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La définition légale de la mort doit-elle être conditionnée par les transplantations d’organes ?

A l’occasion de la Toussaint, un article paru dans « Le Temps », journal suisse, tente de fournir des éléments de réponse à la question de savoir quand commence la mort. L’analyse part d’un constat : « à force de repousser les limites de la mort, la recherche médicale a contribué à les rendre floues ». Aline Dépraz, journaliste au Temps, interroge le Pr Jean-Michel Guérit, chef du service de neurologie et neurophysiologie au Chirec (Centre hospitalier interrégional Edith Cavell) à Bruxelles :

"Le Temps : Parler de mort cérébrale fait penser au don d’organe. Comment ces deux réalités sont-elles liées ? Jean-Michel Guérit : Les patients en mort cérébrale ont en général des organes d’excellente qualité pour la transplantation, ce qui sauvera la vie de ceux qui en profiteront. Mais l’idée que l’on a inventé le concept de mort cérébrale pour fournir des organes à la transplantation est totalement fausse. Ce malentendu découle d’une coïncidence : les respirateurs, et du coup la mort cérébrale, sont apparus à peu près à l’époque où se sont réalisées les premières greffes d’organes, au début des années 60." Cette dernière affirmation mérite un approfondissement.

==> Lire l’article du Temps.

Déterminer avec précision le moment de la mort reste un "challenge" pour la science et la loi, encore de nos jours. Dans un tel contexte d’incertitude, on peut se demander si la définition légale de la mort doit être conditionnée par l’activité des prélèvements d’organes. Ne doit-on pas craindre un conflit d’intérêt à cet égard ? Suite à la première transplantation d’organe pratiquée en Europe en 1968, certains juristes se sont inquiétés du fait qu’on puisse mourir par simple ordonnance ou décret légal. Ils faisaient allusion à la "circulaire Jeanneney", qui donnait pour la première fois une justification légale au concept de mort encéphalique. En 1959, la mort cérébrale est décrite, mais ne sera reconnue qu’en 1968 dans une circulaire légalisant le prélèvement d’organes sur un sujet en état de mort encéphalique. En France, la première circulaire, qui décrivait la mort encéphalique et légalisait le prélèvement d’organes sur un sujet en état de mort encéphalique, était établie par Jeanneney en 1968 (n° 27 du 24.04.1968). Deux jours plus tard avait lieu la première transplantation d’organe, à partir d’un donneur... en état de mort encéphalique (décrit dans les journaux de l’époque comme un "mort à coeur battant"). Cette coïncidence peut sembler troublante. Rappelons que contrairement au traitement d’un patient donné, la prise en charge d’un sujet en état de mort encéphalique a pour objectif la conservation des organes dans le but de satisfaire la survie de plusieurs patients (les receveurs). En France, il y a entre 30 000 à 50 000 greffés en vie (chiffres de 1997).

Peut-on affirmer que "l’idée que l’on ait inventé le concept de mort cérébrale pour fournir des organes à la transplantation est totalement fausse" ? A quoi est due cette coïncidence évoquée plus haut ?

1.-) Je cite un extrait du livre intitulé Les Eléments du corps humain, la personne et la médecine, aux éditions de l’Harmattan, 2005. Auteurs : Emmanuelle Grand, Christian Hervé, Grégoire Moutel :

"La nouvelle définition de la mort cérébrale est née en 1968 à la suite du progrès des techniques de réanimation (ventilation artificielle et réanimation cardio-pulmonaire) et du développement des pratiques de transplantation. ’Ce changement de législation a permis de résoudre le double problème que posait, d’une part la surcharge des lits occupés par des patients qui ne retrouveraient plus la conscience et, d’autre part, la demande croissante d’organes pour la transplantation. La définition de mort cérébrale permet d’annuler les obstacles auparavant légaux de deux pratiques désormais très courantes en fin de vie : la greffe d’organes et l’arrêt des soins’, écrit David Rodriguez-Arias."

La loi Léonetti de 2005 (loi n° 2005-370 du 22 avril 2005, dite "loi Léonetti", "relative aux droits des malades et à la fin de vie") prévoit l’arrêt des soins. Mais elle n’inclut pas la pratique des prélèvements d’organes sur donneurs "décédés" dans les pratiques médicales de fin de vie qu’elle mentionne.

2.-) Une émission d’Elodie Courtejoie sur Canal Académie, sur la carrière du chirurgien cardiaque Christian Cabrol, qui présentait son livre De tout coeur à l’Académie nationale de médecine en 2006, peut aussi contribuer à fournir des éléments de réflexion. Le Pr Cabrol y retrace les circonstances de sa carrière, et les difficultés éthiques et juridiques spécifiques aux débuts des greffes d’organes. Il relate comment la première transplantation qu’il réalisa en Europe a bien failli lui rapporter... quelques ennuis avec la justice ! On peut aussi mentionner les études des années 80, qui indiquent que 40 % des professionnels de santé sont très réticents à admettre cette mort cérébrale. (Source : Dr Guy Freys, département de réanimation chirurgicale, hôpitaux universitaires de Strasbourg).

Ecouter cette émission en ligne (durée : 20 mn) : http://www.canalacademie.com/De-tout-coeur.html

3.-) du 29 au 31 mars 2007 se sont tenues "Les Deuxièmes Journées Internationales d’Ethique : donner, recevoir un organe, droit, dû, devoir", au Palais universitaire de Strasbourg. A cette occasion, le Dr Guy Freys a présenté une synthèse sur la question de savoir comment déterminer avec précision le moment exact de la mort. Sa présentation, intitulée "On ne meurt qu’une fois, mais quand ?" peut être visualisée sur internet. Le Dr Freys a évoqué les principales tentatives visant à fournir des critères de définition de la mort d’un point de vue légal, afin de recueillir l’acceptation sociétale des prélèvements d’organes. Ces tentatives ont commencé en 1968, avec la "circulaire Jeanneney", validant le concept de mort cérébrale d’un point de vue légal. Deux jours plus tard avait lieu la première transplantation d’organe en Europe. Il est donc difficile de désolidariser la validation juridique en 1968 d’une définition de la mort basée sur une incompétence du cerveau d’une part, et les premières tentatives de transplantation d’autre part.

Dr Guy Freys : "C’est le développement de la transplantation qui
va nécessiter de toute urgence, de la part de la communauté médicale, une définition claire de cette mort cérébrale pour permettre le prélèvement d’organes et recueillir l’acceptation sociétale d’une telle procédure. En 1968, on valide le concept de mort cérébrale (5 août 1968, déclaration de Harvard aux Etats-Unis et 25 avril 1968 : circulaire Jeanneney), mais on se garde bien d’en préciser les critères, les Américains disant qu’il faut les établir en fonction des connaissances et en France, la fameuse circulaire Jeanneney dit que l’élaboration des critères va être imminente et proposée par l’Académie de médecine. Il faudra attendre 28 ans pour les voir apparaître. La France a donc eu quelques mois d’avance sur les Américains pour décréter que la mort cérébrale était un état de mort. M. Cabrol, deux jours après la promulgation de cette circulaire, va faire la première greffe à partir d’un donneur considéré en mort cérébrale."

