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La science est en échec et la société décroche : entrez dans la musique mes frères, alléluia !

Quelques analystes plus sérieux ou disons plus décalés livrent un constat pas nécessairement plaisant aux yeux de l’opinion publique. Ce qu’on appelle le système, et qui se compose des entreprises industrielles, des réseaux financiers et des administrations publiques, devient de plus en plus incontrôlable. Ce qui signifie que les gouvernants n’ont plus la maîtrise du système, malgré les outils de contrôle sophistiqués dont ils disposent. C’est pour cette raison que quelques intellectuels inquiets (du moins dans leurs apparitions médiatiques) comme Edgar Morin ou Jacques Attali, évoquent la mise en place d’un gouvernement mondial. Cette idée mérite d’être examinée avant d’être rejetée sous prétexte qu’un tel gouvernement risquerait de devenir dictatorial et que de plus, il n’aurait pas de légitimité démocratique, ou du moins pas plus que les instances dirigeantes européennes, non élues par les citoyens mais nommées par les élus des citoyens. L’optimiste verrait dans ce gouvernement mondial un moindre mal. Quant au pessimiste, il craindrait le pire. Reste le réaliste qui se dirait après tout que si les gouvernements nationaux n’ont plus la maîtrise du système, alors on peut en dire autant d’un gouvernement mondial. Quant à l’ironiste, il rétorquerait que oui, le système contrôle les individus, surtout ceux qui sont honnêtes, et un peu moins les délinquants dans les zones dites sensibles ; plus facile de verbaliser un cycliste en centre-ville que d’aller installer l’ordre républicain dans certains quartiers. En fait de contrôle du système, il faut bien voir que cette notion est toute relative. Tout dépend quels sont les paramètres et les faits sociaux et techniques qu’on veut maîtriser. Quelques phénomènes d’ampleur importante et préjudiciables à « l’harmonie et paix républicaine » échappent aux politiques. C’est le cas du chômage, de l’ordre républicain dans certaines zones, de l’apparition des virus, de la diffusion des propagandes haineuses, des activistes délocalisés menant une guerre sans appartenir à des armées régulières (ce qui ne veut pas dire qu’ils sont totalement indépendant des Etats), du prix des ressources alimentaires, énergétiques ou minérales. Une chose est cependant acquise, celui des inégalités face à la maîtrise. Ce principe concernant autant les nations que les entreprises. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les difficultés de grands constructeurs automobiles comme Peugeot ou Ford ainsi que les fermetures d’usine. Le monde économique exerce une pression sélective de plus en plus forte sur les entreprises. On pourrait dresser un constat similaire à l’échelle individuelle ; certains ayant une emprise plus que correcte sur leur existence et d’autres étant quelque peu ballottés par la dureté du système, livrés à la précarité et aux aides alimentaires. Dans le coin de l’écran, vous voyez ce type, un sage du bistrot, qui en lisant ces lignes s’exclame : en c’bas monde, on n’fait pas ç’kon veut, mon brave monsieur !

Un autre sage philosophe se souvient de quelques intentions formulées par Descartes et Bacon au 17ème siècle. L’homme doit se servir de la nature en la maîtrisant au service des activités humaines. Ce grand dessein a nourri pendant trois siècles les idéologies du progrès avant qu’en ce terrible 20ème siècle, on ne constate les énormes dégâts causés par les techniques modernes lorsqu’elles sont utilisées dans les conflits. Ensuite, fin des années 60, quelques visionnaires regroupés dans le club de Rome se sont interrogés sur la croissance. L’écologie militante a ensuite occupé la décennie suivante avec une prise de conscience élargie des dégâts causés à l’environnement par les activités humaines. Puis ce fut le développement durable, un concept assez creux et fourre-tout, récupéré par d’habiles opportunistes pour faire du profit. Le candide de service pense que la technique s’utilise simplement et que tout dépend de l’usage qui en est fait. Le penseur plus éclairé comme Ellul sait que la technique n’est pas neutre et engage une transformation sociale et anthropologique en prenant quelque autonomie face aux décisions humaines acquises par la raison. Admettons pour résumer qu’il y a une ruse de la Technique. Et convenons qu’actuellement, la technique ne cesse d’occasionner des problèmes et que son usage dans des sociétés complexes fait que si le système devient partiellement incontrôlable, cela est dû à la multiplication de la technique qui pourtant devait permettre à l’homme d’être maître du royaume matériel. Sans aller jusqu’à clamer que l’homme est devenu l’esclave de la technique, il nous faut reconnaître que l’homme perd son autonomie et son indépendance alors qu’il croit que son pouvoir matériel lui permet de faire de plus en plus de choses. En plus, la technique, pas plus que la science, ne peut solutionner les grands problèmes contemporains. Peut-être faudrait-il déniaiser l’opinion publique en lui présentant la situation avec exactitude et véracité.

