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Accueil du site > Actualités > Société > La police et moi

La police et moi

La police et la gendarmerie sont non seulement utiles, mais nécessaires à la population, que ce soit dans leur rôle répressif lorsque les circonstances l’exigent, ou dans leur rôle d’assistance aux personnes en cas de besoin. Nul ne peut sérieusement remettre en cause leur existence, et chacun d’entre nous doit être conscient qu’ils agissent parfois au péril de leur vie. Il y a pourtant des moments où le comportement des flics et des pandores pose question...

Nous avons tous des anecdotes à raconter à ce sujet. Une fois n’est pas coutume, mon propos ne se place pas sur un plan général, mais anecdotique, sous la forme de quatre expériences vécues. Quatre expériences qui montrent que, parfois, ces braves fonctionnaires manquent de discernement, quand ils ne font pas tout pour se faire détester, y compris de ceux qui ne sont hostiles ni à leurs fonctions ni à leur personnes. 

1° Paris, un jour de mai, vers 13 h 30.

En quête d’un sujet de tableau – je suis peintre à mes heures –, j’avais décidé d’aller faire un tour aux Arènes de Lutèce et pris la ligne de métro n° 7 la station Opéra. En sortant du métro à la station Monge, je suis tombé nez à nez avec deux policiers en uniforme qui accompagnaient une femme asiatique d’une cinquantaine d’année. Aussitôt désigné comme coupable d’une agression sexuelle par les cris d’orfraie de cette dame, j’ai été interpellé par les flics alors que deux témoins présents dans la même rame que moi témoignaient que je ne pouvais m’être trouvé sur les lieux. Je ne sais si le fait que l’un d’entre eux était un Espagnol parlant mal français et l’autre un Maghrébin a joué, mais sourd à ma demande, le chef du binôme – un vieux flic manifestement aigri – a refusé net à son coéquipier (un adjoint de sécurité) de noter les coordonnées de ces deux témoins, ce que le jeune flic a quand même fait de sa propre initiative.

Quelques minutes plus tard, et après que cette affaire ait mobilisé un fourgon, deux voitures de patrouille et au total huit flics (véridique !), j’ai été emmené menotté dans les locaux du commissariat d’arrondissement. Par chance, je n’ai même pas eu à me justifier devant un officier de police car l’audition de la prétendue « victime » s’est révélée totalement incohérente et a tourné à la confusion de la plaignante : après avoir affirmé que je venais de l’agresser, cette femme situait l’agression quelques jours plus tôt alors que nous étions, mon épouse et moi, tranquillement installés dans notre maison du Finistère. Finalement, il est très vite apparu à l’OPJ que cette femme était une mythomane névrosée. Après avoir été libéré des menottes, j’ai pu partir libre, sans être entendu par quiconque, mais sans avoir eu droit au moindre mot d’excuses, pas même du vieux flic en uniforme présent dans le hall d’accueil au moment de ma sortie.

2° Le Kremlin-Bicêtre, un soir de décembre, vers 19 h 30.

Ce jour-là, ma belle-sœur, âgée de 75 ans, s’est fait arracher son sac (en chutant de surcroît lourdement au sol) par un voyou alors qu’elle marchait dans une ruelle déserte du Kremlin-Bicêtre près de laquelle nous habitions alors, mon épouse et moi, pour quelques mois. Après l’avoir réconfortée, nous l’avons accompagnée au commissariat de Gentilly pour déposer une plainte. Ma belle-sœur a fourni aux policiers un signalement très précis du voleur, en décrivant son blouson, et surtout sa casquette rouge très identifiable.

Le lendemain, retourné aux abords du métro Kremlin-Bicêtre, j’ai très vite repéré l’individu en question avenue de Fontainebleau : blouson sur le dos et casquette rouge sur la tête, il suivait une jeune femme sur le trottoir ; puis il a plongé derrière elle dans le métro qui comporte à cet endroit deux accès, un de chaque côté de l’avenue, une configuration évidemment très pratique pour un voleur à l’arrachée. Manque de chance pour l’individu, des voyageurs venaient à ce moment-là de descendre d’une rame et il n’a pu intervenir. Le voleur a donc repris son affût sur l’avenue à proximité de l’une des entrées du métro en épiant les femmes seules. Soudain, il est rapidement parti à pieds en direction de Paris (peut-être m’avait-il repéré) ; je l’ai aussitôt suivi à distance, bien déterminé à savoir où il allait afin de pouvoir l’identifier.

