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Accueil du site > Actualités > Société > La refondation d’un système éducatif ambitieux s’impose

La refondation d’un système éducatif ambitieux s’impose

Libre point de vue de Jean-Pierre Demailly,

Membre de l'Académie des Sciences, mathématicien, professeur à l'Université de Grenoble (Institut Fourier), président du Groupe de Réflexion Interdisciplinaire sur les Programmes (GRIP), association loi 1901 responsable de l'expérimentation primaire expérimentale SLECC.

http://www.instruire.fr

Le système éducatif de la France connaît depuis plusieurs décennies une grave régression qualitative ; celle-ci affecte toutes les disciplines scolaires, mais les difficultés touchent particulièrement l'enseignement des mathématiques et des sciences. Cette régression nous semble être la conséquence directe des choix opérés lors des réformes imposées par les divers gouvernements en charge, en réponse à l'évolution de la société et au souhait légitime de réaliser la massification scolaire. Les réformes prescrites ont le plus souvent été mal conçues ou mal maîtrisées, ce qui a engendré des difficultés – voire des souffrances – de plus en plus visibles chez les enseignants : depuis la fin des années 1990, on assiste à une multiplication des associations de professeurs ou groupes de réflexion visant à défendre les contenus disciplinaires enseignés ou à sauvegarder les acquis. Plusieurs grands syndicats et plusieurs fédérations de parents d'élèves sont aujourd'hui très critiques quant à la situation scolaire, sans qu'il y ait malheureusement consensus sur les causes des difficultés et sur les remèdes à apporter ; les attentes vis à vis de l'école n'ont peut-être jamais été aussi pressantes, même s'il convient assurément de se méfier des attitudes consuméristes qui peuvent s'exprimer ici ou là.

L'un des problèmes essentiels des réformes est qu'elles ont le plus souvent été conduites en fonction d'objectifs budgétaires ou de gestion des flux mais, en dehors peut-être de la réforme dite des « mathématiques modernes », non exempte elle-même de sérieux reproches, jamais pensées pour améliorer la qualité des contenus enseignés, la prise en charge des élèves ou la formation des professeurs. Chaque fois qu'une grande réforme intervient, il faudrait que des évaluations précises soient conduites pour en mesurer les effets sur le terrain – non pas seulement en termes d'évolution des flux mais surtout en termes des connaissances de base acquises et maîtrisées par les élèves, et de qualité de l'environnement de travail et de formation des professeurs ; les réformes devraient d'ailleurs être systématiquement précédées d'expérimentations à petite ou moyenne échelle, organisées de manière institutionnelle. Or ces études, qui demanderaient un suivi rigoureux et au long terme par des experts indépendants, sont au mieux restées l'apanage de quelques spécialistes isolés, et en tout cas la rétroaction nécessaire n'est intervenue que rarement. Ce n'est guère qu'avec l'émergence d'un échec scolaire massif et après la publication de comparaisons internationales défavorables comme PISA au milieu des années 2000 que notre institution éducative a enfin consenti à admettre l'existence de problèmes majeurs. Pour être juste, on observe un fort « mimétisme » des choix éducatifs opérés par les différents pays occidentaux, en particulier en Europe, et les mêmes causes ayant tendance à produire les mêmes effets, on observe des évolutions défavorables similaires dans de nombreux pays européens : régression des savoirs fondamentaux dans les premiers et seconds cycles d'enseignement, baisse des vocations scientifiques dans l'enseignement supérieur, etc. Afin de corriger la situation, il conviendrait donc sans doute d'étudier plus précisément la performance éducative des pays les plus dynamiques, surtout en Asie (Chine, Corée, Singapour, Inde, …) mais peut-être aussi en Europe (Finlande) ou en Amérique (Canada).

Notre association, le GRIP, mène depuis 2006 une expérimentation scolaire originale, soutenue par le Ministère de l'Éducation Nationale et la Direction Générale de l'Enseignement Scolaire (DGESCO). Cette expérimentation intitulée SLECC « Savoir Lire Écrire Compter Calculer » couvre l'ensemble des niveaux scolaires de la maternelle jusqu'à la fin du primaire. S'adressant à tous les élèves, en particulier dans plusieurs classes situées dans des zones socialement peu favorisées, SLECC nous a permis de faire de multiples observations qui devraient appeler à des changements importants dans l'organisation des études primaires ; une grande prudence est néanmoins nécessaire dans la mesure où nos observations n'ont été faites pour l'instant qu'à une échelle réduite et sans le relais et le suivi institutionnel organisés qui auraient permis d'atteindre des résultats optimaux, et également d'aller plus loin dans leur analyse et leur évaluation.

