Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > La philosophie française est morte ! Les coupables sont … (...)

La philosophie française est morte ! Les coupables sont … ?

La philosophie française ne se porte pas bien, guère mieux que notre littérature devenue nombriliste en quittant l’universalisme ; mais ce constat date déjà du milieu des années 90 si l’on en croit une étude de Domenach sur le crépuscule de la culture française et la décivilisation qui l’accompagne, néologisme emprunté à Péguy par l’auteur. La philosophie française est morte ou du moins elle oscille entre… Premièrement une activité de mémoire faisant des professeurs des sortes de gardiens du musée de la pensée avec ses grandes figures et ses livres parsemés sur les étagères qu’il faut ouvrir de temps en temps pour préparer les cours en vue des étudiants tout en scrutant les petits détails cachés qui feront le matériau pour les thèses académiques récompensant les élèves les plus sérieux… Et deuxièmement une activité plus connue, celle des marchands du « temple médiatique » qui produisent des livres d’actualité censés livrer quelques analyses sur la société, sans négliger les exercices de vulgarisation dont les meilleurs seront récompensés par des ventes chiffrées avec un nombre à cinq zéro. Exceptionnellement, six, si l’on considère les best-sellers mondiaux en ce domaine comme par exemple le monde de Sophie. Les gens lisent les philosophes contemporains non pas parce leurs livres sont pertinentes, audacieux, inventifs et originaux mais parce qu’ils sont écrits par des intellectuels disposant d’un réseau connecté au monde médiatique et doués d’une certaine facilité d’élocution laissant accroire que « plus le verbe est haut, plus la pensée est profonde » comme le dirait mon ami zen féru de koans.

La philosophie savante est morte. J’ai tenté ma propre enquête jouée à la manière du Cluedo. J’ai trouvé le lieu du crime, c’est l’école supérieure de la rue d’Ulm. Les coupables sont nombreux, ce sont les anciens élèves de cette même école et l’arme du crime est aisément identifiable, ce sont les commissions nationales et locales des Universités, celles qui président au recrutement des enseignants du supérieur, sans oublier les journalistes et dans une moindre mesure les jurys d’agrégation qui jouent un rôle secondaire pas forcément néfaste car il permet d’entretenir un certain niveau de transmission, un peu à la manière des anciens lauréats de concours musicaux qui font d’excellents professeurs dans les instruments où ils excellent. C’est la recherche en philosophie qui est morte par la faute d’un système qui s’autoreproduit et qui, au mépris de toutes les règles de concurrence loyale, s’attribue les postes sous prétexte que les intéressés sont issus d’une même école. Enquêtez sur le profil des enseignants entrant à l’Université, vous verrez la proportion d’anciens élèves d’Ulm. C’est là tout l’effet pervers d’un système qui vise l’excellence mais qui finit pas produire l’insignifiance en matière de pensée et de recherche. Car de plus, les recherches sont évalués par un système autoréférentiel si bien qu’un philosophe sortant des cadres pour aller à la transverse, de la mécanique quantique à la théologie en passant par la biologie, ne trouve pas de système pour être apprécié et reconnu. Les travaux scientifiques pris en compte dans les CV et les commissions sont pour la plupart insignifiants.

Un observateur britannique invité sur les ondes d’Inter a d’ailleurs constaté le déclin de la pensée française depuis quelques décennies. L’occasion pour moi de tracer une ligne historique dont on peut choisir arbitrairement le point de départ mais pas celui de l’arrivée. Une ligne qui met en évidence la grandeur et la progression de la pensée philosophique en France et en Europe. Cela commence avec la théologie médiévale qui, malgré son objet mystérieux, n’en reste pas moins une pensée philosophique. Puis arrivent les modernes avec une trop longue liste incluant Descartes, Leibniz, Spinoza, pour passer par Kant, Hegel, Nietzsche et s’achever au 20ème siècle avec Heidegger entre autres. En France, de grosses pointures ont hanté les amphis et nos nuits de savantes lectures. Bergson a montré que la philosophie ne peut pas se passer de la science. Sartre est complètement surestimé ; c’est un mythe. Foucault, Ellul et Lévi-Strauss s’inscrivent dans une tradition œcuménique et transversale, parcourant chacun plusieurs champs, philosophie, ethnologie, sociologie, anthropologie, politique, droit, et même théologie pour Ellul.

