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Accueil du site > Actualités > Société > La grande casse du social

La grande casse du social

La question de l’assistanat revient dans l’actualité et devrait être l’un des thèmes majeurs de la campagne de l’UMP pour 2012. Dans le même temps où on est en train de tirer à boulets rouges sur les bénéficiaires du RSA, les grandes fortunes se voient alléger encore de leur contribution à l’effort national et l’ISF ne demandera pas un centime aux milliardaires détenteurs d’oeuvres d’art. Anne Sinclair pourra dormir tranquille sur ces centaines de millions de dollars et sur ses tableaux de maîtres.

Pas un effort, même minime, supplémentaire n’est demandé aux riches. En revanche, un effort maximal, voire un sacrifice, est exigé des pauvres.

La question du RSA et de l’obligation d’activité reviennent mais cette fois avec beaucoup moins de polémique. Le gouvernement revient aux fondamentaux : à la loi qui sanctionne deux refus d’offres raisonnables d’emplois consécutifs, à l’outil adéquat qu’est le contrat unique d’insertion (le « CUI » qui se décompose en deux types de contrats selon que l’on est dans le secteur marchand ou dans le secteur non marchand), à la règle selon laquelle tout travail mérite salaire (pas d’esclavage à la Wauquiez de la « droite sociale » : pardon, mais je ne peux m’empêcher de rappeler le nom cynique de ce mouvement qui me fait rire en grinçant des dents). On revient à des réflexions plus responsables, notamment au constat qu’une certaine population de bénéficiaires ne pourra jamais exercer une activité utile même en faisant payer le prix fort à la collectivité (avec moult accompagnateurs et éducateurs). Il y a des ininsérables, des marginaux, des gens cassés, inaptes… et de toute façon il n’y aura jamais assez d’activité pour tout le monde. Ouf ! L’UMP commence à réfléchir un peu.

Mais…La casse du social continue dans pratiquement tous les secteurs : insertion et logement notamment. Voyons cela.

1 – Les dépenses d’insertion sont en baisse  : c’est l’ODAS qui le dit. Ces dépenses diminuent de 16 % : 700 millions en 2010 contre 830 millions en 2009. L’ODAS avance plusieurs causes : les frais de gestion du RSA sont plus lourds que ceux du RMI. Le RSA est trop complexe, comme l’a dit Madame Bachelot (il l’est encore plus pour l’examen des cas de dérogation pour les professions indépendantes).Les travailleurs sociaux passent plus de temps à expliquer ce dispositif de type usine à gaz à leurs « clients »qu’à initier des actions d’insertion (ah ! la France et ses éternels Shadocks). Enfin, l’Etat se désengage en réduisant ses crédits aux contrats aidés.

2 – La précarité énergétique grandissante : je l’ai déjà écrit dans un précédent article et je me dois de le répéter. Le nombre de foyers en précarité augmente et le nombre d’aide à ces foyers se réduit ! Cela vous surprend ? C’est pourtant la vérité. Voici les chiffres donnés par le Médiateur de la République : Le Tarif de première nécessité (TPN) sur l’électricité ne bénéficie ainsi qu’à 650 000 ménages alors que les conditions d’accès (niveau de ressources CMU) lui ouvrent un « marché » trois fois supérieur. Pour le gaz, le Tarif spécial de solidarité (TSS) ne concerne que 300 000 ménages alors que 800 000 pourraient en bénéficier. Le Médiateur s’étonne, dans un contexte de renchérissement du coût de l’énergie et de difficultés sociales majeures, de la baisse d’un tiers du nombre de bénéficiaires des tarifs de solidarité. « Aucune explication satisfaisante n’a pu être apportée à ce jour sur cette baisse », écrit Bruno Léchevin, délégué général du médiateur. Si ! Moi j’en ai une : le manque de volonté politique. (lire « Très chère énergie« )

3 – La crise du logement se dégrade : L’Assemblée nationale a rejeté, le 18 mai, la proposition de loi visant à prendre des mesures urgentes et d’application immédiate en faveur du logement présentée par Jean-Marc Ayrault et le groupe socialiste. Pour Benoist Apparu, la proposition de loi « reprend les grands axes des propositions du parti socialiste pour 2012 ». Il a refusé d’opposer le social et l’accession à la propriété, et rappelé le succès du PTZ+, grâce auquel « la France des propriétaires est bel et bien en marche » (elle marche toujours, cette blague ?). Une autre proposition de loi socialiste qui allait dans le bon sens – surtout à un moment où l’on voit les effets désastreux d’un certain abandon de la politique de la ville (voir Sevran qui est devenu Chicago aux temps d’Al Capone) – portait sur « les mesures d’urgence en faveur des villes et des quartiers en difficulté ». Elle a aussi été rejetée ce jour-là sans autre forme de débat. Dans le même temps, une cinquantaine de députés de la majorité déposaient une proposition de loi sur le logement visant quant à elle à comptabiliser l’accession sociale à la propriété dans le quota de 20% de logements sociaux de la loi SRU, en prenant même en compte les bénéficiaires du PTZ+. (lire « Nouvelle attaque contre l’article 55 de la loi SRU« )

4 -De plus en plus de jeunes à la rue : La FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) tire un « constat alarmant ». Dans son enquête sur les jeunes de 18 à 24 ans sans-abri, enquête portant sur 15 départements, elle montre « l’insuffisance de protection des jeunes sans-abri est loin d’être une exception francilienne. Le problème s’observe aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine« . En 2010, 20% des demandeurs d’hébergement sont des jeunes de cette classe d’âge. Soit 4.550 jeunes qui ont demandé un hébergement au 115 en 2010. Souvent des hommes (71%), célibataires (72%). 17% ont même la charge d’enfants. La rupture est le premier facteur de ces situations de détresse : rupture familiale, départ du département ou pays d’origine. Si dans 85% des cas, la demande d’hébergement aboutit, des refus d’attribution d’hébergement sont signifiés essentiellement pour cause d’absence de places disponibles au moment de l’appel. Un tiers des demandeurs renonce à aller jusqu’au bout de la démarche. C’est beaucoup, c’est trop !

5 – La solidarité en faillite ? Dans un communiqué intitulé « Quand l’argent de la lutte contre la pauvreté part dans les caisses des banques », la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) s’indigne des retards de versement de l’Etat. Selon la fédération, « à la fin du mois de mai, une trentaine d’associations de solidarité auront versé 150.000 euros d’agios à leur banque ». Encore la Fnars ne raisonne-t-elle que sur un petit échantillon de structures. L’Etat a plusieurs mois de retard dans ses versements à ces associations, qui gèrent notamment les CHRS (centres d’hébergement). Certaines structures n’ont ainsi perçu aucun versement depuis cinq mois et envisagent désormais des licenciements.

Et l’on pourrait multiplier encore les exemples. La circulaire du 29 avril relative aux orientations de l’exercice 2011 pour la campagne budgétaire des établissements et services médico sociaux accueillant des personnes handicapées et des personnes âgées étrangle les EHPAD (maisons de retraite et autres). L’accès à l’aide médicale de l’Etat (AME) a été sévèrement restreint, etc.

Aussi me vient cette question. Alors que les grandes fortunes s’accroissent, qu’elles sont de plus en plus exonérées d’impôts, alors que le bilan social est catastrophique, est-il bien judicieux de mettre le focus sur les misérables aides sociales ? Ah ! oui, j’oubliais, le populisme, les boucs-émissaires…


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15 réactions à cet article    


  • jpm jpm 8 juin 2011 13:59

    Bravo Taverne pour cet article auquel je souscris bien volontier. Nous sommes donc bien daccord qu´il est grand temps de remettre un peu d´ordre dans tout cela... et de stopper ces baisses d´impots irresponsables pour remettre en place une veritable politique de redistribution des richesses qui n´oublie personne.

    Vous connaissez mon faible pour le Revenu Universel smiley


    • Kalki Kalki 9 juin 2011 11:18

      L’intellectuel est si souvent imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire.

      Les mots : ne vous serviront a RIEN

      L’intellectuel intellectualisant, et intellectualisant un monde qu’il est incapable 1) de comprendre 2) et d’agir dans celui ci est donc INUTILE

      Blabla en attendant GODOT !

      Mais vous avez été prévenu : vous chassez la vérité depuis longtemps : depuis toujours

      « Trente, soixante, cent millions de mort ne vous détourneraient pas de votre idée fixe : « Aller plus vite, par n’importe quel moyen. » Aller vite ? Mais aller où ? Comme cela vous importe peu, imbéciles ! Dans le moment même où vous lisez ces deux mots : Aller vite, j’ai beau vous traiter d’imbéciles, vous ne me suivez plus. Déjà votre regard vacille, prend l’expression vague et têtue de l’enfant vicieux pressé de retourner à sa rêverie solitaire... "Le café au lait à Paris, l’apéritif à Chandernagor et le dîner à San Francisco", vous vous rendez compte !... Oh ! dans la prochaine inévitable guerre, les tanks lance-flammes pourront cracher leur jet à deux mille mètres au lieu de cinquante, le visage de vos fils bouillir instantanément et leurs yeux sauter hors de l’orbite, chiens que vous êtes ! La paix venue vous recommencerez à vous féliciter du progrès mécanique. "Paris-Marseille en un quart d’heure, c’est formidable !" Car vos fils et vos filles peuvent crever : le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l’éclair. Que fuyez-vous donc ainsi, imbéciles ? Hélas ! c’est vous que vous fuyez, vous-mêmes – chacun de vous se fuit soi-même, comme s’il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau... On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas ! la liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles ! »

      Taverne brave bete utile ou plutot inutile et soumise et domestiqué

      chérie, trouve moi une seule personne qui travaille


    • jpm jpm 9 juin 2011 12:52

      Kalki, au lieu de taquiner Taverne, vous auriez pu mettre vos liens habituels sur le Revenu Universel smiley


    • PtitLudo PtitLudo 9 juin 2011 13:53

      Il faudra surtout que nos responsables politiques enlèvent leur oeillères et conviennent enfin qu’il n’y a plus suffisament de travail (de vrai travail qui permette d’en vivre) pour tout le monde.

      A partir de là on pourra construire un programme politique sérieux, qui se posera LA bonne question, à savoir que fait-on des personnes qui se retrouvent bien malgré elles privées de travail, sans faire peser sur elles une situation dont elles ne sont en rien responsables ?

      Les contrats aidés (jeunes, vieux, handicapés, ... aliens, ...) sont une très mauvaise solution, n’étant juste qu’un effet d’aubaine pour les entreprises qui privera de travail les personnes qui ne sont pas dans la cible (effet de vases communicants).

      Malheureusement le niveau de la campagne présidentielle promet de voler très bas ...


    • jpm jpm 12 juin 2011 15:56

      Tout a fait daccord PetitLudo... et c’est pour cela que je suis pour le revenu universel. Etant distribue a tout le monde il n’oublie personne... et surtout il n’est plus necessaire de prouver sa bonne foi lorsque l’on a perdu son travail et qu’on arrive pas a en retrouver.

      Certains objecterons que des petits malins ont profiteront pour ne rien faire mais c’est deja le cas actuellement, et le pire c’est que des personnes de bonne foie sont rayes tous les jours du systeme et risquent d’aller grossir les rangs des SDF.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle


    • oncle archibald 8 juin 2011 14:37

      Extrait d’un historique de l’imposition en France ... « 1980. Le taux d’imposition de la tranche supérieure du revenu s’élève à 75 %. 65 % des foyers fiscaux sont imposés. »

      Il ne faut jamais oublier qu’en France l’ISR est calculé par tranches, c’est à dire que ce n’est que sur le montant de la dernière tranche que 75% était prélevé .. et ceux qui avaient la chance, je dis bien la chance, de payer de tels impôts ne s’en plaignaient pas à l’époque ,sinon par principe, pour grogner, et dire qu’on les saignait comme des poulets.

      Ce que je souhaite personnellement c’est qu’on revienne à des impositions de cet ordre là et même davantage en créant un grand nombre de tranches, pourquoi pas. Je souhaite aussi que la TVA soit différenciée suivant la nature des produits auxquels on l’applique et qu’elle soit très faible sur tous les produits de première nécessité dont l’énergie. 

      Ainsi notre fiscalité serait beaucoup plus en phase avec la « fraternité » inscrite aux frontons des édifices de la république. Je souhaite corrélativement que l’on responsabilise l’ensemble de la population car cet argent public, c’est un bien commun et ceux qui ne mettent rien dans le « pot commun » parce que leurs faibles revenus les en dispense, doivent également le respecter ... Je serai même pour qu’un impôt minimum symbolique soit dû par chacun, car il ne faut pas laisser croire que l’éducation c’est gratuit, rouler sur des routes entretenues c’est gratuit, se faire soigner à l’hôpital c’est gratuit .. En fait tout cela est très cher, et certains le perdent de vue, en abusent au lieu d’en user, puisque ça ne coûte apparemment rien .. 

      Justice, équité, fraternité et responsabilité personnelle .. tout cela manque cruellement à notre société aujourd’hui .

      • melody vers melody vers 9 juin 2011 12:07

        ...qu’on revienne à des impositions de cet ordre là et même davantage en créant un grand nombre de tranches, pourquoi pas. Je souhaite aussi que la TVA soit différenciée suivant la nature des produits auxquels on l’applique et qu’elle soit très faible sur tous les produits de première nécessité dont l’énergie.
        Vous n’êtes pas le seul dans ce cas, cela fait même partie du programme d’EELV ! Alors votez pour vos idées et pas en fonction d’un supposé homme providentiel smiley


      • devphil30 devphil30 8 juin 2011 15:12

        Bravo pour cet article qui nous rapelle que la solidarité n’existe plus dans ce pays du fait de ce gouvernement.

        Comment politiquement on peux faire passer la modiifcation de l’ISF à l’avantage des assujetis et dans le même temps dire que le RSA coute trop cher et envisager des mesures pour obliger les gens à travailler.

        Meme si aujourd’hui , on parle de mesures à la discretion des communes en fonction des personnes qui peuvent travailler etc ...
        Le loup est dans la bergerie car ensuite on dira aux ommunes qu’il faut d’implication donc on durcira la loi et les conditions ( principe de la grenouille que l’on veux ebouillanter )

        Dans le même temps on apprend quoi , que Mr Ferry ( arriere petit neveu de Jules Ferry ) est payé par l’universite 4.500 €/ mois pour 200 heures par an et qu’il ne se rend même au cours qu’il doit donner surement du fait de la médiatisation actuelle qu’il a provoqué.

        Avec le salaire de ce monsieur , on peux fournir un RSA à 10 personnes , il faudrait vraiement que tous nos politiques comprennent que le Français en ont marre de voir l’aggravation des disparités entre les élites et le reste des Français.

        Ca bouge en Grèce , en Espagne , Au Portugal , sans proner la révolution , il ne faut perdre de vue qu’on peux se retrouver avec un vote de rejet massif des partis au pouvoir et provoquant l’avenement de partis extrêmes mu par l’idée que perdu pour perdu autant aller aux extrêmes.
        Rappelez vous la crise de 1929 suivi par la recession de 1933 et suivi ensuite par l’arrivée au pouvoir de parti totalitaire.

        L’histoire se répéte , regarder en arrière permet de mieux envisager l’avenir pour eviter les erreurs passées mais il est vrai que les puissants s’en tirent toujours....

        Philippe


        • le journal de personne le journal de personne 8 juin 2011 15:12

          Non-lieu

          Nous sommes bien sur une terre où poussent les ragots et les canettes de bière…
          un seul lampadaire pour tout le quartier et d’étranges créatures qui occupent le territoire…
          Ils hallucinaient de voir une chienne ne pas trembler devant des chiens enragés…
          ils m’avaient déjà croqué avec leurs yeux interloqués…
          le tournis, la tournante, je savourais cette chronique d’un viol qui n’aura pas lieu.
           
          http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/non-lieu/


          • K K 8 juin 2011 15:46

            Comme le rappelle M Hirsh, le RSA est financé et même en bénéfice. L’excédent est utilisé « ailleurs » pour combler le déficit de l’état. Cela signifie tout simplement que les « assistés sociaux » pointés du doigt contribuent plus à l’effort national que nos si chers milliardaires.

            La TVA est leur impôt...

            Enfin, si on fait travailler les personnes au RSA, ce sera pour remplacer des personnes qui travaillent déjà. Et donc supprimer des postes et augmenter le chômage. Belle idée !



            • tout a fait ok avec vous

              IL N Y A PAS NI D EUROPE SOCIALE ...NI MILITAIRE...NI POUR LES AFFAIRES ETRANGERES

              CA TIRE DE TOUS LES COTES ...UN VRAI....BORDEL


            • elec 42 elec 42 12 juin 2011 11:05

              a oui,travailler,c’est bien là la grande peur de certains français,comme d’autres de payer leurs impots affligant non !!


              • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 12 juin 2011 22:36

                Encore un pitoyable article de franchouillard misérabiliste.


                • Taverne Taverne 12 juin 2011 23:33

                  Encore une pitoyable réflexion réactionnaire d’un nom à particule qui semble regretter le temps des privilèges de la noblesse et du servage. Le Tiers-Etat n’aurait-il pas coupé assez de têtes ?


                • Taverne Taverne 12 juin 2011 23:44

                  Est-ce du misérabilisme aussi de demander ce que le gouvernement a fait du milliard qu’il a pris au RSA et que les salariés et les retraités financent avec une taxe (mais pas les riches qui son exemptés et auxquels on vient encore de donner un milliard sur l’ISF) ? Le citoyen a un droit de regard sur l’utilisation de l’impôt. C’est dans la Déclaration de 1789.

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