L'objectif principal de l'expérimentation SLECC est de délivrer à tous les élèves un enseignement renforcé, s'appuyant sur des progressions scolaires systématiques et des enseignements structurés, en profitant de toutes les synergies possibles entre les différents contenus enseignés : par exemple dessin-graphie-écriture-lecture, manipulation concrètes et apprentissage du calcul, résolution constante de problèmes en lien avec le calcul écrit et la rédaction explicite du raisonnement, apprentissage de la langue en liaison étroite avec la grammaire, manipulation de grandeurs physiques et calculs quantitatifs en relation avec l'apprentissage d'éléments de science … . Les éditions du GRIP ont mis en chantier des collections de manuels qui vont souvent largement au delà des programmes scolaires actuels, en particulier en calcul et en grammaire ; les classes SLECC ont pu les tester avec succès et les valider sur le terrain pour un usage auprès du plus grand nombre.

À la lumière de cette expérimentation, notre conclusion est que le potentiel des élèves est aujourd'hui fortement sous-exploité, et que les programmes scolaires et l'organisation actuelle des études induisent des contenus inadaptés et des méthodologies sous-efficientes. La progression dans le temps joue un grand rôle : pour devenir un musicien ou un sportif de bon niveau, une pratique précoce (raisonnable) est à l'évidence un facteur très favorable. Or les programmes scolaires actuels ont tendance à rejeter trop tardivement beaucoup de savoirs fondamentaux, en particulier écriture et premiers éléments du calcul. Ces connaissances peuvent s'acquérir dès l'école maternelle pour une grande partie des élèves, mais nécessitent également une consolidation constante et donc des répétitions plus nombreuses qu'aujourd'hui. Ainsi, dans l'expérimentation SLECC, « l'écriture-lecture » est mise en œuvre dès la fin de la maternelle, l'écriture est concomitante avec la lecture, et la précède presque. L'enseignement procède de manière systématique, de sorte que la démarche exploratoire des élèves ne requiert à tout moment que des pas raisonnables à franchir, sous forme d'affermissement et d'extrapolation des connaissances déjà acquises ; la pratique d'exercices d'application est constante. On ne demandera pas aux élèves de réinventer tout seuls ce que la science et l'ensemble de la communauté savante ont mis des millénaires à découvrir, le maître et les outils de travail mis en place sont là pour les guider constamment, avec des objectifs bien circonscrits dans la plupart des cas. Cette approche pragmatique et très progressive a déjà l'avantage de placer les élèves dans une situation rassurante, mais son bénéfice est surtout de niveler en grande partie les handicaps pouvant résulter de milieux familiaux ou sociaux moins propices à impulser une acquisition des connaissances hors de l'école ; le système éducatif actuel nous paraît ainsi se reposer beaucoup trop sur des implicites culturels qui ne sont pas nécessairement accessibles à tous les élèves, en particulier dans les milieux défavorisés ou issus de l'immigration.

