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Accueil du site > Actualités > Société > La « novlangue » des psychopathes

La « novlangue » des psychopathes

« Qui ne connaît la valeur des mots ne saurait connaître les hommes »…« Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté », CONFUCIUS.

Qu’est-ce que la « novlangue » au sens orwellien du terme ?

La question a son importance, car cette expression est de plus en plus employée actuellement pour stigmatiser le discours de nos hommes politiques et de la doxa néolibérale qu’ils prophétisent (« Nous irons ensemble vers le nouvel ordre mondial, et personne, je dis bien personne ne pourra l’arrêter », a annoncé Nicolas SARKOZY lors de ses vœux de 2009, à lire sur Agoravox).

Si nous employons communément le terme « novlangue », ce n’est pas tant pour désigner ce que ce mot traduit que l’intention dont il est porteur. En effet, les définitions communes propres à cette expression se limitent à la description d’une langue « destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but »[1]. Selon cette définition la « novlangue » consisterait surtout en une destruction (suppression) des mots et/ou à une régression des expressions signifiantes, dont un exemple type est donné par la contraction de deux unités lexicales, « nouvelle » et « langue », pour former le référent « novlangue ».

Or, dans le langage de propagande utilisé chaque jour, il n’y a rien de tel. Le phénomène actuel n’a pas encore atteint le stade dénoncé par la fiction orwellienne et, à ce titre, il ne mérite pas encore l’appellation de « novlangue » prise dans son sens restrictif de destruction et/ou régression du langage (et implicitement celui de la pensée). Mais cela ne veut pas dire pour autant que l’usage du vocable « novlangue » soit inapproprié, car la « novlangue » désigne également « une langue délibérément construite, au sens politique et organisationnel du terme : elle fait l’objet d’une élaboration consciente et raisonnée, et elle est prise en charge par des agents de l’institution qui appliquent la volonté politique dont la “novlangue” est l’un des instruments. Cette considération […] met l’accent sur le fait que la “novlangue” est sous-tendue par une intention. Dès lors, accuser autrui de parler la “novlangue” […] ce n’est pas seulement désigner autrui comme le locuteur d’une autre langue, mais c’est, bien plus encore, désigner autrui comme un locuteur qui, par la langue qu’il parle, se fait – délibérément ou à son insu – le porteur d’une intention politique ou d’une idéologie »[2].

Ainsi, le terme « novlangue » renvoie à un projet (une intention) et à son aboutissement (la destruction des mots). S’il est juste d’utiliser cette expression pour faire part d’une intention, il est cependant faux, pour l’heure, d’en conclure à une quelconque fin. Alors, comment nommer correctement ce que nous sommes de plus en plus nombreux à observer et existe-t-il un signifiant plus spécifique pour décrire le double langage de nos dirigeants ?

La réponse est effectivement oui : c’est la langue de bois. Elle se caractérise par « une opinion vague, un discours flou qui donne préséance à la forme et non au fond »[3]. D’un point de vue sémantique, la langue de bois se situe entre le « parler-vrai » et la novlangue. Alors que cette dernière est caricaturalement mensongère, la langue de bois est plus difficile à déceler. Insidieuse, de forme elliptique et discursive, elle est un outil de propagande et de manipulation employé pour « formater » l’opinion publique et la conformer à l’idéologie dominante. Ses procédés font principalement appel à l’amalgame et à la confusion, aux faux-semblants, aux stéréotypes exprimés de manière pompeuse (banalité, cliché, etc.), à la dénégation, aux affirmations péremptoires et aux pléonasmes, aux discours lénifiants, à l’orthodoxie idéologique, aux mots sortis de leur contexte, etc., et, cerise sur le gâteau, à l’inflexion du sens d’un mot, d’une expression ou d’une phrase jusqu’à son inversion.

Ce dernier détail, bien que noyé dans la « masse » des éléments spécifiques à la langue de bois, occupe une place de choix dans la psychopathie, car l’inversion et son mouvement (son inflexion jusqu’à son retournement) sont à la source de la communication paradoxale, comme nous allons pouvoir le constater à l’aide d’exemples après quelques rappels de notions importantes.

Dans un précédent article j’avais abordé la notion de psychopathie au regard de celle de la perversion narcissique qui, l’une et l’autre, décrivent un seul et même processus. Au terme de ce processus (ou « mouvement » dans la théorie de la perversion narcissique), la personne mettant en œuvre de tels mécanismes de défense (défense de survivance luttant contre une angoisse d’anéantissement) sera nommée « psychopathe » par certains ou « pervers narcissique » par d’autres.

Alors que l’acceptation actuelle du référent psychopathe est d’origine américaine (bien que cette notion est née sous la plume d’un psychiatre allemand et désignait initialement tout autre chose, d’où parfois les confusions que cette double dénomination entraîne), celle de pervers narcissique est, quant à elle, cent pour cent français. Mais si pour la psychopathie il existe un outil méthodologique offrant une grille de lecture faisant consensus qui permet de diagnostiquer ce trouble de la personnalité (considérée par certains comme une pathologie), la définition de la perversion narcissique a gagné le grand public grâce à des approches quelque peu éclectiques entrainant parfois de profonds quiproquos.

Ainsi, bien que la dénomination « pervers narcissique » soit d’origine psychanalytique, la grille de lecture la plus utilisée pour poser ce diagnostic (sûrement en raison de sa simplicité) est celle proposée par Isabelle NAZARE-AGA dans ses deux best-sellers « Les manipulateurs sont parmi nous » et « Les manipulateurs et l’amour ». Cette grille de lecture d’influence béhavioriste propose d’évaluer un manipulateur selon une échelle de trente caractéristiques comportementales. D’après cette échelle descriptive, l’auteure préconise de fuir la relation avec un manipulateur si la personne « évaluée » répond à plus de 14 des trente particularités décrites. Or, si la manipulation, la tromperie et le mensonge sont indissociables de la perversion narcissique, tous les manipulateurs ne sont pas pervers et d’après les « indices » que nous apporte cet instrument interprétatif, il n’est possible de soupçonner une perversion morale caractérisée qu’au-delà d’un score de 25 sur trente.

L’approche comportementale pose donc un réel problème que nous pouvons d’autant mieux percevoir qu’un certain Tim FIELD, créateur d’une fondation de lutte antiharcèlement au travail toujours en activité malgré son décès en 2006, avait établi 122 critères pour déterminer les attitudes que pouvaient adopter les personnalités tyranniques et harceleuses.

Dans le méandre des différentes approches concernant cette problématique, il devient donc difficile de pouvoir s’y retrouver bien que d’un point de vue psychanalytique, la défense de survivance mettant en œuvre des mécanismes spécifiques (déni, clivage, projection et identification projective, idéalisation et dévalorisation, rationalisation, contrôle omnipotent, dissociation, etc.) devrait être « normalement » identifiée par les « professionnels qui se respectent ». Cette dernière approche reste très délicate à appréhender et rares sont les personnes qui utilisent pertinemment de tels outils conceptuels. De fait, il est d’autant plus difficile à un profane d’aborder ce problème avec les moyens conventionnels qui nous sont proposés. Les uns, trop simplistes sont sujet à caution bien qu’étant d’une forte utilité pour pouvoir mettre des mots sur ses maux et les autres trop compliqués sont difficiles à appréhender y compris pour ceux-là même à qui ils sont destinés.

Néanmoins, une troisième voie se profile qui est celle qu’emprunte actuellement la psychopathologie cognitive, aidée en cela par la psychologie cognitive, les neurosciences et, ce qui nous intéresse ici, les sciences du langage. Cette discipline relativement récente aborde les troubles émotionnels rencontrés dans différentes pathologies (schizophrénie, trouble obsessionnel compulsif, trouble de l’attention, de l’humeur, dépression, etc.) en se basant, entre autres choses, sur le modèle du traitement de l’information pour étudier le fonctionnement du langage et son impact sur notre « machine mentale ». Ainsi, et selon ce point de vue, il serait possible d’identifier les troubles de personnalité en étudiant les différents modèles de communication que nous utilisons pour nous exprimer afin de transmettre notre point de vue, nos pensées, nos sentiments, etc. Si l’idée n’est pas nouvelle et a traversé l’histoire de la philosophie depuis bien avant Aristote, les techniques modernes d’exploration du cerveau en activité ont permis de spectaculaires avancées ces dernières années.

Dès lors, ce pourrait-il qu’il existe un mode de communication, une parole spécifique à la psychopathie ? Et si oui, quels sont les éléments caractéristiques qui la distinguent d’une communication « vraie » (au sens de non pathologique et non pathogène) ?

Le lecteur se doute bien que la réponse à la première question est oui et que l’objet de cet article porte sur une présentation non exhaustive des signes de reconnaissance de cette communication que les chercheurs de différents courants ont affublée d’un adjectif tel que : déviante, paradoxale ou perverse[4].

Ce détail a d’autant plus d’importance que Paul-Claude RACAMIER, le concepteur de la troisième topique psychanalytique dîtes interactive (transpersonnelle ou interpsychique) n’a eu de cesse de répéter dans tous ses écrits que les principaux champs d’interventions de la perversion narcissique sont la parole et le socius (composante sociale du comportement et de la vie mentale d'un être vivant). Attribuant par conséquent une place prépondérante au langage dans l’étiologie de ce trouble de la personnalité.

 

Définitions :

Rappelons ce qu’est la psychopathie.

« Ce terme renvoie à un trouble de la personnalité qui regroupe un éventail de traits et de comportements interpersonnels, affectifs, antisociaux et de mode de vie. Parmi ceux-ci, mentionnons la duperie, la manipulation, l’irresponsabilité, l’impulsivité, la recherche de stimulation, les mauvais contrôles comportementaux, un affect superficiel, l’absence d’empathie, de culpabilité ou de remords, la promiscuité sexuelle, un mépris souverain pour les droits des autres et toute une gamme de conduites non éthiques et antisociales. »[5]

Bien que cette expression soit généralement utilisée pour qualifier certains auteurs de crime particulièrement abjects, la grande majorité des psychopathes sont des psychopathes « successfull », c’est-à-dire, des pervers narcissiques.

Quant au langage, il représente « la fonction complexe qui permet d'exprimer et de percevoir des états affectifs, des concepts, des idées au moyen de signes acoustiques ou graphiques » (J.-A. RONDAL[6]).

Et la parole est la « faculté d'exprimer et de communiquer la pensée au moyen du système des sons du langage articulé émis par les organes phonateurs[7] ».

Selon Aristote, dans la mesure où nous parlons nous nous rapprochons pour former une cité. Dans la mesure où nous vivons en société, nous parlons pour échanger, pour communiquer aux autres soit nos passions, soit un besoin. Le langage tire donc sa raison de la société et en est lui-même l'effet. Cette corrélation du langage et de la société explique le caractère conventionnel du langage, c'est-à-dire son fondement par des règles arbitraires éditées par l'Homme.

