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Accueil du site > Actualités > Société > La raison particulière

La raison particulière

Le développement technologique accéléré que nous vivons aujourd’hui rendra inévitablement caduque l’emploi de masse humaine. Cet emploi sera remplacé par l’action des machines habiles et intelligentes. Nul secteur et nulle qualification ne peut se prétendre à l’abri de cet avenir inéluctable. Les fulgurances exponentielles de l’intelligence artificielle s’adapteront efficacement à toutes les activités et à tous les besoins humains. Les secteurs industriels seront les premiers touchés mais ils ne seront pas longtemps les seuls. Les services à la personne, l’agriculture, les soins médicaux, les services publics, les transports, l’enseignement, le maintient de l’ordre et presque toutes les facettes des activités humaines seront concernées par les avancées rapides de la robotique. Les performances des machines intelligentes dépasseront de loin en efficacité, en rentabilité, en coût et en fiabilité celles des humains. Cet avenir est imminent, la croissance est en cours de façon exponentielle. C’est avec lucidité qu’il convient de se poser la question de la place de l’homme dans ce monde hyper-technologique naissant et qui implique la fin du travail de masse. (http://www.rue89.com/rue89-eco/2013...)

Un véritable choix stratégique et étique va s’imposer à tous dans les temps qui viennent. A qui laisserons-nous ce choix ? Faut il espérer que le choix fait par les élites dominantes en place et pré supposément éclairées soit judicieux et équitable ou bien souhaitons-nous participer directement aux décisions qui seront prises pour nous même et pour le collectif ? Sommes-nous prêts à faire un choix, sommes nous formé à cela ? Lorsque l’homme sera libéré du travail obligatoire, à quoi s’emploiera t’il ? Les lamentations quant à la dégradation du marché de l’emploi et la méconnaissance du processus en cours sont stériles. Ces questions et ces prises de conscience ne sont pas destinées aux générations futures mais se poseront à nous inéluctablement dans les années qui viennent. Les arguments et les conséquences des différents points de vue doivent être mis en débat privé et public afin d’éveiller les consciences individuelles aux nécessités d’adaptation aux modèles à venir. L’abandon de souveraineté et la délégation de pouvoir n’est évidemment pas une option pour qui souhaite être libre de son choix. La liberté ne peut s’acquérir que par la connaissance intime et personnelle de sa raison particulière. L’individu reprend ici toute sa place et ne saurait y être concurrencé par la machine ou par quelqu’autres interventions extérieures. La nécessité libératrice de ce que j’appelle « la raison particulière », la cause et l’intérêt pour lui-même, pour ses proches et pour la société de l’existence d’un individu particulier dans ce monde doit refonder la conscience de soi. L’interchangeabilité des jobs ne sera plus dans un monde ou les machines intelligentes assumeront toutes les tâches standardisables. La connaissance de soi, de sa raison particulière révèle à l’individu son chemin créatif particulier. Sa volonté aiguisée par cette connaissance intuitive est alors toute puissance pour fonder son action et tracer sa voie personnelle. L’homme se connaissant lui-même ne doit pas pour autant craindre la technologie et les machines intelligentes mais au contraire s’emparer des moyens contemporains pour forger son destin personnel et décupler ses possibilités créatives. La machine redevient alors un outil efficace et non un instrument d’aliénation.

Plus que jamais dans ce monde technologique, seul l’utopie individuelle, le rêve propre à chacun, l’imaginaire particulier réveillé par l’attention s’il est encouragé, cultivé et développé sera créateur d’avenir et de richesse. Cela à de tous temps déjà été le cas mais la radicalité factuelle de cette vérité s’imposera dorénavant à tous, de gré ou de force. La libération des souffrances liées au travail à été longuement désirée et la force de ce désir porte maintenant ses fruits. Ils ont un goût amer pour celui qui a renoncé à l’épanouissement de son individualité et s’est asservi au système. La connaissance et le développement de la raison particulière à chacun n’adviendra pas par hasard chez le plus grand nombre sans une volonté d’éduquer, de rendre autonome et libre de ses choix chaque individu. Ce plan éducatif radical est le seul à permettre à tous l’adaptabilité au monde qui vient. Personne n’est de trop s’il connait sa raison d’être et la joie accompagne toujours la réalisation de soi. L’alternative sera la pénurie des emplois, la misère généralisée, l’exploitation du plus faible par le plus fort, la guerre civile et pour finir le chaos pour tous.

Erik Gruchet, Saint Pierre le 26/06/2013


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12 réactions à cet article    


  • Cassiopée R 26 juin 2013 11:07

    Pour mémoire, la révolution agricole est celle des machines, ceci a envoyé les habitants de la campagne vers les villes suite à ça la population a augmenté de façon permanente.

    Les nouveaux pays industriels connaissent aussi ce boom qui est dû à la pauvreté.

    Le choix je pense que vous le connaissez, il n’a pas changé et ne changera pas, priorité aux machines qui dégagent plus de chiffres.


    • Cocasse Cocasse 26 juin 2013 13:55

      J’ai plutôt tendance à penser que le travail changera. D’abord ceux chargés d’entretenir/faire évoluer les outils de travail automatiques. Ensuite, ceux qui concevront de l’inédit, de nouveaux projets, la recherche, la conquête spatiale, etc.

      Le passage douloureux est le moment où les personnes qui sont remplacées par le travail automatique n’ont pas les ressources pour acquérir les compétences des formes de travail plus évoluées.

      Et le système économique/politique actuel rend cela encore moins facile, puisque le travail restant n’est pas partagé, et que le remplacement par le travail automatique n’engendre pas le progrès social attendu, mais plutôt un meilleur profit pour les actionnaires.

      Après, c’est sur que moi aussi, je préférerais travailler moins, avoir une vie artistique plus conséquente, et partager votre optique.


      • Ruut Ruut 26 juin 2013 16:28

        Si la production des machine est locale l’emplois est maintenu si il est délocalisé alors il y aura des problèmes.


        mais ce n’est pas nouveau.


        • Erik Gruchet 27 juin 2013 17:26

          Absolument pas ! Vous vous raccrochez au vieux monde industriel du passé. La production sera locale ou non mais ne sera pas le fait d’humains mais de machines adaptées. Même la maintenance, les diagnostics et les réparations seront le fait de machines « intelligentes » connectées au réseau.


        • bert bert 27 juin 2013 02:59

          mon robot mou opensource imprimé en 3d me tient le même discourt smiley


          • tf1Goupie 27 juin 2013 10:28

            C’est un extrait d’I Robot d’Asimov ?

            Ce discours est un peu dépassé ...


            • LeClérocrate 27 juin 2013 11:36

              Les Suisses sont d’ores et déjà en train d’y penser. Partant du constat que le futur ne proposera que chomage de masse, travail précaire et sous payé (à cause du gain de productivité des machines), ils pensent sérieusement au revenu universel :


              • Erik Gruchet 27 juin 2013 17:19

                Je crois effectivement qu’il s’agit d’une piste très intéressante pour permettre à une population, qui n’est absolument pas préparée à la révolution en cours, de se libérer des contraintes liées à la survie. Les individus pourront alors s’interroger sur le sens et la direction qu’ils souhaitent donner à leur vie. Cela donnerait à tous le temps de se questionner ou non. On peut penser qu’au bout d’un certain temps, variable pour chacun, le désir d’accomplir un rêve, de créer sa vie se fasse jour. Ce qui est fait avec passion répond à cette « raison particulière » que j’évoquais et aboutit très souvent au succès.


              • Erik Gruchet 27 juin 2013 17:04

                Justement la piste de réflexion proposée consiste à être conscient du monde technologique qui nait sous nos yeux parfois encore incrédules. Le suicide ou les violences en tout genre seront pratiquées en désespoir de cause par tous ceux qui ne l’auront pas vu venir ou auront fait l’autruche. Pour des tâches automatisables des machines habiles humanoïdes ou non seront l’interface active entre le monde et une intelligence artificielle décentralisée ( à la manière du réseau internet). Leur connexion wifi leur permettra l’accès à l’ensemble des données, ils travailleront jour et nuit, se rechargeront par un équivalent wifi sans interrompre leur tâche, ne prendront jamais de congés, n’auront pas de salaire ni de retraite, leur habileté et leur précision surpassera celles du meilleur des chirurgiens ou des meilleurs artisans. L’homme ne pourra les concurrencer dans leurs domaines d’activité.