De manière générale, le « menu » offert par les programmes nous paraît pauvre dans de nombreux domaines. En primaire, des connaissances précises en sciences, en histoire et en géographie doivent être plus largement présentes, et donc enseignées de manière explicite, à la fois parce que celles-ci tissent le lien avec notre société, mais aussi parce qu'elles fournissent la trame sur laquelle se construira la capacité de langage, de réflexion et de communication de l'élève. Les progressions scolaires souffrent parfois de graves lacunes ou incohérences. Le calcul (non pas la pratique désincarnée des opérations, mais le calcul en lien étroit avec les manipulations et le raisonnement) est ainsi aujourd'hui négligé depuis les premiers niveaux scolaires ; il s'agit pourtant d'un enseignement très structurant pour appréhender l'ensemble des sciences. Il est désolant de constater par exemple que la réduction des fractions au même dénominateur via le ppcm n'est consolidée qu'en fin de troisième, alors qu'il s'agissait autrefois d'un savoir-faire abordé dès le primaire. Avec la quasi-disparition de la géométrie élémentaire, pourtant source de raisonnement très riches propices à l'enseignement de la démonstration, les programmes de mathématiques du collège se sont d'ailleurs largement « primarisés ». Dès lors, il n'est pas étonnant que chaque réforme conduise à repousser toujours plus loin les échéances : la seconde générale indifférenciée introduite à la fin des années 1980 ne nous semble être qu'un avatar malheureux de la primarisation du collège, ressentie aujourd'hui comme nécessaire uniquement parce que les élèves arrivent au lycée très immatures et très démunis en termes de savoirs fondamentaux. Dans ces conditions, l'enseignement supérieur ne peut plus jouer son rôle, sauf pour une élite[1] de plus en plus étroite : il est devenu impossible de faire accéder à des connaissances spécialisées solides un public qui entre à l'université avec des bases aussi fragiles. Pour ceux des élèves qui peuvent éventuellement encore y parvenir (classes préparatoires scientifiques par exemple), le régime très indigeste qui s'imposerait décourage de la science un nombre toujours plus grand d'étudiants au potentiel élevé.

Un autre aspect très important est que le champ de la connaissance est devenu aujourd'hui extrêmement vaste. À un niveau un tant soit peu spécialisé, il n'existe pas de corpus de connaissances bien délimité que chaque citoyen doive maîtriser : les besoins dépendent à l'évidence des centres d'intérêts privés ou professionnels de chacun, et l'offre éducative devrait en tenir compte, en particulier au niveau de l'enseignement secondaire et de l'université, pour proposer des parcours suffisamment diversifiés, adaptés aux différents profils d'élèves, une fois que les savoirs fondamentaux sont acquis, en fonction de la maturité acquise. En amont, dans l'enseignement primaire, il paraît légitime qu'une même trame éducative soit proposée à tous les élèves, mais il faut composer ici avec des rythmes d'acquisition qui peuvent varier sensiblement d'un élève à l'autre. Il est donc important que l'enseignement procède par « progression concentrique », c'est-à-dire avec un élargissement progressif des connaissances incluant une part substantielle de répétition. Les redoublements ont été décriés de divers côtés, mais la politique systématique de non redoublement largement imposée par les ministres successifs – en particulier sur des critères gestionnaires – se traduit souvent par un abandon éducatif des enfants n'ayant pas les bases nécessaires. Ces élèves iront alors grossir l'échec scolaire au collège, car ce ne sont pas quelques heures de soutien délivrés ici et là qui peuvent résoudre la difficulté des élèves ayant complètement perdu pied. Il est clair aussi qu'une école qui réduit ses objectifs à la socialisation des élèves plutôt qu'à une instruction en profondeur n'est pas en position d'organiser des redoublements efficaces !

 

Dans ce contexte, nous préconisons des évolutions structurelles importantes :

- Abaisser l'âge de la scolarité obligatoire à 5 ans, en créant un cycle préparatoire en deux ans (CP1 et CP2), qui permettrait d'asseoir plus tôt les enseignements fondamentaux, en particulier écriture-lecture et bases du calcul.

- Créer des niveaux scolaires intermédiaires permettant de remplacer les redoublements par des « chevauchements » par demi-années, susceptibles d'adapter le rythme de progression aux besoins des élèves, en maintenant à tout moment un niveau d'exigence élevé. En même temps cette mesure permettrait de favoriser une progression plus rapide des élèves à fort potentiel. L'âge normal de sortie de l'enseignement primaire pourrait ainsi être compris entre 10 ans et 12 ans (sans interdire non plus des écarts plus importants, dans des cas plus rares devant alors faire l'objet d'un examen approfondi par les équipes éducatives).

- Dès le collège, ouvrir progressivement des voies diversifiées permettant par exemple de valoriser les aptitudes manuelles, techniques, sportives ou artistiques, en particulier pour ceux des élèves qui ont besoin de plus de temps pour acquérir des connaissances abstraites. Ceci n'empêche naturellement pas de garder l'idée d'un « collège commun », et d'encourager les passerelles entre les différentes voies.

- Ces mesures ne trouveraient véritablement sens qu'avec des programmes et progressions scolaires revus et fortement consolidés, en même temps qu'un renforcement des exigences et de l'orientation.