C’est alors qu’est arrivée sur l’avenue une voiture de police. Après l’avoir fait stopper, j’ai raconté en quelques mots l’histoire aux flics. En pure perte : ils n’étaient pas concernés, au motif qu’ils faisaient partie, m’ont-ils dit, de la Brigade de l’autoroute. OK, pas d’interpellation possible, mais dans ce cas, sans doute leur était possible de se porter à la hauteur du type pour relever son identité en vue d’une convocation par les collègues de Gentilly. Refus net : en résumé, ces flics-là avaient autre chose à faire que d’interpeller un agresseur de vieille dame, fut-ce pour un simple relevé d’identité en vue de transmission aux collègues concernés !

3° Paris, station Châtelet, en milieu d’après-midi.

Un officier de gendarmerie et deux bidasses porteurs de Famas circulaient sur les quais du RER B dans la cadre du Plan Vigipirate. Sur un banc, un jeune Maghrébin jouait doucement du oud pour lui-même en attendant son train. Il ne quêtait pas, et son luth ne gênait strictement personne. C’est alors que le gendarme s’en est pris à ce gars – un étudiant tunisien – avec une virulence et une mauvaise foi évidente. L’étudiant s’est arrêté de jouer, mais l’officier avait manifestement décidé de l’emmerder au motif que « le règlement interdit l’usage d’instruments sonores dans l’enceinte du métro et du RER ». Ce qui était parfaitement exact si l’on se référait à l’antédiluvien règlement de police des Chemins de fer non abrogé, mais d’autant moins applicable que la RATP elle-même multipliait depuis belle lurette les animations bruyantes et les écrans de télévision sur les quais, en violation de ce règlement.

Voyant la tournure des évènements, je suis alors intervenu, fermement mais courtoisement, pour défendre le Tunisien, avec le soutien d’autres voyageurs. J’ai notamment rappelé à ce gendarme qu’en termes de mission, Vigipirate avait pour vocation de faire de la prévention anti-terroriste et non de la police des chemins de fer dès lors qu’il n’y avait ni agression, ni trouble manifeste à l’ordre public, ni danger immédiat pour quiconque. Moyennant quoi, j’ai été sommé de présenter mes papiers et d’indiquer pour quel motif je me trouvais là, ce que j’ai fait sans difficulté. Après quoi le trio s’est éloigné. Quant au Tunisien, il a pu tranquillement monter dans son train pour rentrer à la Cité Universitaire.

Quelques jours plus tard, mon patron recevait une lettre de protestation de la Préfecture de Police de Paris lui demandant une sanction à mon égard. Il ne s’est évidemment rien passé.

4° Barenton (Manche), un après-midi de juin.

Au terme d’un court séjour à Saint-Malo, nous avions décidé, mon épouse et moi, de rentrer vers Paris en suivant la route buissonnière par les monts de l’Orne. Parvenus à l’entrée d’un village proche de Barenton, nous sommes tombés sur un contrôle de gendarmerie établi de manière très visible en bas d’une descente, un contrôle que nous n’avions évidemment aucune raison d’esquiver. Manque de chance, nous avions perdu la plaque d’immatriculation avant de notre voiture, probablement tombée lors d’un arrêt sur le bas-côté herbu de la route, à quelques dizaines de kilomètres de là. Or, il se trouve que notre voiture avait été confiée une semaine plus tôt à notre garage habituel, pour remplacer les plaques d’immatriculation. Un travail qui n’avait pas été réalisé correctement, l’une des plaques ayant manifestement été très mal rivée. Par chance, la facture qui démontrait notre bonne foi était restée dans la boîte à gants. Les gendarmes n’ont pourtant rien voulu savoir et, malgré l’évidence de la faute du garage, nous ont dressé un procès-verbal pour défaut de plaque.

Conclusion

Quatre expériences : quatre comportements inacceptables ! En encore, je ne détaille pas la traumatisante expérience vécue par mon beau-frère dont la porte d’appartement a été défoncée par le GIGN, et lui-même jeté au sol et copieusement injurié alors qu’il était mis en joue par les hommes cagoulés. Une « erreur », ont simplement reconnu ces robocops après quelques minutes d’extrême tension. Et là encore, pas le moindre mot d’excuses !

