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Accueil du site > Actualités > Société > La gifle, vecteur d’éducation en Corée du Sud ?

La gifle, vecteur d’éducation en Corée du Sud ?

Elle fait beaucoup parler. La punition corporelle, également appelée le châtiment corporel ou plus simplement la gifle (car c’est souvent de cela qu’il s’agit).

 
En Corée du Sud, le débat fait surface depuis quelques jours et l’incident survenu dans une classe entre un professeur et un élève (cf. La punition corporelle à l’école fait débat).
 
L’institut national de la politique pour la jeunesse a enquêté l’année dernière, entre juin et juillet, en allant interroger 6 601 élèves de collèges et lycées autour de la péninsule. Et le résultat, qui pourrait en surprendre plus d’un, n’est en fait pas si étonnant que cela, tant la Corée du Sud a connu ce genre de punition pour corriger l’indiscipline sur le dernier siècle : 69.6% des élèves ont déjà reçu une punition corporelle lors de leurs études.
 
Parmi les élèves, 28% avouent avoir été frappés une à deux fois dans l’année et 22% ont été frappés une à deux fois par mois. Pour 7%, les coups tombent trois fois par semaine. Les garçons sont davantage punis que les filles avec un taux de 75% contre 64%. Pour la moitié des interrogés, les coups ne sont pas donnés qu’à l’école : 53% des élèves révèlent que leur parent les frappe également pour les discipliner.
 
L’institut public a souhaité faire une étude comparative de ces chiffres et a choisi une enquête de 2008 portant sur 508 élèves en Suède : 98.6% des élèves avouent ne pas avoir été une seule fois frappé à l’école et seulement 6.5% reçoivent des punitions corporelles à la maison. Dans les pays avancés, les gouvernements mettent en place des lois interdisant les punitions corporelles à l’école, ce qui n’est pas le cas en Corée du Sud.
 
Mais les enseignants ont-ils tous la capacité d’enseigner sans avoir à punir par un châtiment corporel les élèves trop indisciplinés ? Ce n’est pas sûr. Le gouvernement ne semble pas vraiment bouger pour le moment pour régler le « problème » des punitions corporelles. Pour certains élèves, cela est même logique de se faire punir de la sorte.
 
L’un d’entre eux révélait même pendant l’enquête que son professeur de mathématiques avait un jour demandé à un élève de résoudre un problème au tableau sans quoi il le frapperait dans la main, une punition qu’il reconnut acceptable, les critères ayant été fixés et la punition servant à mieux se concentrer et travailler.
 
 
Il est difficile de trouver dans les pays occidentaux des jeunes ayant reçu des coups lors de leur éducation (génération 90 à aujourd’hui). Les précédentes se souviennent certainement des punitions corporelles qui auront fait mal mais qui au final n’auront pas traumatisé et auront même souvent remis dans le droit chemin.
 

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4 réactions à cet article    


  • Georges Yang 27 juillet 2010 12:29

    Lisez mon article sur le meme theme, la Coree va se poser les meme s questions que les Europeens
    Il faut limiter les abus mais ne pas tomber dans l’angelisme francais


    • ZenZoe ZenZoe 27 juillet 2010 15:40

      Recevoir une gifle est toujours très humiliant, surtout devant témoins, surtout pour un porteur de lunettes (il faut alors ramper et tatonner devant l’instit et ses camarades pour les récupérer).
      A cela, il faut ajouter le favoritisme inné des enseignants, qui vont avoir leurs cibles préférées pour un oui ou un non (les têtes à claques).
      Alors, faire rentrer du savoir dans la tête d’enfants à coup de baffes, j’ai des doutes. Qui sait si le môme, plus tard, ne va pas associer plus ou moins consciemment apprentissage et violence, apprentissage et injustice ?
      Bref, la gifle est une violence à manier avec précaution, voire pas du tout.


      • yoonjoo 26 avril 2011 09:08

        Est-ce qu’on doit punir un eleve qui a fait des bêtises pour que le professeur enseigne plus ‘facilement’ ? Ou donner la priorité au droit de l’enfant a cet élève ? Telle sont quelques-unes des questions souvent entendues au sujet de la punition corporelle en Corée du sud. Apres une longue discution, le gouvernement coréen a enfin pris le parti des élèves. En janvier 2011, la loi qui prescrit de bannir la gifle dans la classe a été adoptée par l’Assemblé nationale, et il y a un mois que cette loi est appliquée.

        Tout en reconnaissant le fait que le droit d’être en securité chez les élèves doit être considéré avant tout, il faut remarquer que l’expulsion de la violence dans une école ne sera pas realisée d’un seul coup. Il y a deux obstacles majeures qui empêchent cela. D’abord, il n’y a aucune mesure efficace qui contrôle les élèves turbulants. Considérons par exemple le cas d’un entretien avec les parents d’un ‘mauvaise enfant’. Il arrive souvent que les parents ne se presentent pas a l’école parce qu’ils ont déjà abandonné leur enfant. Deuxiemèment, derriere la raison pour laquelle la punition inhumaine continue, il y a un ‘accord secret’ parmi l’école, les parents, et les élèves-ils acceptent le châtiment spontanément, meme des certains élèves ! Ce fait est expliqué par la competition très dure en Corée. Il y a beaucoup de lycéens qui demandent au professeur de rendre la classe silencieuse pour leur concentration au détriment d’un certain nombre des élèves qui font des bruits, ou provoquent des problèmes.

        Pour ma part, en tant que jeune coréenne qui vient de finir le lycée, je suis sure que la punition corporelle doit être bannie. Mais en amont, je crois que l’emancipation de ‘l’ésprit esclave’ chez les élèves coréens doit être également accompagnée. Il faut réaliser les enfants qu’il ne sont pas inférieurs que les profs, et chacun doit réspecter son propre droit de l’homme. Par conséquent, à partir de janvier, l’education sans violence est aux élèves.


        • gaijin gaijin 26 avril 2011 09:34

          il serait bien sur souhaitable de pouvoir se passer de contraintes physiques
          mais au vu de la réussite de notre système éducatif la question que l’on est en droit de se poser est : sait t’ on faire autrement ?

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