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La grande misère des femmes âgées

canalblog1_0551L’OCDE,Organisation de coopération et de développement économique, vient de réaliser une étude sur la condition de la femme âgée dans le monde qui laisse rêveur sur la situation dans laquelle nos compagnes se trouvent en fin de vie.

Bien sûr, elles ont la chance d’avoir une espérance de vie supérieure à celle des hommes de 7ans (84 au lieu de 77), mais est-ce vraiment une chance ? Car vivre seule, sans son compagnon, savoir que l’on mourra vraisemblablement seule également, et en plus dans la misère, n’a rien de particulièrement attractif. C’est pourtant le sort que nous réservons à celles qui ont mis au monde nos enfants et qui en payent souvent le lourd tribut.

Le tableau ci-contre vous donne, pour un certain nombre de pays, le pourcentage de femmes de 65 à 74 ans qui vivent en dessous du seuil de pauvreté qui est en France de 770 euros/mois, suivant qu’elles sont encore mariées ou qu’elles se retrouvent seules.La France est particulièrement bien placée, puisqu’en avant-dernière position, juste avant la Suède avec quand même 5 % de femmes mariées de cette tranche d’âge en dessous de ce seuil, et 13 % dès qu’elle sont devenues veuves ou si elles sont célibataires ou divorcées. Comme quoi le modèle social français reste un acquis incontestable de notre pays.

Mais que dire en revanche des pays anglo-saxons ? Respectivement 55,41 et 40 % des veuves en dessous du seuil de pauvreté en Australie, aux Etats-Unis et en Angleterre ! Et encore 15, 14 et 10 en étant mariées. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas bon être femme au foyer dans ces pays. Et qu’on se trouve économiquement dans les mains de son mari, tant qu’il est vivant tout au moins, pour vous garantir une vie simplement correcte..

Les raisons en sont multiples. La nature d’abord, qui veut que ce soient les femmes qui assurent la pérennité de la race, alors que socialement nous ne l’avons toujours pas admis. Les inégalités salariales pendant la période d’activité, qui sont en train de se réduire mais qui reflètent aussi une moindre ancienneté du fait des maternités. Ensuite et surtout, la fameuse réversibilité des pensions de retraite, dont j’ai appris récemment avec surprise que c’était une autre, mais dans le sens positif cette fois, spécificité française. Pourtant même en France, la réversibilité des pensions est loin d’être très étendue. Cas idéal, la veuve mariée qui touchera 54 % de la retraite "Sécu"de son mari, plafonnée tout de même à 1392 euros et 60 % de la retraite complémentaire sans conditions de ressources.

Par contre, une veuve pacsée ou hors mariage n’a droit à rien, si aucun contrat de mariage n’existe ! A notre époque, c’est un peu consternant. Mais si elle se remet en ménage, que ce soit en union libre, pacsée ou mariée, elle aura droit, pour la retraite Sécu seulement, à la réversion de la pension du premier mari, à condition toutefois que le nouveau couple soit en dessous de 2227 euros de revenu mensuel.

Tout cela ne va pas bien loin, et explique l’état de pauvreté dans lequel les femmes âgées se trouvent. Au-delà de 74 ans, comme dans ce graphique, la situation s’aggrave encore, puisqu’au pire (l’Australie), ce sont 68 % des femmes seules qui sont sous le seuil de pauvreté, et 21 % quand même en France.

Nos hommes politiques ont été tout surpris, quand les allocations personnalisées d’autonomie ont été créées, de leur succès immédiat, au point que cela a posé des problèmes financiers sérieux aux régions qui les versent. Plus des trois quarts d’entre les allocataires sont des femmes âgées .Ceci explique cela.


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14 réactions à cet article    


  • Alain (---.---.186.86) 22 juin 2006 13:22

    Autrefois, il y avait de grandes familles avec parfois jusqu’à quatre générations sous le même toit. Les anciens n’étaient pas seuls et abandonnés.

    Les femmes de cette génération des années 50, 60 et 70 ont préféré profiter de la vie, faire « carrière » - ce que je dis ne va pas plaire, car c’est dur à entendre - au lieu d’avoir des enfants.

    Résultat : elles vont se retrouver seules (il y a beaucoup plus de veuves que de veufs), abandonnées, avec une retraite misérable et mourront sans héritier.

    Un livre très dur est paru il y a un quinzaine d’années sur cette génération : « Elles croyaient qu’elles ne vieilliraient jamais ».


