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Accueil du site > Actualités > Société > La qualité de vie ne progresse plus. L’Occident sera-t-il un naufrage (...)

La qualité de vie ne progresse plus. L’Occident sera-t-il un naufrage ?

La récession prévue pour 2009 ne sera pas suffisante pour susciter une prise de conscience sur la production des biens et services, les règles de fonctionnement technocratique, les répartitions et la qualité de vie. Pourtant, l’ère du progrès matériel comme ressort de la qualité de vie est sans doute derrière nous. Voici quelques brèves notes pour faire réfléchir.

Pour commencer, démystifions la comparaison dans l’absolu des revenus. L’opinion, lorsqu’on lui met en face des yeux les chiffres des salaires français et chinois, pense inévitablement que l’ouvrier chinois est un pauvre misérable. Or, les chiffres sont trompeurs. Tout simplement parce qu’un salaire chinois sert à acheter des biens et services au prix du marché en Chine, et comme les prix sont peu élevés, un ouvrier chinois dont le salaire est cinq fois inférieur à celui de son homologue européen n’aura pas un niveau de vie cinq fois inférieur. La vie est moins chère en Chine et le raisonnement vaut également pour beaucoup de pays en développement. A l’inverse, un ouvrier irlandais aura, à salaire égal, un niveau de vie matériel un peu inférieur à celui d’un Français, parce que la vie est plus chère en Irlande.

Poursuivons par une anecdote. C’était je crois en 1981. J’avais pris un jeune en stop et bien évidemment nous avons causé. Un souvenir m’a marqué. Il me parla de ses parents, père technicien, mère ouvrière ou l’inverse, peu importe. Ils étaient propriétaires d’un logement à Saint Etienne mais aussi d’un petit deux pièces à la Grande Motte, station balnéaire qui est à Saint Etienne ce que Narbonne est à Toulouse, Deauville à Paris ou Arcachon à Bordeaux (mais tout de même à 4 heures de route) C’était cela les Trente Glorieuses, la possibilité pour un ménage moyen d’accéder à un niveau de vie conséquent. Sans doute, les constructions étaient peu chères, les salaires avaient augmenté, mais les gens vivaient de mieux en mieux. Ce processus s’est poursuivi pendant le premier septennat de Mitterrand, mais le délestage social avait commencé et les banlieues s’enfonçaient dans la pauvreté et le chômage.

Le progrès a quand même permis une élévation du niveau de vie depuis les Trente Glorieuses. Mais le point d’infléchissement est en passe d’être franchi. Disons pour être simple que la croissance modeste mais soutenue depuis la dernière récession, disons depuis 1994, n’a pas engendré une élévation de la qualité de vie. Quant au niveau de vie, il n’est pas forcément lié à la qualité de vie. En vérité, il y a trois critères. Le niveau de vie rationnellement chiffré avec les calculs économiques (c’est le pouvoir d’achat) ; le niveau de vie réel, déterminé qualitativement et quantitativement par les biens-services utilisés après achat ; et enfin, la qualité de vie, autrement dit, le bien-être procuré par l’usage des biens-services. On comprend bien que rien n’est tangible. Que la qualité de vie n’est pas causalement liée au niveau de vie. On peut être cadre à la Défense, habiter dans une zone pavillonnaire de Cergy, et disposer d’une qualité de vie inférieure à celle d’un technicien habitant une localité des Landes ou des Charente. 

Le pilier de café philosophique saura disserter sur le fait que tout est relatif. Maintenant, une analyse disons proche de celle menée par la prospective, permettra de dessiner des traits et autres arguments rationnels montrant que le niveau de vie stagne, même en cas de croissance. Quelques exemples. La téléphonie mobile, l’Internet, voilà des dépenses nouvelles devenues incompressibles pour les ménages. Le Net apporte un plus, c’est certain, mais les mobiles, ça se discute. Etre joint à tout moment et tout lieu n’apporte pas une qualité de vie supplémentaire. C’est juste utile pour certaines professions. Les dépenses de loyer ont crû à un taux bien supérieur à l’inflation. Des millions de Français n’ont pas accès au progrès parce que leur budget est amputé d’un loyer. La proportion de Français partant en vacances n’a plus augmenté depuis des années. Le prix des hôtels et des gîtes a augmenté. Beaucoup de choses du reste, en raison des normes bureaucratiques édictées par Bruxelles. Contrôle des armoires réfrigérées, par exemple. Pourtant, les gens allaient au marché ou chez l’épicier il y a trente ans sans courir le risque de s’intoxiquer.

