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Accueil du site > Actualités > Société > La passion : le grand malentendu

La passion : le grand malentendu

La "passion", quête contemporaine vaine, imbécile et aliénante, est un filon récent inventé par les marchands de lessive. Ce terme est l’un des plus galvaudés de la langue française, d’autant plus vide de sens qu’il est prononcé dix fois par jour par les sots pour un oui ou pour un non. Passion de la moto, passion des timbres-poste, passion de l’amour... Tous les aspects de la vie quotidienne sont susceptibles d’être mis dans le cadre flatteur de la "passion", uniformisés par cette nouvelle norme de plus en plus stricte, impérieuse. Entrée en vigueur depuis quelques décennies, la passion est le refuge ultime de l’esprit vulgaire.

Victimes du discours dictatorial, les êtres les plus ordinaires, les plus médiocres, mais surtout certains beaux esprits incapables d’échapper à l’insidieuse oppression, s’empressent de clamer à tous vents être nécessairement, totalement, impérativement "passionnés". Comme si ne pas l’être constituait la plus honteuse des tares...

Pas un pour railler cette mode risible de la "passion" et oser affirmer vouloir demeurer serein, loin des tourments frelatés de la "passion" telle qu’elle est définie, ressentie, espérée par l’ensemble des esprits contaminés.

La "vraie" passion, d’ailleurs, n’existe pas. Ou rarement.

Les professionnels de la publicité ont créé ce phénomène contemporain de la passion. Pour vendre des casseroles, des automobiles ou de la salade verte, ils ont fait pénétrer dans les esprits l’idée saugrenue mais efficace de la passion. La passion est associée à la femme d’une manière assez répandue, et à l’amour beaucoup plus généralement : les meilleurs arguments pour écouler la camelote des grands industriels inoculant leurs mensonges matérialistes à travers les différents organes de presse.

Tout comme le patriotisme a été, sinon initié, du moins récupéré par les marchands de canons pour enrichir une poignée d’abjects empereurs de l’industrie lourde, la "passion" telle qu’elle est admise de nos jours est une forme dégénérée de sentiments élevés (et d’ailleurs assez obscurs à l’origine, étant donné la rareté et le caractère délétère, funeste, de la passion véritable), qui fait des millions de victimes consentantes dans la société d’abrutis où nous vivons.

Raphaël Zacharie de Izarra


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37 réactions à cet article    


  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:01

    Demian,

    Je hais et fuis toute passion. La passion est délétère, funeste, vénéneuse, elle rabaisse au lieu d’élever. La passion est pure animalité. Je n’aspire qu’à la sérénité des hauteurs désincarnées. De ma vie je n’ai jamais éprouvé aucune passion et souhaite à tout prix éviter cet écueil stérile qui empêche toute progression en général, et particulièrement en direction de mes chères étoiles.

    Passion est perte de temps, d’énergie, du sens de la marche. Égarement terrestre, la passion est un chemin semé de bûches de Noël... Qui mène droit au gouffre !

    La passion est la raison des fous. Sage, avisé, plein de bon sens, d’esprit, je chemine loin de ces sentiers que vous empruntez, vous les marcheurs aux semelles embrasées. Je me moque de vos « passions », des railleries qui s’y mêlent, de vos ailes qui bourdonnent comme des flammes, infernales. Ce qui me porte est bleu et non rouge.

    Vous vous croyez pleins de braise sacrée parce que vous êtes habités par des passions, alors qu’en vérité vous êtes aussi vides que des coques de noix brisées. Le ver ronge le fruit du dedans et laisse l’écorce. Vous brûlez certes, comme brûle la coquille une fois la pulpe extirpée... La passion ridiculise.

    Vous brûlez votre huile, tandis que je conserve mon essence.

    Pendant que vous faites de longues glissades en formes de cercles sur vos espaces vicieux, poussés par vos artifices endiablés, portés par vos spores miasmatiques et hallucinogènes, enivrés par vos sports acrobatiques, aveuglés par vos feux multicolores, vous les passionnés, moi je monte.

    Je monte, simplement escorté par ce vent raisonnable que vous haïssez tant et qui n’est autre que le souffle pur de l’esprit.

    Raphaël Zacharie de Izarra


  • jeffjoubert (---.---.129.41) 5 septembre 2006 16:32

    Tiens, tu écris avec passion, et je trouve cela rigolo de ne pas échapper à son propre texte !!!


  • phéline (---.---.13.194) 5 septembre 2006 17:15

    Raphaël, salut à toi.

    Dis, elle a l’air fameuse ta beu !


  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 13:52

    Bonjour Demian,

    Vous faites ma joie en ces lieux : j’affectionne singulièrement la proximité d’un si bel oiseau. Ce que je ne supporte pas chez vous, c’est votre chemise bleue. Avez-vous mon costume violet ? Il est plus chatoyant que votre pièce de tissu industriel.

    Raphaël Zacharie de Izarra


    • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 13:54

      Je vous soumets quelques neuf textes déplaisants mais sincères pour tenir tête aux sots érudits qui assènent leurs brumeuses vérités aux placides auditoires qui sans broncher daignent les entendre.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      1 - PARCE QUE JE NE SUIS PAS UN DE CES MOUTONS DE LA CULTURE QUI MACHENT SOTTEMENT LE FOIN QU’ON LEUR SERT

      De nos jours Rimbaud passerait à juste titre pour un délinquant drogué, pour un asocial peu recommandable, pour un dangereux hors-la-loi et surtout pour un très odieux trafiquant d’armes, un charognard des guerres.

      Imaginez le plus adulé de nos écrivains contemporains imiter ce bandit de Rimbaud... Sa carrière serait brisée. Alors pourquoi cette légende à propos de cet infâme dont nul ne comprend certains vers hermétiques mais feint de se pâmer en les lisant ? Justement, Rimbaud est surtout une légende.

      Rien de plus.

      Je propose une série de textes éclairants et argumentés sur la plus grande mystification littéraire du XXième siècle.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      2 - LE MYTHE « RIMBALESQUE »

      Je comprends parfaitement que l’on tente de m’initier aux subtilités élevées de la poésie rimbaldienne. Seulement je n’y adhère pas, trop méfiant que je suis envers les imposteurs de la lyre qui sous prétexte d’avant-gardisme nous pondent de gros cocos complètement vides.

      Nul ne me fera croire que les âmes tombant en pâmoison devant les vers « illuminés » de Rimbaud ne sont pas victimes d’une auto-suggestion née d’un insidieux conditionnement scolaire, chose qui n’a rien à voir avec l’émoi littéraire véritable...

      L’on décrète à l’école que Rimbaud est un génie et que les « rebelles » dignes de ce nom se doivent d’adopter inconditionnellement le poète maudit pour pouvoir prétendre à la « révolte » et être pris au sérieux sous le ciel des rimeurs. L’on suggère que pour passer pour un fin lettré, un idéaliste, une âme éprise de je ne sais quelles « foutaiseuses » hauteurs, il faut admirer Rimbaud, que la chose se fait depuis plus d’un siècle, que les plus beaux esprits se sont inclinés devant Rimbaud et que railler ses vers qu’un tapage séculaire a fini par consacrer au panthéon des demi-dieux versificateurs relèverait du crime de lèse-poète...

      C’est que, voyez-vous, je n’ai pas pour habitude de bêler avec le troupeau des initiés. Le messie de cette espèce de secte littéraire fût-il Monsieur Rimbaud.

      Je préfère encore passer pour un imbécile solitaire, héroïque dans mon hérésie, plutôt que paître tel un ruminant à la solde de Rimbaud dans les grasses contrées de la poésie dispensée en granulés. Me distinguer de la sorte plutôt que me fondre dans la foule d’admirateurs anonymes, trompeter seul au fond des bois plutôt que joindre mes bêlements à ceux de l’étable, voilà ce qui sied au bel esprit que je suis.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      3 - RIMBAUDERIES

      Entrons dans le texte, à vif. Face à vous mes chers adversaires je veux bien admettre mes torts éventuels, ma prétendue insensibilité, mon hérésie supposée, mais alors chers détracteurs répondez-moi avec clarté, sans vous défiler derrière un langage abscons : je vous soumets les vers que j’estime les plus ridicules -à ma connaissance- de Rimbaud.

