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Accueil du site > Actualités > Société > La guerre à la guerre contre la drogue

La guerre à la guerre contre la drogue

Un sujet de plus à mettre dans la pile « On n’en parle pas assez durant cette campagne » : la légalisation des drogues. Mon propos n’est bien sûr pas ici de faire l’apologie de l’utilisation de produits toxiques pouvant dans certains cas entrainer la mort (d’ailleurs je n’y ai pas intérêt sous peine d’être poursuivi, vive la liberté d’expression en France !). Mais au-delà de cela, l’argumentaire libéral est vaste afin de combattre ce que certains n’hésitent pas à appeler La Nouvelle Inquisition : la guerre étatiste contre la drogue.

« Il n’y a pas de drogue douce ou de drogue dure (...), il n’y a que des drogues interdites. » Nicolas Sarkozy a pour une fois tout à fait raison dans son discours. Il n’y a pas de réelle définition de ce terme. Une drogue n’est une drogue que parce qu’un gouvernement l’interdit. Le hasch n’est pas une drogue à Amsterdam mais en est une à Paris. L’alcool était une drogue aux USA dans les années 20 mais ne l’est plus aujourd’hui. Notre bientôt très regretté ex-ministre de l’Intérieur a encore rappelé sa position néo/ultra (barrez la mention inutile) libérale sur le sujet le 5 février sur TF1 : « Je ne légaliserai pas la drogue, je la combattrai. (...) Le vin est un produit du terroir que l’on ne doit pas culpabiliser » ou encore : « Sur la drogue, guerre totale ».

La nouvelle inquisition

Comme le dit Christian Michel sur le site Liberalia : « Lorsque les magistrats et les policiers prétendent qu’ils mènent la "guerre à la drogue", ils abusent des mots. "Persécution" est le terme qui convient. Appeler leur croisade "persécution" rendrait la cause des policiers moins populaire, mais décrirait mieux la réalité. Car notez que dans une guerre, il y a deux adversaires qui luttent pour s’imposer l’un à l’autre. Or, le drogué ne menace personne, il se trompe certainement dans la voie qu’il a choisie, mais il n’oblige personne à le suivre ; le drogué ne contraint personne à se droguer, c’est nous qui voulons, par la force des armes, lui imposer notre propre façon de vivre. » Et il continue : « Nous sommes bien ici dans le domaine de la croyance. Nous avons ici l’évidence que cette persécution est d’ordre religieux. Expliquer à un procureur genevois ou new-yorkais qu’il peut y avoir du plaisir à fumer un joint est tout aussi inutile (et dangereux) que de vanter à un ayatollah les mérites d’un vieux bordeaux. ». Bien entendu, que la drogue soit ou non légalisée, chacun reste responsable de ses actes. Mais ce sont les actes du drogué que nous devons juger, pas sa prise de stupéfiants !

Se préoccuper vraiment de la santé du drogué

Il nous faut d’abord étudier les vrais dangers de la drogue. Bien sûr, la communauté scientifique semble divisée sur le sujet. Mais il y a un point qui fait l’unanimité : le produit prohibé, vendu sous le manteau, est largement plus nocif que celui vendu dans un commerce normal. En effet, comment un consommateur peut-il se retourner contre le producteur qui aurait modifié le produit afin d’augmenter sa marge ? Cela nous donne par exemple du cannabis coupé au verre pilé ou de la coke à l’atropine. Du point de vue de la santé publique individuelle du drogué, il semble donc que la légalisation soit extrêmement positive. De plus, le vieil adage selon lequel on passe souvent du joint à la "piquouze" est très exagéré. En effet, si tous les consommateurs d’héroïne ont expérimenté le cannabis auparavant, seul 1,75% des fumeurs ont testé par la suite l’héroïne.

Faire baisser la délinquance grâce à la liberté et à faible coût

Le premier flic de France n’a cessé de nous ressasser durant 5 cinq ans son discours sécuritaire dont le but était bien entendu de légitimer la présence d’un Etat fort, la seule solution pour résoudre tous les problèmes de délinquance. Mais il a oublié à quel point cette dernière est liée au problème de la prohibition. Vincent Bénard, scientifique collaborateur à l’institut Hayek, nous rapporte cette anecdote : « Un père de famille à qui je tentais d’expliquer mon point de vue m’a rétorqué : "Mais si c’était votre fille qui se droguait, seriez-vous toujours favorable à la dépénalisation ?". Ce à quoi je lui ai rétorqué, à sa grande surprise : "si par malheur votre fils se droguait, préféreriez-vous que la société le traite comme un malade ou comme un délinquant ? Préféreriez-vous pouvoir lui payer sa drogue sur vos revenus ou qu’il soit obligé de vous voler, de braquer ou de faire la pute pour payer ses doses ?". » A ses propos, je me permets d’ajouter ces quelques statistiques : l’an dernier, les tribunaux fédéraux des États-Unis ont poursuivi 18.000 personnes et ont rendu un verdict de culpabilité dans 15.000 cas. Les deux tiers des 100.000 détenus du système carcéral fédéral ont commis des délits liés à la drogue. En tout, 250.000 Américains sont incarcérés pour des violations de la législation antidrogue. Mais ce n’est pas tout. Dans un marché clandestin, comme n’a cessé de le répéter Milton Friedman, les mafias prennent rapidement position, et entraînent avec elles une violence inouïe afin d’être en position de monopole sur un territoire donné. Et les mafieux arrivent à se protéger facilement de la justice, les bénéfices juteux qu’ils réalisent étant réinvestis en partie dans la corruption de fonctionnaires complaisants, dans leurs avocats ou encore dans leurs services de sécurité. Par contre, le petit dealer de quartier qui fait son business honnêtement sans se la jouer à la Scarface ainsi que les consommateurs finaux ne peuvent bénéficier de cette protection financière et ce sont eux les grands perdants de la politique répressive. Tout cela, vols, meurtres, prostitution, corruption, serait alors réduit de façon phénoménale dans un marché libre. Et sans en plus avoir besoin des sommes colossales investies dans cette persécution pourtant d’une inefficacité redoutable et qui bien entendu, sont réglées par les contribuables. Exemple, le budget annuel de l’ONU consacré à la guerre contre la drogue est de 50 milliards de dollars. Or, 13 millions de personnes s’adonnent toujours aux opiacés - comme à la fin des années 1990. Et la consommation de cannabis est en augmentation, notamment en France.

Mais le nombre de consommateurs risque-t-il d’exploser ?

