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Accueil du site > Actualités > Société > La précarité : une plaie pour les personnels associatifs !

La précarité : une plaie pour les personnels associatifs !

L'ACOSS, agence centrale des organismes de sécurité sociale- pilote du réseau URSSAF vient de sortir le bilan 2009 de l'emploi dans le secteur associatif :

Il s'agit de 1, 7 million de salariés, soit 10% de l'emploi du secteur privé, c'est à dire 32 millards d'euros de salaires.

Il s'agit d'un géant au pied d'argile, ce que ne dit pas l'URSSAF .....

En 11 ans, ce secteur a connu une hausse de l'emploi de 30% avec une précarité qui se développe

Beaucoup de Maires vantent à juste titre la richesse associative de leur commune...

Le dynamisme associatif est « la chose la mieux partagée » de Dunkerque à Marseille en passant par le Massif Central. Toutes les communes de France ou presque connaissent cet engouement associatif, et c'est tant mieux...

Mais qu'y a-t-il de commun entre l'association de belote, celle familiale locale et les grandes associations de service... rien ou presque !?

Les premières reposent exclusivement sur le bénévolat et les secondes n'ont comme « bénévoles » que les administrateurs … et encore : les administrateurs peuvent bien être des représentants de collectivités territoriales ou des permanents d'autres associations.

Certaines de ces grandes associations sont les héritières des mouvements d'éducation populaire ou enfance jeunesse d'hier. Elles restent fidèles aux grands principes fondateurs même si parfois elles donnent des coups de canif aux valeurs ...Ah réalisme quand tu nous tiens !.

Les temps sont durs et la réduction drastique de subventions publiques contraint les grands mouvements à réduire la voilure, c'est à dire à licencier du personnel qualifié et à utiliser les emplois aidés et aujourd'hui les « volontaires associatifs » :

Les emplois aidés !

En 2009, on peut estimer à 90 000 l'effectif salarié dans une association dans le cadre d'un contrat d'accompagnement à l'emploi (CAE) ou d'un contrat d'avenir(CA)... Ces personnels, parfois à temps plein mais le plus souvent à temps partiel non choisi sont des salariés jetables...Après un contrat, voire deux ils sont renvoyés au chômage. Tant pis pour eux, quant à l'association qui emploie, elle a le loisir de reprendre quelqu'un d'autre.

Il faut refuser ces contrats « kleenex » et exiger que les contrats aidés soient pérennisés... Ce qui suppose des garanties apportées aux salariés quant à la durée de leurs engagements.

Ces associations remplissent une mission de service public...Si les collectivités territoriales reprenaient à leur compte le service rendu, le coût serait beaucoup plus élevé.

Le « volontariat » !

Le volontaire perçoit une indemnité qui ne peut pas être supérieure à 50% de la rémunération afférente à l'indice brut 244 de la fonction publique ( indice majoré de 295) soit 682,97 euros à compter du 1er janvier 2011 .

Ces personnels reçoivent bien moins que le SMIC et bien moins que le seuil de pauvreté....

Logiquement et dans les textes une association ne peut pas licencier des personnes et en recruter d'autres sur des emplois aidés...Oui mais, il suffit d'un tour de passe passe avec un changement d'intitulé ....

Au CNEPJ ( Conseil National de l’Éducation Populaire et de la Jeunesse) tous les syndicats de salariés se sont opposés à la création du volontariat et à celle du contrat d'engagement éducatif qui permet à des employeurs de verser une indemnité égale à 2,2 heures de SMIC pour une journée de travail dans les centres de vacances ou les accueils éducatifs...

Après l'adoption de ces dispositifs, les syndicats ont voulu faire appel auprès des juridictions françaises et même européennes....

Il ne fallait pas compter sur la pugnacité des Confédérations qui auraient pu relayer cette bataille :

les Comités d'entreprises n'utilisent-ils pas, eux aussi ces dispositifs assurant une main d’œuvre à bon marché....Quant à la FSU , ses relations partenariales et amicales avec les grandes associations enfance jeunesse la conduisent à plus que de la modération !

Il est clair pourtant qu'avec ces emplois qui dérogent au code du travail, il y a un risque double :

- une paupérisation et une précarisation aggravées

- une préfiguration du rêve du MEDEF : le libéralisme triomphant.

