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Accueil du site > Actualités > Société > La Martinique installée dans la grève générale

La Martinique installée dans la grève générale

J’ai déjà publié sur AgoraVox une partie de la chronique que je tiens sur les évènements en Martinique et aux Antilles. Vous aurez compris que je suis grèviste comme 99% de la population martiniquaise...Je me permets de vous en faire parvenir la suite.

Martinique, dimanche 22 février.18e jour de grève générale.

Pénurie.
J’ai réussi à acheter des courgettes, rares d’habitude, un chou chinois au marché. Ma fille,elle, s’est s’introduite, malgré la ruée, dans un supermarché avec un sac à dos, par la petite porte qu’ouvrait discrètement le gérant. Elle a ramené des steaks hachés et des ailes de dinde surgelés. Bravo ma fille !

Demain les négociations reprennent à la Préfecture de Fort de France.
La stratégie en question ?

La plupart des gens sont décidés à continuer jusqu’au bout. Des défections cependant : celles des petits patrons dont certains sont déjà ruinés. Ne fait-on pas le jeu des békés qui n’attendent que ces faillites pour reprendre la main, occuper le marché ? C’est l’argument du ministre Patrick KHARAM. C’est aussi, remarquons-le, un des arguments récurrents des capitalistes pour faire cesser une grève.

Je pense néanmoins qu’un problème stratégique se pose. Comment mieux cibler, attaquer les intérêts des vrais capitalistes ? Difficile…

Un réseau social
De nombreux petits travailleurs indépendants sont syndiqué dans une fédération rattachée à la CDMT. On peut imaginer une synergie et une réorganisation de la production en fonction des besoins réels sans avoir l’objectif du profit et de l’exploitation du consommateur.

Un « Réseau Social » tente de se mettre sur pied pour mettre justement des « demandeurs » avec des « offreurs »via internet. L’animateur de ce réseau est passé très vite sur ATV et je n’ai pas eu le temps de prendre en note ses coordonnées.

Le meeting du Grand Carbet
Ce n’était qu’un grand meetings parmi ceux qui s’étaient déjà déroulés ces derniers jours. Nombreux ont été les intervenants, dont Olivier BESANCENOT. Je n’évoquerai que ce qui m’a le plus intéressé.

Tout d’abord la représentante de l’Union des Femmes de la Martinique a rappelé le rôle des femmes dans le mouvement de grève, leur émancipation qui s’affirme, les difficultés financières et les souffrances qu’elles doivent souvent affronter au quotidien.

Des représentants du LKP de Guadeloupe étaient présents. L’un d’eux a rappelé les circonstances qui ont provoqué les violences. En tant que syndicaliste il avait du faire face à l’attaque de gardes mobiles non loin de l’endroit où a été tué Binot. Le service d’ordre syndicaliste s’est alors replié en bon ordre, en tentant de protéger tous ceux qui se trouvaient là et qui risquaient les agressions des forces de l’ordre. 284 membres du RAID venaient en effet d’arriver. L’orateur a lui-même été victime des coups de ceux-ci et n’a du son salut qu’à une femme à ses côtés qui s’est mise à hurler et qui a détourné l’attention de son agresseur. Il aurait été aussi impressionné par une habitant du lieu s’écriant qu’il allait chercher son fusil. Des jeunes motorisés ont assisté à ce tabassage ponctué d’insultes racistes. Portant aide aux victimes ils jurèrent ensuite vengeance pour ces exactions. La Guadeloupe se retrouva couverte de barrages routiers. L’harcèlement des forces de l’ordre avec des armes à feu commençait.

Philippe PIERRE-CHARLES de la CDMT pris ensuite la parole pour appeler à la reprise en main de tous les leviers de l’économie, notamment la grande distribution, par les salariés eux-mêmes. Il rappela la nature internationaliste du combat contre la société capitaliste.

Aparté
Au passage, notons bien que personne n’évoque ici la question identitaire ou statutaire. Elle existe sans doute mais c’est surtout à une liste de revendications précises et argumentées qui pourraient être celles de métropolitains que l’on se réfère avant tout. C’est un fantasme de métro orchestré par les grands médias français.

