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Accueil du site > Actualités > Société > La liberté d’expression : quels principes ?

La liberté d’expression : quels principes ?

Le but de cette note est de résumer la logique de ceux qui défendent la liberté d’expression et de répondre à certaines des objections les plus fréquemment formulées. En effet, beaucoup de gens pensent « qu’on ne peut pas tout dire », mais ce qui est rarement discuté clairement, et qui est la question fondamentale, c’est de savoir ce que l’on veut interdire et sur la base de quels principes.

Tout d’abord, il faut rappeler que le droit n’est pas la morale, et que, même s’il se fonde sur des principes moraux, le droit ne peut pas tout réguler : il y a des actions que l’on peut juger immorales, mais qu’aucune loi ne peut empêcher. Par conséquent, on peut parfaitement considérer que des propos sont odieux, scandaleux, etc. sans pour autant vouloir les interdire.

De plus, dans toute société et à toute époque, la liberté d’expression a toujours existé — du moins pour certains. Personne n’a jamais empêché le pape ou le roi de France de s’exprimer librement. Par définition, la censure est toujours exercée par ceux qui ont le pouvoir et, en particulier, par ceux qui jouissent de la liberté d’expression, contre ceux qui ne l’ont pas. Par conséquent, la seule question à se poser à propos de la censure est de savoir au nom de quels principes les gens qui peuvent s’exprimer ont-ils le droit d’empêcher d’autres de le faire ?

Les partisans de la censure peuvent rétorquer qu’une censure, exercée par des tribunaux et sous le contrôle d’un Parlement élu dans un État démocratique n’est pas la même chose qu’une censure « totalitaire ». C’est vrai, mais cette défense d’une censure « démocratique » se heurte à des difficultés à mon avis insurmontables. Pour les expliquer, je vais partir de quelques considérations générales, puis aborder le problème juridique fondamental et, finalement, faire quelques observations d’ordre pragmatique.

La première remarque que l’on peut faire, c’est que la censure de la minorité par la majorité comporte des risques évidents. Elle fera peut-être taire un « négationniste » ou « un apologiste du terrorisme », mais elle réduirait aussi au silence Galilée, Darwin, Einstein, ainsi que tous les créateurs artistiques qui ont eu, à un moment donné au moins, une position minoritaire. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Les partisans de la censure dans les sociétés démocratiques sont souvent conscients de ce genre de problèmes et diront par conséquent qu’ils veulent limiter leur censure à des idées « vraiment » odieuses, ou « vraiment » dangereuses, laissant ainsi les Einstein et les Picasso travailler en paix.

Mais le problème juridique fondamental rencontré par ce genre d’idées provient du fait que le droit démocratique moderne repose sur des règles ayant une portée générale et qui sont applicables de façon impartiale ; en effet, si l’on n’accepte pas cette prémisse, on retombe dans l’arbitraire du pouvoir et les lettres de cachet. Mais comment combiner cette exigence avec la censure ?

Les critères le plus souvent invoqués pour justifier la censure, concernent le caractère manifestement faux et mensonger des propos, ou leur caractère odieux ou blessant, ou encore leur caractère nocif. Voyons, tour à tour, pourquoi aucun de ces critères ne peut être appliqué de façon impartiale.

Le premier critère est clairement inapplicable : que va-t-on faire des milliers de doctrines farfelues ou pseudoscientifiques ? Ne sont-elles pas, certaines d’entre elles du moins, manifestement fausses ? Mais qui veut se risquer à légiférer là-dessus ? Une commission de censure qui s’occuperait de ces choses ne risquerait-elle pas d’interdire rapidement les idées scientifiques neuves ? Quant au mensonge, il suppose que l’on juge non seulement de la fausseté des propos, mais également de l’intention de celui qui les tient, ce qui rend le problème plus compliqué encore.

Pour ce qui est des propos odieux, chercher à les censurer, c’est réinstaurer le délit de blasphème. Mais presque tous les croyants se sentent blessés par les propos tenus par les athées ou par les adhérents d’autres religions. Est-il raisonnable de confier au législateur le soin de distinguer entre propos « vraiment » odieux et propos qui ne paraissent odieux qu’en fonction de préjugés religieux ? Mme Oriana Fallaci, dont les livres se vendent comme des petits pains, écrit que les musulmans se multiplient « comme des rats ». L’humoriste Dieudonné lui-même peut, sans que cela ne soulève de protestations, comparer la religion avec le fait de « péter dans son bain » (voulant dire par là que c’est une affaire privée). Si ces propos sont tolérés, pourquoi d’autres ne le seraient-ils pas ? Et si on veut les interdire, comment procéder de façon impartiale sans en interdire une quantité d’autres ?

Ensuite, il y a la question des « effets » des discours, l’idée étant que l’on doit censurer les discours nocifs ou dangereux. Le problème est que, par définition, la censure renforce toujours le pouvoir de ceux qui le possèdent déjà et ne permet jamais de censurer les aspects les plus nocifs des discours dominants, mais permet uniquement de faire taire des marginaux dont les discours, précisément parce qu’ils émanent de personnes marginalisées, ne peuvent pas avoir de conséquences directes importantes. Il est fort probable que les discours dont les effets sont, en pratique, les plus nocifs sont les textes « sacrés » des « grandes » religions, qui contiennent tous des appels à la guerre contre les infidèles et qui sont, parfois, pris très au sérieux par les croyants. Mais qui voudrait censurer la Bible ou le Coran ? Par ailleurs, si l’on considère les discours proprement politiques, ceux qui justifient ou justifiaient la guerre du Vietnam ou l’embargo contre l’Irak, dont les victimes se comptent par millions sont loin d’être interdits : ils sont même, en général, bien récompensés. À ce sujet, Noam Chomsky cite un exemple intéressant de « révisionnisme » : on a demandé aux Américains quel était, selon eux, le nombre de morts vietnamiens lors de la guerre du Vietnam ; la moyenne des réponses se situait aux environs de cent mille, c’est-à-dire environs 5 % de l’estimation officielle du gouvernement américain. Comme il le fait remarquer, que penserait-on de la culture politique allemande si des réponses similaires étaient données à propos du massacre des juifs ? De plus, ce révisionnisme est soutenu par l’essentiel de l’élite intellectuelle et des médias. Veut-on le renforcer en donnant en plus à cette élite le droit de censurer ce qui ne lui plaît pas ?

