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Accueil du site > Actualités > Société > La dérive de « l’Administration Police » à MARSEILLE

La dérive de « l’Administration Police » à MARSEILLE

Dans les années récentes, la violence a explosé à MARSEILLE, le Gouvernement s'est ému de ce problème qui régulièrement fait la une de la presse nationale au travers de faits divers graves.

Certains se demandent même s'il ne faudrait pas faire intervenir l'armée dans les cités de MARSEILLE pour faire face à la violence armée qui sévit (option complétement irréaliste l'armée ayant vocation à faire la guerre et non des enquêtes de Police).

Capitaine de Police à la retraite depuis novembre 2012, ex-officier de voie publique, je voudrais faire connaître les différents éléments qui nuisent au bon fonctionnement de la sécurité publique à MARSEILLE, et qui concourent pour partie à l'explosion de la délinquance dans cette ville.

Cet ensemble d'éléments ont conduit à ce que j'appelle "la dérive del'Administration Police", car ce qui est en cause ce ne sont pas les fonctionnaires de Police eux-mêmes, mais plutôt une gestion calamiteuse et de mauvaises orientations dans la gestion des services qui provoquent cette "dérive".

MARSEILLE connaît une flambée de crimes et une explosion de la violence que la Police semble incapable à endiguer. En 2011 par rapport à l'année 2010, les statistiques montrent que les vols à main armée ont augmenté de 28%, les vols effractions de 6% et les vols avec violences de 8%.

Pour ce qui est des règlements de comptes, on en était à 23 tués en novembre 2012 date de mon départ à la retraite.

Régulièrement, après un meurtre médiatisé, des opérations de type "coups de poing" sont réalisées dans les cités, mais à part présenter une gesticulation temporaire des services de Police, les résultats de ce type d'opérations se limitent le plus clair du temps à la découverte de quelques produits stupéfiants dans les caves d'immeubles.

L'efficacité des services de Police est remise en question aujourd'hui, qu'il s'agisse des services intervenant sur la voie publique ou bien des services d'enquêtes. Il semble plus qu'urgent de procéder à des réformes sur les orientations et sur l'organisation de la Sécurité Publique à MARSEILLE, afin de doter les policiers de moyens suffisants pour faire face à la délinquance.

En outre, les marseillais ressentent de plus en plus mal cette situation et sont souvent désabusés face à l'impuissance de la Police.

1- La nécessité de nouvelles orientations

Les orientations données à la Police ces dernières années, et notamment la politique du chiffre a eu des effets pervers ; tant au niveau du service public que dans le fonctionnement des services.

Les services enquêteurs ont été noyés par des affaires qui ne présentaient que peu d'intérêt et qui auraient pu être traitées sans placer les auteurs en garde à vue, (comme pour des petites affaires de vol à l'étalage ou de détention de cannabis) ; ces petites affaires ont conduit à une surcharge inutile et ont noyé les services de flagrant délit pendant des années.

Dans un rapport de juillet 2011, la Cour des Comptes a mentionné que "les moyens statistiques de mesurer la délinquance présentent de nombreuses imperfections" et que "l'évolution de la délinquance ne peut être résumée par un seul indicateur global donnant le même poids aux délits mineurs et aux crimes".

Par ailleurs, les officiers de Police, tout comme les commissaires de Police, ont vu leurs fonctions évoluer vers des tâches administratives et statistiques, au détriment de l'encadrement des personnels et du suivi opérationnel des missions de Police.

Ceci a eu des conséquences très négatives, pour les enquêteurs gardiens et gradés qui se trouvent seul face à des dizaines de dossiers sans orientation et sans consignes pour les traiter.

Sur le terrain, pareillement, les équipages des police-secours ou les brigades anti-criminalité sont souvent démunis lorsqu'ils sont confrontés à des situations graves tels que des homicides ou autres, du fait de manque d'encadrement sur le terrain.

Il est plus "qu'urgentissime" de redonner aux fonctionnaires de Police une réorientation des objectifs visant concrètement à identifier et à interpeller les auteurs d'infraction pour lutter efficacement face à la délinquance, plutôt que de rechercher des statistiques et des chiffres qui ne correspondent à rien.