 

Des évolutions au moins aussi importantes paraissent nécessaires au niveau du lycée, dans toutes ses déclinaisons (voie générale, technologique, professionnelle). La réforme Descoings-Chatel avec des horaires d'enseignement de sciences globalement encore réduits et une filière générale peu diversifiée, ne fait hélas que consacrer le recul de l'ambition des programmes. Comme toutes les réformes engagées depuis la réforme Chevènement de 1985, celle-ci prétend offrir à tous les élèves un corpus commun de connaissances, mais aboutit en fait à ne proposer qu'un saupoudrage de savoirs très superficiels. Même si l'enflure verbale de certains documents d'accompagnement des programmes peut faire illusion, le contenu réel de mathématiques, par exemple, est encore en forte baisse dans cette n+1-ième réforme. Le mécanisme des enseignements optionnels se surajoutant à un tronc commun ne règle en rien le problème de l'hétérogénéité des classes[2], bien au contraire, et il s'avère de plus peu propice à une bonne structuration des progressions de programmes dans les disciplines « très verticales » comme les mathématiques. Il est évident qu'un élève de Terminale S d'aujourd'hui, avec 5h30 de mathématique et 5h de physique-chimie par semaine, n'a, en ce qui concerne les sciences, strictement aucune possibilité de se hisser au niveau d'un élève de Terminale C des années 1970–1985, qui bénéficiait quant à lui de 9h de mathématiques et de 7h de sciences physiques, tout en disposant d'acquis antérieurs bien supérieurs en moyenne. Pour en revenir à ces conditions favorables, qui sont celles aujourd'hui de grands pays comme l'Inde ou la Chine, encore faudrait-il que les cycles d'enseignement situés en amont donnent aux élèves une maturité suffisante au moment de l'entrée au lycée. Ceci vaut bien sûr dans toutes les disciplinaires scolaires, particulièrement celles où l'élève sera amené à s'engager davantage.

Nous préconisons ici encore d'élargir l'offre éducative afin que celle-ci s'adapte aux besoins les plus divers des élèves. Rien n'interdit de continuer à proposer des voies de lycée qui se spécialisent moins précocement, mais il paraît tout à fait contre-productif de maintenir une fraction substantielle de la population scolaire, en particulier les élèves dont le potentiel est plus élevé que la moyenne, dans un système qui bride constamment leur progression. Le système de tronc commun a peut-être la faveur des gestionnaires mais il a surtout le défaut majeur et rédhibitoire de rendre l'hétérogénéité ingérable. Une politique éducative aboutissant à optimiser le savoir de chaque élève et à en mesurer objectivement le contenu aux différentes étapes paraît donc s'imposer. Dans ce cadre, le baccalauréat pourrait n'être qu'un élément parmi d'autres du dossier scolaire, puisqu'il ne mesure plus aujourd'hui qu'un seuil minimal de connaissances. L'enseignement supérieur serait alors bien davantage en mesure de prendre le relais, en offrant lui aussi des modulations adaptées au niveau et aux objectifs de chaque étudiant.

 

En conclusion, la refondation d'un système éducatif ambitieux est aujourd'hui une nécessité. Un écueil qui est à éviter absolument est la tendance générale des systèmes éducatifs occidentaux à sous-estimer la capacité des êtres humains à l'apprentissage des connaissances fondamentales – même s'il est certain que leur médiocre performance générale n'aide pas à apprécier les élèves à leur juste valeur ! Les élèves n'ont certes pas tous les mêmes rythmes de progression, les mêmes goûts ou les mêmes objectifs ; l'enseignement devrait en tenir compte bien davantage, par exemple à partir du collège, pour valoriser toutes les aptitudes, qu'elles soient manuelles, physiques, artistiques ou plus abstraites ; un « collège commun » offrant des voies d'enseignement diversifiées et toutes très exigeantes serait le bienvenu. Un autre lieu commun pour faire face à la crise de l'enseignement est de proposer une orientation des cursus plus directement liée aux applications et aux besoins professionnels. Or vouloir piloter l'enseignement par la seule considération des besoins professionnels à venir de l'élève est faire fi de la curiosité fondamentale de l'être humain : le but premier d'un enseignement de qualité devrait être d'aiguiser cette curiosité, en proposant à l'élève des outils de pensée fondamentaux aptes à lui donner les clés de la compréhension de notre univers et d'une réflexion critique sur notre société. En ce qui concerne la crise des vocations scientifiques, il est évident qu'un enseignement général quasi-uniforme de bas niveau, axé sur l'apprentissage de recettes et de techniques utilitaires n'est pas de nature à éveiller l'intérêt des élèves. Là encore il convient d'offrir à ceux qui le souhaitent et le peuvent un enseignement très riche liant théorie et pratique, d'une façon aussi précoce que possible. La prise en compte pragmatique et efficiente de tous ces besoins est plus que jamais l'enjeu des réformes à venir.