En Guadeloupe, comme en Martinique, il ya une cohésion totale et aucune divsion ni énervement sur quelque sujet que ce soit. L’Etat français, c’est vrai table sur ce genre de division, essaie de les provoquer, relayé par les grands médias. Mais ils n’ont là rien à se mettre sous la dent !

Ce qu’ils ne peuvent comprendre c’est qu’il s’agit là d’un véritable élan révolutionnaire. Enfin à voir la vision "sélective" que rend de ce mouvement les grands médias métropolitains, on comprend que certains ont surtout peur de la contagion sociale.

Olivier BESANCENOT
Olivier BESANCENOT parla en dernier. Il se déclara impressionné par le caractère unitaire du mouvement en Martinique et enGuadeloupe alors qu’en métropole chacun resterait trop dans sa petite chapelle. Il évoqua la crise qui frappe le capitalisme tout entier, et non pas le seule capitalisme financier que l’on opposerait ainsi au capitalisme industriel prétendument plus vertueux. Lui aussi rappela qu’à la crise internationale répondait à présent des luttes dans nombre de pays. Et, selon lui « la peur est à présent dans l’autre camp », celui des capitalistes en désarroi.
Le meeting se termina bien sûr avec l’Internationale et des milliers de poings levés. Impressionnant.

Un vent d’Amérique ?
Bien sûr il y a Obama.
Mais on oublie souvent de considérer tous les mouvements sociaux d’Amérique Latine, du Vénézuela de Chavez à la Bolivie de Morales, des populations de l’Equateur se réorganisant sur des bases autogestionnaires, du mouvement de gestion directe en Argentine. Y a-t-il eu là une influence sur ce qui se passe aujourd’hui aux Antilles ? Des Antillais étaient bien sûr au tout dernier forum social de Bélem.

Martinique. Lundi 23 février. 18e jour de grève générale.

La nuit dernière j’ai fait un rêve étrange.
Enfin plutôt un cauchemar.

Un CRS m’a demandé qui j’aimais. J’ai été pris d’une terrible panique et j’ai crié, lâchement, en m’enfuyant sur le boulevard du Général De Gaulle, « Vive Sarkozy ! ». Les gens me regardaient un peu surpris. Une ambulance est finalement arrivée et des gros bras en sont sortis pour me mettre une camisole et m’emmener. Le pire c’est qu’un CRS - le même que précédemment ? - est arrivé lui aussi pour me frapper. « Il est complètement fou, vous voyez bien ! » hurlait-il.

Là je me suis réveillé tout en sueur, mon chat sur le ventre, qui me regardait.
Tout va bien. La grève continue. Ouf.

Les négociations sont restées inachevées en Guadeloupe car ce soir, un accord sur les 200 euros étant sur le point d’être signé, le Préfet a finalement trouvé la note trop salée. Le LPK dans un meeting improvisé a immédiatement appelé à la continuité de la grève. Pa molli. J’ai quand même l’impression qu’ils tiennent le bon bout.
A Fort de France les négociations ont été presque immédiatement rompues après que la partie patronale ait demandé comme préalable à toute avancée, la fin de la grève. Ce qui a provoqué des quolibets et le départ immédiat des membres du Collectif.

Des supermarchés ayant tenté de rouvrir, des piquets de grève, constitués de volontaires, ont été immédiatement envoyés. Beaucoup de ces piquets campent sur place nuit et jour. Et des habitantes du quartier leur portent régulièrement des repas.
Michel MONROSE a rappelé plus tard dans un point presse, le caractère incessible des revendications du Collectif du 5 février. Toutes les revendications doivent avoir été satisfaites avant que l’on envisage la fin de la grève. Néanmoins les négociations reprennent demain.

A l’aide de listes du CCAS, des bénévoles passent dans certains quartiers pour distribuer de la nourriture aux plus démunis, aux personnes âgées qui restent souvent très isolées du fait de la pénurie des carburants.

Des associations, des solidarités, se constituent pour prendre en main les jeunes, notamment ceux qui ont des concours en fin d’année scolaire (BEP, Bac…)
L’organisation de la distribution des carburants.

Trop de gestes d’incivilités ont été constatés ce qui amène à une pénurie artificielle. Le Comité a énoncé deux nouvelles règles :

- le carburant ne sera distribué aux automobilistes qu’au vu de la jauge : il faudra en avoir moins que la moitié du réservoir.