Les linguistes différencient quatre composantes du langage :

• la phonétique : c'est le niveau concernant les sons du langage ou phonème,

• la sémantique : c'est ce qui concerne les mots et leur signification (lexique),

• la syntaxe : règles d'associations des éléments du langage entre eux,

• la pragmatique : étude des actes de parole en situation (prise de parole, échange conversationnel, etc.).

C’est sur cette dernière dimension sur laquelle nous allons nous pencher plus particulièrement, car l’analyse d’un énoncé en contexte permet, à l’écrit bien mieux qu’à l’oral, de déceler les indices d’une communication déviante.

Pour la pragmatique en communication, la signification d’énoncés linguistiques ne peut être définie par le contenu syntaxique des mots et dépend du contexte dans lequel ils ont été tenus. Ce « contexte d’énonciation » comprend des « marqueurs » qui donnent diverses indications sur la manière de comprendre l’énoncé. Ces « marqueurs » sont relatifs à la nature de la relation installée (à son cadre physique, social, émotionnel, etc.) dans lequel s’insère l’énoncé. Son interprétation ne dépend pas uniquement de la définition des mots et de la façon de les agencer entre eux pour qu’ils prennent sens ; elle découle aussi d’indicateurs implicites qui échappent à notre observation. C’est le cas par exemple lorsque l’on intervient dans un dialogue déjà avancé ou que l’on prend part dans un conflit entre deux ou plusieurs protagonistes sans connaître ses motifs.

La signification d’un énoncé n’est donc pas une propriété qui serait déposée dans des mots et cela relativise radicalement l’idée d’un émetteur tout-puissant qui profèrerait des « vérités » toutes faites en prononçant (ou écrivant) des textes dont la signification serait « transparente » pour un récepteur attentif.

Le langage étant par définition subjectif, la compréhension mutuelle relève davantage d’une « négociation » et n'est qu'affaire de conventions entre deux ou plusieurs personnes qui cherchent à créer des liens au travers d'échanges dans un contexte bien précis. Le tout est d’être en mesure d'épouser les positions d'autrui pour comprendre l'utilité que revêt pour quelqu'un tel ou tel autre mot ou expression dont il a fait usage.

D’où la fragilité du sens : ce dernier n’est pas déjà là, avant la conversation, il se « repasse » à chaque fois. Une telle perspective renouvelle donc profondément les représentations naïves d’un langage-outil, transportant des significations qui seraient comme déposées dans des mots.

Pour créer un dialogue (c'est la même chose lors d'un débat), il faut être en mesure de percer le code lexical de son interlocuteur afin d’entrer en communication (en communion nous pourrions dire) avec lui. La conversation la plus ordinaire devient alors une coconstruction aléatoire entre locuteurs actifs qui testent, révisent, négocient le sens de ce qu’ils disent. L’ambiguïté devient la règle et sa réduction un travail permanent. Si ce travail n’est omis (si ce n’est honni comme chez le psychopathe), c'est l'incompréhension qui préside aux échanges avec tout ce que cela implique[8].

Pour le psychopathe (notamment « successfull ») la fonction langagière a une tout autre utilité que celle de « communier » avec ses interlocuteurs et c’est principalement par elle que passe leur stratégie manipulatoire qui, en cas de mise en lumière, se mue en agressivité (cf. « Le match : Psychopathe Vs Pervers narcissique »[9]).

Comment cela se traduit-il ?

C’est ce que nous allons découvrir au travers de deux exemples.

Exemple 1 :

« J’ai menti, mais c’était de bonne foi ! »

Cette phrase prononcée lors d’un procès tristement célèbre ne pose pas de problème d’analyse. C’est une injonction paradoxale qui est typique dans le contexte où elle a été émise, c’est-à-dire dans le cadre d’une procédure judiciaire dont l’auteur cherchait à minimiser sa responsabilité dans l’affaire en cause. L’intérêt de ce paradoxe, n’est pas dans son évidence, mais plutôt dans la réaction du public suite à cette affaire, car si désormais cet exemple passe pour une grossière manipulation, il faut se souvenir que lorsque ces faits se sont produits, beaucoup de personnalité, et non des moindres, ont soutenu l’auteur de ce délit en lui trouvant des excuses entrainant dans leurs convictions une vaste partie de la population qui s’est alors mise à « plaindre » l’auteur de cette antinomie le considérant comme quelqu’un d’injustement traité devant les tribunaux.

Pour coller à l’actualité du moment, avec une pointe d’ironie supplémentaire, nous pourrions réécrire cette phrase en lui faisant dire :

« J’ai menti en vous regardant droit dans les yeux, mais c’était de bonne foi ! »

Exemple 2 :

« (1) Les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté(2) “il pourrait leur en cuire” est une formule performative (3) qui les dépossède de cette liberté, et donc de leurs vertus et moralité. (4) Comprenez bien : quand je dis déposséder je désigne l’action de leur prendre quelque chose qu’ils auraient volontiers donné, si vous voyez ce que je veux dire. »

Pour en analyser la séquence, nous la décomposerons en plusieurs segments :

(1) « Les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté... »

Soit ! Cela s'entend et il n'y a aucune incohérence jusque-là même si l’on n’est pas d’accord avec ce prédicat et sa conclusion.

(2) « “Il pourrait leur en cuire” est une formule performative... »

Une formule performative en linguistique signifie : qui réalise une action par le fait même de son énonciation.

Ici, aucune action n’est réalisée ou ne peut être réalisée par le fait même de son énonciation. Je vous laisse le soin d’imaginer la scène : « Il pourrait leur en cuire... » et au moment même où il énonce un tel avertissement (qui pour être performatif devrait être un vœu ou un souhait) : il les cuit sur le champ. Cette allégation tient plus au registre de la « pensée magique » qu’à celui du bon sens et du discernement.

L’emploi d'un mot mal à propos est le genre d’erreur que nous pouvons tous commettre, mais qui à la particularité d’en « mettre plein les yeux » dans ce contexte-là. Ce qui suggère implicitement que l’émetteur de tel propos connaît forcément son sujet. L'auditoire est subjugué par une telle éloquence et ne peut-être qu’admiratif devant tant de connaissance.

(3) « … qui (Nda : la formule performative) les dépossède de cette liberté, et donc de leurs vertus et moralité. »

Nous avons ici un retournement d’opinion par rapport à l’assertion formulée en (1) : si les chrétiens ne sont pas libres, car ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, ils ne peuvent en rien en être dépossédée (de leur liberté) puisqu'ils ne l'ont déjà plus comme énoncé en (1). Mais l’auteur dans sa démonstration lie également dans cet extrait la liberté aux vertus et à la moralité. Or, si ce dernier raisonnement est juste, quelle doit être la valeur accordée à la première partie de l’affirmation (1) : « Les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux » ?

Ce raisonnement est invalide, il affirme quelque chose sur sa propre affirmation (principe du raisonnement circulaire) lui permettant de conclure par une pirouette que les chrétiens sont finalement dépossédés de leurs vertus et moralité, sous-entendant qu’ils ne l’ont jamais eu en raison de leur croyance dans les évangiles, et ce, tout en ayant admis le fait que les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux.

C’est un cas typique de communication paradoxale où d’un « effort pour rendre l'autre fou » et effectivement, le récepteur d’un tel message mettra longtemps avant de remarquer, s’il s’en aperçoit un jour, qu’il y a dans ce simple texte tout et son contraire.

La dernière phrase (4) : « Comprenez bien : quand je dis déposséder je désigne l’action de leur prendre quelque chose qu’ils auraient volontiers donné, si vous voyez ce que je veux dire » ; viens implicitement renforcer le sentiment d’un désir de communiquer, alors que le but de ce type de communication paradoxale est justement la négation du désir d’autrui d’établir une « relation ».

Ici l’usage de « comprendre » et de « si vous voyez ce que je veux dire », dénote d’une intention de dialoguer, alors même que la structure paradoxale de cet énoncé incite son destinataire à ne pas répondre à son locuteur pour s’enquérir de plus précisions au risque de passer pour un « imbécile ».

On observe dans ce type d’échange, un mouvement de va-et-vient qui s'oriente dans une direction, en prend le contrepied, et semble revenir aux alentours du point d’origine tout en maintenant la contradiction : c’est l’inflexion du sens d’un mot ou d’une expression jusqu’à son inversion, mais avec la particularité d’être conduite dans un seul et même message alors que pour la langue de bois (cf. supra), ce mouvement prend parfois des années.

Dans cette valse sémantique, le transcripteur d’une telle pensée pourra ensuite nier avoir laissé entendre que les chrétiens ont des vertus et une moralité, tout comme il pourra très bien soutenir le fait qu'il avait bien dit que les chrétiens n'ont effectivement pas de vertus et de moralité en fonction de l'interlocuteur qui lui en fera la remarque. Et c’est ce qu’il ne se privera pas de faire si l’occasion lui en est donnée.

C'est la singularité de la communication paradoxale pathogène ou de « l’effort pour rendre l’autre fou » et malheur à celui qui osera dévoiler au plein jour cette « anomalie » du langage. Le psychopathe ne supportera pas cet « éclairage » sur ses stratégies perverses et tous les moyens seront bons pour le lui faire payer.

Le lecteur attentif aura compris que la réfutation de ce type de paradoxes, qui doivent tout bonnement être invalidés (alors qu’il n’en va pas de même pour les paradoxes « créatifs » qui au contraire sont plutôt recherchés), demande de sérieuses investigations très chronophages. C’est l’un des principaux écueils à la mise à jour de ce genre de manipulation faisant appel à des mécanismes bien souvent inconscients.

Cette communication pathogène soulève de nombreuses questions et malgré le peu d’études encore disponible sur le sujet (bien que cet axe de recherche commence à prendre désormais un essor considérable), voici en résumé ce qu’il est possible d’en dire.

Pour bien comprendre ce dont il est question, nous devons tout d’abord admettre que les psychopathes (ou pervers narcissiques) ne perçoivent pas le monde comme nous et n’utilisent pas les mots de la même façon que nous. Sans cette prise de conscience, que confirment désormais les investigations en imagerie cérébrale sur les émotions, il est impossible de se représenter le réel comme le voient les psychopathes.

Du point de vue du langage, les psychopathes sont incapables d’envisager la polysémie des mots. Pour eux, seul n’existe que le sens qu’il donne à une expression, une phrase ou un texte, ce qui, vous l’imaginez bien, complique sérieusement la communication (dans le sens de « compréhension ») avec un interlocuteur qui, lui, reconnaît cette « hétérogénéité des mots et des choses »[10]. Ils réagissent à des signifiants empreints d’émotion comme s’ils avaient une connotation neutre. Robert HARE métaphorise ce trait en disant d’eux « qu’ils connaissent les mots, mais pas la musique ». C’est-à-dire qu’ils connaissent très bien la définition sémantique d’un mot, mais en ignorent l’affectivité. Ils ne reconnaissent pas la dimension sentimentale des signifiants connotés émotionnellement et les traitent au même titre que tout autre mot neutre comme ceux, par exemple, désignant les objets.

