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Accueil du site > Actualités > Société > La « mort compassionnelle »

La « mort compassionnelle »

L’euthanasie revient dans le débat. A quelques minutes d’écart, je reçois un mail par lequel on me fait part d’une initiative de l’Alliance pour les droits de la Vie. Et puis, via Yahoo, je prends connaissance de cet article, sur Agoravox : Euthanasie et Présidentielle. Les opposants à l’euthanasie sont inquiets des prises de position des candidats. Mais y-a-t-il lieu de l’être, alors que Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou ont tous trois fait des déclarations d’un remarquable flou, qui ne rechignent pas d’ailleurs, de ce fait, à taquiner la bêtise... ou la suprême "habileté" ? More...

C’est Nicolas Sarkozy qui, à la Mutualité, le 11 février dernier, a semble-t-il jugé opportun de déclarer :

"Les principes, je les respecte, les convictions, je les respecte. Mais je me dis quand même, au fond de moi, il y a des limites à la souffrance qu’on impose à un être humain (...) On ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d’un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine"

C’est Ségolène Royal qui, le 19 février, sur TF1, affirme  :

"Je crois que dans le respect des personnes, il faut faire ce qu’ont fait d’autres pays européens, ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d’apaiser les souffrances les plus intolérables"

C’est François Bayrou qui, le 15 février, sur France 2, déclare  :

"Je suis pour que l’on ne laisse pas souffrir les gens et que l’on ne prolonge pas inutilement leur vie (...) Lorsque l’on est au bout du bout, l’acharnement thérapeutique, c’est quelque chose de trop lourd (...) Je suis pour que cette décision soit prise par les médecins dans le cadre du rapport intime qu’ils ont avec le malade et sa famille"

Autant de morceaux de bravoure, en termes de langue de bois. Car chacune de ces déclarations peut convenir à tous.

François Bayrou croit-il que qui que ce soit soit favorable à l’"archarnement thérapeutique" ? Dans "acharnement thérapeutique", il y a... "acharnement". Le terme en lui-même porte sa condamnation. Est-il de quelque utilité, de quelque importance, d’affirmer une opposition ? Les médecins eux-mêmes ont-ils pour idéal de "s’acharner" ? "On fait quoi avec le malade de la 202 ? Eh ben, on s’acharne dessus". Qui, encore, est favorable à ce que l’on prolonge "inutilement’ la vie de qui que ce soit ? Au demeurant, cette expression est terrible en ce qu’elle suppose qu’un instant de vie supplémentaire puisse être "inutile", en ce qu’elle admet que l’on puisse être juge de l’utilité de la vie d’un tiers... Et c’est où, François, "le bout du bout" ? Comment sait-on que l’on y est ?

Ségolène Royal, elle, est fidèle à elle-même : elle ouvre un débat. Allez, grand bien lui fasse. C’est d’ailleurs un moindre mal. Elle se déclare favorable à ce que l’on "soulage les souffrances les plus intolérables". Qui est contre ? "Moi, moi, m’sieur ! Moi, j’suis pour qu’les autres, ils en chient." Je suis d’accord, Ségolène, soulageons les souffrances les plus intolérables. Quant à celles qui sont intolérables, certes, mais pas des "plus" intolérables, on les met de côté, on se les cognera dans une autre loi. Pour la mesure de la tolérabilité de la douleur, je pense que l’on pourra se contenter d’un décret, afin qu’il soit plus facilement révisable, en fonction de l’acceptation de la douleur par notre société. Autre frisson, dans cette déclaration : soulager les douleurs... S’il s’agit de donner la mort, peut-on dire que l’on soulage une douleur ? Si oui, je me méfierai, la prochaine fois que l’on me propose quoi que ce soit pour soulager la douleur.

Et Nicolas Sarkozy. Pas moins que les autres, il n’évite la proclamation d’un faux problème : "la souffrance que l’on impose à un être humain". Qu’on me présente le salaud qui se permet d’imposer de la souffrance ! Radiez-moi tous ces médecins ! Mais qui, donc, impose à qui que ce soit quelque souffrance que ce soit ? Hum ? Et qui donc "reste les bras ballants devant quelqu’un qui appelle à ce que ça se termine" ? Est-ce que ne pas débrancher l’tube, c’est rester les bras ballants ?

