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La situation en Martinique et aux Antilles

Que s’est-il passé depuis la fin du conflit de février-mars ?

On se rappelle que ce conflit s’était terminé par une victoire, où, parmi les avantages conséquent arrachés aux patrons et à l’Etat, les travailleurs avaient obtenu une augmentation conséquente des salaires (jusqu’à 200 euros) et le « gel » ou la baisse des prix de 400 articles.

Remâchant leur déroute, les puissants au pouvoir n’avaient plus que la désinformation, la manipulation,- notamment celle des médias - , ainsi que la peur, à distiller (« Vous êtes allés trop loin »…).

La première manœuvre pour « reprendre la main » aura été l’organisation des « Etats-Généraux de l’Outre-mer » . Puis, dans la foulée, l’annonce d’un référendum modifiant le statut de l’île.

Et toujours dans le même fil, la tentative de remettre en selle les « politiques » discrédités pendant le mouvement social de février-mars, aussi bien en Martinique qu’en Guadeloupe.

Dans l’autre camp, celui des salariés, il s’agissait de veiller à ce que les accords Jacques Bino et 5 février soient vraiment appliqués malgré l’écran de fumée et l’esbrouffe médiatique des « politiques » et des journalistes autour des « articles 73 et 74 »(1).

Plusieurs grèves sectorielles se sont succédées se terminant souvent par la victoire des grévistes et donc les acquis demandés : salariés des stations-service, urgentistes… Les comités de contrôle des prix, constitués par quartier ou par commune, ont continué à se mobiliser pour veiller au grain…

 

L’état de l’économie

L’argument de certains est de dire que la grève a cassé l’économie antillaise et que, si l’on réclame trop, notamment la claire application des accords signés, on irait droit à la catastrophe. Il est vrai que les faillites se succèdent, que les entreprises n’embauchent plus, que le Bâtiment, pour ne prendre que cet exemple, tourne au ralenti. De quelques 22%, le chômage serait passé aujourd’hui à 24%.

Mais qu’est-ce que cette économie antillaise dans des régions, anciennes colonies, colonies de toujours, où l’on a refusé systématiquement d’investir dans la création d’un tissu industriel ? Tout produit manufacturé ne doit-il pas venir de métropole ? En contrepartie ne sommes-nous pas condamnés à produire de la canne à sucre et de la banane ?

Pourtant à y regarder de plus près, la crise a bon dos. Dans ces départements d’outre-mer où les investisseurs, dans le bâtiment notamment, sont en grande partie les administrations de l’Etat ou les collectivités publiques, on s’aperçoit par exemple, qu’en Guadeloupe « la commande publique bat son plein, avec notamment un effort de la Région et de l’Etat : 1400 logements sociaux, 600 millions d’euros de projet sur trois ans, dont deux hôpitaux, la rénovation de Pointe-à-Pitre, une usine de traitement des déchets, un lycée…. »(2). La Martinique n’a pas droit au même traitement.

La question de la corruption et des détournements de fonds est toujours un problème récurrent. Actuellement Le syndicat CGTM dénonce la gestion de l’AFPA. Mais bien d’autres institutions, où les politiques sont « mouillés », pourraient ici se sentir concernés

Si donc des entreprises ferment il faut souligner que ce mouvement s’est accentué dès octobre 2008, prenant son ampleur en janvier 2009. Les grévistes n’y sont pour rien et dans les régions du monde où il n’y a pas eu de grève, les entreprises ont aussi fermé et elles ont licencié tout autant sinon plus.

Mais cet argument développé par la droite, porte sans aucun doute et est destiné à contrer toute nouvelle mobilisation.

 

Le retour des « politiques »

Les « Etas-Généraux de l’outre-mer » auront été un défouloir général médiatisé pour les conservateurs et les « politiques » revenus de leurs craintes provoquées par le mouvement social. L’idée du gouvernement était de revenir sur le débat institutionnel, de discuter sur le nouveau statut des îles, de provoquer une consultation référendaire, toute manœuvre qui permettrait d’éluder les revendications sociales avancées par des milliers de manifestants pendant plusieurs semaines. Et à ce jeu, les « politiques » ne pouvaient qu’être partenaires. Discrédités par leurs déclarations leur pusillanimité, leurs atermoiements, ils pouvaient bientôt se retrouver, se rassurer, se congratuler, à Cayenne à l’intérieur d’un « rassemblement martiniquais » créé pour la circonstance. On allait se battre pour deux articles de la Constitution Française, dans « l’intérêt général des Martiniquais »… Mais bien sûr. Ah le beau combat de politiciens en perspective ! Manquaient cependant à l’appel les élus de la Guadeloupe, sans doute plus prudents. Ainsi que la droite « présidentielle » c’est-à-dire l’UMP dont l’affaiblissement est patent. 

Qu’en dira le peuple ? En 2003 la tentative de changement institutionnel, se termina par un fiasco référendaire : le non l’emporta alors que tous les « politiques » avaient appelé à voter « oui ». Comparativement, ce genre d’attitude, ne préfigurait-elle pas celle qui a prévalu en Europe, notamment en France, lors du référendum sur la Constitution Européenne ? Le vote est parfois un instrument qui se retourne contre ceux qui ne veulent pas parler des vrais problèmes, les problèmes sociaux.