                La musique créative participe au contraire pour son créateur du développement de son talent personnel. Elle saura tenir tête aux musiques synthétiques industrielles qui ne manqueront pas non plus d’exister. L’innovation et l’intuition créative restera l’apanage de celui qui vit sa raison particulière et dont les sens et le mental fusionne vers un objectif passionné.

                Connaissant les motivations humaines, pour la baise il y a fort à parier que des humanoïdes « de service » seront les premiers à voir le jour ! Docilité, disponibilité, performances, hygiène, même les putes seront au chômage...


              • demosoluce 27 juin 2013 14:53

                Vous soulevez un des coeurs de la réflexion actuelle en matière de choix civilisationnel.

                Non TF1Goupie, ce n’est pas du tout dépassé. On peut simplement remarqué Qu’Asimov avait, comme d’autres auteurs de SciFi, eu une intuition qui s’est révélée réelle. Bien entendu, ensuite, le contenu de la création d’Asimov reste influencé par son époque, ses idées, ses envies. Il n’était pas prophète, il avait seulement, et c’est déjà beaucoup, anticipé intellectuellement les évolutions passés et de son époque. Pour preuve que cette approche robotique n’est pas dépassée, les US sont en train de relocaliser de la production, selon Charles Gave (dont au demeurant je ne valide pas les conclusions et interprêtations des faits), pas par une baisse de salaires ou autres mais par le fait que les développements robotiques commencent dans certains cas à faire que les machines, à travail égal, reviennent moins cher que le salarié chinois tout juste débarqué de son village (c’est à dire en position de faiblesse de négociation).

                L’automatisation a toujours fini par remplacer le travail humain. Et le monde Capitaliste nous a vendu cela comme un véritable progrès humain. En fait, il n’avait pas tord, la machine devant libérer l’Homme du travail productif. Seulement, ce n’était pas leur réelle raison de promouvoir l’automatisation. Comme le dit Cassiopée, le but réel était de dégager d’autres postes de rentabilité et donc de capter toujours plus de parts de la richesse produite. Il ne faut pas oublier que la création monétaire privée (les banques centrales) est antérieure à la révolution industrielle. Le premier objectif a été d’imposer dans les consciences le fait que la richesse est créée grâce à l’investissement et non au travail (cf réflexions nombreuses sur le travail et l’emploi). Pour parfaire cette main mise de la priorité de création de richesse, il fallait empêcher toute concurrence quant à la création monétaire permettant l’investissement. Les banques centrales n’ont émis de monnaies que dans le cadre d’investissements généraux facilitant le développement de l’économie capitaliste (infrastructures etc...).

                Et toute la réflexion est là. Si nous laissons les investisseurs privés, les tenants du système capitaliste décider de comment sera développée la robotisation, ce ne sera que dans un but d’asservissement des robots aux profits de la rentabilité du capital. Comme l’emploi s’imposant dans la définition du travail a asservi l’Homme aux profits de cette même rentabilité. Là où les robots, pour faire simple, auraient pu participer à la « libération » de l’Homme, elle ne libérera qu’une minorité pour repousser la majorité vers plus de précarité. C’est ce qui se passe jusqu’à aujourd’hui.

                L’accélération des progrès techniques nous oblige à reprendre le pouvoir de décision quant aux orientations à choisir. cela concerne le progrès médical/chirurgical, les RFID, la neurologie, la robotisation. Un fossé s’est creusé entre le peuple et les Elites. ce fossé n’est que matériel pour le moment. Si nous laissons faire, le risque est qu’il dépasse cet aspect et que dans X années, ces 2 groupes ne soient plus totalement de la même espèce. Un chercheur italien affirme que nous pourrions déjà greffer une tête. Et n’espérez pas que les meilleurs développements technologiques vous soient réservés de la même façon qu’aux Elites. Notre système est défini par la rareté, si tout le monde y a accès, ce n’est plus rare et donc cela n’a plus de valeur dans notre système.