Tout cela pour souligner que la police et la gendarmerie sont, comme tous les corps de métier, exposées à des comportements aberrants ou à des consignes imbéciles. Gendarmerie et police ont pourtant le plus grand besoin de reconnaissance de la population pour exercer leurs fonctions dans les meilleures conditions possibles. Elles ne s’en donnent pourtant pas toujours les moyens, le plus souvent par laxisme d’une hiérarchie plus souvent obnubilée par la « politique du chiffre » que par la qualité du service. Dommage, car lorsque c’est le cas, tout le monde est perdant : la population et les fonctionnaires irréprochables, victimes de collègues qui ne connaissent pas le sens du mot « exemplarité » !


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197 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 14 décembre 2011 10:16

    « La question n’est pas de savoir pourquoi il y a des gens qui jettent des pierres sur la police, mais de savoir pourquoi il y en a si peu ».......W. REICH (1897-1957)

    Comme quoi les rapports difficiles de la police avec la population ne date pas d’aujourd’hui, voir ce petit article :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/10/26/police-personne-ne-bouge/



    • Fergus Fergus 14 décembre 2011 10:42

      Bonjour, Robert Gil.

      Les rapports entre la police et la population ont effectivement toujours posé des problèmes ici et là, et c’est d’autant plus regrettable qu’il ne peut y avoir de bonne police qu’avec le soutien de la population. A cet égard, le recrutement est important, et je crois savoir que la police, à l’image des équipes de sécurité de la SNCF et de la RATP, est beaucoup plus exigeante désormais sur le profil psychologique des postulants et leur rapport aux composantes de la population. Mais il reste encore de nombreux progrès à effectuer, et cela dépend essentiellement de la hiérarchie.


    • Robert GIL ROBERT GIL 14 décembre 2011 10:54

      fergus,
      j’ai un copain qui me dit souvent : « je veux une police qui me protege, pas une police qui me fasse peur »


    • Gabriel Gabriel 14 décembre 2011 10:56

      Bonjour Fergus,

      Quand la police est au service d’un pouvoir corrompu et non au service de la population, des lois et des libertés, il ne faut pas qu’elle s’attende à recevoir des fleurs.


      • Gabriel Gabriel 14 décembre 2011 10:59

        Et pour citer Coluche :« Les gardiens de la paix au lieu de nous l’a garder, ils feraient mieux de nous la foutre ! »


      • armand armand 14 décembre 2011 11:04

        D’autres conneries de la même veine... servies, on s’en souvient, par un si grand philosophe ?


      • Fergus Fergus 14 décembre 2011 11:05

        Bonjour, Gabriel.

        C’est vrai pour un certain nombre d’affaires, ou dans le traitement réservé à des groupes de population ciblés par le pouvoir de manière scandaleuse (ex : les actions anti-gitans de l’été 2010 pour brosser les électeurs du FN dans le sens du poil). Mais au delà de ces dérives voulues par le pouvoir politique ou soutenues par lui, il y a également le quotidien, et c’est sur lui que j’ai voulu ici pointer le doigt. Comment, dès lors que les situations ordinaires engendrent des aberrations de comportement dont chacun de nous peut être victime, faire une totale confiance à la police ou à la gendarmerie ?


      • armand armand 14 décembre 2011 11:00

        Il serait plus important de rappeler que des quartiers entiers sont livrés à des bandes équipées d’armes de guerre, et que la police, dans ces cas-là, est entravée par des consignes stupides, des magistrats qui mettent des bâtons dans les roues, des avocats prompts à faire libérer leurs gentils malfrats à coups de vice de forme.
        Mais peut-être n’est-ce plus une affaire de police, mais de l’Armée...


        • Fergus Fergus 14 décembre 2011 11:16

          Bonjour, Armand.

          Vous avez raison, mais il s’agit là d’un problème particulièrement épineux qui dépasse très largement les rapports habituels de la population française avec la police et la gendarmerie. Un problème extrêmement ardu à résoudre, tant le terrain a été abandonné par les pouvoirs politiques successifs aux petits trafics, au motif (non avoué) qu’il fallait faire la part du feu face à l’augmentation du chômage en fermant les yeux sur le développement d’une économie parallèle. On voit aujourd’hui le résultat de cette irresponsable politique de Gribouille. Sans doute faudra-t-il, pour remettre de l’ordre dans cette dangereuse pétaudière, y mettre les moyens, tant répressifs que préventifs et sociaux, et de surcroît faire preuve d’une volonté politique particulièrement ferme, sans rapport avec les rodomontades actuelles, aux seules finalités de propagande.


        • armand armand 14 décembre 2011 11:22

          Surtout qu’il y a toujours eu une fronde style « mort aux vaches » dans la tradition française. C’est l’origine des bons mots de Brassens et même de Coluche. Et c’est vrai que le policier français traditionnel n’a pas la politesse de Barnaby. J’aurais autant d’histoires à ce sujet que vous, allant de la simple grossièreté à l’abus de pouvoir.

          Aussi ne pas oublier que la police en France a pour principale mission... la défense de l’Etat avant même celle des particuliers. Même si bien des policiers ne se reconnaissent pas dans cette caricature.

          Personnellement je me soucie davantage de la démultiplication vertigineuse du nombre de vigiles de toutes sortes - souvent à l’agressivité à fleur de peau...


        • Fergus Fergus 14 décembre 2011 11:36

          @ Armand.

          La multiplication des vigiles et des comités d’auto-défense, parfois aux allures de milices, ne tardera pas à devenir un véritable problème pour notre société. A cet égard, il est urgent que les forces de police et de gendarmerie réinvestissent le terrain de la protection des personnes et des biens, au lieu de perdre du temps en activités improductives comme, par exemple, la mise à disposition d’effectifs disproportionnés au service des déplacements officiels.


        • révolQé révolté 14 décembre 2011 15:15

          Armand,
          que dire alors des dizaines d’affaires où sont mélés les noms de ministres en activité,le nom du nabot sarkonaSSi 1er,des directeurs et chef de brigades de police....etc....

          Il n’y a pas un truand pire qu’un politique,quant aux militaires ils n’ont pas à intervenir contre la population civil,faut voir à ne pas tout mélanger,même pour un fascho aigris et flippé comme vous.


        • Richard Schneider Richard Schneider 14 décembre 2011 17:05

          @ Fergus :

          Le pb. des milices privées risque de devenir une vraie plaie : le pouvoir abandonne des pans entiers du territoire de la République à des « bandes » plus ou moins contrôlées et contrôlables. D’où l’émergence de milices - et pourquoi pas de gardes civiles composées de tout un chacun n’ayant aucune notion de l’ordre républicain.

        • armand armand 14 décembre 2011 18:51

          Quand des « civils » s’arment de Kalachnikovs, ce n’est plus du ressort de la police. Et les méfaits des banksters et de leurs affidés politiques n’excusent pas les déprédations des bandes ethniques. QUant à vos injures, vous savez ce que vous pouvez en faire.


        • Fergus Fergus 14 décembre 2011 19:40

          Bonjour, Richard.

          Il y a là un réel danger de dérive à l’américaine. Et ce problème devra être abordé dès les premiers mois du prochain mandat présidentiel. D’oùla nécessité d’un ministre de l’Intérieur fort et pas seulement d’un clown comme Guéant, uniquement poisitionné sur le créneau de la propagande en direction du FN.

          Une chose est sûre : la pouvoir sarkozyste a gravement failli en matière de sécurité, et ce n’est pas sur lui qu’il faudra compter pour sortir de l’ornière.


        • simir simir 14 décembre 2011 19:55

          @ armand

          Les vices de forme s’il y en a c’est qu’ils ne conaissent pas la procédure ce qui est grave pour un représentant de l’ordre.
          J’ai moi même été relaxé pour grand excès de vitesse pour ces motifs. Ils m’avaient pris mon permis sur le champ et j’ai fait l’objet d’une enquête préliminaire Ils ont oublié que dans ce cas le code de procédure pénale impose d’en aviser le procureur général. De même concernant le radar « vérifié par laboratoire d’essai à Paris » L’avocat a eu beau jeu de dire qu’il en existait de nombreux mais comme on ne sait pas lequel c’est on ne peut dire s’il est homologué.
          Ne vous en déplaise c’est ainsi dans un état de droit.

        • armand armand 14 décembre 2011 20:24

          simir,

          Si vous aviez été relaxé pour vice de forme après avoir braqué un supermarché ou poignardé un voisin, je trouverais ça honteux. Il arrive un moment où le respect d’une procédure tatillonne à l’extrême fait courir des risques à la société. Votre excès de vitesse, de toute évidence, n’était pas du même ordre de gravité.


