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Accueil du site > Actualités > Société > La situation critique du syndicalisme français

La situation critique du syndicalisme français

Le 1er mai dernier, les trois principales centrales syndicales ont manifesté séparément à Paris : CGT et FO défilant chacune de leur côté, la CFDT se contentant d’inventer un festival « jeunes » interdit aux plus de 36 ans et réunissant seulement 2000 personnes. 

Avec ses divisions historiques, confessionnelles ou datant de la guerre froide, cette situation est d'autant plus dommageable pour les salariés qu'elle persiste dans une économie en crise grave…

Sur Europe 1, il y a quelques jours, l’ancien secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que " le syndicalisme français pâtit à la fois de sa division et de la multiplication de ses acteurs ".  Une dispersion qui " affaiblit le message syndical ". " A ceux qui pensaient qu'en multipliant les syndicats, on allait favoriser le taux d'adhésion aux syndicats, la démonstration inverse est en train de se faire ".

Cette prise de conscience, bien tardive, n’est cependant pas dénuée de bon sens. Un sondage récent confirme en effet que les syndicats n'ont plus la cote depuis longtemps chez les salariés. Pour sept Français sur dix, ils ne sont pas représentatifs. Depuis trente ans, le nombre de salariés syndiqués a été divisé par deux et aujourd'hui, seulement 7,7 % de la population active fait partie d'un syndicat. 

Ce faible taux de syndicalisation s’explique aussi quelquefois par la peur de représailles ou de freins au déroulement de carrière dans l'entreprise quand on est adhérent ou militant syndical, d’autant plus sensibles dans les petites entreprises et en période de chômage et de précarité.

Malgré les chiffres officiels communiqués par les différentes confédérations et l'idée d'une resyndicalisation lancée régulièrement pas les leaders syndicaux, les syndicats continuent donc à perdre des adhérents, notamment dans les secteurs de l’agro-alimentaire, l’enseignement privé, la confection-cuir-textile, le bâtiment, l’industrie du bois ou les commerces et services. Seuls les « bastions syndicaux » semblent conserver une présence syndicale significative : l'Éducation nationale (24 % de syndiqués), la RATP (18 %) ou La Poste-France Télécom (18 %).

En ce qui concerne les effectifs globaux nationaux, ils sont sensiblement inférieurs à ceux revendiqués par les différentes confédérations, selon deux universitaires spécialistes du monde syndical français, Dominique Andolfatto et Dominique Labbé.

- CGT : 525 000 (au lieu des 694 000 revendiqués) 

- CFDT : 450 000 (868 000)

- FO : 310 000 (500 000)

- UNSA : 135 000 (360 000) 

- FSU : 120 000 (171 000) 

- CFTC : 95 000 (142 000) 

- CFE-CGC : 80 000 (160 000) 

- SUD : 80 000 (110 000)

Soit un nombre total d'adhérents d'environ 1 800 000 pour toutes les organisations syndicales et encore ce nombre semble très optimiste car il faudrait pouvoir comptabiliser rigoureusement, au titre d'une année civile, un adhérent pour 12 cotisations syndicales mensuelles effectivement payées...

Quand on sait que la CGT, en 1948, comptait à elle seule 4 000 000 d’adhérents, que la seule Fédération allemande de la Métallurgie IG Mettal compte actuellement 2,4 millions d’adhérents ou que la Suède compte aujourd'hui 2,7 millions de syndiqués pour une population active de 4,5 millions de personnes, on mesure la faiblesse et le recul syndical dans notre pays.

Si la division syndicale règne sur le territoire national, les centrales CGT, CFDT, FO et CFTC sont tout de même membres de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) en vue de l’élaboration de revendications et surtout de propositions d'actions européennes ou mondiales. Mais malgré ces rapprochements au sein de la CSI, le mouvement syndical français a enregistré un retard considérable sur la nécessité de s’unir pour faire face notamment au développement de la mondialisation. 

