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La police de proximité


INTRODUCTION

La sécurité quotidienne des citoyens, la tranquillité à laquelle ils ont droit dans leurs quartiers et dans leurs foyers, la protection de leurs enfants et de leurs biens, relèvent de la mission spécifique de la police.

Les phénomènes de l’insécurité qui changent souvent avec le temps, peuvent varier d’un lieu à un autre. Aussi, les services de police ont-ils l’obligation de concevoir leur organisation et leur action, en fonction de l’évolution et de la nature de la délinquance. Une police routinière, une police qui stagne, une police qui n’évolue pas avec le cours des événements, est une police condamnée à l’inefficacité et à l’impuissance.

Comme tout pays, le Maroc a également ses problèmes spécifiques de sécurité. L’augmentation constante d’une population galopante, l’exode rural et l’afflux vers les villes engendré par la sécheresse et un plus grand taux de natalité dans la campagne, le chômage d’une jeunesse de plus en plus désœuvrée et l’influence enfin des sectes religieuses, ont largement suscité, pour ne pas dire créé, un climat social favorable à la contestation, à l’explosion de la colère populaire et, partant, à une certaine tendance à la violence.

De nombreux citoyens déplorent aujourd’hui le climat d’insécurité qui règne dans certains quartiers des grandes villes où il est risqué parfois de sortir le soir et encore plus la nuit.

Encouragés par l’absence d’une police locale permanente dans les quartiers populaires notamment, cette jeunesse désœuvrée constitue souvent des bandes organisées d’agresseurs et devient maîtresse des lieux, déferlant la violence et instaurant un climat de psychose et d’insécurité.

La police n’est visible et plus ou moins permanente que dans les centres-villes, alors qu’elle est actuellement beaucoup plus indispensable et plus utile dans les quartiers populaires et les bidonvilles.

On a vu, il y a quelque temps, l’apparition temporaire d’une certaine police motorisée, baptisée par le public de « croissia ».

Pour tout le monde, ces unités avaient été créées pour le simple tape-à-l’œil et pour détourner l’attention, à la suite de la recrudescence de la criminalité à l’époque.


DEFINITION, DOMAINES ET OBJECTIFS
DE LA POLICE DE PROXIMITE

L’expérience a démontré qu’une police isolée, qui n’a pas le concours et l’appui des habitants est une police désarmée. Les citoyens qui sont normalement les premiers intéressés par l’administration de leur cité, doivent être également et logiquement engagés dans la gestion des questions de sécurité, dans lesquelles ils sont physiquement impliqués. Si les habitants s’intéressent, en même temps que la police, et conjointement avec elle, à la lutte contre la délinquance, le résultat ne peut être que meilleur.

Le désintéressement de la population, la passivité des témoins potentiels, favorisent incontestablement la délinquance. La peur de dénoncer un malfaiteur, la crainte de perdre son temps dans les commissariats et éventuellement aux tribunaux pour témoigner, répugnent en effet beaucoup de gens. Plusieurs victimes de vols à la tire et autres méfaits renoncent même à signaler leurs préjudices, assurés à l’avance, qu’ils n’obtiendront aucun résultat. Il faut dire aussi que les témoins ne sont pas toujours sollicités pour apporter leur concours. Dans la plupart des cas, les policiers, pressés de conclure leur enquête, se contentent de passer en coup de vent sur les lieux des infractions, sans toujours faire un constat en bonne et due forme et sans trop chercher à obtenir sur place des informations et des indices susceptibles de les aider à se constituer des hypothèses valables, pour l’identification des malfaiteurs. Ne parlons pas du relevé des empreintes digitales, la police judiciaire ne dispose pas, surtout au niveau de l’arrondissement, d’un service et d’agents compétents d’identification.

L’absence de collaboration qui résulte d’un manque de confiance, pour ne pas dire d’un divorce entre habitants et police, profite bien entendu aux délinquants. Il va falloir, par conséquent, à l’avenir, reconvertir les esprits et opérer un véritable rapprochement entre citoyens et services de sécurité, en vue d’une collaboration utile et productive.

L’indifférence des habitants devant des situations qui nuisent à leur sécurité, à leur bien-être et à leur hygiène de vie, est un fait qui tend à devenir un phénomène généralisé dans la société marocaine. Or, une société qui refuse de se défendre est une société qui encourage la délinquance. Est-ce par manque de civisme ? Est-ce une simple question de culture de la citoyenneté ? Il appartient aux responsables, autorités, élus et associations, d’éduquer la masse populaire, de l’initier à la défense des intérêts locaux et de l’environnement.

Le quartier qui constitue une cellule sociale où un certain nombre de personnes vivent ensemble, se connaissent entre eux, ont les mêmes soucis et éprouvent les mêmes besoins, est une unité idéale pour une organisation et un travail efficace de police.

