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Accueil du site > Actualités > Société > La médiation sur les marches du palais de justice à Fort-de-France

La médiation sur les marches du palais de justice à Fort-de-France

La médiation se développe en Martinique. Cette démarche s’inscrit dans la mise en place des dispositifs préconisés par l’Europe pour faciliter la résolution amiable des différends. Il s'agit néanmoins d'une première en France, développée sous l'égide du premier président de la cour d'appel Bruno Steinmann, un récidiviste de la médiation comme moyen de trouver des ententes plutôt que de se soumettre à des arbitrages...

Une première en France, au sein d’une Cour d’Appel

Ce mercredi 23 avril 2013, à Fort-de-France, le premier président de la Cour d’Appel, Bruno Steinmann, a fait une première nationale. Il a mis à la promotion de la médiation sa touche personnelle. Lors d’une cérémonie très médiatisée, il a accueilli les nouveaux partenaires officiels que les magistrats et les auxiliaires de justice, avocats, huissiers, experts, pourront recommander aux personnes en conflit : les médiateurs civils.

Les médiateurs professionnels sont très représentés. Ils apportent leurs compétences pédagogiques dans des contextes où la nécessité d’apprendre à s’entendre peut souvent lancer l’inimaginable discussion entre protagonistes.

En concertation avec Rémi Delaunay Belleville, délégué de la chambre professionnelle de la médiation et de la négociation, le premier président, que j’avais rencontré en décembre 2012et février 2013, a organisé cet évènement pour témoigner de l’intérêt que chacun a de recourir à la médiation plutôt qu’à entretenir l’adversité.

A cette occasion, le procureur de la république a souligné que la médiation ne doit pas être considérée comme un moyen de remplacement d’un système judiciaire qui serait démuni face à des réclamations ou des plaintes.

La détermination d’un Premier Président de Cour d’Appel au service de l’entente

Déjà très promoteur de la médiation lorsqu’il était à Toulouse, Bruno Steinmanna exprimé son attachement à une justice qui rapproche plutôt qu’elle ne sépare. Clairement, la médiation est une autre offre au service de la relation. Si le rôle du système judiciaire peut être de réprimer, de sanctionner, de rappeler aux règles communes, celui de la médiation, a indiqué le premier président, est d’aider les protagonistes d’un conflit à comprendre et trouver les moyens de s’entendre.

La société martiniquaise se met à l’heure de la médiation

Sous cette impulsion formidable du premier président Bruno Steinmann, soutenu par les acteurs judiciaires, économiques et politiques de l’île, la société martiniquaise se met à l’heure de la médiation et de la recherche d’amélioration de la qualité relationnelle.

En effet, cette cérémonie réalisée en présence de plusieurs magistrats a été suivie, à 18 heures, d’une conférence à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Fort de France.

La table ronde a été ouverte par Rémi Delaunay-Belleville. Toutes les structures martiniquaises étaient représentées : la profession d’avocat, les huissiers, les notaires, la chambre des métiers, les conseillers prud’homaux, la ville de Fort-de-France, la région… Les échanges ont été conclus, par moi-même, avec l’idée de la médiation obligatoire en France, et avec le premier président, comme un moyen de promouvoir, plutôt que la gestion de l’adversité, la pédagogie du mieux vivre en société et l’altérité citoyenne.

Le propos d’Aimé Césaire “Un petit pas fait ensemble vaut mieux qu’un grand bond en solitaire.” résume bien l’état d’esprit général qui a présidé à cette soirée , laquelle marque une volonté de tous ces acteurs importants pour l’orientation culturelle de la Martinique.


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2 réactions à cet article    


  • astus astus 26 avril 2013 19:03
    Bonjour Jean-Louis Lascoux, 

    Voici en effet un moyen intelligent pour régler certains conflits et débarrasser les cours de justice de procès interminables qui n’ont rien à y faire et se soldent souvent par des déceptions prévisibles. Je ne sais pas si cette fonction de médiation est équivalente à ce que l’on appelait autrefois, il y a déjà bien longtemps, les « juges de paix », ou plus simplement « la palabre », et je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’éclairer sur ce point. Mais il est évident que notre société doit progresser vers des échanges plus souples en faveur de négociations faites en présence de tiers respectés susceptibles d’aboutir à des concessions entre tous les partis en présence, avec à la clé un maintien voire un approfondissement du lien social, au lieu des ruptures habituelles qui pérennisent les haines et les difficultés. Mais cela suppose évidemment de sortir d’un langage simpliste de type binaire, avec toujours les bons d’un côté et les méchants de l’autre comme dans les cours de récréation des maternelles, ce qui demande une éducation à la citoyenneté.

    Cordialement 

    • Jean-Louis Lascoux Jean-Louis Lascoux 28 avril 2013 17:45

      Bonjour Astus, le temps que je revienne en métropole, et que mes neurones se recalent, je vous réponds. Tout d’abord merci de ces questions. Le sujet de la médiation mériterait que l’on s’y attarde plus, puisque il concerne en terme d’évolution ce qui fait les fondements de notre organisation sociale : soit on gère l’adversité, soit on promeut l’altérité. Cette conception interfère beaucoup sur le débat de l’égalité des droits, par exemple. 


      Pour en venir à votre questionnement : les « juges de paix » n’ont absolument rien à voir avec la médiation et la palabre non plus. 

      Je m’explique : la médiation, surtout dans sa définition professionnelle, consiste dans le soutien à la liberté contractuelle, l’encouragement à décider par soi-même, à prolonger ce qui a présidé lors de l’accord controversé : la liberté d’implication. Le juge de paix est celui qui tranche après avoir tenté de concilier, soit de rappeler au bon sens, à la morale, aux règles de droit. Le juge rend une décision lorsqu’il n’a pas réussi à concilier. C’est le propre de tout juge. 

      Quant à la palabre, il est souvent pratiqué la recherche d’épuisement des parties pour obtenir le lâcher prise de l’une d’entre elles. Qui plus est la palabre est souvent placée sous l’égide mystique des ancêtres. La médiation, encore une fois professionnelle, ne saurait reposer sur des instrumentations de cette sorte. Cordialement.

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