François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, entretiennent une ambiguïté plus ou moins évidente. Mais ont-ils entendu évoquer les soins palliatifs ? Plutôt que de ménager la chèvre et le chou, la mort et la vie, l’un d’entre eux aurait-il les couilles de valoriser cette voie d’écoute, d’accompagnement, de dignité - eh oui, la dignité n’est pas que dans l’abrègement de la vie, contrairement à ce que l’on souhaite nous faire croire - et de lutte contre la douleur ? Non. Car il y a un mouvement de revendication à satisfaire. Une réponse simple, rapide à mettre en oeuvre : l’effacement du problème.

Et j’en reviens à cet excellent article de Sylvain Etiret, un soignant qui refuse de considérer l’administration de la mort comme un soin.

Une observation :

"Durant des siècles, la peine de mort a été la menace brandie par la société à l’encontre de ceux qu’elle considérait comme porteurs des pires dangers contre son intégrité. En quelques années, l’administration de la mort a finalement basculé vers l’ultime moyen d’honorer la dignité de l’homme souffrant. Etonnant renversement."

Et un rappel, assez amer :

"Depuis des années, des cohortes de soignants ont pu s’attacher à mettre en évidence le fait que la fin de vie peut être accompagnée, entourée, apaisée, même dans les situations les plus difficiles, sans avoir recours à un abrègement volontaire de la vie. Rien n’y a fait. Les tenants d’un droit d’administrer une mort compassionnelle semblent avoir finalement quasiment atteint leur cible.

Depuis 1986 et les premiers textes définissant et organisant les Soins Palliatifs en France, jusqu’à la récente loi Léonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, en particulier au droit au refus d’un acharnement thérapeutique, le paysage a pourtant bien changé. S’est ainsi progressivement formalisé tout un réseau de concepts, de réflexions, d’outils techniques ou organisationnels, d’homme et de femmes, au service d’un regard et d’une volonté de témoigner que, jusqu’au bout de la vie, quiconque demeure le vivant, et non le mourant qu’on avait fait de lui."

Formulés en quelques mots, voilà nombre des enjeux de ces débats : la compassion comme critère, un regard, une volonté, une dignité, l’espoir que l’humanité, en tant de siècles de progrès ait trouvé un autre moyen d’assister l’homme en fin de vie qu’en lui administrant la mort.


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135 réactions à cet article    


  • benalgue (---.---.139.175) 2 mars 2007 10:19

    @ l’auteur

    dans la question sur l’euthanasie il y a deux facteurs principaux à prendre en compte :

    le serment d’hypocrate

    la religion ou dieu

    en ce qui concerne les medecins je les pense plutot pour l’euthanasie et d’ailleurs pour connaitre quelques personnes travaillant dans les hopitaux je sais que l’euthanasie se pratique sous forme discrète...

    pour ce qui est de la religion et le fait de dire que seul dieu peut choisir l’heure de notre mort...je pense que l’acharnement therapeutique est une insulte à dieu...c’est dénaturer la mort

    perso je préfèrerai mourir 2ans plus tôt chez moi que de finir ma vie après avoir passé 2 ans branché dans un hopitale


    • koz koz 2 mars 2007 10:41

      A cet égard, je citais, sur mon blog, un extrait du livre de Bernard Debré, « Nous avons tant aimé, l’euthanasie, l’impossible loi » :

      "Pour les uns, la dignité essentielle consiste à ne pas vivre grâce à l’assistance de tuyaux et entouré d’écrans de contrôles. C’est la vision que véhiculent les théoriciens de l’euthanasie, qui sont pour la plupart, je ne le dirai jamais assez, des gens bien portants. Mais c’est rarement celle des malades en fin de vie, pris en charge dans le cadre d’unités palliatives. Pour eux, la première dignité est de recevoir la dose d’antalgique au bon moment ; c’est aussi qu’il y ait des infirmières en nombre suffisant pour les entourer, leur parler de tout et de rien, faire leur toilette dix fois par jour s’ils ont perdu le contrôle de leurs selles ou de leurs urines... La dignité du mourant se confond alors avec celle, admirable, des hommes et des femmes qui l’accompagnent dans ses derniers instants : personnel hospitalier, familles, proches, qui consacrent affection et dévouement à rendre digne d’être vécue une vie qui s’en va.