Pour ce faire, il faudrait revenir à une police que j'ai connue dans les années 80, période où les belles affaires réalisées étaient mises à l'honneur et dans laquelle les policiers étaient récompensés pour leur action alors qu'aujourd'hui ces mêmes policiers sont abandonnés à leur sort, sans moyens, face à des délinquants toujours plus violents et audacieux.

Certainement aujourd'hui, l'on peut constater qu' il y a un manque de considération pour les policiers, voire même du mépris à leur égard, de la part de ceux qui nous gouvernent.

Le problème vient du fait que les problèmes de sécurité publique et de lutte contre la délinquance ne sont pas suffisamment pris en compte en France. La police qui intéresse les gouvernants est la police d'ordre public, qui intervient pour encadrer les manifestations et limiter les troubles dans la rue, mais la situation des victimes d'actes de délinquance ne paraît pas trop susciter d'intérêt de la part des autorités, sauf bien sûr dans le cas où la victime est une personnalité.

Ainsi ce ne sont pas seulement les policiers qui sont méprisés mais aussi et surtout les vicimes. Je prends un exemple concret qui est celui de la victime d'une infraction qui dépose plainte dans un commissariat et doit attendre souvent près de deux heures avant qu'un fonctionnaire fatigué ne la reçoive.

 

2- Une organisation des services de sécurité publique défaillante

Les services de la sécurité publique ont pour mission de constater les infractions, de recueillir les plaintes des victimes, de rechercher les auteurs de ces infractions, et de porter assistance aux victimes lors d'agression ou d'accident.

Or aujourd'hui, le manque de moyens humains et matériels fait que les plaignant attendent régulièrement plus de deux heures pour déposer plainte dans les commissariats,ce qui me semble-t-il, n'est acceptable pour personne.

Sur le terrain, le nombre trop réduit de patrouilles de police-secours ou d'équipages de brigades anti-criminalité de permet pas de faire face aux nombreuses interventions.

Les moyens matériels, véhicules ou radios sont mutualisé, c'est à dire qu'ils sont utilisés par des services différents dans les commissariats, ce qui obère la réactivité des services de police.

Le député PS du Finistère M.Jean-Jacques URVOAS, qui est également chargé de la sécurité au Parti Socialiste a rédigé une note en mai 2011 dans laquelle il mentionne que sur la période de 2007 à 2011, la population marseillaise a augmenté de 40 000 habitants, mais que la ville a perdu 376 policiers sur cette même période, ce qui donne un ratio de un policier pour 324 habitants en 2011 contre un ratio de un policier pour 294 habitants en 2007. Et il ajoute : "les effectifs des forces de sécurité fondent avec autant d'intensité que leur moral face à une société guettée par la discorde où la violence est en passe de devenir la seule norme consensuelle".

La réforme de la garde à vue qui impose la présence d'un avocat lors des interrogatoires a compliqué de façon très réelle la procédure pénale et allonge la durée de traitement des enquêtes.

Les restrictions budgetaires s'imposant à la police, ont également eu des répercussions directes, avec des réformes de services inadaptées,puisque des services importants comme le service d'officiers de quart de voie publique et le service chargé des personnes disparues ont été dissous ces dernières années. De plus la salle radio qui dirige les interventions police à MARSEILLE, est depuis peu chargée en plus de diriger les interventions des effectifs police d'autres villes du département, comme AIX par exemple, ce qui nuit à l'efficacité.

 

Conclusion

Il est plus qu'urgent de doter MARSEILLE des moyens humains et matériels opérationnels dont sa police a besoin, permettant de répondre aux problèmes de délinquance de cette ville qui a la spécificité d'avoir toujours été "turbulente" et pauvre.

La population marseillaise est demandeuse de sécurité et de présence policière, si les efforts ne sont pas à la hauteur du challenge à relever, alors, on continuera à avoir une police à bout de souffle, peinant même à gérer les affaires de flagrants délits, et incapable de réactivité par rapport à l'explosion de la délinquance.

 

Le Capitaine MARTINEZ Philippe

Ex-Officier de voie publique de MARSEILLE

 


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15 réactions à cet article    


  • mario mario 2 juillet 2013 13:41

    bonjour,

    a Marseille comme ailleurs les fonctionaires de police ont pour préocupation ( et sans doute directive ) de verbaliser a outrance l’automobiliste...certes il est plus facile de constater l’absence du ticket de l’orodateur...que de controler un jeune de 20 ans au volant du porsche cayenne....

