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La dissidence, la juste révolte dévoyée

Article tiré de la lettre AIL n°10 (février 2016) – Denissto & David Bonapartian

Il s’est levé, au crépuscule du XXe siècle, des mouvements spontanés de révolte contre les nombreuses iniquités du système, qui ne trouvant plus d’étendards se sont regroupés sous le vocable de dissidence. Par quel mystère autant de personnes, si différentes, ont pu accepter de se reconnaître sous cette unique bannière qui est à la saine révolte ce que Nabila est à la culture ?

Il est difficile aujourd’hui de trouver une seule vertu aux systèmes et hommes politiques qui mènent le monde, c’est une évidence. Depuis que la France s’est inclinée devant le fétiche révolutionnaire et les grands principes de 1789, qui bêlent la paix universelle les pieds dans le sang, jusqu’à la fin de la deuxième Guerre Mondiale, on a pu voir les générations se succéder où le grand-père et le petit-fils allaient se battre et mourir côte à côte au nom des grands principes qu’il a fallu défendre de guerres en révolutions. En fait de principes, c’est une nouvelle aristocratie qu’ils ont servie et qui s’avère aujourd’hui bien pire que la précédente.

Les trente glorieuses et l’espoir d’un monde idéal

Les premiers désenchantés de ce temps ânonnaient cette maxime merveilleuse une bonne guerre et tout repart, oubliant, au passage, que la guerre qu’ils appelaient de tous leurs vœux pour leurs profits et conforts, perdurait sous d’autres latitudes. La quête des lendemains qui chantent s’est réalisée, en Occident, sur la misère et les ruines de ceux qui n’avaient que le malheur de posséder une terre, qui entrait dans les intérêts stratégiques de l’american way of life . Comme nous l’expliquions dans une lettre précédente, si vous transformez le terme intérêts stratégiques par profits des cartels, vous comprendrez la révolte de la majorité des homo-erectus-occidentalus-dissidentus qui n’accepte plus cette injustice (pillage) car elle n’en a pas profité. Il s’est réveillé un beau matin de septembre 2001, avec la gueule de bois dans son petit monde dévasté et sans héritage. Pendant qu’il dormait tranquillement sur ses rentes et devant sa télévision, le monde s’est retrouvé sous la coupe politique d’une racaille mondialiste, au service de quelques dizaines de familles (le Club) qui se partagent le pouvoir financier et politique , quel qu’en soit le prix pour le reste de l’humanité. Réduit à l’état de simples codes-barres, certaines personnes espèrent reconquérir ces libertés perdues. Ne serait-il pas temps, à la place, avec calme, constance et confiance, d’accepter la triste réalité et essayer de conserver le peu qu’il reste, sans prétendre vouloir renverser ce monstre tentaculaire qui dépasse la force et la compréhension humaine ? Le dissident a découvert des évidences : tous les régimes et les hommes politiques nous mentent et nous trahissent ; les cartels de la santé nous rendent pharmacodépendants, le monde de l’agroalimentaire nous empoisonne et détruit la terre ; le monde des arts et du spectacle nous bêtifie ; le monde financier pille les richesses domestiques, nationales et internationales ; le monde de l’industrie détruit le travail pour rétablir l’esclavage ; les progrès et la science, sans conscience, sont détournés au profit d’intérêts militaro-industriels ; le monde de l’éducation forme des illettrés, avec le poste budgétaire le plus important ; la laïcité impose un monde sans foi ni loi ; les tribunaux sont au service des brigands en col blanc ; la loi a été mise au service du plus fort ; la liberté est une peau de chagrin ; le consumérisme, nouvelle religion du XXIe siècle, a transformé l’homme en objet qui est possédé par les objets qu’il possède. Le monde s’enfonce rapidement dans une spirale mortifère.

