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Accueil du site > Actualités > Société > La Rosière de Martin Hirsh

La Rosière de Martin Hirsh

Mardi 4 mars marquait la reprise de l’excellente série des Maupassant sur France 2 avec, pour débuter, le célèbre « Rosier de Mme Husson ». Mais saviez-vous que le haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsh avait lui aussi une rosière ? Pas Normande celle-là : Bretonne !

Elle s’appelle Rosière, Gwenn Rosière et elle se dit "chômarde". Elle signe avec Martin Hirsch un livre intitulé La Chômarde et le haut commissaire ("lettre ouverte à ceux qui pensent qu’il n’y a rien à faire") chez Oh éditions. Dans le cadre du Grenelle de l’insertion et pour engager un dialogue avec les bénéficiaires, Martin Hirsch et Gwenn Rosière, une allocataire du RMI, ont échangé des courriers et des mails pendant six mois. Cette correspondance fait aujourd’hui l’objet de cette publication qui "balaye les problèmes que rencontrent quotidiennement les "chômards".

Gwenn Rosière a 33 ans, ce petit bout de femme d’ "1,44 m au garrot ", vit dans les Côtes-d’Armor et possède un caractère impétueux. Son style est vif, percutant, sans concession : "Je hais l’espoir" que rattrape un "J’ai fait moral’sup."

Elle a dit qu’elle parlerait, eh bien chose promise, chôm’du !, elle raconte sa "chômardise"’, c’est-à-dire la galère des petits boulots et la précarité. "Il faut changer les esprits, dit-elle, Arrêtez de considérer les chômeurs, les Rmistes, comme des flemmards ou des abrutis notoires."

Le haut commissaire est chargé, dans le cadre du Grenelle de l’insertion, de mettre en place le RSA. Il se trouve qu’un premier bilan provisoire vient d’être rendu. En même temps que Martin Hirsh présentait, le 3 mars, son livre vert consacré au RSA, il publiait aussi les premières statistiques disponibles sur l’expérimentation de cette nouvelle prestation. Ces chiffres, très partiels et fragmentaires, ne permettent pas de tirer beaucoup de conclusions. Ils apportent cependant quelques enseignements. Plus de 3 000 foyers ont été payés en janvier 2008 au titre du RSA dans les dix départements qui ont débuté l’expérimentation dès 2007 (sur quarante départements expérimentateurs). Le montant de l’aide versée au titre du RSA varie d’un département à l’autre, à situations identiques. Ainsi, dans l’Eure (premier département à avoir expérimenté le dispositif), le montant mensuel moyen de l’aide est de 252 euros. En Charente-Maritime, ce montant est de 192 euros, après seulement un mois d’expérimentation. Le profil des emplois occupés par les bénéficiaires du RSA, CDD, CDI, intérims, contrats aidés, est également très variable selon les départements. Ces disparités ou tout le moins cette diversité illustre l’ampleur des difficultés qui se posent au Grenelle de l’insertion pour le choix du dispositif à généraliser.

Le RSA a aussi été testé dans les Côtes-d’Armor, le département de Gwenn, notre "chômarde".

Accès ici au site du Grenelle de l’insertion : vidéo et lien vers l’article de Ouest-France sur Gwenn la chômarde.


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17 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 11:40

    Erratum : mardi 4 mars.


    • Krops 5 mars 2008 13:03

      Martin Hirsh a parfaitement selectionné la personne qui posera toutes les mauvaises questions avec cette fausse franchise qui se voudrait sans concessions.

      Lorsque l’on lit le livre vert on se rend compte à quel point ce RSA est dangereux. D’abord il oblige les RMIstes à s’incrire à l’ANPE sous peine de se voir suspendu de RMI. A l’allure ou radie l’ANPE on se retrouve vite sans ressources. Cela sans compter les nombreux SDF qui devront, si ils veulent encore bénéficier du RMI, point tous les mois à l’ASSEDIC et se présenter tous les mois pour un rendez-vous à l’ANPE.

      Or l’ANPE se fout des problèmes sociaux et l’inscrit se doit d’être disponible à 100% pour la recherche d’emploi. Cela fait parti intégrante des règles de l’ANPE. Et de plus au cas où, Hirsh et ses comparses (allant de l’UMP au PC, la LCR, les verts etc...) ont prévu de toute façon des modification sur le code de l’action sociale et des familles. Ces modifications sont déjà adopter grâce à un décret et prévoit l’abolition des mesures d’insertion sociale pour les allocataires des minima sociaux (action sur le logement ou la santé).

      Le RSA c’est également la fin de la CMU-C, chacun devra dorénavant payer selon ses moyens...

      C’est tout simplement l’une des plus belles réussite du capitalisme en France.

       

       


      • Nemo 5 mars 2008 13:12

        Parce que toi, quand tu cherches un travail, t’es pas dispo à 100% pour le chercher ? T’es au chômage, mais tu ne veux te bouger le cul qu’à 50% pour trouver de quoi vivre normalement ?

        C’est quoi cette réfléxion débile ?


      • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 14:10

        Krops n’a pas complètement tort : s’activer ce n’est pas seulement chercher du travail, c’est aussi se donner les moyens préalables de se présenter à un entretien d’embauche. Cela passe par la recherche d’un logement souvent, par le suivi de sa santé, par la formation, des actions d’insertion sociale, de contacts avec d’autres gens.

        Ce que reproche Jean-Michel Belorgey, conseiller d’Etat et "père du RMI", à Hirsh, c’est cette idée de rendre synonymes "activité" et "emploi". C’est une conception qui peut s’avérer dangereuse entre les mains de décideurs qui n’ont pas une grande connaissance ou une grande sensibilité aux problèmes d’insertion.


      • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 17:00

        D’autre part, l’incitation à l’activité sous la forme de l’emploi bute sur un certain nombre d’autres problèmes : la discrimination à l’embauche, le coût engendré par le fait de travailler (coût des trajets, de la garde des enfants...), la marginalisation installée et ses effets, la course au quotidien (nourriture, chasse aux prix bas..) qui accapare dans un contexte de pouvoir d’achat en baisse importante, et évidemment la pénurie d’emplois car le chômage sévit toujours. Sans oulbier l’élément psychologique : le moral. Quel est-il et est-il en hausse, ce moral, devant les patrons français du CAC40 qui voient leurs gigantesques profits augmenter de 40 % en seulement une année, devant un président qui sitôt élu augmente son revenu déclaré de 206 % et expose sans pudeur son train de vie, devant les affaires de parachutes dorés et plus récemment celle du Medef ?

        La proposition de Bayrou lors de sa campagne présidentielle était l’activité universelle (notion qui ne se recoupe pas complètement avec celle d’emploi au sens économique : elle est plus large) : extrait :

        "L’activité universelle, c’est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, c’est une idée de révolution civique. Je sais bien que c’est extrêmement ambitieux, mais c’est à la dimension d’un pays comme le nôtre.

        Tout le monde possède une compétence, un savoir-faire. Des informaticiens diplômés sont cantonnés au RMI ! Les familles de RMIstes de mon village, je les connais depuis l’enfance. Ils savent faire plein de choses. Chacun peut surveiller la sortie d’une école, veiller à la sécurité des enfants. Tout le monde peut conduire, s’il a le permis de conduire, aider des personnes pour faire leurs courses. Chacun peut jouer un rôle dans les aéroports, dans les gares ; les personnes âgées sont souvent désorientées dans ces grands ensembles. Il y a mille et une tâches que l’on peut assumer dans la société pour retrouver le sentiment de sa compétence.

        Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d’arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI."


      • karpediem karpediem 6 mars 2008 15:16

        Mr Némo, avez-vous bien les pieds sur terre ?

        Lorsque vous perdez un travail, réalisez-vous que vos revenus baissent dès le 3° mois ? qu’il vous faut parfois revendre 1 des (la ) voiture(s) du foyer ou geler l’assurance ; retirer les enfants de la crèche ou licencier la nounou ; avancer des fonds importants pour de la presse + un bon CV avec bonne photo et sous enveloppe timbrée ; continuer à payer l’Internet et à vous entretenir voire reprendre une formation et faire des bilans. Coincé à la maison ou perdu dans les succursales de l’ANPE au milieu de tant d’autres sans-emploi, perdant vos centres d’intérêt, vous perdez aussi une partie de votre réseau ; on n’aime guère les loosers .... Ne s’en sortent guère que les artisans et amateurs évolués qui peuvent bosser au noir ... (( jusqu’à faire sourire N. Sarkozy en plein débat TV (public) électoral l’an passé ...)). 

        Bref, avec une vie de famille, et dans un bassin d’emploi peu porteur, votre moral sombre aussi vite que vos fonds et vos outils. Alors effetivement ne devient-on chercheur d’emploi qu’à temps partiel. Et je n’évoque pas les séniors ou les handicapés encore plus coincés.  C’est ça leur vie.

         


      • Laury 7 mars 2008 21:49

        Bonsoir a tous je suis d’accord avec cet article et je trouve plus que normal que l’ont aide dans se pays les

        personnes dans le besoin mais mais il est aussi normal que les personnes "valide" fasse un effort pour

        montrer qu’ils mérites l’attention et les indemnités que lors donne la société, l’éffort doit être collectif


      • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 13:55

        Aznavour ?


      • foufouille foufouille 5 mars 2008 14:30

        belle propagande

        le seul but du RSA est de faire depasse de quelques euros les salaires du seuil de pauvrete

        hirsch reve d’une france emmaus

        si môsieur hirsch avait voulut lire la vie des chomeurs, il avait le web genre www.actucomage.org


        • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 16:13

          Le Médiateur de la République démontre que l’activation des minima sociaux peut être très préjudiciable aux bénéficaires. Ainsi pour le contrat insertion-revenu minimum d’activité (Cirma) : (ce problème a aussi été évoqué par François Bayrou récemment sur un plateau télé ; Bayrou exprimant son inquiétude sur de possibles mêmes effets sur les futurs bénéficiaires du RSA, à partir d’évaluations réalisées par des assistantes sociales de Pau )

          En 2007 le Médiateur de la République a reçu des réclamations de la part de demandeurs d’emploi ayant signé un contrat insertion-revenu minimum d’activité (Cirma) qui ont découvert, tardivement, l’impact de cet engagement sur leurs droits sociaux. Ils se plaignent de ne pas avoir été informés des conséquences sur le montant du RMI ou de l’allocation de parent isolé (API) et sur le taux de leur aide au logement.

          Cas concret donné sur le site du Médiateur de la République : Madame S., percevant l’API, avait repris une activité salariée dans le cadre d’un Cirma. Elle a notamment perdu le bénéfice de l’API qu’elle percevait précédemment et qui lui aurait été versée pendant trois mois si elle avait signé un simple CDD ! De plus, elle ne perçoit plus une allocation spéciale de 295 € attachée à sa condition de mère isolée. Madame S. estime que le Cirma, loin de favoriser son insertion, la prive de ressources qu’elle percevait jusqu’alors et, par conséquent, l’expose de façon paradoxale à des risques accrus d’exclusion… En faisant quelques simulations, il s’avère effectivement que les revenus globaux (prestations sociales et salaires) de Madame S. sont inférieurs à ce qu’elle aurait perçu si elle avait signé un CDD classique.

          Le médiateur tempère un peu le constat : "Toutefois, il convient de noter que plus tard, les droits à prestations soumises à une condition de ressources seront plus élevés pour l’intéressée que pour un salarié ayant conclu un CDD, puisque dans le cadre du Cirma, la part correspondant à l’aide à l’employeur ne sera pas imposable. Par ailleurs, il faut souligner que les Cirma ont été mis en place pour permettre la création d’emplois supplémentaires, en faveur justement des bénéficiaires de minima sociaux qui n’auraient peut-être pas trouvé d’emploi en l’absence de ce dispositif." Mais il réclame davantage d’équité dans ce dispositif.

           


          • Vieux Sachem 5 mars 2008 17:54

            Pour une fois, Lerma serait-il "sec" sur ce sujet ? Sans doute a-t-il peur de devoir féliciter la Taverne pour son article.


            • Traroth Traroth 5 mars 2008 18:25

              Hirsch, ce mangeur de chapeau, a trouvé dans cette histoire une bonne occasion de faire croire qu’il avait encore des convictions, au dépend d’une pauvre chômeuse. Le budget dérisoire pour ne pas dire grotesque accordé au RSA, alors même que Sarkozy accordait des sommes délirantes à ses amis prêteurs de yacht, n’a pas provoqué sa démission. Ce sinistre individu a trahi tous les idéaux qui prétendait défendre et ne sert plus que d’alibi progressiste au gouvernement le plus réactionnaire de ces 40 dernières années. Tout comme Fadela Amara. Je ne parle pas de Kouchner, Jouyet ou Besson, dont personne n’a pu imaginer qu’ils aient un jour pu avoir des convictions.


              • La Taverne des Poètes 5 mars 2008 18:46

                C’est d’autant plus dommage que le projet initial de Hirsch était intéressant. Mais, faute d’un budget suffisant, il laissera de côté des catégories comme les bénéficiaires de l’AAH, les jeunes de moins de 25 ans (sans doute). D’autre part, compte tenu de l’idéologie qui préside (la culture de l’entreprise et du résultat), c’est la notion d’"activité" (*) au sens réduit d’"emploi" qui est retenue. En fait, pour moi, un type comme Hirsch sous une présidence Bayrou, cela aurait donné une réforme vraiment révolutionnaire. Je ne pense pas qu’il faille pour autant saper complètement tout espoir que le Grenelle de l’insertion aboutisse en partie à des résultats intéressants.

                (*) (toute activité n’est pas transformable en emploi mais peut néanmoins aider la société.

                 


              • Traroth Traroth 5 mars 2008 19:05

                Vu ce que je pense de Sarkozy, je ne peux pas voir un "Grenelle de l’insertion" comme autre chose qu’une mascarade, comme le Grenelle de l’environnement, comme tout ce que fait Sarkozy dès qu’il s’agit d’autre chose que de faire des cadeaux aux copains et aux coquins. Sarkozy est devenu président pour piller, et c’est exactement ce qu’il en train de faire. Croire qu’il peut en sortir quelque chose de positif autrement que par accident, c’est entretenir de faux espoirs.


              • Rapetout 6 mars 2008 07:26

                ce petit bout de femme d’ "1,44 m au garrot "

                Ça m’a fait tiquer, bien sûr. Une naine ? Et puis j’ai réfléchi. "Au garrot." Et je me suis mesuré. Je fais 1,48m au garrot. Et 0,08m à la cheville. A la plante des pieds, encore moins. Je vous laisse deviner combien je fais, mesuré normalement. N’importe quoi pour faire de la copie. C’est moins difficile que de pondre des vers, hein mon pouèt-pouèt.


                • chmoll chmoll 6 mars 2008 10:40

                   l’ANPE .parait qu’il faut s’habiller d’une combinaison anti radiation avant de rentrer dedans ?

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