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Accueil du site > Actualités > Société > La cybergénération prendra le pouvoir

La cybergénération prendra le pouvoir

Il est possible de mesurer l’importance d’une personne comme d’une technologie à l’admiration et la crainte qu’elles suscitent. Or, l’ère Gutenberg semble faire place irrémédiablement à l’ère numérique avec l’avènement des nouveaux réseaux d’information et de communication. Cette révolution qui a déjà bouleversé nos habitudes, ne va pas sans modifier fondamentalement les schèmes de pouvoir, provoquant une crispation des élites en place, celles là même qui de profits cyniques en privilèges exorbitants en sont venues à mériter le statut de parasites de la République. Les frelons ont investi l’industrieuse ruche républicaine, et non content de se délecter carnassièrement de ses occupants en viennent désormais à la saccager. C’est ici qu’interviennent les vigies numériques qui du rôle d’observateurs pourraient bien se retrouver propulsées au rôle d’acteurs.

Cybereurope
La génération Internet, combien de divisions ?
 
Eclaircissons au préalable un point particulier qui ne saurait relever du simple détail : lorsque l’on fait mention de génération Internet, elle ne saurait être réduite à une fallacieuse restriction de classe d’âge. Il est néanmoins possible de dégager une tendance lourde où la majeure partie des Internautes auraient entre 20 et 40 ans [1], encore faut-il dissocier espaces communautaires et blogs où le différentiel semblerait plus accentué (les espaces communautaires nécessitant effectivement certaines connaissances acquises par la formation ou l’expérience puisque confrontées à la critique avisée d’autres participants).
L’un des aspects les plus prégnants des diverses études menées est que cette population dispose d’un niveau souvent intellectuellement et/ou professionnellement élevé. Ce qui n’est pas sans conséquence dans une société où l’ascenseur social stagne voire repasse aux étages inférieurs, où une frange conséquente de jeunes diplômés sont condamnés à la précarisation et à l’incertitude de leur avenir, et où des cadres du public comme du privé, insérés eux dans la vie active, sont maintenus dans une pression permanente de stress pouvant les amener à des actes irrémédiables sans avoir la certitude que leur progéniture bénéficiera du fruit de leur labeur. Foncièrement critiques envers la société, ces utilisateurs/producteurs du cyberespace sont porteurs d’une autre vision sociale comme créateurs de contenus ne rentrant guère dans le moule de la société consumériste contemporaine.
 
Encore en phase de gestation plus ou moins prononcée, il n’en reste pas moins que le « poids » de cette génération est d’ores et déjà pris en compte par les responsables politiques et économiques [2]. Car si chaque Internaute n’est pas un producteur de contenu, il est en revanche souvent relayeur de celui-ci, formant une chaîne où l’un de ces relais peut se muer à son tour en producteur. De fait, la réputation d’une marque ou d’une personne publique peut facilement être ébranlée ou encensée par les nouveaux médias des masses : c’est d’ailleurs cette prise de conscience par les autorités qui les incitent à vouloir transformer Internet en un simple espace régulé à vocation purement commerciale ou suffisamment aseptisé pour le rendre inoffensif : c’est que je nomme la minitélisation d’Internet.
 
Car Internet bouleverse le monde, et en principale ligne de mire les élites politico-économico-médiatiques, celles-là mêmes qui évoquent sans relâche l’ouverture au monde et la flexibilité (sans en connaître les affres, ce qui est tout de même fort pratique) tout en craignant de perdre le monopole du pouvoir. Pouvoir considéré comme un bien personnel transmissible à leur descendance tant le concept de reproduction endogamique sociale est dorénavant poussé à son paroxysme dans une majorité de pays occidentaux.
 