Tous les chemins mènent à Rome

La chute de l’Empire romain devrait servir d’exemple à ceux qui rêvent de voir disparaître l’insolente domination angloricaine et tous ses laquais occidentaux : il ne fallut pas moins de trois siècles aux martyrs (témoins), des dizaines de millions de morts pour abattre de son piédestal le paganisme romain et renvoyer les Césars de leur statut de Dieu vivant, à celui de moribond. Le seul point d’achoppement entre les chrétiens et les Césars était qu’ils refusaient à ces derniers la qualité divine. Par-delà l’histoire des martyrs, ce contre quoi la Rome païenne a chuté, c’est devant l’obéissance indiscutable des Chrétiens à tous les ordres excepté celui de brûler de l’encens devant les statues de l’autorité impériale. Il semble aujourd’hui que le pouvoir mondial exige de ses sujets la même obéissance et le même culte, non plus à un homme particulier, mais à tous en général dans la mesure où l’on accepte d’être tous identiques, donc impersonnel et sous la coupe d’un gouvernement mondial unique. En ce qui concerne les éléments historiques hexogènes, ayant participé à la décadence de l’Empire romain, le hasard de l’histoire nous présente exactement les mêmes symptômes, le même tableau : dans ce chaos romain, les pseudo-élites se prélassaient dans de multiples orgies et de nombreuses fêtes et célébrations aussi stupides et insipides les unes que les autres, confiant les responsabilités les plus importantes à leurs esclaves, à leurs citoyens romains de fraîche date (comme c’est le cas dans le gouvernement français) jusqu’au jour où les barbares décidèrent que leurs maîtres ne servaient plus à rien. La seule ossature intellectuelle qui a subsisté était les chrétiens qui surent, en ce temps, conserver la culture et les traditions de cette civilisation en se débarrassant de son paganisme. De n’avoir pas reconnu leur incroyable décadence, malgré quelques personnages célèbres, comme Jules César, qui ont essayé de relever l’héritage de Romulus et Remus, le dernier empereur, Romulus Augustule, ressemblait à s’y méprendre à François Hollande ou Nicolas Sarkozy, particulièrement quand on connaît le sobriquet insultant qu’on lui avait attribué : Momilus qui se traduit par la petite souillure. Pour mémoire, la traduction de Sarkozy en hongrois est dans la boue. Un clin d’œil de l’Histoire.

dissidence

Les nombreuses révoltes internes du peuple romain n’ont jamais ébranlé le trône, il est mort de ses vices dans son vomi malgré sa force et sa richesse. Sic transit gloria mundi (ainsi passe la gloire du monde). Comme les Américains sont passés de l’état barbare à décadent sans avoir connu la civilisation, tous les espoirs sont permis.
Les familles patriciennes de Rome ont disparu, comme toutes celles qui ont servi les maîtres d’empire. Seules demeurent aujourd’hui celles qui se sont pliées aux exigences des temps modernes issus des loges maçonniques imposées par la Révolution française, les droits de l’homme, dogme indéboulonnable devant lequel tout genou doit plier sur terre. Demandez à un chef dissident autoproclamé s’il est pour les Droits de l’Homme, n’en doutez pas il est pour, sans remarquer que le Droit, s’il est le même pour tous, ne peut se décliner au pluriel, pas plus que l’Homme au singulier, c’est une offense au bon sens élémentaire. Les corollaires de cette déclaration universelle (notez le pompeux du terme) des Droits de l’Homme sont multiples et avariés : liberté, égalité, fraternité, laïcité, souveraineté (du peuple !), humanité (humanisme), etc. Les conséquences se répercutent à l’infinie dans un relativisme qui peut éterniser autant de débats, que l’empire ne manquera pas d’organiser…à la mode des Césars dans les cirques romains. Les joutes modernes qui font le succès de l’audimat sont des émissions à grand public pseudo-intellectuel, organisés de la même manière que celles de Commode dans le péplum moderne Gladiator l’opposant à Maximus. Elles seront toujours truquées, ce n’est pas dans ces arènes qu’il faut aller, le combat ne se gagnera pas sur les plateaux télés.
Ce qui fait la force du pouvoir au XXIe siècle, c’est l’ignorance de ceux qui le combatte, la faiblesse de ceux qui ont compris, l’incroyable diversité des combats à livrer, la pléthore de faux chefs, leurs duplicités et les fausses bannières. Dans un style plus limpide St Pie X disait : « le nerf de Satan réside dans la faiblesse des chrétiens ».