        • Fergus Fergus 14 décembre 2011 23:24

          Bonsoir, Simir.

          Sauf erreur de ma part, seul un procureur ou l’un de ses substituts est en effet habilité à retirer le permis de conduire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’un de ces magistrats est toujours présent lorsqu’est montée uen vaste opération de contrôle routier.


        • simir simir 15 décembre 2011 08:27

          Bonjour Fergus

          Les gebdarmes effectuent ce que l’on appelle une rétention du permis de conduire qui est de 72 heures maximume. Dans cet interval le préfet peut porter cette suspension administrative jusqu’a 6 mois.

        • simir simir 15 décembre 2011 08:37

          @ Armand

          Pas d’accord avec vous. S’il y a une procédure elle doit s’appliquer pour tous braqueur ou non. Ce sont des garde fous afin d’éviter toutes sortes de dérives telles par exemple les actes commis par le procureur Nachbar et les flics du SRPJ de Reims quand ils ont frappé Monique Olivier pendand son interrogatoire. Cela a été confirmé par des polciers belge qui ont assisté à a scène.

        • Fergus Fergus 15 décembre 2011 09:41

          Bonjour, Simir.

          Merci pour les précisions sur la rétention du permis.

          D’accord avec vous : la procédure doit s’appliquer à tous de la même manière. A charge pour les acteurs du système judiciaire, qu’ils soient policiers ou magistrats, de suivre cette procédure à la lettre pour éviter tout risque d’annulation.

          Je pense néanmoins qu’il existe des abus en matière d’annulation pour cause de faute de procédure. Dans les cas graves, il devrait être du ressort d’une commission d’invalider les procédures lorsque la faute est vénielle (exemple : manque d’une signature de greffier sur une pièce du dossier) et ne remet pas en cause le fond de l’affaire.


        • Radix Radix 14 décembre 2011 11:08

          Bonjour Fergus

          Le comportement de certains policiers est en grande partie du a un sentiment d’impunité largement conforté par l’absence de sanction dissuasives en cas de faute.

          Ils souffrent du « complexe du poinçonneur » qui veut que toute personne dotée d’un minimum de pouvoir sur les autres finit par en abuser et si en plus il a l’impression d’être soutenu par sa hiérarchie...

          Radix


          • Fergus Fergus 14 décembre 2011 11:19

            Bonjour, Radix.

            Vous avez entièrement raison. A noter qu’à titre personnel je nomme « syndrome de l’adjudant-chef » (souvenir de mon service militaire) ce que vous appelez « complexe du poinçonneur », mais l’esprit est le même !


          • Daniel Roux Daniel Roux 14 décembre 2011 18:01

            @ Radix

            Comme le dit Fergus, c’est au service militaire que le jeune faisait connaissance avec l’autoritarisme borné.

            Un type sympa recevait un galon, il devenait imbuvable.

            La solution serait bien évidemment de former le futur galonné à l’exercice du pouvoir, à ses limites légales, à ses droits et à ses devoirs. Encore faudrait il que ceux qui décident ait acquis ces bases. Et puis cela prend du temps et nuit au rendement.

            Sarko comme ceux qui l’ont précédé, n’attendent pas.


          • Radix Radix 14 décembre 2011 21:56

            Bonsoir Daniel

            Vous avez raison, mais l’armée est maintenant une vieille histoire pour la majorité des jeunes.

            L’armée n’intervenait que sur la moitié de la population, les hommes, parmi eux sur les plus jeunes, a-priori les moins armés pour résister et dans un temps limité.

            La police intervient sur toute la population sans limite de temps et avec des pouvoirs discrétionnaires : voila le malaise !

            Ce que l’on tolérait d’un adjudant-chef abruti (pléonasme ?) car son pouvoir avait une fin, n’est pas tolérable par le même individu qui a changé d’uniforme car son pouvoir n’a lui pas de fin !

            Radix


          • Fergus Fergus 14 décembre 2011 23:26

            Bonsoir, Radix.

            Qui plus est, ce qui était supportable à 20 ans l’est beaucoup moins à 50 ou 60 ans.


