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Accueil du site > Actualités > Société > La famille, pire ennemi de l’Africain

La famille, pire ennemi de l’Africain

N’en déplaise à Nicolas Sarkozy et au « nègre » qui écrit ses discours, l’homme africain est bel et bien entré dans l’histoire. C’est une erreur grossière de penser que parce qu’il n’existe aucun document d’époque précoloniale écrit en langue locale (en dehors de l’amharique) relatant les faits, que ceux-ci ne sont pas historiques. Les victoires des Zulus sur les Anglais, les généalogies des Royaumes de Mopti, Kongo ou Zimbabwe étaient connues des populations par la transmission orale et les hauts faits de chaque peuple étaient relatés dans le détail et connus de tous jusqu’à une acculturation urbaine récente datant de moins de vingt ou trente ans maximum.

Par contre l’homme et la femme africaine, dans l’immense majorité des cas ne sont pas encore entrés dans l’aire de l’individualisme. Ils sont prisonniers et souvent victimes de la famille dans le sens le plus vil et le plus détestable que celle-ci peut prendre. Sans l’omniprésence de la famille en Afrique, la corruption serait du même niveau qu’en Europe ou en Asie, car il existe de véritables corrompus partout sur la planète. Sans la famille, le tribalisme ne serait que le prolongement du folklore et le désir de préserver les coutumes. Sans la famille enfin, la sorcellerie serait un accessoire folklorique, une réminiscence du passé au même titre que la superstition en France. 

Bien sûr, l’Afrique n’est pas monolithique, mono ethnique et mono culturelle. Il existe autant, si ce n’est plus de différences, entre un Bambara, un Zulu et un Masaï, pour ne citer que ces trois groupes, qu’entre un Suédois, un Portugais et un Moldave.

Cependant, ceux qui ont vécu en Afrique, au contact quotidien avec les populations de diverses ethnies, catégories sociales et professions ont pu constater les ravages dus au parasitisme social, à la rapacité des cousins et de ceux que l’on appelle des frères ; et cela à tous les niveaux de la société, du pouvoir et de la hiérarchie sociale. Cette famille élargie, que l’on connait à peine avant qu’elle ne vienne s’abattre sur vos économies, ou tout simplement votre moyen de subsistance, comme un vol de sauterelles ou de criquets pèlerins, l’Africain la subit au quotidien, s’en plaint en permanence mais n’ose agir contre par peur de l’opprobre.

La famille africaine prise dans sa dimension négative peut s’avérer pire par ses effets toxiques que le FMI, la Banque Mondiale, le néocolonialisme, les multinationales réunis sur le vécu quotidien des individus productifs, courageux et entreprenants.

Afin de rendre la démonstration plus claire il sera donné priorité à l’exemple dans cet article. Une tentative de théorisation sera abordée en fin de présentation.

Avoir un appartement de fonction assez vaste, ou pire une villa à sa disposition quand on est un ou pire une jeune salariée célibataire bien payé, est une véritable malédiction. L’Africain est censé être solidaire et partageur, il est en fait rançonné, pressuré, sucé jusqu’à la moelle par les membres de sa famille dès qu’il gagne un minimum d’argent. Ce que l’on appelle communément entraide est en réalité une extorsion permanente de fonds sous le regard bienveillant de la communauté.

Et impossible de dire non, on se doit de « respecter la coutume » c’est-à-dire de se laisser envahir par une bande de bouches inutiles qui ne feront même pas la vaisselle, n’achèteront jamais un litre d’huile et s’ils le peuvent, face à un timide, arriveront à lui soutirer de l’argent de poche.

Dans un tel environnement, on comprend aisément que toute la paie du salarié va passer en nourriture pour quelquefois dix personnes alors qu’il n’a encore lui-même aucun enfant. S’il n’arrive pas à tenir financièrement, il va être obligé d’exercer un second métier au détriment de son employeur et de son temps libre. Si ce patron est un étranger ou un membre d’une autre tribu, les scrupules concernant l’honnêteté, la ponctualité et le sérieux au travail seront vite balayés par la pression quotidienne du groupe. Et même au sein d’une même ethnie, les mauvais coups sont envisageables surtout si l’on a trouvé un emploi chez un vague cousin ou un soi-disant oncle qui aura du mal à appeler la police (souvent corrompue elle aussi), pour faire incarcérer un membre de la famille.

