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La « pédophilie des prêtres catholiques »

Après les Etats-Unis, puis l’Australie et l’Irlande, les médias ont porté leur attention sur ce qu’ils appellent la « pédophilie » des prêtres catholiques en Europe continentale. Une dénonciation plus qu’une analyse, dont on regrette le caractère partisan et peu rigoureux.

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? Non pas de « pédophilie » stricto sensu (voir les dictionnaires), c’est-à-dire une attirance sensuelle vers des enfants prépubères, mais le plus souvent de pédérastie, c’est-à-dire d’une attirance ressentie par des hommes vers des garçons pubères. Dans le cas des affaires révélées aux Etats-Unis dans les années 1990, diverses études ont montré que c’est cette situation de « pédérastie » qui prévalait à 80% dans les centaines d’affaires recensées. Ce qui nous savons des situations européennes nous confirment dans cette analyse.
 
Pourquoi donc, systématiquement et à tort, les médias parlent-ils à l’unisson de « prêtres pédophiles », et non pas de « prêtres pédérastes », ou tout simplement d’ « abus sexuels » ou de « violences sexuelles » contre des mineurs ? Parce que, bien entendu, ces médias ont une parfaite connaissance du sens des mots ; ils utilisent donc sciemment ce terme de « pédophilie » , chargé d’émotions , pour vendre leur prose écrite ou leurs commentaires audio-visuels. Dans le combat que se livrent les différents médias, il faut bien reconnaître que la « pédophilie » fait vendre, et c’est là toute l’ambigüité de ce phénomène de société, sur lequel je préfère ne pas m’étendre.
 
Ainsi donc, une nouvelle vague de « pédophilie des prêtres » aurait envahi l’Europe ! Pourquoi pas ? Je suis un scientifique et toute information importante m’interpelle. Mais elle m’oblige aussi à me poser des questions, afin que je me fasse ma propre opinion. Or, qu’est-ce que je constate depuis quelques jours dans cette nouvelle affaire ?
  1. Il s’agit pour la plupart de faits vieux de plusieurs décennies, le plus souvent produits entre 1960 et 1980. Parfait. Quelle était la situation à cette époque, sur le plan des mœurs ? (Je m’en souviens très bien, parce que j’avais une vingtaine d’années). Pour ne prendre que quelques clichés, les revues pornos mettant en jeu des enfants étaient en vente libre aux Etats-Unis et dans divers Etats européens, Cohn-Bendit se permettait quelques familiarités avec ses jeunes élèves, les célèbres et très huppées « Public Schools » anglaises fonctionnaient sous le régime du fagging, institution pédérastique communément admise chez les élites, Serge Gainsbourg pouvait faire chanter à sa fille « Les sucettes à la menthe », dont tout le monde appréciait le double sens (sauf elle peut-être), David Hamilton était la coqueluche des mamans de très jeunes filles peu regardantes sur les poses que leur faisait prendre le célèbre peintre au camp naturiste du Cap d’Agde, les chantres des amours interdites qu’étaient Gabriel Matzneff, Guy Hocquenghem et Tony Duvert étaient régulièrement invités par les médias, le quotidien Libération faisait la promotion de la pédophilie, etc. Je pourrais poursuivre indéfiniment.
  2. La question qui se pose, celle que DOIT se poser un historien, mais qui demande peut-être un effort surhumain à un journaliste est la suivante : peut-on juger avec les yeux d’aujourd’hui des faits qui se sont produits dans le passé ? La réponse est évidemment non, mais je conçois qu’il faille la nuancer. Faute de temps, je ne l’argumenterai pas.
  3. Venons-en maintenant la l’Eglise catholique. Pourquoi un tel acharnement contre elle aujourd’hui ? Je n’évoquerai pas de théorie du complot ou toute autre suspicion jetée contre les journalistes. Je constate seulement que c’est systématiquement contre elle que les dénonciations et les anathèmes sont prononcés. Y a-t-il une bonne raison à cela ? Je veux dire, pour être clair : y aurait-il eu plus d’ « affaires de pédophilies » au sein de l’Eglise catholique que dans n’importe quelle autre institution ? La réponse doit être nuancée. En effet, un observateur impartial des phénomènes de société doit s’attacher à pratiquer une sociologie qui repose sur des données scientifiques, pour la plupart sous formes d’enquêtes, plus encore que de témoignages.
  4. Or, dans le domaine qui nous intéresse, absolument rien ne nous permet d’affirmer que les « abus sexuels sur des mineurs » ont été et sont plus fréquents au sens des écoles catholiques que dans les madrassas musulmanes, les écoles de moines tibétaines ou les collèges laïcs, dans les chorales et dans le scoutisme catholiques que dans les clubs de sport laïcs ou les centres de détention pour adolescents, etc. Qui peut faire état d’une étude sérieuse, incontestable dans ce domaine ? Personne.
  5. Pourtant, il existe quelques enquêtes, toutes anglo-saxonnes et diligentées pour la plupart par des associations de victimes, qui montrent que le milieu des écoles et des paroisses catholiques, en matière d’ « abus sexuels sur mineurs » est moins criminogène que la plupart des autres milieux en contact avec des jeunes. Le 11 mars 2010, le très sérieux quotidien anglais The Guardian concluait un article consacré à ce thème (« Catholic Child Abuse in Proportion ») par la phrase suivante : « Je pense qu’objectivement votre enfant court moins de risques de se faire abuser par un prêtre anglican ou catholique en Occident aujourd’hui que par les membres de n’importe quelle autre profession ».
Je ne tire aucune conclusion définitive de cette affirmation, mais je ne peux me résoudre à me fonder sur des anathèmes et des invectives. L’Eglise catholique a ses défauts, et je ne suis pas là pour prendre sa défense. Elle est la plus hiérarchisée et la moins secrète des grandes religions, d’où sa vulnérabilité. Elle est surtout bonne fille, en ce sens qu’elle accepte les coups. Imaginons comment aurait réagi le monde musulman si on l’avait accusé du dixième seulement des maux qu’on impute aujourd’hui, sur ce thème, à l’Eglise catholique ?
 