          • King Al Batar King Al Batar 14 décembre 2011 11:35

            Bonjour Fergus et merci pour votre artcile.
            Effectivement, je suis en de nombreux point d’accord avec vous. Ayant grandi dans un milieu plus qu’urbain... mais sauvage à la fois, le 93, j’ai ensuite déménagé sur Paris, et je vous avoue que j’ai plethore d’anecdotes toutes aussi surprenantes les unes que les autres, venant de la part des petits bonhommes bleus qui ont, semble t il conjointement avec leur direction, décidé d’appliquer au pied de la lettre leur (parfois) stupides instructions, sans reflechir et n’en on rien a foutre d’être considéré comme des sales cons (qu’ils sont en grande partie, du moins pour les plus bas gradés et moins instruits).

            Je passerai rapidement sur la pire de mes anecdotes personnelles où, me retrouvant en train de séparer un individus que je connaissais qui allais se faire agresser par les mecs de la sécurité d’un hippopotamus, je me suis retrouvé au coeur de la bagarre a devoir defendre un type seul contre 6 mecs, et me faire peter les deux poignets. J’ai bien sur proteger mon visage avec... Au final, comme Hipopotamus a appelé la Police en premier, je me suis retrouvé au poste pour le délit de « Violence Volontaire en Réunion », avec deux poignets pétés... évidemment accompagné avec des menotes (vous pouvez imaginer la douleur). Interpellé à 4h00 du matin un samedi, je suis sorti de Garde a Vue le lundi à 14h00, car la procureur ne travaillait pas le dimanche, et ne suis allé à l’hopital que le Dimanche pour me faire soigner...
            Au final après un procès ou j’ai du payer un avocat, j’ai été relaxé au bénéfice du doute, car les plaignants Hipopotamus (c’est gros ENCULE) ne se sont même pas présentés... C’est sur que deux mecs contre 6 plus baleze, même en étant licensié de boxe, ca passe moyen pour des violences en reunion... Mais peut être que les flics ne savaient pas compter...

            Alors moi les policiers, je les Policiers je les observe. Par exemple, en bas de chez moi, il y a des mecs qui s’installe avec leur petits stands, et qui vendent fruits et légumes dans l’illégalité. C’est certains que pour les primeurs, Carrefour et autre épicier, c’est de la conurrence déloyale j’en conviens, puisque rien n’est déclaré et que forcement les prix sont moins chers. Mais bon, en voyant bien le type on voit bien que c’est un père de famille qui fait ca pour nourrir sa famille. Ce monsieur est contamment, voir quotidiennemet emmerdé par les flics, qui poup une fois font bien leur boulot. A 5 forcément les Starsky en bleus, ils se la pètent... Le problème c’est qu’à moins de 100 metres des pauvres cageots de fruits et légumes, ben y a 8 dealers qui squattent un hall d’immeubles pour vendre shit et autre substance psychotropes nettement plus illégale que des fruits et légumes... Ben ces mecs là, qui au passage sont des mineurs en plus, ne se font jamais emmerder. On laisse faire. On laisse grossir le gamin, les policiers préférant certainement la grosse prise, et au final quand l’un des gosses tombera, il prendra très cher, parce que pendant 2 ans on lui a laissé croire qu’il resterait impuni, donc il a prit de l’ampleur...

            Et encore la ce n’est rien. Le problème des connards de flics (je précise connards parce qu’il en existe des intelligents, malheurseument je n’ai pas eu la possibilité de m’entretenir avec eux), c’est qu’ils se torchent le cul tous les jours avec la présomption d’innoncence... A partir du moment ou on est soupconné, on est coupable, et quand on est coupable selon eux, il vaut mieux fermer sa gueule. Forcément un sombre con, qui n’a même pas son bac, ne peut pas comprendre le concept d’un argument (son cerveau n’est pas formater pour cela) et discuter avec un con sous diplomé, mais conféré d’un pouvoir (celui d’ordonner à quiconque de fermer sa gueule) est un exploit qui se terminera toujours par un sage silence de la part des citoyens, en constatant le mur de connerie auquel nous sommes confrontés.

            Je crois qu’en France, c’est culturel d’avoir des flics cons comme des manches... Regardez Guignol !

            Peut être est ce du au faible niveau scolaire au moment du recrutement, ou a un manque de cours de psychologie, d’empathie, de savoir vivre, etc... Mais l’application d’un pouvoir tel que celui de faire respecter l’ordre, ne doit pas être laisser au mains de mec con, sous diplomé, et armé d’un 9mm... Si en plus le mec est un peu raciste, ca aggrémente le tout, mais ca ce n’est pas un généralité.