Il est parfois suggéré qu’il faut interdire des propos marginaux avant justement qu’ils ne deviennent dominants et dangereux – ceux de Hitler avant sa prise du pouvoir, par exemple. Mais les prises de pouvoir ne résultent pas seulement de l’expression d’idées (il existe encore des nazis dans nos sociétés et certains s’expriment – pourquoi ne prennent-ils pas le pouvoir ?), elles sont liées à toutes sortes de circonstances socioéconomiques et historiques. Que l’on puisse ou non agir sur celles-ci soulève un problème compliqué, mais à supposer qu’une telle action ait eu lieu (par exemple, une solution de la crise économique ou une alliance entre les adversaires de Hitler), on voit mal pourquoi la censure de celui-ci aurait alors été nécessaire. D’autre part, il est difficile d’imaginer qu’en l’absence de telles actions, la censure à elle seule aurait pu arrêter Hitler.

En fait, on peut répondre à ce type d’objections de façon générale en invoquant une idée de John Stuart Mill : laissez la vérité et l’erreur s’affronter à armes égales. Qui, pensez-vous, va l’emporter ? Les partisans de la censure répondront sans doute : l’erreur (en invoquant, par exemple, l’idée que les masses sont aisément manipulables). Mais, si l’on raisonne ainsi, peut-on encore espérer que la censure ne soit pas finalement contrôlée par ceux qui sont dans l’erreur et que la chance que la vérité l’emporte ne soit éliminée à tout jamais ? Pour éviter cela, il faudrait que la censure tombe en de « bonnes » mains et y reste pour toujours. Mais pourquoi ceux qui détiennent la vérité manipuleraient-ils mieux que les autres l’arme de la censure ? Ce type de raisonnement en faveur de la censure est assez répandu, au moins implicitement, mais il témoigne non seulement d’un pessimisme radical envers la démocratie, mais surtout d’un optimisme irréaliste par rapport à l’autocratie.

La liberté d’expression : quelles limites ?

Il est vrai que certaines paroles ne sont pas protégées par la liberté d’expression : si un individu a un revolver sur la tempe d’un autre et qu’une tierce personne dit « tire », ce n’est considéré dans aucun pays comme une expression d’opinion. La différence étant qu’il s’agit ici d’une incitation à une action (illégale) immédiate. Du point de vue de la défense de la liberté d’expression, la distinction fondamentale est entre parole et action — les premières sont libres, mais les deuxièmes évidemment pas, et, dans certaines circonstances, des paroles (« tire ») peuvent être assimilées à des actions. Provoquer artificiellement des paniques (crier « au feu » dans un théâtre où il n’y a pas de feu) n’est pas non plus couvert par la liberté d’expression, mais le motif en est que la parole est, dans ce cas-ci aussi, une forme d’action avec des effets immédiats.

Évidemment, il est impossible, comme souvent en droit, de donner des critères mécaniques et universellement applicables qui permettraient de distinguer entre expression d’opinion et paroles assimilables à des actions – mais l’idée que seules sont condamnables les paroles qui incitent à des actions immédiates est une bonne façon d’éviter que des opinions ne soient censurées en vertu des conséquences à long terme qu’elles sont supposées avoir. Par exemple, « l’incitation à la haine raciale » n’est pas, sauf en des circonstances très particulières, une incitation à des actions immédiates, et sa répression doit être vue comme une entrave à la liberté d’expression. Si l’on devait appliquer de façon impartiale la censure à l’égard de l’incitation à la haine raciale, on aurait tôt fait d’interdire pas mal de livres sacrés, ainsi qu’une bonne partie de la pensée occidentale, qui abonde en apologies de la guerre, de l’esclavage ou du racisme. De nouveau, soulignons que ne sont visés aujourd’hui, lorsqu’on réprime l’incitation à la haine, que des discours marginaux. Comme le fait remarquer Chomsky, il n’existe pas réellement de « lois contre la haine », il existe seulement des lois contre les gens que ceux qui ont le pouvoir de faire des lois haïssent, ce qui est très différent.

Pour illustrer cette idée, on peut opposer la vertueuse indignation dont fit preuve en février 2006 la presse européenne suite aux réactions du monde musulman face aux caricatures danoises de Mahomet, et le silence presque complet des mêmes « défenseurs de la liberté d’expression » lorsqu’un historien britannique, David Irving, voyageant en Autriche, est arrêté et condamné à trois ans de prison ferme pour des propos négationnistes tenus en 1989, dont il s’excuse et à propos desquels il dit avoir changé d’avis. Sur ce dernier point, on remarquera que le procureur soutient que cette rétractation est fictive et vise uniquement à éviter une peine plus lourde. Suivant cette logique, le Saint-Office n’aurait pas dû être aussi clément qu’il l’a été envers Galilée, dont le repentir était sûrement fictif.

Évidemment, il existe aussi des limites légitimes qu’on peut imposer à des « paroles » et qui sont liées à la diffamation, aux insultes ou au respect de la vie privée. Mais, outre le fait que ce genre de problèmes relève plus du droit civil que du droit pénal, il faut éviter de permettre à des institutions ou à des individus puissants de faire taire ceux qui les critiquent en les poursuivant, de façon abusive, pour diffamation. Avancer des notions telles que la diffamation de la mémoire, ou la responsabilité de l’historien, c’est de nouveau abuser de la notion de diffamation pour réduire au silence certaines opinions.

Outre ces questions de principe du droit, il existe des problèmes pragmatiques qui sont ignorés par les gens qui pensent « qu’on ne peut pas tout dire » : d’abord celui de l’efficacité de la censure. Toutes les idées anticommunistes se sont répandues, malgré la censure, dans les pays socialistes. Mais la même chose s’est passée avec les idées républicaines dans les monarchies ou avec l’idée d’indépendance dans les colonies. Et tout cela se passait avant internet. Depuis l’avènement de cet outil, on ne peut que souhaiter bonne chance aux censeurs. Par ailleurs, c’est se faire beaucoup d’illusions sur la situation du racisme dans nos sociétés que de croire que les lois qui en répriment l’expression ont quelque effet positif que ce soit. Et, pour ce qui est du négationnisme, les déclarations en 2005 du président iranien allant dans ce sens suggèrent que ces idées sont relativement répandues dans le monde musulman.

Un autre problème pragmatique rencontré par la censure est que la pensée humaine est quelque chose de tellement subtil et capable de tant de nuances que, lorsqu’on cherche à l’enfermer dans un carcan (ce qu’on peut dire et ne pas dire), elle trouve presque toujours le moyen de s’en échapper ou de dire « d’une autre façon », « avec d’autres mots », etc., la même chose que ce que les censeurs veulent interdire. Seul un cadre absolument totalitaire peut empêcher ce genre de choses, au moins temporairement. Des lois comme la loi Gayssot, en France, ou son analogue en Belgique, qui cherchent à interdire certaines pensées (« négationnistes ») dans une société par ailleurs démocratique, sont particulièrement absurdes. Pour éviter une dérive totalitaire, de telles lois sont formulées de façon à viser des cibles très précises (le rejet du jugement de Nuremberg sur…), mais, ce faisant, elles entrent en contradiction avec une des bases du droit dans les sociétés démocratiques, à savoir le caractère général des lois.

Un dernier problème pragmatique est celui de la pente glissante : où la censure va-t-elle s’arrêter ? Si l’on censure M. X, mais qu’on autorise M. Y à défendre la liberté d’opinion de M. X, il sera très difficile de faire en sorte que les opinions de M. X ne soient pas connues ; or, empêcher cela est probablement l’un des principaux buts de la censure. Donc, il faut faire taire M. Y. Survient alors M. Z, qui admet qu’on condamne M. X, mais considère que M. Y doit pouvoir s’exprimer… Ces préoccupations ne sont pas purement théoriques. L’affaire Gollnisch illustre bien le problème : ce professeur de droit international et de civilisation japonaise à l’université de Lyon, membre important du Front national, a été suspendu d’enseignement et condamné à trois mois de prison (avec sursis) pour avoir dit que les historiens doivent pouvoir travailler librement ou encore, qu’un débat sur les crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale doit avoir lieu. Ces propos, en tant que tels, ne sont pas (encore) illégaux. Ce n’est qu’au vu de la position de Gollnisch au sein du Front national que ces propos sont interprétés comme étant implicitement négationnistes. Mais, même en admettant que l’interprétation soit correcte, le problème juridique posé par cette suspension est que l’on réintroduit ainsi, en plus du délit d’opinion, le procès d’intention, puisque c’est l’intention ou « ce qu’il a derrière la tête », et non le fait lui-même, qui constitue ici l’infraction.

Notons au passage que la question n’est pas de savoir si on « aime » Gollnisch (ou Faurisson, Irving, etc.), mais jusqu’à quel point on est prêt à sacrifier les principes les plus élémentaires de la justice et du droit pour faire taire les gens qu’on n’aime pas.

Il est par ailleurs paradoxal de constater combien, en France, c’est souvent la gauche ou l’extrême gauche qui encourage la censure, au moins contre leurs ennemis (pas de liberté pour les ennemis de la liberté, les « fascistes », etc.) , sans se rendre compte du fait que la logique de la censure implique qu’elle sera, tôt ou tard, utilisée par les pouvoirs que ces mouvements politiques veulent critiquer et, par conséquent, se retournera contre eux. Les condamnations des critiques « radicales » du sionisme pour antisémitisme sont une parfaite illustration de ce phénomène. On entend souvent dire à gauche que la défense de la liberté d’expression, dans le cas de Faurisson ou de Gollnisch, « sert » l’extrême droite. Mais, dans la mesure où cela est vrai (ce qui reste à discuter), c’est uniquement parce que la plus grosse partie de la gauche refuse de défendre la liberté d’expression par principe, c’est-à-dire y compris pour ses ennemis.

Enfin, une des confusions fréquentes consiste à confondre accès aux médias et possibilité de s’exprimer à titre privé. Sans aucun doute, l’accès aux médias est, aux États-Unis comme en Europe, extrêmement favorable aux partisans du « marché libre » ou du militarisme. Ce biais est un sérieux problème dans une société qui se dit démocratique. Mais la question de savoir si quelqu’un a le droit d’exprimer ses idées de façon privée, par voie d’exposé oral, de lettres, d’articles envoyés aux journaux est toute autre. La réponse aux problèmes des biais dans les médias se trouve à nouveau dans les idées de Mill : ceux qui critiquent l’ordre social doivent exiger que les médias dominants laissent une plus grande place à de véritables débats, où leurs idées pourront affronter celles des autres « à armes égales », et non pas demander que l’on donne indirectement aux détenteurs de ces médias, la possibilité de supprimer toute dissidence, en renforçant la censure.


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56 réactions à cet article    


  • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 16 juin 2008 13:03

    L’auteur a raison de soulever cette question de la liberté d’expression car elle est d’actualité, ce qui est d’ailleurs exposé dans l’article, et elle est d’autant plus d’actualité qu’il est désormais évident que les cercles qui détiennent le pouvoir imposent leurs idées à l’aide des mécanismes mis en place pour éliminer les opinions qui ne conviennent pas à leurs idéologies. Cela est bien exposé par l’auteur.

     

     

     

    En complément à cet article j’insisterai sur le fait que : « La liberté d’expression est une condition de la démocratie » comme l’explique un article publié sur AgoraVox. Si la liberté d’expression des opinions n’est pas garantie, alors l’une des conditions de la démocratie n’est pas en place, donc la démocratie véritable est interdite.

     

     

     

     

     

    En démocratie chaque individu doit avoir le droit :

     

    • d’avoir des opinions quelles qu’elles soient ;
    •  de les exprimer ;
    •  de les propager.

     

     

    Les insultes personnelles et les expressions vulgaires, ainsi que (comme le mentionne l’auteur) des paroles qui incitent à des actions immédiates (comme par exemple : « aux armes citoyens ! ») sont les seules expressions qu’il faut, dans certains cas qui restent à définir avec précision, éventuellement interdire.

     

     

    Par contre les opinions, quelles qu’elles soient, doivent pouvoir être exprimées et propagées librement.

     


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 16 juin 2008 14:33

      La liberté d’expression est non seulement une condition politique de la démocratie, mais aussi une condition culturelle de l’établissement de connaissances objectives.


    • René Déhère René Déhère 16 juin 2008 20:07

      Tiens Martin, vous voulez interdire "La Marseillaise" ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 16 juin 2008 21:28

      L’auteur : "...en France, c’est souvent la gauche ou l’extrême gauche qui encourage la censure,"

      Muuuuuuuaaaaaaaahhhhhh !!!!

      L’auteur n’est pas dans une école catholique pour rien. Il fume fort et c’est du bon.


    • La mouche du coche La mouche du coche 17 juin 2008 11:21

      Ouf ! En lisant les commentaires, je constate que personne n’a lu l’article. Tout va bien.


    • bobbygre bobbygre 17 juin 2008 11:33

      Non, c’est tout à fait juste au contraire.

      Je ne suis absolument pas de droite (et certainement pas socialiste) mais ce qu’il dénonce est tout à fait vrai. Il faut repenser à SOS Racisme dont le seul resultat est d’avoir réussi à provoquer un racisme de gauche envers les racistes. Ce qui, évidemment, n’a fait que créer confrontation et les racistes n’ont fait que se retrancher encore plus derrière leur conception.

      La censure des idées d’extrême droite sur les télévisions et dans les journaux français n’a fait qu’accroître leur "valeur" et n’ont en rien empéché leur propagation... On pourrait meme se demander si ce n’est pas le contraire...

       


    • bobbygre bobbygre 17 juin 2008 11:36

      Excellent article, merci beaucoup !

      Au vu de cet article, je dois dire que ma vision de ce problème semble être la même que la vôtre. Encore merci pour l’avoir exprimé de manière aussi claire et argumentée.


    • La mouche du coche La mouche du coche 17 juin 2008 16:05

      C’est fou ça. Je suis le seul à avoir vu que l’auteur est un sous-marin d’extrême-droite. Je suis très fort. smiley


    • ZEN ZEN 16 juin 2008 13:24

      .."que va-t-on faire des milliers de doctrines farfelues ou pseudoscientifiques ?..

      On reconnaît bien là le co-auteur de Impostures intellectuelles...

      Merci pour ce livre et pour cet article qui aborde un problème de fond important, à l’heure où la majorité des médias ne diffusent plus guère que des informations formatées et bien orientées (voir Halimi : les nouveaux chiens de garde )

      Revenez plus souvent sour Agoravox...


      • La mouche du coche La mouche du coche 16 juin 2008 21:40

        Tiens ? je ne savais pas que Zen aimait des extrémistes. smiley

         

        Zen, sérieusement ne vous laissez pas manipuler par cet individu. Lisez ses exemples ! Sous couvert de question, l’auteur ne cite que des exemple de bon catho intégriste. (goldnish, l’islam, la gauche).

         

        On pourrait aussi lui demander ce qu’il pense des homos si nous n’avions pas déjà la réponse. smiley


      • ZEN ZEN 17 juin 2008 10:42

        Tiens, je ne savais pas que la Mouche disait autant de conneries...


      • La mouche du coche La mouche du coche 17 juin 2008 11:19

        Je suis dur Zen je sais. Ce qu’il y a c’est que j’ai lu l’article. J’ai l’impression d’être le seul.  

         


      • La mouche du coche La mouche du coche 17 juin 2008 11:21

        Ouf ! En lisant les commentaires, je constate que personne n’a lu l’article. Tout va bien.


      • René Déhère René Déhère 16 juin 2008 13:33

        Jean Bricmont a raison. Cependant la liberté d’expression est à mettre en relation avec les moyens d’expression. J’ai le croit de dire ce qui me semble juste, et personne ne me l’interdit, fort bien. Et d’ailleurs je suis fort écouter dans ma salle à manger !

        Et ceux qui sont d’un avis contraire au mien ont également le droit de le dire. Et d’ailleurs ils ne s’en privent pas sur TF1, dans les colonnes du Monde, Libération, France Inter, CNN, la RTBF, etc.

        Heureusement qu’AV existe !

        Mais la disproportion est malgré tout flagrante.

        Bien sûr, il est naturel que plus une idée est pertinente, explicative de la réalité, plus il est normal qu’elle dispose de vecteurs. Mais c’est ignorer que le débat d’idée n’est pas seulement un débat intellectuel. Il existe aussi des intérets de classe.

        Si je critique le capitalisme, quelque soit la qualité de mon argumentation la presse et les éditions du capital ne donneront qu’un faible écho à ma critique (d’ailleurs elle aura plus de goût pour une critique insipide que pertinente !)

        Il faudra donc qu’avec des amis, nous construisions notre propre média pour pouvoir s’exprimer. Et si j’arrive à le faire il faut le distribuer, le financer. Et l’environnement n’est pas entièrement favorable ! Et les procés en diffamation avec amendes à la clé, ça existe !

        Et tout ça sans réélle censure : la censure c’est quand je n’ai même plus le droit de parler dans ma salle à manger !

         

         


        • Marsupilami Marsupilami 16 juin 2008 15:32

           @ L’auteur

          Très bonne défense de la liberté d’expression. La censure est toujours contournable et a toujours été contournée. C’est donc une perte de temps et d’énergie, rien d’autre. Anastasie, l’ennui m’anesthésie. Tous les savoirs et toutes les sciences ont commencé en étant minoritaires, révolutionnaires, hérétiques et donc censurables par le consensus dominant de l’époque. Ça continue. Quels savoirs d’avenir sont actuellement censurés par le consensus dominant d’aujourd’hui ? Nous le saurons demain, quand les savoirs censurés aujourd’hui seront devenus les vérités officielles de demain, à leur tour tentées par la censure pour préserver leur pré carré.