Les effets de mode liés au culte des avant-gardes ont placé aussi quelques figures sur la scène mais rapportés aux Kant et autres Heidegger, ce sont des imposteurs, qu’il s’agisse de Derrida, Deleuze, Lyotard, Barthes et autres Baudrillard. Des bêtes de cirque intellectuel livrant quelques aspects du monde, parfois intéressants mais jamais transcendants. Cet achèvement de la philosophie française s’inscrit dans le célèbre triplet historique revisité par Régis Debray sous l’inspiration d’Auguste Comte. Trois âges, logosphère, graphosphère, médiasphère. Pour résumer, monde médiéval et ses saints docteurs avec les monastères et les églises ; monde moderne et ses héros historiques associés aux grands écrivains et aux prestigieux penseurs avec les amphis et les livres soigneusement édités et religieusement étudiés ; enfin, le monde hyper moderne avec la galaxie hertzienne et numérique et les shows regardés avec désinvolture sans oublier la marchandisation de la culture et la production de produits philosophiques qui sont aux grandes pensées ce qu’est le caprice des dieux est au roquefort artisanal. Moins ça a de goût, plus ça a du succès. Les bouquins de science ne sont pas épargnés. Les livres à succès ressemblent à des contes scientifiques pour classe de collégiens. Du concept vendu en suppositoire.

La philosophie française est morte dans les années 1970. Nous savons comment et même pourquoi. Un déclin des valeurs humaines. Le narcissisme, l’intérêt, la gloire, le conformisme des carrières, tout ces ingrédients sont présents et les institutions sont faites pour que ces tendances s’affirment. Dans un tel environnement et avec de telles aspirations, aucun Descartes, Kant, Newton ou Darwin n’aurait pu émerger. La vidéosphère a permis une grande diffusion des informations mais pas forcément une élévation de la pensée. La philosophie française meurt mais tout ce monde d’élite trouve que c’est sa destination naturelle. Si tel est le cas, l’humanité mourra avec la philosophie, ce qui est naturel puisque dans ces cercles intellectuels de l’Université et d’autres lieux règne une culture de mort, sans doute émanée de trois facteurs, le nihilisme narcissique, le matérialisme marxisant et l’antireligiosité franc-maçonne et/ou laïcarde. Il faut réformer le christianisme et s’efforcer de transfigurer la pensée philosophique entre la science et le divin !

La philosophie s’est donc ramollie entre les mains des VRP de la pensée pour masse tout en se rétrécissant dans les pratiques des spécialistes. La spécialisation est un poison pour la pensée. Il est certes utile de transmettre le savoir philosophique mais il est tout aussi nécessaire d’ouvrir grand le champ de vision. Le problème des philosophes contemporains, c’est qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas élargir leurs champ de pensée, d’une part pour répondre aux normes de la profession ou aux diktats du commerce, d’autre part en raison d’un manque de liberté d’action, de réflexion et surtout un déficit majeur dans le domaines des sciences. Bref, la philosophie actuelle pratique l’automutilation disciplinaire et la castration spirituelle !


Moyenne des avis sur cet article :  3.17/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

46 réactions à cet article    


  • Newram Newram 23 septembre 2015 09:34

    Merci pour cet article très intéressant !


    Dans une époque où l’idéalisme n’a plus la côté, où le pragmatisme est désormais vu comme la plus grande des qualités, il n’est pas étonnant que la philosophie dépérisse. Avant les philosophes (Camus, Sartre, Barthes) était tellement imprégné de l’équilibre entre idéalisme et réalisme si cher à Edgar Morin qu’ils pouvaient écrire des essais tout en mettant en pratique leurs idées dans un journalisme de qualité et agréable à lire. Aujourd’hui, les philosophes auto-proclamés sont aussi creux que le journalisme factuel qui s’impose à nous et ça nous donne Onfray ou BHL. Ils sont deux faces de la même pièce, le Janus contemporain en somme, qui n’a aucune bonne face.

    • Gabriel Gabriel 23 septembre 2015 09:52

      @Newram

      Ranger Michel Onfray et le clown BHL dans le même tiroir, il faut oser. Je pense qu’il faut mettre cela sous le compte de l’ignorance du travail et de la connaissance de M.Onfray qui, ne vous en déplaise, avec sa droiture et son honnêteté intellectuelle est un vrai philosophe. Aussi, je vous encourage vivement à assister à ses universités populaires ou lire son histoire de la contre philosophie pour vous faire une idée un peu plus réaliste du personnage et mesurer l’immense fossé qui le sépare d’un crétin comme BHL. 


    • philippe baron-abrioux 24 septembre 2015 09:32

      @Gabriel

      BONJOUR GABRIEL ,

      n’étant qu’un lecteur sur ce site (et d’autres car la diversité de points de vue est toujours enrichissante, selon moi ) ,je viens de prendre connaissance de l’article de Mr DUGUE .