Aucune des trois principales organisations CGT, CFDT et FO ne semble vouloir contribuer à une nouvelle donne en France, donnant naissance à une nouvelle confédération syndicale unifiée. Quant aux autres centrales, elles restent marquées par de fortes spécificités (la défense de l’encadrement uniquement pour la CFE-CGC, la référence à la chrétienté pour la CFTC ou la forte tonalité catégorielle pour l’UNSA) et n'entendent aucunement se remettre en cause.

Pourtant, une, voire deux confédérations syndicales permettrait de peser davantage auprès des pouvoirs publics et de redorer le blason d'un syndicalisme dans un monde où les décisions se prennent souvent à un autre niveau : dans les conseils d'administration des multinationales ou des organismes supranationaux, tels que le FMI, la Banque mondiale, l'OMC ou la Commission européenne.

Et si l’on admet que la vocation du syndicalisme est de défendre avant tout les intérêts des salariés à l'intérieur d'un espace de démocratie, il devrait y avoir la place, même dans une seule confédération syndicale, pour les diverses opinions pouvant exister, y compris celles d’intérêts catégoriels comme les cadres.

Mais en matière de syndicalisme, comme en politique ou dans la haute fonction publique, le conservatisme est souvent de mise lorsqu’il permet de rester bien au chaud dans son petit nid douillet (quelquefois hors de prix...) avec voiture de fonction et chauffeur, entouré de permanents fonctionnarisés, le tout financé par des cotisations syndicales et des financements publics importants…

 

 

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48 réactions à cet article    


  • CHALOT CHALOT 14 mai 2015 10:12

    L’article informatif et clair m’a intéressé.

    Quant à la conclusion j’y mettrai un bémol : s’il y a des dirigeants corrompus, des voitures de fonction pour certains responsables nationaux et pas tous, il existe aussi des milliers et milliers de syndicalistes qui agissent sur leur temps personnels, sans délégation.
    Penfant quelques années j’ai été secrétaire national EPA FSU ( syndicat de l’animation), je prenais les réunions en dehors de mon temps de travail et j’ai défendu des salariés aux prud’hommes sans jamais me faire rembourser les frais de déplacements 
    JE SAIS QUE NOUS SOMMES NOMBREUX A FAIRE AINSI

    • mac 14 mai 2015 15:27

      @CHALOT

      On parle des dirigeants à l’échelle nationale de grands syndicats, pas de la base.

      Franchement la communication syndicale semble proche de zéro dans un grand nombre d’entreprises et même dans la fonction publique où on a parfois l’impression, justifiée ou pas, que les grèves rapportent plus à l’état qu’elles ne le dérangent...

      Quand on pense que syndicat se dit union en anglais, ce n’est pas vraiment l’impression que l’on en a ici !


    • Iren-Nao 15 mai 2015 11:45

      @CHALOT

      Je vous crois facilement.
      Certains syndicat n’étaient que le bras arme de partis politiques (et le sont toujours plus ou moins.
      J’ai peur que vous ayez été un de leurs idiots utiles comme on dit de nos jours.’N’empêche que des gens comme vous ont fait aussi beaucoup de bien

      Cordialement
      Iren-Nao


    • JC_Lavau JC_Lavau 14 mai 2015 10:55

      Aux dernières nouvelles que j’avais (pas actualiéses, je sais), la syndicalisation était élevée en Autriche aussi, en Suède et en Norvège. Avec des syndicats purement syndicaux, sans mainmise politique notable. Ce sont aussi des pays où le travaillisme n’a pas été pris par les moscoutaires comme il l’a été en France.


      • Fergus Fergus 14 mai 2015 12:00

        Bonjour, JC_Lavau

        Il y a un énorme bémol à apporter dans la comparaison entre les taux de syndicalisation en France et dans la plupart des pays d’Europe où ils sont nettement plus élevés. Dans ces pays, l’adhésion à un syndicat est quasiment obligatoire si les salariés veulent bénéficier de droits sociaux, voire d’avantages en nature !