Le cas de l’automobile est exemplaire. Ce véhicule fait partie de notre qualité de vie. Il permet de se déplacer librement. L’automobile est devenue accessible au plus grand nombre mais depuis quelques années, le budget nécessaire pour disposer d’un véhicule est en augmentation. Le prix des voitures n’a pas baissé parce que des équipements se sont surajoutés d’année en année. Air bag, électronique, ABS, climatisation. Il n’est pas certain que ce soit un plus. L’air bag est sans conteste un élément de sécurité, et l’autoradio une nécessité mais le reste… Contrôle technique tous les deux ans, réparations imposées sans être forcément nécessaires à la sécurité, assurance en augmentation (mais moins ces dernières années) et surtout, l’essence à la pompe et le tarif des interventions mécaniques dont l’augmentation a été supérieure à l’inflation. Bref, cet instrument indispensable à la qualité de vie ampute le budget.

Les dépenses de santé. Là aussi, on touche à un élément déterminant la qualité de vie, voire même l’allongement de la vie, bien que la fin de vie soit devenue un fardeau pour certains. Les dépenses de santé amputent le budget. Elles sont nécessaires mais une certaine vulgate socialisante nous incline à accepter qu’on dépense de plus en plus pour les soins parce que c’est nécessaire. Et là, rien n’est sûr car la gabegie du système de santé est présente, les abus biens connus. Et de plus, la folie bureaucratique s’est emparée du système hospitalier si bien que les personnels de santé passent une partie de leur temps à tout consigner et tout enregistrer. Et pourquoi ? Pour satisfaire l’appétit de chiffres des gestionnaires et surtout se prémunir contre un procès en cas d’erreur. Il faut dire que les usagers sont de plus en plus persuadés que le système doit être infaillible et pas plus tard que hier, l’épouse de la victime d’un arrêt cardiaque porte plainte pour mise en danger de la vie d’autrui parce qu’il y a eu un dysfonctionnement de la prise en charge.

Les collectivités locales ne sont pas en reste avec la ponction fiscale pour des équipements et des dépenses de fonctionnement pas toujours justifiées. La politique de proximité, c’est comme la consommation de masse, c’est le superflu et l’accessoire fourni par la bureaucratie locale et durable, comme le développement du même nom.

Le vieillissement de la population va peser très lourd sur un système de santé qui de plus, sait s’y prendre pour se mettre les barres bureaucratiques dans les roues. Le système des retraites, au vu des évolutions, va imploser. Il ne sera pas possible de maintenir l’indexation des retraites sur l’inflation au vu de l’allongement de la durée de vie qui de plus, concerne les professions supérieures, celles dont les retraites sont les plus élevées. Qui va payer dans dix ans ? Les entrants sur le marché du travail seront-ils prêts à amputer leur revenu pour financer les anciens ? Le processus a déjà commencé, en Grèce, on les appelle les 600 euros, en Espagne, les 1000 euros, et bientôt ce sera pire. L’avenir de notre jeunesse se résume en une formule, « vie de merde » pour la majorité et des places correctes pour une minorité.

Il est certain que les écrans plats vont baisser, que le PC est accessible pratiquement à tous, y compris l’Internet, que l’agriculture subventionnée et industrielle permet de bouffer à tous, moyennant 1 euro la boîte d’un kilo de petits pois. Mais la qualité ne vie ne va plus augmenter, sauf pour une minorité et ce sera le principal défi à relever que de renverser la tendance. Ce ne sont pas les petits moyens de la réforme, y compris celle de Sarkozy, qui vont changer la donne. Rien n’est déterminé. La pénurie d’élévation de la qualité de vie peut être vécu de manière insurrectionnelle par la population, ou de manière résiliente, ou encore sur un mode philosophique engageant une politique de l’intelligence. Dire que nos dirigeants en sont à croire en un salut par l’économie de la connaissance. Ils ne voient pas que ce n’est pas un salut mais une manière de pallier artificiellement à une crise de civilisation. L’obstacle au progrès, c’est la bêtise humaine, et la solution, c’est l’intelligence humaine appliquée aux règles de fonctionnement de la société, le tout accompagné d’un éveil spirituel généralisé, seul moyen de faire un saut dans la qualité de vie.

 


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49 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 10:57

    Bonjour,

    Si une âme charitable pouvait corriger ce lapsus à la fin, ce n’est pas le PS qui est accessible à tous (y compris pour 10 euros, soldé par Ségolène) mais le PC. Qui n’est pas le parti communiste mais le personnal computer


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:11

      Merci pour la correction
      AU passage, pourrais-je avoir le sticker Yahoo vu que le billet a été repris par les Yahoourts de l’info ?


    • Thucydide Thucydide 30 décembre 2008 11:55

      Excellent constat totalement ignoré par nos technocrates, de gauche comme de droite, qui font toujours comme si tout allait de mieux en mieux, alors que c’est de mal en pis. 