Rappelons que la définition légale de la mort en France est toujours basée sur une incompétence du cerveau (loi de bioéthique de 1996, révisée en 2004). La prochaine révision de la loi de bioéthique aura lieu dans un an. Dans cette perspective, un travail d’évaluation des connaissances et des recherches sur les cellules souches somatiques, qui ne posent pas de problèmes éthiques et permettent déjà des applications thérapeutiques, a déjà commencé, à l’initiative du Sénat notamment (source).

4.-) Un article scientifique de juin 2007, intitulé Seeking an ethical and legal way of procuring transplantable organs from the dying without further attempts to redefine human death, montre qu’une définition légale de la mort, dans le but de permettre l’activité des prélèvements d’organes sur donneurs "décédés", se heurte à des contradictions insurmontables. De ce fait, ces tentatives d’une définition légale de la mort en vue des prélèvements d’organes devraient être abandonnées. Il y aurait un conflit insurmontable entre la nécessité de laisser passer suffisamment de temps pour que le décès d’un donneur d’organes potentiel puisse être raisonnablement prononcé, et la nécessité de prélever des organes (greffons) viables, ces organes ou greffons devant être prélevés le plus tôt possible. D’où l’adage anglo-saxon exprimant ce dilemme : "as dead as necessary, as alive as possible" : le donneur potentiel d’organes, dont on dit qu’il est décédé, doit en fait être aussi mort que nécessaire (aux yeux de la loi) tout en étant aussi vivant que possible (pour que les organes prélevés soient transplantables). L’article propose de ne plus parler de donneurs morts (s’affranchir de la "règle du donneur mort"), mais de donneurs mourants. Tout en posant la question de savoir si un tel "changement de paradigme" serait accepté au sein de la société (la question de savoir si ce changement rencontrera l’acceptation sociétale : la société permettra-t-elle le prélèvement des organes sur des donneurs mourants ?), l’article insiste sur les mérites d’une information transparente et honnête sur le don d’organes (ne plus dire que les donneurs sont morts) ...

On ne peut donc pas affirmer que "l’idée que l’on ait inventé le concept de mort cérébrale pour fournir des organes à la transplantation est totalement fausse". Du moins, il conviendrait de nuancer cette affirmation, puisqu’on voit que depuis 1968, les tentatives visant à fournir une justification et un cadre légal aux transplantations d’organes n’ont pas cessé, de la "circulaire Jeanneney" de 1968 à la loi sur les prélèvements "à coeur arrêté" de 2005. En effet, les prélèvements d’organes "à cœur arrêté" ont repris en France depuis 2006, suite à la loi du 21 avril 2005 établissant la procédure des prélèvements d’organes "à cœur arrêté" - procédure qui permet qu’une situation d’arrêt cardiaque devienne une source de greffons. A cela s’ajoutent les nouvelles dispositions légales du 2 août 2005 : "Selon un décret paru le 7 août au Journal officiel, les établissements conventionnés pourront désormais prélever des reins et des foies sur des personnes ’décédées présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant’. Précédemment, ces prélèvements étaient réalisés sur des donneurs en état de mort encéphalique et dont l’activité cardio-respiratoire était maintenue artificiellement. Cette disposition devrait augmenter le nombre de prélèvements." (Source : Agence de la biomédecine, rapport annuel 2006). "Le décret du 2 août 2005 autorise en particulier les équipes médicales à mettre en place des moyens de préservation des organes en attendant l’entretien avec les proches" (source : Agence de la biomédecine). Rappelons que la mise en place de ces moyens de conservation consistent en des manoeuvres invasives, qui vont à l’encontre de l’intérêt des patients sur lesquels elles sont pratiquées, mais qui servent les patients en attente de greffe : ces manoeuvres invasives visent à réanimer un patient "décédé" dans le "seul" but de préserver ses organes. Ce "mort" réanimé sera considéré comme un simple réservoir d’organes, c’est-à-dire qu’il sera dépourvu de droits - ces mêmes droits qui sont reconnus aux personnes en fin de vie et qui interdisent tout "acharnement thérapeutique déraisonnable" (selon la loi Leonetti d’avril 2005). Ce décret du 2 août 2005 permet en quelque sorte de court-circuiter la loi Leonetti, mais uniquement en ce qui concerne les patients décrétés "décédés en état d’arrêt cardio-respiratoire persistant" et "candidats" au don d’organes.

Les tentatives visant à fournir une justification légale à l’activité des prélèvements et des greffes d’organes se heurtant à des contradictions et à des controverses à l’échelle internationale, on peut s’interroger sur leur devenir : vont-elles continuer à se livrer à quelques contorsions afin d’épouser les dernières découvertes (et controverses) médicales sur la mort au fur et à mesure des "progrès" de la science, ou bien ces tentatives seront-elles mises en échec ? Force est de constater que les disparités dans les pratiques et les législations d’un pays sur l’autre ne simplifient pas la compréhension, et surtout, ne favorisent pas l’adhésion de l’usager de la santé. D’autant que ces disparités relèvent du domaine scientifique, et non de celui de la culture ou de la religion.


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17 réactions à cet article    


  • JL JL 8 novembre 2007 14:39

    Bonjour Catherine Coste. Vous écrivez : «  »En France, il y a entre 30 000 à 50 000 greffés en vie (chiffres de 1997)«  ».

    Pouvez-vous nous dire combien de greffes sont effectuées par an. Merci.


    • TALL 8 novembre 2007 18:21

      D’après mes connaissances, la mort cérébrale implique une destruction rapide et irréversible de quantités massives de neurones. Conséquences : après 1/4h déjà, c’est définitivement fini. Et c’est certain, hélas.


      • Catherine Coste Catherine Coste 9 novembre 2007 10:50

        Il n’existe malheureusement aucune certitude en ce qui concerne le constat de décès dans le cas de patients en état de mort encéphalique ou en état d’arrêt cardio-respiratoire persistant, ce dernier état permettant les prélèvements « à coeur arrêté ». La difficulté de la science et de la médecine à déterminer avec certitude le moment exact de la mort a conduit à des polémiques et des controverses sur le plan scientifique à l’échelle internationale. En effet, le diagnostic de mort dans les cas où le prélèvement d’organes sur donneur « décédé » est possible, à savoir la mort encéphalique et l’arrêt cardio-respiratoire persistant, est en fait fondé sur l’imminence de l’état de mort. On prévoit que ces gens vont mourir, donc on dit qu’ils sont morts pour pouvoir prélever leurs organes. Dans de telles situations, le constat de décès sur le plan de l’éthique est problématique, car au moment du prélèvement des organes sur ces patients dits « décédés », on a en fait affaire à des états de mort dits « équivoques », en opposition à l’état de mort dit « univoque ». Les organes prélevés sur un mort ne sauvent malheureusement personne. En ce qui concerne les prélèvements « à coeur arrêté », le constat de décès est basé sur l’arrêt des fonctions du coeur et des poumons, sans que soit vérifiée la destruction du cerveau (mort encéphalique). Dans le cas de la mort encéphalique, le cerveau est détruit, mais le coeur bat encore. Rappelons que la mort, dans son acception traditionnelle, se définit par la cessation irréversible des fonctions du coeur, des poumons et du cerveau.