Il y a donc intérêt que police et habitants se rapprochent davantage, développent et établissent des liens étroits dans les domaines de la prévention et de la lutte contre la petite et moyenne délinquance. Les quartiers des villes doivent être investis en permanence et avoir un système de couverture bien étudié et adapté, qui met habitants et autorités à l’abri de toute surprise. La police doit savoir jour et nuit, ce qui se passe dans chaque rue et dans chaque immeuble de la ville. Cela n’est possible que dans le cadre d’une relation quotidienne et permanente avec la population. « Je suis pour une police fidélisée qui connaît tous les habitants par leur prénom et leur profession », a dit François Bayrou ex-candidat français à la présidentielle.

C’est là la définition même et la signification de la police de proximité, laquelle s’exerce auprès des citoyens, avec eux et pour eux.

Quelques nuances existent cependant en France entre la gauche et la droite, en ce qui concerne la mission de la police de proximité. Pour le Parti socialiste, les policiers doivent établir un accord de partenariat avec les établissements scolaires, pour la protection et l’éducation des enfants, avec les hôpitaux pour l’aide et les secours à porter aux malades et aux personnes fragilisées.

Pour Nicolas Sarkozy et la droite, les policiers ne doivent pas, par contre, faire un travail d’assistante sociale, mais se cantonner à leur mission de prévention et de répression et privilégier la culture du résultat. Mais cette conception du travail de la police n’exclut aucunement la collaboration et le partenariat. La police a besoin d’être aidée et informée. En plus de l’écoute quotidienne des citoyens, notamment les victimes, la police a intérêt à rester en contact permanent avec les autorités, les moukkadems de quartiers, les élus, les associations, les corporations, les gardiens de nuit et de voitures. Les gradés de police, responsables locaux, devront faire très souvent des tournées nocturnes pour voir ce qui se passe dans les quartiers et interpeller et orienter leurs subalternes.

S’approcher des citoyens, c’est aussi résoudre les problèmes dont ils souffrent : ces voyous qui harcèlent les femmes et les filles, ces adolescents qui jouent au ballon sur la voie publique et importunent les passants, ces ivrognes qui hurlent toute la nuit sous les fenêtres de citoyens qui dorment, ces tapages nocturnes causés par des baffles puissantes, installées à l’occasion des fêtes de mariage et orientées vers l’extérieur, qui tapent sur les nerfs des citoyens jusqu’à l’aube, sans qu’aucun service de police ne se manifeste ou n’agisse.

Combattre ces incivilités, c’est participer à l’apprentissage de la citoyenneté.

Empêcher les enfants d’endommager les voitures en stationnement, de salir les murs des maisons, de détruire et de détériorer les biens publics et privés, de piétiner le gazon des jardins publics, voilà une des missions qui rapprochera davantage habitants et policiers et fera de ces derniers des citoyens bien appréciés et estimés par le public.

Bien entendu, ce genre d’activité n’incombe pas aux seuls services de police. Tout le monde doit y prendre part : autorités locales, corps élus, corporations diverses, associations et bénévoles, le tout regroupé au sein d’un « conseil du quartier », sous l’égide de l’autorité locale.

Tout ce qui concerne la sécurité, la salubrité et la tranquillité du quartier doit être le travail et le souci de tous. Mais il appartient à l’autorité et aux corps élus d’organiser et de coordonner ce travail, avec la collaboration de la police et la participation active des habitants. Voilà le vrai sens de la citoyenneté.


ORGANISATION DE
LA POLICE DE PROXIMITE

D’une manière générale, tout le monde s’accorde à dire que les policiers doivent :

- bien connaître leurs terrains d’intervention ;

- être bien connus des habitants ;

- avoir une présence accrue sur la voie publique ;

- être généralistes, donc polyvalents ;

- être visibles et accessibles ;

- avoir toujours des objectifs clairs pour une action efficace (un programme ciblé, établi en fonction des circonstances du moment et du genre de délinquance constaté) ;

- faire une évaluation régulière de l’action entreprise ;

- être toujours tournée vers les préoccupations des habitants et rester à leur écoute.

Cela n’est possible, bien entendu, qu’avec l’existence d’une police de proximité.

Quelle que soit l’organisation de la sécurité publique d’une cité, on doit prévoir normalement un service de police de proximité dans chaque arrondissement, sans oublier ou négliger les quartiers périphériques de la banlieue source, la plupart du temps, des grands problèmes de sécurité.