      Il manque toutefois à cet article une donnée cruciale : la dégradation de notre qualité de vie vient surtout de notre entassement toujours plus dense sur un territoire non extensible, ce qui commence par les zones urbaines (mais qui s’étendra inexorablement au reste). Le raisonnement simpliste : natalité = plus de consommateurs = plus de retraites = plus de croissance est complètement faux en termes de qualité de vie, et il l’est très certainement en termes de niveau de vie, vu la difficulté d’insérer dans la vie active de manière durable et satisfaisante une quantité croissante de jeunes.


      • Yvance77 30 décembre 2008 11:57

        Trés bon p’tit post


        • Yohan Yohan 30 décembre 2008 12:09

          "Et de plus, la folie bureaucratique s’est emparée du système hospitalier si bien que les personnels de santé passent une partie de leur temps à tout consigner et tout enregistrer"

          Ajoutons à cela, l’allongement des journées non travaillées. S’il y a des problèmes dans nos hôpitaux en ce moment, c’est qu’une bonne partie du personnel est parti à la neige. Les stations n’ont jamais été aussi pleines. A mon boulot, le téléphone ne sonne plus depuis le 21 décembre.


          • c.d.g. 30 décembre 2008 13:02

            si les gens sont tous aux sport d hivers, il y a moins de gens en ville et donc statistiquement moins de malade ou d accident (en supposant le % d accident constant. partiellement faux par ex moins de traffic auto -> % accident en baisse)

            c est quand meme agacant cette idee de lier tout ce qui ne va pas aux 35 h
            Il y a 15 ans, il y avait aussi pas beaucoup d activite entre le 25/12 et le 1/1 ou en aout !

            le pb majeur des hopitaux c est le vieillissement de la population !
            on peux certes organiser mieux les hopitaux mais au final il faudra decider :

            - soit de payer plus (assurance privee ou impots peu importe, c est de l argent qu il faut prendre dans les poches des gens productifs au final)

            - soit de limiter les soins a partir d un certain age (ou souhaiter une bonne canicule chaque année)


          • thomthom 30 décembre 2008 12:19

            Vous avez bien raison.

            On accede de plus en plus facilement à tout un tas de gadgets technologiques certes sympathique mais objectivement pas indispensables

            Par contre, il est de plus en plus difficile d’accéder et de payer pour les biens de première nécessité.

            Habitez en ville, et vous payerez une fortune pour des produits frais de qualité souvent médiocre.

            La flambée des prix immobiliers a pour conséquence désastreuse de voir des cadres ayant fait des études supérieures et asumant de sacrés responsabilités moins bien logés qu’un ouvrier des années 80 (et sans réelle perscectives d’amélioration de sa situation tant que les prix ne seront aps redescendus sur terre).

            Est-il nécessire de rappeler que le logement est le premier poste de dépense des ménages. Une fois que les "nouveaux arrivants" de cette société sont asphixiés par ce poste budgétaire devenu délirant, quel espoir et quelles ressources leur reste-il pour avancer dans la vie et avoir des projets ? Meme dans de nombreux pays "pauvres" (asie du sud est, amérique du sud), les population sont mieux logées qu’un jeune vivant aujourd’hui en France.


            • samregarde samregarde 30 décembre 2008 12:34

               "et enfin, la qualité de vie, autrement dit, le bien-être procuré par l’usage des biens-services. "

              Peut-être que si nous en sommes là, c’est bien parce que d’aucuns, y compris vous, M. Dugué, peuvent écrire cela, alors qu’au fond nous savons bien que la qualité de vie ne saurait se réduire à ce type de contingences...

              A intervalles réguliers, dans nos sociétés, le besoin d’exister par et pour autre chose refait surface. C’est un besoin typiquement humain. Un besoin de sens, un besoin de temps, un besoin de paix. 

              Certains croient répondre à ce besoin, ne faisant que l’alimenter par ailleurs, en proposant uniquement un progrès technique, des gains d’efficacité et un maintien de l’ordre renforcé.

              Un pouvoir d’achat accru ne réglera donc pas tous les problèmes, et en générera parfois d’autres, fondés sur le désir de posséder et de remplir ainsi "le Grand Vide". Vous qui écrivez régulièrement sur la spiritualité en êtes évidemment conscient.


              • c.d.g. 30 décembre 2008 12:52

                Bravo, on a souvent confondu elevation du niveau de vie et la possession de plus en plus de gadgets
                Mais non seulement ca n eleve rien mais ca peu meme degrader la situation (par ce que ca coute de plus en plus cher comme explique danbs l article) ou par ce que ca a des effet negatif

                rien n est plus penible que d etre appele sans arret sur un tel portable pour des problemes mineurs (avant la personne aurait simplement utilise son cerveau pour trouver une solution, mais la solution de facilite, j appelle et je demande ce qu il faut faire)

                Un point n est pas evoque dans l article : la degradation du niveau de vie vient aussi du fait que nous sommes de plus en plus sur terre. un endroit magnifique quand vous etes seul a le comptembler devient une horreur lorsqu il est envahi par des hordes de touristes (avec l equipement qui va bien, du parking de bus, au vendeur de pizza ou de souvenirs de pacotilles "made in china")

                Pour le probleme des jeunes qui seront pressures par les retraites, a part une revolte violentes, je ne vois pas de solution. Democratiquement c est impossible car ils seront minoritaires

                Leur seul avenir c est de torcher le cul des vieux smiley

                PS : je serais probablement un de ces vieux a ce moment, donc pas de meprise sur mon commentaire. c est pas specialement anti retraité


                • eugène wermelinger eugène wermelinger 30 décembre 2008 15:58

                  Pauvre Archi, on ne comprends pas toujours le second degré de tes interventions.
                  Tout de même : a güati Rutsch ens neja !

                  M. Dugué : je suis tout à fait en accord avec ce que vous dites.


                • Olga Olga 30 décembre 2008 16:36

                   Cher Eugène,
                  On ne comprend pas toujours la seconde phrase de votre commentaire smiley


                • eugène wermelinger eugène wermelinger 30 décembre 2008 20:04

                  Chère Olga, heureux de vous retrouver. Alors : traduction de mon mot en alsacien : Une bonne glisse dans le nouvel an. Explication : j’ai déduit de ses diverses interventions que notre ami le capitaine était alsacien - comme moi - (maintenant morvandiau) et lui fais ainsi un petit clin d’oeil. Pour vous Olga :  bonan kaj felichan novjaron (en espéranto)


                • Philou017 Philou017 30 décembre 2008 14:16

                  Dugué : Votre constat rejoint le mien. La qualité de vie a bien baissé depuis les années 70.
                  Au delà du pouvoir d’achat, auquel vous attachez trop d’importance, Il y a bien d’autres aspects qui sont passés en négatif :

                  - Le stress : A l’époque, on trouvait facilement du travail. On n’avait pas le stress de perdre son travail, ni de devoir accepter un environnement de travail insupportable. De ce fait, on se sentait aussi beaucoup plus libre.

                  - L’avenir : A l’époque, les conditions de vie et les garanties sociales s’amélioraient régulierement. Les gens et les jeunes pouvaient croire à une vie future meilleure. Aujourd’hui....

                  - La société offrait des garanties (sécurité sociale, vieillesse, etc) et des services publics de qualité.

                  - Il y avait aussi une espérance politique. L’arrivée des socialistes au pouvoir en 81 avait constitué une grand moment d’espoir. Bref, les gens croyaient encore dans la politique.

                  Tout cela s’est bien dégradé. A cela j’ajouterais les trucages de plus en plus importants sur les indices (insee par exemple) qui ne rendent pas compte de l’inflation réelle.

                  Je place le tournant dans les années 80, où les socialistes, apres l’échec piteux du programme commun, se sont rallié au seul vrai objectif politique qui leur restait : l’Europe. Pour cela, ils ont accepté de mettre le libéralisme au centre de la politique Européenne. La droite a bien entendu emboité le pas. Cela s’est poursuivi pendant 30 ans, avec les résultats que l’on connait. Cette politique a aussi été amenée par la déliquescence des idéologies. A défaut de réflexion et d’idées, il ne restait plus que l’Europe et le libéralisme.

                  Mais je ne désignerais pas les principaux coupables commes étant les politiques. Ceux qui ont permis ceci, dans une société ou le suffrage universel voulait encore dire quelque chose, c’est nous les citoyens.
                  C’est nous qui aons délégué notre pouvoir de décision à des partis, devenus des machines électorales, sans les controler et sans contester des choix scandaleux.

                  J’ajouterais que la prospérité des années 70 et 80 a sans doute joué un role nocif à ce niveau. Bénéficiant d’un confort et d’un environnement de qualité, les gens ont délaissé la politique, préférant s’occuper de leurs affaires. Se contentant de sanctionner les majorités sortantes vu leur politique. Et votant pour le camp d’en face qui en fait proposait grosso modo la même politique.

                  Ce laisser-faire, cette irresponsabilité des citoyens nous a conduit à aujourd’hui. Nous pouvons surtout nous en prendre à nous-même. Dans un contexte favorable (prospérité, relative démocratie, capacité de réfléchir et d’agir), les citoyens ont laissé à des "chefs" le soin de décider pour eux.

                  Nous ne pouvons que nous en prendre à nous-mêmes.