        Il est donc important de retenir qu’une personne en état de mort encéphalique est une personne maintenue en vie artificielle, ou réanimée, et qui décèdera au moment du prélèvement de ses organes. Il s’agit d’un mort « à coeur battant », c’est-à-dire une personne dont le cerveau est détruit, mais dont le coeur continue encore à battre, pour quelques heures. Dans le cas d’une personne « décédée en arrêt cardio-respiratoire persistant », cet état permettant les prélèvements « à coeur arrêté », qui ont repris en France depuis 2006, le diagnostic de la mort de la personne repose sur le fait que son cœur a cessé irréversiblement de battre, et aucun examen complémentaire n’est requis. Actuellement, la médecine est incapable de déterminer le moment où des patients en arrêt cardio-respiratoire persistant vont se trouver en état de mort encéphalique. La destruction du cerveau de ces patients n’est donc pas requise, ni confirmée, lors du diagnostic de mort. Vous voyez que les choses sont finalement assez compliquées, en tout cas plus qu’on ne pourrait le croire.

        Pour en savoir plus et trouver les références qui permettent de documenter cette réflexion, voir l’article sur Wikipedia :

        http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Pr%C3%A9l%C3%A8vement_d%E2%80%99organes_%C3%A0_coeur_arr%C3%AAt%C3%A9&oldid=22194993#Les_contraintes_des_pr.C3.A9l.C3.A8vements_.22.C3.A0_coeur_arr.C3.AAt. C3.A9.22_:_une_course_contre_le_temps


      • Catherine Coste Catherine Coste 8 novembre 2007 19:21

        Greffes réalisées en France en 2006 :

        Coeur : 358 Poumons : 182 Bloc Coeur-poumons : 22 Foie : 1.037 Reins : 2.731 (y compris donneurs vivants)

        12.000 patients attendent une greffe. On prévoit 4.000 transplantations. En 2006, 229 patients seraient morts faute de greffon. Source : Agence de la biomédecine. Le site internet de France Adot communique les données suivantes :

        "Les résultats préliminaires de l’activité de prélèvement et de greffe en France en 2006 s’inscrivent dans le prolongement des années précédentes : le taux de prélèvement n’a jamais été aussi élevé et il s’établit pour la première fois à environ 23 prélèvements par million d’habitants. 4 426 greffes ont été réalisées, et l’activité de greffe a augmenté de 38 pour cent depuis l’année 2000.

        Malgré cette progression, la situation de pénurie persiste : en 2006, en France, près de 12 400 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organes et 229 patients sont décédés faute de greffon. Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d’attente est plus élevé (+ 4 pour cent en 2006) et le décalage entre le nombre de nouveaux inscrits (5 433 en 2006) et le nombre de greffes réalisées reste important. Un taux de prélèvement de 23 par million d’habitants en 2006 : Le taux de prélèvement par million d’habitants (pmh) est de 23 pmh en 2006. 1 441 donneurs ont été prélevés contre 1 371 en 2005, soit une augmentation de 5,1 pour cent. Les accidents de la circulation diminuent de façon constante depuis cinq ans mais le nombre de prélèvements a pu progresser grâce à une amélioration et une augmentation du recensement des donneurs potentiels décédés d’un accident vasculaire cérébral. En 2006, 3 055 donneurs potentiels en état de mort encéphalique ont été recensés (contre 2 803 en 2005). Depuis quelques années, la moyenne d’âge des donneurs prélevés ne cesse de croître avec l’augmentation de la part du prélèvement des donneurs de plus de 50 ans, voire de plus de 65 ans (en 2006, les plus de 60 ans représente 28 pour cent des donneurs prélevés). Cette tendance s’observe particulièrement pour le rein et le foie.

        L’activité de greffe d’organes continue sa progression avec 4 426 greffes en 2006 : L’activité de greffe a augmenté de 4 pour cent en 2006 avec 188 greffes supplémentaires réalisées par rapport à l’année passée. 4 426 greffes ont été réalisées en 2006 (contre 4 238 en 2005). La greffe rénale, qui représente 62 pour cent de la totalité des greffes, a enregistré une augmentation de 42 pour cent depuis 2000.

        En 2006, 12 411 personnes ont eu besoin d’une greffe d’organe. En effet, le nombre de patients restant inscrits en liste d’attente au 31 décembre 2005 étaient de 6 978 auxquels se sont ajoutés 5 433 patients nouvellement inscrits sur la liste nationale d’attente au cours de l’année."

        Source : Agence de la biomédecine ; site internet de France Adot : http://www.france-adot.org/A149-hausse-de-l-activite-de-prelevement-et-de-greffe-en-2006.html


        • alexdred 12 janvier 2009 12:23

          Pour plus de renseignements sur la carte de donneur d’organes
          et sur la journée mondiale du don d’organes
          et des chiffres sur le don d’organes


        • Adama Adama 9 novembre 2007 09:20

          Article qui devrait intéresser chacun d’entre nous.

          A ce propos voici un animal qui pourrait être notre avenir-(éternel)

          hydre l’immortel


          • Catherine Coste Catherine Coste 9 novembre 2007 09:51

            Merci pour ces articles très intéressants ! Le généticien Axel Kahn et le journaliste Fabrice Papillon sont les auteurs d’un livre qui traite de ce sujet : à l’appui de l’exemple d’animaux tels que l’hydre et la salamandre, qui peuvent s’autorégénérer, la médecine régénérative étudie les possibilités que l’homme puisse faire repousser des tissus ou même des organes entiers. « Le Secret de la salamandre », publié en 2005 chez Nil Editions, parle des dernières découvertes en génomique, en thérapie génique, en biologie cellulaire et en clonage thérapeutique. Le 4 octobre 2007, le Professeur Axel Kahn présentait son dernier livre au Musée des Arts et Métiers (Paroles d’auteurs - Questions à la science et à la technique) : « L’homme, ce roseau pensant... Essai sur les racines de la nature humaine » (Nil Editions, 2007). A cette occasion, le Professeur Kahn m’a indiqué qu’il travaillait à un nouveau livre, dont il aurait quasiment achevé la rédaction : « L’Homme, le bien, le mal ». Je l’ai interrogé sur les problèmes d’éthique que poseraient le clonage thérapeutique, en comparaison avec ceux posés par les transplantations d’organes. Il m’a répondu : « Le clonage thérapeutique ne pose pas de problèmes d’éthique ». Il a ajouté qu’on pouvait raisonnablement penser que la médecine régénérative pourrait un jour supplanter la transplantation d’organes, en tout cas pour certains organes. Le dernier livre de Nicole le Douarin, intitulé « Les Cellules souches, porteuses d’immortalité » (Odile Jacob sciences, septembre 2007), présente l’état le plus complet et le plus actuel des connaissances sur les cellules souches. Il traite de l’étendue des espoirs que l’on peut raisonnablement placer dans une médecine régénérative. Idéal pour en savoir plus sur la saga des cellules souches, une aventure qui a commencé il y a bientôt 10 ans. Ce livre fait le point sur les enjeux éthiques, les perspectives thérapeutiques, les nouvelles formes de recherche.