- il faudra payer d’avance (30 euros) et on ne rendra pas la monnaie. Ceci pour éviter que certains ne viennent que pour complèter un réservoir quasi plein. Un automobiliste a ainsi fait scandale en prenant de l’essence…pour 12 centimes. Il a pu éviter le lynchage de toute une foule qui attendait à la station depuis parfois des heures.

De plus en plus de syndicalistes, d’automobilistes viennent aider et contrôler la distribution. C’est mieux que les forces de l’ordre souvent mal perçues. Sur la rocade à une station ils ont du charger les automobilistes et, étant en contre bas, ils ont fini par recevoir une volée de parpaings. Tout le monde est donc reparti sans carburant !


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15 réactions à cet article    


  • jak2pad 28 février 2009 15:46

    bof, pas bien intéressant.... j’espère que vos cours sont meilleurs !


    • jak2pad 28 février 2009 15:48

      bof, pas très intéressant.... j’espère que vos cours sont meilleurs !


      • jaja jaja 28 février 2009 16:26

        @ l’auteur : le meeting dont vous parlez dans l’article est résumé en vidéo :

        http://www.npa2009.org/content/un-meeting-en-martinique-avec-1300-personnes


        • Kalki Kalki 28 février 2009 19:22


          Dans notre système  on nous a privés de nos libertés, on nous a privés du "Pouvoir" Politique, Economique, Morale (liberté de penser et d’etre soi meme)..

          Une des solutions c’est reprendre cette liberté qu’on nous vole.

          Ils nous transforment en mouton, en nous volant notre liberté économique et ils nous laissent une liberté dans notre vie privé ( et encore cela est en train de changer, avec les envies des nouveaux tyrans).

          Reprenons notre liberté d’entreprendre ENSEMBLE, pour vivre et nous accomblir tous les jours.

          Espoir : L’autogestion, la liberté économique


          Sur agoravox TV.


          OCCUPER. RESISTER. PRODUIRE. À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.

          	 Espoir : L’autogestion, la liberté économique

          OCCUPER. RESISTER. PRODUIRE. À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.

          L’autogestion, c’est possible !

          L’autogestion d’une usine par ses ouvriers. La mise en coopérative de près de 200 entreprises en Argentine, de l’emploi pour 15 000 personnes avec de vrais salaires, une productivité croissante, c’est possible !


          • ddacoudre ddacoudre 28 février 2009 21:46

            bonjour némo

            je te remercie de nous donner ta vision particitatrice à ce mouvement, car l’on peut pas se fier au média généraliste, qui depuis trop longtemps font dans l’anti syndicalisme.

            cordialement.


            • herbe herbe 28 février 2009 22:15

              Merci beaucoup pour votre témoignage.

              Un autre témoignage très intéressant venant de la Guadeloupe :

              http://hns-info.net/spip.php?article17496



              • nemo3637 nemo3637 28 février 2009 22:57

                Martinique.Vendredi 28 février. 23e jour de grève générale

                 

                Assemblée générale et bilan à la CDMT à la Maison des Syndicats

                 

                Philippe PIERRE-CHARLES a fait ce matin un bilan des négociations. De la première proposition patronale d’augmentation des salaires de 10 à 60 euros (ne concernant pas nombre de secteurs d’activités), qui avait, par son caractère ridicule, contribué sans nul doute, à la provocation d’émeutes, on est passé à une proposition entre 30 à 100 euros. L’Etat apporte une contribution de 100 euros supplémentaire. Les collectivités locales à un total de 30 euros. Mais le Conseil Général tique un peu car l’Etat lui doit déjà 30 millions d’euros et il doit assurer la maintenance d’un certain nombre de services publics. Nombre de présents à l’assemblée font remarquer que ce qui est donné par les collectivités locales vient directement de notre poche par le biais des impôts locaux. Un tel montage ne serait mis en place que pour trois ans, à charge pour l’employeur de suppléer progressivement à ces aides publics.