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:15

                    C’est exact, les populations ont choisi, ou du moins consenti, qu’on décide pour eux. Cette remarque va plus loin qu’on ne le pense. C’est vrai, tous ces politiciens et ces journalistes affirmant que les Français veulent ci ou ça. C’est presque insupportable. Mais au fond, pas si scandaleux que cela. Les Français se sont repliés sur leur qualité de vie et ont leur responsabilité


                  • eugène wermelinger eugène wermelinger 30 décembre 2008 16:00

                    eh bien voilà Archi : ceci, on va le comprendre, vieux frère. 


                  • irukandji irukandji 30 décembre 2008 14:36

                     En Chine le niveau de vie est peut-être meilleur, mais à quel prix ?

                    Ne parlons pas de la politique, de la pollution, de la concurrence déloyale etc.

                    Pas de retraite ou peu, pas de sécu, peu de vacances…

                    [Ce processus s’est poursuivi pendant le premier septennat de Mitterrand…]

                    Faux, dès 1983, les salaires des fonctionnaires ont été désindexés de l’inflation, ce qui a provoqué une chute du pouvoir d’achat qui perdure encore. Les salaires n’ont pas augmenté depuis 25 ans. Alors que pour acheter une voiture moyenne gamme en 2000 il fallait 44 mois de salaires moyen, aujourd’hui il en faut 48 !

                    En 1983, un salaire d’instit débutant valait 2.3 smic de l’apoque, aujourd’hui 1.3 smic !

                    La smicardisation des emplois et donc du pouvoir d’achat.

                    Ne parlons même pas de l’immobilier, sans pouvoir d’achat, pas de transmission immobilière patrimoniale, une génération qui n’a plus accès à la propriété sans apport conséquent. Donc un appauvrissement par le locatif.

                    La qualité de vie dans les zones de surpopulation urbaine n’a jamais été belle. Pollution de l’air, temps perdu dans les transports, immobilier hors de prix. Les gens n’ont plus le choix du lieu de vie : question travail. Travail de plus en plus précaire et smicardisé…

                    Mettre la ville à la campagne… plutôt les emplois ! Que de temps gaspillé en transports pour un coût faramineux.

                    Pour l’automobile c’est mort, je crois que tous ceux qui le pourront éviteront d’avoir une voiture, assurance, entretien, coût à l’achat, pétrole, plus pour les salaires moyens, diminution du nombre de voiture inévitable par la pauvreté.

                    Il faut revenir à une décroissance et stopper le libre-échange qui nous ruine.

                    La France ne produit pas grand-chose, les jeunes n’auront le choix que d’essayer de trouver meilleur monde ailleurs.

                    Comment voulez-vous conserver un niveau de vie, une protection sociale, un salaire correct si on ne produit plus grand-chose.

                    Seul point positif la biologie viendra au secours des jeunes entre 2012 et 2025, mais les jeunes seront quarantenaires !


                    • Charles Bwele Charles Bwele 30 décembre 2008 14:54

                      @ Bernard Dugué (l’auteur)

                      Un constat aussi détaillé que très pertinent. Personnellement, en ce qui concerne la France, "le délestage" - comme tu l’exprimes poliment  smiley - prend réellement corps vers 1987-1988. Mais, il s’agit ici d’une impression ou d’un souvenir très subjectif, probablement déformé par l’effet du temps. Une réalité également observable dans divers pays européens mais je ne sais pas si j’y incluerais peu ou prou les pays scandinaves, par exemple.

                      En tout cas, cet article est l’un des meilleurs Dugué depuis "le capitalisme anti-fordien"... Qui complète remarquablement celui-ci  smiley

                      Meilleurs voeux, Bernard  smiley


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:18

                        Hi Charles,
                        ça me fais plaisir que tu aies apprécié ce billet qui effectivement, tente de tracer une tendance générale et forcément, complète le propos sur le capitalisme anti-fordien mais avec un angle d’attaque différent

                        passe de bonne fêtes


                      • Blé 30 décembre 2008 15:13

                        La qualité de vie ne progresse pas ! Qu’entendez-vous par qualité de vie ?
                        L’exemple que vous donnez est de l’ordre de l’avoir. La vie était -elle de meilleure qualité parce que cette famille modeste avait deux habitations ?

                        La multiplication des divorces a certainement plus fait pour la qualité de vie de quelques millions de femmes que la machine à laver où la maison de campagne.

                        Maintenant pour améliorer la qualité de vie des femmes ce serait de leur faire une place à tous les étages du pouvoir, nous en sommes loin.