          • Catherine Coste Catherine Coste 9 novembre 2007 18:11

            Merci pour votre réaction. Je recommande vivement la présentation intitulée : « On ne meurt qu’une fois, mais quand ? », du Dr. Guy Freys, Département de Réanimation chirurgicale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, lors de la Conférence : « Les Deuxièmes Journées Internationales d’Ethique : Donner, recevoir un organe, Droit, dû, devoir » (mars 2007). Je me permets d’en citer un extrait :

            « Déterminer le moment précis de la mort, affirmer avec certitude l’état de mort a toujours été une préoccupation et une difficulté de l’homme, avec la peur pendant des siècles de l’inhumation prématurée. ’Le jugement de l’homme est tellement incertain qu’il n’arrive pas même à définir la mort’, disait Pline l’Ancien déjà au début de l’ère chrétienne. Pourtant, si je vous montre ces quatre images de coucher du soleil [quatre étapes du coucher de soleil : sur la première image, le soleil commence à se coucher, pour avoir quasiment disparu sur la dernière, où il ne reste qu’une pâle lueur, ndlr.], je pense que personne ne mettrait en cause l’affirmation qu’il va faire bientôt nuit. Mais sur la dernière image, en bas, à droite, le soleil a disparu. Mais est-ce déjà la nuit ? Ou la lumière résiduelle permet-elle de dire que ce sont encore les derniers moments du jour ? La question de mon propos est très proche de cette interrogation. Quand reconnaît-on la disparition des derniers signes de la vie pour affirmer la mort ? Si je pose la question en ces termes, c’est que la définition de la mort, elle, est relativement universelle et univoque : prenez n’importe quel dictionnaire, vous verrez cette définition : ’qui a cessé de vivre’. C’est donc bien l’absence d’éléments élémentaires vitaux qu’il faut rechercher pour affirmer la mort. La difficulté de déterminer le moment précis de la mort est d’autant plus grande que les derniers instants de la vie apparaissent de tout temps surdimensionnés, comme si l’homme se rendait enfin compte de l’importance de la vie et qu’elle devenait encore plus précieuse et sacrée aux derniers instants. D’ailleurs, peut-on parler d’un moment précis ? Ne s’agit-il pas le plus souvent d’un processus où la vie s’éteint au fur et à mesure, comme le coucher du soleil ? Si vous regardez les peintures qui représentent la mort, il y a une chose qui est très frappante : c’est que la personne apparaît toujours vivante. Elle est vivante et elle attend la mort. Cette difficulté se posait déjà quand la mort était uniquement définie comme l’arrêt circulatoire, avec déjà le problème sous-jacent de la certitude de l’irréversibilité de cet état et de l’angoisse qui l’a toujours accompagné : la peur d’être enterré vivant. (...) Si on voulait être sûr et certain de la mort, mieux valait encore attendre la putréfaction, ce qui était d’ailleurs pratiqué dans beaucoup de civilisations. Je vous rappelle aussi que l’expertise médicale de la mort n’est apparue que pratiquement à la fin du XIXème siècle et que le certificat médical de décès n’est obligatoire que depuis 1937 pour permettre à l’officier d’Etat civil de délivrer le permis d’inhumer. Ce n’est qu’en 1948 que l’arrêt circulatoire est annoncé comme signe légalement reconnu de la mort par décret. Vous le voyez, c’était déjà difficile. Mais cette difficulté inhérente de définir et de préciser le moment et l’heure de la mort va se trouver accentuée par ou du fait des progrès de la réanimation à partir du milieu du XXème siècle, où la réanimation permet de suppléer des fonctions cardiaques et respiratoires qui représentaient jusqu’alors les critères scientifiques indiscutables de la mort. Ces avancées vont nécessiter de revoir la définition épistémologique de la mort. J’aimerais souligner d’emblée que l’adoption d’une définition cérébrale de la mort comme fin d’un fonctionnement intégré et cohérent de l’organisme humain n’est pas en opposition avec la définition circulatoire, mais juste une mise à jour prenant en compte les avancées des connaissances médicales. Mais l’acceptation de cette évolution scientifique ne peut en aucun cas se dispenser de négliger les aspects religieux, philosophiques, culturels et sociaux. Un petit rappel historique s’impose. Ce nouveau concept de mort cérébrale se dessine à partir de 1959, à partir des descriptions de coma dépassé de Mollaret et Goulon. En 1965, le Professeur Goulon avait organisé un gros colloque à Marseille qu’il avait intitulé : ’Les états frontière entre la vie et la mort’ et reconnaissait à l’époque l’absence de critères simples, indubitables, objectifs qui permettent de dire clairement s’il y a mort. Le terme de mort cérébrale apparaît pour la première fois dans un article qui relate une greffe à partir d’un organe prélevé sur un patient ... ’à cœur battant’ ! C’est donc le développement de la transplantation qui va nécessiter de toute urgence, de la part de la communauté médicale, une définition claire de cette mort cérébrale pour permettre le prélèvement d’organes et recueillir l’acceptation sociétale d’une telle procédure. En 1968 on valide le concept de mort cérébrale (5 août 1968, déclaration de Harvard aux USA et 25 avril 1968 : circulaire Jeanneney) mais on se garde bien d’en préciser les critères, les Américains disant qu’il faut les établir en fonction des connaissances et en France, la fameuse circulaire Jeanneney dit que l’élaboration des critères va être imminente et proposée par l’Académie de Médecine. Il faudra attendre 28 ans pour les voir apparaître. La France a donc eu quelques mois d’avance sur les Américains pour décréter que la mort cérébrale était un état de mort. Monsieur Cabrol, deux jours après la promulgation de cette circulaire, va faire la première greffe à partir d’un donneur considéré en mort cérébrale. »

            J’espère avoir incité quelques un(e)s à visualiser la présentation passionnante du Dr. Freys. Le Professeur Philippe Wolf, qui dirige le service des transplantations des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, a présenté ses impressions quant à l’éthique en matière de transplantation. Je vous invite également à visualiser cette présentation, aussi courte que percutante, au cours de laquelle les prélèvements « à coeur arrêté » effectués par le passé ont été évoqués. Lien vers cette présentation :

            http://w3appli.u-strasbg.fr/canalc2/video.asp?idvideo=6012


          • Catherine Coste Catherine Coste 9 novembre 2007 18:35

            Merci pour votre réaction. Je recommande vivement la présentation intitulée : « On ne meurt qu’une fois, mais quand ? », du Dr. Guy Freys, Département de Réanimation chirurgicale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, lors de la Conférence : « Les Deuxièmes Journées Internationales d’Ethique : Donner, recevoir un organe, Droit, dû, devoir » (mars 2007). Je me permets d’en citer un extrait :