     

     

     


    • philippe913 2 juillet 2013 15:06

      @ mario
      et gnia gnia gnia, toujours la même réaction de gens qui ne savent rien.

      Pour en revenir à l’article, juste quelques remarques :

      "Les services enquêteurs ont été noyés par des affaires qui ne présentaient que peu d’intérêt et qui auraient pu être traitées sans placer les auteurs en garde à vue,
      "

      Il n’y a jamais eu aucune obligation judiciaire de placer les gens en GAV, ils se noyaient donc eux-mêmes au prétexte de stats.

      Par ailleurs, les officiers de Police, tout comme les commissaires de Police, ont vu leurs fonctions évoluer vers des tâches administratives et statistiques, au détriment de l’encadrement des personnels et du suivi opérationnel des missions de Police.

      c’est pas faux, mais est ce réellement gênant dans le cadre de la réforme des carrières où les gradés sont censés prendre le relais, en tout cas dans l’opérationnel proche. L’officier, et c’est lui (son syndicat) qui l’a demandé, a de plus en plus un rôle de cadre sup éloigné de la base, c’est l’évolution du métier qui veut ça...

      Ceci a eu des conséquences très négatives, pour les enquêteurs gardiens et gradés qui se trouvent seul face à des dizaines de dossiers sans orientation et sans consignes pour les traiter.

      parce que ce sont des veaux incapables de réflexion, c’est ça ? les enquêteurs, gradés et/ou gardiens, maintenant OPJ, ont, pour bcp, un niveau scolaire ou universitaire supérieur à celui des inspecteurs d’il y a 25 - 30 ans, je ne pense pas que le soucis soit réellement à ce niveau là.

      Sur le terrain, pareillement, les équipages des police-secours ou les brigades anti-criminalité sont souvent démunis lorsqu’ils sont confrontés à des situations graves tels que des homicides ou autres, du fait de manque d’encadrement sur le terrain.

      oui, mais soyons clairs, il s’agit d’un manque d’encadrement immédiat, de gradés expérimentés, du fait du jeune âge de bcp de gardiens de la paix, pas d’un manque d’officiers.


    • aviso aviso 7 juillet 2013 13:30

      Controler un jeune rappeurs de 20 ans au volant du Porsche Cayenne....une fois c’est normal mes 5 fois par mois c’est du harcèlement !!!


    • Herby 8 juillet 2013 10:08

      @ Philippe93
      « Il n’y a jamais eu aucune obligation judiciaire de placer les gens en GAV, ils se noyaient donc eux-mêmes au prétexte de stats. »
      Certes, mais...
      J’ai récemment eu l’occasion de discuter longuement avec un gendarme sur le point de démissionner. Pourquoi cette démission ? En un mot : par dégout !
      Par exemple, passer un mois à enquêter pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue donne une affaire élucidée et une bonne note pour l’agent de police ou le gendarme. Passer une matinée en bas de la tour où résident ces trafiquants et arrêter tous les consommateurs qui passent donnera facilement une dizaine d’affaires élucidées et autant de bonnes notes pour les fonctionnaires.
      Tout le problème de la politique du chiffre est là. Les fonctionnaires de police et de gendarmerie en sont réduits à faire du chiffre tout en sachant que le fond des problèmes ne sera pas réglé de la sorte. Ils ont le choix, dites-vous. Pas tant que ça, je pense. Le chef qui note et propose des évolutions de carrière veut du chiffre (pour sa propre carrière). Si un fonctionnaire ne remplit pas suffisamment bien les sats, il n’a aucune chance d’évoluer.
      Selon ce gendarme démissionnaire, il n’y a que deux choix possibles face à cette situation :
      - Soit rentrer dans ce système et faire du chiffre tout en étant pleinement conscient d’etre plus nuisible qu’utile à la société.
      - Soit démissionner.
      Le plus désolant là-dedans, toujours selon ce gendarme, c’est que ce sont souvent les meilleurs éléments qui jettent l’éponge en premier


    • mario mario 2 juillet 2013 16:02

      philippe913@@même réaction de gens qui ne savent rien....

      et oui, je suis Marseillais et je sait que la police sait comment faire pour éradiquer la délinquence !

      tiens, juste pour voir , on retire tous les policiers de Marseille et on les remplace par des gendarmes . tu devine le résultat ou je fait un dessin ?