C’est ce qu’on pourrait penser a priori. Sauf que cette théorie n’a jamais été vérifiée dans les exemples (malheureusement peu nombreux) de légalisation. La fin de la prohibition aux Etats-Unis n’a pas été caractérisée par une hausse du nombre d’alcooliques. Et faut-il rappeler que la Hollande possède un pourcentage de fumeurs de joints dans la population totale moindre que la France. De plus, comme le dit Vincent Bénard : « Il est loin d’être certain que la consommation exploserait. N’oubliez pas qu’actuellement, les personnes qui tombent dans la drogue sont approchées par des dealers au marketing particulièrement actif, qui proposent des doses gratuites, dans l’espoir de profits ultérieurs bien plus élevés. Ces dealers, parfois eux-mêmes toxicomanes, donc particulièrement incités à élargir leur clientèle, cherchent leurs clients, les sélectionnent, les appâtent ; ce sont des vendeurs le plus souvent très performants. Demain, si la dose de drogue légale vendue en pharmacie coûte, disons, entre 1 et 3 euros, les dealers de rue disparaîtront car ils ne pourront pas espérer faire du bénéfice en vendant de la drogue "artisanale" à de tels prix. Autrement dit, pour tomber dans la drogue, un consommateur devra faire de lui-même le pas de rentrer dans une pharmacie, de demander à acheter un paquet de 5 doses à 10 euros, et s’initier tout seul à la consommation. Sont-ils si nombreux, ceux qui sont prêts à faire le pas, sans "ami bien intentionné" pour les assister, surtout si sur les boîtes de drogue figurent des photos de drogués avec en légende "Attention, si vous consommez ce produit, demain, vous pourriez ressembler à ça" ? » Car en fait, légalisation ne signifie pas promotion. Il est à espérer que toutes les associations privées antidrogue communiqueront d’autant plus sur les dangers des stupéfiants, aidées pourquoi pas dans un premier temps par l’Etat (utilisant les surplus de TVA collectée) afin de négocier le tournant de la légalisation. N’y voyez pas là un appel à une action étatiste durable. Seulement une stratégie d’évolution efficace et surtout rassurante pour l’opinion publique. Dans le même ordre d’idée, il paraît difficile de permettre l’apparition d’héroïne dans les rayons de Carrefour du jour au lendemain car la dépendance à cette dernière peut être quasi instantanée.

La position des politiques français sur le sujet

Celle de Sarkozy semble claire. Pour les autres, très intéressant article sur le site droguesnews.com. On y apprend que Sego est passé de « Je ne suis pas favorable à la dépénalisation de la consommation de drogues, mais en même temps je crois qu’il faut sortir de l’hypocrisie » à « je m’engage, si je suis élue, à ouvrir un grand débat public et transparent avec tous les acteurs concernés : associations, magistrats, parents, usagers, policiers et médecins. » Génial ! Encore une fois, quelle prise de position courageuse avec un débat qui n’aura probablement jamais lieu et pour lequel on se demande quelles en seraient les modalités ? Un face-à-face dans un 20 heures entre un membre de la BAC (brigade anticriminalité) et un dealer de cocaïne, suivi d’un vote par SMS des téléspectateurs pour déterminer si le sujet sera étudié par une commission parlementaire ?
Bayrou : bien qu’« un peu tout fou » lorsqu’il était adolescent, le petit François a affirmé n’avoir « jamais touché à la drogue ». « Si je suis élu président de la République, j’aimerais qu’on se réunisse pour faire de la prévention efficace. » Et finalement, il s’est déclaré contre la dépénalisation bien qu’il juge « inadaptée la loi actuelle » qui punit l’usage du cannabis d’une peine de prison et de 3.000 euros d’amende. Donc, pas grand-chose à voir de ce coté-là. Par contre, Besancenot, lui, m’a presque donné l’envie de voter pour lui (si le communisme n’avait pas fait 100 millions de mort, et pour quelques centaines d’autres raisons) : « L’hypocrisie doit cesser. Je suis donc favorable à l’abrogation de la loi de 70, à la dépénalisation de la consommation des drogues et à la légalisation du cannabis. » La même position que Madelin en 2002 ! Du côté des Verts, si le sujet avait fait débat au sein du parti il y a cinq ans, je n’ai trouvé aucune allusion à celui-ci dans le programme de Voinet pour 2007. Un oubli peut-être ? Des personnages politiques un peu plus marginalisés dans leurs partis ont pris une position pro-légalisation. C’est le cas à droite de Jean-Luc Roméro et à gauche de Bernard Kouchner, mais ils sont assez peu entendus. Enfin, Alternative Libérale se prononce pour la légalisation encadrée du cannabis dans un premier temps avant « d’ouvrir un débat national plus général sur la prohibition des drogues ». Pas comme Ségo, j’ose espérer !

En manque de liberté

Je laisse le mot de la fin à Christian Michel : « Ce que révèle cette question de la drogue est combien notre société est en manque - en manque de liberté. Pourtant je suis sûr que la légalisation complète de la drogue est aussi inéluctable à terme qu’elle est difficile à imaginer aujourd’hui. Je dis que dans vingt ans nos enfants seront effarés d’apprendre que nous avons persécuté les drogués, exactement comme nous avons du mal, nous, à imaginer que nos parents ont emprisonné des homosexuels et des brasseurs de bière, et que nos ancêtres ont brûlé des hérétiques et des sorcières. » Et de conclure, paraphrasant Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous fumez ou sniffez, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le faire. »

Yoan Haran

harany@esc-clermont.fr


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63 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 5 avril 2007 10:48

    Pourquoi toujours ce faire l’avocat des trafiquants de drogue qui veulent monter leur franchise en France ?

    La drogue est un mal absolu dans nos sociétés et les revendeurs petits ou grands doivent être sanctionné avec la plus grande sevérité.

    Le consommateur doit etre considéré comme un malade,dépendant d’une substance nuisible qui le détruit de l’intérieur

    A quand des contrôles anti-drogue dans les boites de nuit qui vivent bien en ce moment de la cocaine


    • nisco 5 avril 2007 11:15

      Encore une occasion raté de se taire mon cher Lerma ! smiley

      Mal absolu, et donc tu es le représentant du bien absolu ? Merci de nous dicter comment « il faut » vivre, penser, etc. etc. Au fait, j’ai prévu de manger un kebab à midi, est-ce que c’est bien ou c’est mal ?