            "Déterminer le moment précis de la mort, affirmer avec certitude l’état de mort a toujours été une préoccupation et une difficulté de l’homme, avec la peur pendant des siècles de l’inhumation prématurée. ’Le jugement de l’homme est tellement incertain qu’il n’arrive pas même à définir la mort’, disait Pline l’Ancien déjà au début de l’ère chrétienne. Pourtant, si je vous montre ces quatre images de coucher du soleil [quatre étapes du coucher de soleil : sur la première image, le soleil commence à se coucher, pour avoir quasiment disparu sur la dernière, où il ne reste qu’une pâle lueur, ndlr.], je pense que personne ne mettrait en cause l’affirmation qu’il va faire bientôt nuit. Mais sur la dernière image, en bas, à droite, le soleil a disparu. Mais est-ce déjà la nuit ? Ou la lumière résiduelle permet-elle de dire que ce sont encore les derniers moments du jour ? La question de mon propos est très proche de cette interrogation. Quand reconnaît-on la disparition des derniers signes de la vie pour affirmer la mort ? Si je pose la question en ces termes, c’est que la définition de la mort, elle, est relativement universelle et univoque : prenez n’importe quel dictionnaire, vous verrez cette définition : ’qui a cessé de vivre’. C’est donc bien l’absence d’éléments élémentaires vitaux qu’il faut rechercher pour affirmer la mort. La difficulté de déterminer le moment précis de la mort est d’autant plus grande que les derniers instants de la vie apparaissent de tout temps surdimensionnés, comme si l’homme se rendait enfin compte de l’importance de la vie et qu’elle devenait encore plus précieuse et sacrée aux derniers instants. D’ailleurs, peut-on parler d’un moment précis ? Ne s’agit-il pas le plus souvent d’un processus où la vie s’éteint au fur et à mesure, comme le coucher du soleil ? Si vous regardez les peintures qui représentent la mort, il y a une chose qui est très frappante : c’est que la personne apparaît toujours vivante. Elle est vivante et elle attend la mort. Cette difficulté se posait déjà quand la mort était uniquement définie comme l’arrêt circulatoire, avec déjà le problème sous-jacent de la certitude de l’irréversibilité de cet état et de l’angoisse qui l’a toujours accompagné : la peur d’être enterré vivant. (...) Si on voulait être sûr et certain de la mort, mieux valait encore attendre la putréfaction, ce qui était d’ailleurs pratiqué dans beaucoup de civilisations. Je vous rappelle aussi que l’expertise médicale de la mort n’est apparue que pratiquement à la fin du XIXème siècle et que le certificat médical de décès n’est obligatoire que depuis 1937 pour permettre à l’officier d’Etat civil de délivrer le permis d’inhumer. Ce n’est qu’en 1948 que l’arrêt circulatoire est annoncé comme signe légalement reconnu de la mort par décret. Vous le voyez, c’était déjà difficile. Mais cette difficulté inhérente de définir et de préciser le moment et l’heure de la mort va se trouver accentuée par ou du fait des progrès de la réanimation à partir du milieu du XXème siècle, où la réanimation permet de suppléer des fonctions cardiaques et respiratoires qui représentaient jusqu’alors les critères scientifiques indiscutables de la mort. Ces avancées vont nécessiter de revoir la définition épistémologique de la mort. J’aimerais souligner d’emblée que l’adoption d’une définition cérébrale de la mort comme fin d’un fonctionnement intégré et cohérent de l’organisme humain n’est pas en opposition avec la définition circulatoire, mais juste une mise à jour prenant en compte les avancées des connaissances médicales. Mais l’acceptation de cette évolution scientifique ne peut en aucun cas se dispenser de négliger les aspects religieux, philosophiques, culturels et sociaux. Un petit rappel historique s’impose. Ce nouveau concept de mort cérébrale se dessine à partir de 1959, à partir des descriptions de coma dépassé de Mollaret et Goulon. En 1965, le Professeur Goulon avait organisé un gros colloque à Marseille qu’il avait intitulé : ’Les états frontière entre la vie et la mort’ et reconnaissait à l’époque l’absence de critères simples, indubitables, objectifs qui permettent de dire clairement s’il y a mort. Le terme de mort cérébrale apparaît pour la première fois dans un article qui relate une greffe à partir d’un organe prélevé sur un patient ... ’à cœur battant’ ! C’est donc le développement de la transplantation qui va nécessiter de toute urgence, de la part de la communauté médicale, une définition claire de cette mort cérébrale pour permettre le prélèvement d’organes et recueillir l’acceptation sociétale d’une telle procédure. En 1968 on valide le concept de mort cérébrale (5 août 1968, déclaration de Harvard aux USA et 25 avril 1968 : circulaire Jeanneney) mais on se garde bien d’en préciser les critères, les Américains disant qu’il faut les établir en fonction des connaissances et en France, la fameuse circulaire Jeanneney dit que l’élaboration des critères va être imminente et proposée par l’Académie de Médecine. Il faudra attendre 28 ans pour les voir apparaître [avec la loi de bioéthique de 1996, ndlr]. La France a donc eu quelques mois d’avance sur les Américains pour décréter que la mort cérébrale était un état de mort. Monsieur Cabrol, deux jours après la promulgation de cette circulaire, va faire la première greffe à partir d’un donneur considéré en mort cérébrale."

            J’espère avoir incité quelques un(e)s à visualiser la présentation passionnante du Dr. Freys.

            Lien vers cette présentation : http://w3appli.u-strasbg.fr/canalc2/video.asp?idvideo=6015

            Toujours à l’occasion de ces journées d’éthique, le Professeur Philippe Wolf, qui dirige le service des transplantations des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, a présenté ses impressions quant à l’éthique en matière de transplantation. Je vous invite également à visualiser cette présentation, aussi courte que percutante, au cours de laquelle les prélèvements « à coeur arrêté » effectués par le passé ont été évoqués. Lien vers cette présentation :

            http://w3appli.u-strasbg.fr/canalc2/video.asp ?idvideo=6012


          • Catherine Coste Catherine Coste 11 novembre 2007 12:56

            Pour la question des lobbies, dans le cas des greffes à partir de donneurs « décédés » : Le Docteur Marc Andronikof (MA), médecin urgentiste, chef du service des urgences à l’hôpital Antoine-Béclère, Clamart, répondait en juin 2007 aux questions suivantes :

            « La nécessité d’’opérer’ d’urgence le ’donneur’ pour préserver l’intérêt du receveur, ne nuit-elle pas à l’efficacité des soins dont il aurait pu bénéficier ? »

            MA : « Il est évident, et ce n’est nié par personne, que les soins au ’donneur’ sont profondément modifiés lors de l’optique d’un prélèvement. C’est tout à fait incompatible, à mon avis, (et ce devrait être l’avis de tout philosophe et de tout médecin honnête) avec une prise en charge médicale ’éthique’ ».