[1] Il paraît clair que l'élite dont il s'agit est constituée de la petite minorité d'élèves qui peuvent échapper aux conditions d'enseignement subies par la majorité, à savoir les enfants bénéficiant d'apports extérieurs au système éducatif (apports familiaux, cours privés,...) – d'où malheureusement une prédétermination sociale de plus en plus grande de la réussite scolaire.

[2] Cette hétérogénéité résulte bien entendu en premier lieu de la réduction des exigences en amont, et d'une pratique devenue beaucoup trop laxiste de l'orientation, dans un contexte général d'offre éducative étroite et inadaptée.


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16 réactions à cet article    


  • leypanou 28 novembre 2012 11:40

    @auteur :

    "le système éducatif actuel nous paraît ainsi se reposer beaucoup trop sur des implicites culturels qui ne sont pas nécessairement accessibles à tous les élèves, en particulier dans les milieux défavorisés ou issus de l’immigration." : vous insinuez sournoisement déficit culturel avec milieux défavorisés ET immigration, sans le dire explicitement. Or, tous les immigrés ne sont pas de milieux défavorisés, loin de là (même si une majorité l’est effectivement).

    Le déficit culturel est quelque chose de beaucoup plus vaste : il n’y a qu’à voir le pourcentage d’enfants d’énarques ou d’ex-diplomates qui ont pu intégrer l’ENA. Si une proposition de suppression d’épreuve de culture générale a été faite, c’est que certains milieux ont un handicap culturel insurmontable qui ne peut être remédié par quelque bachotage pendant quelques années avant le concours. On peut aussi se demander comment se fait-il que les enfants d’instituteurs -qui, tout en n’étant pas de milieux favorisés ne sont pas ce qu’on appelle un milieu défavorisé,-réussissent mieux à l’école.


    • Catherine Huby 28 novembre 2012 11:49

      Pourquoi l’École qui, pendant plus de cent ans, a réussi à combler les « handicaps » culturels de nombre d’enfants d’origine dite « défavorisée » ne pourrait désormais plus y parvenir ?
      Ceux-ci ont pu pendant des décennies acquérir à l’école la culture générale que leur famille ne possédait pas.
      Il n’y a pas de fatalité liée à la naissance si la société fait en sorte de combler les inégalités culturelles en offrant à tous les écoliers des programmes riches et denses.


    • non667 28 novembre 2012 14:38

      à auteur :discours de bisounours planqués (enseignant sans élève ) payé pour inventer le fil à couper le beurre ! (apprendre à lire, écrire ,compter ! alors qu’on sait faire depuis charlemagne ! )

      les réformes n’ont qu’un but : saboter l’E.N. pour ABRUTIR la populace et en faire des esclaves ignares et dociles !


      • lemouton lemouton 29 novembre 2012 07:11

         « ..bisounours planqués (enseignant sans élève ) payé pour inventer le fil à couper le beurre.. »


        Euh... Pas vraiment... 

        Plutôt que les enseignants, qui d’ailleurs partagent très souvent votre critique, ceux sont plutot les inspecteurs, et autres rats de ministère..


      • Krokodilo Krokodilo 28 novembre 2012 15:09

        Comme d’habitude pas un mot pour critiquer l’anglais imposé à tous (à de rares exceptions près) de fait sinon de droit, et de plus en plus tôt, un système bâti en dépit du bon sens, sous la poussée dogmatique de l’UE qui soutient à fond l’anglais et a réussi à faire passer ses vues hégémoniques au travers de relais dans les ,milieux pédagogiques. 