      étant curieux (aveu ) ,je suis allé voir qui était l’auteur , pour savoir quels étaient les domaines de connaissances et /ou de compétences qu’il revendiquait .

      le caractère« ENCYCLOPEDIQUE » du champ des savoirs de ce Monsieur est tel que l’on est confus d’oser écrire le moindre mot à propos de ses écrits .

      disons que la plus grande modestie s’impose vis à vis d’une telle personne ,de ses savoirs et titres .

      à moins qu’il ne soit un des porte- voix (talentueux, sans doute mais je n’ai aucun moyen intellectuel comparable aux siens pour émettre le moindre avis sur ce point ) de cette tendance au DECLINISME dans laquelle se complaisent un grand nombre d ’INTELLECTUELS de toutes obédiences philosophiques ,religieuses et politiques .

      de façon générale ,il me semble que la tendance à « ranger dans le même tiroir » ,comme vous le dites ,se développe de façon assez caricaturale (très pratique et efficace pour entretenir la confusion dans laquelle certains se complaisent à peu de frais ) .

      et finalement c’est peut être ainsi que naissent les nouveaux « maîtres à penser » .

      LES UNIVERSITES « POPULAIRES » : Comment ce Mr Dugué ,enseignant universitaire, selon sa présentation ,pourrait il en reconnaitre la validité ?

      le monolithisme DES enseignements en France est exclusif de ce genre d’expérience .

      et pourtant ... !

      P.B.A

      .


    • lermontov lermontov 23 septembre 2015 09:52

      Dugué la chouine, est-ce que ça existait du temps de Nietzsche la rue d’Ulm ?

      "Ce que je raconte, c’est l’histoire des deux siècles qui vont venir. Je décris ce qui va venir, ce qui ne saurait plus venir autrement : la montée du nihilisme. Cette page d’histoire peut être contée dès maintenant : car, dans le cas présent, la nécessité elle-même est à l’oeuvre. Cet avenir parle déjà par la voix de cent signes et présages, cette fatalité s’annonce partout ; pour entendre cette musique de l’avenir toutes les oreilles sont déjà tendues. Notre civilisation européenne tout entière s’agite depuis longtemps sous une pression qui va jusqu’à la torture, une angoisse qui grandit de dix ans en dix ans, comme si elle voulait provoquer une catastrophe : inquiète, violente, emportée, semblable à un fleuve qui veut arriver au terme de son cours, qui ne réfléchit plus, qui craint de réfléchir"

      Même si je ne sais pas lire, mme la pleureuse - encore un qui veut améliorer le monde !, je vous donne quand même l’idée : la montée du nihilisme est fatale, nécessaire, irrésistible, implacable. Autrement dit, c’est un passage obligé vers autre chose, un épisode d’une lente métamorphose ou évolution et certainement pas un truc à déplorer.


      Et au-delà de ça, l’aigri vain, plutôt que mettre vos carences sur le compte du méchant monde, vous devriez vous mirer. Le miroir plutôt que le nombril.

      ’’Il n’y a pas d’erreur ; l’erreur, c’est la lâcheté.’


      • meslier meslier 23 septembre 2015 10:07


        La philosophie autrefois était élitiste , maintenant elle se démocratise , grâce à wikipedia .

        Tout le monde y a accès , la philosophie n’est pas morte elle s’adapte .


        • howahkan howahkan Hotah 23 septembre 2015 10:13
          • Ensemble de conceptions portant sur les principes des êtres et des choses, sur le rôle de l’homme dans l’univers, sur Dieu, sur l’histoire et, de façon générale, sur tous les grands problèmes de la métaphysique.
          • Système d’idées qui se propose de dégager les principes fondamentaux d’une discipline : Philosophie des sciences.
          • Enseignement donné dans les classes terminales des lycées et dans les universités sur ces problèmes.
          • Doctrine, système d’un philosophe, d’une école, d’une époque : La philosophie d’Aristote.
          • Manière de voir, de comprendre, d’interpréter le monde, les choses de la vie, qui guide le comportement : Chacun a sa philosophie.
          • Conception de quelque chose qui repose sur un ensemble de principes ; ces principes eux-mêmes : Une philosophie nouvelle du transport aérien.
          • Constance résignée devant les avatars de l’existence, sagesse acquise avec l’expérience des difficultés.
          • ----------etc

          --------------------d’après le Larousse en ligne 

          Pour Bernard la science va nous sauver.....pour moi elle est un terrible frein à l’éveil car jouant le meme rôle que les fausses religions....demain ça ira....

          politique, science,religions..tout a échoué parce que ce ne sont que des effets d’une cause que l’on refuse de voir....soi meme......

