Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > La prison ou la bonne conscience politique

La prison ou la bonne conscience politique

Le consensus sur les prisons vaut celui sur l’écologie : c’est un thème de fin de quinquennat pour éclairer le suivant. Il fait chaud au coeur, donne l’impression d’un accord des sensibilités et des humanismes. L’aurore va luire, c’est sûr.
Pourquoi pas après tout ? Il paraît que les principaux candidats à l’élection présidentielle s’engagent à mettre en oeuvre une loi de réforme pénitentiaire. Tous, sauf Philippe de Villiers, ont répondu aux Etats généraux de la condition pénitentiaire et la prison serait devenue "un sujet qui fait presque l’unanimité" (Le Monde du 17 janvier 2007). Je me garderai bien de sourire devant ces promesses si traditionnelles, qui sont crues avec bonheur, avant que la désillusion de la réalité ne les laisse dans leur statut de virtualités. Convenons, au contraire, du sérieux et de la gravité de ces adhésions d’aujourd’hui comme si les prisons étaient devenues, toutes affaires cessantes, la priorité sociale du jour.
Qui pourrait se désoler que notre démocratie, représentée par des candidats estimables et de qualité, soit favorable au respect des droits des détenus et à des conditions de détention plus dignes ? Qui pourrait se plaindre du fait que la plupart des doléances exprimées par des prisonniers, dans leurs réponses à un questionnaire, soient faciles à satisfaire, si on voulait bien consacrer à leur accomplissement un peu de temps et beaucoup d’argent ? Qui pourrait refuser que la surpopulation pénale se répartisse dans des établissements plus nombreux, qui sauraient tenir compte de son extrême diversité ? Tout cela est bel et bon, et il serait malséant de présumer que l’avenir ressemblera forcément au passé. Il y aura sans doute des avancées, des progrès mais ceux-ci ne seront possibles que si, par ailleurs, on ne se leurre pas.
En effet, il est impossible que la prison demeure à l’abri des violences sociales, du désir de sécurité et de justice des citoyens et, plus généralement, de la vie autour d’elle. Pendant que le consensus du coeur semble s’opérer à son sujet, délits et crimes continuent à être commis. Ce n’est pas par méchanceté gratuite qu’on incarcère. Ce n’est pas cynisme politique que d’affirmer que seule la droite a eu, depuis longtemps, une politique pénitentiaire cohérente en construisant de nouveaux lieux d’enfermement. Pour que la protestation ne demeure pas vide de sens devant les incommodités banales ou terribles de l’existence des détenus, a-t-on un autre choix que d’améliorer l’état des prisons existantes et d’en construire de nouvelles ? Si l’humanisme consiste à plaindre, sans rien proposer qu’une mansuétude qui, en libérant de la malfaisance, offenserait la société, autant dire qu’il porterait une lourde responsabilité. Pas davantage que les magistrats, les politiques n’ont à se faire plaisir en faisant passer au premier plan leur bonne conscience, au détriment de la sauvegarde de tous. A lire et à entendre beaucoup de ceux qui se sont fait une spécialité du discours miséricordieux unilatéral, l’humanisme à prodiguer aux détenus serait incompatible avec la compassion et le respect dus à la majorité qui se contente d’être honnête et digne. Je ne crois pas que ces exigences soient contradictoires et, si elles l’étaient, il faudrait oser affirmer la priorité sociale contre l’autre. Aussi, tenter de soutenir par démagogie que plus d’enfermement ne créerait pas plus de sécurité et que cette politique aurait échoué - Ségolène Royal est allée dans ce sens - ne me semble pas pertinent. D’abord, pense-t-on sérieusement qu’une société vivante et libre pourrait tarir toute criminalité ? Que sait-on, par ailleurs, de ce qu’une autre pratique - moins de prison, plus de liberté - aurait entraîné comme effets ? Sans doute infiniment plus de violences et d’agressions contre les personnes.
Ce même article du Monde auquel j’ai fait allusion signalait aussi la déception de l’Observatoire international des prisons (OIP) parce que Nicolas Sarkozy n’avait pas avalisé l’une de ses propositions, selon laquelle la prison doit être " un dernier recours ". Heureusement qu’il ne l’a pas consacrée car, si elle constitue une bienséance théorique, elle n’a pas le moindre rapport avec la réalité que les forces de police et de justice doivent affronter quotidiennement. La prison peut être un dernier recours dans un système idéal ou lorsqu’une destinée judiciaire correspond à une progression pénale abstraite, qui fait passer de l’amende à la réclusion criminelle par le travail d’intérêt général, le sursis et le sursis probatoire par exemple. Ce qui caractérise profondément les trajectoires individuelles coupables, c’est au contraire leur extrême diversité. Elles peuvent atteindre d’emblée le pire, donc la prison, ne jamais la nécessiter, ou l’imposer à un certain moment de leur histoire et non à un autre. Pour certaines tragédies, la prison ne peut pas être un dernier recours parce qu’elle se doit d’être le premier. Pour de nombreux comportements transgressifs, le désastre est moins la prison elle-même que la prison à contre-temps, trop tôt ou trop tard. Trop tôt elle peut briser, trop tard elle perd son sens. Aussi, que vaut un engagement certes séduisant intellectuellement, mais concrètement absurde ?
Plutôt que de se jeter avec frénésie, parce que le temps spécial d’une campagne l’autorise, dans une surenchère du genre "nous avons tous du coeur et demain on punira gratis", mieux vaudrait saisir que la seule manière de donner à la prison une place à la fois nécessaire et mesurée serait de mettre en oeuvre une véritable et efficiente politique de l’exécution des peines. Pour prendre un exemple banal, c’est parce qu’on pressent que le mois avec sursis, révoqué, ne sera jamais effectif qu’on a tendance à faire de la prison un horizon indépassable. Si chaque sanction était suivie d’effet et exécutée, l’enfermement perdrait de sa sombre magie, qui tient seulement au fait que la prison constitue une assurance répressive.
Il ne suffit pas de laisser croire à un consensus sur les prisons pour que tous les citoyens soient dupes. On ne peut désirer tout et son contraire, une police efficace mais désarmée, une sécurité et une justice fortes mais sans prison, une démocratie digne mais des prisons matériellement indignes, un Etat sans autorité, un humanisme sans vigueur.
Que restera-t-il demain de ces mouvements seulement généreux d’aujourd’hui ? Pas grand-chose, je le crains. Le réel se venge toujours quand on l’oublie.