La science ne semble plus en mesure de répondre substantiellement à l’amélioration des existences personnelles pas plus qu’elle ne permet de résorber les crises et autres dysfonctionnements des sociétés les plus avancées. La recherche scientifique fondamentale a encore sa place mais la principale activité des chercheurs est assez éloignée des préoccupations fondamentales même si ces scientifiques s’en réclament. Quant aux applications scientifiques, elles découlent des deux recherches, complémentaires, la fondamentale et l’appliquée. A ce stade il nécessaire de tracer une démarcation permettant de raccorder la science à ce qu’on attend d’elle ; le Progrès. Il est incontestable que des domaines scientifiques n’ont cessé de progresser et ne laissent pas entrevoir une limite à moyen terme. C’est le champ des inventions technologiques dont les applications sont présentes dans toutes les sphères de l’activité humaine. Computer, smartphone, matériaux composites, son et image, systèmes de détection, robotique, cognitique, automobile, domotique et plein d’autres choses. Ces progrès sont évidents mais ils se limitent aux interfaces et autres outils permettant de percevoir, calculer et agir dans le monde matériel. Néanmoins, d’autres champs de l’existence s’offrent à des sciences qui ne progressent plus tellement et s’avèrent même impuissantes. C’est le cas de la santé et de la société, autrement dit les bien-être individuel et public. Comparons l’état des techniques en 1970 et 2010. C’est « phénoménal » pourrait-on dire. Comparons la médecine et l’état des sociétés pendant cette même période. Eh bien les progrès ne sont pas « transcendants » pourrait-on dire. On observe même des régressions au niveau social avec des quartiers à la vie publique dégradée sans compter le chômage et d’autres fléaux sociaux. Quant à la médecine, même si quelques outils ont changé la vie des praticiens, la santé n’a pas progressé énormément et semble faire du sur-place pour ce qui concerne les maladies dites incurables. En plus, un nombre croissant d’individus sont dans une situation de mal-être pour ne pas dire de dégradation psychique. Si progrès il y a, on les note plus spécifiquement dans le champ de la chirurgie. Ce qu’on peut donc déduire, c’est que la stagnation de la médecine et de la société découlent d’une sorte de stérilité, ou plutôt d’une inadéquation scientifique présente dans la recherche biomédicale et les investigations menées en sciences de l’homme et de la société. S’agissant de ces dernières, on peut aussi supposer que quelques pistes de réflexions ne sont pas suivies et que la désagrégation sociale est en quelque sorte intégrée dans d’un calcul politique servant l’économique. L’obsession pour la compétitivité en étant un signe édifiant.

La recherche scientifique pèche sur deux points très importants. D’abord la très grande spécialisation engendrant des recherches étanches portant sur des détails sans enjeu majeur, de surcroît menées de manières redondantes par des équipes internationales lancées dans la course à la publication. Cette pratique étant nécessaire pour remplir les formulaires permettant d’obtenir les financements pour payer le personnel, les appareils et les frais de fonctionnement. L’objectif, c’est de trouver le premier un résultat nouveau. Cette pratique induit le second point, concernant la nature des travaux menés. Nombres d’études sont maintenant adossés à des méthodologies statistiques. Pour obtenir des résultats il suffit de prendre un trait de caractère, une pathologie, et d’analyser des gènes, ou bien des comportements, des habitudes alimentaires. Et de trouver des corrélations. Par exemple, chez les personnes présentant une pathologie X ou un profil Y, la présence du gène Z est augmentée de 30 % ou alors on trouve 25 % de plus de consommateurs du produit W. Ces études n’ont pas un grand intérêt pour les choses de la vie. De plus, le schéma causal n’est même pas fiable. Par exemple, il a été dit que les consommateurs de benzodiazépines ont un pourcentage plus élevé de développer Alzheimer. Or, ces consommateurs sont sujets à des anxiétés si bien que l’occurrence d’Alzheimer pourrait tout aussi être liée à un terrain psychologique fertile pour cette pathologie. Dans les sciences humaines ont retrouve des investigations statistiques. Des recherches souvent inutiles, du genre les enfants de parents obèses ont 10 % de chance en moins de faire des études supérieures. Quant aux applications des recherches biomédicales, on doutera qu’augmenter (statistiquement) de trois ou six mois la vie d’un cancéreux en phase terminale ne constitue un réel progrès de santé publique et ne justifie les frais engagés car ces thérapies censées être ciblées et reposant sur un dispositif extrêmement sophistiqué sont très onéreuses. La santé publique a d’autres priorités semble-t-il, ne serait-ce que permettre au plus démunis d’accéder aux soins de base. Ce constat sévère sur la recherche biomédicale et sociale mériterait des arguments plus fondés, notamment une étude roborative. Néanmoins, je fais confiance à mon appréciation toute de même basée sur des données tangibles. A l’instar de l’honnête homme lisant le Monde chaque matin ou du parlementaire feuilletant le Canard sur les bancs de l’Assemblée, je consulte chaque jour les recensions parues sur l’excellent site Science daily. Environ une cinquantaine de billets à chaque livraison quotidienne. Ce qui permet de voir défiler les thèmes de recherche consignés dans les publications des revues de référence.

Cette situation offre l’occasion de méditer sur un décrochage, relatif certes, mais avéré de la société et plus précisément, du techno-scientifique et du politique. C’est à dessein que j’associe ces deux champs sociétaux car il y eut deux époques « glorieuses » (1890 et 1960) où science et politique faisaient espérer et même rêver nombre d’intellectuels, qu’ils soient utopistes, progressistes ou futuristes. Au début du 21ème siècle, l’économique et le système hyperindustriel ont envahi la sphère humaine mais le politique et la science décrochent pour résoudre des problèmes fondamentaux et notamment parvenir à résorber les pathologies, des désordres psychiques et la dégradation de la société. Ce qui fait réfléchir aux limites du progrès. Mais ne jouons pas les naïfs ou les vierges effarouchées. Cette crise de la société et de la science, c’est en fait la crise de la modernité dont quelques traits et soubassements ont été explicités avec clarté au début du siècle précédent par Guénon, Husserl et quelques autres précurseurs, les uns plutôt critiques et les autres parfois anti-modernistes, parmi lesquels l’historien controversé Toynbee.

Décrochage, certes, mais aussi constat et si on se veut sévère, alors on peut suggérer que la politique et surtout la science et les professeurs ne sont plus au service d’un bien public projeté pour la société. La science sert ses intérêts sans que ce soit délibéré. C’est une machine qui suit son cours, comme la machine politique. Les masses sont abruties. Si le politique servait l’humain, il favoriserait le développement de l’intelligence dans la société mais il ne pourrait plus se servir aussi facilement de l’humain. Prenez-les tous, PS, UMP, Centre, Verts, Front de gauche, NPA, FN, Vous verrez qu’ils jouent tous sur l’ignorance des gens et l’entretiennent. Ils ne sont pas inutiles, car ils servent l’organisation de la société tout en s’en servant, mais sont bien incapables d’apporter un mieux-être en traçant d’autres voies. On aimerait le désintéressement, des scientifiques et des politiques, mais ce serait une illusion, l’homme désintéressé n’existe pas. Par contre, on peut s’intéresser à autre chose et chercher la connaissance, la lumière. Beau sujet pour un roman. Deux types, l’un qui essaye de changer le système et l’autre qui cherche la voie. Un remake de La montagne magique mais avec deux profils existentiels distincts. Quant à la science, elle stagne mais aussi elle avance grâce aux pionniers et au découvreurs que le grand public ignore et même les étudiants de science, si mal servis en France par une épistémologie naufragée se raccrochant aux savoirs datés d’un autre siècle.