                Un petit patron qui n’a que deux employés intervient pour souligner le caractère indécent de la proposition d’augmentation de salaires de quelques dizaines d’euros, qui feront d’autant plus baisser les charges patronales. Il rappelle la puissance du groupe Hayot, qui profite notamment du mouvement contre la vie chère pour demander lui aussi une baisse à l’importation de certains produits, comme le ciment dont il a le monopole de la revente…

                Une revendication portant sur un minimum social concernant les jeunes poursuivant une formation ou engagé dans un premier emploi, a été mise sur la table et reprise par les élus car une loi serait nécessaire à son application.

                Philippe PIERRE-CHARLES rappelle plus loin qu’ils n’ont eu de cesse d’appeler à la reprise du travail depuis pratiquement le début de la grève. Il rappelle aussi le premier désir de Serge LETCHIMY, maire de Fort de France, de voir le carnaval se dérouler. Compte tenu de ce que l’on a su plus tard, à savoir, les déprédations et les violences nocturnes c’était vraiment une mauvaise idée sur laquelle il a quand même su revenir.

                Philippe PIERRE-CHARLES pose la question du degré de mobilisation.Où en sommes-nous réellement ?

                Les barrages et les piquets de grève n’éprouvent-ils pas de la difficulté à être relevé ? Certains y sont depuis plus d’une semaine, ne s’absentant que pour prendre une douche. De nombreuses femmes y participent.

                Ne vaut-il pas mieux prendre ce que l’on peut arracher maintenant plutôt que risquer de prolonger les négociations dans un climat de démobilisation ?

                Plusieurs femmes répondent qu’il ne faut pas lâcher actuellement. L’une d’elles, plus âgée, rappelle la grève dans l’hôtellerie de 1983 qui avait duré 43 jours, où les grévistes avaient été traités d’ « assassins ». Mais les gains avaient été substantiels avec notamment une moyenne de deux jours de congé par semaine, et la reconnaissance du syndicat.

                 

                La réaction contre la grève et le mouvement social s’organise.

                 

                L’UMP, conduite par son nouveau leader, Chantal AIGNAN, avait pris l’initiative d’une réunion de mécontents au Squash Hôtel. Cette réunion était plutôt une permanence qui a duré deux jours. Certes le geste proposée par Madame AIGNAN, de s’affubler d’un brassard blanc pour montrer son opposition au mouvement, peut paraitre en l’état absurde et provocateur. Il l’est moins quand on voit une stratégie se mettre en place :

                - organisation d’une manifestation sur Fort de France du comité ad hoc contre la grève (avec le risque de fomenter une véritable atmosphère de guerre civile)

                - occupation du terrain sur internet, avec blog - je n’ai pas l’adresse - et interventions ciblées d’internautes.

                 

                Première réunion du Réseau Social

                Elle s’est tenue au local de l’UPEM boulevard Alègre. On a projeté une film-docu sur les SEL en France. Cela a failli tourner au débat idéologique et on aurait pu s’enliser ici car il y avait des libéraux, des anarcho bolcho (comme moi !) et des nationalistes. Pas triste. Les animateurs ont été à la hauteur et on appelé à l’action et non pas aux discours.Tendance plutôt anti capitaliste et autogestionnaire dans l’ensemble Je suis parti en me portant candidat au bureau et en proposant mes fruits de la passion et ma confiture, bien connue des initiés (!)

                 

                Et après ?

                En tous cas, malgré une nouvelle baisse des exigences du Collectif, la partie patronale ne veut rien signer en l’état. Elle compte, comme cela s’est toutjours vu dans le passé, sur un affaiblissement de la combativité des grévistes et des acteurs du mouvement.

                Il n’y a plus rien à manger ni à vendre dans les rares magasins qui sont encore ouverts. Miracle ! Je trouve un « 8 à 8 » ouvert avec quelques paquets de farine et des pâtes. J’en remplis mon sac à dos. Comme on dit à Paris : ça fera la rue Michel…

                Petite discussion avec un copain qui tient un magasin d’opticiens. Aujourd’hui il a réouvert. Il faut bien vivre…ou tenter de le faire. Lui aimerait que la partie patronale cède car il y aura encore les pots cassés. Sinon il ne restera plus rien, même pas les morceaux.

                Compte tenu de la situation d’émeute le Préfet avait donné l’ordre de suspendre la livraison des carburants aux stations jusqu‘à mardi. Mais les ouvriers pétroliers qui avaient accepté alors de reprendre le travail sous condition de la poursuite des négociations vont-ils garder cette attitude compte tenu du blocage évident de la partie patronale ?

                Grand conciliabule de tous les élus ce week-end.

                Si d’ici lundi aucun accord n’est signé, on peut s’attendre encore à des nuits de violences dont les auteurs sont autant des malfrats que des gens désespérés.

                Grande manifestation lundi. Mais comment s’y rendre ? Peut-être en car.

                 

                 

                 


              • herbe herbe 1er mars 2009 09:03

                Merci !

                Vous citez le responsable de l’UMP.

                Je corrige son nom : ils’agit de Chantal Maignan.

                Une anecdote assez savoureuse à son sujet sur le site bondamanjak qui la traite bien d’habitude pour un certain volontarisme mais qui là s’en amuse :

                http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/6497-le-jour-ou-chantal-dechanta.html


              • nemo3637 nemo3637 1er mars 2009 14:00

                Oui, vous avez raison, et , ainsi que toutes les fautes d’orthographe, je vous prie de m’en excuser..


              • sissy972 1er mars 2009 17:53

                bonjour
                la grève de l’hôtellerie de 1983 a été vraiment bénéfique !! combien d’hôtels ont fermé depuis ???
                à toujours vouloir faire grève pour un bout de chandelles on récolte les pots cassés. On aurait dû envoyer certains prendre des cours pour accueillir les clients cela n’aurait fait de mal à personne surtout pas aux clients qui plus d’une fois ont été pris en "otages" pour d’éternels revendications éculées.
                Toutes les fois où je suis allée en métropole à n’importe quel moment de l’année, jamais je ne me suis retrouvée face à des piquets de grève !!
                Les grèves c’est très bien lorsque les négociations aboutissent pour le bien de tous mais là franchement c’est la catastrophe. Se faire licencier car l’entrperise est au bort de l’asphyxie alors que la grève n’est pas terminée cela fait mal à encaisser. Pourtant c’est ce qui est arrivé à un jeune. Vendredi soir, il a appris par téléphone qu’il était viré. Pas de chance, il n’aura pas d’augmentations pourtant c’est ce qui est prévu !!!!
                 Et combien sont déjà dans ce cas ??? A cause de personnes incapables d’attendre la fin des négociations et qui s’en sont prises à l’outil de travail de patrons de petites et moyennes entreprises !!! Voir un homme pratiquement pleurer d’avoir tout perdu par la faute d’inconscients cela fait mal !!!!
                Est ce utile d’affamer une population qui dans son entier n’aura jamais ces augmentations ???
                Les +40% auront aussi les augmentations ???? ils devraient les reverser à ceux qui sont encore plus pauvres qu’avant la grève pourquoi pas aux étudiants se cachant devant l’objectif pour ne pas que l’on voit leur visage lorsqu’ils disent avoir faim, car les bourses n’ont pas été payées ??
                La grève je commence à fatiguer d’ en entendre parler, je regarde de loin les infos locales à présent !
                 Une moto volée jeudi se revend entre 50 et 100euros !!
                mais de toutes les façons, il y en a une qui va finir la prochaine c’est pour décembre 2009 comme d’hab ! 


                • nemo3637 nemo3637 1er mars 2009 21:57

                  Une grève, et à fortiori une grève générale, est gênante. Elle représente surtout un sacrifice pour les salariés qui la mènent. Mais elle est source, finalement de progrès. C’est gràce à la grève générale de 1936 que les travailleurs ont obtenu les 40 heures, les congés payés et des augmentations salariales. Avantages impossibles à accorder selon le patronat de l’époque - on était encore dans la crise née en 1929.
                  Quant à l’hôtellerie en Martinique, aux mains de grands groupes internationaux, peu de retombées économiques bénéficient à l’île et à sa population. Dans ce secteur, comme dans d’autres (grande distribution, par exemple) de nombreux employés viennent de métropole. Car, comme vous le savez sans doute, ici, à qualification égale - ou même supérieure - on préfère choisir un Blanc pour occuper les places notamment celles de cadres.
                  Malheureusement tous ces problèmes ne sont pas perçus par une certaine élite bourgeoise, qu’elle soit blanche, noire ou jaune. Faute de se décider à les prendre à bras le corps, de satisfaire de justes revendications - comme l’a d’ailleurs reconnue Monsieur Sarkozy - c’est à une véritable explosion sociale
                  à laquelle il faut s’attendre. Et comment imaginer après cela que les choses vont tourner comme avant ?


                • sissy972 2 mars 2009 16:50

                  Bonjour,
                  Je persiste et signe concernant les grèves hotelières. Ce que les grandes grèves de 36 ont apporté ont été profitables à tous. Grèves et menaces n’ont rien de commun.
                  Si des personnes perdent tout pour qu’une minorité s’enrichit je ne vois pas où se place le sacrifice.
                  Si certains veulent suivre comme des moutons libres à eux, mais cette grève tourne à l’aigre.
                  Ce n’est plus du tout une guerre contre la vie chère, mais tout autre chose qui se dessine.
                   


                  • nemo3637 nemo3637 3 mars 2009 02:42

                    Concernant l’industrie hôtelière, je regrette ce que j’ai dit, d’un propos peu nuancé. Il y a une différence entre le grand groupe hôtelier international et l’hôtel-restaurant martiniquais local. On doit aussi considérer tous ceux qui ont des gîtes. Ce n’est peut-être pas le moment mais je tiens à dire que l’accueil en gîte en Martinique c’est plutôt sympa et pas cher, avec un confort très convenable. Petit coup de pub.
                    Bon, vous n’échapperez pas à ma chronique :


                     

                    Le point sur l’état des négociations à la Maison des Syndicats

                     

                    D’emblée les médias, venus de métropole pour la plupart, vont être stigmatisés pour leurs manipulations et leur silence calculé - on y reviendra - mais il leur est permis de filmer et d‘interviewer. Ils ne s‘y risquent guère, rebutés par le créole. Michel MONROSE appelle à ne pas les agresser physiquement « comme c’est arrivé précédemment ». Tiens, tiens, quelque un n’a pas été aussi raisonnable que moi.

                    Je ne serais pas exhaustif ici, me contentant, d’exposer les éléments principaux que j’ai retenus.

                     

                    Les minimas sociaux

                    Le porte parole de la commission explique que les revendications qui portaient sur certaines augmentations ont été reprises par les élus car des textes de lois sont nécessaires. Il rappelle que beaucoup de personnes âgées, n’ayant pu travailler que de façon saisonnière ( dans la banane par exemple) se retrouvent avec des retraites situées entre 190 et 300 euros. Il est donc demandé un alignement sur le minimum vieillesse de métropole (environ 600 euros).

                    Quant à l’allocation d’autonomie pour les jeunes, l’orateur rappelle qu’il ne s’agit pas, comme l’ont répété certains médias, d’un soupoudrage de RMI. Elle ne sera octroyée au jeune de 18 à 25 ans que s’il s’inscrit dans une dynamique de formation et de recherche d’emploi.

                    Cette question des minimas sociaux ne sera abordée que dans quelques jours, après la signature de l’accord sur l’augmentation des salaires.

                     

                    Action culturelle et éducation

                    Il est demandé à l’Education Nationale de prévoir une programmation de créole à l’école primaire, comme cela se passe en métropole pour certaines langues régionales, comme le Breton, le Catalan, le Basque ou l’Alsacien (à noter que l‘enseignement et l‘usage du créole est, de fait, proscrite à l‘école). Un Office de la Culture Créole doit être créé.

                     

                    Sur les services bancaires et les assurances

                    On demande un moratoire et même un effacement des dettes pour les petites entreprises. La suppression des agiots dus aux dysfonctionnements occasionnés par la grève.

                     

                    L’augmentation salariale de 200 euros

                    Après avoir successivement revu ses exigences le Collectif et la partie patronale semblaient proches de l’accord. Au dernier moment celle-ci a sorti de ses dossiers une dernière carte : l’augmentation des salaires ne concernerait pas huit secteurs professionnels (gardiennage,…) soit 17 000 salariés exclus de l’accord.