La France mais aussi ses partenaires Européens n’ont aucunement compris ce qui se passait sous leurs pieds : entre autres exemples, l’émergence de Partis Pirates Internationaux, à commencer par la Suède où une décision inique d’une institution judiciaire mit le feu aux poudres, est symptomatique qu’une prise de conscience globale est en train d’émerger et que la dépossession du cyberespace par ses acteurs est devenue un objectif patent pour les autorités institutionnelles et les groupes privés influents. Seulement comment stopper une entité organique ? Internet croît avec sa grappe d’innovations, et ne cesse de déjouer les prévisions en créant de nouvelles façons d’évoluer en son sein. Là où les élites pensent affronter un outil froidement mécanique et centralisé, ils font face en réalité un univers vivant capable de trouver à chaque problème une solution par l’action de l’intelligence collective. Les moyens d’action préalablement employés avec réussite à l’encontre des mass media deviennent entièrement caducs concernant Internet.
 
Ces mass media qui ont pour fonction désormais non d’informer mais de relayer ce qui est permis sans recul critique nécessaire. La différence sémantique est d’importance car leur docilité obtenue par la pression comminatoire ou l’octroi de subsides destinés à soutenir leur activité vacillante avec en sus le soupçon récurrent de collusion entre le monde politique et journalistique, fruit de liaisons dangereuses, est une stratégie qui se veut permanente au profit d’une personne physique comme d’un groupement politique qui eux-mêmes peuvent être foncièrement perméable à des intérêts privés et/ou communautaristes puissants. Instructif de relever que les mass media tout en vilipendant de temps à autre ce nouveau moyen de communication à travers toutes ses ramifications technologiques, usant de propos réellement condescendants et blessants par ses plus éminents représentants, en viennent de façon désormais chronique à réagir à la suite de bourdonnements (appelés aussi buzz) émanant de ce dernier.
 
Seul hic : le média des masses qu’est Internet permet l’échange, la comparaison et la multiplication des angles d’un sujet ou d’une situation. Difficile dans ces conditions de pouvoir tromper tout le monde, difficile de viser un individu en particulier à seule fin d’enrayer la propagation d’une information pouvant être dupliquée à l’envie. Les solutions ébauchées par les gouvernements faisant l’objet de la seconde partie du présent article dont je vous invite à en prendre connaissance.
 
Contrefaçon, terrorisme, pédophilie : le triptyque gagnant pour « détruire » Internet
 
Pour mener une guerre dans les démocraties modernes, il convient de se parer du rôle du défenseur animé des plus nobles intentions. Le panel de notre époque est bien établi et permet de rallier un maximum de partisans : la pédophilie (qui voudrait que l’on s’en prenne à ses enfants ?) ; la contrefaçon (qui voudrait que son labeur ne soit aucunement rémunéré à sa juste valeur ?) ; le terrorisme (qui voudrait perdre la vie suite à une action meurtrière d’un fanatique ?) sont les trois épouvantails autorisant les sociétés occidentales à renier les principes humanistes ayant libéré antérieurement la connaissance et les peuples.
 
Il a souvent été énoncé qu’Internet était un espace de non-droit par les zélateurs de lois intrusives comme souvent inefficaces, devenant le cas échéant le parfait adjuvant d’une démocratisation de solutions de cryptage rendant la tâche des services de surveillance et de sécurisation des intérêts nationaux encore plus ardue. Ce paralogisme illustre à merveille la méconnaissance d’une part de l’applicabilité des règles juridiques, et ce faisant de la capacité d’interprétation des magistrats ainsi que du rôle de la jurisprudence, comme d’autre part un acharnement qui participant à l’inflation législative et à la difficile compréhension de la Loi par le citoyen. Il y a aussi une part conséquente de sophisme, en ce sens que les responsables à l’origine de mesures législatives poursuivent d’autres buts que ceux annoncés, et visent à circonscrire soit les effets d’Internet en aval (en touchant ses utilisateurs), soit à le neutraliser en amont (par l’entremise d’une coupure de l’abonnement ou d’un filtrage aux frontières) [3].
 
Pourtant les élites devraient se méfier car en procédant d’une telle sorte elles amorcent une cyberguerre dont elles ne mesurent que difficilement les conséquences à terme. Elles censurent un outil qui a libéré la créativité, relayé l’innovation au profit de tous et apporté un souffle bienvenu à l’économie traditionnelle au moment où celle-ci peinait. En stigmatisant toute une frange de la population par des mesures vexatoires ou des ponctions fiscales inadaptées et injustifiées, elles n’aboutissent pas à se priver uniquement d’apports humains essentiels à la bonne marche et au rayonnement d’un Etat : elles poussent à l’incompréhension, la frustration et enfin à la révolte.
 
Or c’est affronter là un adversaire sur son propre terrain, et qui saura apprendre à évoluer plus vite et plus efficacement que les esprits rétifs à l’avènement d’une nouvelle ère [4].
 
L’ère numérique, le souffle d’un changement nécessaire
 
Il faut vraiment profiter à plein du système pour ne plus rien y voir en dehors. L’exemple Français en est symptomatique par l’aveu d’un régime désormais ouvertement clanique et non plus méritocratique. L’absence d’alternative réelle d’un système rodé pour ne conserver que l’illusion que le peuple a encore une quelconque importance à ses yeux est efficient à des degrés plus ou moins divers au sein des pays occidentaux. Ces sommets aux coûts ahurissants entre gens du même monde pour discuter de l’avenir de millions de personnes sans changer pour autant de conduite sont l’exacte démonstration que le système tourne en roue libre et n’a aucunement pour objectif une quelconque amélioration et élévation au profit du plus grand nombre.
 
La génération Internet est par conséquent légitimement appelée à prendre les rênes de pays aux mentalités sclérosées et aux schémas d’action et de pensée dépassés par les évènements. Les régimes oligarchiques occidentaux ayant failli dans leur mission de former et protéger les citoyens : se contentant de les transformer en consommateurs tout en éviscérant sciemment toute notion de solidarité à seule fin de les contrôler. Le déclassement social, les abus des autorités et leurs affidés, les restrictions unilatérales, la fatuité et l’égoïsme des puissants, la violence gratuite par manque de repères sociaux et de juste autorité, l’omniprésence d’une économie rentière ne peuvent que donner lieu à un besoin de changement : la génération Internet EST ce changement.
 
Innovation, infrastructures, investissements et institutions doivent devenir les mots clefs d’une génération ayant pour principale tâche de construire l’avenir et non de ponctionner jusqu’à épuisement le miel de la ruche à son seul profit. C’est un défi d’importance, mais le plus noble de tous.
 
[2] Cf Emission Ca se dispute du 24 octobre 2009 entre Eric Zemmour et Nicolas Domenach. Rajoutons que les réseaux sociaux disposent d’un rôle de premier plan, débordant parfois du strict cadre virtuel pour aboutir, entre autres exemples, aux flash mobs à connotation activiste.
[3] L’Allemagne a adopté une loi en juin 2009 (Gesetz zur Erschwerung des Zugangs zu kinderpornographischen Inhalten in Kommunikationsnetzen), véritable réplique Européenne de celle déjà en vigueur en Australie depuis octobre 2008 visant à « protéger » les Internautes en établissant un filtre sur le réseau des réseaux (Cyber safety Plan).
[4] A l’heure où les hérauts de textes législatifs font étalage de leur incapacité à comprendre la véritable nature d’Internet, perçue à leurs yeux comme un ensemble centralisé, comment leur expliquer que l’avènement prochain du WiFi Direct va encore accélérer l’impossible contrôle total des flux d’informations ?
 

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118 réactions à cet article    


  • Login Login 28 octobre 2009 10:42

      Je crois même que c’est la seule porte de sortie raisonnable. Il y a à développer un
      outil pour accélérer cette prise de pouvoir, ils sauront se l’approprier...

    • truffe puante truffe puante 28 octobre 2009 10:43

      Le Net finira comme le reste : infecté et sclérosé par la main du pouvoir, qui le contrôlera au titre des intentions les plus louables. La preuve, Hadopi, la preuve, la pandémie qui donne prétexte à bloquer « les sites les plus populaires », selon cette dépèche Reuters.

      Il n’y a aura pas de génération internet, car au sommet des outils de communications, il y a les communicants : que peut-on attendre de moutons et de pigeons qui reconduisent toutes les échéances électorales les mêmes qui les plument et qui les tuent à petit feu, les mêmes qui finiront par contrôler tous les moyens de communication, net compris ?

      Il n’y aura pas de génération internet, il n’y aura qu’un ersatz de progrès dans le moule habituel, car derrière les claviers opèrent toujours les mêmes moutons, et quand même appelerait-on ce troupeau cybergénération, on aura toujours à faire à la version numérisée de la populace.

      La seule chose qui pourra prendre le pouvoir, c’est une population exédée de se faire mettre tous les matins et toujours plus profond, une population qui finit par atteindre un certain niveau de conscience. Et cela arrivera, tôt ou tard, internet ou pas internet, pour l’unique raison qui a fait tomber tous les régimes totalitaires de l’histoire : des dirigeants trop vénaux ou trop ivres de pouvoir, qui poussent le bouchon trop loin et trop vite.

      Seuls des dirigeants à la calibration démesurée peuvent donner, malgré eux et à l’inverse de leurs objectifs, le pouvoir à une génération. C’est la leçon qu’il faut retenir de l’hisoire, et que tout le monde doit réapprendre cycliquement. Hélas ça se fait toujours dans des bains de sang, c’est l’autre leçon de l’histoire.


      • plancherDesVaches 28 octobre 2009 13:20

        Je ne suis pas loin de penser comme toi, Cochon Grippé.

        Il y a quelque temps, est passé à la télé (un truc intelligent, donc exceptionnel) en plusieurs épisodes qui était les mémoires d’un empereur romain qui a passer son « règne » à redonner du pouvoir au sénat de l’époque. Il finissait par se faire empoisonner.
        Evidemment, ce n’est à la mode dans aucun pays actuellement. (pas de faire empoisonner, mais redonner un semblant de pouvoir au peuple)
        Individualisme, quand tu nous tiens...


      • mambo mambo 28 octobre 2009 14:18

        D’accord avec vous Truffe,

        J’ai déjà réagi d’ailleurs sur un autre article qui donne un exemple appuyant le présent article http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/seguela-le-net-est-un-cancer-de-la-63972?debut_forums=0#forum2284448.

        Au risque de me faire répéter, voici mon commentaire :

        Tous les manipulateurs politiques, les médias et les agences pub ont commencé à baliser face à l’internet et les internautes. Surtout après les scandales des derniers temps (F. Mitterand, J. Sarkozy,....).
        Remarquez quelle contradiction : quand Internet arrange bien leurs affaires, ils n’hésitent pas à nous bombarder de leur pollution de pub ou à monter des sites vides de morale ; au contraire, quand ça les arrange pas, Internet est une saloperie puisqu’il met le doigt là où il ne faut pas en crevant leur réputation de manipulateurs et de malsains et montrant leur vrai visage. A méditer....

        Je parie qu’ils vont tous s’allier, mettre toute leur énergie, pour mettre la main sur Internet qui leur échappe. Soyons vigilants et préparons nous un front pour laisser Internet libre.
        Heureusement, de plus en plus de gens commencent à faire front. Dans ce sens, un livre vient d’apparaître où dessine les prémices d’une guerre qui ne fait que commencer : c’est le livre « La bataille Hadopi » fait par une 40aine d’écrivains. Voir la Une sur http://www.framasoft.net/.

        Cordialement,


      • Gourmet 28 octobre 2009 15:34

        Hélas, il y a du vrai là-dedans.
        J’ai beau être optimiste de nature, les révolutions sont rares, très rares et ne servent, en général, qu’à placer un autre type de pouvoir qui finit, toujours, par succomber à la tentation de favoriser une minorité au détriment de la majorité qui sombre à nouveau dans la précarité.
        Mais il y a des cycles également (c’est le côté optimiste).

        Concernant la dépêche Reuters il ne faut pas voir les décisions qu’elle évoque comme absolue.
        En effet, cela reviendrait à favoriser un pan de l’économie (celle qui a besoin des télétravailleurs en période de pandémie) par rapport à une autre (celles des cybermarchants, de la presse électronique, de la recharge).
        Croyez-vous que les ebay, Google, Apple et autres Washington Post seraient heureux de constater que plus personne ne peut venir les visiter ?

        db


      • CapitaineHaddoc CapitaineHaddoc 29 octobre 2009 06:48

        Hé bien moi je ne suis PAS d’accord avec vous, Truffe.

        Vous parlez d’hadopi, et de toutes ces lois visant implicitement à minitéliser le net.

        Mais il faut tirer la leçon principale de ces lois, à savoir l’incroyable capacité d’adaptation du net et des internautes face à ces absurdités législatives.

        Une expression est courante sur la toile, on dit que « les pirates ont toujours une longueur d’avance ». Hé bien ces pirates sont simplement la locomotive, tout le monde suit !

        Aujourd’hui on a Hadopi, et alors ? Il y a des dizaines de façons de contourner cette loi, la plupart existaient déjà bien avant que l’idée même de cette loi ai germé, et ces moyens ne sont pas accessibles qu’aux pirates ou aux experts, mais au commun des mortels !

        Je ne citerai que les chiffrement (qui ne peut en aucun cas être interdit, car utilisé massivement par les boutiques d’e-commerce, les banques en ligne, certains webmails, etc), ainsi que les proxys ou les proxys chiffrés (vpn) qui sont extrmement simples à mettre en place.

        Je ne suis pas informaticien, mais si l’envie m’en prenait, je pourrai aller traiter Nadine Morano de tous les mots qui me passent par la tête sur dailymotion et ne pas être inquiété le moins du monde !

        Bref, je le redis une fois de plus, comme je l’ai souvent dit sur AgoraVox, ils ont lancé une guerre qu’ils ne gagneront jamais !


      • MICHEL GERMAIN jacques Roux 29 octobre 2009 17:23

        L’ordinateur est un outil éventuellement. Comme l’automobile, le téléphone et la brouette.

        Chacun de ces ustensiles pourra offrir plusieurs utilisations selon par qui, ou et quand elles seront utilisées. Aucun d’entre eux, jusqu’ici, ne cristalise une génération, un peuple, l’Histoire.
        l’automobile peut, si elle s’appelle ambulance, transporter plus vite des blessés sur un lieu de soin. Blessés, peut être, dans un accident d’automobile.
        Le téléphone peut relier des amours humaines, ou dénoncer des sans papiers, des résistants.
        La brouette, porter le terreau fécond, le charbon, la chaux vive...
        Internet, faire circuler des pensées, dénoncer des abus ou commenter l’actualité. Internet rapproche les « mots » pas les corps. Les corps portent les mots, les mains et les regards. pas internet.

        Mais qui donc construit cette « actualité » qui croustille de commentaires sur Agora ? Qu’est qui est « Actuel » ? Sur quoi construisons nous les pensées et raisonnements que nous faisons circuler sur internet ? Qu’est ce qu’une génération : un monolite ?


      • Croa Croa 29 octobre 2009 18:30

        Prédire l’avenir est chose malaisée mais je crains que notre cochon ait de la truffe !

        Ce n’est pas une raison pour être pessimisiste. Nos ’’élites’’ peuvent faire des erreurs comme la TNT par exemple (télévision détonante non détonnante... mais trop diversifiée pour ne pas perdre de l’influence !)

        Ceci dit Internet reste un média très conformiste. Il y a Agoravox et quelques autres, certes, mais fréquenté par un microcosme réduit, hélas ! Ne parlons pas des blogs, avec plus d’auteurs que de lecteurs !

        Signe des temps de la cybergénération : 9 internautes sur dix démarrent sur la page proposée par défaut, celle d’Orange par exemple ! Des portails très presse people et très pub, bref très consommation et pensée unique.  smiley


      • PhilVite PhilVite 28 octobre 2009 10:49

        Les pathétiques efforts du pouvoir pour prendre le contrôle de cette savonnette qu’est internet, avec les campagnes de dénigrement et de diabolisation qui les accompagnent, montre bien qu’il a compris que l’outil de la révolution qui vient ne sera ni la faux, ni le fusil, mais bel et bien internet.
        Il pourrait, certes, lui venir à l’idée de couper physiquement les tuyaux, mais là, il pourrait nous venir à l’idée de lui couper physiquement la tête...


        • xbrossard 28 octobre 2009 10:53

          @philvite

          ha oui ? tu crois sérieusement que les gens feront la révolution s’ils n’ont plus internet ? tu rêves un peu là...


        • Login Login 28 octobre 2009 11:06

           S’ils n’ont plus Internet, ils ne feront plus leur déclaration de revenus en ligne smiley

        • PhilVite PhilVite 28 octobre 2009 11:19

          S’attaquer à la liberté d’internet c’est s’attaquer aux yeux et aux oreilles des internautes, et donc à leurs cerveaux.
          Pour ma part, oui, je crois que ça peut rendre méchant.


        • appoline appoline 28 octobre 2009 19:06

          @ Philvite,

          Tu as raison, il va nous falloir ressortir le casque lourd et le canon de 75 sans recul. Non sérieusement, il ne faut pas qu’ils poussent trop loin le bouchon, le peuple a quelques fois des réactions que leurs cerveaux trop oxygénés ont du mal à comprendre. La liberté eux, ils l’ont depuis leur naissance à voir même bien avant, nous, la nôtre, nous leur avons arraché. L’expérience joue en notre faveur et ils le savent ; et puis, ils ont tant à perdre.


        • PhilVite PhilVite 29 octobre 2009 10:53

          Certes, mais penser sans pouvoir diffuser sa pensée, à quoi ça sert ?


        • ObjectifObjectif 29 octobre 2009 18:17

          Bonjour,

          Internet n’est qu’un porte-voix, qui fait porter plus loin la voix de ceux qui pensent par eux-même, en dehors du troupeau des endormis devant la télévision.

          Ce que ne supportent pas les pouvoirs, ce n’est pas internet, ce sont ceux qui s’expriment et que l’on entend avec internet.

          Supprimer internet ne supprimerait pas ceux qui pensent par eux-mêmes, qui sont ainsi devenus incontrôlables.


        • appoline appoline 29 octobre 2009 19:00

          @ Philvite,

          A quoi cela sert ? A batailler sec si un jour cela doit se produire, dans la rue. Quand on a plus rien à perdre, la peur devient accessoire.


        • jpb jpb 23 décembre 2009 15:09

          La république des idées, ni dieux, ni maitres.

          C’est donc le libre jeu qui prédomine. Que les meilleures propositions gagnent.

          http://jeanpierre.becker.free.fr/


        • g.f. 28 octobre 2009 10:53

          Article creux sur le sujet, il s’agit plutôt d’une vague contestation politique assaisonnée de sociologie technique - c’est un tract. Désolé de critiquer de la sorte Mr Harrel, mais c’est usant de voir des internautes gâcher leur outil en adoptant des postures caricaturales plutôt que raisonnables. Il y a un problème de méthode dans ce que vous avez écrit : pourquoi ne pas choisir un angle clair, une liste limitée d’arguments, pour ensuite aller au bout de votre raisonnement ? Quitte à vous mettre en danger, et refuser de rester en surface !
          Voilà pour le fond ; sur la forme, vous avez visiblement un excellent vocabulaire mais, pardon, vous êtes imbuvable ! Les phrases sont trop longues, les concepts s’emmêlent... ça ressemble à la dissertation d’un 1er année cultivé.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 octobre 2009 10:54

            Bonjour Yannick,

            " Les moyens d’action préalablement employés avec réussite à l’encontre des mass media deviennent entièrement caducs concernant Internet. « 

            Magnifique, alors même que la presse et la télé s’avèrent totalement sous contrôle, que les stars jouent à plein leur rôle de porte manteaux et d’hommes sandwich au profit des grands groupes commerciaux et du démon du jeu de kerpo, savamment organisé par l’avènement de la console de jeu dès le plus jeune age de toute une génération, mince, c’est ballot, les jeunes découvrent un nouveau jeu qui consiste à ziber les vieux cons dans leur sclérose arthritique...