        J’ai fait une proposition qui concilie apprentissage précoce et liberté de choix : une initiation linguistique non spécialisée au CM2, largement suffisante pour utiliser les capacités musicales des enfants (par exemple comparer des phrases dans différentes langues européennes, apprendre les sons inexistants en français, initier aux alphabets grecs, russe, arabe et dessiner quelques idéogrammes) puis, en 6e, libre choix de deux langues, parmi toutes celles existant, vivantes ou mortes, avec niveau (raisonnable) à valider en 3e et terminale, réforme faisable à coût constant en utilisant les technologies de la communication et les associations de parents d’élèves, les cultures d’origine et les instituts nationaux. Coût constant mais davantage de souplesse structurelle évidemment.

        • Muriel Strupiechonski 28 novembre 2012 16:41

          @ non667,

          je suis surprise de retrouver affublée de l’image de « bisounours », moi qui ai laissé tombé ce monde au bout de deux ou trois ans d’enseignement. Vous ne vous êtes sans doute pas rendu sur nos sites et n’avez pu vous rendre compte que justement, nous ne servons pas la bouillie des bisounours. Ce que d’ailleurs déplore ma hiérarchie, puisque je suis le vilain mouton noir.

          planqués (enseignant sans élève ) : sans élève cette année, c’est sûr et encore depuis le 1er septembre 2012 et jusqu’au 30 juin 2013. Depuis plus de vingt ans, j’ai fait la classe dans un nombre important d’écoles et à tous les niveaux, de la maternelle au CM2. Mon dernier poste, cinq ans de CP/CE1 dans un milieu assez défavorisé avec des enfants du voyage, m’a permis de voir la capacité des élèves si on leur faisait un peu confiance : ils savaient tous lire écrire en fin de CP et résoudre des problèmes avec les 4 opérations. Même des enfants arrivés en grande détresse personnelle, s’en sortaient honorablement.

          payé pour inventer le fil à couper le beurre ! (apprendre à lire, écrire ,compter ! alors qu’on sait faire depuis charlemagne ! )" : payé, oui, pour inventer à le fil à couper le beurre : justement non. Comme l’explique Catherine Huby un peu plus haut, nous nous appuyons sur le constat cité et nous travaillons à remettre sur pied, en tenant compte des avancées réalisées depuis, des programmes denses, exigeants et progressifs pour tous les élèves de l’école publique. Pour revenir aux Bisounours, contrairement à eux, nous confrontons les réalités de terrain et la pratique des classes. Nous ne proposons que des pratiques qui ont fait leurs preuves dans des classes entières avec un seul maître et non par petits groupes face à un adulte. Lire, écrire, compter ET calculer ne se font plus de façon satisfaisante depuis bien longtemps, il n’y a qu’à voir le nombre d’élèves laissés sur le carreau tous les ans. Pour cela, mes collègues et moi-même avons pris sur notre temps personnel puisque nous assumions notre service de classe et que nos méthodes ne plaisaient pas aux chefs bisounours. Nous avons écrit quand même les livres, fichiers, documents, nécessaires à la mise en oeuvre des programmes proposés., nous les avons testés malgré les batons mis dans les roues et nous avons adressés nos résultats au ministère.

          Cette année, mon travail consiste entre autre à faire savoir aux enseignants, aux parents qu’il existe des enseignants de plus en plus nombreux qui désirent instruire leurs enfants en respectant leur intelligence et en leur donnant les moyens de réfléchir de façon rigoureuse pour leur ouvrir les portes d’une pensée critique afin de pouvoir réagir librement aux choix qui leur seront proposés dans le futur. Il consiste aussi à mettre en place un protocole d’évaluation de nos travaux afin qu’il soit reconnu de manière officielle.

          Vous voyez, je travaille...

           


          • Krokodilo Krokodilo 28 novembre 2012 17:24

            Pour le reste, ça semble de bonnes propositions à essayer. Les demi-années souples, c’est original, des sortes de groupes de niveau intermédiaires. Le redoublement fait quasiment l’unanimité contre lui, seules les habitudes et des réticences politiques (suspicion de laxisme « de gauche ») le maintiennent encore.