      Changer draps et pansements aussi souvent qu’il le faut, maintenir une chambre impeccable et une atmosphère joyeuse - oui, joyeuse ! j’en témoigne pour l’avoir constaté et m’être senti incapable d’expliquer pourquoi - répondre aux derniers désirs d’un mourant qui réclame son petit plat préféré, au nom de quoi cela serait moins conforme à la dignité humaine que débrancher un tuyau parce que l’espoir de guérir a disparu ?

      Cette évidence assaille quiconque prend la peine de fréquenter, ne serait-ce qu’épisodiquement, les centres de soins palliatifs : ce n’est pas la mort qui est indigne, c’est l’absence d’accompagnement. Oui, mourir peut être laid, sale et malodorant. Mais c’est aussi aux vivants qu’il appartient d’être dignes en faisant en sorte que la mort ne soit rien de tout cela. Voilà bien l’étrange paradoxe de ce XXIème siècle : présenter l’euthanasie comme un progrès alors que notre époque est la première de l’Histoire à détenir les moyens de supprimer la douleur physique et, dans une moindre mesure, la souffrance psychologique".

      Je ne dis pas que j’ai une solution. Ce que je ne voudrais surtout pas, c’est qu’une certaine précipitation amène à choisir la solution rapide et propre. Comme une exécution bien menée.

      (et je provoque sur cette dernière phrase, mais simplement pour souligner que ce qui est rapide et propre n’est pas forcément le summum de l’éthique)


    • Pyrz (---.---.94.43) 2 mars 2007 12:26

      Je suis d’accord avec ce commentaire. ( Orthographe en moins ) ;)


    • jps (---.---.194.198) 3 mars 2007 09:46

      la compassion est nécessaire et insuffisante et tous ont pu remarquer que Ségolène avait cette qualité notamment lors de sont passage « j’ai 100 questions à vous poser » a voir aussi http://poly-tics.over-blog.com/


    • La mouche du coche La mouche du coche 3 mars 2007 09:58

      Benalgue,

      ton commentaire est confus :

      tu dis : « je préfèrerai mourir 2ans plus tôt chez moi que de finir ma vie après avoir passé 2 ans branché dans un hopital »

      cela veut donc dire que tu es POUR l’euthanasie smiley

      Alors que reproches-tu aux médecins qui la pratiquent ?


    • levi (---.---.71.173) 4 mars 2007 20:19

      La mouche du coche : tu as mal lu.


    • minijack minijack 4 mars 2007 20:33

      « Ce n’est pas la mort qui est indigne, c’est l’absence d’accompagnement. »

      Vous avez absolument raison. Mais il ne faut pas oublier que l’accompagnement, aussi attentionné soit-il, ne résoud rien de la souffrance du malade, que celle-ci soit souffrance physique ou morale. Et c’est bien sur le sujet de la souffrance inutile et superflue que porte l’éventualité de l’euthanasie. Pas sur l’absence d’accompagnement de confort. La question n’est pas de nourrir artificiellement ou de laver les fesses d’une personne immobilisée dans un lit, ou même de lui faire la lecture ou de lui jouer de la musique, ce n’est pas ça LA question importante.

      Ce que ne supportent pas les humains parvenant en fin de vie, c’est se voir eux-mêmes dans un état de détérioration et de déchéance tel qu’ils ne peuvent plus s’assumer, ni physiquement leurs fonctions vitales, ni intellectuellement leurs fonctions cérébrales.

      Cela est déjà une souffrance morale insupportable tant qu’il y a un espoir de guérison. Mais quand à tout cela s’ajoute la souffrance physique et que tout espoir est abandonné, ne vaut-il mieux pas larguer les amarres ?

      Le moyen technique est simple et à la portée de n’importe qui. Il suffit que le médecin donne une dose de morphine un eu plus forte et l’affaire est faite mais... L’ennui c’est que si on n’est plus capable de faire en sorte de partir soi-même, il faut qu’un proche puisse vous aider. Et pour l’instant, il ne peut pas.