      « Le consommateur doit être considéré comme un malade » c’est pour ça qu’il faut le mettre en prison ou l’amender comme tous les autres malades ? smiley

      Les programmes sur TV Argentine doivent être vraiment intéressants dis-donc ! smiley

      Nisco


    • tvargentine.com lerma 5 avril 2007 11:38

      assure toi de la fraicheur de la viande,car comme il y a eu plein de contrôles sanitaires dans les kebabs,ils semblent qu’ils existent un vrai risque sanitaire. smiley

      Oui les programmes sur TVARGENTINE sont pas mal


    • gAZi bORAt (---.---.164.192) 5 avril 2007 10:55

      Qu’est ce qu’une drogue ?

      L’auteur a le mérite de soulever cette question de la définition. Et de citer Mr Sarkozy qui y répond en partie : c’est une substance illicite.

      Or les substances illicites d’aujourd’hui ne l’étaient pas hier.

      Un exemple : l’héroïne fut commercialisée par Bayer comme un antitussif tuberculeux et son fabricant réussit pendant 14 années à bloquer tous les rapports faisant état de l’usage détourné du produit et de la dépendance qu’il produisait.

      Un autre : la cocaïne fut longtemps vantée dans des placards publicitaires (le vin Mariani) par des témoignages de personnalités (dont le Pape) qui vantaient ses vertus. La dangerosité du produit était pourtant déjà connue des scientifiques.

      Aujourd’hui, la France figure dans le peloton de tête des consommateurs de psychotropes, prescrits par des médecins, comme autrefois nombres de stupéfiants, au grand bonheur des laboratoires.

      Ma question est la suivante : certains de ces produits ne seraient ils pas plus dangereux que certains produits vendus par des circuits mafieux et que l’on catalogue dans ces « drogues douces » dont Mr l’ex ministre de l’Intérieur nie l’existence ?

      gAZi bORAt


      • Toins (---.---.205.124) 5 avril 2007 10:58

        Article intéressant et je suis sur le fond d’accord avec vous.

        Par contre ce genre de phrase de toute faite « si le communisme n’avait pas fait 100 millions de mort » m’insupporte. A la limite que vous disiez « les communistes », sinon il va falloir faire un compte pour le « capitalisme ».


        • nisco 5 avril 2007 11:18

          Et que dire du christianisme...

          Merci Toins, j’ai eu la même réaction. Pourquoi qq un qui semble si pertinent dans ses réflexions se rabaisse ainsi à un simplisme des plus basiques ? smiley


        • thirqual (---.---.57.64) 5 avril 2007 11:44

          (surtout quand on compte dans les 100 millions les morts causées par les comportements des blancs en Russie, aha. Ya assez de raison de vomir le communisme tel qu’il a été pratiqué pour ne pas sortir des arguments aussi boiteux)

          Article excellent sinon, clair, bien argumenté, un tour d’horizon des propositions sans détours. Merci.


        • yoan_haran (---.---.48.217) 5 avril 2007 14:56

          @Toins et Nisco D’accord, je veux bien rectifier, et dire que ce sont les communistes qui ont fait 100 millions de morts. Il est vrai que des mots ou des concepts ne peuvent tuer, par contre des hommes, au nom de ces concepts, peuvent le faire. smiley

          @Frederic9 Elle est très bonne celle là : sachez que je ne suis ni Breton,ni Musulman, mais Basque et Catholique !! smiley


        • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 5 avril 2007 11:00

          il ne faut pas oublier que la culture du chanvre est plusieurs fois millenaires et quelle à été interdite en France et mis au ban des plantes utiles à cause des états unies qui voyaient d’un très mauvais oeil la culture d’une plante ne neccesitant aucun engrais et aucun pesticide alors que le coton en utilise beaucoup.

          l’hypocrisie est encore plus grande quand on sais qu’environs 20 médicaments a base de cannabis sortent des laboratoires par an ( cela va des pomades anesthesiante pour bébé, aux médicaments pour la sclérose en plaque ou les glocaumes ).

          pour les autres drogues, le constat est le même que dans les années 80.La chasse au canabis fait monter les prix alors que l’éroine chute de prix grace à la production afghane et iranienne avec comme conséquence des décés par overdose et des infections du à la méthode de consommation alors que personne ne meurent à cause du cannabis.

          c’est a se demander si nos politiques possédent un intéret financier dans la prohibition.

          Z


          • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 5 avril 2007 11:02

            ha oui autre chose l’alcool est une drogue dur, très dur même pourquoi on ne l’interdit pas !!! Car il y a des intérets financiers derrière et la on ne se pose pas la question de la santé publique.

            Z


          • nisco 5 avril 2007 11:25

            Cher O.Z. Acosta,

            C’est très intéressant de voir le lien qu’il y a entre la pénalisation du cannabis qui a commencé dans les années 20 aux USA et la découverte des fibres synthétiques (nylon en part.) par DuPont de Nemour. Il est d’ailleurs très « surprenant » que le département de lutte contre les drogues aux USA dépendent du ministère des finances et non de la santé ou de l’intérieur. En fait DuPont a simplement usé de son influence à travers son banquier, premier conseiller du ministre des finances, pour faire passer des lois anti cannabis. C’est une très longue et intéressante histoire que j’aimerai conter lorsque j’aurai le temps et les sources nécessaires. Un super documentaire était passé sur Planète il y a qq années mais n’est pas dispo sur leur site...

            Bien à toi,

            Nisco


          • schroen (---.---.175.112) 5 avril 2007 11:40

            Tout à fait Nisco, ce documentaire était passé sur planète. Un constat sidérant de voir que les lobby pétro-chimique en mise à bas la culture du chanve pourtant écologique...

            Schroen


          • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 5 avril 2007 11:47

            En allemagne, la production de chanvre à augmenté ses dernières années car l’huile de chanvre à un pouvoir d’ignition 10 fois supérieur à l’huile de colza ce qui veut dire que l’on obtiens 10 fois plus d’huile avec. Les industiels pensent l’utiliser comme substituant au pétrole car la culture ne nécessite aucun engrais ou pesticide contrairement au colza.

            De plus les allemands l’utilisent comme bio-masse car le rendement est nettement supérieur aux autre oleagineux.

            Seulement en france, le tabou du chanvre considéré comme drogue est très impreigné.

            cependant, la consommation de produits de marché noir va constituer un problème de santé publique car les produits de coupe sont encore plus nocif que la drogue ( sauf pour les drogues dur ).

            ce qui est très surprenant cependant c’est qu’en France l’alcool tue plusieurs milliers de personnes par an, crée des dépendances très fortes ( avait vous déjà vu des alcoolique en manque moi oui c’est terrible ) alors que l’état se contente de faire des spots publicitaires. Pour le tabac, il font beaucoup plus alors que la dépendance et les problèmes de santé viennent des agents saveurs, produit squ’il serait facile de faire suprimer.