            « N’arrive-t-il pas qu’un accidenté soit maintenu en survie artificielle, le temps de trouver un receveur ? Autrement dit, l’intérêt des ’donneurs’ n’interfère-t-il pas avec celui des receveurs ? »

            MA : « Le ’donneur’ perd sa qualité d’être humain, de malade, il est réduit à l’état de ’moyen’, de pourvoyeur d’organes. La qualité de relation médecin/malade est par là totalement pervertie puisque le médecin ne poursuit plus le bien de celui qu’il a en charge. Au mieux, on est au pire de l’acharnement thérapeutique. Je ne comprends toujours pas que nos philosophes et chantres de l’éthique à tout crin n’aient jamais exposé ’ex cathedra’ ces considérations simples. Ce silence est lui aussi scandaleux. »

            « Ne peut-on voir dans toutes ces dispositions la main des lobbies des professions concernées ? L’intérêt des receveurs et celui des lobbies étant a priori convergents ? »

            MA : « Pour les lobbies : oui, oui et oui. Si vous supprimez la greffe, c’est tout un pan de l’économie suisse et mondiale qui s’effondre et des services hospitaliers, et des nominations etc. etc. »

            « Le ’donneur’ est-il toujours anesthésié ? »

            MA : « Le ’donneur’ est anesthésié, c’est aussi ouvertement écrit dans les manuels : pour empêcher les sautes de tension, les contractions musculaires etc. tout cela sur quelqu’un de soi-disant mort ! »

            Quelques précisions sur la distinction entre donneur mort et donneur vivant : 1) Donneur « décédé » : Les donneurs morts sont des patients en état de mort encéphalique, le plus souvent suite à un AVC (accident vasculaire cérébral), moins souvent suite à un accident de la route. L’âge moyen des donneurs « décédés » ne cesse d’augmenter. La combinaison de la baisse des accidents de la route et des progrès des recherches scientifiques sur le cerveau risque de rendre la mort encéphalique de plus en plus rare, voire caduque. Il est évident que dès que les progrès de la médecine permettront de suppléer à l’incompétence du cerveau sur laquelle se fonde la définition de la mort encéphalique, il faudra revoir cette définition de la mort, qui depuis 1996 (loi de bioéthique) fait équivaloir la mort avec une incompétence du cerveau. Or on est déjà sur la voie de ces progrès scientifiques, et la loi de bioéthique doit être révisée en 2009 (le Sénat est déjà au travail).

            Il existe depuis 2006 une autre situation qui permet le prélèvement d’organes : celle d’un patient « en arrêt cardio-respiratoire persistant ». Le diagnostic de mort est établi sur le seul fait de l’arrêt cardiaque irréversible. Une telle situation permet les prélèvements « à coeur arrêté ».

            2) Donneur vivant : Un donneur vivant est un parent ou proche d’un patient en attente de greffe, qui, lorsqu’il est compatible, peut donner un lobe de foie ou un rein afin d’aider son proche ou parent à guérir. Malgré la fait que la qualité des greffons provenant de donneurs vivants est souvent supérieure à celle des greffons provenant de donneurs « décédés », et donc permet, du moins statistiquement parlant, une plus grande durée de vie pour le patient greffé, le don d’organes à partir de donneurs vivants est encore très peu développé en France. Je souhaite donc remercier le donneur d’organe pour son précieux témoignage ! Pourrait-on en savoir plus sur ce don ? De quel organe s’agissait-il ? D’un rein ? D’un lobe de foie ? Comment l’opération s’est-elle passée ? Comment allez-vous aujourd’hui (avec le recul, ou l’opération est-elle récente ?), et comment va la personne qui a reçu ce don ? Il arrive que des chirurgiens ne souhaitent pas opérer des donneurs vivants, car c’est une très lourde responsabilité (le patient est opéré alors qu’il n’a aucun problème de santé) : certes le risque de complications graves pour le donneur est minime, mais il existe, et lorsqu’il survient, l’impact est immense. Ces mêmes chirurgiens préfèrent opérer un donneur « décédé ». En Espagne, comme en France, le don d’organe à partir de donneur vivant est très peu développé. Certains pensent que l’augmentation de la population de donneurs vivants pourrait ouvrir la porte au trafic d’organes, et que de ce fait il vaut mieux favoriser le don d’organes à partir de donneurs décédés. La position au niveau de l’Europe est clairement de favoriser le don d’organes à partir de donneurs « décédés ». Mais certains médecins pensent que la forme de don la plus viable, éthiquement parlant, est celle du don à partir de donneurs vivants. On a donc affaire à un « conflit des valeurs » (Max Weber) : qui a raison, qui a tort, difficile de trancher dans l’absolu ... Néanmoins, la pénurie d’organes ne sera pas résolue par les seuls prélèvements à partir de donneurs « décédés » : d’après les chiffres indiqués sur le site de France ADOT, 6.978 patients étaient en attente de greffe en 2005 et 5.433 patients ont été nouvellement inscrits après le 31/12/2005. Il y aurait donc une augmentation de 77% du nombre de patients en attente de greffe, entre 2005 et 2006 !! Dans le même temps, « l’activité des greffes a augmenté de 4% en 2006 » (toujours d’après les chiffres de France ADOT). Il y a donc eu une explosion du nombre de patients en attente de greffe. On voit bien que pour résoudre la question des greffes (la pénurie étant au centre de cette question), il y aura besoin de développer le don d’organes à partir de donneurs vivants, ainsi que les recherches sur les cellules souches. Ces recherches ont déjà parmis de régénérer le foie de certains patients.

            Quelques chiffres sur le don d’organes à partir de donneurs vivants en France : « Depuis 2005, l’Agence de la biomédecine a mis en place les comités d’experts ’donneurs vivants’ prévus par la loi de bioéthique d’août 2004 chargés d’autoriser ces greffes lorsque les donneurs ne sont pas le père ou la mère du receveur. Le nombre de greffes de rein (donneur vivant) en 2006 s’élève à 246, soit 9 pour cent de la totalité des greffes rénales et 87 pour cent des greffes à partir de donneur vivant. »

            Source : Agence de la biomédecine (Conférence de Presse, 1er février 2006)

            Dans les pays Nordiques, la greffe à partir de donneur vivant est beaucoup plus développée qu’en France, tandis que le nombre de greffes réalisées à partir de donneurs « décédés » est moins important, en comparaison de celles réalisées à partir de donneurs vivants. Les Etats-Unis pratiquent autant les greffes à partir de donneurs vivants que celles à partir de donneurs « décédés ». L’Espagne est le pays d’Europe où il y a le plus grand nombre de donneurs « décédés », tandis que sont réalisées très peu de greffes à partir de donneurs vivants.


          • La mouche du coche La mouche du coche 11 novembre 2007 13:29

            @ l’auteure,

            je vous invite à fouiller sur Agoravox les abondantes conversations que nous avons déjà eu sur l’euthanasie.

