41

                il est clair que l’augmentation de productivité depuis des centaines d’années couplé au fait que des centaines de millions d’individus dans le monde se mettent à produire et accroissent aussi leur productivité doit fatalement aboutir a plus de produits disponibles et moins de travail sauf a créer de la complexité, couteuse, et n’apportant pas beaucoup de richesse réelle.

                Donc si l’acces aux ressources se fait uniquement par le biais de l’argent, compensation du travail , il y a hérésie.

                Il faut repenser totalement l’ensemble de ce systeme Production / Distribution mais cela ne peut se faire qu’en abattant brutalement le systeme actuel.


                • Monolecte Monolecte 9 août 2012 11:52

                  Voilà, c’est très exactement là où j’en suis arrivée !


                • lionel 9 août 2012 14:36
                  Il faut repenser totalement l’ensemble de ce systeme Production / Distribution mais cela ne peut se faire qu’en abattant brutalement le systeme actuel.

                  -There is no alternative
                  -La mesure que tout le monde attend (rire)

                  Quand à la possibilité de se nourrir ? Kokopelli est interdit, voici un extrait de la déclaration inspirante de son fondateur :
                  « Les peuples de cette belle planète, notre Terre-Mère, apprendront-ils un jour qu’une société qui ne peut pas discerner et éliminer, par tous les moyens possibles, la psychopathie, en son sein, n’est tout simplement pas digne de survivre ? »
                  « Quand à Kokopelli, ce n’est ni la Cour Européenne de Justice, ni les GNIS, ni Baumaux, ni la clique génocidaire qui s’est donné comme mission d’éradiquer la vie de notre belle Planète, qui nous empêcheront de continuer notre travail de protection de la biodiversité alimentaire... »

                  Ils ne sont pas nombreux les vrais responsable-irresponsables... C’est nous qui leur avons donné le pouvoir...Par ignorance, par manipulation... 

                • NeverMore 9 août 2012 11:51

                  Merci, article nécessaire.

                  Un directeur de supérette près de chez moi faisait arroser les poubelles de gas-oil pour rendre la récupération impossible. Il y a été mis fin, et il a même été obligé d’arranger sa mise au rebus pour permettre une meilleure récupération.

                  Les grandes surface devraient s’entendre pour diminuer ce gachis, par exemple en évitant le surganisssage des rayons (s’il y a un trou, tant pis, c’est pas si grave). Ca permettrait de diminuer et la « casse » et les prix.

                   


                  • alinea Alinea 9 août 2012 12:14

                    Enfin, j’ai un peu l’impression que vous tombez de l’armoire : dans le milieu agricole, il y a longtemps qu’on arrose le surplus de gas-oil ! Par ici, les douanes rachetaient l’excédent de pommes, et les éleveurs pouvaient venir les chercher !
                    Et ça fait un moment aussi que les poubelles sont souillées !
                    Certains ne le font plus à cause de la misère : c’est ça qui est nouveau !
                    Mais c’est la base du monde capitaliste libéral que de jeter les invendus ; on s’en offusque aujourd’hui parce que les pauvres sont dans nos rues. C’est donc bien tout le système qu’il faut foutre en l’air et ça fait un moment que nous sommes quelques-uns à le crier. Seulement, vous rendez-vous compte ? Cela ne se fera pas avec deux ou trois petites manifestations !


                    • Monolecte Monolecte 9 août 2012 12:23

                      On est d’accord sur à peu près tout. Après, vous vous doutez bien que ma prise de conscience ne date pas d’hier, c’est juste qu’il me faut rabâcher ce genre de chose en permanence pour que les gens ne se laissent pas juste porter par le courant.


                    • Philippe MEONI Philippe MEONI 9 août 2012 12:26

                      D’accord avec votre raisonnement... D’ailleurs, même si nous étions plus nombreux à le crier, ça ne résoudrait rien...
                      Depuis les 12 derniers mois, chaque jour, il y a au moins 1 manifestation dans 1 ville d’espagne... Croyez vous que cela fasse changer le cap du gouvernement ? RIEN !
                      Même les émeutes et la marche noire des mineurs n’ont rien apporté, si ce n’est que le gouvernement a tenté de criminaliser le mouvement...
                      Rien ne se résoudra par la politique qui est l’instauratrice de la situation... Surgira alors le vrai chaos motivé par l’instinct de survie des crève la faim... Mais pour ça, « ils » ont déjà les plans anti-émeutes au niveau européen... A mon grand regret, mais ça finira dans la violence et le sang, j’en ai peur...


                    • alinea Alinea 9 août 2012 13:02

                      Monolecte : je me doute bien que vous ne sortez pas de l’oeuf ! C’est une affaire entendue !