            Z


          • Toins (---.---.205.124) 5 avril 2007 14:16

            C’est tout de même en train de changer en France avec notamment la chanvrière de l’aube et une toute nouvelle coopérative de chanvre bio en midi-pyrénées. La culture est orientée fibres pour fabriquer, entre autres, des composites plastique-fibres végétales (AFT plasturgie) ou des matériaux pour l’isolation.


          • Asu Asu 5 avril 2007 11:16

            Bel article, je suis entièrement d’accord avec l’auteur.

            Une dépénalisation, au moins du cannabis, résoudrait bien des problèmes et amenerait à une meilleur dépense de l’argent public !!!

            exemple : gros festival de musique du coté de paris, un dimanche d’été sous un beau soleil. Nous nous y rendons avec un ami par les transports en communs. Une navette nous améne sur le lieu de la fête.

            Mais oh surprise, à l’arrivée de la navette, 20 policiers attendent au garde à vous pour fouiller les personnes présentent dans la navette. Sont également mobilisés, 6 voitures de police, une camionette, un utilitaire et 2 chiens anti-drogue. Après la fouille, du cannabis est trouvé sur une dizaine de personne. Prise de déposition, destruction des produits et puis les personnes sont relachés (elles auront qd même la surprise d’apprendre 6 mois plus tard qu’elles sont quand même redevable de 90 euros d’amende). Même chanson pour les navettes d’après.

            Mais à quoi tout cela a servi ? arrêter des traficants mafieux ? surement pas. gacher la fête à une centaine de personne pas plus criminel que vous ? certainement rendu un peu plus vénéres les quelques forces de l’ordre venus se cuire en uniforme sous un soleil de plomb au lieu de pique niquer avec leur famille ? probablement (il ne s’attendait surement pas à faire ce genre de tâche ingrate quand ils se sont engagés)

            donc, une question à ceux qui se déclare antidrogue... qui est gagnant la dedans ? à part gonfler les chiffres de la criminalité de M. Sarkozy, à quoi cela sert-il ? croyez vous que les quelques gens arrêter ce jour-ci soient criminel et méritent d’être envoyé en prison comme l’exige la loi ? ne serait t-il par exemple par plus juste de dépanaliser les faibles quantité de drogue inférieur à qq grammes ? (on y était d’ailleurs presque arrivé sous jospin) cela vous parait il nromal que l’argent public soit dépensé à cela ?

            enfin bref, il y a encore du chemin à faire xD


            • gedm (---.---.4.203) 5 avril 2007 12:05

              Tout cela est très juste.

              J’ajouterais :
              - que la prohibition devrait être le tout tout dernier recours dans tous les domaines

              - qu’en Belgique ainsi qu’au Québec, le cannabis est toléré à petites doses. Ici en Belgique on a même le droit d’avoir des plants chez soi je pense, mais pas q-plus que deux (corrigez-moi si je me fourvoie)

              A ma connaissance (limitée il est vrai), les deux pays qui se montrent les plus sévères envers les consommateurs de drogues douces sont la France sous Sarkozy et les USA...


              • nisco 5 avril 2007 14:23

                @gedm

                il parait qu’il y a même une petite localité hollandaise qui a décidé d’enlever tous les feux tricolores et autres panneaux de circulation et ils ont vu le nombre d’accidents chuter ! Les gens font plus attention et roulent donc moins vite. C’est même plus que la prohibition tu vois, même les lois devraient êtres utilisées au dernier recours, mais c sur qu’il faut s’habituer à s’assumer quand cela fait des décennies que l’on est « encadré » si c’est pas assisté...

                Trop de lois tue les lois. La voie du milieu je vous dis ! rondgngngngn comme dirait franquin smiley

                Nisco


              • frederic9 (---.---.232.32) 5 avril 2007 12:06

                Voici un auteur d’article dont le nom et le prénom sonnent breton bretonnant, mais qui est sûrement plus proche des traficants musulmans que des marins de Douardenez !!


                • gAZi bORAt (---.---.164.192) 5 avril 2007 12:27

                  « traficants musulmans »

                  La CIA a longtemps trafiqué l’héroïne du triangle d’or. Charles Pasqua a lui-même, du temps du SAC, été mis en cause dans l’importation de stupéfiants aux états-unis par le Narcotic Bureau des années soixante.

                  De grâce, gardez vos amalgames simplistes. Sinon, tous les Bretons seraient des nazis du fait des accointances des indépendantistes de l’époque avec l’occupant allemand.

                  gAZi bORAt


                • wired (---.---.92.11) 5 avril 2007 13:14

                  La connerie humaine première drogue auquel bon nombre sont accros devraient être au plus tôt pénalisé.... smiley


                • Emmanuel (---.---.132.208) 5 avril 2007 14:43

                  « Voici un auteur d’article dont le nom et le prénom sonnent breton bretonnant, mais qui est sûrement plus proche des traficants musulmans que des marins de Douardenez !! »

                  Idiot, c’est justement en mettant les produits en vente libre top qualité à bas prix sous contrôle de l’état que l’on détruit mécaniquement tout trafic.

                  Et cela en est le seul moyen efficace.


                • yoan_haran (---.---.48.217) 5 avril 2007 15:08

                  @Frederic9 Elle est très bonne celle là : sachez que je ne suis ni Breton,ni Musulman, mais Basque et Catholique !!


                • Dam (---.---.165.148) 5 avril 2007 18:09

                  Ouais et laissez donc nos marins fumer leur pétard tranquille Nom d’un shilom !


                • Mysticman Mysticman 28 novembre 2007 10:33

                  Pasqua devait aussi peut-être fumé des pétards lorsqu’il était ministre de l’intérieur. Je ne serai vraiment pas surpris d’apprendre que Sarko est un consommateur de cocaine d’ou son énergie incroyable. IoI


                • GRL. (---.---.28.166) 5 avril 2007 12:21

                  Bonjour à tous .

                  ALors voilà , nous voici replongés dans le sempiternel débat autour de la drogue , et des libertés.

                  Un angle de vue , je vous donnerai , comme à chaque fois , juste un angle de vue , que je n’ai tout de même pas entendu ni lu jusqu’à présent et qui pourtant représente à mon sens une des clés de ce dilemme. Celà m’oblige à écarter toute hypocrisie sur la question . Je le précise alors à l’avance , il ne s’agit pas ici pour moi , de porter jugement sur les personnes , mais de démonter des mécanismes individuels , et sociaux. Ceci étant dit ,

                  1 ° ) Que nous dit la pensée individuelle ?