En effet, l’exode rural draine des populations, de plus en plus importantes vers les grandes villes, lesquelles se sont étendues démesurément, ces derniers temps, avec l’implantation, à leurs abords de quartiers populaires et bidonvilles, très éloignés des centres-villes et par conséquent sous-administrés, voire pratiquement incontrôlés et incontrôlables.

Ces quartiers éloignés qui échappent aujourd’hui complètement à l’autorité de la police, servent de refuges à un grand nombre de malfaiteurs qui opèrent dans les centres-villes et ne reviennent dans leurs tanières que pour se reposer, cacher leurs butins ou se soustraire à l’action de la police en périodes de rafles et de contrôles.

Ces mêmes quartiers se sont également avérés comme étant des lieux privilégiés par certaines organisations subversives, notamment islamiques, qui trouvent en ces banlieues des planques tranquilles et une réserve humaine, de jeunes désœuvrés et marginalisés, bref des conditions favorables pour s’adonner librement à leurs activités d’endoctrinement et de recrutement.

La couverture policière de ces quartiers est donc, plus que jamais, nécessaire et indispensable. Et c’est là, où la connaissance de tous les habitants et de toutes leurs activités apparentes ou clandestines, doit être le premier objectif des éléments de la police de proximité, lesquels communiqueront tous les renseignements utiles aux services spécialisés.

Ce travail entre dans le cadre de la mission de prévention de la police.

Dans la plupart des grandes villes, les policiers ne sont présents, la nuit, que dans les commissariats et quelques rares postes de police et restent absents en dehors, laissant les champs libres aux « caïds », aux agresseurs nocturnes, aux ivrognes et aux drogués qui deviennent maîtres du terrain.

La police de proximité a pour mission d’investir tous les quartiers réputés sensibles et difficiles, de réaffirmer l’autorité de l’Etat, de faire baisser la délinquance, de redonner aux habitants confiance et le sentiment de sécurité pour leur permettre de circuler en toute liberté et quiétude. Tous les énergumènes, auteurs d’agressions nocturnes doivent êtres traqués et arrêtés.

Il ne doit plus exister non plus dans nos villes, des quartiers réputés comme étant des lieux de prostitution, des marchés pour la vente clandestine des drogues et des boissons alcoolisées.

Certains endroits de la ville sont plus fréquentés que d’autres. Il en est ainsi des rues commerçantes, des marchés, des terrains de sport, des gares routières. Ces lieux sont connus pour être des zones de prédilection des vols à la tire et à l’arraché, vols dans voitures, vols de cycles, etc. C’est cette petite et moyenne délinquance avec les atteintes à la personne qui inquiètent le plus les citoyens, parce que leurs auteurs restent, bien souvent, impunis. Pourtant ce sont presque toujours les mêmes qui agissent et recommencent. Avec une meilleure organisation sur le terrain et un peu plus de persévérance, de bons éléments de la police de proximité arriveront facilement à les mettre hors d’état de nuire.

Notons enfin que la grande délinquance, tels les crimes, le banditisme, la criminalité de sang, la subversion, les vols qualifiés, etc., restent de la compétence exclusive de la police judiciaire, concentrée sur les missions fondamentales de la police de recherche et d’investigation.


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26 réactions à cet article    


  • Traroth Traroth 6 juin 2008 17:58

    Merci pour ce rappel des principes de la police de proximité, montrant clairement son intérêt pour ne pas dire sa nécessité. Et merci pour le rappel plus général de la nécessité de faire évoluer la police.


    • Olga Olga 7 juin 2008 10:38

       

      On n’entend plus parler des Unités Territoriales de Quartier ( U.T.Q. : La police est dans ton .............quartier ). C’était une annonce sans suite de plus, ou une véritable prise de conscience qui tarde à se mettre en place ?

      J’oubliais la vidéosurveillance, qui va résoudre tous les problèmes d’insécurité (enfin, qui va surtout rapporter gros aux installateurs).


      • sisyphe sisyphe 7 juin 2008 10:45

        Entièrement d’accord sur la nécessité d’une police de proximité en relation avec les habitants. Il s’agit de retisser du lien social, pour contrecarrer la constitution de bandes qui font leur loi.

        Quand tous les individus sont isolés (chacun chez soi), et que n’existe plus aucun lien social de proximité, les bandes règnent, et les habitants se terrent ; c’est le parfait terreau, avec le chomage, l’oisiveté, la pauvreté, de la délinquance, des économies parallelles.

        Certes, la police de proximité ne résoudra pas les problèmes structurels liés au système social ; mais, au moins, une police en contact réel avec les habitants, permettra de prévenir et de diminuer les faits de délinquance.

        La droite en France, porte, depuis 2002 et la destruction de cette police de proximité ; à cet égard, une responsabilité écrasante.