    • (---.---.145.35) 22 juin 2006 13:34

      ppff vous en connaissez bcp vous des femmes qui veulent aps d’enfants et qui en ont jamais ? déconnez pas ! Non par contre, les enfants n’ont aucune envie d’aider leurs parents, parce qu’on est dans une société ou l’on veut reussir, être épanouies etc, et que aider ses vieux c’est pas épanouissants pour ces jeunes !


    • HELALE (---.---.100.34) 23 juin 2006 11:03

      C’est ce qui s’appelle taper à côté. Parce que justement, celles qui ont travaillé sans rester à la maison, au service du mari, (Je ne parle pas des enfants)celles-là ont une retraite à elle. Elles n’ont pas besoin du mari pour survivre matériellement. Surttout si elles ont eu les enfants tard, cer elles ont eu le temps de faire carrière avant.

      Par contre, celles qui étaient des femmes au foyer,là, elles sont sans ressources, parce qu’elles ont été « entretenues » par leur mari toute leur vie, et n’ont pas gagné d’argent elles-mêmes. Elles ont pensé que la meilleure solution étaient de rester à la maison, c’était la meilleure solution pour leurs enfants pendant les premières années, puis pour leur mari, mais pas pour elles !!


    • mary (---.---.241.120) 2 juillet 2006 14:00

      En réponse à Alain, une question : accepteriez-vous de passer 40 ans de votre vie à rester chez vous à élever vos enfants sans mettre le nez dehors et à en refaire d’autres jusqu’à la ménopause, où enfin, vous pourrez souffler un peu - encore qu’avec les « Tanguy » actuels, vous n’êtes même plus assuré de cela ! Bien sûr que ce que vous dites ne plaît pas, parce que c’est une vision d’homme qui ne considère pas la femme mais seulement la mère : vision bien étroite à laquelle toutes les femmes ne peuvent pas adhérer, même si cela convient à certaines


    • aude (---.---.178.220) 29 juillet 2006 06:57

      Non, les enfants n’ont aucune envie d’aider leur mère, qui les a élevés seule et a payé leurs études de médecine et de biologie. Ils la rejettent, la haïssent, ne veulent même pas qu’elle soit présente à leur mariage car elle n’a pas assez d’argent. Alors qu’ils ont des carrières dont je ne peux que rêver, ils souhaiteraient, à 37 et 34 ans, que je continue à leur donner de l’argent ; or je vis avec une pension d’invalidité et ma retraite sera d’environ 735 euros, après avoir travaillé toute ma vie (tandis que leur père nous a abandonnés pour se faire une belle vie que nous [les enfants très jeunes et moi] l’empêchions d’avoir paraît-il. Mes enfants m’ont prévenue de payer mes obsèques car lorsque je décéderai ils viendront vider mon appartement pour vendre ce qui est vendable et brûler le reste, mais ils ne s’occuperont pas de ce qui restera de moi. Je ne comprends pas pourquoi j’ai donné tout mon amour à des enfants qui se conduisent ainsi, et les psychiatres disent que je mens, car selon eux cette attitude des enfants est impossible en France............. J’espère mourir chaque jour. Je n’ai plus personne et plus rien, et cela à 59 ans.


    • sandyneige (---.---.171.43) 8 avril 2007 20:33

      effectivement, des femmes qui ne veulent pas d’enfant, ca existe (moi)(jamais eu l’envie, donc je n’allais pas en faire pour faire comme tout le monde)

      d’autre part, je comprend que certain enfants rechignent a aider financierement ou meme physiquement leurs parents. en effet, certains parents n’ont pas eté tres tendre ni tres juste avec leurs enfant a l’epoque, alors pourquoi ces memes enfants, une fois grand, devraient supporter de prendre en charge des parents qui les aurait maltraité, brutalisé, mal-aimé ? et ils sont plus nombreux qu’on ne le pensent ...


    • brit (---.---.44.29) 22 juin 2006 13:44

      à priori celles qui ont fait « carrière » n’auront aucun problème financier puisqu’elles auront leur propre retraite ... de plus, ces « carrièristes » ont souvent eu des enfants plus tard ... votre démonstration est complétement à côté des pâquerettes...


      • Alia (---.---.103.74) 22 juin 2006 14:07

        Vous en connaissez beaucoup des gens qui réussissent à faire carrière jusqu’à 65 ans ?