            • Fergus Fergus 14 décembre 2011 12:00

              Bonjour, King.

              Merci pour ces témoignages édifiants. Pour ce qui est des modestes et inoffensifs vendeurs à la sauvette emmerdés par les flics alors que ces mêmes flics laissent un peu plus loin les vendeurs de shit prospérer, je confirme pour en avoir été à plusieurs reprises témoin aux Halles et à Belleville.


            • foufouille foufouille 14 décembre 2011 12:39

              "On laisse faire. On laisse grossir le gamin, les policiers préférant certainement la grosse prise, et au final quand l’un des gosses tombera, il prendra très cher, parce que pendant 2 ans on lui a laissé croire qu’il resterait impuni, donc il a prit de l’ampleur..."
              vrai dans des tas d’affaires


            • Fergus Fergus 14 décembre 2011 12:48

              Bonjour, Foufouille.

              Possible. Mais quand on voit, comme cela s’est produit il y a quelques années, des dealers descendre tranquillement sur les voies du RER à la station Les Halles pour récupérer leurs doses planquées entre les câbles situés sur les piédroits des quais, cela relève clairement du comportement anormal, voire du trouble à l’ordre public. Et pourtant cela a continué pendant des mois, au vu et au su des voyageurs présents...


            • foufouille foufouille 14 décembre 2011 14:37

              autre ex
              le gang des chateaux
              gang des scooters au feu rouge


            • armand armand 14 décembre 2011 20:27

              King,

              Si j’analyse les cas de figure que vous relatez, la police est inutilement bête et procédurière pour des prunes mais laisse faire de vrais délinquants.
              Tout à fait d’accord. Le problème c’est qu’avec les vrais délinquants, compte tenu de l’atmosphère actuelle, il y aurait coups de feu et sur ce point la police est entravée. Si elle pouvait faire le ménage dans certains quartiers sans qu’on leur mette des batons dans les roues, elle le ferait.


            • Fergus Fergus 14 décembre 2011 23:30

              @ Armand.

              On ne règlera pas le problème des quartiers difficiles uniquement pas une répression musclée ; mais par un ensemble de mesures, certes répressives, mais aussi préventives, éducatives et économiques. Et cela prendra des années. C’est pourquoi la méthode coup de poing occasionnel de Sarkozy est totalement vouée à l’échec comme il l’a démontré depuis son arrivée place Beauvau.


            • King Al Batar King Al Batar 14 décembre 2011 23:31

              Bonjour Armand,
              Le probleme aussi est que les flic sont comme n’importe quel travailleur, il veut se distinguer pour progresser.
              Je vous parle de ce que j’ai constater. Combien de fois n’ont il pas embarquer des gosses de 16 ans pris en flagrant délit pour les « laisser grossir » et mieux les faire tomber à 20, après 4 pîges de délinquance, de réseaux, et d’entrainement au maniement d’armes (en cave).
              Forcément si on arrete que les gros, on se retrouve confronté a du méchant. Mais les petits, ceux qui rentrent dans le milieu, on les laisse toujours faire.
              Celui qui n’est jamais tombé a toujours cette naiveté qui lui fait croire qu’il ne tombera jamais et qu’il saura s’arreter à temps. C’est quasiement jamais le cas. Alors plus tot que de l’arreter trop tard, quand ca feraille, faudrait s’en occuper avant.
              San Antonio (le plus grand des flics après Berurier) a dit que differer une emmerde c’est le meilleur moyen de lui laisser le temps de croitre.
              Ne pas arreter un gosse qui tombe dans la délinquance quand on le peut (et ils le peuvent) c’est exactement la meme chose.