                    • Philippe MEONI Philippe MEONI 9 août 2012 12:18

                      Le Maire de Cija (Espagne, Andalousie), Juan Manuel Sánchez Gordillo, a monté une opération « commando », mardi, soutenu par le principal syndicat ouvrier de cette région :

                      Plusieurs dizaines de volontaires ont pris d’assaut 2 supermarchés (mercadona et carrefour) remplissant une vingtaine de caddies de produits de première nécessité, sans les payer, pour les redistribuer gratuitement aux familles sans ressources de la ville.

                      Ce Maire exemplaire conçoit son acte comme de la légitime défense en regard de la violence des actes politico-financiers, il est cependant, ainsi que plusieurs autres participants, sous le coup d’un ordre d’arrestation et détention publié hier par le ministère de l’intérieur. 2 personnes ont déjà été arrêtées ce matin.

                      Pour Gordillo : « ce serait un honneur d’aller en prison pour un avoir porté secours au peuple affamé »

                      http://ccaa.elpais.com/ccaa/2012/08/08/andalucia/1344426488_638752.html

                      Personnellement, je soutiens totalement ce type d’initiative, sachant qu’elle seront amenées à se reproduire dans un proche avenir, dans la mesure où le gouvernement de rajoy n’a pas renouvellé l’aide de 400 euros mensuels aux familles qui n’ont plus aucune prestation ni travail. A ce stade, le gouvernement devrait ètre poursuivi pour « crime contre l’humanité ».


                      • Monolecte Monolecte 9 août 2012 12:24

                        Les opérations commandos, c’est sympa, mais c’est effectivement le système qu’il faut faire tomber avant qu’il ne s’essuie les pompes sur notre gueule.


                      • gaston gaston 9 août 2012 13:02

                        à Philippe MEONI.


                        Je suis en plein accord avec votre message.Ce serait - pas la seule- mais l’une des solutions
                        pour contrer les criminels ...« de Paix » (?)

                        Merci pour cette info.

                      • drlapiano 9 août 2012 18:36

                        La violence comme moyen d’action ... oui la gauche c’est cela ...
                        Et toujours la même « justification » débile ... « c’est une réponse à la violene , bourgeoise, impérialiste, du patronat, des possédants ,politico-financière ... » 
                        Il y a toujours un bouc « traitre Goldstein » à la mode pour justifier l’action de l’Angsoc !
                        Ce serait risible si ce n’était tragique !


                      • Philippe MEONI Philippe MEONI 9 août 2012 20:30

                        @ drlapiano 

                        Ce qui est tragique, c’est qu’il y a plus de 1,7 millions de familles espagnoles dont aucun des membres n’a plus ni travail ni autre subside que « la prepara » de 400 euros mensuels, d’ailleurs remise en question car non renouvelée lors du dernier conseil des ministres alors que ce plan d’aide s’achève le 15 août.

                        Ce qui est tragique, c’est que pendant ce temps, les grands propriétaires terriens d’andalousie (entre autres) ont capté l’aide agricole européenne qui aurait dû servir au développement de leurs exploitations mais qui a été utilisée à des fin privées à des extensions résidentielles (dépendances, piscines, cours de tennis, golf etc.), le premier cas le plus flagrant, en cours d’investigation par les autorités judiciaires, celui de la duquesa de alba, dont le détournement s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros.

                        Ce qui est tragique, c’est que pendant que 600.000 familles espagnoles n’ont pu percevoir leur dernière mensualité de 400 euros (240 millions d’euros), l’état va préter 30 milliards d’euros au système bancaire espagnol (cajas de ahoro), dont plus de 20 milliards à bankia, dont le responsable démissionnaire a touché 3,5 millions de prime de départ alors que le déficit de sa gestion coûte près de 32 milliards, pour ce qui a été découvert pour le moment...

                        Ce qui est tragique, c’est que des types comme toi soient si aveugles ou de tant mauvaise foi pour oser un tel commentaire devant la catastrophe humanitaire qui pointe dans toute l’europe, au nom de l’enrichissement personnel de juste quelques uns qui ont soudoyé l’appareil politique et la « démocratie » pour obtenir le contournement des lois...

                        Car ce qui est tragique, c’est qu’aujourd’hui, si les états sont emdettés, c’est parcequ’ils ont consenti à couvrir les pertes des joueurs de casino banquiers, couverts par une banque centrale qui enfreint les règles de lisbonne dont l’article 126 interdit le rachat de dettes souveraines, en émettant des LTRO de plusieurs centaines de milliards, endettant encore plus les états « secourus »...

                        Ce qui est tragique, c’est que les outils d’information soient tombés aux mains des puissants qui en font un outil de propagande (TF1, BFMtv, les JO etc.) qui fasse croire au peuple qui n’a pas accès aux informations majeure que cette crise est la faute à personne... Oui, cette tragédie est en train de se dérouler sous nos yeux, pour arriver au « meilleur des mondes », dans lequel les millions de « crève la faim » ne seraient que des dommages collatéraux aux yeux de la bande hyènes qui dépèce les peuples...