Avec des dissidents comme ça, César dort tranquille

Le plus grand des dissidents, au sens noble du terme, disait : la vérité vous rendra libre. Cette sentence n’est pas de Ché Gevara ou de Voltaire qui lui disait : mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. C’est certainement à ce titre que ce dernier est en honneur au Panthéon de la République (Ripou).
Dans le combat de l’heure présente, s’il est clair que le pouvoir et tous ses sbires sont perclus de vices, ad nauseam, il existe un filtre infaillible pour trier le bon grain de l’ivraie, c’est celui que nos pères abhorraient sous le terme de la triple concupiscence : un amour immodéré pour le sexe, l’argent, ou la gloire. Ceux qui prétendent lutter contre l’empire du mal actuel, mais qui ne sont pas affranchis de cet esclavage, sont forcément des traîtres en puissance, certains se reconnaîtront. Avec des ennemis comme ça, l’empire n’a plus besoin d’amis, il a bien assez de complices. La dissidence, comme la franc-maçonnerie, pullule d’arrivistes, d’aventuriers en mal de gloire, d’argent, et pour la luxure laissons cela de côté, vu les mœurs immondes de notre temps et son actualité. Ce n’est donc pas par hasard que l’on assiste régulièrement à des alliances de circonstance, et contre nature entre ceux qui prétendent se battre pour la vérité et les fils des ténèbres. Appliquez cette maxime de Job dans la Bible : « Il n’y a ni ténèbres ni ombre de la mort, où puissent se cacher ceux qui commettent l’iniquité », et il ne restera donc qu’à faire tomber les masques, les faux-nez de tous ces opportunistes de fraîche date en mal de gloire pour que la bataille devienne limpide.

Il est à remarquer qu’à mesure que la crise devient globale et systémique, de plus en plus d’intellectuels autorisés se découvrent contempteur des valeurs de l’ancienne France : le catholicisme. Comble d’ironie, particulièrement chez les rouges, comme un hommage du vice à la vertu ? Michel Onfray déclamait à qui veut l’entendre sur les plateaux TV que l’apogée de notre civilisation était le temps des cathédrales, et que la décadence avait commencé à la Révolution française[1]. Dans un autre registre, Emmanuel Todd constatait que les Charlie étaient fils d’apostats chrétiens, tout comme leurs assassins et que la religion de nos pères était une nécessité sociale[2]. Il est remarquable qu’un chef notoire de la dissidence ait déclamé un jour qu’il fallait « refaire du catholicisme la religion d’État en France », à la sauce Montaigne, La Boetie ou Jean-Jacques Rousseau, oubliant au passage que ce dernier était le maître à penser des révolutionnaires de 1789 qui massacrèrent autant de religieux qu’ils purent. On peut activer (ou réactiver) une cellule politique mais pas une religion[3].

Comme disait Bossuet, Dieu se rit de ceux qui maudissent les conséquences des causes qu’ils chérissent. Pesez et mesurez ceux qui prétendent brandir l’étendard de la dissidence, ils n’échappent pas à ce mouvement de redécouverte de la civilisation chrétienne, ainsi qu’à ses vertus, et ne manquent pas de s’en réclamer, sans abjurer pour autant la part qu’ils ont prise avec Bélial.

Ce mouvement de la dissidence, dont beaucoup se réclament, pourrait-il faire trembler le prince de ce monde et tous ses sherpas ? Le problème de cette juste révolte, c’est qu’elle ressemble à une auberge espagnole, aux motivations diverses et variés, aux principes multiples et contradictoires. Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner d’assister à de féroces règlements de comptes et de chocs des ego, qui ne vont faire qu’éteindre les parcelles de vérités et faire mourir les quelques velléités de résistance. Pour vaincre l’empire, il faut le connaître. Il peut changer de latitude, de temps, de projets apparents, mais sert toujours le même maître avec pugnacité et ne craint rien de plus que la vérité, celle qui rend libre.