                        Dans notre malheur nous avons encore la chance que les gestionnaires, que l’économie de marché ne puisse évaluer économiquement la qualité de vie que procure l’entretien et la culture d’un jardin, l’appaisement d’ une promenade dans la nature ou une flanerie en ville, la rencontre de l’autre au sein d’un club, d’une association ou mouvement politique, lire, discuter, s’amuser avec les enfants et petits enfants, plein de choses à faire dans la vie loin des écrans (télé, internet, portable) ou de la voiture et qui ne coûtent rien ou si peu.

                        La qualité de vie se trouve aussi dans tout ce que l’on peut faire soi même comme nos parents le faisaient.
                        Aujourd’hui, pour apprendre ce que nous apprenions spontanément et naturellement en grandissant, il faut payer car beaucoup de savoir et savoir faire ont disparu au sein des familles.

                        J’ai connu l’époque où entre salariés nous nous mettions d’accord pour lire un livre et tous les quinze jours, nous nous rencontrions chez l’un ou chez l’autre pour discuter du livre. Nous étions de simples salariés avec un niveau scolaire modeste mais nous aimions discuter d’autre chose que du métro, boulot dodo.
                        Le livre de poche avait révolutionné la pratique de la lecture pour les moins scolarisés.



                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:37

                          Rien n’empêche les gens de se réunir, j’anime pour ma part un café actu tous les quinze jours, en alternance avec un café philo co-animé avec un pote. La formule tient depuis quatre ans, avec une moyenne de 8 à 10 personnes. C’est cela aussi la qualité de vie. Il suffit d’un café qui reste ouvert


                        • rosselin 30 décembre 2008 15:46

                          Bonjour,

                          Bravo pour ce post.

                          Une petite remarque sur la fin du papier : pallier est un verbe transitif.

                          Votre fidèle lecteur,

                          JR


                          • maxim maxim 30 décembre 2008 15:54

                            perso ,moi pour être heureux ..

                            rien qu’une escalope avec une bonne salade !


                            • eugène wermelinger eugène wermelinger 30 décembre 2008 16:06

                              Sans oublier, Maxime ton bon pain maison comme tu le suggérais il y a peu.
                              Bonne entrée dans l’an (de merde ?) 2009. 
                              Maintenant en se bouchant le nez et en faisant attention où l’on mettra le pied, cela devrait aussi passer ? 

                              @ Bernard : bonne continuation sur AV , et si vous nous expliquiez comment arriver à vivre en marge ? 


                            • foufouille foufouille 30 décembre 2008 16:19

                              ben oui, on va vers une societe pourrie
                              va meme falloir payer les banquiers
                              les seuls qui ont vraiment vu leur salaire augmente c’est les ploutocrates


                              • TSS 30 décembre 2008 16:21

                                dans le titre on lit "qualité" de vie et dans l’exposé vous ne parlez que de "niveau de vie "

                                heureusement que la qualité de vie n’a absolument rien à voir avec le foisonnement technique !!

                                je n’ai pas de tel portable,pas d’ I-phone,pas d’ecran plat,pas de wi-fi ,une voiture qui a 10 ans et je suis

                                largement plus heureux que les esclaves de tous ces appareils... !!


                                • Frédéric Degroote Frédéric Degroote 30 décembre 2008 16:33

                                  Oui, mais je suis dépendant (dépendant a une connotation négative, disons qu’ils font partie de mon quotidien) de ces appareils et je me sens heureux aussi, de là à dire que ce sont eux seuls qui me procurent mon bonheur, certainement pas. Je ne sais cependant si je suis moins heureux que vous ou non. Je ne crois pas qu’on puisse le vérifier.


                                  • maxim maxim 30 décembre 2008 16:52

                                    bonjour à tous ...

                                    l’article est intéressant .....

                                    en quelques années ,je parle pour les plus anciens dont je fais hélas partie .....

                                    nous qui à la sortie de la guerre avons connu l’époque où il n’y avait rien ,ni à bouffer ,ni loisirs ( si,on lisait plus que maintenant ! ) à part un poste de TSF ,vous savez ce bidule à lampe qui faisait " bbbzzzzouiiiiiitttttt" quand on cherchait la bonne longueur d’onde ! on s’emmerdait ,mais comme on y était habitués ,ça ne nous génait pas !

                                    et puis au fur et à mesure que les années passaient ,en même que les tickets de rationnement disparaissaient ,on commençait enfin ,à ne plus avoir la dalle ,trouver un peu de tout ,même pour les parents pouvoir acheter enfin une bagnole populaire et découvrir la liberté !

                                    puis sont apparus en même temps que les tourne disques ,les mobylettes et scooters ,et le rock pour les jeunes ,et puis un peu plus de sortie ,le cinoche ,le bar ,les ballades avec les copines ,et puis comme on bossait de bonne heure ,on avait du pognon à dépenser ....la place de cinéma valait 100 francs de l’époque soit 1 franc nouveau ,et au balcon ,1f ,50 !