                        Eh bien sache une chose, lapiano, alors que le système est en train de nous péter à la gueule dans sa longue agonie, nous ne nous laisserons pas crever sans rien faire... et quand ça prendra l’ampleur qui se dessine, lesmecs comme toi, de la bande de dictateurs à la baroso, van rumpuy, ashton, dans leur tour dorée, va falloir courir vite... C’est un serment de ceux qui souffrent et qui ont la rage, à tel point qu’ils n’aient d’autres moyens que de piller les centres commerciaux pour bouffer... Faudra que ça se paie... !

                        « Nous sommes légion... »


                      • Monolecte Monolecte 10 août 2012 09:40

                        Bien vu aussi : merci pour votre intervention.


                      • jacques lemiere 12 août 2012 17:41

                        rien à voir, il met en évidence le fait que des petit bourgeois de gauche comme vous acceptent la violence quand ils se trouvent des boucs émissaires qui leur plaisent..les supermarchés...


                      • Rensk Rensk 9 août 2012 13:10

                        Ici un truc de 2004 de la TV Suisse, A Bon Entendeur, dès 5:20
                        http://www.rts.ch/emissions/abe/alimentation/1371444-abe-enquete-au-supermarche-tout-sur-le-datage-et-le-sort-des-invendus.html

                        Depuis..., Genève a officiellement crée un réseau pour distribuer les invendus aux pauvres. Des économie en impôts pour tous quoi.


                        • Vipère Vipère 9 août 2012 13:29

                          Monolecte bonjour

                          Vous ne faites pas dans la langue de bois !

                          Avec vous un chat est un chat et on sait de quoi il retourne. Pour le fond de l’article, il est vrai que les Maires sont les premiers complices des lobbies marchands auxquels ils obéissent zu doigt et à l’oeil, sans discernement le plus souvent.

                          Et curieusement, les Maires les plus ripoux sont réélus. Ils le sont à 99,99 % me rétorqueront à raison les lecteurs, qu’importe c’est le règne de la crapule !

                           

                           

                           


                          • brieli67 9 août 2012 13:58

                            et les SEL


                            VOUS Y PENSEZ ???

                            c’est fou ce que les industriels du légume et de plats cuisinés empoche du système Restaurant du Coeur etc....... des couilles en or pour rentabiliser leurs machineries.

                            Alors à quand le retour des jardins ouvriers avec pommes de terres, haricots, salades....
                            l’ Urban Farmer

                            peut depuis peu vendre son surplus ( ou échanger) sur les marchés-paysans ( Farmers Markett) en Californie

                            de graves questions à se poser : 
                            pourquoi ces solutions alternatives 
                            ne prennent racines en France !!

                            • sagesse 9 août 2012 14:20

                              @brieli67,
                              J’ai vu un reportage sur arte qui parlait de ce sujet, les Grecs ont mis en place un système pour partager du matériel (ex bricolage), échanger des vêtements d’enfants ou des services à la personne (babysitting, cours d’anglais etc...) : la « faim » justifie les moyens, nous n’avons peut être pas encore assez« faim » en France....

                              Complètement d’accord avec l’auteur, il faut savoir que 50 % de la production mondiale finit à la poubelle : chercher l’erreur..... on ne vend plus des aliments, on vend du profit, avec des produits de plus en plus frelatés, mais qu’importe ! les gueux sont trop nombreux, seuls les plus prévoyants survivent, ce sont les nouvelles lois de la nature : avant il fallait courir vite, mais il faut lire les étiquettes et cultiver son potager....


                            • brieli67 9 août 2012 18:29

                              Les rois et les reines de l’échange du bricolage ...de la gestion du quotidien 

                              faut se tourner vers l’Est avant la Chute du Mur.

                              Les « dirigeants » n’ont délibérément pas investi dans l’outil de travail en RDA ( Blühende Landschaften -le Pays de Cocagne aux mille fleurs) . 
                              L’exode et dépaysement s’est imposé avec comme conséquence inévitable : adaptation forcée à notre société de consommateurs « capitalistes ».

                              Toute cette culture de l’inventivité ridiculisée a disparu. Il va de même avec leurs connaissances linguistiques slaves et russes. L’étudiante Angie Merkel (sic) a passé deux semestres à l’équivalent de notre X-Polytechnique à Moscou. Remember.

                            • tf1Goupie 9 août 2012 14:05

                              Oui la société est cruelle, mais pourquoi demander aux politiques de faire le boulot, à part pour les utiliser comme bouc émissaire déculpabilisant ?

                              Si la société civile est pourrie c’est aux citoyens de la changer, qu’est-ce que vous faites pour cela ?

                              Si les poubelles sont pleines d’aliments consommables, est-ce que c’est le président ou les ministres qui les ont remplies ?

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