            C’est pas de chance, jusque là tout avait fonctionné comme sur des roulettes mais les cartes ont changé de main...Adieu, veaux de français, vaches à lait et bonjour cochons de poulets... !

             » Pourtant les élites devraient se méfier car en procédant d’une telle sorte elles amorcent une cyberguerre dont elles ne mesurent que difficilement les conséquences à terme. "

            Pour s’en sortir, il leur faut recourir à de savants stratèges tels le tombeur se la société générale, JK...Devinez ce que ça va lui coûter à l’Etat qui veut jouer au plus malin ?

            Il faut s’y faire et s’y soumettre, internet, c’est Dieu


            • Login Login 28 octobre 2009 10:55

               L’adoption massive d’Internet par les corporations protège Internet. transactions bancaires,
               communications y compris téléphonie, commerce en ligne, relation client, etc.. etc..


              • plancherDesVaches 28 octobre 2009 13:32

                Non.
                Rien de plus facile de filtrer le net comme en Chine.
                Et je ne sais plus combien de personnes sont employées pour trouver tout propos « subversif » qui nuirait au régime.
                (en France aussi, il y a des « surveillants ». Bonjour messieurs smiley )

                Voyez d’ailleurs comme le mot terroriste est revenu à la mode, ces temps-ci....
                Freedom, c’est l’autre qui l’obtient... à nos dépens.


              • Login Login 28 octobre 2009 14:14

                 Mon point était de rappeler qu’Internet est indispensable à l’économie. 
                 
                 Interdire l’accès à certains sites, oui, tout à fait, filtrer les contenus. uniquement si vous ne 
                 vous donnez pas les moyens de l’empêcher.

                Blesse mon coeur d’une langueur monotone smiley
                 
                 

              • finael finael 28 octobre 2009 10:56

                « Internet bouleverse le monde ».

                « Génération internet ».

                « Gutemberg à la poubelle ».

                C’est ça, c’est ça ...

                Et en panne d’électricité vous faites comment ?


                • Login Login 28 octobre 2009 11:02

                   Il est vrai qu’une éruption solaire majeure peut nous ramener en 2 secondes à Gutemberg.

                • truffe puante truffe puante 28 octobre 2009 11:07

                  Et une attaque de l’Iran qui dégénère dans l’escalade internationale peut nous ramener à l’âge de pierre.


                • Login Login 28 octobre 2009 11:16

                    Nous allons voir.

                • bobbygre bobbygre 28 octobre 2009 12:03

                  Complétement juste mais les deux arguments ne s’annulent pas ; ils s’ajoutent.


                • L'enfoiré L’enfoiré 28 octobre 2009 19:16

                  Finael,

                   Toujours la question à ne pas poser.... mais j’aime....
                   Il n’y a pas longtemps, un téléfilm est passé sur nos ondes. Terrifiant.
                   Il y a bien d’autres problèmes, encore.
                   J’en ai parlé ici.
                   Je ne sais si vous avez entendu parlé de « Vendetta ».
                   La guerre continue.
                   Pourtant je continue à dire qu’Internet peut sauver le monde.
                   


                • Croa Croa 29 octobre 2009 18:45

                  « Et en panne d’électricité vous faites comment ? »

                  Pour info la 9box fonctionne très bien sur batterie 12 volts.

                  Ceci dit reste qu’un portable chargé est nécessaire (les pannes durent rarement plus que l’autonomie.) et que la ligne téléphonique doit être intacte (elles morflent aussi dans les tempêtes.)


                • Fergus Fergus 28 octobre 2009 10:58

                  Bonjour, Yannick.

                  Je crois moi aussi que le net aura un rôle primordial à jouer dans l’avenir, sinon comme contre-pouvoir, du moins comme outil d’analyse et de décryptage de la communication officielle des gouvernants et de la passivité des grands médias. Les affaires Mitterrand et Jean Sarkozy sont là pour illustrer cette évolution encore embryonnaire mais bien réelle. 