Le psychopathe n’ayant que partiellement ou pas du tout accès à cette subjectivité, il lui est difficile, voir impossible, d’entrer en « communion » dans l’échange avec un interlocuteur et ne peut donc pas analyser correctement le contexte dans lequel la relation se crée. C'est ainsi qu'il pourra ressortir des années plus tard que vous ne l’aviez jamais aimé parce qu’il vous est arrivé un jour de le traiter de « con » alors que, dans l’instant où cette « insulte » a été émise, elle relevait plutôt d'une « boutade » pour lui signifier que ses « pitreries » vous faisaient bien rire alors que vous n’étiez pas d'humeur à la rigolade.

Outre le fait qu’il ne reconnaît pas cette spécificité des mots et que l’usage des paradoxes tel que donné en exemple ci-dessus est récurant dans sa phraséologie (parlée ou écrite), le psychopathe ne se reconnaît aucune responsabilité dans le cas où une discussion dégénère en conflit (souvenons-nous que la théorie de la perversion narcissique est une théorie des conflits, cf. partie 1, 2, 3 et 4). Ayant compensé son déficit émotionnel par un surinvestissement du langage (le psychopathe « successful » est un rhéteur hors pair devant une assistance – ou un interlocuteur – à tel point que même les psychiatres spécialisés dans l’étude de ce trouble concèdent s’y laisser prendre), il n’aura de cesse de minimiser l’importance de son implication dans l’étiologie des rivalités ainsi crées. A ce titre, il aura exagérément recours aux euphémismes afin d’atténuer la gravité de ses actes (paroles et attitudes). Par exemple, parler « d’abus »[11] sexuel lorsqu’il y a eu viol, permets « d’adoucir » la gravité de l’acte et donc d’en réduire la portée et la responsabilité.

Dans une étude[12] citée par le magazine « Science Humaine » n° 148 d’avril 2004, des psychologues ont analysé les capacités des psychopathes à décrypter les sens littéral et émotionnel de plusieurs tournures métaphoriques. Ces derniers n'ont montré aucun défaut de compréhension du sens littéral, mais leurs interprétations du sens connoté ont livré de flagrantes incongruités : l'adage « la mémoire est un chien qui vous mord lorsque vous vous y attendez le moins » leur évoque par exemple des sentiments très positifs, et « l'amour est un antidote aux maux de la vie » des sentiments très négatifs. Ces inversions dans la « polarité » (connotation positive ou négative) d'une métaphore s'expliqueraient, selon les psychologues, par l'absence d'attention accordée au contenu connotatif d'un discours. Paradoxalement, les psychopathes ont souvent recours aux métaphores.

Plus récemment (2012), des chercheurs d’une célèbre université américaine spécialistes dans l’étude sur l’empathie ont obtenu une subvention de 1,6 million de dollars de l’Institut National de la Santé Mentale. Les conclusions auxquelles ils ont abouti corroborent les observations sur les métaphores et l’inversion de polarité précédemment constatée. Or, il faut savoir que les métaphores et l’empathie ont des liens contigus très étroits. Ce dont je vous parlerais une prochaine fois…

 

Philippe VERGNES

N.B. :

Toutes les recherches effectuées jusqu’ici semblent indiquer que « quelque chose » s’est produit dans le câblage du cerveau des psychopathes. Ce « quelque chose » affecte les soubassements du processus d’apprentissage concernant l’acquisition, le traitement, la régulation et la mémorisation, etc. de l’information et donc, sa restitution. Au stade actuel de nos connaissances, nous pouvons désormais inférer de nouvelles hypothèses qui, pour certaines, contredisent quelques idées reçues, mais corroborent celle d’une prédation de l’homme par l’homme.


[1] Définition du Wiktionnaire. selon George ORWELL et son roman « 1984 »

[4] Le lecteur attentif aura noté que cette communication a déjà été présentée dans un précédent billet qui cependant, n’était illustré par aucun exemple. Cet article comble ce vide et constitue donc une suite à ce premier exposé (cf. « Le pouvoir, les crises, la communication paradoxale et l’effort pour rendre l’autre fou »).

[5] D’après une introduction à la psychopathie criminelle à l’intention des policiers par les Docteurs Matt LOGAN, du département des sciences du comportement de la GRC et Robert HARE de l’Université de Colombie-Britannique et du groupe de recherche Darkstone.

[6] Jean-Adolphe RONDAL est Docteur en Philosophie et Docteur en Linguistique et Science du Langage. Il a enseigné dans de nombreuses universités de par le monde et est l’auteur d’une cinquante d’ouvrage et de plus de 400 articles scientifiques sur les questions de psycholinguistique.

[8] Les cinq paragraphes précédents ont été inspirés des travaux d’Yvonne GIORDANO, « Les paradoxes : une perspective communicationnelle », ouvrage collectif sous la direction de Véronique PERRET et Emmanuel JOSSERAND, « Le paradoxe : Penser et gérer autrement les organisations », 2003, p. 115 à 128.

[9] Cet article a été repris par Georges VIGNAUX et Pierre FRASER sur leur blog « Les imbéciles ont pris le pouvoir… et ils iront jusqu’au bout ! ».

[11] L’abus exprime le fait de « faire un usage excessif de ce qui est permis ». Le dictionnaire Larousse en donne la définition suivante : « Mauvais emploi, usage excessif ou injuste de quelque chose ; fait d'outrepasser certains droits, de sortir d'une norme, d'une règle et, en particulier, injustice, acte répréhensible établi par l'habitude ou la coutume ; excès »

[12] Hugues Hervé, Justus Hayes et Robert Hare, « Pyschopathy and sensitivity to the emotional polarity of metaphorical statements », Personality and Individual Differences, vol. XXXV, n° 7, novembre 2003.

 


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158 réactions à cet article    


  • JL JL 13 mai 2013 12:04

    Je pense que Philippe Vergnes fait une confusion sinon un amalgame en associant novlangue, psychopathie et perversion : si la langue est collective, en revanche les psychopathies sont individuelles.

    Et si l’on veut établir un rapport entre perversion et novlangue, c’est à la perversion du système qui instrumentalise cette novlangue qu’il convient de s’attaquer.

    J’ai pour ma part, publié ici il y a 5 ans cet article :

    La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste

    Qui est une présentation de l’ouvrage d’Alain Bihr paru sous ce même titre, et qui vise, selon les propres mots de son auteur, «  à établir dans quelle mesure le discours néolibéral qui règne aujourd’hui en maître dans toutes les sphères de la société, ressortit à la catégorie orwellienne de la novlangue  ».


    • Philippe VERGNES 13 mai 2013 15:17

      Bonjour à tous,

      Je poste ici sous le message de JL tout en m’adressant plutôt aux lecteurs qui, croyant économiser la lecture d’un article, font confiance à des « affabulateurs » plutôt que d’exercer leur propre capacité d’analyse, leur esprit critique et leur faculté de discernement, car pour avoir eu maintes fois maille à partir avec le Sieur JL, je sais par expérience que sa capacité à analyser un texte, une situation ou une théorie est malheureusement fort réduite comme en atteste, encore une fois, la remarque ci-dessus.

      Mais comme « à quelque chose malheur est bon », son intervention me permet d’apporter des précisions en reformulant ce que j’ai déjà dit dans cet article et que JL n’a visiblement pas compris.

      Aussi, merci à lui !

      Voir dans un texte des amalgames là où il n’y en a pas et les ignorer lorsqu’il y en a : voilà bien un archétype de la position perverse d’un observateur. Ainsi, prétendre qu’il y a confusion entre « novlangue », psychopathie, et perversion, témoigne à tout le moins d’une incompréhension que cet article explique en détaillant le but de la pragmatique en communication qui est le « parler-vrai ». Et donc, l’affirmation péremptoire de JL posée sans se soucier de la polysémie des mots qui n’ont de sens que dans le contexte où ils ont été écrits, revient employer exactement les mêmes méthodes que l’on a de cesse de dénoncer.

      Ce paradoxe typique des manipulateurs et la principale caractéristique de la pensée néolibérale et, par voie conséquence, de celle de la « novlangue » au sens orwellien du terme. Je reformule ce sens qui possède trois aspects (ou « dimension ») :
      1- il désigne une langue (et donc son vocabulaire spécifique) ;
      2- il indique une action, un processus, un mouvement ou une « force » (comme défini au renvoi [1] de ce billet) ;
      3- il évoque également un but, une finalité, un objectif à atteindre qui est de pervertir la société actuelle par un retournement total des valeurs tel que paraphraser par George ORWELL au travers des maximes suivantes :
       « La guerre c’est la paix » ;
       « La liberté c’est l’esclavage » ;
       « L’ignorance c’est la force » (page 14 édition de 2007).

      Nous pouvons donc déduire de la définition orwellienne que la « novlangue » est donc une perversion au sens commun et étymologique du terme et non selon son sens psychanalytique. Et lorsque j’emploie le terme de perversion (comme celui de perversion narcissique en restant fidèle à la théorie de son inventeur), c’est bien par rapport à sa définition dictionnaire qui est (inversion du bien en mal).

      D’un point de vue tant étymologique qu’historique la perversion est bel et bien une inversion, car ce mot est issu du latin (supin) de pervertere traduit par pervertir et attesté dès le IIIe siècle chez TERTULLIEN dans le sens de « bouleversement, falsification d’un texte ». Il signifiait également : « 1- renverser, mettre sens dessus dessous, tourner à l’envers, retourner, culbuter ; 2- abattre, détruire, anéantir, perdre ; 3- pervertir, gâter, altérer, corrompre » ; soit autant de termes que nous pouvons sans peine appliquer au concept de « novlangue ».

      La véracité de ce premier « amalgame » (c’est de l’ironie à prendre au second degré, je précise pour ceux qui ne comprennent pas ce qu’est un amalgame) étant démontré. Reste à établir le second, c’est-à-dire l’hypothétique confusion entre psychopathie et perversion. J’ai déjà longuement expliqué cette « confusion » (qui n’existe que dans les têtes « décervelées »), notamment ici, article cité au passage ici, par quelqu’un qui sait ce que la linguistique veut dire. En lien dans cet article j’avais cité entre autres, Jean-Pierre CHARTIER, auteur de nombreux ouvrages sur la prise en charge des adolescents difficiles, et son texte (4 pages) intitulé : « Psychopathe ou pervers le faux débat  ? » question à laquelle il répondait en concluant exactement ce que j’affirmais dans mon article, c’est-à-dire que psychopathe et pervers, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Seuls le courant philosophique et le contexte d’observation de ce trouble de la personnalité changent dans les deux cas (psychopathe ou pervers), etc., etc., etc. (je ne peux pas faire le boulot de lecture et d’analyse à la place de ceux qui s’y refuse et préfèrent croire les élucubrations d’un individu qui les manipule).