                                    c’est vrai que les salaires pour un jeune n’étaient pas mirobolants mais on pouvait vivre ! en 1957 j’avais 15 ans ,j’étais payé 500 francs par mois ,nourri midi et soir ......pour 12 heures par jour quand même ......Dimanche matin inclus !

                                    puis l’armée ,je m’étais engagé ,( l’Algérie comme tout le monde ..)et devenu Sous Off ,logé à l’oeil ,et le mess n’était pas cher ,finalement ,là je gagnais bien ma croûte !....

                                    ensuite ,sorti de l’armée au début des année 60 ,alors là le plein boulot partout ,je ne sais même pas si il y avait des chômeurs ,ou alors ,très peu !

                                    là, tout le monde découvrait ,et la voiture ,même deux et plus ( j’en ai eu jusqu’à trois à la fois )les boites de nuit ,et les vacances ,et les salaires corrects pour ceux qui avaient envie de bosser ,et l’accès au progrès ,on découvait la télé pour tous ,le téléphone à domicile ,la machine à laver ,le frigo,le hlm et le formica et la salle de bains pour l’ouvrier et l’employé ! l’acenseur et le parking ,tout quoi ! le rêve de toute une vie pour les vieux d’alors et les parents !

                                    et puis les années 70 ,le nirvana ou presque ,des salaire confortables pour ceux qui se défonçaient au boulot ,la baise aussi ,la pilule était en vente libre ,les discothèques ,le confort de plus en plus présent chez les gens !
                                    et puis la suite que Dugué nous a écrit  !

                                    et puis après ces trente glorieuse ,suivies des combien de piteuses ?

                                    ça ,l’histoire nous le dira ! en tout cas ,nous on est blindés !


                                    • foufouille foufouille 30 décembre 2008 17:31

                                      @ maxim
                                      le chomage est apparu debut 70 avec les premieres delocalisations

                                      sinon c’etait combien la baguette, la biere au bistrot, le paquet de clopes ou le loyer en 57 ?
                                      et le prix d’une maison ?

                                      ca serait bien que tu nous en fasse un article


                                    • Internaute Internaute 30 décembre 2008 21:12

                                      De mémoire, dans les années 60 une auto coûtait 4 mois de salaire. Un ouvrier s’en achetait une petite et un cadre une plus grosse mais le rapport est celui-là.


                                    • maxim maxim 30 décembre 2008 17:45

                                      salut Foufouille ....


                                      en 57 ?


                                      ha ,les clopes ( je ne fumais pas ) c’était dans les 50 centimes ,avant on disait 50 francs ! .....un demi de bibine ,dans ces prix là aussi à peu près ,......le loyer ,j’en sais rien,j’étais logé chez mes tuteurs ,et je laissais la moitié de ma paye pour la pension ...soit 250 francs ....

                                      comme je me faisais des pourboire en livraison ,j’arrivais à doubler ma paye ,c’était ça de gagné en plus !

                                      une baraque ? alors là ,en 57 ......,dans les 5 millions de l’époque ,soit 50000 francs ou plus suivant la taille ,mais là ,je dis ça à l’estime ......

                                      quand à faire un article ,là ,je n’en ai pas le talent , et je ne sais pas construire ni mes phrases ,ni un texte !


                                      • foufouille foufouille 30 décembre 2008 18:09

                                        interressant, merci

                                        c’est le probleme, ceux qui sont pas ecrivain ou peuve pas taper, sont un peu exclu.........
                                        quoique.........
                                        on se ramasserais juste (peut etre) des remarques sur l’orthographe


                                      • foufouille foufouille 30 décembre 2008 18:14

                                        250f soit 25% des revenus. bon ca depend ou est le logement
                                        0.5 sur 1000f. de nos jour 5€ mini sur 1000. le demi tourne autour de 2.5........
                                        la vie ca a vachement augmente
                                        sans compter la baraque, vieille mais habitable, qui vallait 50000f en 90 dans un petit village


                                      • eugène wermelinger eugène wermelinger 30 décembre 2008 20:16

                                        @ foufouille et @ maxim ou à d’autres encore :

                                        ne faites pas les timides, faut vous lancer. Moi aussi je me tâtais avant de recevoir les encouragements d’autres rédacteurs, même l’un (le papy) qui m’a rendu visite et m’a montré des trucs. Si je peux vous être utile n’hésitez pas à me contacter. Mon e-mail n’est pas trop caché pour qui veut trouver.

                                        Que Bernard et les autres me pardonnent cet aparté fait pour la bonne cause.