                  Pour ce qui est des gens comme Sarkozy, ce n’est pas une bonne nouvelle car ils appuient leur conquête du pouvoir (et leur maintien) sur une démagogie décomplexée qui trouve un écho positif principalement dans les populations n’ayant pas accès à internet : une partie des classes populaires et une majorité de personnes âgées. Des cibles qui vont progressivement s’équiper et devenir, à leur tour, plus critiques car ayant accès à des éclairages dont elles sont, actuellement, totalement exclues.

                  Je crois que nous vivons un tournant historique dont les effets pourraient intervenir plus rapidement qu’on le croit.


                  • Login Login 28 octobre 2009 11:14

                     On peut construire sur Internet des réseaux sécurisés privés. Quand les réseaux sociaux entre
                     autres, intégreront cette possibilité, nous serons fixés. Une étape reste nécessaire, sortir des
                     réseaux sociaux gérés de manière centralisée, comme facebook et consorts pour arriver à
                     des solutions dont le contrôle sera répartie entre acteurs du réseau, des réseaux sociaux 
                     distribués en quelque sorte. Quand ces mêmes réseaux permettront à des communautés de
                     s’organiser économiquement, la cybergénération prendra la pouvoir.

                    • PhilVite PhilVite 28 octobre 2009 11:27

                      Entièrement d’accord, l’essence même d’internet (et sa force) est dans la décentralisation absolue.
                      http://www.liberation.fr/medias/0101552769-l-internet-fait-peur-comme-autrefois-l-imprimerie


                    • le-Joker le-joker 28 octobre 2009 12:37

                      Login c’est intéressant ce que tu dis mais rien n’empêchera l’infiltration de ces réseaux. Le Net est déjà un territoire occupé à moins de créer un réseau véritablement dissident avec ses codes et ses us, tout y est déjà décrypté, sous statistiques, contrôlé, filtré, la liberté du Net est un leurre total.

                      La révolution ne s’est jamais faite assis.

                    • johnford johnford 28 octobre 2009 13:23

                      exact, le joker


                    • Login Login 28 octobre 2009 13:29

                       Il est une évidence, c’est sur la capacité d’organiser que se sont bâtis les pouvoirs. Internet
                        permet de changer la gouvernance des organisations.Il ne s’agit pas de ’faire la révolution",
                        c’est faire parti du jeu, mais de jouer intelligemment, autrement que sur les rôles imposés.

                    • SysATI 29 octobre 2009 02:19

                      « Une étape reste nécessaire, sortir des réseaux sociaux gérés de manière centralisée, comme facebook et consorts pour arriver à des solutions dont le contrôle sera répartie entre les acteurs du réseau, des réseaux sociaux distribués en quelque sorte »


                      Les prémisses existent déjà...

                      Google Friend Connect : http://www.google.com/friendconnect 


                    • Jean-Fred 28 octobre 2009 11:23

                      Très bon billet un peu trop optimiste à mon goût où disons trop avant-gardiste !!
                      Le problème est que la population vieillit, cette franche des 20-40 ans ne représente au fond pas grand chose dans l’électorat.

                      A croire Forest Ent dans son billet il n’y a pas de porte de sortie ?, quand vous avez 75% des plus de 65 ans qui votent pour Nicolas Sarkozy, vous savez que la génération « internet » n’est pas prête à prendre le pouvoir avant longtemps.


                      • Login Login 28 octobre 2009 11:43

                         L’objectif serait de multiplier les activités conduites hors du cercle contrôle par les « élites » en 
                         tirant parti des règles du ’système’.... 

                      • le-Joker le-joker 28 octobre 2009 11:32

                        Internet est surtout un excellent moyen pour que les « révolutionnaires » écrivent plus qu’ils n’agissent.

                        On en a le parfait exemple sur Agoravox tous les jours.

                        • Talion Talion 28 octobre 2009 11:58

                          Comment on dit déjà ?...

                          Ah oui : « L’hospital qui se fout de la charité »

                          Ca paye bien au fait le boulot de lobbyiste ?... Ça doit être dur sur Internet pas vrai ?... Il faut dire que la marmite déborde de tous les côtés...

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