          Merci pour cet excellent article.


          • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 16 juin 2008 16:12

            Je crois de toute manière que les possibilités offertes par Internet ont évacué le problème de la liberté d’expression : n’importe qui peut publier ce qu’il veut sur la toile.

            Sera-t-il lu pour autant ? Pas sûr…

            L’immense défaut d’Internet est que justement tout le monde veut s’exprimer et au final, trop d’information tue l’information. Une vie ne suffirait pas pour lire tout ce qui s’écrit sur le net, même en ne se limitant qu’à sa seule langue maternelle. Il y a actuellement plus de pages web que d’être humains ! Tout le monde veut sa page perso, son blog. Ce que l’on observe est une atomisation de la pensée, une dissolution dans une immense soupe.

            Imaginez, c’est comme si une foule de, mettons un million de personnes, parlaient toutes en même temps. Comment vais-je m’y retrouver dans cette cacophonie ? Comment vas-tu t’y retrouver.

            Plus besoin de faire de la censure aujourd’hui, il suffit simplement de multiplier une information contradictoire. Il existe certes encore quelques pays qui censurent activement comme la Chine (Google chine interdit l’accès aux sites qui parlent de Tien An Men ou des droits de l’homme ou du tibet, sauf si c’est favorable au régime de Beijing). Mais dans les démocratie, quand tout le monde parle en même temps, qui écoute qui ? Comment prendre le temps et le recul nécessaire pour peser le pour et le contre, forger son opinion, tirer une conclusion.

            L’information ressemble au souk : chaque marchand voudrait que tu viennes dans SA boutique et va dire du mal des autres boutiquiers. Chez moi la marchandise est authentique, les autres vendent du toc.

            Finalement lorsqu’on dispose de peu d’éléments pour trancher, on est bien emmerdé : QUI CROIRE ?

            Oui, le verbe croire, car lorsqu’on n’a pas accès facilement aux sources, on en est réduit à croire sur parole et c’est là le danger.

            Je suis donc pour la liberté d’expression, mais je pense qu’il faudrait surtout mieux éduquer le peuple, lui apprendre à poser un raisonnement logique, bref apprendre à développer son bon sens, afin de ne pas se faire endormir par des discours trompeurs et orientés.

            Ce n’est pas gagné, lorqu’on constate que la large majorité des individus continuent de croire aux anges, au diable, à dieu ou à la fin du monde, à la résurrection ou au jugement dernier. Si ces gens avalent sans discuter de telles sornettes, qui peut les protéger contre les raisonnements fallacieux, les amphigourismes, les kabbales, les mensonges, les propagandes, les hoax et les intox ?


            • ZORBA 16 juin 2008 16:40

              TU DONNES UN MAGNIFIQUE EXEMPLE DE CE QUE PEUT ETRE UN INQUISITEUR LAICISTE PUIQUE SANS AUCUN RESPECT DES CROYANCE DES AUTRES ,TU DICTES CE A QUOI LES GENS DOIVENT PENSER POUR ETRE A TES YEUX ,INTELLIGENT CULTIVE ET LE RESTE .

              TU N’A RIEN D’UN PROGRESSISTE ,ET JE TE RENVOIS AU MAGNIFIQUE POEME DE PAUL ELUART :

              LA ROSE ET LE RESEDA (L’ATTITUDE PENDANT LA GUERRE CONTRE L’OCCUPANT NAZI DE CEUX QUI CROYAIENT AU CIEL ET CEUX QUI N’Y CROYAIENT PAS)

              COMME QUOI AVEC LA LIBERTE D’EXPRESSION ON PEUT DIRE N’IMPORTE QUOI.


              • golgoth 17 juin 2008 15:29

                Hum, il a pas tord sur ce point. Pensez que les croyants sont des incultes incapables de pensées objectives...

                Sans remettre en cause ma conviction que la Religion (attention, je parle de la Religion avec un R majuscule, pas la spiritualité / compassion / piété / etc ... ) est un moyen inventé par quelques hommes pour acceder au pouvoir en profitant de la stupidité et du malheur des gens, ce commentaire me donne sérieusement à refléchir sur ma pensé.

                Je remercie d’ailleurs l’auteur pour ce texte brillant qui entraine des commentaires intéressants.

                Pour apporter ma contribution, je dirais que la censure est obligatoire vu que l’on vit en société. Car vivre en société, c’est renoncé à certaines de nos libertés et instincts "primaires" (aller manger les fruits du jardin du voisin et lui tapper dessus s’il est pas d’accord, se balader nu dans la rue, etc ...) pour garantir certaines autres libertés (profiter de son jardin sans ce soucier du voisin agressif, proteger ses enfants des exhibitionnistes, etc ...).

                C’est un concessus et il en va de même pour les idées. On a définit les droits de l’homme (qui reste quand même une belle imposture puisque leur légitimité tient autant au fantasme religieux que leur universalité est fictive), une certaine morale et des lois pour éviter les comportements "déviants" qui pourrait menacer notre tranquilité. Mais dans le processus on a sacrifié certaines libertés de s’exprimer (on peux toujours penser).

                Libre à vous de vous exclure de la société pour aller penser en hermite dans une grotte que la Terre est plate.


              • Lisa SION 2 Lisa SION 16 juin 2008 17:51

                "...que va-t-on faire des milliers de doctrines farfelues ou pseudoscientifiques ?..." bonne question.

                Il n’est pas simple effectivement, de défaire ce noeud que fabrique chaque jour la liberté d’expression. On trouve encore autant de détracteurs devant une vérité universelle que devant un mensonge chronique et antédiluvien. Il n’y a qu’une vérité universelle et donc, l’une des deux théories, entre l’évolutionisme et le créationisme, se trompe. Le problème de la liberté d’expression commence à peser lorsque cette différence entraine l’autre partie de l’humanité dans l’erreur. Grandir dans ce monde nécessite de débroussailler à la machette le flot des doctrines farfelues ou pseudoscientifiques Il faut parfois une vie entière pour définir avec précision et séparer définitivement le bon grain de l’ivraie. Quelle confiance peut on accorder à des textes écrits il y a des milliers d’années sur des parchemins délavés et traduits, et donc interprétés, de nombreuses fois avec le temps. Sitôt que l’on fait appel à sa logique personnelle, dénuée d’influence extérieures et uniquement mue par un bon sens qui est une sorte d’intelligence instinctive, on peut commencer à découvrir des vérités solides sur lesquelles s’appuyer en toute confiance. C’est cette exercice qui a emmené Galilée à comprendre que la terre était ronde et tournait autour du soleil. Malgré cette vérité désormais prouvée, l’Autorité intellectuelle de l’époque a refusé de le croire jusqu’à la fin du vingtième siècle ! Prenons un exemple, les usagers du Velib sont parfois même de fieffés détracteurs de cette idéologie communiste...Et pourtant, le Vélib n’est il pas une forme de communisme  ? 

                La liberté d’expression permet de discerner les paroles que certains relient à des actes contradictoires.


                • Lisa SION 2 Lisa SION 16 juin 2008 23:03

                  Au-delà du cas de Christian Vélot, de Denis Robert, Jean François Legrand, nous appelons également à une très grande vigilance face aux atteintes à la liberté d’expression des chercheurs, des défenseurs publics de notre liberté, et des journalistes scrutateurs d’affaires nous concernant, et demandons un véritable statut juridique des lanceurs d’alerte.

                  Sans liberté d’expression, quid de ces combats salvateurs... ?


                  • docdory docdory 16 juin 2008 18:23

                     @ Jean Bricmont

                    Votre article est d’une qualité exceptionnelle , l’un des meilleurs jamais publié sur Agoravox .

                    " Impostures intellectuelles " , dont vous êtes le co-auteur avec Sokal , est un de mes livres de chevet ! Cet article est du même niveau .

                    Puisque les lycéens ont passé aujourd’hui l’épreuve de philosophie du baccalauréat , il serait salutaire que votre article figure à l’avenir au programme !

                    Revenez souvent !

                     

                     


                    • whiteh 16 juin 2008 20:34

                      C’est a dire que nier l’existance des chambres a gaz, c’est nier l’évidance. Les clichés photographique et ce qu’il en reste c’est encore bien matériel. Les preuves sont là. Pour s’en convaincre il suffit de voyager. Difficile de croire à un décors de carton patte monté pour le fun dans les périodes 39 - 45. Mais il n’est pas interdit de fermer les yeux. C’est même un sport internationale ça ...

                       

                      Merci à l’auteur pour cette article de haute tenue :)


                    • Le péripate Le péripate 16 juin 2008 21:51

                      Tout ce qui est dit sur la liberté d’expression est valable pour la liberté tout court. Ce n’est d’ailleurs qu’un cas particulier.Liberté négative qui s’arrête là ou commencent celles des autres, liberté positive qui est celle de trouver un espace pour s’exprimer. La première est fondamentale, mais la seconde est une condition essentielle. Mais bien sûr qu’il y a des vérités, que le relativisme absolu est un non sens, qu’il y a des valeurs, qui sont celles de la vie, de sa vie d’abord. La censure est le moyen le plus stérile pour imposer les vérités. Et qu’il faut parfois réprimer son envie de mettre son poing dans la gueule du connard qui vous traite de fasciste.

                      Mais surtout la liberté est importante parce que seule elle permet le pluralisme contre le relativisme et le totalitarisme, parce que personne ne sait tout.

                      Newton avait découvert une force qui agissait à distance, il était donc aussi féru d’astrologie : quel aurait été le résultat de le comdamner au ridicule pour avoir adopté une doctrine farfelue ?

                      C’est très grave que de censurer.


                      • Lavigue 16 juin 2008 22:01

                        La démocratie est morte le jour où, o paradoxe, l’URSS et ses alliés se sont effondrés. Nous vivons dans le monde de la post-démocratie, je veux dire par là que l’Occident a renoncé au primat du politique sur l’économique. Les choix des citoyens ne présente plus d’intérêt dépossédés qu’ils sont de leurs libres décisions. A telle enseigne que le vote souverain des français en faveur du nom au référendum relatif au projet de traité européen a fait l’objet d’un authentique hod-up : la voie parlementaire a passé outre et imposé en 2007 un mini-traité dit de Lisbonne copie conforme dudit projet rejeté à plus de 53%. Un déni de démocratie dans ce monde unipolaire.

                        La judiciarisation des débats d’idées et leur stricte réglementation par les loi scélérates de Gayssot-Fabius-Lellouche engendre au pire la chasse aux sorcières au mieux l’autocensure et nous prépare au meilleur des mondes.

                        Le formatage des esprits, la glaciation de la pensée et la doxa de la Vérité Historique constituent l’avenir et l’avènement d’une société totalitaire que d’aucuns combattaient contre la défunte URSS.

                        Le résultat est l’inverse de celui escompté lors de la chute du monde pseudo-communiste.

                        Merci M. BRICMONT pour la clarté et la pertinence de votre propos sur la liberté d’expression plus que jamais menacée.

                        Je regrette qu’un intellectuel de votre envergure soit si peu présent dans nos médias qui préfèrent accueillir le médiocre BHL, le non moins médiocre xénophobe lepeniste Finkielkraut auquel tout est permis : "équipe de France Black, BLACK, BLACK" "risée de toute l’Europe" "Arabe voleur" "Antillais assistés par la métropole" et autres gentillesses que la loi ne sanctionnera pas parce que faisant parti de cette nomencklatura intellectuelle qui décide ce qui est bien et de ce qui est mal.


                        • bobbygre bobbygre 17 juin 2008 11:50

                          Autrement dit, on expulse les arabes uniquements parce qu’ils sont pauvres, mal-éduqués et rebelles et non parce qu’ils sont arabes...

                          Oublions le fait que si l’on devait virer tous les pauvres, mal-éduqués et rebelles de France, ça ferait du monde en moins (à commencer par les pécheurs qui cassent tout et affrontent les crs, ou les agriculteurs...).