            Il en est ressorti essentiellement que le médecin est la DERNIÈRE personne possible à pouvoir gérer la fin de vie. Pourquoi ? Parce que l’on ne peut pas demander à un médecin de soigner pour sauver des vies, puis subitement de faire le contraire (débrancher). C’est impossible pour eux, c’est humain. smiley

            Pour vous donner une preuve de ce que j’avance et vous montrer comme les médecins deviennent fous à ce sujet puisqu’ils ne peuvent PAS le résoudre, je reprend les propos de ce médecin dans votre commentaire :

            MA : « Le ’donneur’ perd sa qualité d’être humain, de malade, il est réduit à l’état de ’moyen’, de pourvoyeur d’organes. La qualité de relation médecin/malade est par là totalement pervertie puisque le médecin ne poursuit plus le bien de celui qu’il a en charge. Au mieux, on est au pire de l’acharnement thérapeutique. »

            L’acharnement thérapeutique, c’est exactement l’inverse. puisque on voit bien que si le médecin a besoin de l’organe, il va bien évidemment s’attacher à accélérer la fin de vie du « donneur », et donc ne pas s’acharner.

            Ce médecin dit donc n’importe quoi, mais c’est absolument normal : LE MÉDECIN NE DOIT PAS S’OCCUPER DE LA FIN DE VIE. ce n’est pas son métier.

            cordialement


          • Catherine Coste Catherine Coste 14 novembre 2007 11:21

            Juste une précision technique : Le patient en état de mort encéphalique, dont on va prélever les organes est :
            - soit maintenu en vie artificielle (l’agonie est donc prolongée, dans le seul but de récupérer les organes)
            - soit réanimé, également dans le seul but de récupérer les organes.

            Le Professeur Louis Puybasset, Unité de NeuroAnesthésie-Réanimation, Département d’Anesthésie-Réanimation, Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris, au sujet du problème de la réanimation des patients en vue du prélèvement de leurs organes (propos recueillis en septembre 2005) :

            « (...) cette réanimation est limitée dans le temps et (...) elle est douloureuse pour les soignants. Si nous faisons cela, ce n’est pas pour faire souffrir une famille mais pour sauver d’autres vies. (...) Des receveurs d’organes (...) doivent leur vie au dévouement de ces médecins, de ces infirmières et des familles de donneurs (...). Madame, vous-même ou un de vos proches sera peut-être un jour receveur. Je ne doute pas que cela changera alors votre vision de cette médecine qui est une des plus belle qui soit car elle donne véritablement la vie et exprime ce qu’est la solidarité humaine contre l’égoïsme et le repli sur soi."

            Dans le cas des prélèvements « à coeur arrêté », qui ont repris en France depuis 2006, il s’agit de personnes ayant fait un arrêt cardiaque, et qui vont être réanimées dans le but de récupérer les organes. Rappelons les trois étapes qui mènent au prélèvement « à coeur arrêté », suite à une situation d’arrêt cardiaque : 1.-) La réanimation cardio-pulmonaire constitue la première étape. Elle doit être au moins de 30 minutes. Cette réanimation a pour but de sauver la vie du patient. Entre l’arrêt cardio-pulmonaire et le début de la réanimation cardio-pulmonaire, il ne faut pas que plus de 30 minutes s’écoulent. 2.-) Pendant cinq minutes, les tentatives de réanimation cardio-pulmonaire infructueuses, qui ont eu lieu durant 30 minutes, sont arrêtées. Ce court laps de temps, ces cinq minutes, permettent de constater le décès. Ces cinq minutes sans réanimation cardio-pulmonaire (RCP) sont nécessaires, afin de vérifier que sans réanimation, il n’y a pas de retour à une respiration spontanée. L’électrocardiogramme doit être plat ou agonique. Ce tracé agonique peut durer plusieurs heures. C’est au cours de ces cinq minutes que le certificat de décès va être signé. 3.-) Suite au constat de décès, une autre réanimation va être entreprise, cette fois-ci dans le but d’assurer la conservation des organes du patient « candidat » au prélèvement d’organes. Cette seconde réanimation est invasive. Le décret du 2 août 2005 autorise d’ailleurs les équipes médicales à mettre en place des moyens de préservation des organes en attendant l’entretien avec les proches. En d’autres termes : le corps médical a le droit de pratiquer ces mesures invasives qui ne sont plus dans l’intérêt du patient - et ce, avant l’entretien avec la famille, afin de savoir si cette personne s’est positionnée pour ou contre le don de ses organes à sa mort. On peut donc se poser la question : « Quelles sont les conditions de respect du corps de la personne juste après son décès lorsque l’on pratique sur lui des gestes techniques de nature invasive ? Comment les réanimateurs vivent-ils la dualité de leur mission lorsqu’ils assurent par tous les moyens une circulation sanguine d’abord sur une personne à qui ils espèrent redonner vie, puis sur le corps de la même personne au moment même où ils renoncent à cet espoir ? Doit-on craindre la survenue de conflit d’intérêt à cet égard ? » C’est ce qu’a fait le Dr. Marc Guerrier, Adjoint au directeur de l’Espace éthique / AP-HP, Département de recherche en éthique Paris-Sud 11, dans son article : « Les Prélèvements ’à coeur arrêté’ : enjeux éthiques », 15 novembre 2006.


          • La mouche du coche La mouche du coche 17 novembre 2007 21:08

            « Quelles sont les conditions de respect du corps de la personne juste après son décès lorsque l’on pratique sur lui des gestes techniques de nature invasive ? »

            Cette question est étrange. Elle semble sortie tout droit des réflexions théologiques stupides de l’église qui ont empêché la science d’avancer pendant des siècles.

            La réponse est évidemment : Il n’y a aucune condition de respect du corps à avoir. Les gestes sont purement techniques et c’est tout. Le reste est de la sensiblerie.


          • Catherine Coste Catherine Coste 9 novembre 2007 19:00

            Merci pour vos précisions en ce qui concerne les fins de vie en réanimation, dans les cas où il ne s’agit pas de patients candidats au don d’organes. Effectivement, comme vous le soulignez, la loi Léonetti d’avril 2005 insiste sur la « proportionnalité des soins » et les décisions de fin de vie doivent être prises au niveau collégial (concertation entre les médecins, infirmières, les familles et les proches du patient, plus le patient lui-même s’il est conscient). Cette loi qui fait valoir les droits des patients en fin de vie doit permettre d’éviter tout « acharnement thérapeutique déraisonnable ». Le Dr. Marc Andronikof, chef du service des urgences à l’hôpital Antoine-Béclère, Clamart, auteur d’un livre écrit avec Jacqueline Dauxois et publié en 2005, « Médecin aux urgences » (Editions du Rocher), s’entretenait le 2 juin 2007 avec le Père Nicolas Ozoline, lors de l’émission « Orthodoxie » diffusée sur France 2. A cette occasion, il décrit son travail et ses idées : « Nous avons beaucoup de techniques qui peuvent prolonger les gens très longtemps : des sondes, des oxygènes, des perfusions... Plein de choses qui font qu’on peut maintenir longtemps, longtemps, longtemps, alors il faut trouver le seuil. Et je ne pense pas qu’il y ait un seuil, le même pour tout le monde. C’est un consensus à trouver autour de ce qui (...) fonde les valeurs, et ce que je dis, c’est que quand les choses vont un peu loin, il faut essayer de retrouver des choses un peu naturelles, de se dégager de la technique, et là, ça devient plus simple. (...) Ce qu’il faut, c’est accompagner. Il y a les soins palliatifs qui se sont développés en France depuis une quinzaine d’années et qui ont apporté beaucoup, justement dans l’idée de l’accompagnement. Les gens sont terrorisés en fait d’être seuls, de souffrir, de ne pas avoir de recours, et donc dans ces structures de soins palliatifs, et aussi dans ces structures de médecine, et aussi aux urgences, on essaye d’apporter cet entourage. On favorise beaucoup le fait que les familles soient présentes, qu’elles n’aient pas peur, donc on essaie d’accompagner au mieux qu’on peut, et c’est un peu paradoxal de voir qu’aux urgences on accompagne les fins de vie qui peuvent durer plusieurs jours, mais on essaie de le faire le mieux qu’on peut ; justement, je crois que les gens sont assez sensibles au fait qu’il n’y a pas d’abandon. Il n’est pas question d’accélérer quoi que ce soit, il n’est pas question non plus de s’acharner, justement en ne mettant pas en place la technique, en tout cas en s’en méfiant, et en accompagnant du mieux qu’on peut les gens pour ne pas qu’ils souffrent et déjà, le fait qu’ils sont entourés permet de baisser un peu l’angoisse. »