Moyenne des avis sur cet article :  3.77/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

19 réactions à cet article    


  • Bill Bill 19 janvier 2007 10:29

    Je vais vous paraitre insensible et plutot méchant, mais l’amélioration des conditions de vie en prison m’indiffère...

    Par contre, je trouve que la prison est devenue la punition facile. Pourquoi ne pas mettre les chauffards au service des accidentés de la route, ou des handicapés dans les hopitaux (avec une amende en plus... !) ? Pourquoi ne pas imaginer des peines différentes, ayant si c’est possible trait à l’entraide sociale ? Que les plus mauvais d’entre nous aident les plus faibles, c’est en forgeant parait-il que...

    Bill


    • ZEN zen 19 janvier 2007 12:28

      Bill

      Tiens, une bonne idée, à creuser...réhabiliter intelligemment ,resocialiser plutôt que punir, quand c’est possible.La prison,telle qu’elle est envisagée en France prépare la récidive pour beaucoup.


    • (---.---.38.189) 19 janvier 2007 11:33

      Il y a dans les prisons un énorme réservoir de main d’oeuvre inexploitée, qui par conséquent coûte sans rien rapporter.

      La mise en oeuvre d’un système de réparation des conséquences de l’incivisme par le travail civique ne necessiterait que la création d’un encadrement ad hoc.

      Ces travailleurs percevraient un salaire leur permettant de financer leur entretien, tout comme en société, mais ne percevraient aucune allocation encourageant l’oisiveté.

      Celà favoriserait la réhabilitation, serait économiquement utile et limiterait l’importation de main d’oeuvre extérieure pour la réalisation de grands chantiers publics.


      • seb59 (---.---.180.194) 19 janvier 2007 14:08

        Certains candidats à l’election presidentielle disent qu’il faut moins de repressif, moins de prisonniers. Comment faire ? Ils ne le disent pas, et on a deja fait beaucoup dans le social et la prevention de la delinquance, sans succes.

        Puisque (malheureusement ?) la peine de mort a été abolie, la prison ou les sanctions s’en rapprochant reste le seul moyen de pression ultime de la justice.

        Faire travailler les courtes peines dans des travaux d’interet civil en leur ajoutant des amendes desengorgerait peut etre les prisons. Pour les lourdes peines, je trouve interessant le systeme des chain-gangs aux USA : les detenus sont dans des cellules propres, mais austeres sans confort, ni fenetre. La promenade se fait dans un grand hall fermé. Pour voir l’exterieur ils doivent accepter de faire des travaux à l’exterieur de la prison, enchainés les uns aux autres dans des combinaisons roses. Pas vraiment agreable pour l’ego. Ceci semble donner de bons resultats, car le nombre de recidivistes etait beaucoup moins elevé.


      • ZEN zen 19 janvier 2007 16:15

        @Seb 59

        « faire des travaux à l’exterieur de la prison, enchainés les uns aux autres dans des combinaisons roses. »

        J’ai vu un document là-dessus (sur la 5 , je crois) : cela donne froid dans le dos.Cela ressemble à un bagne « soft »...