          nous dysfonctionnons ou alors nous fonctionnons comme il le faut..mais alors il ne faut plus de loi, de systèmes, de règles..il faut laisser notre nature criminelle s’épanouir dans un suicide lent ou rapide selon les moyens trouvés par la science...et l’envie irrésistible de détruire dans une sorte de rapport sadomasochiste avec soi meme...le tout étant encore bien sur trop loin de l’origine des problemes...

          l’humain pseudo spécialiste en solution ne sait rien des problemes à leur racines...nous sommes donc aussi spécialistes en accumulation de problemes non résolus...

          les purs intello sont tous des parasites,si le paysan , le manuel travaillait comme les intello, les humains auraient disparu de puis .....le début en fait..c’est con car ils ont le pouvoir...

          cela dit le manuel a aussi bien sur ce coté intellectuel, sinon il ne ferait rien de bon......mais comme c’est tourné là ou cela doit etre utilisé ,dans les champs pratiques,cela ne se voit pas....surtout pour un intello , un parasite donc.......


          • fred.foyn Le p’tit Charles 23 septembre 2015 10:24

            A t elle seulement jamais existé.. ?

            J’en doute fort vu le résultat consternant actuel...

            • Sozenz 23 septembre 2015 10:29

              La raison est toute simple.
              Que cela soit en philosophie ou en science ; l homme s ’écarte de Divin . Il n’utilise plus les capacités qui lui sont données, il tente de les accaparer uniquement pour de « mauvaises » motivations ou alimenter son égo.
              Tout nous est donné pour que nous puissions découvrir la grandeur du Divin et que nous puissions nous éveiller et nous émerveiller au monde ( pas uniquement à l univers de la terre , mais au tout .
              Temps que les scientifiques et les philosophes ne voudront pas accepter la main tendu d en haut et n accepteront pas qu ’ils sont des canaux, ils piétineront.
              Le monde du mental pur est un labyrinthe dans lequel l homme tourne et est incapable de sortir sans cette main tendue . le monde du mental est limité car il suit un schéma précis. Au lieu de recevoir et utiliser toute chose , il trie , il sélectionne , jette bien souvent l’eau avec le bébé ; défendant son ego, son MOI, par orgueil . il ne veut pas toujours admettre un son lien divin et sa propre faiblesse . alors il se dresse comme un coq , fière en disant ; je dois y arriver Seul .
              l’homme est parfois tellement perturber qu ’il va faire un pacte avec des sources malsaines, compromettant son intérieur pour une reconnaissance ou posséder des biens matériels. 
              Que chacun tente de vivre les dons qui lui sont donnés à la naissance par cette main tendu. certains l appellent inspiration.


              • howahkan howahkan Hotah 23 septembre 2015 10:43

                @Sozenz

                salut, je plussoie..... smiley


              • gaijin gaijin 23 septembre 2015 11:58

                @howahkan Hotah
                salut hotah
                je plussoie aussi ......


              • elpepe elpepe 24 septembre 2015 02:14

                @Sozenz
                pas si simple rien que le fait de nier Dieu c est deja admettre son existence, toute quette est bonne meme celle du neant, car rien c est deja quelque chose, ou deja l energie pour le concevoir
                je ne pense pas que la pensee phylosophiqe est besoin du Divin, comme la creation n a pas besoin du Divin, car elle vise a le remplacer, en tout cas son absence qui n a pas du vous echapper smiley


              • elpepe elpepe 24 septembre 2015 02:15

                @elpepe
                ait besoin - beg your pardon


              • Sozenz 25 septembre 2015 21:29

                @elpepe
                pas si simple rien que le fait de nier Dieu c est déjà admettre son existence
                 Je parlais du divin et je n ai pas nommer Dieu..
                Je vous donne un exemple concret pour peut être voir la différence :
                lorsque vous êtes en pleine détente par exemple dans la nature et que vous vous laissez imprégner par ce qui vous entoure sans avoir aucun apriori, sans avoir en tête une quelconque comparaison avec un autre moment ou un autre endroit . Vous êtes déjà dans le divin . car vous recevez librement ce qu’ il y a à l extérieur et à l intérieur de vous.
                 Vous etes tout autant dans votre divin quand un autre état se présente en vous , un etat de colère par exemple . savoir le voir et le ressentir sans se débattre avec le mental et « constater » juste l’ Energie de cette état , c est aussi du divin .d ’où ma phrase recevoir et utiliser toute chose librement .( c est une « philosophie » qui s approche certes du bouddhisme ) avec cette approche nous sommes moins enclin à être partiel et à rejeter certains aspects.
                quant à l approche de Dieu, je pense que c est plus un problème de perception personnel.selon nos attentes ou nos propres visions , nous pouvons concevoir ou pas l existence de Dieu. Tout comme nous mettrons le mot bonne fortune ou chance selon nos conceptions et notre intéressement à regarder nos expériences. Celui qui regarde sa vie ou La vie dans tout son ensemble ne peut pas profondément exclure totalement l existence de Dieu . il peut douter , ce qui est compréhensible, et peu paraitre tout à fait normal .