Je crois au final que la destination des sociétés ne repose pas sur une volonté de combattre et d’imposer un changement en opposition avec la situation actuelle. Le temps de la dialectique, marxiste ou hégélienne, est révolu. Le seul salut est de faire germer la lumière mais il faut la trouver et surtout la comprendre. Connais la lumière et tu changeras peut-être le monde et si ce n’est pas le cas, tu seras dédommagé car ton monde aura changé.


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16 réactions à cet article    


  • cogno4 29 octobre 2012 11:07

    La science ne semble plus en mesure de répondre substantiellement à l’amélioration des existences personnelles pas plus qu’elle ne permet de résorber les crises et autres dysfonctionnements des sociétés les plus avancées.

    Etant donné que ça n’a jamais été son rôle, aucun soucis donc.
    Car faut il vous le rappeler ? Le but de la science est de « comprendre » le reste, ce sont des fantasmes.
    Et si certains ont confondus sciences et ingénierie, tant pis pour eux.

    Le problème de la science est un problème de financement avant tout, certains passant plus de temps à chercher des sous qu’a bosser.
    Le but étant d’avoir un retour sur investissement rapide, les sujets de recherches sont choisis en fonction de leur rentabilité.
    C’est l’ingénierie qui amène la science dans votre quotidien (ou les sciences appliquées comme on dit aussi.).

    Autrement dit :

    Un réacteur nucléaire expérimental, c’est de la science.
    58 réacteurs, c’est de l’industrie.


    • Castel Castel 30 octobre 2012 09:03

      Le problème n’est pas la science mais le système.
      S’il n’y avait aucun lobby et que toutes les découvertes aboutissaient à une nouveauté sociale, la vie des êtres humains seraient en perpétuel mouvement et cela créerait du sens et de la beauté. Le problème, c’est que nous avons tous l’impression (consciemment ou pas) de faire parti d’un élevage de poules. C’est pourquoi les théories du complot foisonnent. Nous voulons en vérité échapper à la monotonie de l’existence qui n’est en rien naturelle (et nous le savons bien).
      Si la vie apparaissait pour ce qu’elle était réellement, nous aurions l’impression de vivre un éternel rêve. Or, pour le moment, nous nous sentons manipuler par des forces qui nous échappent.


    • Gollum Gollum 29 octobre 2012 12:15

      De plus, le schéma causal n’est même pas fiable. Par exemple, il a été dit que les consommateurs de benzodiazépines ont un pourcentage plus élevé de développer Alzheimer. Or, ces consommateurs sont sujets à des anxiétés si bien que l’occurrence d’Alzheimer pourrait tout aussi être liée à un terrain psychologique fertile pour cette pathologie.


      Vous soulignez là la tare de plus en plus évidente de la science, qui charcute le réel, croit pouvoir créer des compartiments afin d’étudier les choses.. Oui mais voilà, la réalité est en fait complexe et on l’est de plus en plus confronté à accepter une interdépendance universelle des « choses » qui fait que l’on a de moins en moins de prises sur elles..

      D’où l’absurdité de ces statistiques en effet qui cachent mal la cécité de nos élites contemporaines quant à leur prétention à maîtriser le réel. Les statistiques sont la « boule de cristal » de la science moderne.

      L’astrologie est plus franche quant à elle puisqu’elle accepte dès le départ cette interdépendance universelle et ne prétend pas accéder à un savoir total, précis et quantifiable. De ce fait, elle n’est pas utilitariste et prométhéenne.

      • cogno4 29 octobre 2012 12:30

        N’importe quoi.
        Avez vu seulement la moindre notion de ce dont vous parlez ?

        Et la conclusion, l’Astrologie....

        Venez pas parler de science, vous ignorez ce que c’est.


      • Castel Castel 30 octobre 2012 08:49

        @ cogno,

        La méthode scientifique n’est qu’une manière d’aborder les choses. Elle n’a pour but que d’apporter des résultats précis. Ce n’est pas la vérité.
        Cependant, un esprit scientifique peut tout-à-fait s’intéresser à l’astrologie. Ce n’est en rien contradictoire. Un scientifique ne devrait par ailleurs n’avoir aucun préjugé dans aucun domaine, car s’il se ferme, comment peut-il véritablement avancer ?