      Par ailleurs, si l’on souhaite débattre de la perversion du système, rien ne l’interdit non plus, mais il faut bien réaliser que derrière tout système, il y a des « concepteurs » (c’est-à-dire des hommes qui les créent) et même s’il trouve désormais les moyens de s’autoalimenter (comme je l’explique également dans l’un de mes articles ici et ses commentaires), pour en maintenir « l’inertie », il faut tout de même des individus qui le « nourrissent », « l’alimentent » et le propagent. Or cette diffusion s’établit sur la base d’une pensée « disjonctive » (déjà expliquée également ici et ) qui œuvre à la « déliaison » et à la « guerre de tous contre tous » merveilleusement bien exprimé par le fameux « diviser pour mieux régner », et C’EST EXACTEMENT cette pensée-là que le Sieur JL exprime par ses positions paradoxales et ses attaques indécentes.

      Ce faisant, il se fait le chantre de l’idéologie qu’il combat partout où il passe.

      C’est la perversion à l’état brut D’UN POINT DE VUE MORAL (i.e. la perversité = perversion de caractère) d’autant plus dangereuse que son auteur ne semble pas conscient de sa propre malfaisance et c’est ce qui rend cette problématique si complexe aux yeux du profane.

      En l’état actuel de notre société, rien ne sert de s’en plaindre si l’on a pas au moins compris cela, ce qui laisse encore présager de beaux jours aux imposteurs, aux escrocs et autres manipulateurs qui nous roulent la population dans la farine.

      Ces diverses précisions étant apportées, il me reste à conclure en précisant également qu’Alain BIHR cité par JL, ne prétend pas autre chose que ce que j’affirme dans cet article, à savoir que la (ou « le » selon les auteurs) « novlangue » est une langue perverse, ainsi citer un auteur qui explique exactement la même chose qu’un autre, et ce pour mieux le dénigrer, voilà un autre exemple de pensée perverse à l’œuvre qui n’est « fort » que pour ceux qui sont à genoux (si vous voyez ce que j’entends par là : cf. Étienne de la BOETIE).

      CQFD (comme dit « l’autre »).


    • JL JL 13 mai 2013 16:00

      Svp, Vergnes, n’insultez pas vos lecteurs par vos mises en garde puériles.

      Vous dites : ’’Ce paradoxe typique des manipulateurs et la principale caractéristique de la pensée néolibérale’’

      Je suppose que vous voulez dire : ’’Ce paradoxe typique des manipulateurs est la principale caractéristique de la pensée néolibérale’’ ?

      Bienvenue au club des anti-libéraux ! Mais de quel paradoxe parlez vous ?

      Vous dites : ’’... la « novlangue » est () une perversion au sens commun et étymologique du terme et non selon son sens psychanalytique.’’

      En effet, la perversion d’une chose n’a rien à voir avec la perversion au sens psychanalytique. Cependant la perversion d’une chose n’est pas la chose, et une chose pervertie ne saurait être perverse. On n’est pervers qu’au sens psychanalytique. Contradiction donc, dans l’usage des mots et de ce que vous dites de vos mots..

      Outre que vous éprouvez le besoin de vous justifier, je note que vous parlez davantage de moi (et surtout de ce que vous écrivez) que de votre sujet. Vous parlez de moi, ou plutôt, de vos projections et de vos fantasmes sur moi, à la manière des inquisiteurs sur les sorcières !

      Pour finir, j’ai noté ceci, vous écrivez dans la dernière ligne du post ci-dessus : ’’si vous voyez ce que j’entends par là’’. Or que lit-on dans votre article ?

      Ceci, vous dites : ’’Ici l’usage de « comprendre » et de « si vous voyez ce que je veux dire », dénote d’une intention de dialoguer, alors même que la structure paradoxale de cet énoncé incite son destinataire à ne pas répondre à son locuteur pour s’enquérir de plus précisions au risque de passer pour un « imbécile ».’’

      Question : quelle différence y a-t-il entre ces deux usages de ’’si vous voyez ce que je veux dire’’, sinon le fait suivant : le premier a été écrit par moi, le second par vous. Ainsi, vous ’démontrez’ que tout ce que je dis est mal, tout ce que vous dites est bien, même quand il s’agit de la même phrase.

      Mais je conclurai par ça  : plus de la moitié de vos écrits sont des écrits sur vos écrits ! N’est-ce pas la meilleure preuve d’une perversion du discours ? Vous dites une chose, puis comment il faut la comprendre. Et dans le même temps, vous dites aussi comment il faut comprendre ce que moi je dis !

      Mais au bout du compte, est-ce que vous savez ce que vous dites ? Non, clairement non. Vous ne dites que pour être celui qui dit, et cette place vous la défendez avec tous vos moyens y compris les plus pervers, peu importe le sens des choses, lequel sens vous est d’ailleurs inaccessible selon le mot d’André Comte Sponville : ’’Les sophistes croient que rien n’est vrai’’

      L’affaire est entendue.


    • Philippe VERGNES 13 mai 2013 22:51

      @ JL, ou l’art et la manière de s’attacher à la forme tout en ignorant le fond : com’ d’hab… bis repetita.

      Vous saisissez toutes les perches que je vous tends : vos réactions sont si prévisibles que c’en est presque « hilarant ». Je ne plaisante pas lorsque je dis que vous êtes mon « idole », vous êtes si prolixe en contradictions que je n’ai nullement besoin d’aller chercher ailleurs les exemples dont j’ai besoin pour étayer ma thèse et la rédiger. À ce titre, vous ne vous imaginez même pas le temps précieux que vous me faites gagner.

      Pour ce qui est d’insulter les lecteurs (argument faisant appel au principe de la preuve sociale ou preuve par la masse, cf. « Influence et manipulation » de Robert CIALDINI, « LE » bouquin a lire en priorité pour comprendre une partie des techniques de manipulation des foules employés par les « communicateurs » de nos édiles), laissez les donc exercer leur libre arbitre et s’informer comme il se doit plutôt que de toujours et encore affirmer péremptoirement des allégations sans preuve, sans lien, sans… rien, que dalle, nada… com’ d’hab lorsque vous êtes pris la main dans le sac en train de mentir à votre auditoire (caractéristique de la langue de bois que vous pratiquez à merveille).

      Une fois n’est pas coutume (j’avais abandonné l’idée de vous répondre tant votre « hargne » à mon égard avait fini par friser l’hystérie), mais je ne vais pas continuer de vous laisser dans l’expectative d’autant plus que, je me répète, j’ai besoin de vos services.

      Ainsi vous demandez : « Mais de quel paradoxe parlez-vous ? »

      Mais allons donc, c’est simple voyons, je parle de celui que vous êtes incapable de voir lorsque je dis : « Voir dans un texte des amalgames là où il n’y en a pas et les ignorer lorsqu’il y en a : voilà bien un archétype de la position perverse d’un observateur ».

      Ceci est un paradoxe, car en procédant ainsi vous pouvez ensuite critiquer la position d’autrui en affirmant qu’il a prétendu l’exact contraire de ce qu’il a véritablement dit. D’autant plus que je démontre, citation et référence à l’appui qu’il n’y a aucun amalgame et aucune confusion dans mes propos, là où de votre côté, vous ne vous référez qu’à votre seule « conscience ».

      Vous êtes LE spécialiste de ce genre d’inversion sur ce site, LE « paradoxeur » du forum d’Agoravox, celui qui par ses interventions, rend « dingue » la moitié des intervenants de ce forum avec qui vous avez eu des griefs (tout du moins ceux qui « comprennent » votre jeu sans parvenir toutefois à le formaliser correctement).

      Vous dîtes : « En effet, la perversion d’une chose n’a rien à voir avec la perversion au sens psychanalytique. Cependant la perversion d’une chose n’est pas la chose, et une chose pervertie ne saurait être perverse ».

      Et là moi, j’affirme : vous êtes soit stupide et ignare, et dans ce cas vous vous conformer au principe orwellien de la novlangue : « l’ignorance c’est la force » ; soit, alors, mais je n’ose poser un tel diagnostic, vous êtes véritablement fou.

      Et dans cet extrait vous rajoutez : « On n’est pervers qu’au sens psychanalytique », ce à quoi je réponds : ouvrer un dictionnaire, ne serait-ce que par commodité et fainéantise celui du CNTRL (Centre National des Ressources Textuelles et Linguistiques) que j’ai pris soin de mettre en lien avec le mot perversion dans mon précédent message. Vous y verrez alors qu’on est pervers lorsque l’on commet :
      1- l’action de faire changer en mal, de corrompre ;
      2- l’action de détourner quelque chose de sa vraie nature, de la normalité ;
      3- (sens psychopathologique) déviation des instincts conduisant à des comportements immoraux et antisociaux  ; et enfin toujours dans le 3- (sens psychopathologique)
      désigne un comportement sexuel qui s’écarte de la normalité.

      Ainsi et contrairement à ce que vous affirmez (encore péremptoirement, mais cela devient tautologique que de préciser cela à chaque fois que vous déclarez quelque chose), le pervers a toujours désigné celui qui commet un acte (un acte n’est pas une « chose ») de perversion morale (perversion de caractère = perversité = sens commun reconnu par le dictionnaire et sens étymologique du terme) ET, depuis que la psychanalyse s’est approprié ce terme, le pervers désigne également (et non pas exclusivement comme vous le prétendez) celui qui a des comportements sexuels qui s’écarte de la normalité.

      En réduisant le sens du mot pervers à son unique acceptation psychanalytique, vous pratiquez la « novlangue » au second sens (2) défini dans mon précédent post ci-dessus (13 mai 15:17) qui renvoie au [1] de ce billet : « la “ novlangue” est une langue qui est destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but » (réduction minimum du choix des mots = emploi monosémique du vocabulaire, comme vous le faîtes ici, cf. l’article en lien d’Alice BREIG-PLANQUE).

      Vous vous faites donc bien le complice de l’idéologie néolibérale que vous combattez.

      Dès lors, lorsque vous dîtes : « Contradiction donc, dans l’usage des mots et de ce que vous dites de vos mots », c’est pour moi une bonne blague qui me fait vraiment beaucoup rire : JL = plus fort que le dictionnaire dans la façon dont il convient d’employer correctement un mot.

      Permettez que je me marre un bon coup. smiley smiley smiley

      Je passe sur vos allégations de fantasme en vous rappelant tout de même que c’est vous qui venez me chercher en postant sous mes articles (à croire que vous êtes maso compte tenu de nos précédents échanges) et en parlant même de moi dans des sujets sous lesquels je n’ai même pas pris part à la discussion (encore une position paradoxale de votre part).

      Je préfère plutôt m’employer à répondre à la très judicieuse question que vous posez : « quelle différence y a-t-il entre ces deux usages de “si vous voyez ce que je veux dire”, sinon le fait suivant : le premier a été écrit par moi, le second par vous… », car vous n’y voyez pas l’évidente différence tant votre « je ne sais trop quoi » vous aveugle.

      Il faut dire que présenter ainsi mon assertion en la sortant de son contexte et en oubliant ce que je prends soin de préciser par la suite, arrange remarquablement bien votre démonstration qui ne fait, une fois de plus, que prouver votre duplicité.

      Ainsi et alors que je vous site en intégralité, vous amputez ma phrase de son principal indice. Dans votre cas le « si vous voyez ce que je veux dire » a une portée si universelle qu’elle est susceptible d’insinuer tout et son contraire. Votre phrase est donc, en contexte, source de toutes les ambiguïtés possibles = confusiogène. Mon indice que vous omettez (cf. Étienne de la BOETIE ») n’a qu’une seule interprétation possible dans la situation présente, c’est-à-dire sa citation : « ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » pour laquelle j’ai remplacé « grand » par « fort » (d’où les guillemets).

      Quant à votre conclusion, elle n’est qu’un salmigondis incompréhensible du même tonneau que l’exemple que j’expose dans mon article. On prend les mêmes et on recommence. Inutile donc de la disséquer une nouvelle fois.

      Comme vous le dîtes si bien : « l’affaire est entendue ». Mais ne vous privez pas, je vous prie, du plaisir de continuer à m’instruire, il me manque encore quelques exemples pour boucler mon travail.


    • JL JL 14 mai 2013 10:00

      Je vais essayer de tirer quelque chose de ce salmigondis,

      Pour commencer, cette remarque : PV déclare que participer à un débat qu’il a ouvert, c’est venir le chercher. Je cite : ’’ Je passe sur vos allégations de fantasme en vous rappelant tout de même que c’est vous qui venez me chercher en postant sous mes articles’’ (PV)

      Je dis : celui qui soutient que ce n’est pas de la communication paradoxale, n’est pas crédible. Celui qui communique de cette façon n’est pas habilité à parler de la communication paradoxale.

      A ma question : « Mais de quel paradoxe parlez-vous ? »

      PV répond : ’’Mais allons donc, c’est simple voyons, je parle de celui que vous êtes incapable de voir lorsque je dis : « Voir dans un texte des amalgames là où il n’y en a pas et les ignorer lorsqu’il y en a : voilà bien un archétype de la position perverse d’un observateur ».’’

      Serais-je le seul à voir un amalgame ici ?

      Gaspart Delanuit a écrit ci-dessous : ’’(dans la seconde partie ) vous tentez de faire entrer le lecteur dans une sphère complètement différente de celle des évidences exprimées dans la première partie de l’article. ’’

      Je dis : celui qui soutient que cela n’est pas la description d’un amalgame, n’est pas crédible. Celui qui commet cet amalgame n’est pas crédible.

      Enfin, pour finir, encore une : PV écrit : ’’JL, ou l’art et la manière de s’attacher à la forme tout en ignorant le fond : com’ d’hab… bis repetita.’’

      J’essaie généralement de condenser et concentrer ma pensée pour être concis, afin de faciliter l’échange. Ce n’est pas le cas de Vergnes qui se livre systématiquement à une diarrhée verbale au sujet de la forme et destinée à noyer le fond de l’argument du contradicteur.

      Celui qui dit que cette manière de procéder n’est pas l’art et la manière de s’attacher à la forme tout en ignorant le fond n’est pas crédible. Celui qui pratique cet art et cette manière n’est pas crédible.

      Bref, Philippe Vergnes ne voit pas le monde comme il est mais comme il le voudrait : dans ce monde, tous ses contradicteurs sont pervers, et tous ceux qui le flattent sont droits.


    • Philippe VERGNES 14 mai 2013 14:12

      @ JL (en italique et entre guillemet si les balises fonctionnent correctement),

      « Je vais essayer de tirer quelque chose de ce salmigondis, »


      Vous singez mes expressions (ce n’est pas nouveau). Serait-ce que je vous instruise ? smiley smiley smiley


      « Pour commencer, cette remarque : PV déclare que participer à un débat qu’il a ouvert, c’est venir le chercher. Je cite : “Je passe sur vos allégations de fantasme en vous rappelant tout de même que c’est vous qui venez me chercher en postant sous mes articles” (PV). »


      Dénigrer, disqualifier, critiquer en affirmant sans preuve, etc. ce n’est pas débattre : c’est « chercher la merde ». Un sens du mot « chercher » que vous ignorez mon cher JL (et un de plus pourrais-je dire) = interprétation d’un mot dans un usage monosémique = « novlangue ».


      « Je dis : celui qui soutient que ce n’est pas de la communication paradoxale, n’est pas crédible. Celui qui communique de cette façon n’est pas habilité à parler de la communication paradoxale. »


      Toujours et encore dénigrement, disqualification, calomnie et diffamation et cela sans fournir d’autre preuve, démonstration ou explication que celles de vos affirmations péremptoires = « langue de bois » = idéologie néolibérale. Une tactique éculée chez vous lorsque quelqu’un vous tient tête.


      Prétendre dénoncer une communication paradoxale sans être capable de la définir alors que j’ai écrit trois articles sur le sujet ici même dont celui-ci, voilà ce qui relève d’un paradoxe.


      « A ma question : “Mais de quel paradoxe parlez-vous ?” PV répond : “Mais allons donc, c’est simple voyons, je parle de celui que vous êtes incapable de voir lorsque je dis : “Voir dans un texte des amalgames là où il n’y en a pas et les ignorer lorsqu’il y en a : voilà bien un archétype de la position perverse d’un observateur”.


      Serais-je le seul à voir un amalgame ici ? »


      Bhein, c’est bien simple, démontrer le si vous en êtes capable et ce sans vous fourvoyer comme vous l’avez fait une nouvelle fois en vous citant vous-même tout en sortant votre propre phrase du contexte de votre propre commentaire.


      « Gaspart Delanuit a écrit ci-dessous : “(dans la seconde partie ) vous tentez de faire entrer le lecteur dans une sphère complètement différente de celle des évidences exprimées dans la première partie de l’article.” Je dis : celui qui soutient que cela n’est pas la description d’un amalgame, n’est pas crédible. Celui qui commet cet amalgame n’est pas crédible. »


      Emploi du mot amalgame mal à propos = ignorance de la définition sémantique du mot amalgame = point de vue une nouvelle fois monosémique = « novlangue ». Il y a « amalgame » et « amalgame » = polysémie du terme amalgame à lire dans les définitions ici et (même page, deux longues définitions).


      Il y a des choses que l’on peut amalgamer parce que le signifié, désigné par plusieurs signifiants (« novlangue », psychopathie et perversion) exprime des notions émanant d’une seule et même « force » (processus ou mouvement) ; et il y a des choses que l’on ne peut pas amalgamer comme de dire que « les chrétiens peuvent être authentiquement vertueux et moraux » tout comme et dans le même commentaire insinuer (la subtilité qui tue) « qu’ils ne peuvent pas être vertueux et moraux ». Ce que j’explique en substance au même Gaspard Delanuit et ce que vous éludez dans votre tentative de démonstration = propos sortis de leur contexte. CQFD ! smiley


      « Enfin, pour finir, encore une : PV écrit : “JL, ou l’art et la manière de s’attacher à la forme tout en ignorant le fond : com’ d’hab… bis repetita.” J’essaie généralement de condenser et concentrer ma pensée pour être concis, afin de faciliter l’échange. Ce n’est pas le cas de Vergnes qui se livre systématiquement à une diarrhée verbale au sujet de la forme et destinée à noyer le fond de l’argument du contradicteur. »


      Merci d’avouer que vous « condenser ». En fait, vous condensez tellement que vous limitez l’usage d’un mot à une seule et unique définition : en l’occurrence la votre comme dans tous les échanges que vous avez avec des personnes qui ne partagent vos opinions. Incapacité à « méta-communiquer » avec un interlocuteur tout en « méta-communicant » à l’infini pour noyer le poisson dans l’eau lorsqu’il est pris la main dans le sac. Persistance dans l’ignorance mettant ainsi en œuvre le concept typiquement « novlangue »  : « l’ignorance c’est la force ».


      « Celui qui dit que cette manière de procéder n’est pas l’art et la manière de s’attacher à la forme tout en ignorant le fond n’est pas crédible. Celui qui pratique cet art et cette manière n’est pas crédible. »


      Affirmation sur ses propres affirmations = langage circulaire = langue de bois + « novlangue » = limitation et restriction de la polysémie des mots jusqu’à leur destruction = limitation de la pensée et nouveau paradoxe.


      « Bref, Philippe Vergnes ne voit pas le monde comme il est mais comme il le voudrait : dans ce monde, tous ses contradicteurs sont pervers, et tous ceux qui le flattent sont droits. »


      No comment !!! smiley smiley smiley


    • Morpheus Morpheus 14 mai 2013 14:25

      @ Philippe VERGNES

      « Vous vous faites donc bien le complice de l’idéologie néolibérale que vous combattez. »

      Qu’il prétend combattre, j’aurais dis.

      Mais ce n’est qu’une posture sociale qui correspond au masque de sociabilité utile à sa stratégie. Il ne peut pas être sincère dans un tel combat, étant donné son asociabilité pathologique.

      Sauf dans un cas de figure spécifique : celui où il il combat le libéralisme dans le but d’instaurer une forme de gouvernement autocratique, totalitaire, comme le communisme stalinien, par exemple - ou, précisément, comme le régime de l’ANGSOC. Un régime qui lui donnerait tout loisir de s’instaurer en inquisiteur de la pensée (Milice Politique) avec le soutient objectif de l’appareil d’état.

      Cordialement,
      Morpheus


    • JL JL 14 mai 2013 14:40

      Bon,

      la réponse de Vergnes ci-dessus est insignifiante. Passons.

      Morpheus, ou comment dire une chose et son contraire : selon ce bon docteur de la foi, je prétendrais seulement combattre le libéralisme, mais en fait, non. Sauf que ! Sauf que, peut-être si, mais ce serait pour instaurer pire !

      Fichtre ! C’est dans quelle université qu’on apprends à voir le monde de cette façon ? Qui disait que les pervers narcissiques ne voient pas le monde comme ’nous’ ?

      Continuez à nous faire rire, Diafoirus, vous n’en êtes plus à une aberration près.

      Dites moi, Morpheus : JL, combien de divisions ?

       smiley  smiley  smiley


    • Philippe VERGNES 14 mai 2013 15:23

      Bonjour Morpheus,

      Remarque judicieuse, com’ d’hab. !

      Le danger est bien là où vous le situez et laisser se répandre une telle pensée, revient à rouvrir la porte à nos erreurs passées.

      Bien à vous !


    • Lou Lou 13 mai 2013 15:26

      Bon article qui lie les sociopathes et la novlangue ...
       
      Cela m’ a rappelé l’ excellent documentaire produit par l’ ONF, La Corporation dont voici le résumé :

      Inspiré de l’ouvrage de l’écrivain Joel Bakan The Corporation : The Pathological Pursuit of Profit and Power, ce puissant documentaire décortique le fonctionnement et les valeurs de la grande entreprise. Le diagnostic est troublant : amoraux, égocentriques, insensibles et fourbes, les agissements d’une firme seraient comparables à ceux d’un psychopathe ! Titanesque et complexe, The Corporation, qui a demandé six ans de production, offre un regard lucide et grinçant sur les rouages réels du monde économique moderne.

      2003, 145 min

      Un peu d’ humour avec ce classique de Frank Lepage sur la langue de bois .

       http://www.dailymotion.com/video/x9wwg5_franck-lepage-langue-de-bois_fun#from=embed

       

       


      • Philippe VERGNES 13 mai 2013 15:36

        Bonjour Lou,

        Merci pour votre commentaire et surtout ce lien qui vient enrichir le débat au contraire de ceux qui s’évertuent à l’appauvrir.

        Je ne manquerais pas de visionner ce reportage !

        Cordialement,


      • Morpheus Morpheus 13 mai 2013 16:29

        Ce documentaire, The Corporation, est excellent. Il montre bien la relation entre le système de la « libre entreprise », et les traits psychopathiques typiques. Les entreprises qui, dès le départ, aux USA, ont pervertis le XIVe amendement de la Constitution US - destiné à accorder aux noirs les mêmes droits que les blancs - dans le but sournois de donner aux sociétés le statut de « personne morale », alors même que, par définition, une entreprise est impersonnelle. En d’autres termes, la perversion libérale a utilisé des procédés pervers (mais classiques en droit !) afin de tourner à son avantage un texte pour créer une jurisprudence, transformant de facto les entreprises privées en égrégores psychopathes.

        Etant donné le lien de subordination des employés à leur employeur, c’est donc installé dans nos sociétés et dans le monde les lois des entreprises, entités sans âme et sans conscience, ayant pour seul objectif le profit d’actionnaires anonymes. Soumis à leurs lois, les systèmes de management ne pouvait que former les individus qui en dépendent à la pensée psychopathique, et ainsi s’est développé et répandu et banalisé dans tout le monde le phénomène de perversion narcissique et de harcèlement moral. C’était inévitable.

        Morpheus


        • Philippe VERGNES 14 mai 2013 09:38

          @ JL,

          Toujours aussi prolixe en incongruité : vous approuvez Lou (qui m’approuve moi - 13 mai 15:26 - lorsque je lie la psychopathie et la « novlangue ») en donnant un lien vers le même reportage que celui dont il parle dans son commentaire... et tout cela en me dénigrant moi (comme dans votre premier message : 13 mai 12:04). Et avec cela il faudrait que nous croyons à votre « cohérence » et à votre grande « lucidité » ???

          En tout merci encore pour ce nouvel exemple.


        • JL JL 14 mai 2013 10:40

          @ Vergnes,

          puisque vous insistez

          Il y a deux manière de lier les choses : en procédant à une analyse ou en les amalgamant. La première donne du sens, la seconde détruit le sens.

          J’ai écrit : ’’si l’on veut établir un rapport entre perversion et novlangue, c’est à la perversion du système qui instrumentalise cette novlangue qu’il convient de s’attaquer.’’

          Rappelez vous easy, celui qui, au sujet de votre article ’Comment reconnaitre un pervers narcissique’ dénonçait un nouveau malleus maleficarum

          Allez, un petit retour en arrière, lecture que je conseille à tout le monde, y compris le Loup Rebel qui n’était pas encore compromis, et dont je cite ici son intervention sous l’article de Philippe Vergnes :

          Dommage que je ne découvre ce papier que maintenant.

          Pas pour le billet, sans grand intérêt, mais pour me délecter à lire les remarquables commentaires de JL et d’Easy.

          C’est un peu... Vol au-dessus d’un nid de coucou, versus les électrochocs directement branchés sur la prise du salon.

          Easy, si vous avez l’occasion de me lire ici, je vous tire mon chapeau : vous êtes un virtuose. Vous avez démasqué le pervers narcissique que l’auteur décrit : lui-même. Vous l’avez poussé dans ses derniers retranchements, à se trahir par ses répliques.

          Pas de remise en question,
          Persistance du but, seulement changement de tactique,

          Point 8 des arguments binaires du tableau clinique donné par l’auteur. Plus quelques autres que je ne perds pas mon temps à lister.

          Le pervers est souvent celui qui cherche à le définir.


        • Philippe VERGNES 14 mai 2013 11:17

          @ JL,

          Encore un exemple de vos attaques typiquement perverses : extraire un message de son contexte et en appeler de plus à quelqu’un sur qui l’on peut écrire de telle chose :

          « Mon pauvre Loup Rebel,

          si vous étiez réellement psychanalyste, vous seriez la risée de toute la profession pour cette phrase, je vous cite : “Un vrai régal de voir le pervers narcissique mené par le bout du nez, sous l’emprise de sa propre perversion.

          Vous ne savez décidément plus quoi inventer pour retrouver de la crédibilité ici. Premièrement, un troll n’est pas un pervers narcissique, et un pervers narcissique n’est pas un troll.

          Deuxièmement, le troll et le PN ont en commun, par définitions, qu’il n’est impossible de les mener par le bout du nez.

          Troisièmement, par définition encore, dans une relation d’emprise, celui qui manipule est le manipulateur. Dire le contraire, c’est comme si vous disiez que vous avez réussi à coller votre godasse sur une crotte, et qu’elle est bien emmerdée !

          Si vous aviez reçu des patients un jour, avec un votre esprit à l’envers, c’est vous qui auriez dû les rémunérer ».

          Alors, lorsque ça vous arrange : « il n’était pas corrompu » (Loup Rebel), mais lorsque cela ne vous arrange plus «  il serait la risée de toute la profession ».

          Encore (et encore, et encore...) un exemple de paradoxe qui s’exprime dans ce cas là à un instant t+1 (changement de tactique : la véritable celle-là, pas celle que vous me fantasmez sans jamais la démontrer).

          Mais poursuivez-donc mon brave JL, je vous sens au taquet là : vous donnez le meilleur de vous-même.


        • JL JL 14 mai 2013 11:46

          Mais ce n’est pas moi qui ai changé, Vergnes ! C’est Loup Rebel, en témoigne la citation que j’ai produite ci-dessus comparée à ce qu’il dit aujourd’hui de vous, comme de moi :

          - Le 25 février, il vous traitait de pervers narcissique, et se délectait à lire, je le cite : ’’ les remarquables commentaires de JL et d’Easy’’.

          - Aujourd’hui il fait équipe avec vous contre moi.

          Vous voyez bien que vous interprétez tout à l’envers.


        • Philippe VERGNES 14 mai 2013 22:36

          @ JL,

          Vous êtes un phénomène, un vrai « cas soc » comme diraient les « d’jeun’s ».

          Votre affirmation est encore un sophisme. Entre les arguments circulaires, les pétitions de principe, les paradoxes, les jargonnages, les ragots et j’en passe, avec vous justement, tout y passe. Mais, je vous assure, même si je vous malmène, je vous adore. Vous n’imaginez même pas le temps précieux que vous me faites économiser. Alors, ne m’en veuillez pas pour me montrer un peu dur, mais ce sont les circonstances qui l’imposent.

          Mais où avez-vous donc pu lire de ma part que je disais de vous aviez changé ???

          Ce que je dis justement, c’est tout le contraire : vous êtes fidèle à vous-mêmes dans toutes vos manières de vous comporter envers vos « opposants » dès lors qu’ils n’abondent pas dans votre sens et dans votre seul et unique sens. En fait, c’est dans le conflit que vous révélez toute votre perversité.

          Ce que je dis également, c’est que vous êtes le « paradoxeur » du forum d’Agoravox. Incapable de reconnaître ses torts. Incapable de se remettre en question. Incapable d’entrer en communication avec autrui (dans le sens de « communier » avec un interlocuteur pour tenter de le comprendre). Incapable également de faire référence à ses propres écrits sans déformer ses propos où les sortir de leur contexte = mensonges. Incapable encore d’envisager la polysémie des mots et donc une pragmatique de la communication telle que je l’ai exposé dans cet article, etc. etc., etc.

          Et qui de plus se montre haineux et vindicatif dès qu’on lui résiste un peu, en faisant usage de tout l’arsenal de la dialectique éristique telle qu’à pu la théoriser Arthur SCHOPENHAUER dans « L’art d’avoir toujours raison ».

          Bref, en une seule expression : vous êtes un beau « fouteur de merde » qui fait fuir de nombreux intervenants de ce média, vous comportant par là comme si vous en étiez le propriétaire.
          Est-ce le cas ?
          Vous travaillez pour Agoravox ?
          Vous êtes modérateur ?
          Qui vous donne le droit de décider à la place d’autrui ce qu’il doit ou ne doit pas penser de telle ou telle autre idée ?
          Vous faites partie de la « police de la pensée » ?
          Êtes-vous un de ces nouveaux trolls payés par l’Union Européenne pour foutre la zizanie dans la grande majorité des articles sous lesquels vous apparaissez ?

          Si oui, vous méritez bien votre salaire et indiquez-moi quel est votre patron, car promis, je vous ferais une belle lettre de reconnaissance de vos compétences. Mais sinon, vous êtes alors le plus grand imbécile qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer, le parfait idiot utile à l’idéologie néolibérale qu’il croit combattre en utilisant les mêmes armes de propagandes que cette dernière emploie.

          Et apparemment, cela vous enchante. Cherchez l’erreur !


        • philouie 14 mai 2013 23:20

          Purée, ce pauvre JL va falloir l’interné chez les fous.

          heureusement que vous êtes là monsieur Vergnes pour nous montrer ce malade.

          C’est dingue.

          Et vous croyez qu’il est comme ça tout le temps ou seulement quand vous le regardez ?


        • philouie 14 mai 2013 23:46

          quand psyflic blessé, lui toujours faire ça.


        • JL JL 15 mai 2013 10:54

          @ la modération,

          je proteste énergiquement contre le repliement par Philippe Vergnes des posts de Philouie ci- dessus qui ne contreviennent en aucune façon à la Charte, contrairement à ce que donne à penser le bandeau qui les remplace.

          Par ailleurs, je proteste contre la suppression pure et simple de mes posts qui ne contreviennent pas davantage à la Charte


        • bourrak 13 mai 2013 18:21

          Il n’y a pas seulement la novlangue, il y a aussi le sophisme.


          • Philippe VERGNES 13 mai 2013 19:08

            Bonjour bourrak,

            Oui, effectivement !

            Ha, les sophistes et la sophistique !

            Vois ce qu’en dis le Pr Jacques BRUNSCHWIG, historien de la philosophie, philologue et traducteur français, auteur de la préface du livre d’André DORION considéré comme la meilleure traduction jamais produite à ce jour des « réfutations sophistiques » d’Aristote. Il n’exprime pas autre chose que ce que je dis lorsqu’il écrit en parlant des sophismes :

            « … on relèverait l’impact philosophique de tous ces sophismes et paradoxes, en décrivant les théories dont l’élaboration a été suscitée, ou du moins favorisée, par leur prolifération. [...] La thérapeutique des sophismes n’a pas seulement, du reste, une grande portée philosophique. Il serait bien imprudent de dire qu’elle ne nous concerne pas, ou qu’elle ne nous concerne plus, en tant que nous sommes simplement des lecteurs, des auditeurs, des citoyens, des pôles de communication, bref les destinataires des innombrables messages en tous genres qui circulent dans notre société et dans le monde ; et il serait bien léger de penser que nous n’avons plus besoin, aujourd’hui, de reprendre à nouveaux frais cette thérapeutique. Beaucoup des types de sophismes analysés par Aristote, et à sa suite par une tradition d’analyse étonnamment stable, ont démontré qu’ils avaient eux-mêmes la vie dure beaucoup sont couramment exploités, consciemment ou non, dans les discours dont nous sommes abreuvés jour après jour[1] ».

            A la différence du « novlangue », la langue de bois est une langue sophistique, vous avez bien raison de le préciser. Il ne m’a pas été possible de le faire dans cet article pour ne pas le surcharger, mais vous me donnez l’occasion d’apporter cette précision.

            Merci pour votre intervention.


            [1] Louis-André DORION, « Aristote, les réfutations sophistiques », presse de l’Université de Laval, 1995, préface de Jacques BRUNSCHWIG, p. III.


          • robin 13 mai 2013 18:26
            Isaie 15/20 : Malheur à ceux qui disent que le bien est mal et que le mal est bien, à ceux qui mettent les ténèbres pour la lumière et la lumière pour les ténèbres, à ceux qui mettent l’amer pour le doux et le doux pour l’amer !

            Comme quoi la dénonciation de la manip d’inversion des valeurs n’est pas nouvelle


            • Philippe VERGNES 13 mai 2013 18:53

              Bonjour Robin,

              Exact !

              Et c’est bien ce que je dis également en substance dans la plupart de mes articles et de mes posts en réponses aux intervenants : nous avons affaire à la plus vieille problématique du monde. Je ne fais que l’aborder sous l’angle des sciences modernes qui en ce sens rejoignent la plupart des théologies ou autres croyances, ce qui est extrêmement difficile à admettre pour un laïc (cf. par exemple ici).

              Merci pour votre commentaire.


            • Hervé Hum Hervé Hum 14 mai 2013 00:10

              bonsoir, article intéressant et à cette heure tardive j’ai un peu de difficulté de compréhension.

              Ainsi ce paragraphe :

              Dans cette valse sémantique, le transcripteur d’une telle pensée pourra ensuite nier avoir laissé entendre que les chrétiens ont des vertus et une moralité, tout comme il pourra très bien soutenir le fait qu’il avait bien dit que les chrétiens n’ont effectivement pas de vertus et de moralité en fonction de l’interlocuteur qui lui en fera la remarque. Et c’est ce qu’il ne se privera pas de faire si l’occasion lui en est donnée.

              Là, effectivement, si c’est volontaire, vous me rendez fou !!!

              Bonne nuit...


              • Philippe VERGNES 14 mai 2013 09:26

                Bonjour Hervé Hum,

                Je prends votre commentaire pour un trait d’humour et j’espère au moins que la phrase que vous citez ne vous a pas troublée dans votre sommeil.

                Pour ce qui est de prétendre qu’elle ait pu vous rendre fou, je mets cela sur le compte de l’heure tardive à laquelle vous en avez pris connaissance, car pour qu’elle puisse effectivement vous rendre réellement fou (je ne parle pas là au sens figuré du terme), il faudrait qu’elle exprime tout et son contraire à la fois (et dans le même énoncé) et que cette communication soit répéter des dizaines de fois par jours. Ce qui n’est pas ici le cas. Difficile de ne pas en convenir.

                Par contre, ce qui est volontaire, c’est de l’avoir complexifié à l’extrême pour « heurter » le lecteur afin qu’il prenne le temps de s’y arrêter un instant et de réfléchir à son sens afin qu’il constate par lui-même (qu’il éprouve) qu’une phrase complexe pouvait tout de même avoir du sens. Vous vous y êtes arrêté un instant, vous n’avez pas réfléchi à sa signification. Avec un minimum de réflexion (c’était le but), celui-ci vous serez apparu, alors que dans le cas d’une injonction paradoxale, vous auriez beau y passer des heures, aucun sens n’en serait ressorti, car un énoncé, qui dit tout et son contraire, est invalide dans la plupart des cas.

                À une heure où nos capacités d’attention sont réduites à leur plus simple expression, personne ne vous en voudra de ne pas avoir produit cet effort-là. Quant à dire que cela puisse vous rendre fou, ne tombez-vous pas là dans des « approximations » dont vous n’êtes, à vous lire, pourtant pas coutumier ?

                Merci tout de même pour votre commentaire.


              • JL JL 14 mai 2013 11:38

                Bonjour Hervé Hum,

                la chararbia que vous citez est un bel exemple de la façon dont agit Philippe Vergnes : sortir une phrase de son contexte, dire comment il faut la comprendre, par là évacuer le contexte et donc le sens, et, cerise sur le gâteau, ce qu’il faut penser de son auteur.

                Si ce n’est pas de la manipulation, je veux qu’on me dise ce que c’est.

                Ainsi, la phrase qui fait ici l’objet d’un tel traitement est celle-ci : ’’« Comprenez bien : quand je dis déposséder je désigne l’action de leur prendre quelque chose qu’ils auraient volontiers donné, si vous voyez ce que je veux dire »’’

                Le sujet était le théisme. Et je disais que les athées comme les croyants, les croyants comme les athées ne sont ni plus ni moins vertueux en général. Mais la religion les ’dépossède’ - et je précise plus loin ce que j’entends par là - le croyant de sa vertu qui est transformée par le clergé en amour de dieu, et donc fait du croyant une créature non pas de dieu mais de l’institution. De la même manière, les athées sont également ’dépossédés’ de leurs vertus puisqu’ils ne manifestent pas cet amour.

                A l’instar d’une banque qui disait : ’’votre argent m’intéresse’’, la religion dit implicitement : ’’vos vertus m’intéressent’’.

                Déposséder entre guillemets : en fait, c’est le titre de propriété de leurs vertus qui leur est subtilisé, et par là même la présomption de vertu ; c’est le sens de ce qu’on appelle l’humilité chrétienne, que je qualifie ici de fameux ’tour de passe-passe’.


              • Morpheus Morpheus 14 mai 2013 12:20

                Bonjour Hervé smiley

                Le monsieur, il a voulu dire, dans ce paragraphe, que le manipulateur qui a écrit la phrase tarabiscotée qui est donnée en exemple peut tout aussi bien prétendre, après coup, avoir voulu dire que les chrétiens n’ont pas de vertu ni de morale, ou exactement le contraire, que les chrétiens ont bien une vertu et une morale.

                Pourquoi ? Parce que l’énoncé (la phrase tarabiscotée) n’a AUCUN sens, même si la phrase donne l’ IMPRESSION d’avoir du sens (par son côté sophistiqué - c’est le qualificatif parfait pour le dire).

                Comme la phrase ne veut rien dire (plus exactement, elle dit noir ET blanc en même temps = énoncé paradoxal), le manipulateur vise :

                1) faire croire qu’il est très intelligent et érudit
                2) par la même occasion, intimider les lecteurs qui ne comprennent pas (quand on ne comprend pas et que l’on est intimidé, on a souvent tendance à croire sur parole ce que l’autre dit en supposant qu’il est plus malin)
                3) si quelqu’un interprète « mal » sa phrase, il peut le prendre de haut en le faisant passer pour un idiot, tout en se faisant croire à lui-même (et aux autres) qu’il est supérieurement intelligent (il ménage ainsi sa légende personnelle, indispensable pour se donner l’illusion d’exister, parce qu’un manipulateur pervers n’a pas d’identité propre, seulement des personnages qu’il joue = il ne peut pas être « lui-même »)
                4) si quelqu’un l’interprète dans l’autre sens, il peut réagir exactement comme en 3)

                Dans tous les cas de figure, le manipulateur peut donc, soit agresser les autres, soit se poser en supérieur (en intelligence), soit se poser en victime, et ce quelque soit l’interlocuteur, et quelque soit ce que dit l’interlocuteur.

                Personnellement, je trouve ce paragraphe tout-à-fait clair, donc je suppose effectivement que c’est l’heure tardive et la fatigue qui a fait que vous ne l’avez pas comprise.

                 smiley

                Cordialement,
                Morpheus


              • JL JL 14 mai 2013 12:36

                Morpheus,

                vous savez mieux que moi ce que j’ai voulu dire ?

                Plutôt que de discuter du sexe des anges, vous avez pourtant matière à exercer votre talent sur ce que je dit ici (mon post ci-dessus), puisque je n’ai pas (pas encore) trouvé le contexte de cette phrase qui vous fait tant baver, et ce n’est pas Vergnes qui donnera le lien !.

                Mais je vois que vous faites comme lui : vous parlez de la forme pour taire le fond.

                Je crois que l’on a affaire avec vous deux à la constitution d’un noyau pervers, et si j’en crois l’appel au secours lancé par Vergnes dans son post de 11:47, vous serez bientôt trois !

                 smiley


              • JL JL 14 mai 2013 13:10

                Morpheus,

                cette expression ’’si vous voyez ce que je veux dire ’’ est très courante, et Vergnes lui-même ne s’en prive pas. J’ai cité un cas plus haut, en voici un autre : ’’je ne comprends pas toujours bien les guerres de clochers que certains se livrent parfois (c’est un peu du genre : « c’est moi qui est la plus grosse ! » ; si vous voyez ce que je veux dire).’’ (sic, par PV, le 31 mars 11:47)

                Seriez vous rabin ? Imam ? Curé ? Bedeau ? Parce que, je note que vous dénaturez mon propos à la manière de ces gens qui traitent d’antisémites tous les ennemis du sionisme. Vous donnez à croire que j’ai critiqué les croyants et non pas la foi, ce j’ai pourtant bel et bien fait. Et cette critique-là, je ne demande qu’à en parler.

                Et je vous tends là une perche pour montrer votre bonne foi, dans tous les sens du terme.


              • Morpheus Morpheus 14 mai 2013 13:23

                Être traité de pervers par un pervers, c’est comme recevoir une médaille de vertu.

                Inutile de dire que je prends smiley


              • JL JL 14 mai 2013 13:45

                Morpheus,

                je vous ai traité de pervers ? Où ça ? Dans vos cauchemars peut-être ?

                Vous dites de moi que cette phrase vise à ’’faire croire que (je suis) très intelligent et érudit

                Diable ! Si j’étais capable en une seule phrase de faire ça, je serais intelligent, non ? Plus sérieusement, vous prenez ceux à qui vous servez du cordialement à tout propos pour des imbéciles.


              • JL JL 14 mai 2013 13:51

                Au cas où vous seriez ignorant, un noyau pervers n’est pas constitué de pervers, mais constitué par des gens qui sont des alliés objectifs quant à leur rancœurs contre un ennemi commun et qui s’associent pour le combattre.

                Quant à votre phrase ’’Être traité de pervers par un pervers, c’est comme recevoir une médaille de vertu’’, faites attention en la lançant : c’est un boomerang.


              • Hervé Hum Hervé Hum 14 mai 2013 14:03

                Merci à vous Philippe Vergnes pour le soin que vous apportez dans vos réponses à chacun de vos interlocuteurs.

                Pour commencer, bien évidemment il faut voir là un trait d’humour, lié au sujet même de votre article.
                Maintenant je m’en vais vous expliquer la chose.

                quand vous écrivez d’une part "le transcripteur d’une telle pensée pourra ensuite nier avoir laissé entendre que les chrétiens ont des vertus et une moralité«  et d’autre part »tout comme il pourra très bien soutenir le fait qu’il avait bien dit que les chrétiens n’ont effectivement pas de vertus et de moralité en fonction de l’interlocuteur qui lui en fera la remarque, cela veut dire la même chose. C’est un trait de mon cerveau qui parfois se bloque.

                Alors, soit je considère que c’est délibéré de votre part, soit que c’est une erreur. Votre réponse me confirme que c’est délibéré, alors je dois en chercher la cause et je la vois uniquement dans votre volonté d’utiliser la « pragmatique » du psychopathe que vous décrivez. Mais j’avoue avoir du mal à le voir.

                Revenons maintenant sur votre analyse de l’extrait de texte soit :

                « (1) Les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté(2) “il pourrait leur en cuire” est une formule performative (3) qui les dépossède de cette liberté, et donc de leurs vertus et moralité. (4) Comprenez bien : quand je dis déposséder je désigne l’action de leur prendre quelque chose qu’ils auraient volontiers donné, si vous voyez ce que je veux dire. »

                Je trouve votre manière d’analyse trop compliqué à mon goût. Voilà comment j’expliquerai la chose.

                Sur la partie (1) une première manipulation apparaît déjà, en effet, il part du postulat que la liberté d’être ou non chrétien n’existe pas alors que c’est au fond la seule vrai liberté qui détermine tout le reste !

                Pour la partie (2), l’incohérence ne vient pas de la « formule performative » qui pour un chrétien s’entend par le châtiment divin sur lequel s’appuie ladite formule. C’est à dire qu’un chrétien manquant à son devoir de vertu et de moralité encours la colère divine. Non, la manipulation vient (en 3) du fait de dire qu’ils sont dépossédés de leur vertus et moralités en utilisant le mot « liberté » alors même que celle ci est acquise, soit naturellement, soit par soumission, soit les deux, mais volontairement. Par opposition, la liberté ne peut alors que consister à renoncer et s’affranchir de ses vertus et moralités. Autrement dit, la phrase dit explicitement que la liberté consiste à renoncer à ses vertus et moralités mais de telle manière qu’elle laisse penser le contraire à celui qui ne prend pas la peine de réfléchir. 

                La meilleure preuve est la dernière phrase (4) où l’auteur utilise le conditionnel alors même que le temps utilisé en (1) est le présent pour parler de la même action.

                Et là nous nous rejoignons !


              • JL JL 14 mai 2013 14:27

                Hervé Hum,

                êtes vous sérieux ?
                Si j’avais su que cette phrase me conduirait devant une inquisition, j’aurais été plus prudent !

                 smiley

                Vous auriez fait preuve d’honnêteté en donnant le lien que vous avez trouvé.

                De quoi s’agit-il ? : ’’Les chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté’.

                Bon, j’aurais du écrire : ’’ ’’Les Chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas - dans le même temps - revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté’’

                Le reste se comprend-il mieux ?

                Si je revendique cette phrase, je dénie qu’elle soit à double tranchant, et c’est faire preuve de mauvaise foi que d’y chercher la petite bête, qui n’est semble-t-il, que dans vos têtes.

                Je ne vois pas là de quoi conduire quelqu’un au bûcher : nous ne sommes plus au Moyen-âge.


              • Philippe VERGNES 14 mai 2013 15:07

                Bonjour Hervé Hum,

                Merci à vous d’avoir effectué une lecture attentive de cet article et avoir proposé un point de vue critique qui permet réellement de faire avancer le débat.

                Vous attestez par-là l’idée que je défends ici, à savoir que « la signification d’un énoncé n’est donc pas une propriété qui serait déposée dans des mots », car « le langage étant par définition subjectif, la compréhension mutuelle relève davantage d’une « négociation » et n’est qu’affaire de conventions entre deux ou plusieurs personnes qui cherchent à créer des liens au travers d’échanges dans un contexte bien précis. » Cela dénote chez vous une volonté (intention) de métacommuniquer qui, même si nous ne sommes pas d’accord sur tout (quoi que...), n’interdit pas le respect mutuel et les échanges qui permettent de faire progresser la discussion au contraire d’un type de communication qui la fait régresser (langue de bois, « novlangue », etc.).

                Je plusse votre analyse de mon exemple qui, comme vous le démontrez, plus simplement, indique la contradiction « cachée » par cette forme de rhétorique. En vous répondant comme ça de bout en blanc, j’ignore encore comment agencer votre démonstration avec la mienne, mais une chose et sûre, c’est que ça vaut le coup d’essayer pour toucher un peu plus de personnes qui, de par la « novlangue » parlée par nos dirigeants, sont bien plus concernées qu’ils ne le pensent.

                Par ailleurs, je n’ai pas voulu souligner que l’incohérence de l’exemple (2) cité venait de la formule performative. J’ai simplement voulu souligner le fait que l’emploi de ce terme était ici inapproprié en la circonstance tout en respectant la chronologie de l’énoncé critiqué. Il faudrait probablement que je m’affranchisse du respect de cette chronologie. En tout cas, vous m’invitez pertinemment à reconsidérer la question.

                Votre dernière remarque sur les temps employés est comment dire… génialissime de simplicité : je m’en veux presque de ne pas y avoir pensé, car je connais cela par cœur. C’est à se taper la tête contre les murs que d’avoir laissé passer un tel « truc ». En tout cas, vraiment merci !

                Pour ce qui est de la phrase qui a suscité votre trait d’humour, l’objectif de celle-ci placée dans mon texte en fin d’analyse de l’exemple dont nous venons de débattre, n’avait pour d’autres buts que d’attirer l’attention du lecteur sur cet exemple, ce que vous avez « merveilleusement » bien fait (tant pis pour ceux qui vont en conclure par là que je tente de constituer un « noyau pervers » avec vous, mais chez moi, on m’a toujours appris à remercier vivement les gens qui nous rendent service : c’est comme ça !).

                Quant à votre analyse : chapeau, j’ai effectivement bien mis une négation de trop. Ça me fait bien marrer, car j’ai atteins mon but premier : attirer l’attention pour une analyse de l’exemple donné, tout en commettant une erreur sémantique. Comme quoi… les mystères de la parole ne peuvent être levés qu’après un effort conjoint, fourni par tous les protagonistes d’un discours pour chercher à se comprendre (à entrer en « communion » avec autrui) !!!

                Merci en tout cas d’avoir porté votre regard critique sur ce texte et d’avoir contribué ainsi à l’améliorer.


              • Hervé Hum Hervé Hum 14 mai 2013 22:06

                @ Philippe Vergnes, vous me faites de biens jolis compliments !!! Cela dit, oui, c’est un fait que la compréhension mutuelle relève davantage d’une « négociation ».  

                Maintenant je comprends ce qui m’échappait depuis le début, que je sentait sans arriver à le saisir et ce pour des raisons étrangères à ce débat. Vous m’excuserez de ne pas avoir d’apriori envers JL, ceci parce que je ne connais pas l’histoire qui vous li. Vous l’avez pris en exemple à dessein, mais l’important est de dénoncer la duplicité de la novlangue. Ce que je veux dire, c’est que je ne ne veux pas juger de savoir si l’exemple est le fait d’une erreur de la part de JL ou bien d’une perversité narcissique. Enfin, j’attendrai votre prochain épisode pour vous donner mon avis sur la question de la perversité.

                @ JL, je ne retirerai rien de mon commentaire et je réitère, je n’avais pas fait le lien entre vous et l’exemple pris par Philippe Vergnes. Est ce que cela aurait changé mon analyse sachant que c’était vous ? Pas sur le fond, mais sur la forme sûrement.

                Je reprend votre phrase modifié " ’Les Chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais ils ne peuvent pas - dans le même temps - revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté’’

                C’est une tautologie. On est chrétien parce qu’on croit dans les évangiles, si je revendique mon indifférence c’est que je revendique de ne pas être chrétien. Si je revendique être chrétien mais suis indifférent à ses vertus et moralités soit je devrait me contraindre, soit je devrait dissimuler mon indifférence. Si je me contraint moi même, c’est un libre choix et donc ma liberté, mais si je dissimule, alors effectivement je ne suis pas libre.

                Donc, vous auriez dû distinguer le chrétien qui vit sa religion comme une liberté (portant ou non sa croix) de celui qui la subit par peur ou intérêt. Et écrire :

                "Les Chrétiens peuvent être authentiquement moraux et vertueux, mais s’ils ne le sont pas, ils ne peuvent pas revendiquer leur indifférence vis-à-vis des évangiles, et donc leur liberté’’

                A partir de là le reste peut s’entendre, parce que vous distinguez ceux qui vivent leur religion de ceux qui la subissent, qui sont effectivement privé de liberté vis à vis de leur propre valeurs morales.

                Et là, on peut discuter sur la notion de liberté !!!

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