                toute quette est bonne même celle du neant.
                le Neant n existe pas . rien que le fait d y penser montre que le néant n existe pas puisqu’ il y a l’esprit en recherche . puis cela me fait penser aussi au chat de Schrödinger, même principe .

                pour le rien
                car rien c est deja quelque chose, ou deja l energie pour le concevoir
                vous pouvez le rapprocher de la symbolique du 0
                et pour s amuser :
                https://www.youtube.com/watch?v=Td4pqnCCo0M



              • Gollum Gollum 23 septembre 2015 11:15

                Comme l’a fait remarquer lermontov la montée du nihilisme ne date pas d’hier…


                Nietzsche l’avait en effet annoncé, Dostoievski aussi, Abellio plus près de nous en avait montré l’irrésistible montée et qu’il était le moteur même du terrorisme, même si ce terrorisme se drape sous des justifications religieuses comme chez Daesh aujourd’hui..

                Ce nihilisme est aussi à l’œuvre dans les horreurs artistiques modernes que l’on nous impose d’en haut par une élite soi-disant éclairée, laïcarde soi-disant tolérante, mais profondément coercitive en fait. Où l’on nous balance une gronle en ferraille dans les allées du château de Versailles au mépris de ce qui s’est fait dans le passé.. et où on s’offusque de façon vertueuse des réactions (effectivement pas forcément bien venues) que cette agression entraîne (car c’en est bien une) bien pratiques pour affirmer cette vertu..

                Il est aussi présent dans les fausses philosophies profondément absurdes avec un goût prononcé de l’échec de l’homme..

                Mais comme le dit lermontov ce nihilisme est une nécessité. Il fait partie du jeu cosmique. Il va démontrer par l’absurde ce que l’on cherche désespérément à éviter, désespérément de nommer.

                Il va démontrer que l’homme, laissé à lui-même, et c’est ce qu’il a voulu depuis 1789, s’auto-détruit et en s’auto-détruisant détruit tout, absolument tout ce qui se trouve sous sa patte.

                Il va démontrer que l’homme, laissé à lui-même, ne voulant pas être guidé par une autre lumière que les siennes, par haine de cette lumière, est en fait profondément possédé.

                Et qu’il est devenu le serviteur des Ténèbres ayant refusé d’être celui de la Lumière.

                Bien évidemment afin que cette supercherie ne puisse être découverte l’homme a inventé l’humanisme, ce pseudo-amour d’autrui qui n’est qu’amour de lui-même..
                Mais l’humanisme lui-même, n’étant pas alimenté par en Haut, va s’écrouler dans la barbarie la plus crue, comme on commence à le pressentir et à le redouter..

                Comme le disait déjà Dostoievski : Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis.

                Une petite mise au point quand même. Quand je vise l’Humanisme je vise l’Humanisme moderne, philosophique, de 1789…

                Cela n’implique pas qu’un être se pensant humaniste, et même se réclamant de cette philosophie là, n’aime pas réellement les autres, mais je dirai qu’il les aime en dépit de cette philosophie là.

                A l’inverse beaucoup de croyants n’aiment pas réellement leurs frères, malgré leur attachement à une doctrine qui prône l’inverse.. Bien souvent, cet attachement à des doctrines religieuses est une béquille pour handicapés de l’âme qui ne le savent pas.

                Plus que jamais les cartes sont brouillées, les frontières mal définies..

                • lermontov lermontov 23 septembre 2015 11:49

                  @ Gollum

                  Surtout que Nietzsche voit dans l’Artiste (une sorte de degré après le philosophe, der Dichter, ’celui qui signifie/donne sens’, ainsi parle/signifie Z, Z qui n’est pas Nietzsche seulement mais un type, dit N) le criminel par excellence, tout entier contre le monde dan lequel il parait, intempestif, inactuel, empêché, etc.

                  Voilà ce qu’est le philosophe pour Nietzsche citant Emerson, ça ne peut en aucun cas sortir de la rue d’Ulm ou de l’université, du système, etc.