      • erdal (---.---.242.88) 19 janvier 2007 12:02

        Sujet bien difficile et qui est le reflet de la défaite de la collectivité. Lorsque vous évoquez la prison, il est clair que c’est un constat d’echec et son nombre est surement le baromètre indiquant le degré de civilisation d’un pays. Mais essayons de comprendre dans les grandes ligne le pourquoi du comment et la manière de réagir face à ce fléau qui est je le rappelle en grosse partie la conséquence de ce qui nous entoure.

        Tout d’abord, pourquoi les prison sont de plus en plus surpeuplées : Il y a surement un point commun entre tout ces detenues, c’est leur faiblesse face à la tentation qui est le produit des images sociétale. En quelques mots, je dirais que des forces ont poussé ces personnes à franchir la barrière de la loi car surement ils étaient démunis face à leurs propre pulsions.

        Ensuite, comment redonner un sens civique à leur action sachant que pour la plupart le franchissement de cette barrière est comme une spirale qui vous tiens comme une sangsue aggrippée au plus profond de votre être. Bien difficile dans ces cas là de remettre une personne dans le monde civique, si les frustrations ne sont pas vaincu et sachant que la prison est un lieu où tous les vices existent.

        Pour ma part concernant la population carcérale, je sais que les pédophiles et les jeunes issue de l’immigrations font parti de ces personnes ou le taux est trop élevé. Dans le premier cas, l’abondance du sexe dans la société n’aide pas au contrôl de leur libido et comme se sont des personnes réagissant aux images même publicitaire, il en dégage pour ces être une frustration qu’il les méne à franchir cette barrière qui est pour moi le plus ignoble des actes. D’autre part, les jeunes de banlieue qui sont en majorité des jeunes frustrés de leur condition sociale cherche par tous les moyens d’assouvir leur propre frustration qui est de pouvoir se valoriser comme le bourgeois du coin, afin d’exister socialement et surtout auprès des siens.

        De plus, je voudrais terminer sur une remarque qui n’est pas négligeable. C’est le constat que la société actuelle tend vers une féminisation et laisse peu de place aux hommes en général. Car si l’on prend un homme avec sa nature profonde, il serait immédiatement sous les verrous. Et si le phénomène prend de l’ampleur, il est clair que les hommes à l’état brute seront tous voués à être en prison et la seul échappatoir est de faire abstraction de sa propre nature.

        Pour finir, la condition de ces personnes ne sont pas une fatalité. Mais l’objectif premier pour les détenus est de retrouver le sens de la gravité de leur actes et les armer afin de na pas réitérer leurs actes. Pour cela, il faut pour le pédophile trouver la force de vaincre sa turpitude et pour le jeune de banlieue, lui donner une formation et un travail afin de retrouver une condition digne.

        Bien entendu, certaines personnes sont incurables et sombre déjà dans le chaos. Mais notre rôle de civilisé n’est pas d’essayer encore et encore.

        cordialement

        erdal


        • seb59 (---.---.180.194) 19 janvier 2007 14:18

          Je pense que vous trouvez beaucoup d’excuses à tout le monde. Pulsions, desirs, besoins...

          Nous avons tous des pulsions, des envies que nous devons repousser.

          Moi j’ai envie d’aller dans un magasin et de prendre ce qui me plait. J’aimerai bien aussi embrasser cette jolie blonde là bas, et taper la vieille qui prend de l’argent au distributeur. Mais je ne le fais pas. Pourquoi ? parce que, normalement, il va y avoir des consequences financieres, physiques et sociales pour moi.

          En trouvant des excuses à bon nombre de personnes, à cause de leur origine sociale, de leur age, de leur race, la justice a perdu toute autorité et toute credibilité. La justice doit etre FERME. Dans le cas contraire, tot ou tard, chacun devrait se faire justice lui meme pour se defendre et defendre ce qui lui est cher.


        • clem (---.---.14.58) 19 janvier 2007 20:54

          seb59,

          l’article concerne la prison, pas la justice. La justice, ce n’est pas forcément la prison... Il existe beaucoup d’autres peines ; le sursis a été inventé au XIXième siècle. En tout cas, je ne vois pas pourquoi la justice devrait avoir des moyens de pression, elle a plutôt des moyens de sanction. Et une sanction peut être positive ou négative.


        • seb59 (---.---.180.194) 22 janvier 2007 09:19

          @ clem

          j’aimerai que tu m’expliques ce qu’est une sanction « positive ».

          Si c’est positif et que c’est benefique pour la personne, elle est ou la sanction ?


        • Juge Bilger en prison[cause : Partialité] ! (---.---.113.30) 19 janvier 2007 15:58

          Dérogation du loi par Bilger donne 25 ans en prison

          Publiquement Bilger s’est prononcé dans cinq cas :

          — Il y a une interdiction pour des professions
          — comme des juristes de se prononcer en public.

