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Accueil du site > Actualités > Société > La fabrique de la soumission

La fabrique de la soumission

 Hier soir, je tombe sur un bout de Divergente, un film que ma fille m’a trainée voir au cinéma, comme Labyrinthe ou Hunger Games.

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Animation éducative au centre commercial : quand l’envie d’apprendre n’a pas besoin de grand chose pour être stimulée.

 Et je me surprends à être captivée non pas tant par l’histoire, mais par la simple dynamique de ces jeunes en action sur l’écran. Il est assez fascinant, si l’on y réfléchit deux secondes, de voir à quel point nos gosses plébiscitent des récits qui mettent en scène une jeunesse agissante alors même que nous les réduisons à l’impuissance et la soumission pendant un quart, voire un tiers de leur vie. Nous leur interdisons l’action précisément pendant la période de leur vie la plus bouillonnante et pour bien les préparer à entrer dans un mythique âge adulte, nous les parquons dans des enclaves hors du monde.

J’observe ma fille quitter définitivement les rivages de l’enfance et se cogner aux limitations extrêmes de ce que nous appelons l’adolescence, où la chose que nous cultivons probablement le plus chez ces jeunes personnes pleines d’élan, de force, d’enthousiasme et de vigueur, c’est la passivité. Je vois bien à quel point prétendre lui apprendre la vie en l’enfermant entre quatre murs et en la vissant sur une chaise l’essentiel de la journée est une vision complètement folle et carcérale de la jeunesse. On va t’apprendre la vie en t’en écartant, en t’en refusant l’accès et l’apprentissage des codes induits pendant encore de très longues années. Et plus les années d’isolement du monde seront longues et sages et plus tu pourras espérer être un élément décidant de cette société que tu ne connais pas.

Quand on demande à ces jeunes personnes ce qu’elles veulent faire dans la vie — et non pas ce qu’elles veulent faire de leur vie —, elles répondent assez logiquement qu’elles ne savent pas. Comment se déterminer par rapport à quelque chose dont on est tenu durablement à l’écart ?
Plus je regarde notre système éducatif et plus je me dis qu’il faudrait envisager un programme de réinsertion à la fin de la scolarité, exactement comme pour les prisonniers dont on a compris qu’il est plutôt contreproductif de les balancer dans la société sans les y avoir progressivement préparés.

Si je comprends l’intérêt d’une éducation poussée dans une société organique qui favorise à l’extrême la division des tâches et donc la spécialisation des rôles, je ne vois pas trop celui de le faire dans des enclaves que nous avons sanctuarisées hors de notre système social, politique, économique, etc., dans une sorte de ségrégation complète par l’âge, de mise à l’écart de tout un pan de la population, de refus de toute autonomie.

J’avais éprouvé les mêmes doutes pendant ma propre scolarité. Je m’ennuyais ferme dans cet univers clos et dont on ne peut nier la profonde carcéralité : j’étais détenue au sens propre 5 jours par semaine, dans des espaces contrôlés, sous des règles qui m’étaient imposées d’en haut et dont je n’avais pas à discuter et dans un emploi du temps strict qui déterminait même à quelle heure j’avais le droit de chier (ce qui recoupait rarement mes rythmes biologiques propres). L’une des surveillantes de l’internat (les mots sont importants, hein !) était précisément une ancienne gardienne de prison dont l’expérience était fort prisée dans mon lycée. Je l’entendais arriver de loin, précédée par le cliquetis obsédant du trousseau de clés qui ne quittait jamais sa ceinture.

À 13 ans j’avais d’autres rêves et d’autres envies que de regarder la vie passer par la fenêtre de mes salles de classe, petit rectangle d’espoir ouvert sur un monde interdit et dont on retrouve encore des croquis dans mes cahiers de l’époque. J’avais décidé de prendre mon mal en patience, d’ingurgiter toutes les connaissances inutiles et inintéressantes que l’on m’imposait, dans l’attente du moment où je pourrais m’échapper et accéder enfin aux savoirs qui m’intéressaient réellement.
Et c’est comme cela qu’on use ses meilleures années, celles où l’on est dévoré par une énergie débordante, des idées folles et nouvelles, des pulsions puissantes, mais aussi des soifs d’absolu, des besoins de plaire, mais aussi de faire, que l’on gaspille sa précieuse jeunesse à se consumer dans l’attente. L’attente du moment où l’on pourra enfin prendre sa vie en main, entrer dans l’action, le monde agissant et travaillant.

Et de se rendre compte à ce moment-là qu’on nous reproche de n’avoir aucune expérience de la vie, tout comme on nous reprochera ensuite de n’avoir pas commencé à travailler plus tôt et comme on nous reprochera enfin de n’être plus assez fringants pour la machine à produire alors que nous ne serons même pas à la moitié du nombre d’années que nous devons à la société pour ses mauvais traitements de notre enfance.

Bien sûr, lire le point de vue d’Ivan Illich sur la question de l’école et de l’éducation m’a beaucoup aidée à en remettre en question la toute-puissance dans la structure actuelle de la société. Mais, finalement, s’extraire de ce conditionnement devrait nous être plus facile, tant il nous impose des injonctions contradictoires et des doubles contraintes indépassables : sois autonome dans l’obéissance, sois responsable dans la soumission, sois actif dans l’incarcération, sois expérimenté en entrant dans le monde, sois décidé dans l’ignorance de la vie.

L’école enferme, l’école gave de connaissances qui ne sont ni demandées ni désirées, évacue et prive de celles qui éveillent la curiosité, trie, sélectionne en fonction de savoirs et d’aptitudes qu’elle se garde bien de transmettre, contrôle l’énergie des jeunes générations dont les générations anciennes et fatiguées craignent exubérance, la puissance et la vitalité.
Le seul moment où l’on se rappelle que la jeunesse est puissante, active et efficiente, c’est au moment de l’envoyer faire la guerre pour protéger nos intérêts de vieux culs ridés. La force irrésistible de l’élan de jeunesse, sa soif d’apprendre et d’agir, sa révolte inhérente à la force avec laquelle on la contient, c’est bien là ce que les régimes totalitaires savent le mieux embrigader et canaliser pour prendre le pouvoir.