                  "Prenez garde quand le grand Dieu fait venir un penseur sur notre planète. Tout est alors en péril. C’est comme quand dans une grande ville un incendie éclate et que personne ne sait ce qui est encore en sécurité et où cela finira. Alors il n’est rien dans la science qui demain ne puisse être renversé, il n’y a plus de réputation littéraire qui tienne, pas même les célébrités prétendues éternelles ; toutes les choses qui à cette heure sont chères et précieuses à l’homme ne le sont que compte tenu des idées qui ont surgi sur leur horizon spirituel et qui sont cause de l’ordre présent des choses comme le pommier produit ses pommes. Un nouveau degré de culture bouleverserait sur-le-champ tout le système des préoccupations humaines."


                • gaijin gaijin 23 septembre 2015 12:07

                  @Gollum
                  salut gollum
                  1789 ? je dirais plutot que ça commence avant avec descartes comme repère symbolique .....mais avant c’est déjà en germe : la volonté d’une certaine église d’imposer la primauté de l’esprit sur la matière engendre un mouvement de balancier qui a l’opposé donne le matérialisme nihiliste et le retour actuel a l’obscurantisme criminel a la daesh ou la crédulité imbécile a la mode new ageuse ........
                  la solution étant bien sur de sortir de l’opposition aristotélicienne matière-esprit smiley


                • Sozenz 23 septembre 2015 12:13

                  @Gollum
                  Il va démontrer que l’homme, laissé à lui-même,
                   je peux vous dire ,même si c est très personnelle, et que quoique je dise je ne pourrait apporter aucune preuve , certains diront que c est de la chance . que ceci ou cela, que ce sont des délire de personne malade opu paumée . bref , la preuve ne peut véritablement etre faite que si nous la vivons de façon personnelle. et personnellement donc je sais que l hoùùe n est nullement laissé à lui même que la main tendue est toujours présente ; même pour le pire des hommes ; car nous avons tous en nous un aspect terrible à voir , notre chute . et c est par cette main tendue que nous pouvons comprendre la responsabilité de l homme et non Dieu. sont amour , son extrême bienveillance .
                  et oui , beaucoup de croaynts n aiment pas réellement leurs frères . personne ne peut le nier . nous sommes des êtres dechus de notre divinité à retrouver .
                  et non il n y a pas de béquilles, car la voie qui est demandé demande d accepter de se voir tel que nous sommes avec tout ce qu il y a de bon et tout ce qu il y a de monstrueux ou de fausser ;
                  dites moi comment agissent les personnes quand elles se retrouvent véritablement face à elles mêmes vis à vis d une personne. elle va se rebiffer même si elle sait qu ’ elle à tord . elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous retourner la faute ou vos propres erreurs pour échapper à elle même . alors non ce n est pas une béquille que de vouloir se voir .
                  C est par contre un chance immense d être épauler pour voir que le chemin divin est faisable et qu ’ il est possible de vivre autrement. que l on peut se détacher de nos vieilles habitudes et de nos vieux réflexes qui sont pourtant bien ancrés .


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 septembre 2015 12:36

                  @lermontov

                  Le nihilisme n’est pas vraiment le thème de prédilection de Nietzsche. Comme je vous l’ai déjà dit, Lermontov, vous ne pouvez pas me comprendre parce que vous ne comprenez pas assez la pensée de Nietzsche qui s’inscrit dans la quête du Dernier Testament. Evidemment, ça ne vous parle pas le Dernier Testament qui a été visé sans l’atteindre par Hegel, Nietzsche, Heidegger. C’est cela la Loi du Temps, un peu comme dans l’Ancien Testament, une série de prophètes qui annoncent leur successeurs. Dans l’extrait cité (please donnez la référence du texte) Nietzsche a pressenti le prophète du Dernier Testament mais pour l’instant, il ne s’est pas encore manifesté.


                • Sozenz 23 septembre 2015 12:41

                  @Sozenz
                  Question savons nous bien aimer ?
                  il faudrait aussi ausculter la façon dont nous aimons .
                  ça apporte de drôles de surprises quand on fouine vraiment .
                  c est assez décapant même parfois ... !


                • Gollum Gollum 23 septembre 2015 12:48

                  @gaijin

                  Salut gaijin.. smiley J’espère que vous allez bien.

                  Bien d’accord avec vous pour le curseur que l’on peut faire remonter plus ou moins loin. J’ai quand même choisi 1789 car il me semble que de toutes les dates qui peuvent s’imposer à nous comme déterminantes, celle-ci me semble prépondérante.

                  C’est la chute de l’Aristocratie, seconde caste des quatre bien connues et victoire de la troisième, celle des producteurs..

                  Le matérialisme est né là, devenu autonome en tous les cas.