 

 Meeting de rentrée du Collectif du 5 février (K5F) à la Maison des Syndicats le 11 septembre.

Dès la fin du mois d’août le LKP, en Guadeloupe, rassemblait plusieurs milliers de personnes lors d’un meeting. Les sujets de mécontentement ne manquaient pas. La répression syndicale et politique y figurait mais aussi l’augmentation annoncée du prix des carburants. Et sur ce point, dénonçant les fantastiques profits d’une entreprise comme Total, et le nécessaire audit d’une société pétrolière comme la SARA, la mobilisation du LKP sera totale, nous annonçaient les orateurs de l’organisation guadeloupéenne présents à la Maison des Syndicats de Fort-de-France en ce 11 septembre. Tous les deux jours, devant les stations-services et ailleurs, des manifestations seront organisées.

Bien des rumeurs avaient circulé concernant ce 11 septembre : journée de grève générale, reprise des blocages… La presse, présentant longtemps le K5F comme moribond, préférait aujourd’hui le black-out : cette soirée de meeting n’était annoncée dans aucun grand média. C’est que Michel Monrose, en prenant la parole pour la dernière fois en tant que président du Collectif du 5 février, commença par dénoncer (3). Tour à tour les orateurs qui se succédèrent, tout en soulignant les injustices, les licenciements et la répression, ont appelé à une stratégie prudente, constituées essentiellement du renforcement et de l’action des comités de contrôle des prix. La nouveauté, porteuse d’espérance, résida dans la déclaration annonçant la formalisation d’une coordination étroite LKP/K5F/Guyane. Cette initiative fut rapportée par les orateurs du LKP présents sous les ovations des nombreux militants et manifestants présents en la circonstance. De plus une relation étroite et une solidarité seront établies avec tous ceux qui luttent dans les dernières colonies françaises, et notamment avec l’USTKE. La solidarité avec les salariés en France fut réaffirmée, notamment ceux de France-Télécom, chez qui les suicides pouvaient être considérés comme des actes criminels dont les fauteurs s’inscrivent dans la logique de l’exploitation capitaliste. Le caractère internationaliste des interventions méritent ici d’être souligné.

Une journée d’action est prévue pour le 3 octobre.

 

(1) Journal « France-Antilles » du 10/09/2009

(2) Ces articles, qui sont inscrits dans le Constitution, permettent aux départements d’outre-mer, en respectant certaines formes, de légiférer et même de changer de statut.

(3) Il est remplacé, comme prévu, de par l’organisation du Collectif, par Philippe Pierre-Charles de la CDMT.

 

Par Nemo (Fort-de-France, 13/09/2009)


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3 réactions à cet article    


  • manusan 23 septembre 2009 12:02

    c’est vrai qu’on avait oublié.

    vous semblez être étonné que l’état Français n’investissent pas assez aux Antilles. Je vous rassure c’est pareil dans tous les départements depuis la décentralisation. Bref, si des départements s’en sortent mieux que d’autres c’est aussi parce qu’ils sont mieux géré en local.

    Et puis stop avec les histoires des colonies, l’indépendance si vous la voulez, on vous la donne de suite. Fini l’Afrique à papa.


    • rené marc 23 septembre 2009 20:31

      Mensonges, intox et manipulations honteuses tous vos artilcles Nemo 3637 puent la désinformation !

      vous êtes parmi les uns ou deux % de naîfs qui ont suivi ou même organisé cette scandaleuse prise d’otages aux Antilles car vous avez manipulé les gens avec des discours populistes sur la vie chère que vous ne pourrez pas régler pour cacher vos vrais objectifs marxistes et terroristes la prise du pouvoir aux Antilles françaises

      vos mensonges cachent mal le fait que maintenant plus personne ne vous suit là-bas et que vos dernieres menaces de mobilisation ont fait des flops lamentables et ridicules

      vous prenez les antillais pour des andouilles en leur mentant de la sorte et vous pensez que vous allez pouvoir les manipuler sans fin.

      vos discours ont 60 ans de retard, vos blablas sur la colonisation sont or course et vos propos ne trompent que des naifs incultes comme vous.
      vous êtes un groupuscule raciste qui depuis des décennies pourrit les relations humaines aux Antilles et ruinent ces îles qui devraient vous virer de force.

      vous êtes l’emanation du marxisme le plus anti-démocratique qui soit et à ce titre il faut vous mettre sur la touche.
      temps que des groupuscules terroristes comme ceux que vous défendez auront la parole les îles ne connaitrons pas la paix sociale ou civile.
      j’invite chacun à aller sur le site TATUN.UNBLOG.FR lire les très bons articles d’un auteur local Philipp qui soulève objectivement les bonnes questions aux Antilles.
      sans agresser personne ce qui n’est pas le cas de notre menteur de Nemo3637.


      • nemo3637 nemo3637 23 septembre 2009 21:09

        Je fais partie d’un mouvement social qui a touché les Antilles et non pas d’un groupuscule. Vos insultes et vos invectives, sans argumentation, relativise la valeur de vos propos.

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