        Sinon, votre article entretient une confusion entre la France et le Maroc ; dommage. S’il existe probablement des similitudes de situation (liées à l’urbanisation, le chomage, la pauvreté), ces 2 pays évoluent néanmoins dans des contextes différents : vous auriez dû mieux marquer les spécificités de chacun.


        • jaja jaja 7 juin 2008 12:03

          @ l’auteur : "La police doit savoir jour et nuit, ce qui se passe dans chaque rue et dans chaque immeuble de la ville..."

          Que je n’aime pas cette formulation... Pourquoi pas dans les têtes non plus ? Sachez que ce qu’il y a dans la mienne, par exemple, suffirait au Maroc à m’envoyer derrière les barreaux....

           "Bien entendu, ce genre d’activité n’incombe pas aux seuls services de police. Tout le monde doit y prendre part : autorités locales, corps élus, corporations diverses, associations et bénévoles, le tout regroupé au sein d’un « conseil du quartier », sous l’égide de l’autorité locale."

          Pas du tout d’accord ! La police, cette force armée, obeit dans votre shéma à "l’autorité locale" donc à ceux qui d’une manière ou d’une autre se sont placés au-dessus du peuple l’exploitent et le dominent. (Surtout au Maroc monarchiste, aux libertés publiques absentes et aux prisons bien pleines). 

          Je serai par contre pour la création de Conseils de quartiers regroupant les tous les habitants, discutant eux-mêmes des problèmes de sécurité et décisionnaires en ce qui concerne les solutions à apporter.

          "Ces mêmes quartiers se sont également avérés comme étant des lieux privilégiés par certaines organisations subversives..."

          Voila tout est dit mais vous ne me ferez pas applaudir cette vision d’une police politique surveillant les quartiers populaires et ses "classes dangereuses" au profit de ceux qui se gobergent dans les beaux quartiers et qui sont responsables in-fine de la situation de plus en plus désastreuse que connaissent les cités ghettos...


          • Mohamed BOUHOUCH Lecomte 7 juin 2008 17:09

             Jaja veur dire en arabe un morceau de verre...et le verre ça ecorche !


          • foufouille foufouille 7 juin 2008 12:09

            en gros c’est de la faute du citoyen

            pas de la "police".........qui obeit au pouvoir

             


            • liliette 7 juin 2008 14:09

              Tout le monde doit y prendre part : autorités locales, corps élus, corporations diverses, associations et bénévoles, le tout regroupé au sein d’un « conseil du quartier », sous l’égide de l’autorité locale.

              Ce mode de fonctionnement me parait plus que dangereux...un conseil de quartier pour faire quoi et dans quelles limites ? cela m’évoque le mot milice, la surveillance constante, la suspiscion permanente. Chacun flique son voisin de palier, collègue de boulot etc.... Dans quelle mesure des conseils qui se verront attribuer des taches ne demanderont pas pour assurer leur protection et le maintien de l’ordre dans leur quartier à être armées ? Si la police est en sous effctif pourquoi diminuer le nombre de fonctionnaires ? N’est ce pas là un comportement hypocrite que de demander à certains de fliquer, d’arbitrer de dénoncer, le tout bénévolement ?

              Dangereux dansl e sens ou l’on ne pourra s’assurer que Robert X membre actif du collectif de quartier ne s’entendant plus avec son voisin de palier pourra le dénoncer de façon mensongère, le diffamer crédibilisé par sa position de maton bénévole ?. On le sait moins on a de pouvoir plus on en abuse.....

              Dans une société ou le pouvoir serait éxécuté par le peuple, je pense qu’il serait normal que la sécurité puisse l’être aussi mais je trouve grave que dans une société ou le pouvoir est tenu par une poignée d’homme délègue le sécuritaire, facile aussi parceque le facteur misère a grandement sa place dans la délinquance que vous décrivz et que la misère est orchestrée et réfléchie par nos dirigeants.......

               La police a besoin d’être aidée et informée...

              Mais dans le même temps il n’y a plus de place pour la compréhension des phénomènes de société mais pour le tout répressif. Plus de prévention car nos agents de police ne seraient pas des assistantes sociales....

              Une société de la délation ,de l’espionnage entre voisins, ? Ce n’est pas mon shéma de pensée. ce qui est valable pour moi ne l’est pas pour mon voisin. Ce que je pense n’est peut être pas admissible pour ma gardienne cela fait il de moi un suspect, dans quelle mesure ?


              • liliette 7 juin 2008 18:46

                Jaja veur dire en arabe un morceau de verre...et le verre ça ecorche !

                 

                Zdaja veut dire effectivement morceau de verre, mais jaja (à prononcer Djadja) veut dire poulet ce qui, ma fois, est fort à propos avec votre article !