                  En coupant la tête du Roi on a aussi éradiqué la notion de Dieu, et c’est de là que date l’Humanisme moderne (c’est vrai que la Renaissance avait déjà, beaucoup, œuvré en ce sens)..

                  Humanisme qui parle surtout des droits de l’homme (peu des devoirs), germe de tout le narcissisme (je le vaux bien…) moderne maintenant prépondérant, perdant de vue le vertical au profit d’une horizontalité promettant le bonheur terrestre.. L’idéal de l’humanisme moderne étant que l’enrichissement de tous assure en même temps la paix civile.

                  Le résultat est que l’enrichissement n’est plus que pour une minorité en haut d’une pyramide financière qui a pris le pas sur les politiques ceux-ci étant réduits au rôle de simples sous fifres destinés à jouer le rôle de leurre afin de faire croire que la fameuse démocratie fonctionne.. le véritable pouvoir étant ailleurs.

                  Quant à la paix civile on a vu ce que cela a donné avec des guerres où les populations civiles ont morflé comme jamais avec des pelletées de cadavres jamais vues auparavant..

                  On en est là à la veille du grand basculement dans une Europe créée pour la Paix, après le grand désastre des années 40, et qui va au contraire révéler son vrai visage sous peu.

                • Gollum Gollum 23 septembre 2015 12:54

                  @lermontov

                  Bien sûr pour Nietzsche le vrai philosophe est un homme entièrement nouveau, une véritable mutation, bref le fameux surhomme…

                  Il ne risque donc pas de sortir du système en effet…

                  Autant je suis d’accord avec Nietzsche sur la mutation nécessaire de l’homme, autant je pense qu’il se trompe sur la radicalité novatrice de ce « surhomme » car les clés ont été données depuis toujours, depuis longtemps, mais il n’a pas su le voir, confondant l’essence du message avec son entropisation démotique..

                • Gollum Gollum 23 septembre 2015 12:58

                  @Bernard Dugué

                  Nietzsche annonce le nihilisme moderne.

                  Conséquence du Dieu est mort.

                  Mais il n’est pas nihiliste lui-même puisqu’il se fait prophète à son tour en annonçant le surhomme.

                  Là où Nietzsche a raison c’est qu’on ne peut plus se contenter d’affirmer une foi déiste, catholique ou autre, sans qu’il y ait le vécu correspondant. C’est fini ce temps là.

                  Bref, et je suis d’accord avec CG Jung, profondément influencé par Nietzsche, Dieu veut s’incarner dans l’homme moderne.

                • lermontov lermontov 23 septembre 2015 13:49

                  @ Bernard Dugué

                  Lol, l’autodéclaré nietzschéen qui ne connait pas même le texte de son évangile.

                  Pour le reste : bah, je me fous du Temps, je ne crois qu’à l’Eternité.

                  (c’est Nietzsche, aussi, in Z : « je n’ai pas encore rencontré la femme dont j’aimerais avoir des enfants car je t’aime, ô Eternité ».)


                • gaijin gaijin 23 septembre 2015 14:35

                  @Gollum
                  oui merci mais je suis très pris par mes activités pour l’instant donc moins disponible pour les débats smiley
                  je comprends mieux votre point de vue a ceci près que en 1789 ce ne sont pas les producteurs qui on pris le pouvoir mais les marchands ......dans cette optique peut être que c’est la révolution communiste que l’on pourrait considérer comme la prise de pouvoir par les producteurs ......


                • Gollum Gollum 23 septembre 2015 15:27

                  @gaijin

                  Je pense qu’on est d’accord sur le fond. On ne comprend pas le mot producteurs de la même façon.

                  Marchands et producteurs pour moi sont les mêmes. Pourquoi producteurs ? Par ce que ce sont eux qui créent les produits.

                  Ceux que vous appelez « producteurs » (mais je comprend votre choix) sont pour moi les exécutants, le prolétariat, les nouveaux esclaves, certes salariés mais esclaves quand même. Bref, la 4ème caste, les Sudras. Effectivement ils produisent, mais en aval, pas en amont. Ils n’ont pas leur mot à dire. On pourrait tout aussi bien les remplacer par des robots, ce qui d’ailleurs, commence à se faire..

                  En ce sens la dernière caste est bien celle de la Matière parvenue à son maximum d’expansion.

                  Quant à 1917 cela correspond en effet à la prise de pouvoir (très théorique en fait) des Sudras en URSS.