                  L’individualisme nous pousse tous à revendiquer , demander des tas de choses que l’on fait passer sous la dénomination « libertés » . Soit. Alors , effectivement , le consommateur de substances ne nuit à personne , il n’est que, dans le pire des cas ( OD ) , « l’assassin » de lui même et çà ne regarde que lui , n’engage que lui. L’individu se veut ainsi libre de faire ce qu’il veut avec son corps , y compris au travers de l’agression chimique volontaire. Qui arrive et prétend donner la leçon en revendiquant l’interdiction est évidemment un « empêcheur d’être libre » . De quoi se mêlent ils , ces censeurs ... Est ce qu’on les a forcé à fumer où à boire ? qu’ils arretent de nous faire ch ... , nous l’avons tous entendu et oui , cet individualisme , ce cloisonnement individuel de la pensée fonctionne en tant que raisonnement avec une logique qui est difficile à entamer, car le raisonnement y est porté au nom de la liberté individuelle et cette liberté est tout de même une dimension chere à chacun , que l’on défend souvent bec et ongles . Soit.

                  2 ° ) L’individu , de prise en prise.

                  Le phénomène de la « prise de drogue » , lui est basé , quelque soit la dope sur deux étapes à peu pres génériques :

                  « la montée » , ce que le consommateur recherche, dans laquelle les effets « vendus » se manifestent, et

                  « la descente » , ce dont il se passerait volontier, parce qu’elle contient une « phase dépressive » parfois sourde ou discrète comme dans le cas du cannabis , mais qui, lorsque le consommateur devient un habitué, et bien, ... ne s’arrête jamais , ne le quitte plus , et motive une condition d’addiction , c’est à dire , ... légitime individuellement et même par extension , socialement , un quotidien ... de prise en prise.

                  Beaucoup de gens savent celà même si ils s’en défendent , mais encore une fois , le jugement n’est pas la motivation de ce discours . Non , le plus dur à accepter dans le rapport addictif , c’est le fait que la substance contient ses propres effets et conditionne le corps et l’esprit pour les rapeller ... à elle . C’est la perte d’objectivité que l’on constate , et qui suscite souvent de vives réactions et de grandes explications mettant en action toute une construction mentale visant à rassurer le consommateur sur une chose , sur le fait qu’il « contrôle » toujours la situation ... alors que le produit et non pas le consommateur , ... commande .... peu à peu l’addiction .

                  C’est pour cette raison précise que le jugement est inutile. C’est le principe de la drogue , on ne l’apellerait pas ainsi sans celà , on ne l’a pas appelée ainsi pour rien non plus , non ?

                  3 ° ) L’effet sur le groupe , par multiplication du phénomène.

                  Le groupe est aussi une entité vivante. On parle de societé dynamique , ou de societé déprimée , on donne des adjectifs pour qualifier un groupe , depuis longtemps . Chacun est ainsi capable de se concentrer un moment sur l’entité que forme notre superorganisme social. Soit , focalisons si vous le voulez bien.

                  Alors voilà , lorsqu’une societé est par exemple , en difficulté comme la notre en ce moment, le pays est dans une situation où ses forces vives sont sollicitées pour réagir , où l’on a besoin de cohésion entre les individus pour orienter la marche d’un groupe de manière significative , si nous sommes effectivement dans ce cas :

                  Alors , si un pourcentage non négligeable de ces forces vives alterne entre montée et descente , cultive une déprime individuelle, « une vision grise du monde » par les yeux de la dépression, du manque de confiance en soi ( coke , à la fin il en faut pour aller acheter le pain ...) , il devient alors tres difficile d’agir sur le superorganisme France ( nommons le par exemple ) afin de solliciter ses forces vives , car une partie de la population est cloisonnée dans une vision et parfois même des revendications comme celles de la légalisation. Comment saisir , et surtout agir , sur les courants de pensées collectifs , lorsque notre pensée est ainsi façonnée au nom de l’individu ? La prise de drogue nous montre ici quelque chose de tres important. Il y a des moments où un pays a besoin de tout ses bras , et de tout ses cerveaux pour effectuer des mouvements structurels et dans ces moments là , m’est avis que l’espoir et la motivation ne sont pas les compagnons de route « des substances » , et celà , tous les consommateurs le savent.

                  Autrement dit , l’on pense n’agir que sur nous même jusqu’au moment où l’on réalise que l’on ne peut plus répondre à l’appel du groupe car l’attitude de l’addiction , lorsque le groupe la juge ( et c’est là où c’est délicat ), est basée sur le cloisonnement , l’isolement social , en quelque sorte.

                  Exemple frappant d’un isolement provoqué sur un microcosme social : Le drogue comme une arme contre l’integration.

                  Le cannabis a longtemps servi aux gouvernements à diminuer la « tonicité sociale » des quartiers sensibles , empêchant réellement des tranches entieres ( d’age ) de population d’entrer dans celles de nos villes. La « cité » en tant qu’entité fermée sur elle même est déjà isolée socialement car géographiquement ( cause ) et l’on lutte depuis le haut contre la revendication d’intégration sociale ( désir , qu’il était si important de prendre en compte ) par la tolérance des trafics à l’interieur de la cité , et notament celui du cannabis ( quasiment tous les jeunes fument des joints - vécu - ), ainsi , la drogue devient l’arme qui tentera d’empecher la construction mentale de l’integration , notament ethnique , car ses effets certes individuels mais multipliés et tres généralisés à un groupe ( les quartiers ), n’ont fait ni plus ni moins qu’orienter ces communautés vers le développement d’un véritable monde parallèle que l’on ne comprend plus aujourd’hui. Les societés maghrébines , notament avaient une prédisposition culturelle à des aspects tres vivants de la solidarité sociale et notament familiale. Ces valeurs étaient de si bonnes choses , des choses que l’on aurait du aimer et prendre . Mais elles ont été tres séverement touchées par l’individualisation , à laquelle l’addiction à beaucoup plus participé qu’on ne veut bien l’admettre . Et d’années en années , la défonce tolérée par les autorités dans les cités, osons le dire , de manière consciente, entre autres facteurs, a terriblement individualisé la nouvelle culture urbaine que nous appréhendons aujourd’hui avec grande difficulté. Les gouvernements le savaient , ils n’ont rien , rien fait du tout , car ils pensaient éviter ... la violence , la réaction sociale à l’isolement provoqué , celui de vagues d’immigration dans des zones closes , des zones en béton . Triste réalité et terribles conséquences.

                  4°) C’est pour celà , que je vous invite , si vous m’avez suivi , à toujours considerer les deux aspects de vos revendications en terme de libertés individuelles , et notament à propos de la drogue , car l’extension au groupe de cetaine attitudes ont parfois des conséquences tres graves.