                 


                • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 09:40

                  Bonjour,

                  Votre article est bel et bon et apporte effectivement des éléments de solution à la problématique sensible de l’insécurité dans nos villes. D’autres paramétres à mes yeux essentiels à la bonne tenue de votre construction n’ont cependant pas été abordés, leur défaut minant gravement les bases même de celle-ci.

                  Ayant toujours eu la curiosité de sonder, au delà des préjugés qui lui sont collés, ce corps de métier tant décrié et pourtant nécessaire à notre quotidien de citoyens, je n’ai jamais raté quand c’est possible l’opportunité de nouer des liens humains avec ses membres à l’occasion par exemples de mes démarches administratives ou de mes infractions supposées ou réelles au code de la route. S’ensuivirent des conversations franches et sans politiquement-correct, parfois autour d’un pot, qui m’ont éclairé sur les pans obscurs de l’exercixe de ce métier difficile et ingrat. C’est d’ailleurs ainsi que Si Laaydi pour ne pas le nommer, excellent homme, me fournit l’adresse d’un site pratiquement mort -né que je conseille très vivement de visiter pour la bonne compréhension de ce dont on parle. D’où mon opinion, toute subjective qu’elle soit et contraire à l’idée répandue, que la majorité des agents de police sont a-priori sensibles à la portée civique et citoyenne de leur charge. Je n’en veux comme preuve que le remarquable don de soi dont ils firent preuve lors des quelques événements dramatiques qui nous ont traumatisé ces dernières années.

                  Seulement vouloir est-ce pouvoir ? Les bonnes intentions suffisent-elles à la mise en place une police réllement et efficacement citoyenne, qu’elle soit de proximité ou autre ?

                  La pierre angulaire est à mon avis le statut socio-économique des agents de police. Comment en effet une jeune recrue, touchant la fin du mois à peine l’équivalent du loyer d’un 2 pièces-cuisine dans un quartier périphérique d’une grande ville, peut-il envisager sérieuresement ses devoirs enver ses concitoyens quand ses propres droits à cette même citoyenneté sont bafoués par son employeur, l’Etat ? Comment peut-il le faire quand il est considéré par sa propre hiérarchie comme un paillasson selon la mécanique militaire (caricaturée à dessein) qui veut que le chef tape sur le sous-chef qui tape sur le sous-fifre qui tape sur sa femme qui tape sur les gosses qui tapent sur le chien ? Résutat : abus divers, corruption et brigandage dont il n’est qu’un infime maillon et dont le récipiendiaire final n’est que le citoyen. Les gros bénéficiaires étant quelques fonctionnaires respectés solidement calés sur leurs fauteuils cossus qu’ils quittent rarement pour la réalité du terrain.

                  Mon propos est loin de vouloir généraliser. Je suis persuadé qu’à tous les niveaux de l’édifice officient des personnes intégres, mortifiées par les dysfonctionnements mais impuissants face à la gangrène qui ne peut être extirpée que par une volonté politique active en haut lieu.

                  Lorsque les fonctionnaires honnêtes ne seront plus obligés par leur salaire de misère et par leurs supérieurs véreux de rançonner les automobilistes, les cafés à chicha, les bars, les ivrognes, les prostituées, les dealers..., lorsqu’ils seront payés pour les heures sup, lorsqu’ils pourront faire entendre leur voix par la voie syndicale, lorsque cessera leur mutation arbitraire sans indémnisation de logement, de nourriture ni de transport, là on pourra parler d’une police de proximité véritablement citoyenne, et de citoyens coopératifs et confiants. D’ici là, l’agent de police ne sera jamais aux yeux de ces derniers qu’un sale flic.


                  • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 10:00

                    Correctif - dernier paragraphe : indémnités de logement....


                  • Mohamed BOUHOUCH Lecomte 8 juin 2008 12:04

                     

                     Bravo, bravo.Pour une fois j’ai lu un commentaire interessant et provenant à coup sûr d’un homme expérimenté qui connaît bien la situation au Maorc et la réalité des choses et non pas comme un certain ja...ja qui dit n’importe quoi, juste pour manifester sa présence.


                  • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 12:45

                    Je pense d’abord que ledit Jaja n’est pas un Marocain vivant au Maroc, ensuite qu’il part d’une méconnaissance de notre réalité vécue, nourrie de clichés simplistes véhiculés par des médias qui ne mettent en exergue que les faits qui heurtent la vision "occidentale" du citoyen Européen Lambda. Je pense aussi qu’il n’a ni la volonté ni le désir de s’extraire de son carcan identitaire pour s’ouvrir à la compréhension des autres peuples et cultures. Pour preuve, son : "Sachez que ce qu’il y a dans la mienne, par exemple, suffirait au Maroc à m’envoyer derrière les barreaux...." fait clairement référence àl’Islam tel qu’il le perçoit à travers son prisme déformant.