Depuis ces dernières années, les associations d'aide à domicile ont pris de l'essor , elles sont par ailleurs responsables de près d'un quart des emplois créés depuis 1998 dans le secteur associatif.

Le nombre d'emplois partiels et à courte durée y est important, ce qui n'est pas sans poser des problèmes pour un personnel qui connaît la précarité.

Pour la stabilité des aidants et pour une continuité des soins, n'est-il pas nécessaire de mettre fin à la multiplication d'associations parfois concurrentielles qui vivotent ?

N'est-il pas indispensable que se constitue un véritable service sanitaire et social, d'aide à la personne dans le cadre du service public ?

Jean-François Chalot


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4 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 24 février 2011 10:39

    Fini en effet le temps où l’Etat déversait de l’argent sur le secteur associatif. Les restrictions qui ont commencé depuis près de 10 ans vont continuer à saper l’emploi. Connaissant bien ce secteur, je sais aussi que s’il y avait du bon, de l’utilité publique, il y avait aussi bcp de gabégie. Pour avoir trop attendu, on paye une facture plus élevée. 30% d’augmentation, c’était déjà trop pour un Etat surrendété. 


    • eric 24 février 2011 14:44

      Chalot, vous conservez vos oeilleres. Le Medef n’y est pour rien. Nul part, dans le prive, tres encadre juridiquement, et consient de l’importance de ses personnels, vous ne trouverez une jungle sociale comparable a ce qu’est l’emploi associatif. Ce monde associatif a pour caractéristique d’être très massivement a gauche. C’est le cas notamment de la plus part des employeurs voyous qui utilisent toutes les méthodes que vous décrivez et en toute bonne conscience, parce qu’il le fond dans l’intérêt de l’idée, de l’association et qu’ils sont par nature bon, puisqu’ils s’occupent des autres. Mais pas n’importe quelle gauche dans l’ensemble. Les employés du monde associatif sont l’arrière garde du proletaria de gauche qui est et sera sacrifiée sur l’autel des déficit publics par la gauche a statut fonctionnarisée. Elle sait très bien que les 32 milliards sont de l’argent public et qu’en ces temps de vaches maigres, c’est sur le dos des non statutaires que l’on peut faire des économies. je vous renvoi a nouveau a mon article ou j’explique que non seulement ils sont sacrifies, mais ils sont utilise a tous egard par les grands frères de la gauche de gouvernement.
      http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/partager-a-gauche-pour-degonfler-54982

      Si l’emploi a tellement cru, c’est parce qu’il est plus difficile et plus couteux de créer de vrais emplois publics et aussi parce qu’il faut bien que quelqu’un fasse le travail quand même.

      Aujourd’hui, vous avez le choix entre la gauche qui vous promet qu’en faisant payer les riches, on parviendra a titulariser tous les précaires et la droite qui vous dit qu’en évaluant l’efficacité des politiques et dépenses publiques, on essaiera de trier entre ceux qu’il faut et que l’on peut financer et ceux sur lesquels on peu économiser, indépendamment des statuts mais en fonction des situations.
      En votre âme et conscience, qu’est ce qui est le plus credible, le plus réaliste ?


      • french_car 24 février 2011 16:21

        Merci pour cet excellent article. On ne dénonce pas assez l’exploitation de personnels par de pseudo-associations dont l’encadrement se rémunère grassement sur le dos des personnels, des clients et de l’Etat puisque tant qu’à faire on touche aussi des subventions.
        Le gouvernement ferme les yeux, y toucher entrainerait sans doute le passage de « pauvre précaire » à « pauvre chômeur » pour certains et adieu les statistiques chères à Bertrand.


        • CHALOT CHALOT 24 février 2011 18:32

          Merci French car

          Eric !
          Je m’occupe d’une association qui s’appuie sur 60 bénévoles et qui anime une structure sociale de proximité...
          Si demain la ville reprend le service et ouvre un centre social, il lui faudra sortir chaque année au moins 120 000 €...
          Des associations, très grosses pressurent leur personnel mais d’autres, nombreuses assurent un vrai service et à moindre coût

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