                  Aurons nous donc , le courage de poser votre regard sur la santé de nos groupes sociaux , et d’inscrire nos actes individuels dans une marche saine , puisque tout le monde semble désirer une societé exemplaire ? C’est à nous , à nous de voir.

                  Merci de votre lecture , GRL.


                  • nisco 5 avril 2007 13:30

                    Cher GRL,

                    J’ai pas trop le temps mais juste pour te dire que dans « drogues » il y a bien plus de choses que tu ne l’imagine. Un article dans Science&Vie traitait de la question et montrait comment le sport (jogging ou autre), la télé, etc. pouvaient avoir tous les qualificatifs que tu donne à tes « drogues ».

                    Et pour la leçon de morale « inscrire nos actes individuels dans une marche saine », tu repasseras car le monde serait d’nhu monotone si l’on n’avait que des comportements sains... La voie du milieu tu connais ? Il est bien plus « sain » de pondérer ses actions que de les restreindre suivant une qualification « saine » bien évolutive au demeurant : dans les années 50 il y a eu des campagnes de sensibilisation pour faire boire du vin aux enfants car bon pour la santé. Pourtant tu es bien le premier à dire que l’abus de vins par toute la jeunesse ne peut que lui nuire, non ? la voie du milieu....

                    Bien à toi

                    Nisco


                  • FreeManu (---.---.107.173) 5 avril 2007 14:00

                    @GRL

                    Je me sens obligé de vous poser la question, car je suis pris d’un gros doute concernant votre paragraphe sur les cités : pensez vous vraiment que les « sociétés maghrébines » aient découvert le cannabis dans les cités françaises ? Il me semble que c’est un produit qu’elles cultivent et donc consomment depuis un certain temps, en tout cas bien avant leur arrivée en France... (mais, bon, c’est sûrement plus simple de regarder de ce côté-ci de la lorgnette, sans prendre en compte, et là pas uniquement au niveau des cités, mais plus globalement de la société, les raisons qui font que l’on prend un « produit », légal ou illégal)


                  • RemiZ (---.---.178.10) 5 avril 2007 14:21

                    Et de rappeler qu’il existe un phenomene de contestation dans la prise de cannabis. C’est interdit, donc ca attire. Forcement. Le probleme est que le cannabis finance les armes, et que cela serait eviter par la legalisation.


                  • GRL. (---.---.28.166) 5 avril 2007 14:48

                    Bien , il est évident que celà suscite réaction ...

                    Maintenant voilà , je ne l’ai peut etre pas assez dit dans le post mais mon but n’est pas de juger et encore moins de prôner la pénalisation ou la dépénalisation . Ce que je cherche à faire sentir , c’est que le groupe n’a pas les mêmes besoins que l’individu , et que les drogues nous isolent dans cette perception de la societé. Elles peuvent couper le lien qui relie l’individu à son groupe social , et , lorsque celui ci , comme nous le vivons en ce moment , a besoin de cohérence , a besoin de retrouver des vecteurs sociaux communs , il est plus difficile de l’appréhender lorsque la dépression latente , effet secondaire ( descente et suite ) touche un grand nombre d’individus et participe à les déconnecter de l’entité groupe.

                    Mais la dépénalisation ou la punition n’ont pas plus de sens l’une et l’autre dans ce contexte . Je ne milite pour aucune , voire même , je serais plus pour dépénaliser cet acte si notre societé était plus unie.

                    Par contre , la chose qui me semble importante , lorsque je parle d’inscrire des actes dans une conscience de groupe en plus de la volonté individuelle , c’est justement parce que la voie du milieu est pour moi ici , mais c’est un point d’équilibre que l’on ne rejoint jamais totalement , il est vrai.

                    L’an passé j’étais au Mali , pays extremement pauvre . Dans Bamako , je n’ai vu en un mois passé dans cette ville avec les habitants , ( excusivement ) qu’une personne qui un soir , était saoule , dans la rue . La réaction des autres a été la moquerie , plutôt gentille , mais les discussions qui ont suivi parlaient , elle , de survie . A savoir , que personne , vu la pauvreté , ne pouvait se permettre de se laisser aller dans ce sens , car celui qui entre dedans est condamné , je veux dire , pour de bon. une sorte d’ethique , certainement pas respectée à la lettre mais partagée dans l’instant par une vingtaine d’interlocuteurs convaincus. Voilà , un exemple , une societé qui va tres mal , et qui marche sur un sentier tellement etroit que le moindre écart de comportement lui est fatal . Les gens avaient conscience de la marche de leur groupe , extremement pauvre en choix individuels , certes mais extremement fragile de fait. Tous le savaient, c’est ce que j’ai pu constater .

                    Quant au quartiers , aux cités , j’y ai vécu , vu et appris ce que je vous dis , tout en rappelant bien à cette occasion que les drogues ne sont pas les causes brutes de ce qui s’est passé , mais qu’en y laissant proliferer un trafic et une consommation , les gouvernements laxistes n’avaient que peu de réponses argumentées des habitants au discours social qui s’imposait , et de fait , une « paix » relative

                    Donner la réplique à l’hypocrisie sociale dont les gouvernements faisaient preuve était pourtant capital en France dans les années 90.

                    Et de ce que j’ai pu voir , entendre pendant des années , à savoir les discours , de plus en plus violents , de plus en plus dans le malaise psychique , j’ai fini par me dire que la dope omniprésente finissait par détourner un message qui aurait pu etre compris , entendu . Mais non , détourné au profit de visions de plus en plus individuelles, cloisonnées et de plus en plus violentes et négationnistes . Plus de place à l’objectivité . Le regard s’est détourné de l’exterieur , et l’a instrumentalisé pour soulager , légitimer la violence devenue interieure et le marasme psychologique. Voilà . Le maghreb connait le hash depuis longtemps , mais la cité est encore une fois un contexte ... de groupe ... qui aurait « preferé » qu’il n’y en ait pas pour que les choses avancent entre nous , pour que nous ne nous séparions pas d’avantage.

                    Et en discutant avec un flic , un soir , jusqu’à trois heures du mat apres m’etre fait exploser la voiture par des petits voisins de 14 ans sans comprendre pourquoi on se faisait çà entre voisins ( c’était assez nouveau à cette époque ) , on en est venu à parler de la dope , et c’est cet homme qui a validé le fait que le trafic était toleré en cité , et ce dans un but bien précis , empecher la formulation d’une révolte , empecher l’union des forces vives de ces groupes , ces mirocosmes étanches , pour ne pas avoir à traiter l’épineux probleme du retour sur l’histoire que ni les gaullistes ni les socialistes n’ont voulu assumer.