            Père Nicolas Ozoline : « Et de toute façon, si ça dure plus longtemps que quelques jours, les gens quittent les urgences et vont à l’hôpital normal »

            Marc Andronikof : « Oui, mais ce n’est pas si facile, parce que, et c’est un des problèmes dont je parle, nous avons beaucoup de difficultés à trouver des places d’hospitalisation, des lits pour hospitaliser les malades qui doivent rester. Il y a eu une contraction du nombre de lits en France depuis vingt ans, de moins en moins chaque année, et donc ... »

            Père Nicolas Ozoline : « De lits d’hôpital ? »

            Marc Andronikof : « Oui, de lits d’hôpital. Il y a 90.000 lits en moins en 15 ans... »

            Père Nicolas Ozoline : « Mais c’est une catastrophe ! »

            Marc Andronikof : « Ca répondait à des impératifs économiques, de gestion, d’amélioration des rotations sur les lits, mais du coup, nous avons énormément de difficultés à trouver des places pour des malades qui auraient besoin de places, on parle de fin de vie, mais c’est vrai pour toutes les spécialités, pour tout ! C’est très difficile... »

            Père Nicolas Ozoline : « Et est-ce qu’à l’horizon il y a un espoir d’amélioration ? »

            Marc Andronikof : « Non, aucun espoir d’amélioration de fond, puisque tous les pays occidentaux souffrent du même problème. Si vous lisez ce qui se passe aux Etats-Unis, ce sont des files de malades dans les urgences qui ne trouvent pas de place, c’est une tendance lourde, comme on dit, du système hospitalier occidental. Bien sûr, le vieillissement de la population ne favorise pas non plus les choses car les gens vivent de plus en plus âgés, ont besoin de plus en plus de soins, sont de plus en plus dépendants, et donc il y a un retard aussi en France sur les maisons de retraite, sur la prise en charge à long terme. »

            Père Nicolas Ozoline : « Il faudrait croire que c’est une urgence absolue pour n’importe quel gouvernement pour faire le nécessaire ! On pourrait penser qu’il faut se réjouir que les gens vivent plus longtemps et faciliter cette vie. Ca paraît assez étonnant que ce ne soit pas clair pour tout le monde... »

            Marc Andronikof : « Oui, mais il y a une prise de conscience, même si elle a été retardée. »


            • JL JL Rennes 10 novembre 2007 21:52

              post incompréhensible.


            • vinvin 10 novembre 2007 22:48

              Bonsoir.

              Article très instructif qui doit concerner l’ enssemble de l’ humaité.

              Moi y en a etre donneur d’ organes !

              (Domage quand-meme que je vienne de prendre connaissance de cet article en soirée, ce qui va m’ obligé de prendre deux somnifères au lieue d’ un seul pour trouver le sommeil, vu la gaitée de votre article et des réactions de chcun.)

              Bien cordialement.

              VINVIN.


              • vinvin 13 novembre 2007 01:28

                Bonjour.

                (@Catherine coste).

                je pense que vous avez peut-etre mal compris mon message, mais c’ est vrai aussi qu’ il était très bref.....

                Merci infiniment quand-meme pour votre réaction.

                Personnellement lorsque je dis que je suis donneur d’ organes, En fait je n’ ai jamais fait don de l’ un de mes organes de mon vivant. Lorssque je dis que je suis donneur, cela veut dire que j’ ai une carte de donneur, qui permettra a mon décèd que le corps médical puisse procédé a des prélévements d’ organes.

                Ce qui m’ a pousser dans cette démarche, c’ est que j’ entend souvent parler des gens en attente de gréfons et qui meurent par manques de gréfons disponibles.

                Pourquoi mourrons nous ? Nous ne savons pas pourquoi nous mourrons, et souvent notre mort arrive de manière très con.

                On meurs pour rien, voir souvent dans des accidents très bete !

                En faisant un don d’ organe, si me « réveille mort » un matin, au moins malgré que je sois mort très connement, au moins ma mort pourra servir a sauver peut-etre une vie, ou peut-etre deux.

                il y a quelques temps a la télé on a parler d’ une petite fille qui est morte car il n’ y avait pas de petit coeur disponible pour la sauvée.

                Cela m’ a bouleversé.

                Si ma mort peu sauver quelqu’ un, si je peut faire du bien a mon prochain jusqu’ après ma mort je le ferais.

                ( pourtant beaucoup de gens me haissent lorsque j’ expose mes opinions politiques ou religieuses, pour dénoncer certaines injustices, ou par rapport a mon site internet).

                Enfin, ce n’ est pas grave......

                Maintenant pour ce qui est de faire un don d’ organe de mon vivant, généralement cela se pratique uniquement entre un donneur et un receveur faisant partie de la meme famille, ou proche de la famille, comme l’ exemple que vous sitez de la Famille BERRY.

                Serai-je assez courrageux pour faire un don d’ organes de mon vivant ?

                Vraiment je ne sais pas car j’ ai la chance jusqu’ a présent de ne pas avoir été confronté a une telle éventualitée......

                mais je pense que pour faire un don d’ organes de son vivant, il faut surtout etre très très proche spirituellement du receveur, les liens familiaux ou amicaux n’ ont rien a voir la-dedans,( surtout que la famille, et les amis...... ça va et ça vient.....)

                Je n’ ai pas eu l’ occasion de lire le livre de Richard Berry, mais ce qu’ il a fait est pour sa soeur est merveilleux.

                Bien sur étant fils unique je ne serais jamais dans la situation de Richard Berry.

                Non, je pense qu’ il faut etre très très proche spirituellement d’ une personne pour lui faire un don d’ organe de son vivant.

                Bien cordialement a vous.

                VINVIN.

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