            • liberal 14 décembre 2011 11:38

              bonjour Fergus

              à partir du moment où une caste d’individus ont du pouvoir, il y a des abus, c’est inévitable

              il ne devrait y avoir de pouvoir qui ne soit contrôlé strictement

              récemment à Anduze lors d’une manifestation, un membre de la hiérarchie de la gendarmerie a intoxiqué avec une bombe des manifestants pacifistes, la séquence a été filmée

              dans un Etat de droit, ce type d’individu serait viré, il n’en a rien été

              la solution, c’est un contre-pouvoir citoyen dénonçant les abus de l’Etat

              comme dit un autre commentaire, la fonction initiale des forces de l’ordre c’est la répression d’Etat, non la protection des citoyens, il en est de même de la justice

              avez-vous remarqué comme les media officiels ont passé sous silence la condamnation symbolique de la préfète voleuse ?

              justice de classe, un juge d’instruction soi disant indépendant, qui, espérant avoir de l’avancement, suit les réquisitions minimalistes du procureur

              il y a aussi le cas, filmé dans un reportage Envoyé Spécial, de citoyens victimes d’arnaques sur internet, très mal reçus par la police (ou la gendarmerie), comme si’ls étaient coupables, afin de dissuader de porter plainte, et d’améliorer les statistiques

              est-ce mieux dans d’autres pays ?

              j’en doute

              exemple : un Australien visitant la France, un Français visitant l’Australie, dans un cas aucun souci à la frontière, dans l’autre, risque de tomber sur des agents tatillons et mal élevés ayant la paranoïa de l’invasion de la grande île ...


              • Fergus Fergus 14 décembre 2011 12:58

                Bonjour, Libéral.

                L’un des grands problèmes de la police en termes d’image tient précisément au manque de sanctions à l’égard des coupables de fautes professionnelles. Une anomalie en partie liée, à mon avis, au trop grand pouvoir des syndicats de policiers, toujours prompts à monter au créneau pour défendre l’un des leurs, non par conviction qu’il y a lieu de défendre des individus fautifs, mais pour envoyer un signal à tous les autres : « venez chez nous, et quoi qu’il arrive nous vous défendrons ! ».

                Je ne suis pas au courant de cette histoire de préfète voleuse, mais il ne m’étonne pas que cela ait été passé sous silence, la hiérarchie de l’information étant beaucoup trop dépendante des ordres venus d’en haut ; ou, ce qui est presque pire, de la soumission de médias qui s’auto-censurent pour ne pas irriter le pouvoir.

                Qu’il y ait des comportements policiers choquant un peu partout, c’est probable. Pour autant, je pense qu’il vaut mieux avoir affaire à des flics scandinaves qu’à des flics américains ou chinois.


              • Fergus Fergus 14 décembre 2011 14:20

                Bonjour, Sabine.

                Le fonctionnement de syndicats en général, et des syndicats policiers en particulier a besoin d’être totalement remis à plat, sans nuire à l’exercice du droit de défense des salariés, mais dans une plus grande transparence. Et pour ce qui concerne la police, il est aberrant que, depuis quelques années, l’on n’entende plus dans les médias que les caciques syndicaux, ce qui ne manque pas d’accréditer li’dée qu’ils font la pluie et le beau temps. Cela devient insupportable !


              • gruni gruni 14 décembre 2011 11:52


                Bonjour Fergus

                La vie à Paris d’après votre témoignage est vraiment trépidante, ne seriez-vous pas victime du délit de faciès smiley
                Concernant la politique du chiffre j’ai surtout le souvenir de contraventions quelquefois mérités d’ailleurs.
                Sauf le jour assez lointain où j’ai été pris par un radar et verbalisé pour excès de vitesse alors que la voiture qui me dépassait ne l’a pas été.
                Enfin les policiers et gendarmes sont des êtres humains souvent stressés et sous pression, il suffit de voir le nombre de suicides dans ces métiers. Ce qui n’excuse pas le manque de discernement parfois.


                • Fergus Fergus 14 décembre 2011 13:01

                  Bonjour, Gruni.

                  Je ne disconviens pas de la difficulté du métier de flic, et en règle générale, j’ai plutôt tendance à les défendre tant leurs conditions de travail sont éprouvantes et ingrates. Pour autant, on ne peut nier qu’il existe des dérives, et elles doivent être pointées du doigt, non pour stigmatisr un corps de métier, mais pour qu’il s’amende dans la mesure du possible.


                • Fergus Fergus 14 décembre 2011 13:05

                  Bonjour, De la hauteur.

                  Vous avez raison : la culture du chiffre est une aberration car elle crée une pression sur les policiers et les oblige trop souvent à privilégier le superflu par rapport à l’essentiel, ainsi qu’à négliger les aspects humains de leur activité, au risque d’enfreindre parfois les droits les plus élémentaires.

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