            Néanmoins, j’ai constaté avec mes enfants un retour au classicisme, récitations, fables, rédactions, calcul, et un recentrage sur les bases.
            Il faudrait aussi parler d’un tabou (en ai entendu parler à la radio une fois malgré tout), le niveau des instits en français, pas toujours celui qu’il devrait être... - et qu’il était du temps des Ecoles normales - malgré le bac plus 5 absurde et démagogique qui a surtout servi à transférer aux parents la charge des études.... 
            Autre tabou : le temps perdu, les nombreuses activités extra-scolaires, les rencontres sportives, les visites de musée d’art moderne à un âge où ils en ont rien à cirer, le stage de troisième dit « d’observation » où les parents doivent mendier auprès des entreprises pour que leur enfant ait le droit de manipuler des cartons, à charge pour eux de faire le transport scolaire durant ladite semaine... , les profs absents non remplacés, ou absents pour cause de voyages linguistiques, de stages. 
            Quant à la certification en langue étrangère qu’on leur demande, c’est la pire ânerie que le Ministère a jamais mise en place : ils n’auront jamais l’aisance nécessaire à l’initiation dans une langue étrangère, la majorité choisira de valider l’anglais, ce qui limitera le « choix » des élèves (choix inexistant de toute façon structurellement), faisant ainsi boule de neige en faveur de l’anglais pour tous de la maternelle aux établissements supérieurs.

            • non667 28 novembre 2012 17:42

              à MURIEL
              nous avons adressés nos résultats au ministère. ????????????????
              vous les prenez pour des imbéciles ? ils savent depuis longtemps que vous avez raisons et que vos travaux et pratiques sont bonnes ! mais vos résultats iront directement à la poubelle et si le moutons noir devient trop bruyant il sera viré à « bray - dunes » . honnête/innocent vous n’imaginez pas que leurs but n’est pas le même que le votre . le leur est saboter l’E.N. pour ABRUTIR la populace et en faire des esclaves ignares et dociles ! au service du N.O.M.


              • mouais 29 novembre 2012 11:07

                D’accord, Non667,
                avec votre avis de politique générale sur la volonté d’abrutissement du peuple.
                D’accord avec le GRIP et Muriel en particulier, pour faire quelque chose, déjà un peu dans nos coins.
                Je suis comme vous presque sûre que de bons résultats de l’expérience SLECC seront mis dans un tiroir de la mémoire de l’ordinateur, et que le ministère dira 50 fois de suite qu’il a perdu le dossier . Nous connaissons.

                Pour répondre à un autre intervenant sur « lire écrire on sait faire depuis Charlemagne » : avez-vous fait l’expérience de faire lire un texte normal de l’école, donné comme document à des élèves de 3e (14-15 ans), et de demander la signification de quelques mots, pour tester la compréhension ? Moi je fais ça tous les mercredis en aide aux devoirs. La difficulté de lecture, les confusions, et les contresens sont assez terribles, même avec de bons élèves.

                C’est justement ça qu’il s’agit de surmonter.
                Quant au moyen de politique générale pour améliorer, que l’imagination advienne au pouvoir. ..


              • tf1Goupie 28 novembre 2012 17:43

                Tant qu’on n’aura pas restauré l’image de l’enseignement auprès de la population scolaire, on aura beaucoup de ifficultés à égaler des pays comme l’Inde ou la Chine, pays où le respect de la connaissance et de l’enseignant est très établi (voire exagéré).

                En particulier aujourd’hui les redoublements sont très rarements efficaces, voire contre-productifs, car le redoublant ne prend pas du tout cette situation comme une deuxième chance, mais comme une année de « glande » supplémentaire, et le niveau obtenu l’année de redoublement est parfois pire que celui de la première année...


                • kalagan75 28 novembre 2012 18:06

                  le système que tu décris en conclusion est le système mis en place en hollande .

                  Quant à comparer un étudiant chinois ou indien à un étudiant français, ils n’ont pas la même notion de compétition ; les chinois et les indiens sont plus « dociles » et se soumettent au système .

                  L’échec de notre système est symptomatique de notre mentalité , sous prétexte d’égalité entre les gamins , on préfère baisser le niveau d’ensemble plutôt que de favoriser une élite qui pourrait porter le pays dans le futur . La baisse de niveau générale est telle que les écoles d’ingénieurs recrutent désormais sur dossier et non sur concours et les profs dans ces écoles s’arrachent les cheveux ...

                  Quant à l’enseignement scientifique au primaire, il est au niveau de la culture scientifique des instits ... c’est à dire proche de zéro pour une grande partie d’entre eux !


                  • Abou Antoun Abou Antoun 28 novembre 2012 21:28

                    L’école n’est que le reflet de la société. Militer pour une refondation de l’école, aussi longtemps que notre pays n’aura pas renoncé à ses fausses ’valeurs’, c’est une perte de temps. Se lamenter ne sert à rien. L’éducation sera revalorisée quand le pays se reprendra en mains.
                    Pourquoi croyez vous que la majorité des étudiants se dirigent aujourd’hui vers la finance, la gestion, le commerce, la communication, la publicité, etc... ? Ils se dirigent vers ce qui paye. Un chercheur en sciences est aujourd’hui un miséreux qui galère pendant dix ans après son doctorat avec des salaires de misères et des contrats précaires. Pendant ce temps, les promos de l’X de centrale se dirigent en masse vers des postes d’encadrement dans la banque, les cosmétiques, où leur culture scientifique ne sert à rien etc... Pourquoi ?


                    • lemouton lemouton 29 novembre 2012 07:58

                      à l’auteur..


                      Votre présentation d’article est l’exemple flagrant d’un document anti pédagogique.. smiley
                      Aussi mal présenté..., que dis je...,
                      Plus rébarbatif qu’une page de BO (c’est dire..).

                      J’ai mis de la bonne volonté (enfin je pense en avoir mis...), et je n’ai pas réussi à me concentrer sur cette tartine écrite au kilomètre..

                      Soit vous avez perdu toute notion de pédagogie, soit vous vous êtes contenté d’un copié-collé hatif qui vous a fait perdre tous les paramètres de présentation..

                      Dommage... -5 points sur la note finale smiley




                      • Muriel Strupiechonski 30 novembre 2012 15:12

                        Je sais, les chercheurs en « science de l’éducation » et leurs adeptes nous reprochent souvent de ne pas assez distraire le lecteur (enfant ou adulte) par des dessins, des images...

                        Mais l’objectif n’est pas de distraire mais d’aller au fond des choses en utilisant un vocabulaire compréhensible.

                        La pédagogie ne se reflète pas en uniquement dans le paraître contrairement à ce que la société essaie de nous faire croire et de plus en plus de collègues qui nous le reprochent finissent par venir à nous quand ils prennent le temps de découvrir le contenu. Mais promis, la prochaine fois, je ferai un petit effort. smiley

                         

                         

                         


                      • lemouton lemouton 1er décembre 2012 19:16
                        à Muriel Strupiechonski 

                        Ha.. cela fait plaisir de voir que vous ne vous vexez pas et savez prendre du recul.. smiley

                        des dessins.. ?? des images.. ??.. Non, pas nécessairement,..
                        Mais des phrases courtes (comme nous le disait un vieux professeur..) et une aération du texte par des retours à la ligne, et une structure idée/paragraphe..

                        Bonne soirée..

                      • Muriel Strupiechonski 3 décembre 2012 16:12

                        Me vexer ? Heureusement que l’on est loin de tout cela au GRIP, sinon nous aurions plié bagages depuis longtemps...

                        Maintenant je dois vous avouer que je ne suis pas spécialiste des us et coutumes des blogs et de l’usage des smileys.

                        Mais il faut bien s’y mettre et j’essaie de faire de mon mieux puisque c’est à moi que revient pour l’instant la tâche de communiquer. Merci pour vos conseils.

                        Le texte n’est pas de moi et je ne me permets pas d’y toucher. Il est au départ destiné aux membres de l’Académie des Sciences. Loin de moi de penser que ces membres se contentent d’un texte « anti-pédagogique » mais il s’agit d’une reprise de divers propos déjà émis au sein de l’Académie par M. Demailly. Ce qui explique peut-être ce côté non pégagogique.

                        Les prochains textes que je vais publier pour le GRIP ne seront pas de moi non plus (enfin pour les touts prochains à venir en tout cas). Je vais donc essayer de faire ce que je peux pour ne pas vous perdre en cours de lecture. Avouez quand même que le traitement de texte n’est pas très souple et j’ai déjà perdu plusieurs fois la page de l’article à cause de mauvaises manipulations. C’est un peu irritant.

                        Quant aux dessins et images, c’était une blague. smiley et je ne saurais sans doute pas les intégrer smiley !

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