Le pouvoir ne peut que se féliciter de l’abondance de poches de résistance qu’ils ne manqueront pas de qualifier de groupuscules (dont la dénomination se terminera immanquablement en « iste »), c’est la source de sa force, et plus un mouvement prendra de l’ampleur, plus il en tirera de légitimité, la preuve de sa libéralité. Il ne sert à rien de dénoncer l’illégitimité du pouvoir par des arguments humains, il suffit simplement de lui opposer, selon les dispositions de chacun, la vérité face à ses mensonges tant ses lois iniques vont à l’encontre même des lois naturelles et tente d’aliéner les esprits.

On peut décliner les pouvoirs temporels du monde présent sous toutes formes de vocables, il n‘en reste pas moins patent qu’ils fonctionnent tous par une unité d’action et de motivation : l’exaltation du vice pour eux, et la condamnation de la vertu pour la piétaille ; point n’est besoin ici de s’attarder sur les moyens mis en place, à l’échelle planétaire, pour que chaque homme soit obligé de supporter par les cinq sens les miasmes de cette décadence ainsi que sa pestilence, tout est résumé dans la mise en place du tittytainment. Hier, Rome présidait sur le genre humain et imposait le spectacle de ses jeux à sa plèbe, sous les étendards de l’aigle ; rien de neuf, l’Empire américain arbore le même emblème, et, comme par hasard, les mêmes principes, dont le premier est une sainte horreur de la vérité, le deuxième le mensonge institutionnalisé. Le droit de vie et de mort ne tenait qu’à la direction du pouce de l’empereur dans un cirque, que vaut-il aujourd’hui dans l’amphithéâtre de l’ONU quand l’Amérique exhibe une simple fiole ? Juste beaucoup plus de morts, et beaucoup plus vite. Le progrès n’a pas changé la nature des tyrans, mais juste le nombre des victimes ; les principes de Babylone sont éternels, si Dieu ne change pas, le diable non plus. Qui peut prétendre servir Dieu et Mammon ?

Les forces du nouvel ordre mondial, conduisant au précipice, sont partout à l’œuvre, facilement identifiables : une lutte d’intérêts, venimeuse et cynique, oppose l’homme à son semblable, dresse une nation contre l’autre, le nouvel ordre mondial tire sa puissance de la division (ce n’est pas par hasard que les états doivent disparaître pour se retrouver découpés en régions). Le déchaînement de la débauche et de la violence exige progressivement son tribut d’excès dans la poursuite d’un assouvissement jamais atteint. Il ne sert à rien de se battre contre ces forces, comme l’Empire romain, elles sont en train de s’autodétruire naturellement. Comme le disait Einstein, « l’harmonie des lois de la nature dévoilant une intelligence si supérieure que toutes les pensées humaines et toute leur ingéniosité ne peuvent révéler, face à elle, que leur néant dérisoire ».

Mieux que la dissidence bavarde, pratiquons l’indissidence silencieuse

Ce qu’est la dissidence : le terme dissident vient du mot latin dis-sedere, se séparer de. Si du temps de l’Empire romain ce terme était peu employé, il devient plus usité à partir du XVIIIe siècle pour désigner celui qui se démarque d’une doctrine ou d’un dogme ; avant de s’appliquer récemment aux domaines de la politique ou de l’idéologie. Elle se caractérise par une action ou un état qui doit se traduire en acte, en mode de vie ou de penser. Le problème de ceux qui se proclament dissidents est qu’il n’est pas certain qu’ils n’aspirent pas aux mêmes fins, sous une autre forme de régime, ce dernier ne lui ayant pas octroyé la place qu’il escomptait. Il est bien connu que les injustices les plus criantes sont celles dont on ne profite pas. Le dissident cohérent devrait, a minima, rejeter, non pas avec la langue mais en acte ce qu’il condamne.

Petite réflexion sur l’ennemi et la manœuvre

Il est notable que c’est une prise de conscience relativement récente qui a réveillé de nombreuses personnes dans le petit monde des médias alternatifs, ces derniers étant la conséquence de la nocivité et de la toxicité d’un monde fabriqué par une entité que chacun essaie de percevoir et de définir. Utilisons la définition d’un menteur professionnel, un comédien de classe internationale, qui prétend nous faire découvrir le « véritable adversaire » : il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et ne sera donc pas élu et pourtant, il gouverne, cet adversaire, c’est le monde de la finance.

Il a malheureusement échappé à beaucoup que c’est certainement une des seules fois de sa vie que François Hollande a dit la vérité car il reconnaît l’existence d’un pouvoir occulte, sans avoir le désagrément de se faire traiter de complotiste. Son mandat a été la démonstration, particulièrement avec la loi Macron, combien il servait ceux qu’il prétendait vouloir combattre. Quelle que soit l’énergie que l’on dépensera contre cet ennemi sans nom et sans visage, ce sera anecdotique si l’on se contente de l’appeler monde de la finance. Comment ce monde de la finance, dispersé aux quatre coins du globe dans des intérêts aussi divergents, pourrait gouverner comme l’avoue notre cher président sans un minimum d’unité ? Comment pourrait-il imposer sa volonté dans tous les gouvernements sans avoir lui-même un commité directeur que nous nommons ici le Club ? De ce fait, il est évident que toute forme de révolte, fusse dans un bain de sang, lui est complètement égal. Quand on reprend le credo de François Hollande, mais Nicolas Sarkozy aurait pu nous servir le même et bien d’autres avant, il est clair que ces personnes ont été placées aux plus hautes fonctions pour servir de fusible et de paravent. Pour ceux qui ont compris, quoi qu’il arrive, il n’y a pas d’alternative politique dans ce système et on ne peut pas le faire tomber car il est impersonnel. L’exemple de la Grèce devrait servir de modèle à tous ceux qui ont des velléités d’action politique, sous quelle que forme de manifestation de colère. Il ne reste donc plus qu’à étudier le Club et ses serviteurs, comme nous essayons modestement de le faire dans cette lettre. Notre président a fait une pitoyable démonstration de sa capacité à mettre bas le monde de la finance qu’il dénonçait, en déshabillant encore plus les pauvres pour habiller les riches. Rien de neuf sur la planète, la gauche ne vient au pouvoir que pour appauvrir les pauvres et la droite pour enrichir les riches. La droite et la gauche ne sont que les deux faces d’une même farce. Les plus hautes fonctions auxquelles peut aspirer une personne dans notre système démocratique ne seront jamais dévolues qu’à ceux qui auront, préalablement, signé un pacte avec le Club qui s’assurera du nombre de casseroles qu’ils trainent pour pouvoir s’en débarrasser le moment opportun. D’aucuns auront remarqué que depuis leur prise de conscience de l’existence de cette entité, ils leur devient difficile de communiquer avec leur entourage, exactement comme nous le voyons dans la trilogie Matrix. Ils se retrouvent donc entre eux pour constater que quand ils parlent de « ça », expression couramment utilisée pour contourner le mot complot ou conspiration, ils ne trouvent pas le mot pour qualifier leur ennemi. Ce ne sont pas les riches ou la finance qui gouvernent le monde, car les nantis qui profitent de ce système, si supposé que leur but, était la richesse, l’ont obtenu depuis bien longtemps et au-delà de leurs espérances. Cependant, rien n’explique comment et pourquoi tous aspirent tant à ce gouvernement mondial, à cette globalisation, à cette uniformisation qui ne changera rien à leur capacité actuelle d’enrichissement tel que le monde est organisé. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de frein pour arrêter le pillage des multinationales, ni l’enrichissement des personnes particulières, comme le démontrent les dernières statistiques qui ne peuvent que valider l’accélération de la concentration de la richesse mondiale dans quelques mains[4]. Ce dogme mondialiste est la conséquence d’une idéologie qui a décidé d’imposer une République universelle depuis bien plus longtemps que ne le découvrent ceux qui commencent à se révolter. Malheureusement, il est déjà bien tard quand on voit les portraits que nous dessinons ici de ces architectes, morts il y a bien longtemps, mais dont la nuisance s’est infiltrée dans toutes les strates de la société et se répand comme des métastases. Pour vaincre un tel Cancer, il faut déjà l’avoir parfaitement identifié. Ce dogme unitariste est né dans le cerveau de certains utopistes de la Renaissance qui se prétendaient humanistes. Il faut aujourd’hui se méfier de leurs disciples, dégoulinant de compassion, à la tête de toutes les grandes croisades humanitaires, et que l’on retrouve immanquablement dans les réunions réservées aux sherpas du Nouvel Ordre Mondial, tous frais payés.