                    Par ailleurs il a facilement extrapolé votre propos pour vous faire dire ce que vous ne dites pas, à savoir parler d’une police politique à la Stasi de Ceausiscu. Ce qui est évidemment absent absent dans votre article.

                    Ce genre de réaction épidermique et passionnée est très fréquent sur AgoraVox et n’est que l’expression d’un désarroi profond d’une Europe face à la mue inévitable qu’elle est obligée de subir (multiculturalisme entre autres) et à laquelle elle ne s’est pas préparée.

                    Cordialement


                  • jaja jaja 8 juin 2008 14:32

                    "Sachez que ce qu’il y a dans la mienne, par exemple, suffirait au Maroc à m’envoyer derrière les barreaux...." fait clairement référence àl’Islam tel qu’il le perçoit à travers son prisme déformant.

                    Sachez que j’ai vu à l’oeuvre votre police politique marocaine chez Talbot où les très nombreux travailleurs Marocains étaient obligés d’adhérer au "syndicat" maison (CFT puis CSL) adepte de la violence physique contre les fortes têtes... J’ai participé à foutre en l’air la domination de ces salauds sur l’usine de Poissy et j’en suis très fier....

                    Des milliers de Marocains ont participé à cette lutte qui a donné bien des boutons à la monarchie pourrie que vous soutenez et qui attendait au pays les meneurs... Beaucoup n’osaient pas retourner chez eux pour ne pas être arrêtés.

                    Ce qu’il y a dans ma tête et qui me ferait emprisonner là-bas c’est mon anti-impérialisme qui ne supporterait pas un roi laquais de l’Amérique au Maroc, si j’étais citoyen marocain, ce qui d’ailleurs n’est pas le cas..

                    Ce monarque, fils à papa, empêche par la terreur qu’il inspire toute expression libre de son peuple...

                    Je suis athée mais n’empêche personne de croire (même que les cochons volent) et suis pour la démocratie directe et l’égalité sociale entre toutes et tous.

                    J’ai milité pour la cause palestinienne depuis plus de 30 ans et vit dans des quartiers où le multiculturalisme est une réalité quotidienne. Mon gendre est Algérien et mes deux petites filles portent des prénoms qui ne sont pas dans notre calendrier...

                    Alors mon réflexe "identitaire" d’"européen" à d’autres...

                    Essayez d’argumenter sur ce qui est écrit plutôt que de tenter d’emblée d’attaquer le bonhomme. On est sur Avox et pas dans un commissariat de police ici...

                     

                     

                     


                    • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 16:03

                      Que l’on soutienne ou pas la Monarchie est hors sujet de l’article. Notre propos, à l’auteur et à moi ainsi qu’à d’innombrables citoyens soucieux du devenir de notre pays, est d’apporter, chacun à son niveau et selon ses moyens, une réflexion susceptible de soulager les maux dont souffre notre nation et de favoriser son développement.

                      Convenez avec moi, monsieur, que votre approche : (Surtout au Maroc monarchiste, aux libertés publiques absentes et aux prisons bien pleines) confine davantage au jugement péremptoire et sans appel qu’à l’invitation à un débat serein et productif. D’où évidement ma critique, que je reconnais erronée, justifiée par votre commentaire pour le moins abrupt.

                      Ceci dit, J’ai fait une recherche sur l’affaire de l’usine de Poissy dont j’ignorais tout et j’ai trouvé un long article très documenté où il n’est fait nulle mention de quelqu’implication que ce soit de "la police politique" marocaine. Cette dernière si elle était effectivement active en ce temps là au Maroc, j’ignorais que la France l’autorisait à officier sur son territoire. Je vous serais reconnaissant de m’éclairer sur ce point, si possible un lien ou deux à l’appui.

                      PS. Je salut votre engagement pour le peuple palestinien, votre militantisme syndical aux côtés de vos collégues Marocains ainsi que votre cohabitation sereine avec les ethnies présentes en France. N’empêche qu’aucun Marocain du Maroc de quelque bord qu’il soit n’accepterait sans broncher le genre de phrases que vous assénez d’outre-méditerrannée sans y mettre les formes élémentaires de courtoisie.

                      Cordialement.