       

       


      • mario mario 2 juillet 2013 17:37

        je n’ai rien contre la police mon cher monsieur, seulement je pense que les gendarmes qui sont des militaires sont plus appropriés a la ville de Marseille.

        comprendre ?


        • philippe913 3 juillet 2013 09:17

          Il n’est pas opportun de comparer les gendarmes et les policiers qui n’ont pas les mêmes missions, environnements ou contraintes.

          Mais les gendarmes comme les policiers sont tous des hommes, et je crois pouvoir dire qu’après un éventuel remplacement des policiers par des gendarmes, au bout de qques mois, confrontés aux mêmes soucis, le résultat sera exactement le même.

          Le fait que les gendarmes soient des militaires n’a aucune incidence, ils agissent dans un cadre civil et non militaire. ça n’est pas l’armée de terre avec chars, fusils d’assaut etc. Marseille n’est pas en guerre.

          Le problème ne vient pas des hommes qui sont là et qui cherchent à faire appliquer la loi, il vient de la politique qui donne les orientations (ou pas).

          Mais bon, on ne parlait pas de ça, vous dénigriez les policiers en disant qu’ils étaient plus motivés par le stationnement payant que par l’anti délinquance.


          • MARMOR 3 juillet 2013 12:27

            problèmes insolubles car la volonté politique n’y est pas. Les cités de non droit, occupées par des « légions étrangères » sont aussi des bulletins de vote ( nombreux et influents). Donc encore une fois, la politique et le pouvoir pourrissent tout. 

            Il est inadmissible que les flics ne puissent pas entrer dans ces cités sans prendre de gros risques. Les quartiers nord de Marseille ou d’ailleurs sont devenu le Harlem de New York avant l’intervention du maire Giuliani qui a éradiqué la délinquance avec la tolérance zéro.
            Nous nous avons la tolérance zéro sur la route, contribuables et solvables ! Ce sont les ordres venus d’en haut !!

            • MARMOR 3 juillet 2013 14:15

              La preuve que la tolérance zéro et la sanction financière fonctionnent, c’est que nous sommes passé de 25000 morts par an à 4000 en quelques années ! 

              Si les autorités mettaient autant d’entrain à regler la délinquance, nous aurions le même rapport dans les prisons que sur les routes !!
              La réduction de la délinquance coûte très cher, la répression sur les routes rapporte beaucoup !
              Le delta peut se chiffrer en milliards d’euros, donc le choix est vite fait, circulez !
              Et puis, l’insécurité ne concerne que le peuple, pas les élites, qui s’offrent au frais de l’état, moult gardes du corps, chauffeurs, protection physique des biens immobiliers et mobiliers, de la famille, voire des amis les plus proches ( cf la villa de Clavier en Corse ) alors pourquoi se préoccuper de ces détails ? « foutons leur la paix, pendant qu’ils dealent, ils ne réclament pas du boulot, et ils votent pour nous, les allocs et le RSA !! » Vive la france !!

            • aviso aviso 7 juillet 2013 13:39

              1/3 des condamnation sont pour des questions de pédophilies ou de viol.
              1/3 des condamnation pour détention ou commerce de stupéfiant.
              1/3 pour violence avec arme ou exécutions d’actes en bande organisés.


              • berry 3 juillet 2013 14:05

                Vous avez le nez dans le guidon et vous nous proposez des solutions techniques, des rustines, vous ne vous attaquez pas à la cause du problème.

                Il y a 50 ou 100 ans les policiers n’avaient presque aucun moyen technique et la délinquance était marginale.
                Les pensions des retraités étaient payées en espèces par les postiers, impensable de nos jours.

                Aujourd’hui il y a 1 million de caméras de surveillance en france, les policiers n’ont jamais eu autant de moyens techniques à leur disposition.
                La seule question qui vaille, c’est d’où vient toute cette délinquance ? de mars ? de saturne ? une génération spontanée peut-être ?
                Pourquoi les français devraient-ils cohabiter avec ces délinquants ?
                 