Tous les complices du Club réclament, outre leur part du butin, triomphes et ovations, comme jadis leurs compères romains. Il est notable que, partout dans le monde, ce genre de cérémonie s’est vulgarisé, le nombre des honneurs distribués confine au ridicule. Quand on voit les soi-disant es plus hautes distinctions, comme le prix Nobel de la Paix, distribué aux pires assassins, il ne faut pas s’étonner que les saltimbanques aspirent aux Oscars, aux Césars, aux ballons d’or, aux coupes, voir à la Légion d’Honneur, créé par Napoléon qui disait à son propos « C’est avec des hochets que l’on mène les hommes ».

Devoirs du véritable dissident

Le véritable dissident n’aspire pas à la gloire, ni au Panthéon, il œuvre, au contraire, à abattre ces hommes qui se prennent pour des Dieux. Il est notable, comme nous le disions précédemment, que tous ceux que les médias mettent en exergue sont accros aux louanges ; malheureusement, il devient difficile, quand on reste, ne serait-ce qu’un petit peu, devant un quelconque média, de ne pas succomber à cette habitude. Comme disait Saint Augustin : « A force de tout voir on finit par tout supporter… A force de tout supporter on finit par tout tolérer… A force de tout tolérer on finit par tout accepter… A force de tout accepter on finit par tout approuver !  ». Rien ne fait plus mal à cet ennemi que l’indifférence, et ce n’est certainement pas par hasard qu’il essaie d’imposer la taxe audiovisuelle, par une perception directe sur la feuille d’impôt. Si tous les dissidents du monde refusaient de payer cette redevance par une simple déclaration aux impôts et supprimaient leurs antennes, ce monde nauséabond perdrait de sa superbe et de son influence. Il est encore autorisé de choisir ce que l’on veut voir et entendre avec un écran d’ordinateur librement. Sans oublier, pour ceux qui ont des enfants, combien la télévision, et ses programmes, sont néfastes pour son développement intellectuel et son âme. Il est notable que les relations humaines sont particulièrement en danger dans le monde que l’on nous impose ; sans cet hôte indésirable et nocif, les rapports familiaux se reconstruisent d’eux-mêmes.

Il va de soi, lorsque l’on est un dissident éclairé (indissident), qu’on ne peut fréquenter les jeux du cirque, particulièrement quand il faut supporter des énergumènes peinturlurés et braillards qui encouragent les nouveaux dieux du stade surpayés, et accessoirement drogués. Il en est de même avec toutes les manifestations pseudo-artistiques, dans la mesure où cela contribue à alimenter notre système d’aliénation que le gouvernement subventionne grassement, et certainement pas par hasard.

L’indissident a compris qu’il se retrouvait dans l’obligation de réapprendre, de se reconstruire, ce qui explique son goût pour la lecture induisant une bibliothèque richement garnie. Il se reconnaît dans tous les combats de conservation des traditions, particulièrement celle concernant les connaissances en médecine douce, la redécouverte de la santé par la nutrition, la sauvegarde du patrimoine végétal et environnemental et les techniques agricoles ancestrales, sans se laisser berner par les bio-tartuffes. À l’attention des survivalo-tartuffes et autres égoïstes espérant survivre sur le cadavre de leurs voisins, dans un monde apocalyptique, c’est avec beaucoup de charité que nous leur posons cette simple question : quelles sont nos chances de survie dans cet individualisme exacerbé ? Pour comprendre l’intérêt de ces stages au prix exorbitant, il convient de comprendre qu’il ne s’adresse pas à l’indissident qui a assimilé les valeurs et la nécessité du partage.