          — Dérogation du loi par un juge[ « several counts » ]
          — donne 5 ans en prison.

          Conclusion :

          Toutes les procédures juridiques doivent être révisées à ceux Bilger a participé.

          Sur des frais d’État publier des autres thèmes est un point en plus.


          • CAMBRONNE CAMBRONNE 19 janvier 2007 17:08

            EXCELLENTE QUESTION MONSIEUR BILGER

            Qui n’est pas prés d’être traitée parceque les français se foutent massivement du sort des prisonniers .

            Pour ma part je pense que deux priorités doivent être prises en compte : La propreté des locaux et un suivi psychiatrique sérieux . Le reste c’est de la bouillie pour les chats .

            La prison devrait ausssi selon moi être remplacée par des camps de travail sans tenues roses mais avec travail obligatoire : « Le travail rend libre »

            Peu de gens savent qu’il y a des prisons privées en France créées par Albin Chalandon et dont le programme a été maintenu par la gauche . Je connais le directeur del’ une d’entre elles . Ca marche bien , c’est géré sur le plan infrastructure et logistique par la lyonnaise des eaux et la discipline relève du ministère de la justice qui paie un loyer .

            Je ne sais pas le pourcentage que cela représente aujourd’hui mais je pense que c’est à développer .

            Salut et fraternité .


            • Briseur d’idoles (---.---.162.55) 19 janvier 2007 18:58

              M. Bilger, vous avez parfaitement raison, mais on pourrait parler également de « la bonne conscience des magistrats » ?

              S’il avaient la conscience quelque peu troublée, ils feraient un autre métier !


              • moebius (---.---.21.71) 21 janvier 2007 21:02

                La prison ou la bonne conscience politique ? J’opte pour la bonne conscience politique


                • moebius (---.---.21.71) 21 janvier 2007 21:04

                  Et pour vous ce sera plutot pommes de terre ou patates ?


                • Don Diego (---.---.105.23) 22 janvier 2007 07:40

                  Faites manger des carcasses pourries aux bovides et vous obtenez la maladie de la vache folle. Abreuvez la populace de divertissements plus putassiers les uns que les autres et vous obtenez une generation de sauvages avec lesquels il va falloir se colleter !

                  Une censure des medias est le prealable indispensable a l’assainissement de l’espace public. Puis l’homologation NF de belles cannes en bambou pour rosser les malappris des le plus jeune age , enfin , le retour a la peine de mort etendu aux trafiquants de drogues , pedophiles , crime organise etc... Nonobstant l’inauguration de chatiments corporels pratiques en public tels que l’amputation de la main des voleurs confirmes qui, par leur vertu pedagogique garantiront un effet dissuasif.

                  Les prisons ne serviront plus qu’aux prevenus en attente de jugement.

                  Economies / efficacite / paix publique.

                  le reste n’est que poesie.


                  • moebius (---.---.132.215) 22 janvier 2007 22:01

                    « le reste c’est de la bouillie pour les chat », « le reste c’est de la poésie » ( voir au dessus) et c’est sans commentaire


                    • moebius (---.---.132.215) 22 janvier 2007 22:06

                      Pardon c’est « le reste n’est que de la poésie », citation exacte


                      • moebius (---.---.132.215) 22 janvier 2007 22:07

                        pour vous si je vous comprends bien ce serait donc plutot prison que bonne conscience


                      • cai (---.---.167.241) 24 janvier 2007 23:33

                        Victime d’une erreur judiciaire, infiniment plus grave que l’erreur judiciaire d’Outreau, la faute lourde pour l’état ne fait, dans mon cas, pas l’ombre d’un doute, je prends prochainement la liberté d’exposer sur ce site cette cruelle expérience avant d’en faire un développement médiatique que j’espère (dans l’intérêt de tous) retentissant, 152 jours de ma vie en prison, sans aucune justification possible de quelque nature que ce soit, cette fois-ci, aux magistrats (comme ils ont essayé de le faire, dans l’affaire dite « d’Outreau » pour essayer d’expliquer leur erreur).

                        Ayant observé de l’intérieur, la prison de la Santé, à Paris, je vais également développer sur ce site, la problématique de la prison, en prenant, bien entendu de la hauteur, en étant le plus possible attentif à l’intérêt de la société, je crois qu’il y a des solutions possibles, et raisonnables financièrement, le système actuel, ne fait qu’aggraver les choses, que ce soit sur le plan du coût de fonctionnement du système, que sur la possible réinsertion des détenus, d’un système moyenâgeux nous pouvons passer à un concept réaliste est efficace, qui permettrait le consensus.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès