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Accueil du site > Actualités > Société > La sexualité des Arabes : Fantasmes, mythes et réalités

La sexualité des Arabes : Fantasmes, mythes et réalités

Comment écrire sur un tel sujet sans entraîner de réactions outrancières et sans tomber dans le graveleux et le sensationnel ? Pourtant, il y a fort à parier que cet article va déclencher des interventions paradoxales. D’abord venant de ceux qui par islamophobie viscérale et primaire ne voient en chaque Arabe qu’une brute incapable d’exprimer des sentiments et qui ne s’attardent qu’aux faits divers sordides et d’autre part de musulmans stricts qui considèrent qu’il s’agit là d’un sujet qui ne peut-être abordé car relevant du domaine du privé et de l’intime et qui crieront au blasphème. Or, il est évident que les humains possèdent une sexualité qui leur est commune quelque soit leur origine, mais que l’environnement culturel et religieux génère pour chaque peuple des pratiques spécifiques et des stratégies de contournement des interdits souvent très élaborées. Enfin, il est important de remarquer que le titre fait référence aux Arabes et non aux musulmans car en dehors de quelques caractéristiques sur la mixité, l’habillement et la polygamie, la sexualité des chrétiens d’Orient, qu’ils soient coptes d’Égypte, maronites ou syriaques, est assez similaire à celle des musulmans. Raison pour laquelle il ne sera fait référence dans cet article ni aux Afghans, ni aux Pakistanais ou Indonésiens qui ne font pas parti du monde arabe, bien qu’influencés par celui-ci.

En définitive, le sujet est si riche que cet article ne peut être considéré comme exhaustif, mais tout juste une ouverture à réflexion pour les profanes. Ce thème a été largement étudié par des anthropologues, des sociologues et des sexologues tant arabes qu’occidentaux et de nombreuses sources bibliographiques permettent de s’informer.

Pour un occidental, vivre et travailler dans un pays arabe permet des rencontres, des confidences et des observations qui autorisent une vision bien différente des fantasmes véhiculés par les médias européens et la rumeur publique. Il existe bien entendu des faits divers sordides de vengeance, d’exactions et de cruauté contre des femmes, mais ils ne sont que la traduction d’une violence sexiste dont on retrouve souvent les mêmes abus sous des formes similaires aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays d’Afrique ou d’Asie. Il se retrouve partout dans le monde des brutes épaisses et pas uniquement en milieu rural et ouvrier, et les Arabes ne sont pas exempts de cette imperfection. Mais la culture arabe est aussi faite de subtilité et teintée d’érotisme qu’il faut découvrir. Cela demande de la patience, du respect et de l’ouverture d’esprit pour celui qui vient d’autre part.

Les relations sexuelles et sentimentales dans le monde arabe sont donc aussi complexes et subtiles que partout ailleurs, seulement du fait de la culture et de la religion elles s’expriment de façon différente qu’en Europe. D’autre part, le monde arabe s’urbanise de plus en plus, la vie austère sous la tente des éleveurs de chameaux est devenue marginale. L’anonymat des grandes métropoles autorise plus de diversité de comportements qu’en milieu rural ou dans une petite ville, où la suspicion, la peur des qu’en-dira-t-on et le respect de la tradition freinent les élans affectifs.

Le monde anglo-saxon publie en permanence une littérature où l’eau de rose rivalise avec le cauchemar et le pitoyable. Il s’agit le plus souvent d’ouvrages écrits en collaboration avec des femmes journalistes relatant les malheurs de princesses Saoudiennes, de riches Égyptiennes ou Libanaises divorcées ayant fui un mariage forcé. Quelquefois, ce genre de pseudo littérature s’étend au cas de Somaliennes ou d’Iraniennes, mais le thème est toujours le même et ces livres sont uniquement écrits pour faire de la vente en alimentant les fantasmes de l’Occident concernant le supposé machisme atavique des Arabes.

Il est nettement plus intéressant de regarder les émissions consacrées à la sexualité sur les télévisions arabes dont le très documenté « Kalam Kebir » sur la chaîne satellite « El Menar » qui aborde tous les sujets y compris les plus délicats comme l’impuissance, l’orgasme féminin et l’homosexualité sans trop de tabous pour un pays arabe. Ou mieux, de lire les manuels d’érotisme de certains soufis dont al-Nafzaoui al-Tijani (le jardin des roses et des soupirs) et toute une littérature érotique arabe quasiment aussi vieille que les premiers balbutiements de l’Islam. Aussi riches en enseignement sont les ouvrages plus récents d’auteurs arabes sur le thème dont le très documenté et plaisant « la preuve par le miel » (bohrân al-asal) de la Syrienne Salwa Al Neimi,  le « festin de mensonges » d’Amine Zaoui, ainsi que des revues arabes comme la libanaise Jasad (le Corps) qui traite même de l’homosexualité. « L’anthologie de la littérature arabe érotique » publiée par Jacques Pauvert est aussi une importante source de références. Enfin, si l’islam sunnite, majoritaire chez les arabes ne permet pas la représentation artistique et graphique de l’homme et de l’animal, les chiites eux ne se sont pas privés de réaliser des gravures érotiques dignes du Kama-Sutra et des estampes japonaises et bien que d’origine persane, ces dessins ont été fort prisés en Orient arabe pendant des siècles. Enfin, il vaut mieux oublier « Les contes des mille et une nuits » et les aventures de Shéhérazade, car la traduction d’Antoine Galland qui est diffusée en France est plutôt l’œuvre d’un orientaliste français érudit que le reflet de la pensée arabe. Quant au chef-d’œuvre de Pasolini sur le même thème, il s’agit plus de l’exercice esthétique d’un génie du septième art que d’une transcription de l’érotisme du Moyen-Orient.

Le point le plus important en matière de sexualité dans le monde arabe est l’attachement obsessionnel à la virginité des jeunes filles avant le mariage, et cela concerne autant les chrétiens que les musulmans. Il existe de fait toute une stratégie de contournement de cette obligation et la ruse et l’imagination ont développé des pratiques sexuelles connues de tous. Mais officiellement l’on fait semblant de les ignorer par pudibonderie, par hypocrisie ou pour refuser d’admettre une évidence gênante. Pourtant, fondus dans l’immensité de l’urbain, de Rabat à Beyrouth et Damas en passant par Alger, Tunis et le Caire, les jeunes couples arrivent à se rencontrer et pratiquent une sexualité quasiment sans tabou en dehors du respect de l’intégrité de l’hymen des jeunes filles, véritable sceau de garantie donnant accès au mariage.

Tout ou presque est pratiqué, mais la principale technique utilisée est celle du pinceau, fourcha en arabe, qui consiste en un frottement de la verge sur le clitoris sans pénétration ou sur le pubis suivi d’ejaculatio ante portas comme le disaient les anciens auteurs latinisants. Inutile de dire que fellation, cunnilingus, masturbation réciproque sont aussi pratiqués et que la sodomie, qualifiée pudiquement d’à l’italienne par les jeunes Algériennes a aussi ses adeptes quand il ne s’agit pas d’un simple frottement entre les globes fessiers.

Ce qui peut surprendre, c’est que bien qu’au courant de ces pratiques et en usant eux-mêmes, des nombreux jeunes arabes sur le point de se marier sont persuadés que leur fiancée n’est « pas comme les autres », qu’ils ont choisi une vraie jeune fille pure, alors que… Personne n’est dupe, mais il s’agit plutôt d’un aveuglement volontaire pour se cacher avant tout à soi-même une réalité difficile à admettre devant ses amis. La virginité dogme obligatoire avant le mariage, la naïveté ou la feinte, font croire que celle que l’on a épousée est différente des autres qui pratiquent le pinceau.

Par contre, la réfection de l’hymen par voie chirurgicale, l’hymenoplastie, ne concerne de fait que la grande bourgeoisie en milieu urbain des grandes métropoles arabes et ne peut être considérée comme la solution courante à un accident. Et puis il y a tous ceux qui savent et se taisent et celles qui ont recours à des artifices comme l’irritation préalable de la vulve avec du citron ou un produit astringent pour faire croire à la virginité lors du premier rapport officiel et ceux qui versent sur le drap nuptial du sang de poulet pour éviter les quolibets d’une famille traditionnelle. La fille « qui a déchiré » comme le disent les Algériens n’est plus digne de se marier, alors on utilise quelquefois des subterfuges. En dehors de mères inquiètes qui font vérifier leurs filles par un médecin et demandent un certificat de virginité avec la même anxiété que l’on éprouve lors d’un test du sida en Europe, de nombreuses jeunes filles vont régulièrement consulter pour obtenir ce document. La profession médicale est très au fait de ces demandes incessantes venues de jeunes nubiles assez promptes à baisser leur culotte sous le prétexte d’une chute sur les objets les plus divers et variés. Les médecins arabes prennent pourtant la précaution de pratiquer l’examen en présence d’une assistante ou d’une infirmière. Il n’empêche que cet excès de prudence n’a pas calmé les fondamentalistes égyptiens qui s’acharnent pour que les coptes (hommes ou femmes) ne puissent exercer la spécialité de gynécologue.

Pire est l’angoisse de l’impuissance du jeune époux au moment crucial, qui doit prouver qu’il a consommé le soir de nuit de noces alors que les deux familles attendent fébrilement derrière la porte. Même si le rituel du drap taché de sang disparaît progressivement en milieu urbain et bourgeois, il faut reconnaître cependant que la première nuit est très souvent vécue avec anxiété par des nombreux arabes des deux sexes.

Il ne sera pas question ici d’aborder l’excision et l’infibulation qui ne concernent pas uniquement les Arabes et n’est surtout pratiquée qu’en Égypte, au Soudan et au Yémen ainsi que par des ethnies sahéliennes bien avant leur conversion à l’islam et même par des non musulmans comme les Masaïs du Kenya.

Dans les pays autorisant la polygamie, la coutume veut le plus souvent que la première épouse soit choisie par la famille du marié parmi la parenté élargie, les cousines ou filles de familles vouées à des alliances depuis des générations. Il est cependant un paradoxe, celui du peu de signes de tares héréditaires liées à la consanguinité dans le monde arabe. Seules les communautés vivant en autarcie et où la surveillance entre membres empêche quasiment toute relation hors mariage présentent ce genre d’anomalies. C’est le cas des Mozabites de Ghardaïa dont de nombreux individus attestent de stigmates de consanguinité évidente. Alors comment expliquer la rareté de signes de transmission héréditaire dans la descendance des unions endogames, probablement par l’adultère. L’infidélité arriverait donc au secours de la génétique ! La récente mise sur le marché de tests ADN risque de créer des drames bien pires qu’au Brésil où la pratique de recherche de paternité a entraîné bien des surprises. Et puis, il est aussi fort possible de guérir sans faire de vagues la stérilité de son mari avec l’assistance opportune d’un ami discret sans recours à l’éprouvette.

Finalement, si le port du niqab enferme et isole un bon nombre de femmes, il permet aussi la dissimulation et protège des regards les déplacements incognito de la femme adultère ; belle revanche soit dit en passant contre les fondamentalistes. La dissimulation, la ruse sont aussi des formes d’expression de la culture concernant la sexualité et sont partie intégrante du plaisir pris dans le risque de se faire prendre et l’excitation d’inventer des techniques de contournement et d’enfreindre les interdits. Il est d’ailleurs étonnant de constater que si les jeunes femmes portant le simple foulard ou le hijab ne sont souvent ni maquillées ni épilés des sourcils, celles dont ont ne voient que le regard sous le niqab, ont quelquefois les yeux soulignés de khôl et lancent des œillades appuyées à ceux qui les croisent. 

Il est certain qu’une jeune femme de milieu urbain, mariée sinon de force, mais sans enthousiasme avec un cousin qu’elle n’a pas explicitement choisi sera tentée, une fois la nuit de noce passée, d’aller faire la tournée des anciens copains d’autant plus que le mari n’a souvent qu’une envie, celle de prendre une seconde épouse qu’il choisira lui-même et qui lui plaira davantage que la première imposée par la famille.

 

Le romantisme fleur bleue, le sentimentalisme que l’on retrouve dans les chansons aussi bien classiques que de variété, les poèmes, les regards furtifs, les attentes incessantes d’un signe de l’être aimé caractérisent le comportement amoureux de bien de jeunes Arabes en particulier parmi les intellectuels urbains. Il n’est qu’à se référer aux lieux de rencontres discrets comme les plages de la région d’Alger, de la colline de Notre Dame d’Afrique, des salons de thé du Caire où de jeunes gens en jean sirotent une boisson avec une jeune voilée en tout anonymat, ou encore les petits établissements,discrets débit de boisson du confluent des deux Nil à Khartoum, pour constater que des couples se forment, se touchent, se frôlent discrètement, se fréquentent et jouent d’imagination pour éviter les représentants de la police des mœurs qui sévissent dans tous les pays et les rencontres fortuites et gênantes avec les frères, les cousins ou voisins de leur amour dissimulé. Les jeunes arabes Soudanais qui offrent des pommes à celle qu’ils admirent et convoitent n’ont sûrement pas conscience de la symbolique inversée de ce fruit. D’ailleurs, les occidentaux sont souvent amusés et étonnés par ces sentiments à l’eau de rose tout droit sortis des chansons populaires qui passent en boucle sur les radios et des romans pour jeunes filles qui fleurissent dans les kiosques et dans les hebdomadaires égyptiens et libanais. Des étudiants, de jeunes médecins, ingénieurs et hommes d’affaires ont souvent des réactions naïves et admiratives vis-à-vis des femmes de leur cœur et tiennent des propos que les Européens n’oseraient tant ils sont désuets, voire ingénus.

L’arabe, qu’il soit littéral ou dialectal, est la langue de la sexualité pour qui en comprend les subtilités. Il n’est qu’à se référer au titre du dernier livre de Nejma, l’Amande (al-loz) pour en saisir l’allusion. De la même symbolique est le noyau de datte, androgyne selon la face sous laquelle on le regarde, et qui sert à lire la bonne aventure entre femmes, loin du regard des hommes. Jetés aléatoirement au sol, ils prédisent la vie sentimentale et sexuelle en autant de symboles phalliques et vulvaires en fonction de l’angle et de l’orientation que ces noyaux prennent sur le sable. La langue arabe est aussi riche en obscénités et injures à connotation sexuelle, compensation relative à l’interdit du blasphème. La richesse des insultes et des allusions est d’une certaine manière une forme de braver les tabous et de compenser la frustration. Ce langage dépasse largement en imagination et en créativité le pitoyable « nique ta mère » de nos banlieues.

Mais d’autre part, toute une culture d’idéalisation de la femme, avec recours à la poésie, à la métaphore traduit une timidité extrême bien loin des exagérations sur les prouesses fictives de nombreux post-adolescents qui ne croient pas eux-mêmes à la vraisemblance de leurs exploits imaginaires. Une fois le contact et la confiance établie, le parler vrai s’installe sans les galéjades et vantardises méditerranéennes ponctuées devant le groupe de jeunes et moins jeunes de la communauté avec un air entendu et salace. Omar Gatlato, le héros du film algérien de Merzak Allouache, filmé par Lakhdar-Hamina en 1977, est l’archétype du jeune timide, vantard devant ses copains. Comportement nullement spécifique des Arabes, mais typiquement méditerranéen, que l’on retrouve avec les mêmes fantasmes et exagérations chez les jeunes Juifs séfarades, les Marseillais et les Italiens du Sud. Un des fantasmes le plus répandus est celui du hammam mixte, surtout en Algérie. Tout le monde en parle, mais il est bien difficile de le localiser ce fameux paradis des sens. S’il se situe à Alger, il varie selon le narrateur d’un quartier à l’autre, c’est-à-dire partout en ville sauf à Kouba. Il est dans la partie al Foh ou Al Tah, en haut ou en bas de la cité comme jadis les bordels de la Casbah. Sinon, on le retrouve à Oran pour les Algériens de l’Est ou à Annaba pour ceux de l’Ouest, car la ville du plaisir, de la débauche, là où les filles sont réputées vicieuses, est toujours loin de chez soi. Un autre fantasme est celui des hôtesses de l’air, obligatoirement séduites par le narrateur, avec force détails, alors que celui qui raconte n’y croit pas véritablement.

Restent enfin deux domaines dont tout le monde parle à mots couverts mais qui existent bel et bien, la prostitution et l’homosexualité. Beaucoup de jeunes Algériens ont été déniaisés dans les maisons closes lors de leur service militaire. Il n’est qu’à évoquer Blida et Sidi-Bel-Abbès pour que les souvenirs reviennent, quelquefois avec une certaine gêne. Et si la classe moyenne et les cadres rechignent à fréquenter ce genre d’établissement, la haute société arabe et la jet set ont surtout recours à la prostitution des grands hôtels souvent envahis par des Tunisiennes, Marocaines et Africaines de l’Est qui usent et abusent du téléphone mobile depuis les couloirs et les jardins et qui arrosent les portiers et la sécurité des établissements tant au Caire qu’à Beyrouth ou dans les Émirats.

Les prostituées voilés portant le hijab, voire le niqab, tiennent à la fois du mythe et de la réalité, mais elles sont nettement moins fréquentes en pays arabe que les silhouettes furtives qui dès la nuit tombée déambulent souvent par deux dans la rue principale d’Hargeisa au Somaliland, la bien nommée Fucking street connue des habitants depuis les années 80. Il en est de même dans la vieille ville de Mombasa sur la côte kényane où les jeunes femmes entièrement couvertes de noir concurrencent d’autres filles en minijupe.

Les call-girls anglaises, arabes ou russes, prostitution de luxe, ne concernent que les très riches, les émiratis ou « ceux du régime » et les jeunes femmes sont dans ce cas protégées des ardeurs de la police des mœurs. Il y eu cependant, il y plus de vingt ans, le meurtre exceptionnel d’un président yéménite abattu dans sa résidence de montagne avec deux anglaises qui furent mutilées, mais le cas fait figure d’exception. Reste alors le domaine ultra protégé des militaires, gradés des hautes sphères marocaines ou égyptiennes mais surtout algériennes protégeant ou menaçant le pouvoir. Ces gens bien placés et intouchables organisent des fêtes mixtes très alcoolisées avec parfois de la cocaïne qui n’ont rien à envier à la Californie, l’impunité en plus. Mais ces événements festifs ne sont pas à la portée de tous et ne font qu’alimenter l’amertume et la haine des islamistes et du petit peuple contre les puissants.  

L’homosexualité est certainement le domaine intime le plus dissimulé, même si tout le monde en parle en privé. La proclamation iranienne venue à la tribune du pouvoir déclarant de façon péremptoire que l’homosexualité n’existait pas dans le pays en a fait sourire plus d’un. En Egypte, les procès de masse du Caire contre des homosexuels fustigés et mis en cage ont paradoxalement levé un voile sur une réalité quotidienne de la capitale égyptienne. Et le film tiré du roman d’Alaa Al Aswani, l’immeuble Yacoubian, a traité avec brio d’un thème que l’on taisait officiellement. Car l’homosexualité masculine existe bel et bien en dehors des milieux confinés (prisons, madrasa, internats). C’est un choix sexuel délibéré pour certains et les mariages alibis ne sont que de convenance bien que personne ne soit dupe.

Et puis, tout comme en Amérique Latine, il existe une distinction entre actif et passif (fa’el et maf’oul) et les actifs ne se considèrent pas comme homosexuels la plupart du temps. Mais il ne faut pas s’attendre à la cage aux folles ou au Marais avec ses bars, ses back rooms, son exubérance et son exhibitionnisme. Tout est nettement plus clandestin et plus discret, les lieux de rendez-vous ne sont connus que des initiés, souvent infiltrés par les renseignements généraux, surtout quand il y gravite des étrangers. Et en dehors des vendeurs ambulants de sous-vêtements féminins qui font du porte-à-porte dans les pays du Maghreb, personne n’est explicitement qualifié d’homosexuel. Mais ces vendeurs, qui restent le plus souvent devant la porte des acheteuses, le sont-ils vraiment ?

Par contre, les embrassades, les contacts corporels fréquents entre hommes sont souvent réinterprétés par les Européens, alors qu’ils ne traduisent qu’une manière culturelle d’exprimer sa familiarité. Il existe bien évidemment des gestes qui dépasse la simple politesse et les us et coutumes, mais ils ne sont jamais appuyés, tout juste équivoques pour qui sait observer. De façon générale, tant pour les hommes que pour les femmes, le rapport au corps est essentiel. Bains, massages, parfums, épilation glorifient et érotisent ce qui doit être caché en dehors de l’intimité et de ce fait exacerbent le désir. L’ambiguïté des contacts corporels entre personnes du même sexe est souvent interprétée comme une forme archaïque de l’expression de l’homosexualité. La réalité est beaucoup plus subtile et il existe toute une gamme des postures et des contacts corporels dont la signification varie selon le contexte et la nature du geste. Bref, tout dépend de la manière dont une main est tenue et quel regard accompagne le geste. Cette approche faite de paradoxe et de contradiction est indispensable à la compréhension des rapports affectifs et sentimentaux entre individus dans le monde arabe.

 

Quant à l’homosexualité féminine, elle est encore plus répandue et transpire souvent dans le comportement entre jeunes filles, voire jeunes femmes mariées dont l’époux est souvent absent pour cause de voyages prolongés ou d’éloignement professionnel. Par contre, le saphisme oriental, source d’inspiration d’Eugène Delacroix et de tout un mouvement pictural du XIX ième siècle ressort plus de l’imaginaire occidental que de la réalité. Il est en effet fort peu probable que ces peintres aient eu accès aux harems et aux hammams turcs et algériens. Mais contrairement aux déclarations des religieux et des moralistes, les arabes, hommes et femmes n’ont pas attendu les Européens pour découvrir l’homosexualité. L’Egypte et le Maroc ont récemment produit des films traitant de l’homosexualité féminine, qui malgré la censure et les protestations de religieux, ont eu un certain succès et le mérite d’aborder le thème. Ces films ont nettement plus d’intérêt que le provocateur Fitna (la discorde) de Geert Wilders, trop orienté vers un public occidental hostile à l’islam. Il en est de même pour le très polémique film de Théo van Gogh, même s’il est totalement inadmissible de l’avoir assassiné pour délit d’opinion.

Il faudrait aussi souligner la misère sexuelle des adolescents surtout dans les petites villes et le recours unique à des pratiques masturbatoires aggravées par la facilité désormais d’avoir accès à des films pornographiques vendus sous le manteau dans la plupart des villes arabes, sans parler des chaînes satellites. Le recours aux cylindres creusés dans des pastèques n’est finalement qu’une forme écologique d’autosatisfaction.

La sexualité est donc avec l’alimentaire ce qui unit et divise à la fois le plus les êtres humains. Ceux qui ont l’esprit ouvert essaient d’y voir un lien entre les humains, les autres y retrouvent une scission ou un obstacle. Mais en fin de course, se qui se passe dans les lits et les alcôves n’est pas si différent de chez nous quelque soit notre origine et notre lieu de résidence. Tout est possible en terre arabe à condition de rester discret et de savoir développer les stratégies de contournement des interdits et de pratiquer la dissimulation, cela devrait être finalement ce qu’il faut retenir. Ce qui est caché est d’autant plus excitant et désirable. Finalement, le parti le plus populaire chez les Arabes n’est pas forcement celui de Dieu, le si controversé Hezbollah, mais le Hezb’el hob, celui de l’amour et c’est peut être mieux ainsi. Il n’a d’ailleurs été fait dans cet article aucune référence au Coran et aux Hadiths pourtant très riches en prescriptions et recommandations relatives à la sexualité. Il s’agit d’un parti pris délibéré, car en la matière la place de la religion devrait être limitée quelque soit le culte et ne pas trop interférer dans la vie des gens. Que l’on soit arabe ou non, musulman ou non, le rapport à Dieu est rarement la préoccupation essentielle quand on se retrouve à deux dans un lit. Et puis, pour conclure, il ne faut pas oublier que l’interdit est source de ruse et d’imagination quelque soit l’environnement culturel et religieux et que la transgression permet l’exacerbation du désir.  

 

Quelques Références :  

- Le jardin des roses et des soupirs, al-Nafzaoui al-Tijani, 14 ième siècle

- Les contes des mille et une nuits, Traduction adaptation d’Antoine Galland, 18 ième siècle

- Anthologie de la littérature arabe érotique, Jacques Pauvert

- L’amande (al-loz), Nedjma, 2004

- Les filles de Riyad (banat al Riyad), de Rajaa Alsanea, 2005

- Le Kama-Sutra arabe, Malek Chebel, 2006

- L’immeuble Yacoubian, Alaa Al Aswani, le livre et le film de Marwan Hamed, 2006

- La Preuve par le miel (Borhân el ’Assal), Salwa Al-Neimi, 2008

- Omar Gatlato, film de Merzak Allouache, 1977

- Miss Mona, film de Medhi Charef, 1986

- Fitna, de Geert Wilders, 2008

- Amours Voilées (Hijab el Hob), d’Aziz Salmi, 2008


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133 réactions à cet article    


  • LeGus LeGus 27 juin 2009 11:02

    Un vrai régal cet article, merci.


    • Stalker 27 juin 2009 11:23

      Je viens de lire l’article de bout en bout et il y a vraiment des renseignements passionnants dedans. Je crois que j’y reviendrai ce soir.

      Je dis à l’auteur que je n’ai jamais douté que le monde arabe avait des pratiques sexuelles plus diverses et moins répressives que ce que l’on pouvait imaginer. De toute manière, je ne crois pas que le contrôle social s’exerce aujourd’hui par le biais de la prohibition stricte des rapports sexuels un tant soi peu déviant par rapport au modèle du mariage, que ce soit en Occident ou dans le monde arabe.

      En Occident, le flicage des individus est très présent et les normes sexuelles sont très strictes et normatives (le couple, l’enfantement), mais personne n’a plus rien contre les premières expériences qui se font hors couple. Le vrai tabou actuel serait plus de refuser les valeurs de la société de la consommation et de la jouissance obligatoire, et pire encore de manifester de l’indépendance et une individualité distante par rapport à toutes les formes de réseaux sociaux (famille, entreprise, couple...).

      Les problèmes et la répression se sont déplacés ailleurs.

      Très bon article en tout cas.


      • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 28 juin 2009 21:21

        Oui, très bon article.

        J’adhère aussi à ta critique sur le déplacements des tabous dans le monde occidental.


      • katalizeur 27 juin 2009 11:45

        @ l’auteur

        tres beau papier, ... ’cest une douce pluie qui va abreuver le terrain aride de l’intelligence d’un grans nombre d’arabophobes de circonstance ou convaincus...

        je vous remercie de l’interet que vous portez au monde arabe...


        • fouadraiden fouadraiden 27 juin 2009 12:16

          Assez bien résumé. tout y est presque dit et peut être même à recommander aux occidentaux qui ne connaissent les Arabes qu’aux travers des ghettos dans lesquels les sociétés européennes les maintiennent.


          ceci dit j’avoue moi-même avoir été très choqué de découvrir le nbre d’hommes à Tanger qui pratiquent l’homosexulaité ( actifs et passifs) sans être nécessairement eux-mêmes homos( sur ce coup-là j’étais vraiment un naïf-) , je ne me suis jamais autant aperçu de l’ampleur du phénomène homo , à cause de mon regard hétéro , avant de croiser un pote homo, qui draguait tt ce qui bougeait dans les rues marocaines , discrètement bien sûr , le paradoxe veut qu’il soit plus facile d’être moins discret homosexuel qu’hétérosexuel en terre arabe car essayer de ramener une fille chez soi qd on habite un immeuble dans un pays arabe c’est la galère assurée si auparavant vs ne rançonnez pas les flics, le boulanger , le gardien , voire le monarche lui-même et toute sa clique , faites une croix sur le sexe hors mariage en terre d’islam. 

          Il faudrait aussi évoquer la pédophilie, à la fois celle qu’organise et tolère la société arabe tout comme celle, plus récente , destinée à la « demande occidentale » , qui elle demeure un véritable fléaux amplifié et favorisé par l’extrême misère matérielle des populations qui sont le plus souvent contraintes à cette compromissions due entre autre à la politique touristique sur laquelle mise depuis des décennies les régimes corrompus et incompétents qui n’ont évidemment jamais rien trouver d’autres que la ficelle des projets touristiques pour attirer à eux le consommateurs riches avec ses « vices ». 


          • omar omar 27 juin 2009 12:25

            Pour une fois que je suis d’accord avec toi, c’est tellement rare...


          • Satantango Satantango 29 juin 2009 03:04

            Apparemment, tu ne connais le Maroc que superficiellement. Touriste occasionnel ? Dans un simple quartier de Essaouira, Azrou ou El Jadida par exemples, des maris ou leur femme ont des amant(e)s du même quartier Ce que tout le monde sait mais ferme les yeux...

            L’article est tellement bien foutu qu’il me rappelle mon adolescence, lors de mon séjour pendant trois ans aussi bien à Alger, qu’à Miliana, à Oran (Ain El Turk (1), lorsque une prostituée m’avait dépucelé, une autre m’avait transmis les morpions ou d’autres avec qui on s’enfermait durant trois jours avec des réserves dans des garages au bord de la plage puis qui disparaissaient. 

            Cela me remémore surtout les nombreuses lycéennes adeptes de « coup de pinceau » ou parfois de sodomie dans la montagne... 

            En ce temps là, dans la manière de porter leur voile pour mettre en évidence leurs avantages, les « gazelles » étaient fichtrement bandantes... Maintenant celles qui portent la burqua, ou autres foutaises identiques, ressemblent plus aux cabines WC des chantiers de construction  !

            Ce lien mène à une photo qui représente un ancien Bar-Bordel « de luxe » au bord de la mer qui n’était ouvert que la nuit et où tous les fêtards d’Oran et des environs venaient écluser leur BAO ( Bière Algérienne Oranaise) en compagnie de jolies créatures voilées à l’heure où les autres fermaient...

            (1) « Mess des officiers de la marine française à Aïn El Turk » probablement mis sous scellé et interdit par les « intégristes » :

            http://mw2.google.com/mw-panoramio/photos/medium/5667395.jpg

            Je peux aisément dire bravo l’artiste car c’est du vécu que vous ressuscitez


          • frédéric lyon 27 juin 2009 12:24

            Article parfaitement ridicule dont la thèse semble être que tout ce qui est interdit exacerbe le désir et une société qui réprime férocement la sexualité, comme la société musulmane, devient paradoxalement ainsi le paradis des baiseurs !


            Comment trouver une meilleure justification à une société fasciste qui interdirait tout ?

            Et lorsqu’on voit que l’article est une longue liste des déviations sexuelles qu’une société répressive produit immanquablement, on se dit qu’il serait sans doute souhaitable que la répression sexuelle disparaisse et fasse place à une société de liberté.

            Une société où il est un fait qu’il y aurait sans doute moins d’homosexuels et moins de violeurs amateurs de « tournantes » ! C’est à dire moins de pervers.


            • Georges Yang 27 juin 2009 14:37

              Votre haine vous égare, à moins que ce ne soit que du ressentiment dû à vos propres frustrations.


            • Emmanuel Aguéra LeManu 27 juin 2009 18:59

              Du tout.
              C’est pathologique chez le Lyon.
              Encore bravo pour ce morceau de bravoure ô combien réussi (c’était pas gagné derrière un pareil titre).


            • ZEN ZEN 27 juin 2009 19:12

              Georges

              C’est du Lyon, on a l’habitude...


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 27 juin 2009 12:26

              Magnifique plume d’une orientale sensibilité, c’est un plaisir à lire et ça donne envie, parce qu’il est un sujet survolé qui mériterait d’être précisément défini quant à son origine mais qui me coûte terriblement rien que d’y penser, c’est l’excision. A chaque fois que je prononce ce mot, j’ai une convulsion interne puissante et indéfinissable d’horreur, au point d’être capable de poser la question, mais pas de lire la réponse. Autre conclusion que l’on peut extraire de vos deux articles avec celui d’hier, est que la religion se fixe comme objectif d’équilibrer la sexualité sans s’en mêler, et la médecine de la prévenir. En aucun cas ces pouvoirs ne doivent supplanter la liberté de chacun ( laquelle s’arrête bien évidemment où commence celle de l’autre, est il besoin de le rappeler ) et c’est bien la recommandation de la première qui donne le droit à la seconde d’ordonner cet acte « médical » insensé.


              • frédéric lyon 27 juin 2009 12:30

                Et je remercie mon ami Fouad d’avoir, sans le vouloir, illustré mon propos !


                En effet, quel est le résultat de tout ceci, à part de produire tant d’homosexuels que le chef d’un état musulman en est réduit à nier effrontément leur existence, et de produire des amateurs de filles de bordel ?

                • lola lola 28 juin 2009 14:40

                  .....En effet, quel est le résultat de tout ceci, à part de produire  TANT d’homosexuels.... 


                  tu es HOMOPHOBES... ?? smiley
                  Quelle honte pour l’occident smiley

                • lola lola 28 juin 2009 16:02

                  NON !! On aura toute l’année pour taper sur l’islam, les musulamns, les arabe....


                  Ma réponse pour F de Lyon est en fin d fil...


                  (ps ; l’auteur a bien précisé qu’il faisait abstraction de la sexualité dans a religion (signe d’intelligence de sa par pour éviter votre lynchage habituel.biensur !!) 

                • ZEN ZEN 27 juin 2009 12:35

                  Trés intéressant
                  J’y reviendrai, car il faut digérer...
                  J’ai lu il y a quelques années l’étude de Fethi Benslama sur La psychanalyse à l’épreuve de l’Islam, qui m’avait vivement intéressé


                    • Georges Yang 27 juin 2009 12:41

                      On ne peut pas tout traiter en un seul article.

                      Ainsi le tourisme occidental homosexuel et quelquefois pédophile en particulier au Maroc mériterait un article à lui seul, sans aller à s’attarder aux aventures de certains politiciens français.

                      La sexualité des arabes vivant en France est aussi un sujet, mais elle n’a souvent rien à voir avec ce qui se passe au pays du fait de l’acculturation et du mileu social.

                      Quant à l’excision, même si elle est pratiquée dans quelques pays arabes, elle mérite d’être traitée à part.


                      • Reinette Reinette 28 juin 2009 01:38

                        Quant à l’excision, même si elle est pratiquée dans quelques pays arabes, elle mérite d’être traitée à part. (GEORGES YANG)



                        Pourquoi ? En quel honneur ?


                        PAS D’ACCORD !

                        L’excision ou les mutilations génitales féminines (MGF) est le nom générique donné à différentes pratiques traditionnelles qui entraînent l’ablation d’organes génitaux féminins. Bien que plusieurs justifications soient données pour le maintien de cette pratique, elle est liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité.

                        En effet les hommes historiquement en sont les initiateurs, et ce sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes.


                        On estime à environ 200 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, qui ont subi les mutilations génitales et qu’au moins 2 millions de fillettes par an risquent de subir la procédure sous une forme ou une autre.

                        Actuellement, les les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans 28 pays africains de la région sub-saharienne ainsi que dans la partie nord-est de l’Afrique.

                        Des rapports indiquent également la pratique sporadique des mutilations génitales féminines dans certains pays du Moyen-Orient et dans quelques groupes ethniques de l’Inde et du Sri Lanka.
                        Des communautés immigrées originaires de pays où les MGF ont cours, se livrent également à cette pratique.


                      • Reinette Reinette 28 juin 2009 01:57



                        Les interventions varient selon des facteurs tels que l’appartenance à un groupe ethnique et à une région géographique, l’OMS a regroupé les mutilations génitales féminines (MGF) en trois catégories :


                        Les types de mutilations sexuelles des fillettes :

                        On distingue 3 formes principales de mutilations sexuelles :

                        1)
                        la plus courante est l’excision ou clitoridectomie. Elle consiste en l’ablation partielle ou intégrale du clitoris et des petites lèvres.

                        2) la forme la plus grave est l’infibulation, encore appelée « excision pharaonique ». Lors de cette opération on procède tout d’abord à l’ablation du clitoris et des petites et grandes lèvres. La vulve est ensuite suturée à l’aide de catgut, de fils de soie ou d’épines. Seul un orifice étroit est ménagé pour l’évacuation de l’urine et l’écoulement du flux menstruel.

                        3) La sunna est la forme la moins « grave ». Elle est souvent appelée aussi « excision symbolique ». Elle consiste à couper la membrane du clitoris, ou à inciser le clitoris, ou bien encore à en couper le capuchon.



                        Les conséquences de l’excision des fillettes :
                        La plupart des fillettes excisées sont marquées à vie dans leur chair et dans leur esprit. Nombreuses sont les victimes qui ne savent pas que leurs problèmes physiques et psychiques sont directement liés à l’excision. Elles ne peuvent oublier le traumatisme et la douleur. Beaucoup de petites filles décèdent des suites du choc, de la douleur insoutenable ou d’une hémorragie.

                        Nombre d’entre elles souffrent toute leur vie de douleurs chroniques, d’infections internes, de stérilité ou de dysfonctionnements rénaux. Chez les femmes ayant subi une infibulation, l’évacuation de l’urine et l’écoulement du flux menstruel ne se font que difficilement. Lors des accouchements, l’excision est à l’origine de graves complications, qui coûtent fréquemment la vie à la mère ou à l’enfant.

                        Les rapports sexuels sont pour ces femmes une véritable torture. 


                        Pour les hommes, les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles. D’autres ethnies croient que le clitoris peut empoisonner l’homme ou l’enfant à la naissance.

                        D’autres hommes encore croient que le clitoris est un organe masculin qu’il convient de couper afin que la fillette devienne une femme à part entière. Ces hommes refusent d’épouser des femmes non excisées.

                        Beaucoup d’entre eux croient que les femmes non excisées sont toujours adultères, que le clitoris retient le pénis prisonnier lors d’un rapport sexuel et que la pénétration est impossible chez les femmes non excisées.



                        La situation en France :

                        On estime qu’au moins 30 000 femmes et fillettes excisées vivent actuellement en France. Différentes organisations avancent le chiffre de 10 000 à 20 000 petites filles originaires d’Afrique, exposées au risque d’excision.

                        La France est le seul pays d’Europe où l’excision a déjà donné lieu à plus de 20 procès. En raison du nombre élevé d’immigrants africains, l’excision est en France, depuis plus de 20 ans, un sujet épineux et toujours d’actualité.

                        En 1982, la petite Bobo, âgée de 3 mois, décède des suites d’une hémorragie - l’opinion publique en France s’en émeut vivement.
                        En 1983, une Française d’origine africaine est condamnée à une peine avec sursis pour avoir fait exciser sa petite fille - depuis lors l’excision est considérée comme une mutilation et la peine encourue peut aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
                        En 1991, l’exciseuse Aramata Keita est condamnée en France à une peine de 5 ans d’emprisonnement - c’est la première condamnation à une peine de prison ferme.
                        En 1993, des parents ayant fait exciser leurs fillettes sont condamnés pour la première fois à une peine d’emprisonnement.

                        Cependant, exciseuses et parents ne sont condamnés la plupart du temps qu’à des peines avec sursis, car la loi du silence règne chez les victimes et les témoins.


                      • Reinette Reinette 28 juin 2009 02:22



                        L’excision

                        Une tradition qui perdure en Egypte http://www.dailymotion.com/relevance/search/masturbation/video/x6zskt_lexci sion-une-tradition-gyptienne-q_news

                        Dans la corne de l’Afrique :
                        http://www.wat.tv/video/excision-dans-corne-afrique-179f0_9cd5_.html


                        Ouganda, l’excision est souvent un passage obligé
                        Dans un village de l’est de l’Ouganda, la tribu des Sabini pratique encore l’excision. À partir de 8 ans, des filles subissent ce rituel de passage. Attention, certaines images de ce reportage peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.
                        http://www.france24.com/fr/20090307-ouganda-excision-passage-oblige-femmes-OMS-filles-rituel


                        Les fillettes de Bandar Kong sont excisées dès 40 jours. http://www.iran-resist.org/article539.html



                      • Georges Yang 28 juin 2009 14:27

                        Ces précisions sur l’excision sont intéressantes, mais ne concernent qu’ indirectement thème de l’article.


                      • fouadraiden fouadraiden 28 juin 2009 14:56



                        bah La grenouille , comme tant d’autres, dès qu’elle voit le mot arabe se contracte à...


                        lapidation, excision, GIA algérien, burka, islam, mosquée, viol, racaille....


                      • DIOGENE DIOGENE 27 juin 2009 12:53

                        Excellent article, rien à rajouter tellement il est complet.
                        Merci


                        • MortytheReaper 27 juin 2009 13:17

                          Bon article. dommage, vous ’abordez pas la prostitution masculine en zone d’influence muslmane. La pratique est réelle parfois très vsible dans des zones touristiques pour occidentaux, parfois dscrète et subtile souvent fondée sur des besoins alimentaires.


                          • Shaytan666 Shaytan666 27 juin 2009 13:21

                            L’auteur fait une erreur classique, il confond arabe et arabophone c.a.d. dont la langue véhiculaire est l’arabe.
                            Pour le reste, il n’y a rien à redire sur l’article, on voit directement que l’auteur sait de quoi il parle et a une expérience non livresque mais de terrain.


                            • Georges Yang 27 juin 2009 14:14

                              Certes tout le monde n’est pas d’origine arabe dans les pays dits arabes. Mais la sexualité des kabyles, des chleuhs du Maroc et des Haddedawas du Soudan n’est pas très différentes de celle des autres Arabes. Quant aux chrétiens d’Orient, ils sont aussi métissés que les musulmans de la région.


                            • omar omar 27 juin 2009 15:55

                              Détrompez-vous !!

                              La sexualité des Kabyles est différente de ce dont vous faites état dans votre article. C’est une des raisons (parmi tant d’autres) de leur attachement à leurs spécificités culturelles et de leur défiance envers les moeurs arabes.

                              Maintenant si vous prétendez connaître les Kabyles mieux qu’ils ne se connaissent, c’est une prétention qu’il vous faut prouver.


                            • Georges Yang 27 juin 2009 16:13

                              Les Kabyles sont certes différents des « Arabes » en Algérie au point de vu culturel, linguistique, de leur relation vis à vis du voile. Sexuellement, les différences m’ont parues minces mais peut-être pouvez vous donner plus de précisions qui serient les biens venues.


                            • omar omar 27 juin 2009 16:51

                              La première différence et non des moindres est la place de la femme. Sous le vernis social ultra-machiste (tel que l’a analysé Bourdieu dans son étude des sociétés Kabyles), la femme Kabyle a en réalité l’essentiel des pouvoirs et tire avantage de cela principalement dans le domaine sexuel ou elle n’est pas un objet ou un champs à labourer. C’est peut-être une résurgence des sociétés matriarcales qui ont existé en Afrique du Nord.

                              La deuxième tient plutôt des exigences de moralité qui sont les fondements de la société Kabyle et qui l’éloigne irrémédiablement des raffinements sexuels chers à la culture arabo-islamique. Le tabou est tellement fort que la prostitution et autres déviations sexuelles (selon le code moral Kabyle) ne nécessite nulle loi officielle, ni contraintes physiques, ce sont des pratiques dont on s’abstient ou que l’on va pratiquer ailleurs, en dehors de la société Kabyle.

                              Je ne saurais dire si cela mène à une sexualité fruste puisque je ne suis pas dans l’intimité des couples. Dans la kabylie contemporaine, de nombreux jeunes se suicident car ils n’ont pas les conditions économiques suffisantes pour se marier.


                            • fouadraiden fouadraiden 27 juin 2009 13:35


                              grâce au dernier commentaire de l’auteur je viens de me souvenir d’une chose très intéressante que je regrette de n’ avoir pas mentionné dans mon post.


                              c’est évidemment la façon dont les sociétés démocratiques organisent la misère sexuelle de leurs immigrés et enfants d’immigrés qui sont eux aussi le plus souvent contraints de réfugier leur vie sexuel dans la pornographie et le service qu’offrent les prostituées.

                               qd je passe dans le quartier bruxellois, celui de la Gare du Nord qui est réservé à la prostituion , on y voit tte la jeunesse maghrébine déambuler avec sa misère sexuelle.

                              d’ailleurs j’ai tjrs été troublé devant cette différence de traiement des sociétés européennes selon que vs soyez minoritaire ou pas .je pense bien évidemment aux boîtes de nuit qui , presque subtilement, s’arrangent pour réserver les femmes occidentales aux mâles occidentaux d’un commun accord.


                               Il est même probable que les jeunes arabes des villes européennes soient au final plus frustrés, à cause de leur situation économique et leur statut minoritaire , que leurs homologues des capitales arabes.

                               c’est le comble absolu, venir en Europe pour y découvrir l’enfer sexuel !


                              • La mouche du coche La mouche du coche 27 juin 2009 14:59

                                 
                                Ce n’est pas un comble du tout, mais la triste réalité comme cette vidéo vous le montre :

                                http://www.dailymotion.com/relevance/search/ardisson+soral/video/xp3fp_ardisson-alain-soral_blog
                                .
                                .


                              • Proto Proto 27 juin 2009 16:06

                                Que dire alors du fait qu’il est impensable pour un européen d’avoir une relation officielle dans un contexte familial avec une jeune maghrébine dans ces mêmes capitales, hormis ceux qui ont beaucoup de fric ?

                                Quand à la différence de traitement à l’entrée des boites de nuit, il faut bien se dire que les bandes de quartier font peu de cas des « codes de drague » dirons-nous dans ces lieux, même si bien entendu la discrimination est inacceptable pour qui suit les règles de l’établissement, sans fausse hypocrésie vestimentaire.

                                Plus on cherche à synthétiser sa vision des choses autour de facteurs précis (comme dans votre cas la décadence du monde occidental ou le problème de l’impérialisme US et son allié), plus on prend le risque de simplifier son discernement dans les cas particuliers par souci de cohésion cognitive.


                              • Shaytan666 Shaytan666 27 juin 2009 16:37

                                L’article nous parle de la sexualité des « Arabes » dans leurs pays d’origines et bien sûr Fouad vient comme d’habitude avec son commentaire anti-occident et la rue d’Aerschot.


                              • fouadraiden fouadraiden 27 juin 2009 18:44



                                ben quoi Shaytan pas content, tu m’as bien fait rien . c’est peut-être faux mon constat de la rue d’Arschot ? t’as même la racaille tricolore qui rapplique maintenant .

                                 et t’inquiète, au Pays Bas et ailleurs , c’est exactement la même chose, d’ailleurs une étude auprès des prostituées hollandais indiquait nettement que les premiers clients en volume sont maghrébins.


                              • fouadraiden fouadraiden 27 juin 2009 18:55

                                @Proto

                                je n’ai jamais parlé de décadence occidentale . le jugement de valeur ne m’intéresse pas.

                                sinon sur votre propos, aucun parallèle n’est possible, car les européens ne sont pas contraints de rester vivre ds des sociétés ou l’homme occidental est minoritaire.

                                 Nous et nos familles le sommes.


                                 pour le reste j’ai pas tt compris, mais je puis vs dire que la discrimination envers les maghrébins ds vos capitales est totale , générale et globale. les chiffres existent , de nombreuses études , nationales et européennes ....


                                 mais bon faudra attendre pour que la France se decide un jour de commander ce type d’études vu que Sarko vient de ns expliquer que les discriminations dans son pays des droits de l’homme ne sont que sociales ( ouais ,qd on voit les prisons françaises et que les ghettos français , je vois surtout le critère racial devenir déterminant au fil du temps)


                              • Emmanuel Aguéra LeManu 27 juin 2009 19:06

                                De toutes façons les amis, Français vivant à Londres, ma sexualité comme le reste de mon identité restait la mienne ; au pire après 50 ans se serait-elle « localisée » d’une façon ou d’une autre.
                                Alors, pays d’origine ou non... Plus que le sexe, il faut savoir gérer sa tête, le reste devrait suivre.


                              • fouadraiden fouadraiden 27 juin 2009 19:14

                                non, il faut que vs appreniez à penser aux autres.le cas personnel n’a aucun intérêt.


                              • Emmanuel Aguéra LeManu 28 juin 2009 15:11

                                Bigre ! Si j’osais, j’ajouterais que ça se voit...

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