                Vous aurez droit en revanche à la RFID sous-cutannée, n’ayez pas peur et même si vous ne la désirez pas.

                Nous ne sommes donc pas à devoir réfléchir si le développement robotique est une bonne chose ou non. Il est là, il continuera. Nous devons en revanche réfléchir, nous, collectivement, à savoir dans quel direction il doit se faire, pour quels objectifs...

                N’attendez pas d’un système dans lequel vous déléguez votre pouvoir que celui-ci choisisse les orientations qui iront dans l’intérêt commun et surtout pas le votre.

                Et il ne faut pas le faire que pour nous. je dirai même que nous serons incapables de profiter de cette libération citoyenne si nous réussissons à l’obtenir. Nous sommes trop ancrés dans le système actuel. Nous serons certainement désorientés, et c’est d’ailleurs sur cet argument, qu’en partie se fonde la propagande de l’Elite : « si on libère les gens, ils ne vont rien faire, ils vont s’alccolisés, le travail (sous entendu l’emploi) libère, forme l’individu etc... »

                mais les générations futures qui seront elevées dans ce nouveau système vont se l’approprier, de la même façon qu’un enfant de 6 ans sait naturellement se servir d’un IPhone, d’une souris d’ordinateur, naviguer sur un écran etc... (je le vois tous les jours chez moi). C’est logique pour eux. Les générations futures nageront sans soucis dans ce monde où travail/activité ne veut pas dire production systématique de profits.

                mais il faut bien qu’une génération saute le pas. nous y gagnerons au moins en prospérité.


                • ecolittoral ecolittoral 29 juin 2013 13:45

                   « Les performances des machines intelligentes dépasseront de loin en efficacité, en rentabilité, en coût et en fiabilité celles des humains. » 

                  Pour avoir travaillé dans l’informatique et les automatismes industriels, je le confirme. 
                  Les machines ont largement dépassées les capacités de l’auteur de cet article !

                  Moi et mes collèges, avec nos machines, on a envoyé des centaines d’humains au tapis.
                  Aujourd’hui, c’est encore mieux. 
                  Drones, caméras, bracelet électronique, cheval de Troie, 
                  traçage GPS/carte bleue/relais antennes(pour les portables), 
                  compteur gaz, eau, électricité « intelligents » pour connaître, limiter, suspendre l’alimentation. Ordinateurs banque/trésor public pour traquer. Le 08...avec boîte vocale. 
                  L’ordinateur BCE/FMI pour bloquer les banques un vendredi soir...avec limitation des retraits au distributeur et prélèvement automatique de 10, 20, 30% sur les comptes.
                  LE GRAND PIED QUOI !!!

                  Cet auteur, qui n’a même pas les capacités d’une « machine », me rappel le patron de la Multinationale dans « le cinquième élément ».
                  Faisant l’éloge des « machines », et sur le point de mourir étouffé, après avoir avalé une cerise de travers. C’est une vulgaire claque humaine dans le dos qui lui sauva la vie.


                  • Erik Gruchet 30 juin 2013 05:47

                     

                    Comment est-il possible de se méprendre à ce point sur mes intentions présumées de souteneur inconditionnel du monde technologique qui nous est promis par l’évolution en cours. Cette attaque directe est absolument infondée et je me demande bien ce qui vous a convaincu d’un tel parti pris !

                    L’objet de l’article, puisse qu’apparemment cela n’est pas accessible à tous, est de donner des pistes d’adaptation à chacun en visant et développant son individualité, sa particularité et en vivant sa passion afin d’humaniser l’ensemble de la société. Le monde technologique, qui n’est encore qu’à ses balbutiements, est un FAIT. Le constat d’un fait ne vaut pas caution solidaire ! C’est une base d’appui sur le réel afin pouvoir s’y adapter et s’y épanouir malgré tout. La lamentation sur ce qui est, ne guérit rien.

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Auteur de l'article

Erik Gruchet


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