      D’un autre côté, est-il pertinent de légaliser ce qui ne doit rester qu’exceptionnel, et surtout un cas de conscience PERSONNEL ?

      Je ne le pense pas. Edicter une loi serait la porte ouverte à l’eugénisme et à toutes sortes de dérives, voire même de crimes relatifs aux intérêts patrimoniaux.

      Cette affaire doit rester une question de CHOIX PERSONNEL de l’individu malade, en fonction de sa philosophie personnelle, de sa religion, etc.

      A cette fin, il devrait être possible de faire une loi qui ne prenne pas position sur la légalité de l’euthanasie elle-même de façon générale, mais qui rendrait obligatoire pour chacun de faire savoir clairement ses désidératas « pour le cas où », en étant porteur d’une carte précisant où doit s’arrêter dans son cas cet « acharnement » thérapeutique et demandant clairement qu’on y mette fin.

      Il y a eu, me semble-t-il, des cartes de ce genre autorisant les prélèvements d’organes en cas d’accident, avant que la loi inverse cet accord le rendant positif par défaut.


    • (---.---.152.137) 5 mars 2007 09:08

      D’accord avec cette proposition d’une carte autorisant l’euthanasie, que l’on porterait sur soi.

      Couplée à un fichier médical informatisé enregistrant la demande elle serait, d’une part naturellement consultable par le personnel soignant(au cas où la carte serait égarée) ;

      d’autre part cette carte serait soumise à l’obligation d’être bi-annuellement réactualisée car la prise de position sur la fin de vie peut évoluer en fonction des circonstances personnelles de chacun.

      Un encadrement permettrait d’éviter les dérives (validation par une commission médecin hospitalier - médecin psychiatre ) afin d’éviter une éventuelle dérive d’un médecin traitant en complicité avec un tiers de la famille.


    • koz koz 8 mars 2007 17:20

      Je suis obligé de rendre au Professeur Debré ce qui lui appartient. L’absence d’italique peut laisser penser que le propos était le mien, ce n’est pas le cas.


    • La mouche du coche La mouche du coche 8 mars 2007 17:45

      ah Koz a en plus pompé les phrases qui semblaient de lui, mais qu’est-ce qui reste de cet article alors ? smiley

      Quelle misère cet auteur ! smiley


    • Bill Bill 2 mars 2007 10:31

      Bravo Koz, il faudrait toujours décortiquer les discours de nos dirigeants de cette façon-là !

      J’avais été très agréablement surpris moi aussi de l’article de Sylvain Etiret, qui était plein d’humanité.

      Bill


      • koz koz 2 mars 2007 10:42

        Le Net a aussi cet avantage que l’on y trouve des voix que l’on croit parfois minoritaires, et qui ne le sont pas tant que ça.


      • Pierre R. (---.---.231.186) 2 mars 2007 10:42

        A l’auteur

        J’apprécie beaucoup cette analyse transversale sur un thème donné. Les électeurs français devraient profiter d’une démarche intellectuelle comme celle que vous proposez sur une thématique de la vie. Très instructif. Ce thème est universel. Nous avons eu des cas pathétiques au Canada et au Québec où des parents ont dû, à la demande même de leurs enfants incurables, céder à l’acte d’euthanasie. Imaginons leur souffrance ! Le débat de société n’est pas terminé chez nous, tant s’en faut.

        Pierre R. Montréal (Québec)


        • gem gem 2 mars 2007 10:54

          Bon article

          Le plus consternant dans cette affaire, c’est que les candidats s’expriment sur cette question. Qu’on m’explique donc en quoi le tuyau qui maintient M. Michu en vie concerne le président(e) ? ? ? Vous imaginer De Gaulle dire ce qu’il pense de se genre de truc ???

          Je n’en blâme point les candidats, d’ailleurs, si ils le font c’est bien parce qu’on leur demande. Quel signe de la déliquescence de notre système politique !

          Nous avons déjà des lois raisonnables et des gens bienveillants pour les appliquer, ça devrait suffire (y compris lorsqu’un juge prononce un « non-lieu » dans une affaire de suicide-meurtre ; la justice marche bien des fois, aussi) . Et bien non : il faut encore et toujours encore légiférer...