                    C’est réellement la seule chose que je cherchais à vous dire . Pas de leçons de moral , juste des voyages dans les populations et des observations .

                    Plus clair ?

                    GRL


                  • nisco 5 avril 2007 16:42

                    Merci pour ces éclaircissements nécessaire, je commence à mieux comprendre ton raisonnement, et donc à mieux voir où je ne suis pas d’accord.

                    J’ai l’impression que tu prends le problème à l’envers : en substance tu dis « la drogue empêche une cohésion sociale », si j’ai bien compris. Alors que de mon côté c’est bien le manque de cohésion sociale qui engendre la consommation de drogue, qui n’est qu’une forme de fuite de la réalité. La société favorise la consommation de drogue ou non suivant son organisation, sinon, comment expliquer une augmentation de la consommation ?

                    « Le maghreb connait le hash depuis longtemps , mais la cité est encore une fois un contexte ... de groupe ... qui aurait »preferé« qu’il n’y en ait pas pour que les choses avancent entre nous , pour que nous ne nous séparions pas d’avantage. »

                    Si le maghreb connait le hash, sa consommation « historique » est mesurée pas comme dans les cités. Le climat d’abandon dans lequel sont les jeunes de ces cités tend à leur donner l’envie de s’évader, de fuir une réalité pas très rose. Si on éradique une drogue, quel que soit le moyen, l’envie de fuir persistera si le climat et surtout l’avenir qu’on propose aux jeunes reste en l’état, c’est à dire flou et instable.

                    Je ne cherche pas à tout excuser et tout mettre sur la société, mais je crois que l’effet est inverse à ce que tu soutiens. La société de consommation est désocialisante, individualisante si tu veux. La consommation des drogues n’est donc, pour moi, qu’un symptôme si tu veux.

                    Pour ce qui est des flics de banlieues, peut-être que c’est ça mais c’est surtout pour ne pas surcharger les tribunaux qu’ils sont obligés de laisser faire, ensuite qu’ils cherchent à se justifier....

                    Nisco


                  • GRL. (---.---.28.166) 5 avril 2007 17:45

                    Merci de ta lecture . En fait , si l’on considère la drogue comme une réponse aux manques d’une societé , c’est toi qui va dans le bon sens et moi dans le mauvais . Si tu la considère comme désocialisante , à ce moment là , on inverse . Certes . Alors il vaut mieux considerer ce que tu dis en premier , à savoir , c’est une réponse ( je vais vite mais tu me suis ... ) , mais voilà , en vérité , il me semble que la poule et l’oeuf sont les éléments d’un cycle , non ? C’est une boucle , une boucle dans laquelle on entre par un point , mais qui semble ne presenter aucune aspérité tant qu’on la considère comme telle .

                    Et pourtant , mon exemple sur la societé malienne à Bamako m’a montré que l’extreme pauvreté installée depuis suffisament de temps avait chassé de ses moeurs le recours à la drogue , non pas que les gens sont coupés les uns des autres , non , au contraire , par contre , ils ont en permanence besoin de leur bras et de leurs jambes , et surtout , une volonté et une détermination d’acier . Exit le shit ! C’est eux qui le disent , et ieux , l’expliquent . Ca menace leur survie , ils doivent rester tres tres soudés pour s’en sortir .

                    L’exemple des quartiers , est autre . Ici , la dope circule et dans les années 90 , la troisieme génération des cités arrive à l’adolescence et découvre quelque chose en place , quelque chose que les gamins ont toujours vu . Adolescence , et on part dedans tete baissée. La societé « cité » , délimitée ainsi n’est pas dans un pays qui lui ressemble , non , l’exterieur vit d’autres choses et il y a une nécessité qui n’est pas que celle de manger , il faut sortir du marasme social .

                    Pour celà , on a trois choix , on accepte et l’on meurt , on formule un argumentaire et l’on prend la voie de la protestation démocratique si chère à nos citoyens , soit on fait la guerre et le sang coule . La fameuse voie du milieu nous aurait tous fait souhaiter que le malaise soit formulé et porté , porté et porté encore à la tribune , mais peu à peu , les occasions de porter cette voix à la tribune se sont évanouies , la dope , qui a accompagné toutes les constructions mentales du malaise que l’on vivait ( j’y étais un temps ) nous faisait refaire le monde entre deux et six heures du matin , on tenait bon , forts , droits sur nos rêves , mais à dix heures le landemain , ... coma.

                    Point de porte parole , point de demande officielles , trop peu de suivi de la main tendue des associations , qui devaient fournir un effort surhumain pour canaliser quelques opinions objectives , pour gagner la bataille sociale . le shit et l’héro abrutissaient tout le monde , et quand les petits qui couraient dans nos jambes ont grandit , ils n’ont eu aucun discernement de la part des plus grands , ou tres , peu , tout le monde s’accordant à dire que çà ne changerait jamais . Le buisness les a également frappé de plein fouet , Nike est une drogue aussi puissante , les jeunes se sont retrouvés comme des panneaux publicitaires , avec de la marque partout , dans toutes les cités de France. Le rap a changé , il vehiculait une protestation construite , eet le buisness se mettant à valoriser les textes de merde , ceux qui construisaient encore se sont retrouvés doublés par ceux qui parlaient de cul et de dope . ... et le message s’est presque perdu . La dope a tellement eu d’effets secondaires sur le mental des petits derniers que vivent aujourd’hui des gens qui ont hérité d’une rage qu’ils n’arrivent plus à expliquer parce qu’ils ont moins de 200 mots à leur vocabulaire . Et de coma en coma , l’école saute , car c’est la journée , le matin , la structure , l’inverse de l’effet de la dope . tres vite , adolescence aidant , on choisit son camp , on valorise l’exces , tres vite , l’espoir dégringloe . Aujourd’hui , Le Pen , Sarkozy , sont à la porte des quartiers , et les Skins se reveillent et annoncent qu’ils veulent en découdre eux aussi ... phénomène de societé . Glissement de coma en coma . Preuve : Il y en a au quartier qui ont tout refusé au niveau dope , sans tout accepter au niveau social . Actions culturelles , educs , ils s’en sortent , continuent à se battre mais sont trop peu nombreux . On peut rien faire entendre à un drogué si sa seule source d’apaisement de l’esprit est sa substance .

                    Mais dans ce cycle infernal , la dope a agi , je te le promets , elle a agi et elle a fait mal , tres mal . Elle a permis aux jeunes de se faire entuber parce que la protestation argumentée n’a jamais pu sortir , parce que la dope en réponse ( certes ) çà la frustration a décidé par l’abrutissement des esprits , le sacrifice des journées , que les mots , la plume , étaient désormais inutiles , mais en vérité , parler et écrire sont devenus ... inaccessibles , et c’est toute la différence.