Les vieux missionnaires qui disaient jadis d’un ton péremptoire « les noirs sont voleurs » bien avant de dénoncer leur lubricité atavique, n’avaient pas idée de ce que pouvaient être les pressions psychologiques qui régnaient sur ceux qui travaillaient à la mission. Car en plus du chantage affectif « tu es des nôtres » ou « voler le blanc, ce n’est pas vraiment voler  », ces bons chrétiens croyaient aussi au mauvais sort, à la sorcellerie et ne pas aider quelqu’un de la famille, du clan, puis par extension de la tribu, c’était et c’est encore, prendre le risque de s’exposer à des représailles, voire à un mauvais sort. Chez les musulmans, le syncrétisme existe aussi et la peur des sorciers et du poison est aussi forte que chez les chrétiens.

Or si les vieux curés et religieuses issus de l’époque coloniale et ayant perduré après les indépendances se plaignaient des méfaits de leurs ouailles cela se passait avant l’arrivée en force de l’urbanisation, de la société de consommation et de l’offre de produits attractifs comme les postes radios, les téléphones et autres petits plaisirs occidentaux importés de Chine.

Avec l’explosion de l’offre de produits de consommation, de l’émergence de l’anonymat des grandes métropoles, toutes les conditions sont réunies pour une explosion de la corruption, du trafic d’influence et des passe-droits.

Un proverbe bantou de l’Est du Congo dit en ces termes : « La générosité tue ! ». Car il s’agit d’une générosité obligatoire, non volontaire souvent la main forcée. La solidarité contrainte est le lot d’une immense majorité d’Africains. Et quand tout est épuisé et que les parasites sont là demandeurs et pressants, la tentation est grande de passer à l’acte délictueux qui expose au renvoi, à la prison ou à des représailles physique des victimes. Certains profiteurs, voyant que la source de profit se tarit, iront sans vergogne s’installer chez un autre cousin, quand la première sœur aura été essorée. Et puis, il y a les « sœurs », les cousines qui empruntent un chemisier, des bijoux pour sortir et qui oublient de les rendre, qui utilisent le maquillage et les produits de beauté de celle qui fréquente un riche et qui ne remplacent rien. Et quand le mari se plaint trop des dépenses, on « perd » son téléphone ou on s’est « fait voler » son porte-monnaie au marché pour dissimuler l’argent donné au petit frère quémandeur qui en est à son énième mauvais coup, ne s’amende jamais et ne cesse de réclamer !

Le président renversé Du Burkina Faso, Ouedraogo, risquant sa tête pour détournement de fonds publics, a choisi comme argument à sa défense qu’en tant qu’Africain, tout le monde dans la salle du tribunal étant aussi Africain, les jurés se devait de le comprendre, si ce n’est de lui pardonner ses incartades.

« En tant que premier citoyen du pays, j’étais aussi le premier rançonné. Je voyais des gens se disant de ma famille, dont j’ignorais l’existence jusqu’au jour de la première entrevue et qui me demandaient un poste, un privilège, de l’argent, une signature. Je donnais, je signais,vous en auriez tous fait autant ! » Tel était retranscrit dans l’esprit les termes de son plaidoyer. Il a sauvé sa tête toute comme l’une de ses ministre qui expliquait qu’il y avait beaucoup de casse de vaisselle lors des réceptions officielles et que quelquefois les assiettes et les couverts disparaissaient tous seuls, alors que certaines pièces du mobilier national avaient été retrouvées chez des nièces et des belles-sœurs.

Si un dirigeant africain n’est pas à l’abri de pressions, alors qu’en est-il d’un citoyen lambda ? Au bas de l’échelle sociale, une prostituée est victime en permanence des quolibets et des lazzis, la famille en a honte, mais elle peut se racheter en revenant au village, ou même en ville de nos jours, une valise pleine de cadeaux pour faire pardonner sa vie dissolue. Un poste de télévision fait vite oublier la méconduite d’une fille.

Et en Europe, le travailleur sénégalais émigré qui vit dans un foyer type SONACOTRA, et qui revenait jadis chez lui avec des cadeaux pour tous et une distribution de billets de banque pour monter qu’il avait réussi, de nos jours, n’a plus besoin de revenir au pays pour dépenser son argent. Western Union a été inventé spécialement pour le délester quasiment en temps réel de ce qu’il gagne à la sueur de son front qu’il soit balayeur, ouvrier, cadre ou travailleur indépendant. Car au-delà des mers la pression existe pour soutirer de l’argent à celui qui travaille, dur le plus souvent.