      • Fergus Fergus 14 mai 2015 17:06

        En complément à ce que j’ai écrit ci-dessus, je viens de trouver ceci dans le Petit Journal de l’Economie :

        « Dans certains pays le syndiqué bénéficie d’un « retour sur investissement  ». En contrepartie de sa cotisation il a droit à certains avantages : prise en charge d’une large partie du salaire perdu du fait de la grève ou du lock-out (Allemagne, Pays Bas, Autriche) ou versement de l’indemnité de chômage après licenciement en Belgique ou Suède (d’où le taux élevé de cotisations). Les syndiqués bénéficient aussi d’une assistance juridique et pas seulement pour des problèmes relatifs au travail mais aussi familiaux ou personnels. Certains de ces avantages surprennent davantage un Français : établissement de la feuille d’impôt par un expert fiscal au Pays Bas, rapatriement sanitaire gratuit lors d’un accident pendant les vacances pour les syndiqués autrichiens ou… prise en charge des frais de la cérémonie de mariage (Luxembourg). »

        Imaginons un peu que, comme en Belgique ou en Suède, ce ne soit pas l’Etat, mais les syndicats qui prennent en charge le versement des indemnités de chômage, qui peut croire que les taux de syndicalisation seraient aussi bas en France ?

        Dans le domaine syndical, trop souvent l’on compare les choux et les navets. Et forcément le résultat n’est pas pertinent


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 2015 06:29

        @Fergus

        Le syndicalisme était la reponse ad hoc au bras de fer Capital-Travai dans une sciété industrelle, misant sur la solidarité .entre travailleurs largement interchangebles. Il n’est pas efficace dans une société tertiare, quand l’indifivuaisme prédomine et que chaque alliance doit etre conclue         de haute lutte. Le temps est venu d’une action politique au senes strrict. 

        PJCA     

      • mmbbb 15 mai 2015 09:03

        @Pierre JC Allard Le syndicalisme a la francaise est devenu un parti politique contemporain Il sert a placer les copains Chereque qui a eu une promotion en etant promu president d’ un comite theodule (observatoire:un truc bien francais ) sur la misere En France nous avons des organisations comme le CREDOC et des institutions comme l INSEE qui sont des organimes d etat dont le job est justement d emettre des rapports Nous avons ce genie de creer des machins trucs bidules qui coutent cher au contribuables et ne servent a rien Lepaon ( CGT ) ayant fait des depenses somptaires va etre « recycler » par Hollande . Les syndicats ne representent plus rien, ils sont devenus des revolutionnaires des salons dores de la republique. 


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 2015 18:32

        @mmbbb

         Les syndicalisme actuel est dépassé et doit evoluer pour devenir un èlement de représentation populaire ad hoc AU SEIN DE LÉTAT, avec des pouvoirs quasi- judiciaires. L’evolution en Suede prefigure cette integration Pour ceux qui sont serieux. voir ces deux (2) iiens.... entre autres...




         

         


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 2015 18:40

        @Pierre JC Allard


        Le syndicalisme dans da forme actuelle ne ressemble a rien tant qu’a une structure mafieuse d’extorsion. Elle est tolerée par le Pouvoir parce qu’elle contribue a maintenir la zizanie dans la classe ouvriere et n’a pas d’autre impact significatif.



        PJCA

      • mmbbb 17 mai 2015 10:36

        @Pierre JC Allard Je suis d’accord avec vous Les syndicats francais doivent se reformer et ne plus se nourrir du systeme tout ne le critiquant ( scandale de Fo avec Blondel Divers scandales aves les comites d’entreprises CGT ) Beaucoup de syndiques comme les representants cites dans mon commentaire ont des liens incestueux avec le pouvoir surtout socialiste Par ailleurs Hollande fait mieux que Sarko ( pacte de responsbilite qui a ete mis en place et que l’ancien president n’avait jamais ose adopter) et pourtant les syndicats observent un mutisme etonnant . Il n’est pas surprenant que la classe ouvriere se tourne vers le FN L’annee derniere j’ai vu par hasard un char de la CFDT a la gay pride Est ce le role d’un syndicat n’est pas de defendre les « avancees sociales » d’un groupe de pression comme LGBT Je le doute ce melange des genres brouille les pistes .


      • foufouille foufouille 14 mai 2015 12:18

        il suffit de penser LEPAON.