                    Alors non pas mettre la dope comme RESPONSABLE , mais expliquer que lorsqu’un groupe a besoin de tout ses cerveaux et de toutes ses intelligences pour lutter dans un pays où l’on ne désire pas de violence , la drogue est un élément clé qui invalide le processus et laisse alors place ... à la violence , comme seule réponse , et çà c’est la situation d’aujourd’hui . On ne peut plus discuter , le psychisme est brisé les nerfs sont à vif , et ils sont persuadés qu’ils n’ont aucun choix .

                    Pourtant le Mali est tellement plus pauvre , mais les Bamakois y sont calmes raisonnés , tres observants de leur attitude , et terriblement dignes dans leur intentions. Et pourtant , ils ont de quoi etre révoltés contre nous tous , par la dette ( 42% de leur PIB si je me rappelle bien ) et les conséquences en mortalité directe de toute cette immense pauvreté et d’une mondialisation méprisante . Mais leurs liens sociaux sont préservés , et leurs esprits , sont clairs . Ils survivent et sourient au visiteurs , et moi , je ne me ballade bientôt plus dans mon ancien quartier où les jeunes ne me reconnaissent pas .

                    Le cycle de la « frustration et de la réponse » que tu présentes n’a pu etre investi par la construction mentale d’un discours objectif propre aux démocraties , la dope a isolé les jeunes dans des pensées closes . Ils ne souhaitent plus se tourner vers nous . Et comme la dope n’est pas la seule responsable , la seule à investir la boucle , le buisness est aussi entré pour tuer leurs élans culturels , c’est à dire , le génie pacifique des cité et notament le rap , preuve aussi que l’on ne voulait surtout pas qu’ils en sortent .

                    Voilà , point d’origine à la poule est l’oeuf , mais un oeuf décalcifié , sans coquille , du à une absorbtion de poisons par la poule à qui on a défendu de pondre , mais qui le désirait ardemment , si je puis dire ... me comprends tu ?

                    GRL


                  • bulu (---.---.1.42) 5 avril 2007 12:37

                    L’article omet de parler de geopolitique a savoir : armes, petrole, drogues.

                    Faites la carte des conflits mondiaux ou se vendent les armes, vous tomberez forcement sur des producteurs de petrole ou de drogue.

                    Le marche de la drogue, tout comme celui des armes ou du petrole est bien trop juteux et colossal pour que les regles changent.


                    • Unknown (---.---.241.82) 5 avril 2007 13:00

                      Bon article, qui ne va pas forcément au fond des choses, mais était-ce le but ? J’aime les articles qui parlent de drogue.

                      C’est clair qu’un ramdame du tonnerre est fait pour pas grand chose.

                      Au fait qui a des feuilles ici ?


                      • aurelie (---.---.41.91) 5 avril 2007 13:20

                        Sans doute la majorité des fumeurs de joints s’en tire-t-elle sans grand dommage à court et moyen terme, à long terme les effets de la drogue étant probablement indiscernables des effets d’autres phénomènes. Mais est-ce qu’il ne faut pas protéger la minorité qui va subir les conséquences médicales et sociales que l’on sait ? La désocialisation de certains est une réalité. Quand on arrive à l’adolescence, on est en règle générale fragile et influençable, et fumer de la drogue peut être un moyen d’intégration. Toutefois, l’effet de certaines substances sur le cerveau et le comportement peut être néfaste et nocif immédiatement. Quelqu’un qui sombre dans la drogue démontre par là-même son incapacité à décider ce qui est bon pour lui. Faut-il permettre aux gens de prendre le risque de mal décider ? La drogue est un élément désocialisant, les gens qui fument des joints le font parfois pour s’évader. L’effet délinquance des drogués n’est pas seulement dû au fait que la drogue est illégale. Quelqu’un qui se drogue et n’a pas de travail, doit se procurer de l’argent pour acheter de la drogue, même si elle est légale.


                        • nisco 5 avril 2007 13:32

                          Chère Aurélie,

                          « La désocialisation de certains est une réalité. »

                          Tu parles de la télé, des jeux vidéo ou de l’individualisme de la société de consommation ? Merci de préciser.

                          Nisco


                        • nisco 5 avril 2007 13:37

                          Roclaïsme :

                          Tous les soulards ont commencé par boire du lait ! C’est prouvé chiantifiquement.

                          Bien à toi Rocla smiley

                          Nisco


                        • Toins (---.---.205.124) 5 avril 2007 14:22

                          Si la cocaine était « désocialisante » elle ne s’imposerait pas dans la société comme elle est en train de la faire ! D’ailleurs j’aimerais vraiment qu’un jour nos politiques soient soumis à des contrôles anti-dopage comme les sportifs...


                        • Dam (---.---.165.148) 5 avril 2007 18:17

                          « Sans doute la majorité des fumeurs de joints s’en tire-t-elle sans grand dommage à court et moyen terme, à long terme les effets de la drogue étant probablement indiscernables des effets d’autres phénomènes. Mais est-ce qu’il ne faut pas protéger la minorité qui va subir les conséquences médicales et sociales que l’on sait ? »

                          A ce moment là, doit-on mettre des barreaux à toutes les fenêtres pour éviter qu’une minorité s’écrase dans la rue ?


                        • Rocla (---.---.97.113) 7 avril 2007 08:24

                          Salut Nisco ,

                          Un joyeux salut de Provence .

                          Rocla


                        • (---.---.91.52) 9 avril 2007 00:12

                          La prohibition n’empêchera pas toutes les personnes fragiles de toucher à la drogue, il y en aura toujours. Donc interdire est inutile. Ce qu’il faut, c’est plus de prévention, à tous les niveaux, et ça ne sera possible que quand on sortira du « tabou » et du discours répressif (« la drogue c’est mal parce que si on te prend tu vas en prison »).

                          Mes parents m’ont demandé pendant des mois pourquoi je rentrais avec les yeux rouges avant de comprendre que je fumais. Pour eux la drogue « c’est mal » alors ils ne voulaient pas en entendre parler, à tel point qu’ils ne connaissaient même pas les effets !

                          Et puis la liberté de choix c’est très important. Il vaut mieux vivre dans une société où la drogue n’est pas interdite, et où peu de gens consomment peu, que dans une société où personne ne se drogue juste parce que c’est interdit. La première est nettement moins infantile que la seconde, et l’infantilité est un des grands maux de la société française.

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Auteur de l'article

Yoan Haran


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