        A part les grands patrons et ceux qui sont sont en libéral ou artisans/commerçants, chez les salariés il n’y en a pas beaucoup vu qu’on les vire à 40 ans.


      • David (---.---.92.11) 22 juin 2006 16:15

        C’est vraiment triste. Aprés une vie entière à travailler et soutenir cette société de se retrouver à l’aube du grand départ dans la pauvreté. Peut être que finalement elles regretteront moins de quitter ce monde.


        • (---.---.205.156) 22 juin 2006 23:22

          Regerdez les pays qui ont les % les pires : les pays anglos-saxons. Pas étonnant avec leurs habitudes sociales depuis un siècle, et plus, à la ségrégation des sexes, à l’individualisme et à la froideur, au refus des mesures sociales (de nos jours qualifiées successivement de « socialistes » et maintenant de « ommuniste » ou de « populiste », à quand de « terroristes » ?!), au démantèlement de la famille traditionelle et unie.


          • dalmatico (---.---.80.7) 23 juin 2006 11:08

            les femmes agées se retrouvent seules du fait d’une espérance de vie plus longue :

            solution 1 : alonger l’espérance de vie des hommes : difficile à court terme.

            solution 2 : vive la méthode Imbert, raccourcissons celle des femme !!! Méthode bien plus facile à mettre en pratique....


            • mary (---.---.241.120) 2 juillet 2006 14:15

              solution 1 : pourquoi pas si cela est possible (mais pourquoi donc cette « inégalité » de vie ??? solution 2 : que vient faire Monsieur Imbert ici ? il ne s’agit pas d’euthanasier tout le monde, j’espère ? solution 3 : prendre en compte enfin la douleur de vivre de nos vieux, reconnaître notre impuissance et notre peur, cesser enfin de reporter sur les personnels hospitaliers et/ou de maisons de retraite, la charge de l’agonie et la mort de nos familles. La mort d’un individu ne commence-t-elle pas lorsqu’il « ne sert plus à rien » ? Il faut repenser totalement l’accueil des personnes âgées et les intégrer dans la vie sociale, non pas les en retirer. Les familles ne pouvant le faire en général (quoique !), c’est à l’Etat de se pencher sur le problème avec ses instances de proximité


            • jacval (---.---.145.112) 20 octobre 2006 07:48

              Je suis AVS dans la région PACA, points stratégique pour les retraités. Mais lorsque vous étes née ,fille, dans une famille nombreuse que vous avez à l’heure actuel entre 70 et 90 ans, il n’était pas concevable alors que vous fassier des études.Celles ci étant réservé aux garçons,et encore seulement s’il n’avait pas besoin d’eux pour travailler les terres et nourrir le reste de la famille. Alors on se mariée, on procrée, on aidée le mari au champ et on pensée que sa serait ainsi jusqu’a la fin des temps. Hors aujourd’hui votre mari à la maladie de Parkinson, 88 ans et vous 81 et vous devez l’aider. Mais physiquement se n’est plus trop possible car vous aussi vous êtes usez(bien que + résistante)et il vous faudrez bien de l’aide(existante). Mais comment payer cette aide losque que vous vivez sur une seule retraite qui du faite que votre mari était paysan reste en dessous des 1000euros par mois pour 2. Que vous avez un loyer de 545 euros,+ EDF,+++, comme tout un chacun. Croyez vous qu’elle n’est contribuer en rien et qu’elle n’a pas de droit. Nous avons un bon système social(avec des lacunes, certes)nous ouvrons nos portes et donnons des aides a tout étranger en difficulté,nous avons les droits de l’homme, les droits de l’enfants etc, mais nous laissons NOS MERES,NOS GRANDS-MERES, vivres pour certaines en dessous et les autres au limites du seuil de la pauvretée et cela apparament ne dérange pas grand monde. Et pourtant sans ses femmes nous ne serions et n’en serions pas là aujourd’hui.


              • never green (---.---.64.135) 20 octobre 2006 08:47

                On va y venir aux solutiions « kits de suicide » pour les p’tits vieux ... au début il y a les infections nosocomiales et les accidents rouitiers ensuite vu le désengagement de l’état et des régions pour les campagnes je parie que l’on proposera des dégrevements fiscaux aux familles où les vieux accepterons l’euthanasie ! Bien entendu cela n’affectera l’age des nos politiciens ...

                Qui a dit Soleil vert ?

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