                    Finalement le Collectif effectue un revirement : il accepterait de signer un accord même insatisfaisant, s’il obtient sur ce point l’aval des manifestants réunis ce jour. Les réactions sont mitigées.

                    Cependant Michel MONROSE précise qu’une nouvelle rencontre aurait lieu en septembre avec les représentants patronaux et que la revendication d’une augmentation des bas salaires de 250 euros n’est pas abandonnée. Il manque donc 50 euros.

                    Les négociations n’étant pas terminées - après la question salariale on doit aborder celle des minimas sociaux - la grève continue.

                     

                    Barrages et piquets de grève.

                    Dans chaque commune les syndicats, au nom du collectif, organisent des barrages et des piquets de grève. Les barrages empêchent l’accès aux zones commerçantes. Les piquets de grève les tiennent, constitués généralement d’ habitants de la commune car de toutes façons on n’a pas de carburant pour circuler. C’est dur car comme beaucoup d’autres j’ai absolument besoin d’aliments pour mes animaux (chat, chien et poules).

                     

                    Carburants et services : la reprise ?

                    Les ouvriers pétroliers devraient, de fait, cesser la grève mardi et livrer le carburant normalement demain . Le rectorat a appelé les enseignants à rejoindre leurs établissements. Mais ceux-ci, après plus de trois semaines d’inactivité, doivent être nettoyés, aptes à recevoir les élèves. Or le personnel d’entretien est toujours en grève. Non seulement il ne retourne pas travailler mais il bloque lesdits établissements par des piquets de grève et des chaînes à cadenas. Le directeur d’une école, mon voisin, est retourné dans son école et l’a semble t-il, rouverte, sans même l’accord du rectorat. Je ne sais pas ce qu’il est devenu.

                     

                    La manifestation de Fort de France du lundi 2 mars

                    Nous sommes très nombreux. Les slogans et les chants rodés, bien rythmés. Tambours et lambis. Chants anciens des esclaves ou des opprimés de toujours en révolte. Gravité et émotion. Les poings se tendent.

                    On sent que cette fin de grève ne sera pas facile. Si l’insatisfaction est trop grande les gestes de révolte ne permettront pas de toutes façons la reprise normale de l’activité tel que l’espère nombre d’employeurs.

                     

                    Martinique, lundi 2 mars, 26e jour de grève générale.

                     

                    Le point sur l’état des négociations à la Maison des Syndicats

                     

                    Le point sur l’état des négociations à la Maison des Syndicats

                    On est surpris de se retrouver si nombreux. Beaucoup d’entre nous pensait que le mouvement s’essoufflait et que nos rangs s’éclairciraient. Il n’en est rien ! Bientot le boulevard du Général De Gaulle est trop petit pour nous contenir. Les slogans se radicalisent encore (« levé li tambou pou la libération levé li tambou pou la révolution, levé ! levé »…) et on entend le son morne des lambis, à la fois avertissement et appel au combat. J’ai la chance d’être arrivé assez tôt pour être à l’entrée de la Maison des Syndicats où va être donné le compte rendu de la journée de négociation de la veille. Elle s’est terminée comme d’habitude vers 3 heures du matin.


                  • sissy972 4 mars 2009 14:39

                    Bonjour
                    Le prochain sujet de dissertation en classe : racontez votre mois de vacances du 5 février aux premiers jours d’avril. Dites en conclusion si vous pensez que la rentrée de septembre sera "on prend les mêmes et on recommence" ou alors "un avenir prometteur avec le Bac en poche et direction les USA pour les études supérieures ( la France vaut mieux éviter en ce moment). 
                    Le prochain retour en classe sera passablement ennuyeux pour certains. 


                    • nemo3637 nemo3637 4 mars 2009 23:02

                      Ce n’est pas une mauvaise idée car nombre de jeunes ont des idées sur le mouvement et sur ce qui pourra se faire après. En septembre ? La lutte des classes - pas les mêmes bien sûr que celles des établissements scolaires - continuera mais sans doute pas seulement dans les Antilles. D’ici là la crise qui ronge le capitalisme aura fait des ravages (banqueroute de la Grande-Bretagne dans quelques semaines). Et on n’aura pas le choix que de se prendre en main et de ne compter que sur nos propres forces.

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