par jidejeandominique lundi 15 mars 2010 - 66 réactions
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  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.166) 15 mars 2010 14:01
    non666

    Ce qu’il faut comprendre, c’est que de toutes les spheres de decisions et d’in,fluence, la seule qui echappait completement à l’influence du monde anglo-saxon en general et des etats unis en particulier etait la sphere religieuse.

    Tant que nous etions dans un affrontement est ouest, il ne fallait surtout pas jouer cette rivalité la.
    Depuis la theorie du chox des civilisations, l’affrontement islam(chretienté organisé par Hugtington et les "penseurs" neo-cons" risque de donner un role decisif a l’eglise catholique, la seule qui a reelement sue dans le passé organiser des croisades.

    On assiste donc dans toute l’amerique du sud, en Afrique, au Liban et meme en Europe à la montée en puissance des evangelistes par tous les moyens possibles  : oeuvres caritatives, mise en place d’hommes politiques acquis aux anglo-saxons (Sarkozy), denigrement de l’Eglise catholique.
    Or les affaires de pedophilie existent dans tous les milieux ou l’on gere des enfants, que ce soit des "coach" de football americain que des catechismes de pretes catholiques ou protestants. Notre bonne vielle education nationale a elle meme longtemps nié, puis dissimulé le phénomène avant de prendre un peu tardivement des mesures.

    Nous sommes devant une lutte d’influence sur le "marché" de la foi comme il en existe d’autre sur les "industries de loisir" (Entertaitment) , l’information, le controle militaire et strategique.

    Les amis du NWO ont d’autand moins de scrupules a relayer la propagande d’outre-atlantique que leurs relais en France sont rarement de bons chretiens, comme le disait monsieur Freche...

  • Par Louise (xxx.xxx.xxx.132) 15 mars 2010 16:22
    Louise

    Merci à l’auteur pour son courage de dire ce qui est.
    La débauche d’articles scandaleusement injustes est vraiment fatiguante...

    C’est vrai que le mot "pédophile" est plus accrocheur que pédéraste... On a tous dans la tête quelques souvenirs nauséabonds de ces tristes affaires d’enfants abusés.

    Quoiqu’il en soit, il est exact qu’il y a des prêtres pédérastes et aussi des pédophiles. D’ailleurs, l’auteur ne le nie pas, contrairement à ce que dit morice.

    Mais qui s’est demandé quel est le pourcentage de plombiers, de vétérinaires ou de journalistes pédophiles ? Enfin, tout le monde sait que les prisons sont remplies de pédophiles (mariés !) qui ont abusé leurs propres enfants !
     
    J’ai été visiteuse de prison. J’ai rencontré un détenu soupçonné d’ avoir abusé de son bébé de 6 mois. Je dois dire que j’avais du mal à le croire. Mais en lisant le compte-rendu du procès, j’ai découvert une chose sordide que je n’aurais jamais imaginée ! Un exemple d’enfant prépubère, n’est-ce pas ?

    Bien sûr, cela ne justifie en rien les prêtres coupables.