Ces comportements peuvent s’expliquer par l’absence de sécurité sociale généralisée dans les pays africains, en dehors de quelques mutuelles. Le sous-emploi, les mauvaises rémunérations, la précarité de l’emploi, l’exode rural sont souvent mis en avant pour justifier le parasitisme social. Mais cela ne suffit pas, car si l’emploi salarié est rare, si les gros et moyens entrepreneurs ne sont pas assez nombreux, le secteur informel permet à chacun de trouver une activité de subsistance.

En dehors des cas de guerre civile avec déplacement de population, de famine consécutive à une sécheresse ou autre catastrophe, on peut vivre, chichement certes, de son travail en Afrique, en dehors des mendiants et des infirmes. Mais le parasitisme social vient avant tout d’une imprégnation culturelle distillée depuis l’enfance, où l’on apprend l’interdépendance et où la place de l’individu en tant qu’entité sociale est mise au second plan. On n’existe pas pour soi-même, mais on fait partie d’un groupe ayant sa cohésion, au cours de son existence l’Africain intègre de nouveau groupes, seul il n’est rien. L’individu isolé est comme un électron libre errant de noyau en noyau cherchant à se placer sur orbite autour d’un nouvel atome en guise de structure. La modernité occidentale qui prévaut peu à peu économiquement est encore trop récente pour s’imposer psychologiquement. L’individu seul est menacé dans son psychisme, au pire la folie le guette et la guérison ne peut passer que par la réintégration dans le groupe et ainsi par l’acception de ses diktats.

Celui qui a profité pendant des années de la manne dispensée par un oncle, une sœur, un cousin, offrira « généreusement » une chèvre pour le mariage de son bienfaiteur et se sentira quitte de toute dette tant financière que morale et sans le moindre sentiment de culpabilité car il a été élevé comme ça.

Dans le même ordre d’idée, le jeune cadre qui gagne bien sa vie ne pourra payer lui-même la dot de sa future épouse, même s’il en a financièrement les moyens. Le père et les oncles insisteront pour payer au nom de la coutume, et une fois marié, au nom de la même coutume, ils viendront se goberger et récupérer au centuple le prix du malingre bestiau qu’ils auront acquitté pour le mariage. Le but essentiel étant de maintenir le lien de dépendance entre les membres d’une famille, pour faire cracher au bassinet celui ou celle qui donne l’impression d’avoir les moyens.

Avec deux milliards d’Africains prévus pour 2050, ils ne seront peut-être qu’un milliard et demi mais peu importe, le continent devra faire le choix de l’individualisme pour survivre. Car si les mentalités n’évoluent pas, le développement économique réel qui s’installe en ce moment (tous les Africains ne crèvent pas de faim, loin de là et la croissance atteint les 6% dans certains pays), sera mis à mal par des obstacles culturels. Ce qui était déjà pénible au village avec une économie de troc est totalement incompatible avec une société mondialisé, à moins de vouloir faire vivre les Africains dans des réserves comme les Amérindiens, ce qui n’est pas ce que l’on puisse leur souhaiter de meilleur. L’Afrique a droit tout comme les autres continents au progrès, à l’industrialisation et au luxe.

Certains verront dans cet article une vision ethnocentrique européenne. C’est faire fi des plaintes que de nombreux Africains dynamiques et travailleurs émettent à longueur de journée. Car si les coutumes sont encore respectées, si l’on ne peut encore chasser de chez soi un pique-assiette éhonté, cela n’empêche que tous les Africains supportent ce genre de situation avec amertume et de plus en plus mal. Car ce n’est pas la compassion qui les anime mais la crainte des représailles, de la sorcellerie et au mieux des qu’en-dira-t-on.

La France était quasiment rurale il y a un siècle, il n’y plus que 5% d’exploitants agricoles qui ne sont même plus des paysans. Le pays a fait un choix de société et les mentalités ont changé. C’était le prix de la croissance. L’Afrique devra elle aussi en passer par là. L’ère de l’individualisme et de la famille nucléaire n’est peut-être pas la seule option qui s’offre au continent, mais la moins couteuse et la plus facile à mettre en application. Apprendre l’égoïsme et le chacun pour soi est une option de développement. Le traitement social de la précarité de type européen n’est probablement la solution, mais son absence quasi-totale, pénalise ceux qui produisent en Afrique. La pyramide des âges se modifie dans de nombreux pays. La prise en charge de vieillards de plus en plus nombreux, va aussi créer un déséquilibre social. Car jusqu’à présent, seul le faible nombre de vieux autorisait la solidarité familiale.