      • Gollum Gollum 29 octobre 2012 12:29

        Cette crise de la société et de la science, c’est en fait la crise de la modernité dont quelques traits et soubassements ont été explicités avec clarté au début du siècle précédent par Guénon, Husserl et quelques autres précurseurs,


        Oui on aurait aimé que vous développiez un peu plus.. Qu’est-ce qui est en jeu ici ?

        Tout simplement le fait qu’à partir des Lumières, l’homme s’est entièrement voué un nouveau dieu, la Raison, qui lui semblait promettre monts et merveilles.. 

        Oui, la raison semblait promettre l’intelligibilité du réel, alors que ce réel nous échappe de plus en plus au fur et à mesure que l’on croit connaître, la crise de la physique contemporaine est là pour en témoigner. 

        La raison semblait promettre la maîtrise des choses par la technique. Là aussi c’est la bérézina.. Plus il y a de technique et plus l’ordre cosmique, basé lui sur une Intelligence globale et universelle, consubstantielle aux choses est ébranlé, détruit, et disons le mot, profané. L’homme moderne, effaré, constate que le rêve du XIXème siècle se transforme de plus en plus en cauchemar et il ne comprend pas pourquoi.

        Pour comprendre pourquoi en effet, il faut revenir à ce que nous disait les Anciens et que Guénon a essayé de transmettre... Lisez « Le règne de la Quantité et les signes des temps » et vous aurez l’intelligibilité de la crise qui secoue le globe et qui va bientôt aller au bout de sa logique destructrice mais aussi transfiguratrice.

        • cogno4 29 octobre 2012 12:33

          Tout simplement le fait qu’à partir des Lumières, l’homme s’est entièrement voué un nouveau dieu, la Raison, qui lui semblait promettre monts et merveilles..

          Faux , faux , toujours faux.
          Le but de la raison, c’est de sortir des légendes religieuses.

          Encore une fois, les attentes des gens ne sont en rien une vérité, on ne défini pas une chose en fonction de cette attente.


        • Furax Furax 29 octobre 2012 12:30

          "La science ne semble plus en mesure de répondre substantiellement à l’amélioration des existences personnelles pas plus qu’elle ne permet de résorber les crises et autres dysfonctionnements des sociétés les plus avancées.« 
           »La Bible n’était pas d’abord une histoire, dont le chrétien tirait ensuite des conséquences. Le récit était inséparable de son sens, secrétait ses valeurs. Les hommes y trouvaient leur Loi...Ils ne la trouvent ni dans la soupe primordiale, ni dans l’évolution...
          Ils ont voulu vivre selon le Christ ou le Bouddha, mais comment vivraient-ils selon Darwin, Mendel, Einstein, Newton ou Planck ?"
          (Malraux- LAZARE)