      "Je fis un voeu : mes ailes d’Empyrée toutes trouées Ma fiole couverte de l’or des horizons funestes Et célestes me mirent de glace en échos nets Je vis un feu où se regardait l’oiseau des rouées." (Rimbaud)

      Dites-moi ce qu’ils vous inspirent. Persuadez-moi de leur prix.

      Si vous ne les jugez pas sots ces vers, c’est que pour vous tout ce qui est pondu par Rimbaud vaut parole d’Evangile. Ce qui serait une attitude parfaitement imbécile, n’est-ce pas ? Aussi j’attends des beaux esprits qu’ils dénoncent l’ineptie lorsque cela est justifié. Or il serait justifié que vous crachiez précisément sur ces vers de Rimbaud car moi je les trouve mauvais.

      Et si vous les jugez ridicules ces vers, alors dites-le, mais dites-le avec verve, panache, véhémence et non à demi mots comme le font les lâches admirateurs de leurs « chers maîtres », ainsi que des petits toutous aliénés à la cause d’un seigneur qui les enchaîne.

      A ceux qui après avoir pris contact avec moi (raphael.de-izarra@wanadoo.fr) seront prêts à relever le défi : toute dérobade de votre part signifiera que je serai sorti vainqueur de cette polémique. Passez l’épreuve de ces quatre vers (la seule flèche qui vaille au milieu des gesticulations et conceptions théoriques sans portées). C’est au pied du mur que l’on démasque les imposteurs. Fi ! des beaux discours, mettez-vous à l’oeuvre sans tarder ! Défendez avec rage et éclat la cause qui vous est chère, je vous attends !

      Je serais curieux de voir les effets qu’ont sur mes contradicteurs ces rimes que j’ose qualifier de grotesques. Car il faut oser, plutôt que sottement subir. Oser contredire l’autorité, même l’autorité poétique. C’est que je ne m’aliène pas si aisément à des auteurs, aussi prestigieux soient-ils.

      Sur ces rimes que je vous ai jointes, seuls vos éventuels avis trancheront. Toute pirouette émise pour contourner l’épreuve en dira long sur le vide que vous inspirent ces vers... Que trouvez-vous d’estimable dans ces vers grotesques et incompréhensibles de Rimbaud ? Courageux détracteurs, je vous laisse la parole (raphael.de-izarra@wanadoo.fr).

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      4 - RIMBAUD, CE RIGOLO

      Osons désacraliser le « Bateau Ivre », et « Une saison en Enfer » de ce plaisantin de Rimbaud. A part ses traffics d’armes et autres méfaits crapuleux, de quoi peut-il se targuer ce rimailleur plein de sempiternelles « hideurs », les poches pleines de trous ? Je lui trouve le haillon un peu trop facile à ce joli. Sa semelle est bien trop usée pour être honnête.

      Dehors les imposteurs de la poésie avec leur charabia poétisant, avec leurs émois mesquins de morveux attardés ! Un bon poète est un poète qui sait se mettre à la portée des gens SIMPLES et SENSES comme moi.

      Je n’entends rien au « Bateau Ivre ». Ca n’est pas moi qui suis un mauvais lecteur, c’est Rimbaud qui est un imbécile.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      5 - L’IMPOSTURE CHEZ RIMBAUD

      Il est arrivé à Rimbaud de composer des poèmes de choix, je ne le nie pas un instant.

      Mais que dire, pour prendre un exemple célèbre, du « Bateau ivre » ? Qu’ont bien pu inventer les exégètes pour donner du prix à ce charabia ? Par quels chemins tortueux ces parfaits érudits sont-ils passés pour réussir le tour de force d’étaler et de vendre sans complexe, et au prix fort, leur science quant à la valeur de ce baratin versifié ? Comment peuvent-ils faire illusion aussi longtemps sans faire naître une saine, salutaire suspicion ? Pour moi cette oeuvre est tout simplement digne d’un canular de potache.

      Il est vrai que l’ancienneté de l’oeuvre, le prestige de son auteur, son particulier retentissement dans les couloirs des lycées (contribuant ainsi à en faire une espèce de légende calibrée répondant parfaitement aux goûts du siècle, surtout chez les pubères émotifs un peu fragiles) lui confèrent un cachet poétique qui trompe tout le monde.

      Les « connaisseurs » admirent le « Bateau ivre », qu’ils soient simples ignorants ou bien éminents docteurs en lettres. Dans les deux cas nous avons toujours affaire à des imbéciles victimes du tapage culturel ambiant.

      Osons désacraliser ces mythes nés de la bêtise intellectuelle qui polluent notre jugement, notre sens critique, conditionnent notre pensée vers le bas et amoindrissent nos défenses mentales. Osons dire que le « Bateau ivre », c’est tout simplement un bel exemple d’âneries portées au rang de légende universelle.

      J’ose affirmer que le « Bateau ivre » ne serait qu’une grossière mais efficace plaisanterie de Rimbaud. Au plus ces vers ne seraient que des banales élucubrations, des divagations égocentriques, des masturbations d’un auteur en mal de mal-être. Il était à la mode à l’époque de Rimbaud de jouer les poètes maudits et incompris, à la pensée éthérée, hermétique (en un autre temps pas si éloigné de Rimbaud, il était de bon ton pour les marquises et les dames du monde d’avoir des « vapeurs »). Le « Bateau ivre » n’est que le Veau d’Or de la poésie : une incommensurable hérésie.

      Le triomphe de la vérité est parfois au prix de quelque apparent sacrilège. J’ose lever le voile sur le « mystère Rimbaud », quitte à vous déplaire un instant en vous montrant le visage de hideur qui se dissimule sous une imposture longue de plus d’un siècle.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      6 - LA LEGENDE RIMBAUD EN QUESTION

      A propos du « Bateau Ivre », remplacez donc les termes « criards » et « Peaux-Rouges » par n’importe quels autres termes un tant soit peu pittoresques, et vous obtiendrez les mêmes réactions admiratives et béates chez les lecteurs dénués de sens critique. Et les mêmes explications savantes des grands docteurs en littérature. La tête couverte d’un beau chapeau, le coeur léger et la plume lourde, Rimbaud pouvait tout à sa guise semer de glorieuses sornettes au vent de la Littérature : pourvu que son nom soit apposé au bas de ses oeuvres, elles feront toujours l’objet d’études universitaires prétentieuses et stériles. En ce domaine Rimbaud est promis un bel avenir, n’en doutons pas.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      7 - RIMBAUD A L’EXAMEN

      (Critique argumentée de la présentation par Jacques Rivière et Verlaine des « ILLUMINATIONS » de RIMBAUD ou procès des exégètes rimbaldiens.)

      Voici ce qu’un spécialiste de RIMBAUD a pondu sur ce plaisantin de Charleville, discours applicable à n’importe quel texte « charabiatisant » :

      « Ces poèmes sont complètement dépourvus d’égards, c’est à dire qu’en aucun point ils ne s’inclinent, ils ne se dérangent vers nous. Aucun effort pour faire passer dans notre esprit les spectacles qu’ils recèlent ; ils sont écrits au mépris de toute sociabilité ; ils sont le contraire même de la conversation. On y sent quelque chose de fidèle à on ne sait quoi. Ce sont des témoins. Ils sont disposés comme des bornes qui auraient servi à quelque repérage astronomique. Il faut prendre le petit livre des Illuminations comme un carnet échappé de la poche d’un savant et qu’on trouverait plein de notations mystérieuses sur un ordre de phénomènes inconnus. Nous n’étions pas là. Nous passons par hasard. Nous ramassons ces reliques inestimables qui ne nous étaient pas destinées. » (Jacques Rivière)

      Il suffit qu’un recueil de baragouinages soit signé « RIMBAUD » pour que d’éminents spécialistes se persuadent de sa très haute valeur littéraire. L’auto-suggestion fonctionne à merveille. N’ayant rien à dire sur le fond, ils rédigent d’élogieuses pirouettes contribuant à donner encore plus de lustre aux « pages immortelles » qui décidément, ne les inspirent pas plus que ça... Au vide rimbaldien ils répondent par le vide de l’exégète. Remarquons que l’auteur Jacques Rivière s’en sort ici assez grossièrement. Il ne dit rien, n’éclaire pas, ne sait rien lui-même sur le texte de Rimbaud. Il se contente de justifier les vers rimbaldiens par des phrases oiseuses qui en disent long sur son habileté à retourner les situations les plus improbables. Ou l’art d’interpréter un texte absurde pour en faire un phénomène littéraire... Admirons ce déploiement de vent au sujet de Rimbaud.