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25 réactions à cet article    


  • Fantômette Fantômette 8 juin 2010 14:15

    L’égoïsme, dernier progrès ?
    Un peu réducteur.


    • auborddufleuve 8 juin 2010 16:20

      Pour avoir vécu plus d’une trentaine d’année sur ce continent je ne peut que confirmer.


      • antonio 8 juin 2010 16:57

        Un article intéressant qui donne de l’Afrique une image un peu moins « convenue », stéréotypée.
        « la croissance atteint les 6 °/. dans certains pays » ; « On peut vivre, chichement certes, de son travail., » Ces précisions changent un peu de l’image misérabiliste de l’Afrique sans cesse répercutée par les médias : misérabilisme qui suscite la compassion des bonnes âmes charitables, ce qui est, selon moi, la forme la plus achevée du racisme.
        Ces bonnes âmes qui n’ont de l’Africain qu’une image idéalisée, fantasmée : il ne peut qu’être gai, généreux, accueillant, serviable... ( à mon avis, Ya bon Banania n’est pas loin ! ) et sus à celui qui ose dire que les Africains comme tous les êtres humains ont aussi des défauts !
        Il faut voir les « bobos » et autres bien pensants se précipiter aux cours de danse africaine qui font florès actuellement ( c’est la mode en ce moment !) Quand on connaît la vastitude du continent africain, la multiplicité des peuples et ethnies qui l’habitent , je reste « perplexe » quand on me parle de « danse africaine ». Qu’est-ce que c’est ?
        Il y a quelques années, très tard bien sûr, à la télé, j’ai vu une émission de la série « Musiques du Monde » qui présentait des danses et de la musique pygmées : c’était de très haute qualité, tant du point de vue musical, rythmique que chorégraphique. C’était à des lieues de la « bouillie pour chat » qu’on nous présente comme la danse africaine.
        Ces bonne âmes « adorent » ce genre d’action : ne sont-elles pas généreuses (elle aident l’africain-danseur à vivre ) et « ouvertes » à la diversité...
        En fait, tout ce beau monde si entiché d’Afrique en ce moment fonde son comportement sur un dogme : celui de l’Africain-victime.
        Et c’est sans doute la meilleure chose à faire si on veut continuer à considérer l’homme d’Afrique comme un être perpétuellement irresponsable et assisté et la meilleure aussi pour que se perpétue l’exploitation et le pillage de son continent.
        Le seul souhait valable, c’est que les hommes d’Afrique puissent vivre décemment dans leur pays du fruit de leur travail. Ils ont des montagnes à soulever pour y arriver et d’abord, sans doute comme vous l’expliquez, se débarrasser de cette parentèle -parasite qui les oppresse.


        • Georges Yang 8 juin 2010 18:38

          Merci Antonio
          Moi aussi j’ai des doutes sur cet engouement pour « la danse africaine »


        • nyandjock 8 juin 2010 18:44

          Je confirme, c’est la face obscure de ce continent et étant marié à une africaine, je puis dire que l’imagination de la « famille » est sans limite (et sans aucun scrupule) pour trouver sans cesse de nouvelles raisons pour tenter de la ponctionner.


          • asterix asterix 8 juin 2010 19:59

            Vous avez mis le doigt sur la plaie. Sans sécurité sociale, seule l’entraide peut sauver. Nous nous sommes débarrassés de ce concept pour foncer dans l’individualisme et nous envoyons nos vioques dans des maisons de repos.
            L’africain - et l’asiatique !!! ont un devoir moral d’agir différemment. La famille, c’est d’abord le seul endroit où on se sent en sécurité et « réussir » donnera une aura à celui qui y est arrivé. Il aura beaucoup d’enfants, beaucoup de femmes et beaucoup de respect. A moins d’arriver au niveau de Roi-nègre, auquel cas le fric sera planqué en Suisse ou à Singapour, le respect, vrai ou factice lui suffira largement.
            Votre constat est juste, vos conclusions moins.
            Entre-temps, chez nous, on détricote le seul avantage qui nous reste : le droit d’être pris en charge quand on est malade ou blessé.
            Je trouve donc que l’Asie et l’Afrique sont à la pointe du progrès, nous serons fort démunis quand cela nous arrivera aussi. 