          • OCCAM 29 octobre 2012 23:32

            Cher Mr. Dugué,
            Que de pessimisme ! Vous faites certes un constat précis de la nature nuisible du système capitaliste tel qu’il s’exprime de nos jours, un de plus si j’ose dire, et de son influence négative sur la société, et sur la science en particulier. Le mot « science » au singulier me gène un peu, même si je comprends ce que vous entendez par lui, car il n’a pas de réel contenu sémantique. Sciences, démarche scientifique, recherche scientifique, en ont un, beaucoup plus précis.
            Donc, qu’est-ce qui est en échec ? Les connaissances véhiculées par les différentes sciences : dures, sociales, humaines ? Est-ce la démarche ou la recherche scientifique ? A la lecture (j’ai tout lu y compris les commentaires) de votre article, c’est la recherche scientifique qui vous parait à juste titre dévoyée, dans ses deux acceptions : fondamentale et appliquée.
            Je suis d’accord. La rentabilité, le profit à court terme, la compétition permanente freinent, détournent, tuent même le côté spontané, libre, qui devrait être celui de la recherche fondamentale, la recherche du « comprendre. Et de même sur sa composante »appliquée« , en ne lui permettant pas de s’investir prioritairement sur les retombées les plus humanistes, si le profit n’y est pas.
            Vous dites : »l’homme désintéressé n’existe pas !« Quelle bien triste affirmation ! Je parirais volontiers, sans faire d’angélisme, que c’est le contraire, qu’assez spontanément les hommes sont désintéressés, mais le système du profit ne le leur permet pas. Nous en connaissons quand même tous des exemples magnifiques de désintéressement, de bénévolat pur.
            Vous dites : »La technique est entrain de dévoyer l’homme, qui sera bientôt à son service« . Mais Mr Dugué, nous sommes entièrement libres de ne pas nous assujettir à la machine, de ne pas dormir sur les Champs Elysées pour être le premier à acheter la dernière ipad »indispensable« , à ne pas se laisser conduire comme un mouton par son GPS plutôt que de consulter sa carte routière et au passage de découvrir le long de son parcours quantité de choses intéressantes, de tourner à la main son moulin à légumes plutôt qu’un mixeur électrique, etc. Ce n’est d’aucune façon un retour à l’âge de pierre, c’est un choix : je commande mes machines lorsque je l’estime utile ou nécessaire et non l’inverse.
            Ces petits points sont pour nuancer votre sentiment pessimiste.
            Mais l’essentiel pour moi n’est pas là, et c’est la critique que m’inspire tout article qui dénonce
            inlassablement le système de la finance perverse, sans proposer d’alternative. N’attendons rien des politiques, ils n’ont pas les moyens de leurs bons sentiments, de leurs promesses, sincères pour beaucoup. N’attendons rien des financiers, ils ne couperont pas la branche sur laquelle ils sont confortablement assis.
            Que reste-t-il ? NOUS, les citoyens ! N’avons-nous aucune idée du monde dans lequel nous aimerions vivre ? Devons-nous attendre que cela tombe du ciel ? Notre société humaine meurt de ne plus avoir d’utopies et ne prenons pas ce mot pour rêverie chimérique. Dans le récent »Atlas des Utopies« hors série du Monde et de La Vie, on peut lire dans l’introduction sous la plume de Frank Nouchi : »Le monde d’aujourd’hui doit beaucoup aux utopies d’hier. Et le monde de demain ?« .
            Voilà l’alternative : nous devons émettre aujourd’hui les utopies auxquelles le monde de demain devra beaucoup, c’est-à-dire celui de nos enfants. Alors, à nos plumes citoyens !
            J’ai fait personnellement ce travail en ce qui concerne l’économie, clé de voute de la société humaine et je l’ai exposé dans un petit site pas très »top" informatiquement parlant (pas de forum pour l’instant), mais dans lequel les idées sont clairement exprimées (www.economie-refondee.net).
            Quelle est la problématique : le système économique actuel est pervers et nous envoie dans le mur. Eh bien, cessons de nous en occuper et inventons son remplaçant, en prenant systématiquement le paradigme opposé : à la société du tout marchand, mettons une société non marchande ; au tout payant, mettons le tout gratuit ; au règne tyrannique de la monnaie, mettons l’absence de monnaie ; en lieu et place de la propriété mettons l’usage, etc. Il s’agit pour l’instant d’une vision utopique, nécessaire pour faire naître les nouveaux concepts d’une économie au service des hommes et non l’inverse (comme pour les machines !). Mais elle n’est pas du tout chimérique et déjà de nombreux exemples de gratuité vraie voient le jour.
            Si cette approche vous paraît intéressante, faites l’effort de parcourir mon petit site, l’argumentaire y est beaucoup développé.
            Bien cordialement


            • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2012 12:09

              Bien d’accord Occam,

               Le problème, il n’est pas le seul.
               C’est une lame de fond prêchée par des gens qui veulent être des prophètes de l’apocalypse.
               En plus ils sont écoutés.
               

            • L'enfoiré L’enfoiré 2 novembre 2012 12:12

              Proposons de voir le 3ème épisode de la Magie du Cosmos, là où la philosophie entre en jeu.

              Tout est encore à découvrir.

            • JL JL 30 octobre 2012 08:50

              Bonjour,

              j’ai lu jusque là, je cite :

              "C’est pour cette raison que quelques intellectuels inquiets (du moins dans leurs apparitions médiatiques) comme Edgar Morin ou Jacques Attali, évoquent la mise en place d’un gouvernement mondial.« 

              Et pas plus loin, parce que ça ne colle pas avec le titre, et parce qu’il faut expliquer ce que serait un »gouvernement mondial« . J’explique :

               » On ne souligne jamais assez que l’expression « communauté internationale » est classiquement utilisée pour désigner Washington et tous ceux qui en viennent à s’aligner avec elle « Chomsky

              Partant de cette remarque, un gouvernement mondial dans la tête de cette fameuse communauté internationale ne serait par la force des choses, rien de plus qu’un gouvernement suprême des pays déjà alignés sur Washington ».