Bien sûr, je ne perds pas de vue le motif initial du principe de scolarité : instruire le plus grand nombre pour réduire les inégalités, améliorer la formation des citoyens, le niveau des travailleurs et protéger les plus faibles de l’exploitation. Mais pourquoi concentrer tout l’effort sur les jeunes âges alors qu’à l’école de la vie, on ne doit jamais cesser d’apprendre et de s’adapter ? Pourquoi le faire en isolant les apprenants du reste de la société ? Pourquoi rendre la sanction scolaire aussi définitive, car passé cette limite, votre titre ne pourra plus être échangé ?

Au final, on confiera les clés de la société à ceux qui ont obéi et attendu le plus longtemps possible, à ceux qui ont passé toute leur vie dans un système totalement hors de la société et de la vie réelle de l’immense majorité des gens et on ne laissera aucun aller-retour se faire entre l’école de la vie et celle du savoir académique, sauf pour quelques chanceux triés sur le volet qui accèderont à des formations de pointe chichement dispensées.

Et l’on s’étonnera de la sclérose intellectuelle, de la déliquescence politique, du manque de perspective, d’imagination, d’élan, d’une société qui consacre le plus gros de ses ressources à exclure le plus grand nombre de personnes possible de son fonctionnement, à commencer par sa jeunesse.


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99 réactions à cet article    


  • malko malko 19 décembre 2015 09:21

    Complètement d’accord.

     
    L’école est la gardienne de la bien-pensance conservatrice institutionnelle.
     
    L’essentiel de la vie, on ne l’y apprend pas.
    C’est après l’école, qu’on apprend la vie
     
    Dès la fin du parcours scolaire, il faut apprendre à désapprendre, c’est-à-dire à remettre en question un tas de conneries qu’on a dû avaler pour avoir des bons points..

    • Allexandre 19 décembre 2015 17:10

      @malko

      C’est une analyse quelque peu rapide et ne reposant sur rien de concret. Certes, l’école est le premier lieu de la fabrique des formatés, mais on y apprend aussi à réfléchir et à remettre en question ; ce qui n’est pas toujours vrai une fois sorti du système. Ce n’est, en tout cas, sûrement pas en écoutant les propos du FN ou des autres partis (qui question formatage sont excellemment bien placés) qu’on peut apprendre la prise de recul et développer l’esprit critique. Et encore moins en regardant TF1 ou BFMTV, et j’en passe. Mieux vaut encore l’école, avec ses tares, mais aussi ses points positifs, car il y en a que vous le pensiez ou non.

    • malko malko 19 décembre 2015 17:59

      @Allexandre

       
      mais on y apprend aussi à réfléchir et à remettre en question
        
      de mon expérience de vie, je dirais ( au pif ) >
      - 75% de mémorisation
      - 20% de compréhension
      - 4% de réflexion
      - 1% de remise en question


    • Henrique Diaz Henrique Diaz 20 décembre 2015 12:28

      @malko
      Sans l’école et sa terrible manie de vous imposer des règles, sauriez vous aussi bien écrire, questionner, argumenter ? 


      Quelle démagogie que de faire croire qu’il suffirait de laisser les enfants faire ce qu’ils veulent pour qu’ils soient enfin libres ! C’est tout de même à se demander comment on a fait pour avoir des gens aussi libres d’esprit que vous avec une école aussi tortionnaire.

      Enfin, je rappelle qu’en France l’école n’est pas obligatoire, c’est l’instruction qui l’est jusqu’à 16 ans, parce qu’autrement, c’est le travail forcé. Que l’auteur et malko instruisent donc eux-mêmes leurs enfants en allant courir dans les champs, on verra si cela produit des enfants autant voire même plus capables qu’eux de réflexion et de jugement critique.

    • malko malko 20 décembre 2015 12:41

      @Henrique Diaz
       

      Mon cas personnel est un peu particulier, car j’aurais pu faire mes 12 années ( primaire + secondaire ) en 4 ou 5 ans. Ce qui revient à parler du problème de l’individualisation de l’enseignement : chacun à son rythme ( idéalement ).
       
      Mais avec l’informatique et l’internet, on devrait pouvoir s’approcher de cette situation idéale.
        
      Je suis devenu libre d’esprit par réaction à l’autoritarisme. Je n’accepte plus qu’une seule autorité, c’est l’autorité physique. Notez qu’elle m’emmerde aussi, mais allez donc la contourner ... smiley

    • JL JL 20 décembre 2015 13:37

      @malko,


      ’’Je n’accepte plus qu’une seule autorité, c’est l’autorité physique. Notez qu’elle m’emmerde aussi, mais allez donc la contourner ...’’
       
       Contourner l’autorité physique, comme vous dites, ça s’appelle la violence. voire, le crime.

    • malko malko 20 décembre 2015 13:44

      @JL

       
      Non, je pensais aux lois physiques, comme la gravitation, etc ...

    • Allexandre 20 décembre 2015 13:48

      @malko
      Mais une hirondelle est loin de faire le printemps !! Et les responsabilités sont toujours partagées. Certains élèves sont hermétiques à la réflexion et vingt ans plus tard ils en accusent l’école, comme font la majorité des gens qui refusent d’assumer. C’est un trait typique de l’être humain. Par ailleurs, sans mémorisation et sans compréhension, il est impossible de réfléchir et de remettre en question. Et je sais de quoi je parle.J’ai eu 8000 élèves, donc j’ai un petit panel malgré tout.


    • malko malko 20 décembre 2015 14:00

      @Allexandre
       

      Mon cas perso n’est pas généralisable, c’est vrai ...
      En espérant quand même que l’école actuelle exploite au maximum les nouvelles ressources pédagogiques offertes par l’informatique. Car il y a un champ révolutionnaire de progrès possible là.

    • Henrique Diaz Henrique Diaz 20 décembre 2015 15:15

      @malko
      La nature nous fixe des règles qu’on appelle les lois mais justement la question de l’autorité ne se pose pas en ce qui la concerne parce qu’on ne peut faire autrement que se soumettre à ces règles. La question de l’autorité ne concerne pas le domaine des faits mais celui du droit, légitime ou abusif de fixer des règles pour autrui, qu’autrui peut donc respecter ou transgresser. Mais là où ça se complique, c’est qu’il y a des règles de droit abusives que beaucoup respectent par pure habitude ou paresse intellectuelle tandis qu’il y a des règles légitimes que beaucoup transgressent aussi par paresse ou par conformisme.