        • Garance 14 mai 2015 12:44

          La différence entre les syndicats étrangers et les nôtres est que leurs syndicats ne sont pas politisés


          Les nôtre le sont au point de donner des consignes de votes : malgrés que des textes de lois existent étant censés les en empêcher

          Autre différence de taille aussi : les syndicats étrangers privilégient les intérêts de leurs adhérents à ceux des gouvernements en place

          Le nombre de boîtes coulées par la CGT par enjeux politiques en fait foi

          Flagrant aussi de constater le mutisme assourdissant des syndicats de l’Education Nationale depuis que Gros Con est au pouvoir

          Eux qui sous la Droite descendaient battre le pavé pour une virgule mal placée sur un projet de loi jamais appliqué

          Les syndicats français ne sont que des milices supplétives au service de ceux qui les paient



          • Fergus Fergus 14 mai 2015 17:08

            Bonjour, Garance

            Des syndicats politisés, il y en a dans d’autres pays. Je vous invite à lire mes deux commentaires ci-dessus.


          • Marko Pauleau Marcus Aurelius 14 mai 2015 19:49

            @Garance
            Un point de vue caricatural, très dans l’esprit Jean-Marie...


          • Croa Croa 14 mai 2015 20:12

            À Garance,
            *
            En ce qui concerne les élections politiques,
            Des « consignes de votes » moi je n’en ai jamais lu  !
            _
            Par contre que le syndicat informe sur les enjeux d’une élection et ce faisant conseille lourdement certaines options électives, quoi de plus normal ?
            (Donner des consignes et informer ce n’est pas la même chose.)


          • Fergus Fergus 14 mai 2015 20:34

            Bonsoir, Croa

            Moi non plus !

            En revanche des consignes d’action accompagnées d’éléments de langage à caractère national, le tout envoyé par les permanents du siège vers les camarades dans les entreprises, notamment dans le secteur public, cela a longtemps été un classique des grandes centrales.


          • mmbbb 15 mai 2015 10:29

            @Marcus Aurelius pas si caricatural Il suffit de constater le mutisme des syndicats sur la potique d ’Hollande c’est normal Hollande pas con donne des promotions a Chereque Lepaon Le pacte de solidarite Sarko en avait reve Hollande la fait Ouvrez les yeux 


          • Mmarvinbear Mmarvinbear 14 mai 2015 12:55

            Le français est méfiant et individualiste par nature. Le taux de syndicalisation a toujours été faible depuis le début. C’est la même chose pour les partis politiques qui sont en général moins fournis en adhérents que dans les autres pays.


            A cela s’ajoute une inféodation des syndicats plus ou moins reconnue à des partis politiques malgré leurs dénégations, ce qui brouille leur message car les deux mondes doivent être séparés pour ne pas être suspecté de récupération politicienne.

            Enfin, les travailleurs ne sont pas dupes. Les grandes centrales ne sont actives que lorsque les élections syndicales approchent. 

            Inutile non plus de rappeler l’ostentation dans laquelle les directions aiment vivre, privilégiant leur confort personnel, ignorant l’image désastreuse qu’ils donnent à privilégier les beaux quartiers et les notes de frais pour leurs personnes.

            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 15 mai 2015 07:35

              @Mmarvinbear
              Les syndicats, je parle des dirigeants, sont surtout inféodés à l’ Union européenne...
              « Excellente vidéo sur la CGT et l’Union européenne » , avec la participation de Jacques Sapir.


            • juluch juluch 14 mai 2015 13:30

              Il est clair qu’il y a un recul des syndicats parce qu’ils sont trop politisés.


              Ayant été DP et secrétaire CE dans une boite sous les couleurs de la CGT je sais de quoi je parle.

              Ils sont restés au lendemain de la WWII sans évoluer ou tres peu, il y a beaucoup de « permanents » qui profitent bien du système et des avantages, surtout quand le système est organisé comme une mafia.

              Pourtant, tous le monde devrait être syndiqué, c’est une force.

              En face les patrons le sont tous et font pratiquement la pluie et le beau temps.....en face il y a que la grève vu que les salariés sont minoritaires.

              le pot de fer contre le pot de terre.

              Merci pour votre article Albert Ricchi

              • sloop sloop 14 mai 2015 17:13

                 Bonjour juluch,

                L’opposition au système impérialiste réinstallé par les 1% aux lendemains de la ww1&2 reste identique. Les syndicats ont perdu la guerre de l’information en même temps que Jaurès, la vie. Une « Statégie du choc » qui les a figés, Ils se sont politisés pour survivre.


              • sloop sloop 14 mai 2015 17:45

                @sloop
                réinstallée, l’impérialiste ne s’étant jamais arrêté pendant ces guerres.


              • JC_Lavau JC_Lavau 14 mai 2015 15:18

                Il y a peut-être un mal français spécifique ?

                Dans un de ses premiers articles, mon père observait que les partis français (alors sous la 4e république) sont irréels, définis théoriquement par des idéologies, et non par des intérêts de classes sociales, ou de régions. Il relevait le cas des partis agrariens en Finlande, Suède, Norvège, Danemark, Pays-Bas. Toutefois ces partis ont démographiquement décru depuis. Toutefois aussi, ces pays sont bien plus homogènes en relief, en climat et en nature des sols que ne l’est la France, fortement contrastée. En France il est atrocement difficile d’avoir des intérêts agricoles convergents, et un front commun. Classe étranglée, sans expression politique.

                De son côté Emmanuel Todd remarquerait que l’héritage des traditions familiales et rurales détermine les notions de bien et de mal en matière sociale puis politique. Or cet héritage aussi est contrasté en France.

                L’héritage de la cour de Versailles aussi est spécifique, favorisant les parleurs vifs et superficiels, on raisonne à la vitesse...


                • JC_Lavau JC_Lavau 14 mai 2015 15:28

                  Un autre syndicalisme qui ne parvient pas du tout à émerger, c’est celui des victimes des escroqueries et félonies de l’Honorable Monopole d’avocats, et des dénis de justice systématiques.

                  Deux tiers des français ne peuvent jamais faire valoir leurs droits : beaucoup trop cher, inaccessible.

                  Or les deux premiers actes législatifs du gouvernement Raffarin ont été en faveur du dit Honorable Monopole (clientélisme oblige) :
                  Etendre leur monopole aussi au Tribunal administratif, afin d’en multiplier le coût d’accès par vingt, au bas mot.
                  Interdire aux associations d’ester elle-mêmes en appel, obliger à passer par un avocat. En effet, quand elles plaidaient elles-mêmes contre un promoteur qui avait acheté le maire pour une violation de la loi Littoral, elles gagnaient souvent, s’en tenant aux faits et à la loi. Tandis qu’un avocat cherchera toujours un compromis avantageux pour le plus riche... C’est ce qui le paiera le mieux.


                  • bernard29 bernard29 14 mai 2015 16:19

                    Les syndicats ne sont pas innocents dans l’augmentation des inégalités sociales en France. Pendant de nombreuses décennies, les revendications salariales se limitaient à une augmentation en pourcentage des salaires , de tous les salaires. Mais le bénéfice était extrêmement différent pour un employé au SMIC et un salarié de la catégorie Cadre par exemple. Le résultat est que la classe sociale des employés s’est distendue et qu’au bout du bout, les salariés ont peut être eu le ras le bol de se faire utiliser et les intérêts communs se sont dilués.

                    Les syndicats vous ont expliqué à longueur de discours, qu’il fallait soutenir les revendications dans les grandes entreprises ou dans la fonction publique, parce qu’ensuite cela bénéficierait à tous le salariat par une sorte de porosité merveilleuse. Mais personne n’a jamais vu les situations privilégiées d’un salarié d’EDF par exemple (très riche comité d’entreprise, participation, bon vacances, Primes diverses et tout le toutim... ) se diffuser ensuite dans l’économie sociale globale.

                    Et plus ça va aller, plus ce sera compliqué dans la période difficile qui s’est ouverte, que l’on appelle la crise. Les revendications seront de plus en différentes. Les syndicats auront a faire face à deux types de revendications ; Celles des bas salaires, contre le chômage et la précarité et celle des salariés plus nantis contre l’austérité et la perte des privilèges acquis.

                    Le syndicalisme « à la papa » est mort. !! mais les associations actuelles demeureront puisqu’elles sont subventionnées et que des places sont réservées à leurs représentants dans par exemple les Comité Economiques et sociaux et autres institutions publiques ou para publiques.


                    • Croa Croa 14 mai 2015 20:26

                      À bernard29,
                      *
                      Faux, avant les augmentations au pourcentage, la priorité a toujours été le respect et l’amélioration des minimas. La CGT, par exemple est constamment en demande d’un relèvement du SMIG. Toutefois ce point concerne surtout la théorie mais dans les entreprises il est plus facile de négocier à partir des réalités locales et celles-ci sont plus faciles dans les boites où les gens sont bien syndiqués !


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 14 mai 2015 21:13

                      @Croa
                      La question va être réglée, dans les mesures structurelles qui sont dans les tuyaux, il y a la fin des CDI et du SMIG. Bienvenus dans Hartz 1, 2, 3, 4, et plus si affinités !


                      La question n’est pas de savoir quel % de salariés syndiqués, il y a dans tel ou tel pays, mais ce qu’ils obtiennent ? L’Allemagne et l’ Angleterre ont vu le nombre de travailleurs pauvres exploser.
                      En Europe, il y a plus de 4 millions de sans abri.
                      Mais aucun syndicat n’appelle à la sortie de ce bousin européen...

                      Tous ces syndicats, sauf Sud en France, appartiennent à la Confédération européenne des Syndicats, financée par Bruxelles.
                      La CES a appelé à voter POUR le Traité de Lisbonne, elle est contre l’ austérité, c’est le moins qu’elle puisse faire...
                      Mais POUR l’assainissement des budgets, ce qui provoque les plans d’austérité.
                      Pour la logique, vous repasserez !
                       

                    • Marko Pauleau Marcus Aurelius 14 mai 2015 17:04

                      Il y a déjà le problème du coût des côtisations - 200 euros par an pour un prof, en moyenne en fonction de l’échelon - pour une aide aléatoire en retour. Beaucoup de syndicalistes se comportent en supplétifs de la hiérarchie, ils ont davantage un rôle d’encadrement que de défense des personnels. Après, tout est question d’individus, intègres ou non.

                      Enfin notre époque est au consumérisme et au rejet du collectif, libéralisme économique oblige... il sera nécessaire à l’avenir de refédérer les gens...

                      • Robert GIL Robert GIL 14 mai 2015 17:23

                        c’est vrai qu’il y a un problème syndical en France, mais que ferions nous sans syndicat ? Voici un petit article qui traite de cette éventualité avec humour ;


                        • Christophe 14 mai 2015 19:01

                          Bonjour,

                          J’aimerais rectifier un point qui me semble important.

                          Vous écrivez : Et si l’on admet que la vocation du syndicalisme est de défendre avant tout les intérêts des salariés à l’intérieur d’un espace de démocratie

                          Par définition, tout syndicat défend les intérêts de ses adhérents et non d’un ensemble x ou y convenu. Les syndicats de salarié défendent donc les intérêts de leurs adhérents, ils n’ont pas à défendre les intérêts des non syndiqués.

                          Vous comparez, comme l’a indiqué un intervenant auparavant, des choux et des carottes, de telles comparaisons ne mènent à rien. Vous devriez lire l’ouvrage collectif du CNRS « le syndicalisme dans le monde » pour avoir de plus amples renseignements et construire un raisonnement qui se tienne un minimum.

                          Dans beaucoup de pays que vous citez, la syndicalisation est obligatoire, ou elle est forcée par une législation qui vous y pousse, que ce soit en Allemagne, en Angleterre, ... Par exemple, en Angleterre, les premiers à être licenciés en cas de difficulté sont ... les non syndiqués, les syndiqués sont protégés par la loi anglaise. Mettez cela en pratique en France et vous verrez les rangs des syndicats grossir à vue d’oeil. Bon, je vous accorde que les trades unions (et pas uniquement unions smiley ) en Angleterre sont très politisées, le parti travailliste étant le bras politique des syndicats anglais.

                          Lorsque nous parlons de représentativité (le nombre d’adhérent par exemple), il faut faire très attention ! Vous alignez des chiffres, mais l’histoire du syndicalisme en France est parlante en ce domaine, la plupart des accords signés l’ont été par des organisations qui, dans le total de leur représentativité aux regard des règles d’aujourd’hui, étaient minoritaires ; les nombres d’adhérents ne sont pas parlant pour donner un sens au progrès social.

                          Quand nous nous intéressons un tant soit peu au monde syndical, aussi bien français que mondial, l’hypothèse sur laquelle repose votre propos est battue en brêche. Ce n’est pas plus ou moins de pluralité qui pose souci, mais les méthodes, voir les législations, qui poussent à la syndicalisation (Allemagne, Grande-Bretagne, ...).

                          La France est cependant un cas totalement atypique, cela je vous l’accorde. La différence française ne repose pas sur le nombre d’organisations syndicales, mais sur le fait que les non syndiqués puissent profiter des mesures prises par les engagements syndicaux tout en ne s’engageant pas ; et dans le monde du travail d’aujourd’hui, il est plus sécurisant de ne pas s’engager sachant que l’engagement peut coûter alors que les gains sont assurés.


                          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 14 mai 2015 21:28

                            @Christophe
                            Mais ça, c’était avant...Maintenant, quels gains se partagent-ils ?
                            La régression permanente des acquis et le chômage de masse.


                            C’est quand même étrange, dans une discussion sur le syndicalisme, que les mesures structurelles imposée par Bruxelles et qui nous renvoient 100 ans en arrière, ne soient pas au centre de la discussion ?

                            Le syndicalisme affilié à la CES n’est plus un syndicalisme indépendant.
                            La CES est financée par Bruxelles pour négocier l’application des décisions européennes.
                            Il faut en finir avec l’ UE et reconstruire un syndicalisme indépendant, qui ne soit plus financé par l’étranger.


                          • stetienne stetienne 14 mai 2015 19:41

                            le mamouth lol il n arrive plus a recruter
                            tant le métier c est dégradé alors ca sert a quoi un syndicat ?????????????????
                            ben a rien du tout malheureusement


                            • juluch juluch 14 mai 2015 20:42

                              @sampiero

                              +1 cousin, tous se que tu décris je l’ai connus.

                            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 14 mai 2015 21:31

                              @sampiero
                              Le rendre obligatoire pour appliquer quoi ?
                              Les décisions de Bruxelles ? après avoir aéré les militants dans une manif ?
                              Merci du cadeau !


                            • Croa Croa 14 mai 2015 22:46

                              « la CGT, en 1948, comptait à elle seule 4 000 000 d’adhérents »
                              __
                              Oui, mais ce fut le début de la fin puisque la création de FO, voulue par les américains et quelques militants corrompus allait définitivement diviser le monde du travail. Depuis il y aura toujours un syndicat « sachant arrêter une grève » et des pourris sachant signer tout et n’importe quoi. (Ces derniers temps c’est plutôt la CFDT qui tient ce rôle.)
                              __
                              Que les salariés ne croient maintenant plus du tout au syndicalisme quoi de plus normal ?
                               smiley smiley smiley smiley smiley smiley


                              • Iren-Nao 15 mai 2015 14:27

                                @Croa

                                La CGT a fait un mal considérable dans les ports Français en manipulant la mafia des dockers, bousiller l’industrie navale a force de gréves qui faisaient fuir le client et plus récemment la SNCM et son mouvement irréaliste.
                                La CGT n’en avait rien a cirer du sort des manants, ce qu’il fallait c’était créer des conditions favorables au PCF, ce parti de l’étranger et de traitres certifies.
                                Étonnons nous a présent que ces organisations, qui savent se remplir les poches, n’attirent que les plus cons.

                                Iren-Nao


                              • sls0 sls0 15 mai 2015 05:41

                                Il y a les chefs des syndicats, les syndicalistes et parfois on oublie les syndiqués.