                    • jaja jaja 8 juin 2008 19:08

                      @ Sahtellil Ci-joint le lien fourni celui du site de l’ATMF qui parle de l’implication de l’État marocain dans le conflit Talbot.

                      http://www.atmf.org/IMG/pdf/mounadaraok.pdf

                      D’autre part suis-je vraiment hors-sujet ? Au risque de me répéter la police est le bras armé de l’État... Vouloir que l’État, qu’il soit monarchique ou non, règne par le biais de sa police et sans partage sur les quartiers populaires, n’a pas mes faveurs. (Mais celles de l’auteur de l’article)

                      On sait bien que le rôle de la police est d’éviter (ou de réprimer) tout soulèvement dans ces zones où vivent les "classes dangereuses"... Qu’importent, pour elle, les trafics divers et les caïds locaux, tous fichés et connus, tant que l’ordre et le calme règnent. Souvent justement grâce à ces trafics, soupapes de sécurité, que la police fait semblant de combattre avec tout le bonheur que l’on sait...

                      Par contre la surveillance politique, le renseignement et le fichage relayés par les différentes études scientifiques de sociologues et autres chargés de "paix sociale" vont bon train.

                      La sécurité pour les citoyens c’est d’abord l’organisation des citoyens eux-mêmes dans leurs quartiers... Et non pas la présence d’une police omnipotente dont le but suprême est de maintenir, de gré ou de force, la sujétion à l’ordre établi des gens du peuple...


                      • Mohamed BOUHOUCH Lecomte 8 juin 2008 19:57

                         Je pense personnellement que le meilleurs moyen d’avoir une sécurité efficace dans nos quartiers, c’est d’avoir une police qui collabore étroitement avec les habitants, ce qui n’est pas le cas actuellement.

                         La police ne doit pas être considérée comme une force hostile au peuple ou ce bras armé du pouvoir, destiné à la répression aveugle des citoyens. Non. Les habitants ne sont pas organisés pour se défendre seuls contre les criminels et une police isolée n’arrivera jamais seule à bien faire son travail. Pour les habitants comme pour la police il s’agit de combattre un même ennemi : LE MALFAITEUR. Et c’est malheureusement une chose que bc de gens ,comme JAJA ,n’arriveront jamais à comprendre, sauf si on est un citoyen qui n’ a rien à se reprocher .


                      • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 21:35

                        Les militants Français d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, alters ou verts enragés sont sujets à l’ordre établi qu’ils combattent pourtant avec les moyens constutionnels dont ils disposent. Leur soulèvement, dans le sens où vous l’entendez, contre cet ordre établi serait illégal et tomberait de fait sous le coup de loi, non ? La police dans ce cas ferait son travail le plus légalement du monde et personne n’y trouverait à redire.

                        Votre propos fait peur monsieur Jaja. On dirait que l’aversion visible que vous ressentez pour la monarchie marocaine vous induit à penser que l’unique voie valable d’émancipation du bon peuple "opprimé" est le soulèvement et l’émeute ! D’où répression automatique, bain de sang de part et d’autre, instauration d’état d’urgence et de non droit. Bref, guerre civile, effondrement de tous les secteurs d’activité, anarchie... Merci bien. Nous n’en sommes pas encore là Dieu merci.

                        Je vais abonder dans votre sens et vous soumets mon point de vue. Supposition : Je ne suis pas satisfait de nos institutions et veux changer les choses. Unique voie sensément viable ne peut-être que constitutionnelle. J’intégre un parti ou si je considère que ceux existants sont là pour la galerie internationale, j’en crée un moi-même et milite activement dans le sens de mes idées. Supposons que le régime voit d’un mauvais oeil mon prosélytisme militant, me déclare illégal et me persécute (vous voyez que je suis de bonne volonté). J’aurais eu eu le temps de médiatiser mon action - les TIC sont désormais démocratisés - et de gagner la sympathie populaire. Je glisse vers l’action clandestine, politique et non pas subversive, ou mieux encore, m’expatrie. Mon nouveau statut de martyr du régime me gagne le ralliement citoyens massif et la pression se fait sentir sur "le despote", etc... Ne pensez-vous pas qu’ainsi j’aurais fait sensiblement avancer ma cause autrement que par le putsch implicte que préconise votre discours ?

                        Revenons sur Terre. Ce que vous appelez "classes dangeureuses" sont en fait les islamistes radicaux qui prônent la violence non pas pour renverser le régime, il n’en en ni les effectifs, ni les moyens, mais à la fin d’instiller dans la société selon eux apostate le ver de la subversion et du chaos. En réalité il s’agit de groupuscules extrêmement minoritaires, trés peu organisés et sous-fourmés qui écrément le vivier de la misère et du désarroi, embrigadent et endoctrinent de pauvres hères paumés pour l’objectif criminel que l’on sait. En tant que citoyen, je trouve légitime et appuie l’effort de l’autorité en vue de me prémunir contre ce péril aveugle.