            • Georges Yang 8 juin 2010 20:48

              Il y a une difference entre prendre en charge des soins medicaux, eventuellement des etudes et nourrir une bande de parasites sans scrupules incapables de se prendre en charge
              Un minimum dindividualisme et d’egoisme ferait du bien a l’Afrique et obligerait les parasites a s’assumer
              Il est anormal que les plus courageux et les plus dynamiques paient pour ceux qui ne foutent rien
              Les emigres sont pressures par leur famille et vivent d’aide sociale en France


              • Jojo 8 juin 2010 22:26

                Beaucoup de vrai dans cet article même s’il caricature un peu mais les excès sont parfois pédagogues…

                Cela dit, mettre dehors le plus vite possible ses gosses alias les estomacs superflus ou pire ses vieux en pleine dérive des incontinents, je ne suis pas sûr que ce soit un mieux. 

                Alors puisse le patron faire en sorte que ma famille me « rançonne » longtemps jusqu’à épuisement de toute ressource, je m’en irai un peu plus léger…   


                • Odal GOLD Odal GOLD 8 juin 2010 22:33


                  La famille peut être très omnipotente. Je ne suis pas forcément contre la famille, mais elle peut être très étouffante, avec ses rites et ses lois obscurs. Il faut ouvrir les fenêtres, il faut que ça respire.

                  Avoir le sens de la famille, en poussant ce sens jusqu’au bout, c’est avoir le sens de la tribu, de la fourmilière ultramoderne, de la mafia.

                  (" Et la plupart des‭ gens,‭ ‬ils ne sont pas contre les mafias,‭ ‬moi je crois plutôt que ça les rend plutôt envieux et‭ ‬jaloux‭ – ‬ou particulièrement dociles et zélotes. « )

                  Je serais assez d’accord avec Georges Yang, Toutes ces chaines que l’on ne voit pas tout de suite, tous ces rites et toutes ces lois abscons sont probablement bien plus présents et pesants (statistiquement) dans le Tiers- Monde - bien plus que tout ce qu’on peut imaginer ici.

                   »Ici" au moins on risque la solitude. Ici au moins, parfois on peut risquer les sentiments qui n’appartiennent qu’à soi, et la révolte qui permet de se construire.


                  • Krokodilo Krokodilo 9 juin 2010 00:22

                    Très intéressant, comme toujours. Entre trop de lien social et pas assez, il semble préférable de trouver une voie médiane : les social-démocraties sont apparemment ce qu’on a bricolé de mieux. Et même là, le renvoi d’ascenseur, les obligés, les services rendus et à rendre sont le lot commun de beaucoup de métiers, notamment la politique...
                    Un commentaire évoque l’Asie, qui présente quelques points communs quant au respect familial ; un article que j’ai récemment traduit pour Agora vox l’évoquait vers la fin, où des Chinois avouaient leur crainte de rentrer dans leur famille pour la fête du nouvel an chinois, pour diverses raisons, dont les cadeaux à ramener pour montrer qu’on avait réussi dans les grandes villes.


                    • ZEN ZEN 9 juin 2010 08:50

                      En phase avec Kroko
                      La famille : le meilleur ou le pire , selon les cultures, les époques, les lieux
                       : facteur d’intégration sociale et/ou étouffoir de l’individualité
                      Ambivalente, comme toute institution humaine


                      • Krokodilo Krokodilo 9 juin 2010 10:27

                        Oui, dans le livre « Vivre » sur la psychologie du bonheur, il est dit logique que les relations humaines dans leur ensemble, famille, amis, amours, et autres, étant à l’origine de nos plus fortes émotions ou de la plupart de celles-ci (il y aussi le saut à l’élastique et autres adrénalines), il n’est pas étonnant que ces relations humaines puissent aussi être la cause de nos pires difficultés, jusqu’aux névroses qui font les délices de la littérature et du cinéma.


                      • ZEN ZEN 9 juin 2010 08:54

                        Emile Dukheim, le fondateur de la sociologie de la famille, a encore beaucoup à nous apprendre sur la nature du lien familial selon les cultures


                        • Rough 9 juin 2010 10:20

                          @L’auteur....

                          Avec la notion, qui m’est chère, de « parisitisme social » vous n’allez pas vous faire que des amis sur AV....

                          En tous cas de la Mauritanie à Madagascar, et du Kenya au Sénégal....Je ne peux que confirmer la pertinence de votre analyse....Et ici en Algérie c’est exactement la même chose....


                          • amilcar amilcar 9 juin 2010 11:06

                            lol, le toubab n’aura jamais la patience.

                            fins de mois difficiles georges ?

                            la famille africaine c’est comme un morceau de bois, solidaire, comme disait un de mes professeurs africains de psychologie, la famille ça tient chaud.

                            inutile de dire qu’il existe toutes sortes de familles africaines des meilleures et des pires, la famille africaine élargie englobe tout le monde noir de la colombie à la papouasie nouvelle guinée

                            bon ce qui me fait rire c’est l’énervement dans la méthodologie, poussé jusqu’à la négation radicale d’une caractéristique essentielle de l’objet étudié, je vous propose plutôt l’angle d’étude suivant : comprendre l’afrique c’est comprendre la famille, comprendre la famille c’est comprendre l’afrique. peut-être, contrairement à ce que pense le muzungu, la famille n’est pas une variable d’ajustement, voyez-vous mon cher yang, pour le transport scolaire, soit on considère qu’il n’y a pas assez de bus, soit on considère qu’il y a trop d’enfants

                            et il est étonnant encore que toute la littérature africaine regorge de ce sentiment de chaleur et de plénitude apporté par le lien social, pas un africain n’a pris sa plume pour écrire contre ce harcèlement familial, quelques railleries par-ci par-là tout au plus pour dénoncer avec pudeur les excès les plus grossiers

                            et quand ce qui manque si terriblement aux sociétés occidentale est précisément le lien social tué ici par la télé, les voitures et les chiens, quand ce que vous critiquez est précisément ce dont les occidentaux ont besoin et ce qu’il faut qu’ils aillent chercher en afrique

                            bon je vous trouve néanmoins courageux en attaquant de façon radicale justement ce qui est inattaquable, mais la famille en afrique ce n’est pas le problème c’est la solution, bon c’est un peu comme si vous vous attaquiez à la générosité et à la patience en même temps


                            • Georges Yang 9 juin 2010 15:19

                              @AMILCAR
                              J’ai vecu des annes dans un village du Kivu au point d’en connaitre certaines coutumes, proverbres, interdits , puis j’ai passe aussi pas mal de temps parmi les Shilouk au Soudan Je connais de nombreux villages et des metropoles d’Afrique centrale et de l’est depuis 1978
                              Je comprends, sans pour autant approuver la polygamie, l’excision, les guerrs civiles et les massacre et meme la lenteur, (la j’ai du mal) Par contre le parasitisme familial je ne peux le supporter, c’est ce que je deteste le plus en Afrique
                              Les Africains les plus dynamiques, inventifs et courageux vivent sous la coupe deleur famille et se ruine pour elle
                              Et ils s’en plaignent tout le temps
                              Je ne parle pas ici des muzungu, toubab, mundele , roumi, ajnabi maries avec des Africaines mais des Africains entre eux
                              Cependant , je dois reconnaitre que la belle famille est la cause principale de friction et de divorce parmi les couples mixtes 


                            • Iren-Nao 9 juin 2010 11:11

                              Yang dit vrai

                              J’ai le souvenir au Gabond’un employe Congolais marie au une gabonnaise et qui avait refuse de se faire saigner a blanc (!).
                              Un jour il est venu pour m’emprunter du fric pour aller voir un feticheur de chez lui car la belle famille lui avait filer le poison.
                              2 semaines plus tard il etait mort comme il s’en doutait.

                              C’est l’Afrique Patron

                              Iren-Nao


                              • Noor Noor 9 juin 2010 12:54

                                je suis plutot d accord avec vous amilcar . 

                                L’Afrique reste le continent qui s oppose au materialisme ou a l’ individualisme par opposition aux valeurs occidentales. 

                                C’est une question de mentalité , je pense , c est pour cette raison que beaucoup d occidentaux ne comprennent pas l importance de la famille dans les sociètès africaines .

                                Il faut de ses yeux voir la pauvreté pour reellement integrer cela a son psyché .
                                La famille au sens large du terme , reste l aide sociale la plus elementaire en afrique .


                                • ludotym 9 juin 2010 12:54

                                  Je me reconnais beaucoup dans ce qu’a écrit Georges Yang. J’ai été marié à une Camerounaise pendant un peu plus de 3 ans (dont un an et trois mois de réelle vie commune). Et bien tous les mois, il fallait envoyer « les charges » , et pour moi qui gagnait à peine plus que le smic, je me suis enterré sous les dettes. Maintenant divorcé (victime comme tant d’autres de ces mariages « gris », mon ex a suivi le scénario suivant : venir en France, pressurer le mari, faire venir sa fille, avoir son titre longue durée, puis quitter le mari), je n’ai pas encore fini de payer les dettes contractées.
                                  Je me rappelle une anecdote. Alors qu’à Yaoundé, on préparait le mariage, j’ai dit à ma future (ex) femme : « j’ai l’impression que je vais me marier avec ta famille ». Je me rappelle encore sa réaction, c’était comme si je l’avais giflée. Elle ne comprenait pas ma réticence.
                                  Maintenant, avec le recul, c’était tout à fait ça. Et surtout le fait navrant : quand le divorce a été prononcé, la famille africaine a fait comme si je n’avais jamais existé. Je n’ai en fait jamais existé pour eux que pour le pognon (et j’ai le coeur gros quand je dis ça). Quand je disais « ma ding wa », j’étais sincère, elle non.
                                  Je fais de gros efforts pour m’empêcher de généraliser en disant que tous les africains sont pareils, j’ai passé des moments formidables là-bas, et comme le rappelle très justement amilcar, j’ai rencontré une chaleur dans les rapports humains qui est sans commune mesure avec ce que l’on voit ici. Mais les abus sur la solidarité, c’est vraiment trop triste...


                                  • Wàng 9 juin 2010 13:11

                                    Pour être avec une Africaine, cet article correspond tout à fait à ce que j’observe.

                                    Cela dit, on ne peut analyser le rapport de l’homme à la famille que dans une seule perspective matérielle (les sous), qui est le propos de l’article.

                                    Il y a aussi l’aspect moral (laisser tomber ses vieux parents en maison de retraite est absolument impensable là-bas), l’aspect psychologique, les conséquences sur la sagesse de la vie, etc.


                                    • mokhtar h 9 juin 2010 13:28

                                      à l’auteur
                                      Avec tout mon respect, le discours de l’article me provoque un haut le cœur. L’individualisme, comme substitut à l’entraide familiale ou sociale, un pilier de l’africanité ? S’il y a des déviations à l’entraide, comme la parentèle ou le clientélisme social généralisé, ce n’est pas une raison de préconiser l’individualisme, un système qui, aujourd’hui, est en échec FONDAMENTAL EN TANT QUE MODÈLE DE SOCIÉTÉ. Vous proposez simplement un modèle occidental : vous ne trouvez pas qu’il a assez fait de mal à la planète, y compris et jusqu’en Occident, actuellement ? Esclavagisme transatlantique, colonialisme, néo-colonialisme en Afrique, dépeuplement des campagnes, urbanisation-déshumanisation des villes, le triptyque métro-boulot-dodo, l’apprentissage de la violence pour les uns et la soumission pour les autres.
                                      Ce qui freine le développement de l’Afrique, ce n’est pas cette parentèle là qui a malgré tout des avantages, même si elle permet à des pique-assiettes de faire leur beurre sur le dos des laborieux. Chaque modèle à les siens, y compris l’Occident : voulez vous que je sois plus précis ? ce n’est pourtant pas difficile dans un système ou prime l’argent et les commissions ponctionnées à son passage, y compris les impôts que vous payez et qui servent à sauver des gangsters banquiers, payés à prix d’or, des politiciens véreux qui les protègent, ainsi que leurs experts, scientifiques et journalistes des service pour vous convaincre de toujours payer plus et de vous serrer davantage la ceinture : ceux là aussi n’ont rien à envier à la parentèle africaine. Au contraire, cette dernière fait figure de rmiste à coté.


                                      • Verdi Verdi 12 juin 2010 11:24

                                        « Cependant, ceux qui ont vécu en Afrique, au contact quotidien avec les populations de diverses ethnies, catégories sociales et professions ont pu constater les ravages dus au parasitisme social, à la rapacité des cousins et de ceux que l’on appelle des frères ; et cela à tous les niveaux de la société, du pouvoir et de la hiérarchie sociale. Cette famille élargie, que l’on connait à peine avant qu’elle ne vienne s’abattre sur vos économies, ou tout simplement votre moyen de subsistance, comme un vol de sauterelles ou de criquets pèlerins, l’Africain la subit au quotidien, s’en plaint en permanence mais n’ose agir contre par peur de l’opprobre. »

                                        Je partage entièrement votre perception du poids de la coutume en Afrique. Difficile de s’en affranchir, même pour celles et ceux des Africains qui en souffrent au quotidien.
                                        Je prends l’exemple du décès d’un membre. Lorsque la famille vivait « au » village, les rites des obsèques s’inscrivaient, sans lourdeur, dans la vie de la tribu. Les distances se calcuaitent tout au plus en quelques dizaines de kilomètres, pour les parents et amis.
                                        Aujourd’hui, les métropoles ont attiré les populations des campagnes, toutes ethnies confondues. Les distances se calculent désormais en centaines de kilomètres. Mais le rite demeure prégnant. Comme, dans la plupart des cas, la coutume veut que le défunt soit inhumé au village, celui-ci étant situé à des heures de route, sur des pistes en terre, souvent à peine carrossables, cela engendre des difficultés nouvelles pesantes et un coût financier énorme (garde à la morgue, frais médicaux, hôpital, transport du corps, etc.) compte-tenu de la modicité des revenus.

                                        Verdi


                                        • slipenfer 14 juin 2010 08:53

                                          Article intéressant
                                          me donne des idées allant dans le sens d’ une théorie du phénomène dit Illusion groupale
                                          extrait
                                          Les “exploiteurs de l’illusion groupale” :

                                          Si l’illusion groupale est une dynamique qui dépasse le groupe qui la subit, il existe des individus dont l’intelligence machiavélique leur permettra de devenir ce que l’on peut appeler de véritables “exploiteurs de l’illusion groupale”. Ainsi, il verront leur intérêt dans le maintien du groupe dans l’illusion groupale à des fins manipulatoires comme

                                           * la destruction d’un groupe “ennemi”
                                           * la possibilité de devenir le leader du groupe, ou de conserver cette place s’ils l’ont déjà.

                                          exemple autre :
                                          Le groupe des Bilderberg, avec la pression et les enjeux mondial est fermé
                                          sur lui même (impossibilité d ’analyse extérieur donc) qui sont ces gens ?

                                          La pression exercée sur un élevé par un groupe pour le démolir etc...


                                          • Bulgroz 14 juin 2010 09:36
                                            La famille africaine vue de.... Bobigny 

                                            1 homme, 4 femmes, 46 enfants.

                                            dans le « Journal du Dimanche » du 13 Juin 2010 (hier), page 13. 

                                            Adama (prénom modifié par discrétion), Malien aux 4 femmes voilées incapables de s’exprimer en Français et aux 46 enfants« D’abord agent d’entretien, il a cessé de travailler quand le montant des allocations familiales est devenu suffisant pour nourrir son monde »

                                            Le JDD fait le calcul que les seules allocations familiales pour 40 enfants sont de 6157 Euros (sans les aides au logement). Apparemment, il n’y a pas de barème au delà de 40 enfants. Combien nous coute cette famille de 4 femmes et 46 enfants ? Mystère ?

                                            Dans son village du Mali où Adama a grandi « on parle de sa réussite avec admiration. Il voudrait que ça continue ».

                                            Le problème est que 2 de ses femmes ont été « décohabitées » au terme de 10 années d’effort. 

                                            Le prix de cette « décohabition » n’est pas indiqué« .

                                            Le drame d’Adama ? : devoir désormais »prendre le RER pour honorer les mères de ses enfants".

                                            Ma question est la suivante : comment l’Etat Français peut il être assez tarte pour financer un tel génocide par substitution ? Est ce pour cela qu’on parle de nous augmenter les impôts ?

                                            • SylvainD 9 août 2010 11:25

                                              Cet article me laisse un peu sur ma faim.

                                              Autant je comprends le fardeau de la « famille africaine » et je suis d’accord avec l’auteur, autant j’ai un peu de mal avec certaines conclusions telles que : « L’Afrique a droit tout comme les autres continents au progrès, à l’industrialisation et au luxe. » ou « L’ère de l’individualisme et de la famille nucléaire n’est peut-être pas la seule option qui s’offre au continent, mais la moins couteuse et la plus facile à mettre en application ». On sait dans quelles impasses nous ont menés ces « progrès, industrialisations et autres luxes » ici en Occident... quant à l’ère de l’individualisme, il est sans doute plus coûteux que ne l’affirment nos chers économistes, qui ne pensent qu’en court terme.
                                              Merci quand même pour cet article, qui a fait réagir, et pas si bêtement que cela, eut égard à certains commentaires sur d’autres textes ou dans d’autres médias.

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