      Verlaine quant à lui n’est pas plus inspiré, cautionnant la sottise de son ami en ces mots immortels :

      Le mot Illuminations est anglais et veut dire gravures coloriées, - colored plates : c’est même le sous-titre que M. Rimbaud avait donné à son manuscrit. Comme on va voir, celui-ci se compose de courtes pièces, prose exquise ou vers délicieusement faux exprès. D’idée principale il n’y en a ou du moins nous n’y en trouvons pas. De la joie évidente d’être un grand poète, tels paysages féeriques, d’adorables vagues amours esquissées et la plus haute ambition (arrivée) de style : tel est le résumé que nous croyons pouvoir oser donner de l’ouvrage ci-après. Au lecteur d’admirer en détail. (Verlaine)

      On n’en saura pas plus. Verlaine nous demande de lire, d’admirer... Certes. Suivre ce sage conseil suffira-t-il pour emporter l’adhésion des beaux esprits ? Je rétorquerai à Monsieur Verlaine qu’il ne suffit pas de nous proposer d’admirer, encore faut-il que nous les recevions en plein coeur ces fameux mots rimbaldiens, et non pas que nous les adoptions sottement les yeux fermés, ébranlés que nous serions par tant de subtilités poétiques, insaisissables pour les non initiés... Comment un auteur comme Verlaine peut-il se fourvoyer à ce point, se ridiculiser de la sorte, s’exposer avec une telle légèreté au jugement des générations futures de plus en plus aptes à la critique ? Votre statut de grand poète ne vous garantit pas de vos propres âneries, Monsieur Verlaine ! Notons le trouble de Verlaine quand, prudent dans la sottise, il précise : « tel est le résumé que nous croyons pouvoir oser donner de l’ouvrage ci-après ». Il se ménage tout de même une commode issue. On ne sait jamais, des fois qu’on se serait trompé sur ce prétendu génie nommé Rimbaud... Sot mais avisé, Verlaine !

      Ces deux exemples pris au hasard suffiront-ils pour commencer à semer le doute chez mes détracteurs quant à la vanité des textes sibyllins du sieur Rimbaud ? La mauvaise foi il est vrai aveugle plus durablement les faux envoûtés amoureux des arabesques verbales de Rimbaud que la vérité qui, se révélant dans un seul éclair, éblouit les vrais initiés une seule seconde, ce qui a le don de leur redonner la vue pour la vie entière...

      C’est que l’illumination, la vraie, est fugitive. Et la bêtise profonde comme les puits d’ignorance.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      8 - RIMBAUD DEREGLE

      Penchons-nous sur la fameuse et fumeuse phrase de Rimbaud :

      « Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »

      Moi je prétends que le poète ne voit bien qu’avec le bec ténu de sa plume et surtout avec la folle maîtrise de tous ses sens dirigés vers les hauteurs accessibles à ses semblables. Un poète qui se fait passer pour un mage n’est plus un poète mais un maladroit augure. Le vrai chantre des couleurs et des profondeurs n’a pas la semelle planant dans les nues mais les pieds sur terre en compagnie de ses frères humains aux mains calleuses. Celui qui se réclame de Rimbaud n’est qu’un singe à la grimace usée, un gugusse au numéro éculé, un gros pigeon déplumé.

      Je défie quiconque de décrocher les astres en naviguant sur quelque « Bateau ivre » ou en traversant je ne sais quelle inepte « Saison en enfer ». J’invite au contraire les beaux esprits et bonnes volontés poétiques à cheminer sur mes pas à la rencontre des chants cosmiques. Ne pas dévier des rails qui mènent à la sérénité olympienne, voilà mon credo. La Poésie est harmonie, paix, éclat et non chaos, ténèbres, effroi.

      Les disciples de Rimbaud sont de sots laudateurs qui voient des mirages dans les fumées de l’aube, des fantômes en plein midi et des chimères dans les vapeurs du soir, trompés par le « grand mousse de Charleville » se prenant les pieds dans les voiles de son radeau voguant nul ne sait-où...

      Cessez de feindre les érudits touchés par la grâce rimbaldienne, vous les fats admirateurs pleins de vagues émois car en vérité je vous le dis, le vrai génie est dans l’éclat de la simplicité.

      Raphaël Zacharie de Izarra

      =======

      9 - L’IMPOSTURE DE L’AUTORITE

      Ceux qui parmi vous se laissent impressionner par les morts, par les magiciens ou par les poètes ne sont que des sots. Certes, j’admire et apprécie à leur exacte valeur les oeuvres de Hugo, de Chopin, de Bach... Cependant je ne m’aliène pas à ces auteurs. Les imposteurs sont partout, qui cherchent à se faire passer pour des petits dieux.

      Les étoiles n’ont aucun droit sur ma destinée individuelle, pas plus que les vermisseaux. Ni les Einstein ni les Mozart n’ont à faire la loi chez moi : ils n’ont aucun privilège de plus que le premier venu. Le génie des autres ne leur confère nullement d’autorité sur ma personne. Les talents inédits de mes semblables ne m’ôtent pas le moindre droit d’être ce que je suis. Par exemple, ici je destitue la beauté pour faire triompher la laideur. Ailleurs je restaure cette beauté déchue pour vouer la laideur, hier tant admirée, à la géhenne : là est mon inaliénable, glorieuse liberté. Faites de même et comme moi raillez sans vergogne vos plus chers maîtres, et vous deviendrez des oiseaux d’envergure.

      Je crache irrespectueusement sur la barbe de Homère, je tourne en dérision le couronnement des têtes pleines de majesté et je place sur le trône le dernier des mohicans, et puis je ridiculise encore les chanteurs d’opéra... Les imposteurs sans cesse tentent leurs viles séductions sur les foules. Les poètes sont des imposteurs, les artistes sont des imposteurs, les grands hommes sont des imposteurs, les camionneurs sont des imposteurs. Les imposteurs sont partout. Osez penser par vous-mêmes. Bâtissez vous-mêmes vos propres cathédrales et cessez de vous agenouiller devant ces statues de sel qui vous rendent infiniment ridicules.

      Inventez vos étoiles, devenez votre unique référence ou fabriquez vos dieux. Mais cessez d’être obligés de vous sentir écrasés par le poids des statues nées avant vous... Soyez libres, apprenez à penser seuls, affranchissez-vous de l’autorité qui à vos yeux est la plus sacrée, volez de vos propres ailes.

      Trop de blouses blanches, de peaux rouges, de légions d’honneur, de simples troufions, de grands mathématiciens, de couronnes posées, de têtes coupées, de verts académiciens et de prix inestimables abusent de leur pouvoir pour impressionner le naïf, l’idiot, le borgne. Les vierges salaces et les débauchées effarouchées, les soldats kaki et les soleils de plomb, les empires et les républiques, les ecclésiastiques et la carotène, les avocats marrons et les rouges pompons, tous sont des imposteurs qui veulent votre soumission à leur cause.

      Il faut simplement le savoir et surtout leur montrer que l’on sait. Mais je sais bien que nul ne me croit parmi vous... Alors dormez bien tous, jolis petits pourceaux, tendres petits agneaux, dociles petits veaux que vous êtes.

      Demain l’on vous égorgera.