    Mais il est coupable de s’acharner sur une seule partie des ces criminels.
    Lorsqu’il y a eu quelques affaires où les coupables étaient des fonctionnaires de l’Education Nationale (la plupart du temps mutés pour toute sanction), on n’a pas vu un tel déchainement médiatique alors que les autorités de l’EN les couvraient tout autant que des évêques ont pu le faire.On peut donc s’interroger sur le but poursuivi...

  • Par jidejeandominique (xxx.xxx.xxx.192) 15 mars 2010 13:18
    jidejeandominique

    Merci de préciser ce que je suis censé avoir nié. Je n’ai pas compris.

  • Par Massaliote (xxx.xxx.xxx.32) 15 mars 2010 17:01

    Ce n’est pas la première fois que le pape fait l’objet d’attaques répétées. Et remarquez qui attaque en premier :

    En octobre 2006, le BBC interprétait de manière particulièrement abusive un document, "Crimen Sollicitationis", écrit en 1962, pour affirmer que l’ancien cardinal Ratzinger était au courant des affaires de pédophilie. Aussitôt dénoncé par le clergé anglais et par Catholic World News, cette manœuvre visait à attaquer le pape.

    En réalité, ce document, signé par le cardinal préfet du Saint-Office, Mgr Ottaviani, n’énonce pas de directives pour protéger les prêtres pédophiles, mais rappelle le règlement à suivre en cas de "sollicitation", c’est-à-dire dans les cas de prêtres tentant les fidèles, que les fidèles soient majeurs ou non, que les tentations soient sexuelles ou non. Jugé secret par la BBC, ce document est connu depuis 2001. En 2005, des avocats américains avaient tenté de l’utiliser pour mettre le pape en accusation dans une affaire de prêtre pédophile au Texas. Le gouvernement avait tempéré leurs ardeurs. Loin de ne pas réagir sur la question des prêtres pédophiles, ce document reprenait une norme de 1867 du Saint-Office. Ce document dit notamment la chose suivante : "de peur que ces crimes demeurent cachés et impunis avec un grand dommage pour les âmes..." Il rappelle une norme édictée par Benoît XIV en 1741 selon laquelle il est du devoir de chaque fidèle de dénoncer les prêtres fautifs dans le cadre de la confession. Le fidèle qui ne le fait pas alors qu’il sait que son devoir implique de dénoncer le prêtre fautif en confession est passible de l’excommunication. Très technique, ce document est suffisamment compliqué pour que des journalistes puissent lui faire dire n’importe quoi. Concrètement, la pédophilie y est traité comme "le pire des crimes", à dénoncer absolument. Le plus triste est bien sûr que les évêques avertis aient abdiqué leurs autorités pour cacher ces crimes. Jean-Paul II, comme le cardinal Ratzinger, peuvent condamner autant qu’ils veulent, si les évêques refusent de dénoncer publiquement les fautifs, personne ne peut le faire. En droit canonique, le pape ne peut empiéter sur les pouvoirs épiscopaux.

    Les accusations contre le cardinal Ratzinger constituent donc une manœuvre de déstabilisation des médias, reprise par toute la presse. Car il ne fait aucun doute que si Crimen Sollicitationis avait été correctement utilisé aux États-Unis et en Irlande, la crise que traverse actuellement l’Église aurait été largement désamorcée.

    Actuellement, c’est au pape lui-même que l’on en veut. En Allemagne, la révélation du scandale éclabousse le frère du pape, et touche également au diocèse de Munich, où le cardinal Ratzinger était archevêque, sans avoir néanmoins de responsabilité dans le traitement des prêtres pédophiles. « L’affectation à plusieurs reprises de l’abbé H. dans des fonctions spirituelles était une grave erreur. J’en assume l’entière responsabilité », a déclaré Mgr Gerhard Gruber, ancien vicaire du diocèse, dans un communiqué. Ce prêtre fut accueilli dans ce diocèse pour qu’il suive une thérapie, chose qu’il a correctement faite. Ce n’est qu’ultérieurement, une fois muté dans un autre diocèse, que ce prêtre a commis de nouveaux méfaits.

    Mais il y a bien un distinguo à faire : le chef d’accusation concerne les "abus sexuels et violence sur mineurs". Beaucoup profitent de cette association pour faire passer les violences sur mineurs pour des abus sexuels. Or ces violences sont celles que tous les élèves connaissaient à l’époque : coups de règles, et autres claques. Il y a eu des actes pédophiles, mais l’amalgame entre la violence de faible envergure et les abus sexuels est profondément inquiétant.

    Lors de son homélie d’intronisation, le pape avait demandé à prier pour qu’il "ne se dérobe pas, par peur, devant les loups." Les loups sont là... Et ils comptent bientôt lancer la curée.

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