      Je vous invite à voir ce que je développe plus bas concernant l’autorité légitime. Pour l’essentiel, je dis qu’une autorité est légitime si elle nous fixe des règles dont on peut comprendre l’intérêt réel pour nous et si on demeure libre d’y consentir ou pas. Dans la mesure où il est facile de comprendre qu’il est utile d’étudier le français, l’histoire etc. et que cela implique un acte éducatif, où par nature on détourne l’enfant de ses préoccupations naturelles (étymologiquement ex-ducere, c’est détourner car non, l’école ne peut pas plus qu’un hôpital ou un tribunal être un supermarché où on vient se servir selon ses désirs spontanés, sachant par ailleurs que même dans un supermarché, ce ne sont pas les clients qui fixent les prix) et dans la mesure où l’école reste un service public et non une obligation en tant que telle, à la différence de l’instruction, l’autorité qu’elle exerce est parfaitement légitime. 

      Si un professeur utilise l’autorité de son statut d’enseignant pour dire à un élève « donne moi de l’argent pour avoir une bonne note ou couche avec moi », c’est clairement un abus d’autorité car on sort de l’utilité qu’il y a pour l’élève autant que pour le professeur et le reste de la société d’avoir des citoyens instruits. Si en revanche il lui dit « écoute ce que j’ai à t’apprendre au lieu de bavarder, change de place et fais les exercices que je te donne pour progresser », c’est parfaitement légitime étant entendu que sa présence à l’école n’est obligatoire que s’il y est inscrit.

    • ETIENNE 21 décembre 2015 12:47

      @Henrique Diaz
      La question est de savoir si l homme a besoin d un maitre et, le cas échéant de quel type de maitre (Dominus ou magister) ; Je pense que oui et je penche pour le deuxième
      L école doit certainement enseigner une discipline intellectuelle pour conduire à une forme d’autonomie sur ce plan. Parfois la mayo prend.
      Selon moi ce qui est en revanche systématiquement négligé c est l’ apprentissage de l’indépendance. Et sur ce plan, un enfant amérindien ou esquimau est mieux équipé que les occidentaux. Il connait son environnement et peut en tirer sa subsistance, ce qui est une bonne base.
       L’Homo oeconomicus est placé dans un milieu artificiel où l’ adaptation ultime _enseignée à l’école_ est une forme de psychopathie. Hors de ce milieu, nous sommes pour la plupart égarés et incapables. Cette dépendance à ce milieu artificiel et cette distance avec notre milieu naturel sont dangereuses, selon moi.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 décembre 2015 09:27

      Allo, ici le MEDEF, !

      Vous avez raison, l’école publique laïque et gratuite est une calamité... La culture générale que les enseignants essayent de faire apprendre aux élèves pour leur ouvrir l’esprit, leur donner des repères dans ce monde compliqué, est bien inutile.
      On croirait entendre le MEDEF.


      La vie ça s’apprend au Bangladesh, pas vrai ? Ou bien dans ces pays lointains, où leurs jouets, leur portables et leurs vêtements de sport sont fabriqués par des esclaves, en faisant travailler les enfants dès leur plus jeune âge, non ? C’est vachement mieux.

      Les élèves passent plus de la moitié de leur vie hors de l’école.
      Vous avez compté le nombre de jours de classe ? Moins de 150 jours sur 365.
      Le reste du temps, ils sont sous la responsabilité des parents.
      Si on des jeunes idiots, (c’est du moins la thèse) , c’est qu’on a des parents nuls, si je comprends bien ?

      L’école publique va être privatisée, c’est dans les tuyaux de la Commission européenne, comme tous les services publics. C’est bien de défendre ainsi les services publics, surtout ne changez rien. Vous verrez, le privé payant, c’est génial.

      • HELIOS HELIOS 19 décembre 2015 14:19

        @Fifi Brind_acier

        je plusse (pour une fois), je suis de votre avis.

        Cela dit, dans le cas de « divergente », la fille n’accepte pas l’avenir qui lui est proposé par la société, mais se soumet a l’éducation qui lui est imposée par son choix... en fin de compte, c’est pareil : tuer le père et accepter le reste ensuite.

        Merci pour votre commentaire Fifi, est-ce l’effet des élections qui vous fait évoluer ?

      • Analis 19 décembre 2015 15:20

        @Fifi Brind_acier

        Je précise que je ne suis nullement là pour soutenir la privatisation de l’enseignement. Mais qu’a fait l’école publique laïque en matière de préparation des esprits ? Les a-t’elle formés à être libres et indépendants de la propagande du pouvoir ? Il faut bien constater qu’il n’en est rien, elle les a rendus crédules envers la parole officielle, la propagande nationaliste et prêts à accepter tous les mensonges, même les plus gros, tout ça parce qu’on leur a inculqué l’idée que les élites sont bonnes et qu’il faut les suivre. N’oublions pas que l’école obligatoire a été mise en place afin de décerveler les jeunes et d’en faire de la chair à canons, et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés prêts à aller à la guerre la fleur au fusil en 1914. Il n’y a aucune raison qu’il en aille différemment maintenant.


      • Monolecte Monolecte 19 décembre 2015 16:10

        @Fifi Brind_acier
        Je remets en question ce que nous mettons derrière le concept d’école, non pas le besoin d’éducation ou d’instruction. C’est bien qu’il existe des lieux de transmission du savoir, mais lequel et selon quelles modalités ? Enfermer à plein temps des enfants et des jeunes adultes pendant des années dans un système qui s’impose à eux, qui décide que tout le monde doit apprendre certaines choses à un certain âge et pas un autre… Tout le monde n’est pas intéressé par les mêmes choses et au même moment.

        Quant à la culture générale, intéressant concept qui cache la main de ceux qui décident ce que doivent être ces savoirs communs… en fonction généralement des savoirs qu’eux-mêmes maîtrisent et transmettent en priorité à leur progéniture.