                          C’est trés intéressant comme raisonnement... Et pourquoi ces FRANCAIS (la plupart des jeunes qui cassent et brulent des voitures en banlieue sont français, ne l’oublions pas) dont les parents viennent d’Algerie ou du Maroc, sont-ils bizarrement tous pauvres, mal-éduqués et rebelles ?

                          Deux hypothèses :

                          1. Bah, si on ne souscrit pas à la thèse raciste, il faut bien admettre qu’il doit exister une raison pour laquelle ces jeunes sont particuliérement atteints par le vice de la criminalité, par la pauvreté et par la revolte. Cette raison, ou plutot ces raisons, sont nombreuses pour celui qui veut bien les voir : ghettoisation, racisme à l’embauche, misère sociale, aucun effort d’intégation des parents mais aussi aucun effort d’intégration de la part de la société (je parle de l’époque où nos casseurs d’aujourd’hui étaient de joyeux bambins et où le père allait tous les jours au chantier sans JAMAIS ouvrir sa gueule)... Ca n’excuse RIEN, c’est juste une explication ! De meme qu’on peut déplorer l’existence des maladies, ça ne nous empeche pas d’y chercher un remède.

                          2. Si on souscrit à la thèse raciste, tout devient plus simple, puisque leur particularité sociale s’explique par leur particularité raciale (culturelle ça revient exactement au même)

                          Donc ou bien, vous êtes racistes, assumez-le, ou bien on est obligé d’admettre que la crise que traversent "les banlieues" comydiz est d’abord une crise sociale (même si, aujourd’hui, c’est devenu bien plus et que ça ne fait que s’aggraver, merci Sarkozy de sans cesse remettre de l’huile sur le feu).


                        • fouadraiden fouadraiden 16 juin 2008 22:32

                           

                           

                           La nouveauté réside probablement dans le seul fait que d’autres opinions que celles des pays occidentaux, jusqu’ici dominantes et écrasantes, arrivent enfin à s’exprimer avec le même poids .Le choc des civilisations est aussi celui des opinions d’individus ne partageant plus ni les mêmes valeurs ni les mêmes priorités qu’avec les Maîtres du monde.


                          • Robert Johnson Robert Johnson 16 juin 2008 22:54

                            Pour completer la réflexion, je vous invite à lire le texte suivant

                            Affichage publicitaire et liberté d’expression : éléments de réflexion - par Jean Morange - www.deboulonneurs.org/article146.html

                            Il y est notamment détaillé la notion de liberté de réception d’un message qui est un corollaire souvent oublié à la liberté d’expression


                            • docdory docdory 17 juin 2008 00:25

                               @ Jean Bricmont

                              De même que casser le thermomètre n’a jamais empêché un malade d’avoir de la fièvre , censurer des idées négationnistes , racistes , haineuses , etc , n’empêche pas ces idées d’exister . Les laisser s’exprimer permet de prendre conscience de problèmes et conflits potentiels qui autrement passeraient inaperçus . Même si l’on est parfois choqué , sur internet , de la teneur de certains commentaires , il vaut mieux savoir que ce genre de modes de pensée existe , plutôt que de les cacher par la censure , qui est une façon de casser un thermomètre social ...


                              • sery 22 juin 2008 16:55

                                Hye doc ! Et cela se pose ou le thermometre social ?


                              • wesson wesson 17 juin 2008 01:08

                                Bonjour l’auteur,

                                merci pour cet article qui pose le problème.

                                Je me risquerai bien à un résumé - ou plutôt un cliché instantanné de la liberté d’expression, telle que on la conçoit maintenant.

                                Aujourd’hui, on mesure la liberté d’expressions à la possibilité de dire à la télévision zigounette ou piloupilou à partir de 20H30. Les héraults courageux de cette "liberté" sont autant d’humoriste dont l’humour élégant fait les programmes de 22H30 passées. Ainsi les Cauet, les Bigard, les Nuls, autant de comiques qui brillent à coup de pipicaca et de blagues graisseuses, comme des icônes de la liberté d’expression.

                                Par contre, la liberté d’expression ne consiste pas à comparer un haut personnage de l’état dans un sommet international par exemple à un enfant exité. Cette liberté s’arrête également lorsque l’interêt commercial commence. Evoquer les petits soucis de béton dans les centrales nucléaires en construction : Pas bon !

                                et bien d’autres choses encore.

                                Voilà, pour résumer on ne peut pas dire que la liberté d’expression est un vain mot sous nos latitudes. En fait, on peut le dire mais pas là où on pourrait vous écouter.

                                Bref on peut pas se plaindre. On peut vraiment pas se plaindre.


                                • wesson wesson 17 juin 2008 02:35

                                  Je me suis moinssé, j’ai rétrospectivement honte d’avoir pris PPDA comme exemple de la liberté d’expression, la vrai, pas celle avec des poils autour.

                                  Je prie d’ailleurs tout les lecteurs d’en faire de même afin d’effacer cette mauvaise contribution !


                                • jipad 17 juin 2008 01:52

                                  le principe premier serait d’avoir un président un peu moins présent dans les coulisses de la presse et de la télé...voir : http://www.jipad.fr/sarkozy-ne-censure-pas-jipad.php

                                  par Jipad http://www.jipad.fr


                                  • aml 17 juin 2008 02:37

                                    Le problème c’est que la liberté d’expression peut être préjudiciable :

                                    Elle peut faire du mal à des gens qui ne pourront pas y survivre, mais surtout, les mauvaises influences peuvent entraîner de mauvaises actions.

                                    Je suis pour la liberté d’expression si elle est suffisament développée et communiquée pour que chacun puisse faire la part des choses dans son jugement et son interprétation/perception de notre notion de ce qui est bien ou de ce qui est mal, car c’est bien de cela qu’il s’agit !

                                    Je suis vraiment ce qu’il y a de plus athée et je cherche à faire ce qu’il y a de plus logique, équitable et... Humain dans le sens positif (genre pas animal et constructif, évolutif, positif...).