      Raphaël Zacharie de Izarra


    • jeffjoubert (---.---.129.41) 5 septembre 2006 16:48

      De mieux en mieux, je n’ai jamais vu un mégalomane de cette dimension, et encore une fois, vous entrez dans une contradiction ultime, car vous vous plaçé comme ultime maillon de réflexion, par l’affirmation ! A quoi servent vos mots, vous montrez que vous êtes supérieur, au-dessus de la masse, où, à la masse. Vous vous battez contre le nombre, seul contre tous, un donquichote malsain, qui ne vois que son nombril, car vous pouvez penser ce que vous voulez de qui que ce soit, mais n’affirmez pas que vous ayez raison, car là vous auriez tord !


    • phéline (---.---.13.194) 5 septembre 2006 17:17

      bon, Rapha, passes le ouinje...


    • Hakim I. (---.---.29.75) 5 septembre 2006 14:14

      Vous avez mal dormi cette nuit ?


      • raf (---.---.111.122) 5 septembre 2006 14:36

        La prochaine fois, prévenez lorsque vous commettez un texte insipide. J’ai perdu 2 minutes de ma vie à vous lire et 30 secondes à vous répondre !


        • La Taverne des Poètes 5 septembre 2006 14:37

          Indifférent à votre forme outrancière de provocation, mais pas au thème de la passion ni à sa récupération publicitaire ou politique, je vote pour votre article audacieux de ce jour.


          • wildchoc wildchoc 5 septembre 2006 14:46

            Je vote contre ! Au lieu de critiquer l’utilisation « à tout va » du mot passion, vous auriez du expliquer cette notion. Nous avions compris que vous étiez arrogant et pédant. Rendez vous utile. A moins que le narcissisme ne se soit emparé de vous.


            • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:02

              Quand on met en scène sur des planches (ou sur la pellicule cinématographique) la Bible, Napoléon, Charlemagne, de Gaule ou Colomb, on ennoblit nécessairement la réalité.

              Les scènes de théâtre avec sa gestuelle, ses codes, sa gestion artistique de l’espace, du mouvement -de même que les tableaux de maîtres avec leurs spécificités picturales-, ne sont pas le reflet « à la lettre » de la réalité. La réalité est plus décevante, triviale, ordinaire dans la forme. En termes visuels, « scéniques » et verbaux le réel est moins éclatant : rois, princes ou messies ne prennent JAMAIS des airs solennels et compassés tel qu’on se l’imagine, même quand ils communiquent des paroles immortelles... Et ce qu’ils disent avec des mots de marbre, si tant est qu’ils les prononcent vraiment ces fameux mots aux échos inextinguibles qu’on leur attribue, ils ne les clament JAMAIS avec cette diction parfaite, étudiée, « professionnelle » que nous miment avec grandiloquence les gens de théâtre ou ainsi que le suggèrent les livres enluminés.

              La prétention d’un certain théâtre, la pompe des ouvrages pieux, l’artifice des tableaux, la gravité des statues, bref le mensonge esthétique, la fantaisie académique des arts en général, ont depuis des siècles façonné notre imaginaire de telle sorte qu’on ne peut plus concevoir ces illustres personnages historiques QUE dans des postures stéréotypées, caricaturales, quasi mythologiques, même quand ils sont représentés en train de faire des choses ordinaires de la vie quotidienne. Alors qu’en réalité ces personnages faisaient caca eux aussi, et joliment encore, aussi éthérés soient leurs regards dans les tableaux religieux et artistiques exécutés à travers les siècles. Nos grands peintres, sans grande imagination, se sont singés mutuellement avec leurs tableaux aux compositions scéniques irréalistes, invraisemblables, franchement improbables pour mieux ancrer en nous cet imaginaire de « Disneyland pour adultes cultivés ».

              Les grands personnages pouvaient être pris d’une quinte de toux en plein discours « historique ». Ils pouvaient ne posséder aucun talent oratoire et s’emmêler les pinceaux en émettant ces mots sculptés dans l’airain qu’on leur prête, mots parfois ponctués de ratés, voire de lapsus, et même couverts par d’incongrus gargouillements d’estomac... Eux aussi. Pourquoi les grands personnages historiques auraient-ils spécialement le don oratoire, le don théâtral, le don de conteur pour parler aux foules, à leurs généraux, à la postérité ?

              L’art a conditionné nos esprits de manière si éclatante qu’à la place d’hommes accessibles à la défécation l’on s’est mis à concevoir des demi-dieux toujours vêtus de toges, qui faisaient à tout bout de champs des effets de manches (profitant de ce qu’ils étaient vêtus de toges justement, le costume-cravate se prêtant moins à ce genre d’exercice), à croire en des sortes de supers pantins solennels 24 heures sur 24 qui ne se prenaient jamais les pieds dans le tapis, graves du matin au soir même quand ils dormaient...

              La farce des immortels sketchs gréco-latins, romano-chrétiens, gallo-romantiques, charlemagno-romanesques dure depuis des siècles, le temps lustrant l’Histoire. Ce qui n’arrange rien.

              Voilà pourquoi je dis que les toges, les statues et les panthéons aux lignes savantes sont des impostures.

              Raphaël Zacharie de Izarra


              • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:03

                Poète du dimanche, garde ta lyre pour faire peur aux oiseaux. Et va jardiner. Versificateur à la noix, accroche ton luth au cerisier. Faiseur de rimes à la gomme, tes vers ne valent pas ceux des pêcheurs à la ligne. Poète sans souffle, tu parles de l’amour avec ennui. Tu dis que le ciel est bleu, tu chantes la vie, la mort, l’amitié... Et puis quoi encore ? Personne ne t’écoute. Tu radotes, te répètes, nous casses les oreilles. Tu nous fatigues, nous assommes, nous crèves. Que valent tes mots ? Poète je t’assure, si tu es grand, c’est parce que tu mesures au moins deux mètres de haut. Et si tu brilles, c’est parce que tu es lisse.

                Tu nous beugles sur tous les tons que l’amour c’est de l’or éternel, que tes larmes de poète sont des diamants, que les vagues de la mer chantent en choeur, que les étoiles sont inaccessibles... Sot que tu es ! Et tu te prétends poète ? Va, retourne plutôt à ton jardinage. Va vider ton coeur ailleurs. Va nettoyer tes latrines au lieu de te répandre en bave et postillons qui nous importunent !

                Poète sans levain, laisse tomber la plume et apprends à faire du pain : l’oeuvre de ton four vaudra toujours mieux que les confidences de tes muses. Tu ne vois donc pas qu’elles se moquent de toi ? Tes inspirations profondes les font rire... Cruelles sont les muses. Tu t’imaginais donc que des fées inoffensives siégeaient dans l’Olympe ? Des chouettes les hantent ! Et toi tu es leur jouet, poète naïf.

                La Poésie est plus féroce que les légumes de ton potager lyrique ! Ta guitare est un panier plein de navets. Que valent tes carottes que j’écrase ? Un jus en sort. Tu prends ça pour du sang. Moi je te dis que c’est du lait. Ca te navre, poète larvé. A nous chanter Homère, tu nous barbes !

                A débiter tes salades, tu ne fais que ruminer. A nous asticoter avec tes vers, on te prend pour une pomme. A déclamer tes perles, on t’élit roi des poires. William, mais sans Shakespeare.

                Rimailleur épris d’absolu, ivre d’idéal, ne confonds pas le souffle et le vent. En vérité je te le dis, à vouloir faire sonner des mots creux, le poète ressemble vite à une cloche.

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:06

                Qu’est-ce que la Poésie ?

                La Poésie est un mets capricieux et doux, meringué et acidulé, mou et croustillant qui se déguste en dehors des heures de repas. La Poésie est non seulement l’art de chanter les bouches d’égout de nos quartiers mais également le meilleur moyen de faire tomber la pluie en juin. La Poésie est un puits de sentences sans plafond qui se perd dans les méandres d’un ciel invariablement bleu. Sauf quand il pleut, puisque nous venons de voir que la Poésie avait le pouvoir étonnant de recouvrir nos rues de matière aqueuse.

                J’ajoute non sans outrecuidance que la Poésie est aussi un matelas de coton azuré qui flotte dans les airs nébuleux et sur lequel s’étend de temps à autre le joueur de luth en mal d’inspiration. Mais passons sur cet aspect olympien de la Poésie, assez anecdotique, pour nous attarder sur son côté commun, qui est le plus répandu.

                La Poésie est la soupe du soir du mortel qui ne veut pas mourir. Elle peut être chaude, épaisse, claire, hachée, légèrement aréneuse ou bien franchement horticole. Elle est comme une rigole qui conduit les humeurs domestiques vers les sillons féconds du cultivateur. Une sorte de ruisseau universel duquel s’écoule un sang assez pur abreuvant des partitions patriotiques.

                La Poésie, voyez-vous, c’est l’aptitude humaine à transposer le discours vulgaire sur des hauteurs quasi divines. Jouer du langage comme d’un piano, émettre des notes avec des citrons verts, des papillons bruns ou de vieilles cruches. En un mot, faire braire le verbe.

                La poésie qui descend des étoiles se ramasse dans des soupières, elle se marie à merveille avec les condiments du quotidien, s’accompagne habituellement de laitue et de fraises des bois. Elle se digère un cigare aux lèvres ou une bague au doigt.

                Mais surtout, et c’est l’essentiel, la Poésie est une digestion cosmique auto régénératrice qui ensemence la Beauté. C’est une coulée céleste traversant nos âmes qui, après avoir les avoir agitées, transformées, épurées, s’en retourne aux étoiles dans de grands jets lactés.

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:07

                Ce que les puits profonds ne savent pas, c’est l’éclat des nues, le feu des orages, le souffle des tempêtes. Et la subtilité des cendres.

                Les poètes, imbéciles éclairés, pataugent dans les étoiles pendant que les autres fauchent leur blé quotidien.

                Poète à la lyre, tu n’es qu’un loqueteux ! Honte à toi qui a les pieds boueux : lorsque tu chantes le ciel tu crois faire l’oiseau, alors que tu ne fais que la mouche. Vermine issue de la vermine, tu retourneras à tes vers : seule récompense de ta vanité.

                Paysans, cul-terreux, fossoyeurs du vent, je vous aime ! Vous les planteurs de légumes, les récolteurs de pluies, vous les oracles des champs, les ramasseurs de soleil, vous êtes les vrais poètes de ce monde. Vos tomates qui mûrissent enchantent mon coeur, vos patates adoucissent mes moeurs, vos poires à l’automne tombent sur ma tête. Je me perds, ivre de plantules, dans vos sillons féconds.

                Muse, vaine compagne de nos panthéons, ferme-là ! Écoute plutôt le chant âpre et vrai du laboureur. Écoute gémir la femme qu’il ensemence. Cette paysanne que tu railles au son de ta lyre, elle couvre de sa voix énorme tes cordes si sensibles... N’entend-tu pas vagir le fruit de ses entrailles ? Ils l’ont appelé Gaspard, tandis que tu te fais nommer chimère. Tu vois, tu n’es que fumée.

                Muse, vieille souche que tu es, le poète aux pieds nus est bien fou, qui se répand en verbiages pour la seule gloire de tes racines sèches. Parce qu’il n’est point chaussé, il se prend pour un albatros. Mais ses ailes ressemblent aux oreilles qu’agitent les ânes, et son chant précieux s’apparente au nasillement du canard.

                Laissez monter la gerbe et mûrir la graine, vous les joueurs de luth. Pendant que croissent la carotte et le chou, jouez, jouez donc. Chantez le crépuscule à vous en soûler jusqu’à l’aube.

                Vos muses sont mortes depuis longtemps et vous ne le savez pas. Depuis une éternité la Poésie a déserté les constellations pour se réfugier dans les potagers. Orgueilleux que vous êtes, vous ne voulez rien savoir. Alors toujours chantez dans la nuit, marchez sans semelle, poursuivez votre quête... Continuez à ensemencer le ciel de votre salive, vous ne récolterez que des postillons.

                Et si un jour vous vous mettez en tête de creuser la terre, vains comme vous êtes, vous hériterez encore et toujours de salades.

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:09

                Quand un dévot évoque ses personnages bibliques favoris, il les conçoit nécessairement vêtus de toges impeccables, évoluant en permanence dans une gestuelle hautement symbolique et arborant en toutes circonstances des airs d’une dignité parfaitement caricaturale.

                Imaginez qu’un de nos grands hommes d’Église actuels singe ces statues humaines aux attitudes stéréotypées... Même le plus étriqué des bigots le trouverait ridicule.

                Dans le même ordre d’idées je trouve complètement ridicules les peintures mythologiques, bibliques (et parfois historiques) des musées.

                Ces Diane bien en chair qui vont pieds-nus en pleine forêt avec dans leur dos des carquois d’opérette, ces satyres ricanants qui séduisent des nymphes évanescentes aux yeux systématiquement révulsés, ces pompeux embarquements pour Cythère, ces improbables parties de chasses olympiennes, ces interminables banquets célestes et autres festins éthéréens entre ailés constipés et mortels ravis (qui semblent eux aussi, avec leurs grands airs prétentieux, ne jamais condescendre à aller aux toilettes), ne font-ils pas passer leurs augustes auteurs pour de grands niais à l’imaginaire sclérosé, infantilisé, « imbecillisés » par les mythologues antiques ?

                Ridicules sont les thèmes de ces peintres, de ces compositeurs, de ces écrivains décrivant avec un tel déploiement artistique ces mièvreries académiques... Par delà l’aspect strictement esthétique de ces oeuvres, je me demande comment des grands esprits ont-ils pu peindre avec tant de sérieux des scènes aussi benoîtes...

                Imaginez un seul instant Socrate dans sa baignoire en train de porter à ses lèvres, dans un geste solennel et précis, une large coupe finement ouvragée remplie de poison...

                Il passerait pour un guignol complètement ringard, comiquement hirsute... Bref, un grand philosophe au poil blanchi absolument pas crédible. L’effet recherché serait raté. Ou plutôt réussi : ce pauvre fou trempant toge et barbe blanches dans une baignoire tout en buvant un breuvage infect inspirerait un immense éclat de rire planétaire, s’il s’exhibait ainsi devant nos actuels reporters... C’est ce même éclat de rire que m’inspirent les thèmes bibliques, mythologiques ou historiques si souvent représentés dans les oeuvres immortelles et rigides de nos musées.

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 15:10

                L’éloquence la plus aimable est souvent au service des idées les plus subversives, et celui qui ralliera à sa cause son auditoire essentiellement grâce à sa plume aura plus de disciples que le sec orateur car il séduira d’abord le coeur de ses semblables avant de séduire leur esprit.

                Le véritable talent littéraire consiste à se taire en certaines circonstances. Alimenter les élans masturbatoires d’amateurs dotés d’un banal imaginaire, animés d’une scolaire ardeur serait un jeu cruel et je serais bien méchant de succomber à cette bassesse. Aussi je vais mettre ma science au service des profanes de toutes espèces et tenter d’élever le débat à la hauteur de mes rêves, de ma personnelle sensibilité. Ce qui devrait naturellement faire autorité chez les gens de goût. Interrogez-vous sur la situation de l’écrit aujourd’hui... Combien d’anonymes rêvent de devenir des auteurs reconnus ?

                De nos jours les écrivains pullulent, prolifèrent, font des petits partout, et c’est l’abondance, l’invasion, le raz-de-marée. Et bien sûr, tout cela au détriment de la qualité. Aujourd’hui n’importe quel quidam écrit. Le peuple même se targue de taquiner la muse. L’écriture s’est démocratisée, désacralisée.

                Il n’est plus prestigieux aujourd’hui d’écrire, puisque tout le monde le fait, plus ou moins bien, mais plus souvent mal, voire très mal. L’écriture n’est plus l’apanage d’une certaine élite. Les chanteurs populaires, les acteurs de cinéma écrivent. L’homme de la rue écrit. Certains « passent à Pivot ». Il y a un siècle l’instituteur, le curé, l’étudiant étaient respectés parce que détenteurs d’un certain savoir qui paraissait sinon cabalistique, en tout cas prestigieux pour le commun non initié. A présent tout le monde a le BAC. Il ne vaut plus rien sur le plan psychologique.

                Il est incroyable de constater le nombre de livres qui paraissent chaque jour en France... N’importe qui écrit n’importe quoi, et il y a tant de ces écrivains d’un jour qu’ils font insulte aux beaux esprits, ceux du cercle de la culture littéraire de base. Personnellement j’aurais honte de me mêler à cette racaille de la plume qui produit des livres aussi ineptes que superficiels. Je ne nie pas qu’il y ait d’excellents écrivains aujourd’hui, mais ils sont trop étouffés par les médiocres formant la grande majorité de la « corporation ». Face à ce déferlement ahurissant d’œuvres littéraires contemporaines, ma réaction naturelle est de faire table rase de tous ces ouvrages parasites et de revenir aux classiques, valeurs sûres, indémodables, fruits des plus beaux esprits, héritage culturel du meilleur goût.

                Je me moque bien de méconnaître, d’ignorer, d’être parfaitement déconnecté des productions littéraires actuelles, l’essentiel pour moi étant de consolider une bonne culture de base. Je veux dire une culture authentique, consacrée, officielle, classique, celle qui a de tout temps fait autorité chez les érudits, les connaisseurs, les initiés. Les auteurs de qualité sont rares. Et il y a tant de productions qu’on ne pourra jamais tout lire. Il est plus pertinent de se réserver pour des valeurs sûres de la littérature, plutôt que de se perdre dans le labyrinthe des oeuvres actuelles, trop inégales, trop nombreuses, trop diverses. J’ai l’impression qu’en cette époque molle la société se disperse dans une culture d’incessantes « nouveautés ».

                Il ne suffit pas d’être une victime du SIDA, d’être un moribond en sursis ou bien un drogué repenti pour faire un bon auteur. Ces écrivains tordus, infirmes ou infectés ont la cote sur le marché actuel du livre. Ils se vendent bien et c’est étrange, on leur trouve toujours beaucoup de talent, comme si le fait d’avoir des tares ou d’être issu d’un milieu misérable et d’avoir connu les duretés de la vie transformait -simplement en les écrivant- n’importe qui en écrivain digne d’être édité et lu à des centaines de milliers d’exemplaire...

                Il est de bon ton de trouver du génie au triste quidam, à l’inconnu venant de rien, à l’inculte complet comme au spécialiste des causes insignifiantes. De nos jours il faut être sensible, sous peine de réprobation populo-médiatique, aux misères qui sont à la mode. Il faut admirer les poiriers en fleur, et depuis toujours il faut regarder à la télévision les enfants souffrant de malformations diverses avec une vive et typique compassion, il faut encore se faire l’intrépide défenseur de l’emploi pour les jeunes, il faut aider les vieux (et les nommer « seniors »), les éclopés (ceux là il faut les nommer « personnes différentes »), les bossus (handicapés physiques au niveau dorsal), les moribonds (« personnes en fin de vie »), etc.

                Bien que cela soit impopulaire je crois, je pense, je suis persuadé qu’on ne devrait pas donner aussi facilement la parole au peuple, parce que le peuple n’a fondamentalement rien à dire sur le plan littéraire. Bien sûr, cela est fort bien vu et très aimable pour tout le monde de dire que tous les citoyens sont responsables, adultes, intelligents et beaux, et que tous les gens qui écrivent ont un talent fou. Mais c’est faux. La réalité ne correspond à ce discours rassurant et crétinisant. Beaucoup des invités de Monsieur Pivot, journaliste et animateur d’émissions littéraires à la télévision, sont des écrivains ineptes. Pas tous, mais beaucoup. Ces médiocres-là feraient n’importe quoi pour accéder à ce banal et vulgaire pinacle de la « reconnaissance télévisuelle ». Quelle indignité ! Selon les règles élémentaires du bon goût un vrai écrivain ne devrait pas faire sa publicité. Tel Beckett, il devrait se cacher avec dignité, ne jamais accorder d’interview, ne pas montrer son image. Et ne surtout pas passer à la télévision ! La télévision transforme la rareté en vulgarité.

                En aucun cas je n’aimerais être mêlé à cette petite société dévoyée, productrice de pensées à deux sous mais facturées au prix fort, avide de passages « alatélé ». Sachez toutefois vous mes lecteurs-détracteurs que je suis inculte. Je ne suis point un rat de bibliothèques, les quelques auteurs que je connais sont d’abord et avant tout des auteurs classiques choisis par goût, par facilité de lecture ou par heureux hasard. Mais cela m’empêcherait-il d’avoir un avis sur la question de la littérature, de la poésie chez certains amateurs de la vile espèce ? Mon avis vaut bien celui de n’importe qui d’autre. Et je ne m’interdis pas d’exposer mon opinion. Au nom de quoi devrais-je passer sous silence mon sentiment sur la question littéraire ?

                La société est pleine de penseurs sans épaisseur, de bouffons incapables de montrer une volonté virile. En général les gens ne savent exposer leurs opinions que sur le bout des lèvres, avec des précautions ridicules qui les font ressembler aux demoiselles maniérées des salons pseudo littéraires en vogue aux temps passés. Ils veulent tous se montrer aimables -et terriblement plats-, au détriment du vrai panache qui consiste à afficher une foi insolente dans ses idées, fussent-elles erronées, à clamer haut et fort sa propre vérité sans se soucier de celles des autres (qui devraient, de son propre point de vue, être normalement considérées comme des fadaises). Ces gens préfèrent, au nom d’une républicaine tolérance à la mode depuis deux siècles, adopter une attitude faible et docile qui les fait ressembler à des moutons affables.

                Ces délicats ne sont pas dignes d’avoir des opinions si ils ne savent pas les défendre avec autorité, ferveur, voire grandiloquence. Ces petits lettrés sont tous alignés sur des valeurs efféminées, ineptes, insanes, passe-partout, galvaudées et sans plus d’effet dans cette société de gentils ovins habitués à penser selon un mode lisse, dénué de tout heurt. Ils veulent tous exposer leurs petites idées, mais aucun ne veut le faire en froissant l’autre. Et ces gens prétendent aux idées... Pour moi ces poltrons du verbe et de la plume ne sont que des esclaves.

                En ces temps industriels, nul brave pour relever le défi d’un beau duel : tous des lâches, des pauvres hères, des misérables serfs en ce monde avide de confort ! Comment chercher querelle à de si piètres guerriers ? Impossible de ferrailler dignement en semblable société. Même à la pointe de la plume, ils ont peur de se battre pour défendre leurs minuscules idées.

                Je ne cherche nullement à écraser les petits. Je veux simplement asséner sur la tête du peuple, à grands coups de masse, certaines vérités. On me traite de fasciste ? D’intolérant ? Moi au moins je prends l’initiative de défendre mes opinions à coup de masse : on ne peut pas tenir une telle arme du bout des doigts. Il faut de la poigne, des biceps. Et mes détracteurs, eux, par manque de cœur, d’énergie, d’envergure, continuent de me combattre à la petite cuiller.

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • Marsupulami (---.---.162.193) 5 septembre 2006 15:30

                @ D.W.

                Ouaf ! En l’auteur de cet article ridicule, tu as trouvé un prosateur encore plus inc(r)oyable et me(r)veilleuse que toi ! Et en plus ce trouduc prétentieux aux semelles de plomb se permet de critiquer Arthur. Je rentrerais bien dans le choux de ce splendide vil.

                « Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse ! ».

                Et zéro pointé pour ce Zacharie.


              • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.60.222) 5 décembre 2006 10:43

                Au lieu de stérilement caqueter, répondez intelligemment. Dites-moi, vous qui semblez tellement versé dans les beautés hermétiques de la poésie rimbaldienne, ce que cet imposteur de Charleville à voulu signifier à travers ces quelques vers que personnellement je trouve ridicules de nons-sens :

                "Je fis un voeu : mes ailes d’Empyrée toutes trouées Ma fiole couverte de l’or des horizons funestes Et célestes me mirent de glace en échos nets Je vis un feu où se regardait l’oiseau des rouées." (Rimbaud)


              • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.60.222) 5 décembre 2006 10:46

                Bonjour Demian,

                Je m’adresse également à vous, répétant mon précédent message :

                Au lieu de stérilement caqueter, répondez intelligemment. Dites-moi, vous qui semblez tellement versé dans les beautés hermétiques de la poésie rimbaldienne, ce que cet imposteur de Charleville à voulu signifier à travers ces quelques vers que personnellement je trouve ridicules de non-sens :

                "Je fis un voeu : mes ailes d’Empyrée toutes trouées Ma fiole couverte de l’or des horizons funestes Et célestes me mirent de glace en échos nets Je vis un feu où se regardait l’oiseau des rouées." (Rimbaud)

                Raphaël Zacharie de Izarra


              • joseW 5 septembre 2006 15:37

                Allez, j’ai voté pour l’article en guise d’encouragement, même si le ton est en effet un peu arrogant, pédant et méprisant.

                Mais l’article a l’avantage de trancher avec les articles habituels, espérons simplement une approche moins égocentrique et plus affable de votre part.

                Vous critiquez la passion, mais celle-ci existe bel et bien, même si elle détournée à toutes les sauces par les marchands du temple.

                Peut-être avez-vous vous-même la passion pour la sérénité et l’élévation spirituelle ?

                Ce qui expliquerait toutes les difficultés que vous rencontrez à rester serein...


                • djynn (---.---.140.42) 5 septembre 2006 17:38

                  6 demi tour de roulette pour ecrire une betise a la hauteur.


                  • djynn (---.---.140.42) 5 septembre 2006 19:05

                    Le sens des mots evolue ; je pensse qu’aujourd’hui être passioné c’est peut-être aimer ce que l’on fait dans la vie ou peut-être se sentir un createur, travailler avec amour, choisir la difficulté parcequ’elle vous aporteras plus de connaissances, être d’une certaine façon autodidacte. Agir sans contraintes, n’écouter que son coeur et cesser d’être ne serai-ce que quelque minutes, l’instrument de la necessité.

                    Alor de ce point de vus, qui semble ressembler à celui de nombreux autres lecteurs, affirmer que la passion est « vide de sens », que c’est une invention de marchand de lessive, c’est, d’une certaine façon, dir que tout ce que notre individualité et nos goûts nous pousse à realiser est vide de sens ?

                    Les publicitaires ont bien compris que la passion est une machine à consommer les outils utiles à nos realisation/creations aussi personnelles soient-elles. Et ce n’est surement pas l’artefact pseudo philosophique que vous avez decrit. La passion est surement le moteur du genie pour certain et/ou celui de la joie de vivre pour d’autre.


                  • Raphaël Zacharie de Izarra Raphaël Zacharie de Izarra 5 septembre 2006 17:42

                    Comment mes mots, si ils sont si anodins qu’on le prétend, peuvent-ils à ce point déchaîner de telles « passions » mal retenues ?

                    je ne comprends pas cette agressivité à mon endroit. Si je dis tant d’inepties, pourquoi ne pas m’ignorer ?

                    Raphaël Zacharie de Izarra


                    • L'enfoiré L’enfoiré 5 septembre 2006 20:30

                      @Raphaël, Mon dieu, je crois que Demian a trouvé son maître par votre côté prolixe. Etes-vous payé à la ligne ? Etes-vous le Lucky Luck de l’écriture, celui qui tire plus vite que son ombre, à coup de mots cette fois ? Attention, quand on parle trop, on en perd le fil et on s’égare. Pitié pour les modérateurs et vos soumissions d’articles en cascade ininterrompue. Comme disait Demian, vous vous enflammez dans des phrases dityrambiques pour dire que vous n’êtes pas passionné. Très curieux. Qu’est-ce qui vous motive si vous détestez la passion ? A côté de la passion pour l’autre, il y a celle plus égocentrique pour ce que l’on fait, ce que l’on dit, ce que l’on pense. Là, je suis sûr que vous êtes passionné. Sans rancune. A+ smiley


                      • demian au sud-est-nord-ouest (---.---.227.180) 5 septembre 2006 23:18

                        et ben t es pas dans le mirador , toi a cette heure , t as encore rentré un certificat medical ? smiley


                        • (---.---.227.56) 5 septembre 2006 23:57

                          Passion est un synonime de souffrance. Il est évident que parler de passion à tout bout de champs n’est que de l’exagération. Ce n’est tout au plus la pluspart du temps qu’un violon d’ingres. Comme ces enfants qui utilisent « trop » au lieu de « trés » pour exprimer la platitude banale de leur expériences..


                          • mathieu (---.---.188.187) 6 septembre 2006 00:28

                            soyez un peut tolerant, sur l’auteur de cette article qui en verité dit quelque chose de tres sencer et qui pourri vraiment notre societe. Ne confonder pas la passion et celui de l’intervention ce son auteur en lui disant qu’il est passionné dans son ecrit, c’est une erreur de lui repprocher cela, il agi dans l’action et non dans la passion. Pour de fameuses personnes intelligentes qui se permettent de jouer du cynisme et du discredit sur l’auteur vous n’avez meme pas pris la peine ou tout simplement vous ne savez pas lire le fond du pb qu’il expose. La realité c’est que se sont les detracteurs qui sont passionnées de Cynisme et Jouissant de leurs desirs narcissiques se prenants pour des etres hors normes tres intelligents et non la personne que vous voulez humiliez. Voi tu Raphaël Zacharie de Izarra, ce que tu dit est tres sencer et pour preuve tu la rien qu’en lisant les nombreux commentaires, tres interessant.


                            • L'enfoiré L’enfoiré 6 septembre 2006 12:12

                              @Mathieu,

                              Manque de tolérance ? Là, je crois, que tu es à côté de la montre en or. La tolérance, c’est mon « or » à moi. Dans mon tout nouveau rôle de médiateur sur Agoravox, je m’efforce de l’être même quand je suis à l’opposé parfait des idées qui se présentent sous mes yeux.

                              Cynique ? Oui, je l’admets, un peu. Ce n’est pas vraiment le mot que j’utiliserais mais cela s’en approche. Les idées de rejets de la « passion » sous toutes ses formes m’indisposent et j’attendais le moment où l’article paraitrait pour le dire haut et fort. Sans passion, pas de réel objectivité dans la volonté d’accomplissement des tâches de la vie. Et, de cela, je ne fais pas de distinction entre hommes-femmes et actions-entreprises. Non, j’ai bien lu l’article. Deux fois d’ailleurs avant et après la mise sur le feu. Je dois dire, et cela c’est pour l’auteur, qu’envoyer sur la même journée quelques 5 ou 6 textes longs, parfois bien et mal pensés, me semble une limite dépassée. A moins d’être journaliste de profession « full time », je dirais simplement « trop c’est trop ».

                              Maintenant, au sujet de ton intervention, pourrais-je te demander de passer par la moulinette d’un correcteur orthographique, cela faciliterait déjà grandement la prise en charge de tes idées et commentaires. Je ne suis pas un fana de l’orthographe, mais j’essaye de rester dans une norme. smiley A+


                            • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.60.222) 8 septembre 2006 10:06

                              Ils m’appellent « le naïf » en riant parce que j’aime les étoiles plus que leurs babioles d’or et de feutre fin. Avec mes rêves doux et étranges, je passe pour un idiot, un sot sans le sou, un enfant de bohème, un pauvre imbécile sans avenir. Je donne du prix aux songes, au firmament, à l’Amour. Ils se croient meilleurs et indispensables sous prétexte que leur trésor à eux tient dans un coffre, que le mien tient dans la tête.

                              J’ai des scrupules, de la dignité, plein de noblesse : on me dit faible, stupide, sans ambition. Indifférent à leurs modes vestimentaires, à leurs vanités intellectuelles, je ne jure que par la Poésie. Cela ne vaut rien sous leurs chapeaux bien taillés, aussi se permettent-ils de cracher sur ma face éclatante de bonté. La vertu les fait exploser de rire. Leurs vices ne me touchent cependant pas : je plane loin au-dessus de leurs noires certitudes. Mon regard se perd dans le zénith. Eux, me reprochent de ne pas aimer l’argent, l’artifice, le profit, d’être inutile avec mes visions lunaires.

                              Ils m’appellent « l’idéaliste » avec un air supérieur parce qu’ils ont une assurance-vie, une voiture puissante, une situation, un coeur dur, et que moi je n’aspire qu’à rejoindre les astres, ne crois qu’en mes hauteurs, n’aime que ce qui est grand, beau, immortel.

                              Moi le « naïf », « l’imbécile », « l’idiot », le « pauvre type », quand je les salue avec mon sourire tendre et niais, leurs rires gras redoublent et ma face blanchit encore un peu plus.

                              Ils m’appellent « le naïf » avec mépris, les poches pleines, le coeur vide, car depuis longtemps ils ont oublié les sons purs et glorieux de mon vrai nom.

                              Raphaël Zacharie de Izarra


                            • Philgri (---.---.156.248) 6 septembre 2006 08:25

                              Ouf ! Je ne sais point si la mutation humaine liée aux nouvelles technologies ou si la nuclérairisation cérébrale nous montre les prémices d’un air nouveau, toujours est-il que nous tenons là un beau spécimen !

                              Pour répondre à l’auteur (pas à la hauteur, désolé) la Passion est effectivement déformée, mais elle existe bel et bien comme un accord parfait !

                              Une douce mélodie sans fin enrobée d’une harmonie simple, sur un rythme capable de s’endiabler qu’il faut toujours freiné pour ne pas se laisser emporter !

                              Un feu à entretenir sans cesse, pour ne pas le laisser mourir, et ne pas l’activer trop pour le faire durer.

                              Le plus dur n’est pas de l’allumer, mais de ne pas l’oublier...

                              Une passion sans raison est un gouffre profond.

                              Une raison sans passion est un chemin trop long.

                              Philgri.


                              • Patrick Adam Patrick Adam 6 septembre 2006 09:58

                                @ aux intervenants justement écoeurés de cette mélasse du verbe nul, qui tartine l’auto-commentaire fétide comme on ne l’avait jamais vu jusqu’ici, même pas dans les délires les plus snobinards de notre dément-indiciel-mon-mardi attitré. (

                                Je crois qu’il existe une excellente marque d’anisette qui porte le nom d’Izarra.

                                J’adresse toutes mes condoléances aux propriétaires de cette noble marque au passé sans tâche, désormais associée à un scribouilleux aussi indigeste.


                                • Zephirin Zephirelli (---.---.212.19) 6 septembre 2006 12:58

                                  Raphaël, je n’ai lu que le premier texte. Ton sens de la langue est précis et je pense que tu n’ignores pas que tu as du talent. Tu risques aussi d’en baver pas mal et de perdre ton temps, surtout si tu cherches à te faire aimer des gens de bon ton. Quant au BHL (légérement oiseux) à la chemise bleue, vous ne jouez pas dans la même catégorie, il le sait et en crève secrétement de rage. Donc tu l’oublies ou plutôt non : chante lui de ténébreuses et abstruses louanges, hisse le sur un piedestal d’or, de jaspe et d’argent pour rigoler un peu, c’est un bon exercice. Mais bien sûr tu es tout seul pour faire ce que tu as à faire. Je ne reviendrai pas sur ce blog, je passais par hasard. ZZ


                                  • Raphaël Zacharie de Izarra (---.---.60.222) 8 septembre 2006 12:31

                                    Comment pourrais-je croire en Rimbaud, alors qu’on l’évoque avec des vapeurs d’éther dans la bouche, des ronds de fumée dans la tête, de gros lapins rouges dans le chapeau ? Un personnage inspirant des clichés aussi indigents est trop suspect... Moi quand je parle d’Arthur, il me sort de la bouche des postillons, de la tête des idées vagues, du chapeau rien du tout.

                                    Je ne crois pas en ces grandeurs scolaires inculquées par la superstition républicaine. Les « poteaux de couleurs », les « peaux rouges criards » et autres « haleurs » sont de pures sottises d’érudits. Certes bien tournées dans la forme, mais écrites pour le vent des envolées vides et cependant lues avec d’imbéciles frémissements dans la voix. Révélateur de la triste capacité de l’esprit humain à se laisser faussement bercer par des sornettes, Rimbaud est le symbole de l’embrigadement des masses crédules et ignorantes dans une sensibilité poétique frelatée, artificielle relayée par de doctes andouilles de l’Académie à qui nul n’oserait tenir tête.

                                    Moi je prétends que Rimbaud est un médiocre voyant et que ses disciples sont de bêlants cornichons.

                                    Parce que l’Enseignement National a inclus dans son programme ces pompeuses, indigestes carottes diarrhéiques censées incarner l’aboutissement de la Beauté verveuse et métrique (au lieu de dispenser en priorité à ces populations scolaires de bonnes grosses patates poétiques bien substantielles ou d’exquises salades lyriques pleines de légèreté, plus propres à contenter leurs véritables aspirations juvéniles), des générations de rebelles à la carotène enrégimentés par leurs professeurs de lettres font semblant d’apprécier le mets orange.

                                    Le clou Rimbaldesque est à ce point enfoncé dans ces crânes ramollis que cracher sur le plat officiel est perçu comme un acte quasi criminel.

                                    Je ne doute pas que j’aurai toujours sur le dos ces hordes de contaminés de la « pensée universitaire » pour me reprocher ma dissidence déplacée, à leurs yeux inacceptable... En effet, dans ce système bien huilé où l’esprit se nourrit de certitudes institutionnelles, on ne s’oppose pas ainsi au Dieu Rimbaud. Rimbaud, on ne le discute pas : ou on le vénère, ou on n’est rien qu’un pauvre épicier de province inaccessible aux hauteurs zénithales...

                                    Au fait, qui parlait de rébellion poétique ?

                                    Raphaël Zacharie de Izarra


                                  • ZORT FURBIE 11 septembre 2009 02:57

                                    Très cher frère,

                                    Ici c’est le site N°1 de la joute verbal et des aboiements du net : Agora vox, c’est ici que se croise tous les gens qui veulent se lincher.
                                    Mon pauvre malheureux te voila donc desormais pris en otage dans ce cloaque à sangsues dans tes referencement google !
                                    Connais tu cet outil pour nettoyer tes referencements indesirables sur google ? :
                                    très efficace. 
                                    Evite aussi Yahoo answer dans le meme genre, et les humains associés à ma connaissance.

                                    Cordialement

                                    Zort

                                  • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 8 septembre 2006 14:50

                                    @ Raphael

                                    Vous en faites des tonnes, mais justement... J’aime bien ce que vous écrivez. Et puis, déboulonner une idole (fut-ce Rimbaud), ça fait du bien de temps en temps.

                                    Puis-je vous suggérer de découper un peu vos interventions plutôt que d’envoyer un gros article et de très copieux commentaires (qui sont plutôt des addenda) ?

                                    FM.


                                    • Christifer (---.---.103.169) 22 janvier 2007 18:07

                                       Ode à Raphaël Zacharie d’Izarra

                                       Au Mans douce campagne au parfum de rillettes
                                       certains font dans l’oie, d’autres dans le porc
                                       Et te voici Raphael, qui dans l’écriture te jette
                                       tel l’Izarra que l’on s’injecte et qui endort

                                       A regarder derrière ta droite et fière particule
                                       inscrite au postérieur de ton double prénom
                                       De Rimbaud tu ne seras pas le Jules
                                       de peur qu’il ne... Mais bon...

                                       Des verbes bavards qui font d’inutiles logorrhées
                                       je préfère les plus sincères qui sont souvent muets
                                       dans la nuit et dans l’ombre des heures passées
                                       attendant le soleil derrière la tour de guet

                                       Calliope la muse avec toi aurait pu manger
                                       si des mots tu avais su faire la juste pesée
                                       Foin de balivernes et autres billevesées
                                       tel Paul Ricard attends-toi à une longue traversée...

                                      *******************

                                       Il ne manquait plus qu’une ôde à Raphaël Zacharie d’Izarra. C’est maintenant chose faite...

                                       Raphaël, si tu veut faire la musique pour aller avec, ces vers sont libres de droits, tu peux commencer quand tu veux...

                                       Cordialement et sans rancune, petit frère...

                                       Christifer.

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