                                Le syndiqué des années 70. (avant je ne bossais pas)
                                Un peu d’argent de coté pour acheté quelque chose, ça peut servir en cas de grève, on est très fort, si ça dure un mois, on tient le choc et si on est assez fort une partie des jours de grève seront payés.
                                Je suis dans un pays fortement industrialisé, la personne que je croise a certainement la même vie que moi et est certainement syndiqué et il y a de grandes chances que l’on partages plus ou moins les mêmes valeurs.
                                Je travaillais à la centrale EDF de Dunkerque, un jour pour aider les gens d’USINOR dans une grève par solidarité on s’y est mis, une journée et c’est bâclé.

                                Le syndiqué des années 80.
                                L’argent de coté c’est plus la mode, il y a le prêt à la consommation. Coté force ce n’est plus la même chose, faire dans la durée quand on a plus d’argent de coté et au contraire un prêt à remboursé c’est le couteau sous la gorge, on est assez faible, le rapport de force à changer de camp.
                                Avec la désindustrialisation qui c’est mis en marche, les personnes que je croisent on de moins en moins mon profil, des chômeurs qui essaient de se reconvertir dans le tertiaire.
                                Début de la fin pour les syndicats, les syndiqués dans le tertiaire c’est plus trop la mode, pour avoir la force d’un groupe, un groupe est nécessaire.
                                Le monde industriel, c’est beaucoup de monde avec les mêmes conditions de travail et une solidarité de masse, le tertiaire, c’est complètement différent, le nombre à disparu.
                                Personnellement j’ai la chance d’avoir un boulot spécialisé qui me fait gagner plus d’argent que la plupart des collègues, le prêt personnelle me donne des boutons je suis beaucoup plus fort mais plus majoritaire voir à la mode. Avec l’Afghanistan, mon histoire d’amour avec la CGT s’achève, comme je suis un emmerdeur je continue à payer le timbre pour l’oeuvre sociale le NID.

                                Le syndiqué des années 90 et après.
                                La désindustrialisation continue, la mondialisation arrive, c’est le cauchemar pour les syndicats et le rêve pour le CAC 40.
                                Quand on voir les courbes, il ne reste que du tertiaire.
                                La part des salaires dans la valeur ajoutée à furieusement baissé et celles des actionnaires furieusement augmenté.

                                Et les syndicats dans tout ça, pour les syndicats des actionnaires ça va, l’argent c’est le nerf de la guerre, pour les autres il reste à lutter contre moins de précarité avec beaucoup moins de moyen.
                                Ils rêvent d’une époque où la lutte c’était pour l’augmentation des salaires, putain de prêts personnels et de désindustrialisation.

                                Oui je ne suis pas prêt personnel, la réaction d’enfant gâté, tout et tout de suite j’ai réussi à évité.
                                J’ai eu avec un décalage de 6 mois en moyenne pour posséder, j’ai payé moins cher, j’étais libre (le principal) et avec le recul, j’ai l’impression d’en avoir eu plus.


                                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 15 mai 2015 06:39

                                  @sls0
                                  Excellente analyse !
                                  J’ai assisté en direct à la fermetures des chantiers navals de la Méditerranée.

                                  Ce que vous ne dites pas, (les syndicats non plus d’ailleurs) que c’est l’ UE qui nous a mis dans la mondialisation, elle a ouvert les frontières à la concurrence avec des pays aux salaires 20 fois plus bas.


                                  Ce sont les pontes de la Troïka qui ont décidé que l’ Allemagne serait un pays industriel, et la France, le bronze fesses de la planète....
                                  Voici ce qu’il reste de l’emploi industriel en France au bout de 40 ans de ce régime.

                                  En lisant le livre « Syndicats, corruption, dérives et trahisons » de Touly et Lenglet, on comprend que la corruption des dirigeants syndicaux, fait parfaitement l’affaire, aussi bien des gouvernements que du patronat.
                                  Autant dire que le rapport Perruchot sur la question, roupille au fond d’un tiroir...

                                • zygzornifle zygzornifle 15 mai 2015 08:18

                                  A se demander s’ils ne sont pas infiltrés par le MEDEF ......

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