              Si la science a à voir là-dedans, ce sera en tant que fournisseur d’armes nouvelles, et contre les populations de cette communauté, et contre les armées des pays non-alignés.

              A bon entendeur, salut.


              • L'enfoiré L’enfoiré 1er novembre 2012 15:03

                JL,

                 Je crois que vous n’avez pas compris que la science est justement universelle.
                 Que les querelles de politiques n’ont absolument pas cour’s dans la tête des scientifiques.
                 Que les projets mondiaux existent qui ne se limitent pas aux frontières.
                 Vous en avez un exemple dans l’espace et dans tellement d’autres projets.
                 Les voyages ne forment pas que le jeunesse. Ils creusent aussi les esprits qui n’en ont rien à foutre d’une langue plutôt qu’une autre.
                 On apprend le russe, le chinois, l’espagnol, en plus de l’anglais.
                 C’est ça le monde qui change.
                 Les armes nouvelles, vous me faites rigoler. Désolé.
                 Tout ne se résume pas qu’à cela.
                Non, je ne terminerai aps « A bon entendeur salut »
                Je terminerai « à vos études, salut ». smiley 

              • Castel Castel 30 octobre 2012 09:12

                Prenez-les tous, PS, UMP, Centre, Verts, Front de gauche, NPA, FN, Vous verrez qu’ils jouent tous sur l’ignorance des gens et l’entretiennent.

                Par ailleurs, si le PS était pour la solidarité entre les gens, il serait pour la décroissance. Seule la croissance rend les gens plus individualistes.


                • Auri0n 30 octobre 2012 10:26

                  Bonjour, 

                  je suis tout à fait d’accord avec votre conclusion mais absolument pas avec vos arguments.

                  Tout d’abord vous expliquez que la Science, et plus précisément la Technique, sont responsables des grands maux de notre époque.
                  Comment peut-on faire de concepts abstraits les bouc-émissaires de notre conscience ?
                  En effet, alors que vous énonciez premièrement le contraire, vous expliquez tout au long de votre argumentation que le véritable problème est le système politico-financier qui fait une utilisation contre-productive de la Science (j’entends ici productivité au bénéfice de l’humain et non du capital). Ce qu’illustre parfaitement vos propos sur la Santé et les sciences humaines ou sociétales.

                  Non, l’outil n’est pas responsable de l’utilisation que l’on en fait. 

                  Un marteau pouvant aussi bien planté un clou, que fracassé un crâne, peut-il être accusé d’homicide ?
                  Il est évident que non.

                  Je pense que le problème, et par conséquent la solution, sont ailleurs. 

                  Pourquoi continuer cette guerre absurde entre la Science et la Spiritualité, qui s’illustre autour des commentaires de cet article ? 
                  La Science n’a t-elle pas pour but de comprendre notre univers, création de Dieu ?
                  Dieu, qui de toute évidence nous octroie un certain libre-arbitre, afin de nous permettre de nous diriger de nous-même vers la Lumière. 
                  Peut-on y accéder sans essayer de comprendre le monde qu’il a créé ?

                  Et c’est là que nos pensées se rejoignent. 
                  Je pense que pour progresser, Science et Religion doivent, d’une part se réconcilier dans l’esprit des hommes, et d’autre part servir à l’amélioration de notre vie commune, c’est à dire leur vocation réelle.

                  « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Rabelais


                  Bien cordialement,

                  Auri0n


                  • L'enfoiré L’enfoiré 1er novembre 2012 14:56

                    Comme je l’ai écrit, c’est le « bluzz du philosophe et du scientologue ».

                    Pourtant le Terre tourne. Tout dépend si on la tête par le dessus ou en bas sur elle.
                    Ce n’est pour rien qu’il y ait cet équateur qui coupe notre planète en deux parties.
                    Celle du dessus a quelques peines à avoir, en effet. smiley

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