        Je m’interroge sur les finalités de lieux clos et régis par des règles décidées en dehors des personnes auxquelles elle s’appliquent, de lieux qui fonctionnent sur des modes d’enfermement, d’exclusion, de compétition, de sélection, d’obéissance… et donc de soumission.

        On ne peut donc pas concevoir la transmission des connaissances autrement que dans ce cadre imposé ? Pourquoi appliquer des critères d’âge ? Pourquoi ne pas voir l’instruction comme un bien commun auquel on peut s’abreuver selon les moments, besoins, envies ? Des ressources partagées ? On pourrait envisager d’avoir recours à l’EN tout au long de la vie et que celle-ci soit plus ouverte au niveau des types de savoir. J’ai trop vu de gens doués dans des domaines non valorisés par l’EN être exclus radicalement et définitivement des lieux de connaissance.

        Je ne vois pas non plus de problème à une forme d’alternance entre éducation et activité. Au fait que l’on puisse accéder à des formes d’éducation qui n’impliquent pas forcément que la capacité d’être entretenu par la famille pour réussir le parcours de validation des connaissances. Avec un droit aux erreurs (n’apprend-on pas plus de nos erreurs que de nos réussites ?) qui n’est absolument pas dans la mentalité du système éducatif contemporain qui vise à trier/exclure.

        Nous devons à présent avoir plusieurs métiers, plusieurs carrières pour nous adapter tout au long de notre vie. Il nous faudrait donc plusieurs phases d’instruction/éducation au cours de la vie et non pas ce truc pratiquement totalement privatisé et très médiocrement inefficace qui s’appelle la formation professionnelle des adultes et qui s’adresse prioritairement à ceux qui en ont le moins besoin et le plus les moyens…


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 décembre 2015 19:15

        @Analis
        J’ai passé de nombreuses années à l’école et personne ne m’a décervelée.
        Les enseignants sont tenus au droit de réserve en matière politique, à la neutralité politique et religieuse. Ils ont a enseigner des connaissances, des faits et à apprendre le vivre ensemble, c’est tout.

        C’est la famille qui est chargée de préparer les enfants à la vie quotidienne et sociale.

        Les programmes scolaires sont sur le site du Ministère de l’ Éducation nationale, vous pouvez juger vous même s’il s’agit de « décerveler »les jeunes.

        ** Programmes de l’école élémentaire"

        ** Programmes des Collèges

        ** Programmes des lycées


      • HELIOS HELIOS 19 décembre 2015 20:12

        @Fifi Brind_acier


        ... en 2002 quand l’élection du président de la république se fit entre JM Le Pen et J Chirac, les enseignants poussèrent les élèves dans la rue.

        Les défilés et tout le battage qu’il y a eu, cela n’avait rien de spontané, même si quand on a moins de 16 ans, on est sensible et donc influencé par le contexte parental.

        La « neutralité » n’existe pas, c’est pour cela que nous avons encore un PS qui a pu rester un parti de gouvernement.

        Décerveler, n’a rien a voir avec le programme d’enseignement, mais avec l’enseignant et le contexte dans la salle de classe.

      • Deleurme 19 décembre 2015 20:25

        @Analis

        @Analis Tout à fait d’accord avec vous. À croire que notre fifi_brind_acier soit un pur produit formaté par ce système.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2015 07:49

        @Analis
        Comme si les adultes n’étaient pas formatés par la propagande distillée 24/24 par les médias ?
        Il y en a même qui croient que la construction européenne est une idée européenne ; d’autres qui croient que l’ OTAN combat DAESH ; ou que Hollande est de Gauche... , c’est dire !

        C’est la propagande qui rend les gens idiots et formatés.
        C’est tout expliqué dans le film « PSYWAR- La guerre psychologique »


      • F-H-R F-H-R 20 décembre 2015 10:37

        @Fifi Brind_acier

        Ça, c’est la théorie.

         

        Je suis complètement d’accord avec l’auteur, d’autant que j’ai des exemples bien concrets, récents et moins récents, de la volonté de l’éducation nationale d’apprendre, aux enfants, la soumission inconditionnelle à l’autorité. Cela permet à la classe politique de d’abuser, de profiter, de gouverner dans la corruption et d’asservir le peuple en toute impunité car tout à fait sereine quant à l’immobilisme d’un peuple que l’on a lobotomisé.

        D’ailleurs, ces derniers temps, on a pu entendre Valls et Fabius répéter qu’il faut rétablir l’autorité de l’Etat. Ces individus passent leur temps à enfumer les Français tout en imposant leur autorité au profit de leurs intérêts et de ceux de leur caste. On comprend, dans ces conditions, combien il est important pour ces mafieux de préserver l’autorité malintentionnée et malfaisante de l’Etat.

         

        Eh bien moi, j’appelle cela la dictature ; et on n’est pas près d’en sortir tant la majorité des Français est autiste, vulnérable à l’intoxication des médias et soumise.


      • Henrique Diaz Henrique Diaz 20 décembre 2015 13:22

        @F-H-R et @l’auteur

        Le problème de fond, derrière la soit-disant « carcéralité » de l’école est ici l’autorité. Comme le gouvernement, vous ne distinguez pas clairement autorité légitime et autorité illégitime. Comme il semble y avoir une « demande » d’autorité, le gouvernement roule des mécaniques. Et pour vous manifestement, si vous n’êtes manifestement pas contre toute autorité, vous semblez penser que toute autorité exercée à l’école implique mécaniquement l’abus d’autorité.

        Mais il est évident si on y réfléchit un peu que toute autorité n’est pas bonne autant que toute autorité n’est pas mauvaise. L’autorité est le pouvoir de fixer des règles, ce qui peut se fonder sur la force seule ou bien d’abord sur la recherche du bien de celui à qui on fixe ces règles. Qui dit autorité, dit donc nécessairement relation asymétrique : il y a ceux qui fixent les règles et ceux qui les appliquent. Quand on va voir son médecin, il nous fixe une ordonnance, c’est-à-dire des règles à suivre pour guérir. Quand on va à l’hopital pour se faire soigner un bras cassé, on est se retrouve aussi « enfermé » dans un lieu où on nous fixe des tas de règles. Mais si on est un peu intelligent, on comprend que plutôt que d’enfermement, il s’agit de protection et que les règles en question n’ont pas pour but l’aliénation de la personne à qui on les fixe mais son rétablissement. Mais le MEDEF est quand même passé par là et aujourd’hui, il faut quelques fois se battre pour pouvoir resté « enfermé » à l’hopital quand on ne s’estime pas encore suffisamment rétabli.