                        Quant à l’organisation des citoyens eux-même pour assurer leur sécurité, dans le genre milices comme à Johannesbourg où la criminalité pandémique submerge la police locale ? Ensembles résidentiels-bunkers où les firmes genre Blackwater se sucrent sans vergogne ? Encore merci, je préfère de loin une police bien payée qui fait correctement son boulot.

                        PS. Merci pour le lien. C’est effectivement un pan de notre histoire dont je n’avais aucune idée. J’espère que ça restera définitivement dans l’histoire et je pense sincèrement que ça en prend le chemin.

                        Cordialement.


                      • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 22:01

                        Postez cher ami, postez !!! Ce n’est pas moi qui irait me plaindre de la verve, l’humour et la poésie.


                      • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 22:05

                        Vous me confondez mais votre humilité vous honore.

                        Merci


                      • jaja jaja 8 juin 2008 20:41

                        "Pour les habitants comme pour la police il s’agit de combattre un même ennemi : LE MALFAITEUR. Et c’est malheureusement une chose que bc de gens ,comme JAJA ,n’arriveront jamais à comprendre, sauf si on est un citoyen qui n’ a rien à se reprocher ."

                        Le malfaiteur comme vous dites c’est qui ? Sachez que ça peut être aussi le malheureux prisonnier politique arrêté par cette police, si soucieuse du bien-être commun, et qui a passé plusieurs années (voire plusieurs décennies) dans le bagne de Kénitra... Vous en connaissez sûrement....

                        C’est le genre de choses qu’effectivement je n’arriverai jamais à comprendre !


                        • Sahtellil Sahtellil 9 juin 2008 12:42

                          Mr Jaja,

                          Je pense que votre opinion, assez arrêtée je dois dire, s’est crispée sur ce que nous appelons "les années de plomb". Elles furent effectivement effroyables, charrièrent bien des malheurs et marquèrent d’une infâmie justifiée l’image du Maroc. Je ne prétends pas que les choses soient idylliques aujourd’hui mais les bagnes de triste mémoire dont le très célèbre Tazmamart sont de l’histoire ancienne. La taule pour délit d’opinion idem. Les seuls qu’on pourrait qualifier aujourd’hui de prisonniers politiques sont les émirs apologistes de la terreur qui n’ont peut-être pas confectionné de bombes de leurs mains mais qui ne le font pas moins en sous-traitant le travail par prêches enflammés interposés. Si vous estimez que ces gens sont de malheureux prisonniers politiques alors nos points de vue sont irrémédiablement irréconciliables. Inutile donc d’aller plu loin dans cet échange.

                          Sinon la presse indépendante reprend périodiquement le pouvoir sur quelques dérives relatives à un certain camp où se dérouleraient des interrogatoires "musclés" à l’endroit de quelques islamistes. On attend d’en savoir plus. Je n’approuve absolument pas mais j’essaye de nuancer. Je pense qu’à situation exceptionnelle s’imposent mesures exceptionnelles. Surtout que l’ensemble de la population sursaute encore dès qu’un pneu éclate ou qu’explose une bonbonne de gaz. Que voulez-vous, à chaque pays sa croix, et la notre prend la forme d’un jeune homme rasé de près, le regard halluciné, en tenue hip-hop, un sac reebok sur le dos, qui fait irruption dans un restaurant après avoir égorgé le portier quiquagénaire auquel j’ai personnellement serré la main quinze jours avant les faits. Tout le monde connait la suite.


                        • Sahtellil Sahtellil 10 juin 2008 04:56

                          Mr Jaja,

                          Si vous passez encore par ici, l’histoire que soulève le lien que vous avez bien voulu me fournir m’intéresse au plus haut point. Si vous avez d’autres réfèrences, je suis preneur.

                          Merci.

                          BMD


                        • liliette 8 juin 2008 21:20

                          @ Jaja

                           

                          Je découvre par votre lien ce pan de l’histoire que j’ignorais totalement même si pour moi déja la monarchie marocaine ne fleurait pas bon la liberté du peuple marocain (@Sahtellil les formes y sont elles ?)...merci pour ce lien fort intéressant.

                           


                          • Sahtellil Sahtellil 8 juin 2008 21:38

                            Parfaitement. Merci.


                          • chmoll chmoll 9 juin 2008 09:51

                            et c asteur qu’ont met des flics de proxi,alors que l’mal est fait d’puis longtemps

                            chmoll i reviendras sur s’post quand il y auras plus d’zone de non droit, c à dire jamais


                            • vinvin 22 juin 2008 22:06

                              Bonjour.

                              Nous n’ avons pas besoin d’ une POLICE DE PROXIMITE dans les quantiers et les bidonvilles de france, mais de L’ ARMEE et de la LEGION.

                               

                              Cordialement.

                               

                              VINVIN.

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