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Accueil du site > Actualités > Société > La grande braderie de l’éducation encore un peu nationale

La grande braderie de l’éducation encore un peu nationale

Des directeurs cherchant des élèves, des chefs d’établissements recrutant des vacataires, une concurrence entre bahuts... en clair un cassage de l’école publique !

Dans le cadre de la loi de décentralisation, que le gouvernement a passé en force cet été, l’Assemblée nationale a adopté un article autorisant la création, à titre expérimental, d’« établissements publics locaux d’enseignement primaire ». Ces entités administratives, calquées sur celles des collèges et lycées, vont permettre aux communes, ou aux communautés de communes, de concentrer plusieurs écoles au sein d’un seul établissement présidé « par un représentant de la collectivité locale ».

Il s’agira à terme de décentraliser au maximum les responsabilités et avec la disparition de la carte scolaire de mettre en place un système libéral.

Les directeurs des écoles auront à rechercher des élèves comme cela commence à se faire dans le secondaire.

Quant aux enseignants, à côté des titulaires, il y aura ces vacataires que les directeurs d’école auront à aller recruter par petites annonces pour assurer des remplacements. Pour l’instant ce « travail » est assuré par les inspections académiques et les rectorats...
La lecture du Parisien est parfois instructive.
On y apprend, par exemple, cette histoire rocambolesque à Bagnolet en Seine
Saint Denis. Un étudiant de 25 ans, sans formation, candidat au concours
d’instit, a été appelé au pied levé (la veille !) pour s’occuper d’une classe
de CE1. Ce jeune, en outre, avoue benoîtement au journaliste qu’il n’a "pas
encore signé [son] contrat".

Le rectorat de Créteil a donc confié, en pleine responsabilité, 25 enfants de 7 ans à un volontaire pioché au hasard sur une liste d’étudiants, averti la veille, sans formation et sans contrat de travail (signé rétroactivement, donc).

Voici la grande braderie qui se prépare, les administrations locales seront demain chargées de ce sale boulot, participer activement au démantèlement de l’école publique.

Jean-François Chalot

ci-joint un dessin avec l’autorisation de l’auteur


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9 réactions à cet article    


  • CHALOT CHALOT 24 mars 2010 10:40

    J’ai participé en son temps à la défense des Ecoles normales et je n’ai pas apprécié la création des IUFM , le problème maintenant c’est qu’il n’y a plus rien ... même pas de « formatage », et hop l’envoi dans une classe dès qu’on a ses diplômes universitaires ou presque !


    • Et hop ! Et hop ! 24 mars 2010 13:15

      On m’a appelé ?


      Les maîtres auxilliaires, ce n’est pas nouveau, ça existe dans l’enseignement secondaire où il sont extrêmement nombreux. 

      Certains restent auxilliaires pendant 20 ans en étént considérés comme pas assez qualifiés pour être ni titularisés, mais trop pour être licenciés.

      C’est un personnel qui n’est ni titulaire, ni contractuel, mal payé, pas formé, engagé et congédié du jour au lendemain, donc hyperflexible pour pallier à l’hyper rigidité statutaire des titulaires.

      Les syndicats ont toujours fait semblant de protester cette entorse au statut de la fonction publique, mais ils ont en réalité toujours voulu les conserver parce que c’est indispensable au confort des agents titulaires : ça leur permet de soutraiter leur travail à des ilotes, et d’être en arrêt maladie ou en disponibilité sans perdre leur poste. Ils n’ont jamais voulu créer vraiment un corps de titulaires remplaçants, ce qui aurait nécessité de les payer 20 % de plus à ancienneté égale.

      Le pire, c’est que les campagnes de titularisation des maîtres auxiliaires et des contractuels de l’universitaires ont fait recruter des gens qui n’ont pas le même niveau, mais qui avaient donné les preuves de leur soumission et de leur endurance.

      La fonction publique est encore plus négrière que le privé.



    • DIMEZELL 24 mars 2010 11:29

      Les réformes sont nécessaires et le fonctionnement des écoles primaires est devenu obsolète. Comment expliquer qu’un directeur  soit encore obligé de quémander ses timbres à la mairie pour envoyer le courrier de l’école ? Pas de budget, pas de statut qui définisse même son travail !

      Evidement le Duce en profite pour ‘réformer ‘ !!

      Si ça fonctionne, on verra fleurir de grands établissements dont le nouveau directeur sera un administratif et un comptable et les élus locaux les décideurs.

      Pas réjouissant mais là encore la suite logique de la politique idéologique actuelle.

      Concernant la formation des enseignants. Mais pour quoi une formation ??

      Collecter quelques petites façons de faire sur le terrain, ce sera pas cher et ce sera efficace grâce au grand savoir faire des instits !!!  ( qui ont eu une formation ) Et Hop après la Toussaint, on met les nouveaux dans des classes ( il parait qu’ils ne pourraient pas aller en CM2 ou en CP… On se demande bien pourquoi ?? )

      De qui se moque-t-on ? Jusqu’où va-t-on aller ainsi ???

      Pourquoi la profession d’enseignant serait la seule à ne pas bénéficier d’une formation ?

      On peut l’expliquer grâce à une simple lecture des programmes de l’école primaire car ils sentent  les bonnes vieilles recettes, l’ingurgitation des règles de grammaire, le futur antérieur …..l’estrade et le travail frontal. Pourquoi se former ? Pourquoi étudier les disciplines variées au primaire, pourquoi découvrir le comportement des enfants ? Pourquoi tenter de comprendre les nouvelles problématiques en géographie ou en sciences ? Pourquoi se former à la communication ?.........

      Des économies, de l’idéologie et de la merde !

      Un crachat à la face des pédagogues, un doigt levé à l’adresse des élèves et des familles, de celles qui n’ont pas les moyens de payer en priorité !! Cette casse en règle de l’école pose un vrai problème à l’ensemble des démocrates.


      • DIMEZELL 24 mars 2010 14:27

        Comment il avait dit à l’aigre, à l’aigre dur ??


      • kiouty 24 mars 2010 16:15


        La gauche a peut-être échoué dans son projet, ça je n’ai pas la connaissance requise pour donner mon avis la-dessus. (bon, une affirmation de ce style me semble plus relever de l’idéologie ultra-libérale pur sucre, dans la même tonalité que « la France est un pays sclérosé par ses syndicats et ses fonctionnaires qui brident le progrès et l’entrée du pays dans la modernité », mais je laisse le bénéfice du doute.

        Mais il me semble que c’est surtout la droite ultra-libérale qui est satisfaite du cassage en règle de l’éducation nationale qu’effectue Sarkozy ! On va pouvoir - ENFIN !!!!! - se faire plein de tunes avec l’éducation nationale !! L’éducation publique abordable et accessible à tous, c’était insupportable pour les comptes en banque de nos amis les grands patrons !


      • CHALOT CHALOT 24 mars 2010 12:17

        J’ai déjà entendu ce discours...
        Certains de mes amis qui sont dans le mouvement « reconstruire l’école », d’autres qui sont à l’ICEM refusent le pédagogisme et défendent la pratique pédagogique.
        Il s’agit souvent d’un débat de sourds car pour moi les enseignants doivent pouvoir maÎtriser les disciplines et savoir enseigner, c’est à dire transmettre.
        Vous dénoncez quelques dérives qui existent aussi un peu partout mais faut-il pour contrer ces « pratiques » transformer les directeurs en chef d’établissement et mettre en place une concurrence entre établissements, concurrence où seront sacrifiés les gosses, nos gosses !


        • non667 24 mars 2010 16:18

          à chalot

           l’occasion du 40 ° anniversaire de mai 68 j’ai entendu une déclaration que d.cohn bendit avait faite à l’époque et qui était en substance : "il est inutile de promouvoir (à l’université ) les fils de la classe ouvrière ils deviendront les plus fidèles serviteurs du capitalisme "
          tout est dit
          dans un contexte de rivalité capitalisme -communisme il fallait faire échouer la france capitaliste en sabotant son éducation nationale (a 95% à gauche ) et tout le reste . ne pas former des élèves capables mais des élèves revendicateurs (délégués d’élèves + délégués parents recrutés dans les cellules du p.c. )
          le sabotage avait commencé bien avant 68 par les math modernes ,la méthode globale de lecture , la notation par lettres , etc .... toutes ces réformes déstabilisant les pauvres gens qui ne pouvaient ainsi plus suivre leurs enfants ni les aider !
          après la chute du communisme ,que ce sabotage perdure actuellement demeure pour moi un mystère !a moins que ????
          à moins que ce sabotage entrainant forcément un très mauvais fonctionnement ne serve qu’a justifier une privatisation
          attention des privatiseurs peuvent en cacher d’autres !!!
          aux alentours de 1986 la droite essaya d’installer des bacs par établissement et des recrutements itou pour finaliser « l’autonomie des établissement »officiellement dans l’intérêt « des quartiers défavorisés »
          la tendance P S du SNES était pour et n’a pas bougé
          il à fallu que les trotskistes infiltrés dans FO pétitionnent et rameutent les troupes pour mettre en echec cette préparation a la privatisation !
          le PS prépare ou laisse préparer structurellement ,contablement les services publics.
          suivant la méthode madelin /longuet (un service = une ligne budjetaire votée par les élus et attribuée par appel d’offre )
          a plus grande échelle en séparant la poste des télephones ,gdf -edf , le courrier -banque , se sont des privatisations au bout !
          avant 1981 cela ne se serait pas produit , on à fait mai 68 (5 semaines de grève générale )pour moins que ça !!!


          • DIMEZELL 24 mars 2010 18:40

            Bien vu le nèglefin !!

            Après le complot communiste, les infilttrés troskystes et les maos déguisés en nonnes dans les écoles privées....peut - être bien qu’il suffit d’observer un tantinet pour voir au grand jour la casse sarkozyste.


            • grainedananar grainedananar 30 mars 2010 22:51

              Entièrement d’accord avec votre témoignage.

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