                Tant qu’on ne fera rien à ce niveau, on peut toujours mettre plus de policiers, plus de caméras, plus de moyens, plus de sanctions, le seul résultat qu’on obtiendra c’est un état policier, comme aux USA, sans même faire redescendre l’insécurité au niveau antérieur.


                • chmoll chmoll 7 juillet 2013 18:20

                  menotté des enfants , emmerdé les automobilistes , gazé insultés des personnes agées , de couleurs
                  y a pas que dans les banlieues qui a de la racaille
                  ah si faire la la machine à faire du chiffres là sont imbattables

                  y a pas encore longtemps beaucoup voulait ètre flic , maintenant c devenu une honte
                  comme j’dit toujours malheureusement le peu de flic qu’ils restent digne de se nom trinquent pour cette racaille doublée de lacheté , pasque elle se protège derrière un badge


                  • eau-du-robinet eau-du-robinet 8 juillet 2013 10:15

                    Bonjour Monsieur MARTINEZ,

                    Merci pour votre témoignage.

                    — Début de citation —
                    Les orientations données à la Police ces dernières années, et notamment la politique du chiffre a eu des effets pervers ; tant au niveau du service public que dans le fonctionnement des services.
                    ...

                    Dans un rapport de juillet 2011, la Cour des Comptes a mentionné que « les moyens statistiques de mesurer la délinquance présentent de nombreuses imperfections » et que « l’évolution de la délinquance ne peut être résumée par un seul indicateur global donnant le même poids aux délits mineurs et aux crimes ».
                    — Fin de citation —

                    Et OUI cette politique du chiffre est un héritage de Monsieur N. Sarközy ?

                    Et puis : Qui à supprime la police de proximité ?

                    Voyez vous cette politique des chiffres n’est pas due à un hazard mais bien voulu.
                    La population est ainsi mis sous pression permanente, cella occupe les médias (je parle surtout de la grande criminalité - notamment les meurtres).
                    Et pendant que les medias sont occupé avec cette délencanges des rues.... la délenquence commis par des gens en cols blancs poursuit tranquillement son chemin, à l’ombre.

                    — Début de citation —
                    Il est plus « qu’urgentissime » de redonner aux fonctionnaires de Police une réorientation des objectifs visant concrètement à identifier et à interpeller les auteurs d’infraction pour lutter efficacement face à la délinquance, plutôt que de rechercher des statistiques et des chiffres qui ne correspondent à rien.
                    — Fin de citation —

                    Si vous demandez cela à l’UMPS, c’est d’ailleurs ce qui ont réclamé des nombreuses d’autres personnes et syndicats depuis des années, c’est peine perdu. OUI le PS c’est accomodé de la politique de la droite, cela fait déjà un bon moment que ce partie à chaviré, sauf que beaucoup d’électeurs PS le découvrent seulment des nos jours et se mordent les doits.

                    Je vais faire une prognostique ...
                    En 2015 L’Europe signera le contrat commercial « grand marché transatlantique » avec les Etats-Unis... et quelques années plus tard la France commencera à privatiser de son tour la gestion des prisons, comme cela est le cas aux États-Unis.

                    D’arrière cette privatisation des prisons dans un proche futur on trouve un marché très lucratif pour les sociétés de sécurité. Et que ont fait des nombreuses états américains ? Ils mettent des gens en prison pour des délits mineurs... pour augmenter le chiffre d’affaire des gestionnaires privées. C’est un vrai scandale public, voire scandale d’état !

                    Je défend un état de droit et un état avec des services publics pas un état de détournement des droits et des intérêts ! L’intérêt public doit primer sur l’intérêt privée !

                    Vous verrez, dans quelques années ils vont reprocher à la police d’avoir échoue de combattre la criminalité (voire Marseille en ce moment) ... puis qui sait et on privatisera peut-être même la police voire une partie de leurs fonctions !

                    Cette politique désastreuse initié par Mr Sarközy qui se poursuit par son successeur F. Hollande doit cesser !

                    L’UPR présidé par François Asselineau dénonce dans ses vidéos cette fausse politique sécuritaire qui met en avant le terrorisme hors celui-ci est quasiment négligeable en France au contrario des crimes liée à la drogue, les violences diverses, la prostitution, les meurtres, vols, etc.