                                    Mais je sais qu’il y a des gens néfastes et des gens bénéfiques à mon propre point de vue et en fonction du poids de leur communication, la société subit une influence positive ou négative (toujours à mon point de vue).

                                    Il appartient à chacun de faire la part des choses même si je ne suis pas personnellement en adéquation avec tous, la façon de pensée est individuelle, et ça, beaucoup l’ont compris et cherchent à faire des adeptes à leur propre cause et tentes de les influencer, les manipuler pour se convaincre de leur raison :

                                    - Religions,

                                    - Politiciens,

                                    - Sectes...

                                     Alors tant qu’à faire, exprimons nous et qu’il nous soit permit à tous, librement d’influencer nos semblables dans le sens qui nous convient.

                                    Mais au risque de choquer, c’est de la théorie, dans la pratique, moi je ne souhaite pas que les pédophiles, ni même les violeurs aient le droit de s’exprimer et je ne sais pas comment être humaniste en cohabitant avec des gens qui n’ont aucune considération ni de respect pour la vie d’autrui.

                                    Cependant, qui a le droit de juger et qui prétend détenir la vérité, qui a le droit de se sentir supérieur ?

                                    Si je suis censurée, c’est normal : c’est pour empêcher les extrémistes d’une interprétation préjudiciable...

                                    Voilà le hic de la libre expression. CQFD.


                                    • bobbygre bobbygre 17 juin 2008 12:09

                                      Cependant, qui a le droit de juger et qui prétend détenir la vérité, qui a le droit de se sentir supérieur ?

                                      C’est précisément toute la question posée par l’article et la réponse proposée me semble la bonne, à savoir personne !!

                                      Là où l’article est le plus efficace dans son attaque contre la censure, c’est précisément sur ce point. La censure doit être interdite en premier lieu, car aucun être humain (ni aucune institution humaine) n’a les moyens moraux et intellectuels de l’exercer de manière raisonnable, si tant est que ce soit possible.

                                      Vous parlez des pédophiles. Bien sûr, les pédophiles sont dangereux. Mais leur discours est-il dangereux ?

                                      C’est une question épineuse et l’auteur, me semble-t-il, prend soin de ne pas y répondre. C’est une question ouverte au débat. Les arguments des deux bords me semblent valides et je serai bien en peine pour donner raison à l’un ou à l’autre camp.

                                      Bien sûr, laisser la parole publique aux pédophiles pourrait trés bien déculpabiliser quelqu’un qui serait sur le point de passer à l’acte, lui donner le petit coup de pouce psychologique qui va le faire passer à l’acte.

                                      Mais, pourrait-on objecter, ne l’aurait-il pas fait de toute façon ? Si ca n’est pas ça, ce sera autre chose et le fait de faire taire les pédophiles ne guérira pas le trouble sexuel qui le conduit à avoir de tels pulsions.

                                      D’autre part, au contraire, laisser la parole au pedophile permettra de combattre leurs idées qui, si la censure s’exerce, ne circulent que dans des lieux trés étroits, réservés aux pédophiles ou à ceux que ça interesse (le gars sur le point de passer à l’acte par exemple).

                                      Enfin, voilà quelques réponses aux points que tu soulèves.


                                    • Iren-Nao 17 juin 2008 09:24

                                      @ l’auteur

                                       

                                      Monsieur Bricmont c’est vraiment un tres tres bon article, je pense que vous allez finir en tole.

                                      Je vais acheter votre bouquin.

                                      Cordialement

                                      Iren-Nao


                                      • Iren-Nao 17 juin 2008 09:55

                                        La censure va jusqu’au choix du vocabulaire :

                                        Pour une fois je vais quasi defendre le nain de Neuilly, ce qui est parfaitement mon droit, d’autant que je n’aime pas ce bouffon.

                                        Un jour donc un ministre de l’interieur en promenade electorale traite des emeutiers de "racaille". Le mot manque peut etre de chic venant de la part d’un gars de Neuilly, mais pas de precision en l’occurence.(voir racaille chez l’inoxydable wikipedia  ). On a pas fini de le lui reprocher....enfin, il fait bien pire a present...

                                        Il y a une paire d’annee un elu europeen et neanmoins italien declenche une tempete dans le pot de chambre europeen en declarant que l’homosexualite etait un "peche". Le miserable cependant ne pouvait mieux dire, peche etymologiquement signifiant erreur et/ou encore beaucoup mieux - se tromper de cible ce qui semble quand meme un peu vrai, et bordel on a bien le droit de le penser et de le dire. Il a du demissioner de je ne sais quel poste et etre cruxifier vite fait.

                                        J’espere ne pas etre censure par le lobby de pedes judeo arabes qui hantent ce site.

                                        Bisous

                                        Iren-Nao

                                         


                                        • bobbygre bobbygre 17 juin 2008 12:12

                                          Voilà, je ne pense absolument pas comme ça, je serais même plutot du genre à combattre ces idées et pourtant, je trouve ridicule, honteux et contre-productif d’exclure un député car il dit que l’homosexualité est un péché.

                                          Je repète que je trouve cette idée fausse et condamnable moralement, mais je ne vois pas en quoi l’exclusion de ce député et cette atteinte à la liberté d’expression a fait avancer les droits des homosexuels.

                                          Les anti-homosexuels ont ensuite le beau rôle de la victime dans l’histoire, c’est même donc carrément anti-productif.


                                        • Emile Red Emile Red 17 juin 2008 15:36

                                          Etre "cruxifier" ?

                                          Ca fait mal ?

                                          Voilà où mène la liberté d’expression, on en arrive même à dire des choses incompréhensibles.

                                          Heureusement qu’il y a la gauche bien pensante et l’extrème gauche haineuse pour recadrer tout ça...


                                        • alceste 17 juin 2008 10:48

                                          @ Jean Bricmont,

                                          votre article est de grande qualité, car il invite chacun à exminer en profondeur ses convictions sur le sujet de la liberté d’expression, et ce d’autant qu’il conclut sur la responsabilité et la nécessité d’accepter un débat contradictoire.

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