        Il se trouve que pour être un citoyen libre, il faut cultiver la liberté avec laquelle nous naissons, c’est-à-dire la capacité de penser et d’acquérir des savoir-faire permettant de nous épanouir. Vous trouverez peut-être que c’est là une vieillerie ringarde héritée des penseurs de la révolution française, comme Condorcet ou Rousseau, mais peut-être avez vous au moins appris à l’école que ce n’est pas parce qu’une idée est ancienne qu’elle est fausse, de même que toutes les idées récentes ne sont pas forcément plus justes que les précédentes. C’est donc ce qui a fait qu’on a jugé qu’il était bon d’étudier non seulement le sport mais aussi la maîtrise de la langue qui nous permet de communiquer, d’argumenter, de contre-argumenter à propos du bien commun notamment, ainsi que les mathématiques et les sciences naturelles pour comprendre le monde physique qui nous entoure au lieu de se contenter de le rêver, ou encore l’histoire, les arts etc. Pour cela et pas seulement réserver cette éducation à un petit nombre, il est apparu, qu’on était mieux dans des salles à l’abri du vent, où on peut s’asseoir et échanger dans le calme et enfin qu’il fallait admettre la différence entre ceux qui sont là pour enseigner et ceux qui sont là pour apprendre. 

        Et là est finalement l’essentiel, on n’accepte plus aujourd’hui que de vulgaires petits profs disent aux enfants comment ils doivent penser pour progresser ni quand ils peuvent parler, écrire, dessiner... Mais celui qui a la responsabilité de ce qui est appris, celui qui a le devoir de faire cours et de transmettre au mieux des connaissances, cela reste l’enseignant et pas l’élève. L’évidence voudrait que celui qui a des devoirs supplémentaires a légitimement des droits supplémentaires : dire quoi faire et comment en l’occurrence.

        Après la difficulté sous-jacente, c’est que dans son modèle d’éducation idéale, l’Emile, il y avait certes pour Rousseau beaucoup d’expérimentation et très peu de cours magistraux, mais il y avait dans ce modèle un enseignant pour un élève, autant dire que ce modèle reste élitiste. Après ce n’est pas en tapant sur l’école comme ici qu’on aura moins d’élèves dans les classes et ainsi plus de mobilité.

        Et je rappelle ici comme plus haut que si l’autorité légitime suppose un consentement de celui sur qui elle s’exerce, l’école n’est pas obligatoire, à la différence de l’instruction. Mais quand on dit à des lycéens de 7-18 ans, pour qui il n’y a même plus d’obligation à s’instruire « si vous ne voulez pas étudier en suivant nos règles, pourquoi ne donnez vous pas votre lettre de démission à l’établissement ? Vous savez bien que vous pouvez parfaitement obtenir les diplômes en candidat libre ou avec de l’enseignement par correspondance... » comme par hasard, il n’y a plus personne. Ils ont bien compris qu’ils sont des consommateurs, qui doivent comme le dit l’auteur pouvoir prendre de ce qu’ils veulent comme bon leur semble à eux, mais quand on les place devant leur responsabilité à eux, il n’y a plus personne.


      • F-H-R F-H-R 20 décembre 2015 14:30

        @Henrique Diaz

        C’est tout à fait juste et rassurez-vous je distingue bien l’autorité légitime de celle qui ne l’est pas.

         

        Comme la plus part des gens sont des moutons, il est clair que l’autorité illégitime a toute latitude pour prospérer et, malheureusement, il y a pléthore d’individus assez primitifs pour mettre à profit l’inertie mentale de leur prochain à des fins personnelles.

         

        L’école devrait être comme celle que vous idéalisez mais, hélas, elle ne fait (à quelques exceptions près) que propager les directives de ceux qui détiennent aujourd’hui l’autorité malhonnête et ce, grâce précisément à leur travail de sape de l’enseignement et de l’éducation.

        Si l’on enseignait à l’école à réfléchir, à analyser, à douter, à remettre en question mais à respecter le savoir,  tout en diffusant la connaissance, alors je suis certain que le peuple ne subirait pas autant de turpitudes de toute sorte.

         


      • Henrique Diaz Henrique Diaz 20 décembre 2015 15:56

        @F-H-R
        Je suis loin de penser que l’école actuelle est imperfectible, vraiment loin s’en faut ; je la critique justement par sa tendance actuelle à aller dans le sens du consumérisme où il faut avant tout rendre le produit attractif et flatter l’élève « au centre du système éducatif ». Mais une chose est l’école actuelle et autre chose est le principe même de l’école. 


        L’auteur de cet article ne semble pas rejeter complètement l’idée même d’école mais semble préconiser une sorte d’école buissonnière comme école de la vie. Mais soit on assume l’idée d’un apprentissage collectif et alors il y a des règles communes et des obligations soit chacun reste chez soi. Comme si rester chez soi, c’est-à-dire pour le jeune réel, être fortement tenté de regarder des vidéos de gens qui mangent des bonbons aux crottes de nez sur youtube et facebook plutôt que sur le fonctionnement du corps humain ou à faire des jeux vidéos, était réellement formateur. C’est donc de conception de l’école en général qu’il s’agit avant tout et non de décrire un état de fait actuel. 

        Si comme le dites justement l’autorité illégitime est majoritairement acceptée par paresse intellectuelle et conformisme, cette même paresse et ce même conformisme expliquent tout aussi bien qu’en revanche la demande d’effort véritable, plutôt qu’un simple consentement aveugle, qu’implique une instruction digne de ce nom est majoritairement refusée. Car si 95% de lycéens obtiennent le bac en 3, 4 ou 5 ans, parce que les gouvernements successifs se sont arrangé pour brader ce diplôme, seule une petite minorité se révèle capable de faire ce qu’on lui demande vraiment, c’est-à-dire autre chose qu’absorber quelques connaissances qui seront vite oubliées. 

        Oui, si l’école tient encore un tant soit peu, si une minorité assez importante au moins arrive à apprendre les bases du questionnement méthodique, même si ce n’est pas encore maîtrisé, c’est que loin de faire ce que les ministères leur disent depuis bientôt trente ans au moins (faire de l’école un « lieu de vie » et accessoirement seulement un lieu d’étude), une majorité d’enseignants s’attachent tant bien que mal à apprendre la réflexion, le questionnement et le savoir modeste mais réel qui en découle. Mais il est à peu près aussi facile de demander des efforts à un enfant dont les parents ne connaissent que le consumérisme que d’augmenter sa masse musculaire sans faire d’exercice.

      • oncle archibald 20 décembre 2015 16:27

        @Monolecte : c’est à l’école primaire que l’on apprend « les indispensables » savoir lire écrire et compter. On y apprends aussi que l’on n’a rien sans efforts et c’est indispensable aussi. Ensuite au Collège et au Lycée on « apprend à apprendre », on regarde d’un peu plus près des choses plus compliquées, et c’est l’occasion de découvrir que l’on préfère certaines matières à d’autres ce qui orientera nos choix futurs.

        En bref, si l’on veut bien renoncer à l’axiome fondamental sur lequel est bâti cet article, pour mémoire à l’école on s’y emmerde et on n’y apprend rien d’utile pour la « vraie vie », si l’on est un tantinet ouvert, si vos parents ne vous ont pas expliqué « tu en sauras toujours assez pour être chômeur », on peut y apprendre à comprendre ce que l’on fait et pourquoi on le fait, et à partir de là tout est possible.

        Ma grande sœur, éternelle optimiste de 87 ans cette année, cinq enfants, douze petits enfants, quatre arrière petits enfants, explique aux jeunes qui passent chez elle que c’est plus facile que jamais parce qu’il y a tellement de quasi cancres complètement démotivés au terme de leurs études qu’au moment où l’on cherche son premier emploi le recruteur discerne très vite ceux qui savent à peu près réfléchir et qui n’ont pas peur de bosser ...


      • Analis 21 décembre 2015 12:04

        @Fifi Brind_acier

        @Analis

        J’ai passé de nombreuses années à l’école et personne ne m’a décervelée.

        Les enseignants sont tenus au droit de réserve en matière politique, à la neutralité politique et religieuse. Ils ont a enseigner des connaissances, des faits et à apprendre le vivre ensemble, c’est tout.

        Ils ne vous ont peut-être pas formaté, mais pour beaucoup d’autres ils l’ont fait. Ensuite, la neutralité politique est un leurre, je connaissais plein d’enseignants qui essayaient d’inculquer leurs idées de gauche. Mais les programmes qu’ils enseignent ne sont pas politiquement neutres, ils sont emplis d’idées nationalistes, d’odes aux institutions et de respect obligé du à celles-ci (donc aux autorités) etc... C’est ainsi que les programmes d’histoire, de géographie et d’éducation civique sont emplis de célébrations de la mission civilisatrice de la France, du colonialisme et de l’impérialisme/expansionnisme français, de la centralisation jacobine, de la supériorité française et de l’idée d’une mission spéciale. De plus, par rapport à d’autres pays, l’instruction française repose beaucoup sur le par-cœur, incitant à faire confiance à l’autorité établie et à ne pas réfléchir par soi-même. Cette crédulité envers les médias (qui ne sont après tout qu’un visage des autorités), elle vient justement de l’éducation qui a demandé de les suivre ; quand aux parents, en général, ils ne font que répéter le conditionnement dont on les a abreuvés. Comment s’étonner de voir tant de gens prêter foi à la doxa officielle en matière de 11-9 ou de Syrie. Tout comme avant ils étaient prêts à se sacrifier la baïonnette au canon en criant « Vive la patrie », ou à approuver la répression sauvage de l’insurrection algérienne.


      • tf1Groupie 21 décembre 2015 14:45

        Bien récapitulons tout ça :

        - l’école publique est une « calamité » .... donc vive l’école privée.
        - L’école a totalement échoué dans sa « volonté d’apprendre, aux enfants, la soumission inconditionnelle à l’autorité. » La meilleure preuve est toute ces écoles où les élèves défient et insultent les enseignants et refusent l’enseignement de la laïcité, de l’éducation sexuelle et de l’égalité des sexes.

        Bref, même pour soumettre les élèves l’Ecole est inefficace smiley


      • zygzornifle zygzornifle 19 décembre 2015 10:17

        dans le temps le gosse se prenait pour le preux chevalier terrassant le vilain dragon pour sauver sa encore vierge , le cowboy flinguait le vilain indien qui ne voulait pas se laisser envahir, la princesse rêvait d’être culbutée dans ses draps en soie par le prince a gros chibre hétéroséxuel sous l’œil humide de la soubrette apportant une bassine d’eau chaude pour leurs ablutions ..........les envies restent les mêmes c’est le terrain qui a évolué....


        • Spartacus Spartacus 19 décembre 2015 10:30

          le motif initial du principe de scolarité : instruire le plus grand nombre pour réduire les inégalités, améliorer la formation des citoyens, le niveau des travailleurs et protéger les plus faibles de l’exploitation.


          L’école n’est pas là pour « réduire les inégalités », mais les « iniquités ».
          L’école n’est pas là pour « protéger », c’est le rôle des services régaliens. 
          Un niveau d’instruction ne « protège pas ». Il donne juste un repère de compétences.

          • xana 20 décembre 2015 14:28

            @Spartacus
            Alors là...
            je tombe sur mon cul.
            JAMAIS je n’aurais cru que Spartacus pourrait un jour participer intelligemment à une discussion.
            Ce post démontre mon erreur, que je reconnais volontiers (pourtant j’en reste comme étourdi). Bravo, Spartacus. Mais pourquoi tant de conneries à longueur de forums si vous êtes capable de dialoguer ?


          • devphil30 devphil30 19 décembre 2015 10:53

            « Et l’on s’étonnera de la sclérose intellectuelle, de la déliquescence politique, du manque de perspective, d’imagination, d’élan, d’une société qui consacre le plus gros de ses ressources à exclure le plus grand nombre de personnes possible de son fonctionnement, à commencer par sa jeunesse. »


            Non rien d’étonnant , votre conclusion est excellente comme l’article.

            Votre conclusion correspond à l’exacte situation voulue dans une grande partie des sociétés dites occidentales.
            Le prix de notre pseudo démocratie et aussi une forme de tranquillité face aux bouleversements initiés par les occidentaux dans le monde. 
            Notre société abreuvé à longueur de journaux de la guerre , du terrorisme se trouve à accepter une perte de sa liberté au profit de la sécurité.

            Philippe



            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2015 08:04

              @devphil30
              L’école a bon dos ...

              Texte attribué à Aldous Huxley :
              « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente, mais créer un conditionnement collectif. (...) Réduire de manière drastique l’éducation (...) Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité, et borné à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. » (...)


              L’accès au savoir deviendra de plus en plis difficile et élitiste. Le fossé se creuse entre le peuple et la science (...) on diffusera via la télévision des informations et des divertissements flattant l’émotionnel ou l’instinctif. (...)

              On occupera les esprits par le futile et le ludique, un bavardage et une musique incessante qui permet d’empêcher de penser. (...) Valoriser la sexualité, comme tranquillisant , tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, faire l’apologie de la légèreté etc "

            • hunter hunter 20 décembre 2015 19:15

              @Fifi Brind_acier

              Pas faux fifi, pas faux, mais.......l’accès à la connaissance est possible et facile de nos jours, via l’internet et aussi les bibliothèques !
              On trouve encore des librairies, les livres sont abordables (voir la thune qu’un ado casse par mois pour son iphone et ses bitures en boîte....)

              Mais la nature humaine est attirée ostensiblement par le médiocre, car elle est profondément médiocre, aussi l’humain moyen préférera regarder des petits chats qui se cassent la gueule sur youtibe, ou le grand penseur contemporain Cyril Hanouna, et se complaira dans la médiocrité et l’ignorance, d’autant plus que toutes les usines à programmation mentales ( tous les types de médias racoleurs), passent leur temps à lui faire comprendre que pour être comme tout le monde, il vaut mieux être con et consommer, car après tout c’est quoi le but de la vie dans une société occidentale, sinon consommer jusqu’à en crever ?
               
              Dans tous les domaines, dans nos sociétés,le niveau baisse de jour en jour !
              C’est logique, car c’est voulu !
              Nos sociétés sont déjà mortes, mais peu de gens s’en rendent compte !
              L’agonie est sans douleur, grâce à l’anesthésie médiatique et publicitaire.

              Demain, les « executive » viendront d’Inde, de Chine, du Brésil et d’ailleurs, pour diriger les 20% de nos populations qui seront employés à des tâches de larbinat.

              Et les 80% qui restent me direz-vous .... ? Bah, pour ça, voyez avec Zibgniew, il a déjà tout prévu.

              Il est temps que nous acceptions tous que notre temps est fini, que tout ceci a été décidé il y a longtemps et à très haut niveau !
              Il ne sert à rien d’espérer changer les choses, tout est plié ! Acceptons notre sort, nous nous porterons mieux !
              Les ados d’aujourd’hui, adultes de demain croupissent dans leur ignorance crasse, en espérant demain pter plus haut que leur voisin, ce sont des petits connards incultes et programmés à la conso...demain ils signeront les papiers pour qu’un bon docteur fasse une piquouse à leurs parents vieillissants, comme ça ils en seront débarrassés et toucheront l’héritage...ils pourront s’acheteer une belle télé et des portables, bagnoles....s’il y a encore de l’essence à mettre dedans !

              Le système a besoin de ces gens-là pour perdurer : des huîtres incultes, acceptant tout, des « Charlies », « même pas peur » et toutes ces conneries......les migrants vont s’installer, les dresser et les faire disparaître et les remplacer.....bien fait pour eux, bon débarras !

              Adishatz

              H/


            • chantecler chantecler 21 décembre 2015 11:11

              @hunter

              Il me semble que l’accès à la connaissance est fondamental et qu’il ne dépend pas heureusement que de l’école .

              Si l’école apportait tout que resterait il à apprendre dans nos vies ?

              Il n’y a pas d’âge pour acquérir des connaissances et les approfondir .

              Par contre il y en a un pour intégrer les savoirs de base .

              Penser qu’internet par exemple est la solution , un must , face à l’école est probablement une hérésie .

              Cet outil doit être maîtrisé et mis à sa place : un simple outil dont on peut attendre d’ailleurs le pire et le meilleur .

              Il ne peut remplacer les contacts avec de bons profs ,des camarades et certains efforts a fournir .

              (Les règles de grammaire d’orthographe , les tables , les opérations , sont rarement sexy )

              D’ailleurs ça fait belle lurette que l’informatique est entrée à l’école .

              Dans les années 70 il y a eu un fort engouement pour des écoles différentes, parallèles ,voire libertaires .

              (type « Libres enfants de Summerhill » , livre qui doit être encore possible de trouver via le net )

              Qui s’adressait d’ailleurs souvent à des jeunes issus de milieux favorisés .

              Je ne suis pas certain que le bilan dix ou vingt années plus tard en ait été tiré .
              Il me semble me souvenir que globalement il était plutôt décevant .

              Autre chose : chacun a besoin d’un jardin secret : lectures , jeux, hobbies , rencontres .

              L’école à a tendance à s’y immiscer un peu trop en prenant le risque de décourager fondamentalement le jeune qui y a été plongé de façon maladroite ou autoritaire .

              Il y a un coté justement recherche et liberté individuelle et parfois légère transgression nécessaires .
              L’école n’est pas parfaite comme tout ce qui est humain ,comme toute institution , mais c’est moins pire que rien du tout ou que des écoles confessionnelles .

              Naturellement on peut penser à certaines poésies de Jacques Prévert, de Paul Eluard , style le cancre , mais ça reste du domaine de l’anecdotique .

              Pour terminer Monolecte a fait l’expérience du pensionnat .
              Pour certains c’est la catastrophe , pour d’autre ça a été une planche de salut car nous ne sommes pas tous issus de la cuisse de Jupiter , c’est à dire issu d’un milieu naturellement enrichissant .

              Quant à l’adolescence sujet délicat ...

              Quoi que l’on fasse ne sommes nous pas tous de « mauvais parents » ?

              Mais il faut bien se structurer en pour ou en contre .

              Et c’est pas facile aujourd’hui d’éviter les ornières d’un trop ou d’un pas assez d’autorité .

              Par contre certaines catastrophes arrivent quand on fait l’autruche .

              Et parfois le trop de permissivité vous revient plus tard dans la gueule sous forme de reproches ou de contre pied pour la génération suivante .


            • Abou Antoun Abou Antoun 25 décembre 2015 18:18

              @Fifi Brind_acier
              J’appuie toutes vos interventions et fortement ...


            • Abou Antoun Abou Antoun 25 décembre 2015 21:42

              @hunter
              Votre constat est dur, amer, mais, pour notre malheur je crois que vous avez raison. Il se trouve que notre fin en tant que société va coïncider à peu près avec ma fin en temps qu’individu. Je peux en ressentir un sentiment de culpabilité ; est-ce ma faute (collective) ? Je peux aussi m’en laver les mains ; « après moi le déluge » et goûter les derniers plaisirs de la consommation sans vergogne.
              J’ai pourtant l’impression d’avoir toujours nagé à contre-courant, d’être le spectateur de changements que je n’ai pas voulu, mais je me suis bien mollement battu. Ce sera mon seul regret.
              Adishatz


            • Passante Passante 19 décembre 2015 11:39

              si la pulsion d’emprise est le plus puissant

              alors le seul réel est la persécution
              et le freudisme porte tous les ingrédients 
              de son écroulement logique interne.

              cet « enfermement » est généralisé,
              les conditions de naissance du scolaire moderne par exemple
              sont industrielles,
              le reste est packaging.
              ah, ma zone vous salue.

              • Abou Antoun Abou Antoun 25 décembre 2015 20:07

                @Passante
                cet « enfermement » est généralisé,
                Tu as le sens du raccourci, de la formule. J’ai essayé d’expliquer la même chose avec des exemples, je l’ai fait pédago. Je ne vais pas en tirer des conclusions sur le Freudisme, il me semble qu’Onfray a ’fait du bon boulot’.
                Comment s’est passé Noël à B. ?


              • EpiqueTête EpiqueTête 19 décembre 2015 12:43

                C’est par la contrainte qu’on apprend ce qu’est la liberté, auriez-vous écrit un tel article si vous aviez été dispensé d’école ? Le milieu scolaire, c’est la société en miniature et en caricature, tout y est mimé - de l’autorité aux élections. Je suis heureux de les avoir subies moi, l’école et les colles, parce que j’ai vu tout ce que je devais voir de la bêtise et que je sais maintenant quoi fuir.


                • gogoRat gogoRat 19 décembre 2015 12:55

                  Bravo pour la conclusion !!
                   
                  J’avais eu quant à moi un ressenti de ce film ’Divergente’ un rien divergent aussi ... en contemplant les creux plutôt que les boss.

                   
                  Bravo aussi pour cette formule :
                  ’Le seul moment où l’on se rappelle que la jeunesse est puissante, active et efficiente, c’est au moment de l’envoyer faire la guerre pour protéger nos intérêts de vieux culs ridés. ’
                   
                  Par contre, je reviendrai ici sur ces formulations :
                   1) ’instruire le plus grand nombre pour réduire les inégalités’
                    
                   2) ’Pourquoi rendre la sanction scolaire aussi définitive, car passé cette limite, votre titre ne pourra plus être échangé ?’
                   
                   
                   1) => 
                   ’Les hommes naissent ignorants et non stupides. C’est l’éducation qui les rend stupides.’ dixit Bertrand Russel !!
                    
                  instruire ? : Du latin instruo (« assembler, élever, bâtir, munir, outiller »).
                   Le sens de l’égalité en dignité et en droit ne saurait être inculqué par une ’instruction’ !
                   L’Etat n’a pas vocation à ’conduire’ vers la vertu, ni à la rendre obligatoire (remplacer la vertu par l’obligation de la loi ?! Quel contre-sens ! ) :
                   qu’Il se contente déjà d’avoir l’humble honnêteté de respecter le consensus démocratique qui veut qu’une égale dignité (donc un égal pouvoir de décision citoyenne) soit accordé à chacun !
                   Encore une fois : l’égalité en dignité et en droit voulue par notre constitution n’a rien à voir avec un fumeux concept de ’mêmeté’ ! (et encore moins ’d’égalité des chances’ !!)
                   
                   
                  2) l’incohérence ressentie de notre système élitiste (aristocratique donc, et non point démocratique) est révélée de façon flagrante par cette notion de ’titre’ que la phrase citée n’ose pas bannir mais seulement ’échanger’ !
                  (points sur les ’i’ :
                  comment a—t-on accepté d’échanger l’inégalité en dignité jadis établie par des titres de noblesse ou de clergé, par une inégalité en dignité établie par des titres scolaires établis juste après le temps du jeune âge et des bacs à sable ?
                   Sans compter que si, il arrive que la sanction scolaire ne soit plus définitive, avec des déclassements injustifiables, et une dépréciation de diplômes brumeuse, indistincte et incohérente dont personne ne sait assumer la responsabilité.
                  )

                   


                  • 1jour 19 décembre 2015 13:00

                    Bien d’accord avec EpiqueTête.

                    L’école c’est bien à condition d’en sortir, l’école de la vie fait le reste mais chose à savoir, mieux faut un  début avec ses exigences et ses disciplines. La Liberté qu’un système (éducation, politique…)  peut sembler vous donner n’est qu’apparente, votre véritable liberté d’individu il faudra aller la chercher avec les dents et pour ça rien de mieux qu’un certain bagage et une certaine culture de l’effort… ne pas tomber dans la pseudo-facilité si vantée de notre époque qui fait justement de nous des décervelés !!

                    L’article est bien noté, ça c’est l’effet de l’excellente prose de Monolecte.

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