                    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 8 juillet 2013 18:56

                      Bonjour,

                      Sauf méprise de notre part, la politique du chiffre dans les administrations est l’héritage de la LOLF adoptée sous Jospin et que Sarkozy s’est employé à appliquer aux ministères de l’Intérieur et des Finances. Pareil d’ailleurs pour la casse des retraites : accords de Barcelone sous Jospin en 2002, loi de Sarkozy en 2010 pas loin de l’expiration du délai normal d’application de ces accords.

                      Si Sarkozy n’avait pas cherché à s’attribuer à tout prix ce genre de « génialités » (LRU comprise, comme s’il n’y avait pas eu dès 2000 la stratégie de Lisbonne), qui sait s’il n’aurait pas remporté les présidentielles de 2012.

                      Voir notre article d’hier :

                      http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/07/07/police-cnrs-universites-justice-lolf-lru.html

                      Police, CNRS, universités, justice, LOLF, LRU...

                      Le 7 juillet 2013, Rue 89 écrit « A Valence, le principal syndicat de policiers dénonce les « rafles » et « la course aux chiffres » sur les étrangers ». Cette semaine, Libération rapportait « Dans la Drôme, un syndicat de police dénonce « la course aux chiffres » sur les étrangers » et Le Parisien à son tour : « Un policier s’est suicidé avec son arme ». A la lecture de ces titres, la situation ne paraît guère différente de celle constatée il y a trois ou quatre ans, alors que Le Post interrogeait « Plus de suicides dans la police qu’à France Télécom ? » et, dans un article avec le titre « Les suicides dans la police inquiètent » , Le Point écrivait « ... la majorité des syndicats de police mettent en cause la « politique du chiffre » instaurée par Nicolas Sarkozy depuis 2002 ». A la même époque, un rapport du Sénat « sur l’enquête de la Cour des comptes relative à la gestion des centres de rétention administrative » pour étrangers se montrait critique à l’égard de l’organisation de la gestion de ces centres qui dans la pratique relevait principalement du Ministère de l’Intérieur. A la tête des responsables du Ministère de l’Intérieur auditionnés par la Cour des Comptes se trouve précisément l’auteur d’un livre intitulé Manager avec la LOLF, devenu par la suite Directeur Général délégué aux Ressources du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Il y a une dizaine de jours, le CNRS comptabilisait le plus faible taux de participation jamais enregistré aux élections des représentants des personnels à son Conseil d’administration (30.21% avec 29.6% de suffrages valablement exprimés), comme déjà exposé dans notre article « CNRS, élections CA : nouveau record d’abstention ». Et si la Loi Organique Relative aux Lois de Finances d’août 2001 (LOLF), adoptée sous Lionel Jospin avec une large unanimité du monde politique et invariablement appliquée depuis son entrée en vigueur, se trouvait à l’origine de ce malaise général dans la fonction publique ? Et dans la même logique, que penser des conséquences de la prétendue « autonomie » des Universités instaurée par la Loi d’août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) ? Le 7 juillet 2013 également, le blog C’est classe ! de Libération alerte « Université : Tristes ethnologie et anthropologie », à propos des suppressions de licences envisagées par Geneviève Fioraso. Encore un exemple de prétendu «  bon management » dans la ligne de la LRU et de la LOLF ? Il apparaît plutôt que l’on peut sérieusement s’interroger sur le bien-fondé de l’ensemble de cette politique à la lecture de l’article de Mediapart « Le PPP de l’université Paris-Diderot est en péril » (PPP = partenariat public-privé), faisant état de l’annulation récente par le Tribunal Administratif de Paris des permis de construire de deux bâtiments de l’Université Paris 7. Le site du Comité Anti-Amiante Jussieu rappelle l’historique de cette affaire découlant d’un contrat de partenariat signé il y a quatre ans. Quant au service public de la justice, les longs délais de jugement de l’affaire Bettencourt - Mediapart ont déjà été évoqués dans notre article « Affaire Bettencourt - Mediapart et moyens de la justice ». A-t-on affaire à autre chose qu’à une liquidation planifiée de l’ensemble des services publics sous couvert de « bonne gestion » ?

                      [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/07/07/police-cnrs-universites-justice-lolf-lru.html ]


                      Cordialement

                      Le Collectif Indépendance des Chercheurs
                      http://science21.blogs.courrierinternational.com/
                      http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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