Un indissident a compris son devoir de préservation et de centralisation du savoir-faire de nos anciens dans tous les domaines de l’artisanat que nos maîtres ont délocalisé sur l’autel du profit. Cette communauté d’indissidents se retrouve à ramasser, chacun de son côté, les morceaux d’un Savoir brisé pour reconstruire et diffuser ces techniques ancestrales oubliées, ne pas simplement dénoncer mais se retrousser les manches de temps en temps. Dans le même registre, il est évident que beaucoup, par manque de moyen, ne peuvent soutenir ceux qui se battent actuellement, mais il est impensable aujourd’hui qu’une personne ne puisse ni apprendre, ni aider, ni agir, ni soutenir, à l’exception des grands guerriers moralisateurs du clavier, à la sauce Facebook. Un indissident pense ce qu’il dit, un dissident-facebook dit ce qu’il pense.

Si l’on supprimait tous les y’a qu’à, faut qu’on ( faux con), ainsi que les vrais…, la communication entre ceux qui agissent deviendrait plus audible et plus efficace. Ces adeptes du psittacisme sont intarissables sur tout…surtout sur ce qu’ils ne connaissent pas.

Un indissident a compris que la Bête qui mène le monde, ressemble étrangement à celle de l’Apocalypse qui veut contrôler tout ce que les hommes achètent et vendent. Il se retrouve obligatoirement dans une démarche de déconsommation et surtout plus un acheteur compulsif. C’est bien mignon de dénoncer l’esclavage des enfants dans les usines Apple, mais il faudrait, a minima, commencer à ne plus être complices. L’indissident préfère payer plus cher du vrai made in France, participe aux réseaux d’approvisionnement alternatifs, ne se formalise pas d’acheter d’occasion et ne suit pas les effets de mode.

Un indissident est capable d’apprendre de ses erreurs passées, de les abjurer, et certainement pas de s’en délecter. Comme beaucoup, nous portons une responsabilité dans la décadence de cette société, il est évident que nous sommes tous humains, donc imparfaits. Il vaut mieux effacer de nos Curriculum Vitae ce qui est un outrage aux bonnes mœurs, il s’applique à lui-même un effort de vertu quotidienne ; un minimum d’approche éthique, philosophique, voire spirituelle. Un indissident a compris la valeur des choses, contrairement aux imbéciles qui connaissent le prix de tout mais la valeur de rien, il ne jette donc pas son argent par les fenêtres.

Un indissident est tolérant car il a compris la dictature de l’ignorance institutionnalisée. Si l’on veut se prétendre fer de lance, exemple pour les autres, il faut commencer par former des snipers du système et comprendre que l’union des différences peut abattre la bête qui nous a détruit par l’uniformisation.

Mieux que la dissidence, pratiquons l’indissidence qui est le miroir impitoyable de la chute prochaine et inéluctable de l’Empire du mal.

[1] https://youtu.be/JgKdC7mr1QI

[2] http://www.amazon.fr/Qui-est-Charlie-Sociologie-religieuse/dp/202127909X

[3] https://www.youtube.com/watch?v=t5KfqGYyhNI

[4] http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN0UW0GJ


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3 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 3 mars 13:21

    L’Empire du mal ... bonjour Luke, je suis ton Père !  smiley


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 mars 13:42

      Acheter français, mais quoi donc ? Un journaliste parisien a tenté de vivre 1 an, « Made in France », pas triste ! Dans l’alimentaire, c’est pire !


      Je crois que l’auteur se trompe, le roi dollar est mal en point, de plus en plus de pays commercent entre eux avec leurs propres monnaies : la Russie, la Chine, le Brésil, l’Argentine, l’ Afrique du sud, le Canada, l’ Australie, la Turquie, l’ Égypte, et maintenant, cerise sur le gâteau, ... l’ Inde !
      Ce qui doit bien correspondre à la moitié de la populations de la planète..., sinon plus !
      C’est le début de la fin du billet vert.

      Quant à l’intervention de l’ Etat dans l’économie, cette horreur que les économistes de l’ école de Chicago pensaient bien avoir éradiquée de la surface de la planète, elle a été utilisée sous tous ses aspects, par la minuscule Islande, ce qui lui a permis de sortir de la crise, chômage : 1,9%.
      Pied de nez de l’ Islande, qui ne voit plus du tout la nécessité de monter à bord du Titanic européen, elle a décidé de ne plus adhérer à l’ Union européenne. 


      • Donbar 3 mars 15:03

        Deceptio deceptionis et omnia deceptio.

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