                • lermontov lermontov 23 septembre 2015 16:43

                  @ Gollum

                  Nietzsche scindait le nihilisme en nihilisme actif, d’une part, et nihilisme passif, d’autre part. Il se plaçait dans la première catégorie : le côté négateur, destruction des idoles, philosophie à coup de marteau, histoire d’accélérer le nécessaire et irrémédiable processus en cours.

                  Enfin, l’exégète Dugué* me corrigera, la thématique du nihilisme étant si secondaire chez Niezsche.

                  (Ah, maman qu’est encore vivante en moi me dit dans l’oreillette : Dugué, c’est une poupée qui dit non non non non. A fredonner sur l’air d’ahi aho en dansant au pas de l’oie ’raison über alles’)


                • Sozenz 23 septembre 2015 19:15

                  @Gollum
                  perdant de vue le vertical au profit d’une horizontalité promettant le bonheur terrestre.
                  pour ajouter de l eau à votre moulin en 1200 environ . si vous faites le rapprochement par exemple entre l’Asie et l occident , vous verrez que c est vers 1200 que pour l Asie La loi formelle s inscrit et que les premières grandes églises se construisent ( on s attache moins à l intérieur , mais on rentre dans une sorte de rituel avec des moyens extérieurs)


                • gaijin gaijin 24 septembre 2015 09:57

                  @Gollum
                  en effet dans mon esprit les vaishas c’était les marchands mais en fait ça semble comprendre également les agriculteurs .......
                  ( pas un spécialiste de l’indhouisme ) 


                • zygzornifle zygzornifle 23 septembre 2015 11:27

                  comme ce gouvernement lutte a fond contre la liberté d’expression la philosophie en prend un coup ..... tous des Dieudonné en puissance aux yeux de Valls .....


                  • Sozenz 23 septembre 2015 13:48

                    @zygzornifle
                    il n y a rien a voir avec la liberté d expression ; pourquoi y aurait une chasse aux sorcières ouverte et franche vis à vis d idées du beau . le problème est de ce que les gens veulent surtout de la reconnaissance et de « tunes » . il vont dans l air du temps ; et nous savons tous dans quelle « erre » nous sommes.
                    il n est pas nécessaire d agiter les esprits pour parler de « l’ âme » philosophique.
                    il y a une tendance à pousser les gens à se vautrer dans les lupanars du monde .
                    penser gratuitement, penser hors des sentiers battus . accepter de voyager seul, et pourquoi pas pauvre . qui l accepte ?

                     et puis ... et puis
                    https://www.youtube.com/watch?v=p-ZI28nbSDQ
                     .


                  • soi même 23 septembre 2015 12:45

                    Ce n’est propre à la philosophie française est morte, c’est l’ensemble de la philosophie qui est morte.

                    Trouvez moi encore un penseur qui vit l’amour de la sagesse , Philo-Sofia ?


                    • alinea alinea 23 septembre 2015 12:47

                      Il n’y a plus de philosophes, mais il y a « moi » ; plein ; ... de bons élèves...


                      • soi même 23 septembre 2015 13:03

                        @alinea, pas le moi, le MOI !


                      • alinea alinea 23 septembre 2015 13:18

                        @soi même
                        exact !!!! 


                      • soi même 23 septembre 2015 13:38

                        Ô Homme ,Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux

                        Cette inscription au seuil du Temple de Delphe dont le message fut approfondi par Socrate, marque l’entrée de l’occident dans une quête de sagesse qui fut souvent transformée en élaboration de systèmes de pensée que Socrate aurait sûrement ébranlés de son ironie.



                      • gaijin gaijin 23 septembre 2015 14:41

                        @soi même
                        une quête de sagesse ? n’oublions pas que le messager fut assassiné et avec lui le message ( comme d’autres plus tard ) c’est une quête de pouvoir qui a animé l’occident ......tout le reste ne fut qu’hypocrisie .......


                      • soi même 23 septembre 2015 14:54

                        M’enffin gaijin, si y avait que des saints sur terre où serais ta liberté ?



                      • Gollum Gollum 23 septembre 2015 15:29

                        @soi même

                        si y avait que des saints sur terre où serais ta liberté ?

                        Précisément on est libre quand on est saint et esclave avant de l’être.

                      • soi même 23 septembre 2015 15:50

                        @Gollum, ce n’est pas au même saint que je ne réfère, il y a des saint qui son sain, il y a d’autre qui non pas un once de sainteté et par ailleurs si y avait que des saints où tu pourrais exercez ta liberté librement consentir de choisir ce que tu as choisie librement d’aimer ?


                      • soi même 23 septembre 2015 15:52

                        @Gollum, en même temps si l’on pouvait changer d’auberge espagnole cela m’arrangerait, car il est évident que nos propos repaît la bête..

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès