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La Famille, le pédagogisme et la violence

 Des jeunes qui parlent pratiquement par onomatopées et slogans comme les spots publicitaires, un déficit lexical qui entraine un déficit analytique. Mais surtout des besoins insatisfaits qui se transforment en frustration parce que l’apprentissage de la limite n’a pas été effectué. Toutes ces frustrations se transforment en violence. On a de quoi s’inquiéter. Des égos surdimensionnés qui ne supportent pas la moindre contrariété, des parents qui prennent systématiquement parti pour leurs enfants et cèdent à tous leurs caprices...Un élève qui poignarde son professeur qui a osé lui faire une remarque sur la tenue de son cahier. Une surveillante qui se fait rouer de coups parce qu’elle a demandé à un élève d’éteindre sa cigarette.
Et pour clore, un petit rappel (vous me pardonnerez...) sur la député qui s’est battue pour interdire la fessée et sur un Onfray qui s’attaque trop médiatiquement aux fondement de la psychanalyse et à Freud, et qui nous joue les Gainsbourg de la philosophie !

La fonction paternelle, source symbolique de l’autorité, a définitivement disparu. Le père, réduit à son rôle de géniteur, a été amené à devenir une "mère bis". Ce qui le conduit à se lancer avec la mère dans un concours de maternité, toxique pour l’enfant.  Les valeurs maternelles, conjointes à un enfant devenu roi, ont envahi les structures de nos sociétés, qui sont devenues maternantes. Plus aucun tarissement du lait maternel, même si celui-ci est servi en boîte et même si maman travaille. La féminisation de la société a contribué à brouiller un peu plus le problème par une surimpression du féminin sur la mère, bien entendu en l’absence de tout symbolisme du masculin et du père... L’enfant doit être un consommateur et rien d’autre. Pas d’altérité et pas d’effort non plus, qui pourraient contrarier son potentiel à consommer. Le besoin infini de l’enfant et la consommation, sont les modèles référents de notre société. Ils sous-tendent notre système tout entier.
 
Cette vague déferlante a atteint le système scolaire. Les enseignants sont censés devoir combler le déficit éducationnel, derrière lequel se cache, en réalité, le déficit de l’autorité, ils sont invités "à accompagner l’enfant dans la découverte du savoir", comme la fonction maternelle l’avait accompagné dans ses premiers besoins et comme si l’enfant était doué d’un bon génie inné, à la façon de son besoin naturel infini. Il n’est plus question de délivrer un savoir ou d’éduquer ! L’enfant est au centre de l’Ecole a la place du Savoir, comme il est au centre de la famille à la place de l’éducation. Derrière ce système maternel, se cache en réalité le consumérisme érigé en système absolu et non dé-passable. Le monde de la mère, non dépassé, c’est la satisfaction du besoin matériel, érigé en finalité absolue. Résultat, les enfants présentent un égo surdimensionné qui ne supporte plus la moindre contrariété. Les parents prennent systématiquement parti pour leurs enfants et cèdent à tous leurs caprices. Ce tableau est sans précédent dans l’histoire, il mérité d’être souligné ! 
 
Le résultat est préoccupant. Car, si les milieux cultivés parviennent avec leur progéniture au minimum requis, il n’en va pas de même pour les autres. Le système actuel fabrique tous les ans trop d’enfants qui finissent leur parcours scolaire avec moins de 400 mots de vocabulaire et qui confondent Napoléon et Louis XIV. Ces jeunes parlent pratiquement par onomatopées et slogans comme les spots publicitaires. Le déficit lexical entraine un déficit analytique. Mais ceux sont surtout les besoins insatisfaits qui se transforment en frustration parce que l’apprentissage de la limite n’a pas été effectué. Toutes ces frustrations se transforment en violence. On a de quoi s’inquiéter.
 
On comprend maintenant pourquoi le mot éducation n’a plus la cote... Il signifie "conduire hors de", on lui préfère dans les milieux autorisés le mot formation qui est le substantif de " formater". On a compris effectivement le complément circonstanciel.
 
La violence à l’Ecole ne fait que commencer, car le débat sur les véritables raisons est politiquement incorrect et remettrait trop de choses en question, à commencer par la consommation...
 
Eric de Trévarez
 



par Eric de Trévarez lundi 3 mai 2010 - 23 réactions
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