          Et donc, pour une fois, je crois que la plus raisonnable c’est bien Mme Royal. Evacuer la question vers un « débat » est une de ses manies, mais en l’occurence et pour une fois c’est quand même bien ce qu’il y a faire.


          • koz koz 2 mars 2007 11:13

            Assez d’accord avec vous : il y aurait une certaine grandeur à admettre qu’une telle question n’est pas de la responsabilité d’un homme seul, d’une femme seule, fût-il (fût-elle) Président(e) de la République ?

            Ils ont, de façon générale, choisi la réponse évasive. Ce n’est pas la plus responsable.


          • maxim maxim 2 mars 2007 10:56

            très bien votre article....

            « la mort compassionnelle » oui mille fois au nom de la pitié....oui abréger la souffrance physique et morale subie par le malade qui ne desire qu’etre liberé....

            quel interet de maintenir un malade en survie artificielle ,sachant que plus rien n’est possible ??

            il y a evidemment la question religieuse ,mais l’eglise devrait s’engager clairement sur cette réalité et cette evidence ,plutôt que de s’abriter derriere ce commandement « tu ne tueras point »....


            • koz koz 2 mars 2007 11:09

              « il y a evidemment la question religieuse ,mais l’eglise devrait s’engager clairement sur cette réalité et cette evidence ,plutôt que de s’abriter derriere ce commandement » tu ne tueras point« .... »

              Pourquoi pensez-vous que ce n’est pas ce qu’elle fait ? Connaissez-vous les maisons Jeanne Garnier ( http://www.jeanne-garnier.org/ ) ?

              Connaissez-vous le Groupe Hospitalier Diaconnesses Croix Saint-Simon ( http://www.hopital-dcss.org/accueil.htm ), d’inspiration protestante ?

              Il ne me semble pas que les églises esquivent la difficulté du sujet.

              Voir aussi les premières lignes du rapport du Sénat sur les soins palliatifs (http://www.senat.fr/rap/r98-207/r98-2077.html )


            • maxim maxim 2 mars 2007 12:15

              @ l’auteur...

              j’ai parlé de l’engagement de l’eglise en general par rapport à la position du Pape à ce fait de societé....

              quelle en est sa position sue ce sujet ????


            • degesvres (---.---.81.230) 2 mars 2007 18:12

              Que de bêtises lues, afflgeantes... Si vous voulez connaître les avis maintes fois publiées de l’actuel pontife, renseignez-vous avant d’écrire... Je n’ai mis que trois minutes pour trouver ce que vous réclamez, par google, sur le site « zenith.org ». Avis aux amateurs : ce n’est pas par ce qu’on n’étudie pas (ou si peu) que l’on peut écrire des inexactitudes aussi grossières... Le récent pape, comme d’ailleurs le précédent, ont tous deux longuement écrit sur l’euthanasie, en précisant même que l’église se refuse à accepter un acharnement thérapeuthique inutile. Cependant, l’euthanasie reste interdite par toutes les religions moothéistes.


            • (---.---.152.137) 5 mars 2007 09:19

              Le problème des religions et de ceux qui les pratiquent est que dans 90% des cas ils veulent imposer leurs croyances aux autres.

              Alors que se passera-t-il si le malade non-croyant et qui serait pour l’euthanasie, se trouve en fin de vie entre les mains d’un croyant (chrétien ou musulman peu importe) ?


            • tugdual 5 mars 2007 12:07

              Je pense que Maxim n’a pas tort. Il veut très certainement opposer la définition légale de la mort en France qui est reliée à l’absence de l’activité électrique cérébrale, à la définition religieuse, celle du Passage. Pourquoi les progrès de l’anésthésiologie devraient-ils s’opposer à ceux de la théologie ? voilà la question de Maxim !


            • La mouche du coche la Mouche du coche 2 mars 2007 11:42

              Koz,

              Tu es trop jeune pour comprendre un mot de l’euthanasie. Pour toi, elle est visiblement une promenade dans un hôpital. smiley Comme tu es loin de la réalité ! smiley

              Garde bien ton article avec toi. Quand plus tard tu le retrouveras, tu comprendras ce que je veux te dire. Mais pour l’instant tu es jeune, et un jeune, ça à le droit de dire des conneries, même les pires. smiley

              cordialement smiley


              • koz koz 2 mars 2007 12:00

                Sortez donc « la mouche du coche » de votre rôle de composition de « celui qui sait », qui « connait la vie ». C’est un rôle classique mais trop souvent endossé par d’infatués ignorants pour être crédible.


              • La mouche du coche La mouche du coche 2 mars 2007 15:48

                Bien répondu Koz, smiley

                quand on est jeune il faut être sûr de soi, et tu fais bien de gueuler contre les vieux cons. smiley

                Mais quand même, conserve bien ton article... et relis-le plus tard... smiley


              • Gabriel (---.---.0.35) 2 mars 2007 22:52

                Bon, chère mouche du coche,

                Que nous vaut ce commentaire. Que savez vous donc mieux que tout le monde, puisque vous le proclamez si fort.

                Nous sommes prêt à débattre de vos positions (si ce n’est déjà fait, puisque l’argumentaire semble vous manquer un tant soit peu).

                Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas parce que nous sommes de « jeunes cons » que nous ne respectons pas la vieillesse, sinon, je pense que nous serions pour l’euthanasie.

                C’est vrai ça, ça sert à quoi un vieux, à part radoter et raconter sa vie dont les jeunes n’ont pas grand chose à faire. (c’est évidemment ironique)


              • La mouche du coche La mouche du coche 3 mars 2007 21:09

                Gabriel,

                Va lire plus bas le commentaire de Cl4ud3 le 3 mars 2007 à 21H01 qui te répond.

                Elle en parle bien, smiley car elle a vraiment vécu les choses quand l’auteur ne fait que des phrases, pensant qu’aligner les mots constitue une pensée. smiley


              • Cl4ud3 (---.---.102.72) 3 mars 2007 22:29

                à Gabriel

                « Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas parce que nous sommes de »jeunes cons" que nous ne respectons pas la vieillesse, sinon, je pense que nous serions pour l’euthanasie...

                C’est vrai ça, ça sert à quoi un vieux, à part radoter et raconter sa vie dont les jeunes n’ont pas grand chose à faire. (c’est évidemment ironique)"

                vous êtes à côté de la plaque, et vous n’avez pas compris le fond du débat. je subodore que vous avez la chance de ne pas avoir fait l’expérience de la mort, c’est à dire DU moment OU SE FAIT le passage entre l’étincelle et le néant, CET INSTANT OU le coeur cesse de battre...

                et où vous êtes là sur le bord du lit, avec dans votre main, la main encore chaude de celle ou celui que vous aimez parce qu’elle était votre mère, votre père, ami... que désormais, il appartient au passé et que plus jamais cette personne que vous aimez ne vous prendra dans ses bras.

                ...que vous avez envie de refaire battre ce coeur si fatigué, de voir se réouvrir ces yeux qui ont tant pleuré de douleur et de tristesse, d’entendre sa voix vous dire qu’elle a réfléchit et qu’elle voulait continuer à se battre contre ce corps qui s’en allait en lambeaux et qui l’emprisonnait... vous avez envie de tout cela... et pourtant, vous savez que la la meilleure des choses c’était de la laisser partir, de l’aider à se dégager de cette agonie qui durait depuis des des mois, voire des années...parce que pour la première fois son visage est lisse comme si elle dormait...

                on ne « pique » pas les « p’tits vieux » ni les gens dans le coma, ni quelqu’un qui a eu un infarctus... la famille, les médecins, les soignants passent par mille hypothèses pour préserver la vie, à condition que celle-ci soit digne. dans ces services d’accompagnements et de soins palliatifs, chaque mort est vécue comme un drame par chaque membre du service, car on ne peut bien entourer un patient que si on a de l’empathie pour lui. car ce qui est important ce n’est pas ce que nous, nous ressentons, mais la manière dont le patient se perçoit valide et non valide, et comment a envisagé de continuer sa vie.


              • levi (---.---.71.173) 4 mars 2007 20:23

                La mouche du coche : je regrette d’avoir ouvert ton commentaire.


              • mj357 (---.---.227.99) 2 mars 2007 11:49

                Je suis content que les hommes politiques parlent de ce sujet, il est important même si on est d’accord il dépasse leur compétence. Je suis pas tout à fait d’accord avec l’article qui pense que leurs déclarations sont floues. En fait leurs réponses sont plustôt franches sur le sujet mais en fait c’est le sujet qui est lourd il faudrait pour définir un cadre légal à cette question mettre autour de la table nos plus imminents docteurs en médecine, juristes, scientifiques, philosophes, psychanalistes... la liste n’est pas exhaustive. Ce qui est sur c’est que 1, 100 % des médecins que j’ai connu personnellement me dise l’avoir pratiqué (mais bon j’en connais pas beaucoup, difficile d’avoir une vrai tendance) en accord avec la famille. 2, je viens de perdre ma grand-mère à 84 ans d’un cancer interminable qui a mobilisé toute la famille pendant les 3 derniers mois. Franchement je me demande à quoi on servit ses 15 derniers jours. 3, la question est malgré tout politique (au sens éthymologique du terme)et il est normal qu’un représentant de la nation s’interroge dessus. Par contre je refuse catégoriquement qu’on permettent aux religieux d’exposer leur avis là dessus. La Loi de 1905 est claire bien que jamais assez appliqué à mon goût, le religieux n’a pas à interférer sur le politique.


                • koz koz 2 mars 2007 12:05

                  Vous me relirez la loi de 1905...

                  Quant au fait que des médecins abrègent les souffrances de malades, oui, bien sûr, cela existe. Et oui bien sûr, dans certains cas, il vaut mieux donner des doses d’antalgiques dont on sait qu’elles abrègeront probablement la vie, mais soulageront une douleur insupportable. Mais la loi ne permettra pas de poser des garde-fous utiles. La loi ne peut pas poser de critères recevables.


                • koz koz 2 mars 2007 12:09

                  « Un pauvre malade tout maigre et faisant sous lui, ne pouvant presque plus s’ exprimer et parfois les yeux pleins de larmes, oui ça fait peur aux autres. Mais sa »dignité« oui, elle est toujours là, plus que jamais. »

                  Dans quelque état qu’il soit, chaque homme est digne.

                  Et, si un malade dans une telle situation peut, de lui-même, ne plus se sentir « digne », peut-être devrait-on aussi se demander si ce n’est pas dans le regard des autres qu’il craint de voir son « indignité ».


                • le mari de Laure (---.---.40.202) 2 mars 2007 23:12

                  Derrière le religieux, il y a un homme ou une femme qui a les mêmes droits que toi et moi de s’exprimer. Sa parole est souvent intéressante. En outre, elle a une autre qualité : elle n’oblige personne. Bref une parole libre. Moi çà m’intéresse.


                • ichtus (---.---.14.199) 2 mars 2007 12:06

                  Bravo Dr Etiret, Koz, Bill... Moi aussi j’ ai connu l’ accompagnement d’un cher malade encore jeune mais en fin de vie. Très douloureux, il ne se sentait pas du tout dépouillé de sa « dignité » d’ homme mais il réclamait ses doses d’ anti- douleurs et surtout une présence compatissante, respectueuse et qui lui change les idées. Même le dernier jour, l’ humour était encore là ! Ce chirurgien, atteint d’ un cancer horriblement douloureux a toujours milité pour le respect de la vie du commencement à sa fin naturelle et lui-même a vécu au plus près des attentes et des souffrances de ses malades. Il ne comptait pas sa peine ni son dévouement. Chacun l’ ayant connu sait cela. Ce n’ est pas une légende pieuse et rétrograde, c’ est une verité vécue. Il a fini par partager complètement la vie et le genre de souffrances de ses chers malades. Il a été un courageux jusqu’ au bout mais surtout un témoin de la grandeur et de la vraie dignité de l’ Homme. Un pauvre malade tout maigre et faisant sous lui, ne pouvant presque plus s’ exprimer et parfois les yeux pleins de larmes, oui ça fait peur aux autres. Mais sa « dignité » oui, elle est toujours là, plus que jamais. De sa part, je vous dis : aimez la Vie, protégez- la, accompagnez- la sans acharnement mais jusqu’ au bout. Quand il n’ y a plus rien à faire, soyez là. La vie est sacrée.

                  Et j’ ajoute en mon nom que la plupart des gens qui réclament l’ euthanasie c’ est avec l’ idée qu’ ils empoisonnent ou empoisonneraient la vie des autres. A ces autres de leur démontrer le contraire. COURAGE.


                  • koz koz 2 mars 2007 12:11

                    Je replace ce commentaire ici, m’étant trompé de lien...

                    «  »Un pauvre malade tout maigre et faisant sous lui, ne pouvant presque plus s’ exprimer et parfois les yeux pleins de larmes, oui ça fait peur aux autres. Mais sa « dignité » oui, elle est toujours là, plus que jamais. "

                    Dans quelque état qu’il soit, chaque homme est digne.

                    Et, si un malade dans une telle situation peut, de lui-même, ne plus se sentir « digne », peut-être devrait-on aussi se demander si ce n’est pas dans le regard des autres qu’il craint de voir son « indignité »."


                  • lukasz (---.---.165.89) 2 mars 2007 12:22

                    ce sujet a ete debatu a l assemblee nationale mais aucune decision n a ete prise ce qui prouve la complexite du probleme ou la timidite de nos representants . voir une personne souffrir et ne rien faire qu a attendre la fin c est tres dur mais helas il faut une loi pour abreger ses souffrances . pourquoi ne pas organiser un referundum sur la question ?


                    • oncle Archibald (---.---.144.46) 3 mars 2007 19:04

                      Le fait que l’Assemblée Nationale ou un présumé futur Président de la République ne sache pas quelle position adopter sur ce sujet ne prouve pas son incompétence, mais me conforte dans l’idée qu’il n’y a pas à légiférer sur le droit de donner la mort.

                      Je ressens très profondément la belle sensibilté de l’auteur, toute en humanité bien comprise. Je le remercie d’avoir su su bien dire ce qui est si difficile à dire. C’est souvent le regard des autres et d’une façon plus générale l’absence d’amour à partager qui donne envie d’être mort avant l’heure.


                    • (---.---.152.137) 5 mars 2007 09:28

                      Votre commentaire fait passer le débat (et c’est intéressant) voire le ramène (et c’est inéluctable) à une valeur essentielle qui est devenue pitoyable par son manque dans notre société de consomation avec toutes ses dérives.

                      Vous mettez l’accent dessus et je la souligne (bien en dehors de toute connotation religieuse car on peut se sentir concerné par cette valeur bien au delà de toute croyance).

                      Si je vous ai bien compris nous parlons de la valeur de l’Amour.


                    • megamiaou (---.---.166.1) 2 mars 2007 12:29

                      Et le malade qui demande le droit de disposer de son propre corps, donc de partir en fin de vie. Soit on libère la détention d’arme et chacun pourra avoir sur lui un revolver pour faire le grand saut quand il est au bout du voyage, soit on autorise l’euthanasie quand le malade le demande. Il n’y a pas d’autre solution. Quand a ce que pense Sylvain Etiret, il a oublié un petit détail : Les fins de vie ne sont plus les mêmes entre aujourd’hui et il y a 50 ans. Le regard sur la vie et la mort ne sont plus les mêmes aussi. Donc pas de comparaison possible. Il reste un dernier problème, les légumes qui ne peuvent penser ou communiquer. Je conseille aux jeunes qui ont postés ici de se procurer un film d’après un fait divers authentique. cela s’appelle « Johnny Got His Gun » ou « Johnny s’en va t’en guerre ». Regardez le et dites moi ce que vous en pensez.


                      • Bonobo Bonobo 2 mars 2007 15:26

                        Il me semble qu’à l’origine, il s’agit d’un livre. Livre particulièrement marquant et très bien fait, mais représentatif d’un cas néanmoins extrème.


                      • Sylvain Etiret 4 mars 2007 02:05

                        Bonjour,

                        Il me semble au contraire que le film est loin de présenter l’euthanasie comme une nécessité. Il y a longtemps que je l’ai vu, mais j’en ai gardé le souvenir plutôt d’une réflexion sur la dignité et sur le sens qu’un patient, même lourdement handicapé, peut continuer à ressentir dans la vie.

                        Mais une oeuvre de ce niveau peut naturellement se lire à différent degrés, en offrant au spectateur de quoi alimenter sa propre réflexion.

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