                                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:33

                                        Même Dieu te pardonne, Eugène,

                                        Au passage, si tu connaissais la machine à langouste et à caviar, je suis preneur, parce que la machine à pain, ça ne mange pas de pain


                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 décembre 2008 20:23

                                          Le ressort dîtes-vous, effectivement, la notion de ressort est pertinente. On la trouve chez Montesquieu. Ressort de la République, vertu, ressort de la tyrannie, terreur, ressort de l’Europe en 2008, point d’interrogation


                                        • Internaute Internaute 30 décembre 2008 20:55

                                          Triste constat pour une triste fin d’année. Vous avez raison sur toute la ligne mais malheureusement je ne vois pas beaucoup de solution.

                                          On pourrait rajouter que la baisse de la qualité de vie vient aussi de la baisse de la qualité des biens et services. A part quelques objets comme l’automobile dont la qualité a beaucoup augmenté, les objets de la vie courante sont de plus en plus merdiques. Il y a 20 ans, quand on mettait des draps propres sur son lit on ne voyait pas au travers les dessins du matelas. Maintenant il est impossible de trouver des tissus de qualité moyenne. N’importe quel vêtement est transparent, avachi dés le deuxième jour d’être porté et les pulls sont troués en un mois ou prennent deux à trois tailles au premier lavage. Essayez de trouver une fourchette ou un couteau qui soit autre chose qu’un bout de tôle emboutie, véritable instrument de pique-nique qui plie dés qu’on appuie dessus.

                                          Mes grand-parents me parlaient des « erzats » qui étaient les horreurs que devaient manger et utiliser les français pendant les restrictions dues à la guerre. La chicorée était l’erzats de café. Aujourd’hui on nous vend des erzats de tomates sur les marchés libres et de l’erzats de pain dans les boulangeries car le pain blanc a disparu. La mode du soit-disant bio leur permet de vendre la tige du blé au prix du froment. Encore un an et on aura aussi les racines dans le pain.

                                          J’ai remarqué aussi qu’en France l’industrie du fer a disparu. Essayez de trouver un simple gond pour monter un volet ou tenir un portail.

                                          Bonne année 2009 quand-même. Les époques de grand chambardement sont aussi les époques de grandes opportunités.



                                          • Internaute Internaute 30 décembre 2008 21:33

                                            Peut-être que votre grand-père a fait fortune dans le marché noir. D’ailleurs, le chef du marché noir à Paris, principal collabo de la place était le père joseph, juif de son état.


                                          • maxim maxim 30 décembre 2008 22:39

                                            maintenant ,alors que nous allons peut être redécouvrir la sobriété et le sens de l’économie ,(crise oblige )...il faudrait peut être que l’on pense à renouer avec l’excellence qu’a eu notre artisanat ainsi que nos productions nationales ...

                                            combien d’ateliers fermés ,de savoir faire oubliés ou presque des jeunes générations ,et ces savoir faire ,encore en mémoire chez les anciens ! mais jusqu’à quand ?

                                            et ceci dans tous les corps de métiers !

                                            rendez vous compte que déjà lorsque je dirigeais ma petite entreprise de bâtiment ,mis à par quelques vieux compagnons ,souvent Italiens ou Espagnols naturalisés Français ,j’ai dû faire venir des menuisiers Capverdiens ,des peintres façadiers Egyptiens ( et oui ! ) des plâtriers Polonais ,et des maçons Marocains !

                                            et je signale aux mauvaises langues qu’ils étaient parfaitement en règle ,avec bulletins de salaire et sécurité sociale ,payés au tarif région parisienne ,conformément au niveau requis pour la qualification !

                                            mais enfin voilà ,il n’y avait pas de travailleurs Français qui voulaient se salir les mains ,ou alors si peu !

                                            alors j’espère que l’on va au moins faire redécouvrir l’amour du travail bien fait ,pour ne plus voir comme l’a écrit l’un de vous ,des couteaux en fer blanc ,et des fringues de carnaval ,qui baillent dès la premiére lessive ,mais enfin des chose de qualité ,faites pour durer ,ceci à un prix honnête autant pour le client que pour le fabricant !

                                            je voulais juste dire ...

                                            en passant par Champlan ( à côté de Palaiseau )en région parisienne ,il m’arrive de passer devant une belle maison que nous avions construite alors que j’étais encore compagnon ,avec mes collègues dans les années 60 ,elle est toujours là ,aussi solide ,en pierre de taille ,et je me dis chaque fois qu’il m’arrive de passer devant " merde qu’est ce qu’on bossait bien avant ! "


                                            • foufouille foufouille 30 décembre 2008 23:17

                                              @ maxim
                                              et combien tu les payais ?
                                              avait ils le sentiment qu’ils pourrait gagner plus ?
                                              les francais faut les chercher.............
                                              et leur faire comprendre que tout le monde peut pas faire inge

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