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Accueil du site > Actualités > Société > La SNCF peut-elle imploser ?

La SNCF peut-elle imploser ?

Tiens, les déplacements en train, parlons-en. Quand je m'entretiens avec des personnes qui traversent la France de part en part en utilisant le chemin de fer, je suis effaré d'en constater la dégradation continue. Jeune, j'ai beaucoup pris le train. Je ne crois pas avoir été spécialement chanceux quand j'affirme qu'il y a encore 20-25 ans, les retards étaient l'exception. Je me souviens très bien d'avoir été impressionné à de nombreuses reprises par l'exactitude parfaite des trains de la SNCF. Comme dans le même temps je voyageais de temps à autre à l'étranger, je ne pouvais que constater avec fierté à quel point la qualité de notre réseau national l'emportait sur ceux des autres pays.

Je me suis longtemps demandé comment on en était arrivé au point où nous en sommes aujourd'hui, et, j'en ai pas mal discuté avec des usagers, notamment des usagers anciens.

Il y a, semble-t-il, une cause première fort simple : l'explosion du trafic. Toujours plus de trains, avec des cadences toujours plus soutenues. La circulation ferrée est tellement intense, avec l'accroissement des échanges, sur le territoire français, qu'elle devient très difficile à gérer.

A cela s'ajoute un sous-entretien des voies ; les sommes investies pour les maintenir sont très inférieures à ce que consentent les autres pays européens, alors même que la France est une plaque tournante de l'Europe.

En cinquante ans, les effectifs de la SNCF ont été divisés par deux, c'est à dire qu'ils sont passés de 350 000 individus à environ 175 000. Je veux bien concevoir que le progrès technique explique une partie de ces diminutions, mais j'ai aussi cru comprendre que les progrès en termes de rendement et de rentabilité de l'entreprise étaient en grande partie liés à une politique de contraction de l'emploi.

Toute la difficulté, désormais, c'est qu'il va bien falloir régler la dette de l'entretien des voies. Ce dernier n'incombe plus à la SNCF, désormais, mais à l'État. Or, la facture se chiffre en milliards d'euros (15 milliards). La SNCF risque de toutes façons d'avoir d'autres chats à fouetter : elle va devoir renouveler son matériel roulant, ce qui suppose des investissements très lourds.

La solution, pour l'État, qui ne peut se permettre de creuser davantage son déficit, est d'instaurer un droit de péage que la SNCF devra lui régler ; la SNCF ou toute autre compagnie ferroviaire. Mais il deviendra alors difficile de demander à la SNCF de pratiquer des tarifs sociaux. 

Il va bien falloir se résoudre, in fine, à devoir trancher entre un réseau en mauvais état mais peu coûteux pour l'usager à utiliser, ou au contraire des voies flambantes neuves, mais avec des prix en croissance exponentielle ou presque.

Dans le même temps, la SNCF doit subir la concurrence des compagnies aériennes low-cost. Peut-être pas indéfiniment, toutefois : le ciel français devient petit à petit aussi encombré que les voies ferrées ou les routes automobiles. 

J'observe que la problématique du transport touche tous ses modes. Bertrand Delanoë décidant de fermer Paris aux automobiles sur le seul critère de leurs émissions de CO2, c'est ridicule, et cela montre combien l'homme ne réfléchit guère au-delà de son périphérique. Bertrand Delanoë ne se demande ce qu'il peut faire pour fluidifier le transport ; il se demande ce qu'il peut faire pour gentrifier sa ville et, au passage, empoisonner l'existence des automobilistes qui la traversent. Et le plus grave, c'est que les mairies de la petite couronne parisienne commencent à l'imiter...

Sébastien Musset fait bien de constater l'entassement des transports à Paris. Il n'est d'ailleurs pas le seul. Il voit également juste en visant une décentralisation incomplète. Mais ces deux sympathiques blogueurs de gauche se fourrent le doigt dans l'oeil s'ils espèrent sincèrement que le transport collectif puisse être la solution à leurs maux.

Peut-être faut-il se demander si nous n'en sommes pas arrivés à saturation quant aux transports sur notre territoire national. Les transports en commun dont nombre de forces politiques se sont faits les apôtres en lieu et place de l'automobile sont-ils seulement en mesure d'absorber un surcroît de voyageurs ? J'ai quelques doutes sur la question.

Dès lors, si les utilisateurs principaux sont des utilisateurs professionnels, il est à envisager, avec le développement des diverses formes de la communication à distance, de repenser le rapport entre le travail et les déplacements. Leur limitation suppose une autonomisation accrue des taches, et donc, une organisation différente des entreprises en premier lieu, de la société à terme.


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47 réactions à cet article    


  • Martinyuk Martinyuk 27 décembre 2010 12:23

    "Dès lors, si les utilisateurs principaux sont des utilisateurs professionnels, il est à envisager, avec le développement des diverses formes de la communication à distance, de repenser le rapport entre le travail et les déplacements. Leur limitation suppose une autonomisation accrue des taches, et donc, une organisation différente des entreprises en premier lieu, de la société à terme."

    Le problème étant, en France, qu’il faut généralement faire acte de présence dans une entreprise. Quand un salarié n’est pas là, le patron imagine qu’il ne travaille pas, alors même que le télétravail accroît généralement le rendement (la somme de travail rendu/de tâches effectuées est a priori vérifiable).

    Une mentalité difficile à changer. J’ai personnellement la chance de travailler chez moi (et d’avoir plusieurs employeurs), mais je suis une exception.


    • Gasty Gasty 27 décembre 2010 12:48

      Privatisation oblige, les bénéfices doivent aller dans la poche des actionnaires et non plus dans l’entretien du réseau ferré. Donc séparation obligatoire en deux entités bien distincte.RFF et feu SNCF vendu par morceau. RFF supportera le coût afférent à l’entretien ( l’état, nous qui réclameront les prix de péages) et bien évidemment s’ajoutera une hausse des prix ( la part des actionnaires) qui sera compensé par une baisse de l’entretien pour une hausse des bénéfices. Pour plus tard finir par le rachat des entreprises privés par l’état ( nous) un max de pognons.Bref ! tout bénef d’un côté et crétins de casseur de service public de l’autre. il ne restera même plus le sigle SNCF pour exciter la connerie qui n’a pas manqué d’etre entretenu pendant des décénies.

      A l’auteur

      Seriez vous un rebelle au sein de l’UDF ?


      • hans 27 décembre 2010 21:15

        Seriez vous un rebelle au sein de l’UDF ?
        Hum, Gasty, je dirais plutôt sous marin du fhaine en voyant l’historique de ses articles smiley


      • hans 27 décembre 2010 21:18

        Seriez vous un rebelle au sein de l’UDF ?
        Hum, Gasty, je dirais plutôt sous marin du fhaine en voyant l’historique de ses articles smiley


      • pierrot123 27 décembre 2010 14:04

        C’est évidentr : Le transport ferroviaire est destiné à la casse, pour le plus grand profit de quelques initiés, comme d’habitude.
        Ce mouvement a commencé depuis déjà un bon moment en Angleterre, avec les résultats effarants que l’on sait...
        Tristesse....C’est tout ce qui va nous rester, de la tristesse...Parce que la rage n’est plus ce qu’elle était ! (sinon « ILS » n’oseraient pas....)


        • tchoo 27 décembre 2010 14:52

          Comme dans tous services publics de ce pays, on organise systématiquement la dégradation du service (qui n’est plus une préoccupation majeure) pour pouvoir justifier la privatisation.
          Il se passe exactement le même chose pour les services hospitaliers.


          • Fergus Fergus 27 décembre 2010 15:00

            Bonjour, l’Hérétique.

            Amusant que vous écriviez que Delanoë empoisonne l’existence des automobilistes. Que pensez-vous, en retour, des habitants dont l’existence est précisément empoisonnée par les automobiles ? 

            Delanoë est loin d’avoir raison sur tous les dossiers, mais je soutiens totalement son initiative concernant les véhicules polluants. A l’évidence, il faudra même aller encore beaucoup plus loin pour éradiquer au maximum la voiture et développer les transports en commun comme cela se fait dans la plupart des grandes villes étrangères dirigées par des maires responsables et soucieux d’améliorer l’environnement de leurs administrés.


            • Fergus Fergus 27 décembre 2010 15:09

              En ce qui concerne la SNCF, vous dénoncez de nombreux retards, mais il faut savoir qu’il exite en la matière une très grande disparité entre le réseau francilien d’une part et le réseau national d’autre part, le premier cumulant l’écrasante majorité de ces retards. Quant au réseau national, il est lui aussi soumis à des disparités régionales d’une part, et de nature du transport d’autre part, les TER souffrant de plus de retards et d’incidents que les TGV.

              A titre personnel, j’emprunte souvent ces derniers entre Paris et la Bretagne sans pratiquement connaître de retards, excepté dans la période d’intempéries que nous venons de vivre.

              L’urgence, pour ce qui est de la SNCF, réside dans la partition de l’entreprise entre le niveau national et le niveau francilien qui cumule, à lui seul, la plus grande partie des griefs.


            • jymb 27 décembre 2010 19:28

              Pas parisien donc apparemment pas concerné...mais je ne supporte néamoins pas la stigmatisation et la mise au pilori d’une catégorie de mobilité, en l’opposant aux autres.
              il y a de la place pour tout le monde, et au cours d’une journée chacun peut-être à son tour métro,auto, piéton, skate et vélo. Pourrir la mobilité des uns, c’est pourrir la mobilité de tous à un autre moment.
              Et rabacher en boucle l’intérêt des transports en commun ( surtout par la bouche de ceux qui circulent en voiture officielle dans les couloirs de bus !) n’enlèvera rien à leur caractère ultrabondé , crasseux , et incapables d’absorber encore plus de trafic !


            • Defrance Defrance 27 décembre 2010 22:42

               Pourquoi ne pas interdire la voiture aux Parisiens qui ont des transport en commun plutot que d’ E ;; les provinciaux ou les gens qui sont obligés de venir travailler a Paris en voiture ( je l’ai fait pendant 40 ans)  ?

               Ex : il y avait une ligne ferrée de petite ceinture qui aurait pu être remise en service plutôt que de faire une ligne de TRAM a 50 m de là sur les Boulevards ?

               Pour aller a paris en transports en commun il faut souvent faire 20 a 25 km pour se rendre a une gare, y laisser sa voiture sur un parking payant, avec 4 trains par jour, ne pas rater le retour , recuperer sa voiture et refaire les 25 km pour rentrer chez soi ?

               Jusqu’en 1948 ma grand mère avait un train a 3 km du village, on a encore des bouts de rails, certains passages a niveaux, les gares ont été revendues par les domaines ....  !


            • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:22

              @ Fergus,

               Mais pourquoi autorise t on la construction de tours de bureau a Paris et a la Défense alors que l’ont sait pertinemment que ceux qui vont venir y travailler ne pourront pas le faire en transport en commun ? ( j’ai fait le trajet province paris pendant 40 ans !) Durant un an j’ai loué un appartement a Joinville, je mettais plus de temps encore pour me rendre a la Défense !

               QUI SE POSE CES QUESTIONS ????


            • Fergus Fergus 28 décembre 2010 09:40

              Bonjour, Defrance.

              J’ai habité plus de 40 ans à Paris et je me suis assez souvent rendu, pour des raisons professionnelles, à La Défense : toujours en RER, jamais en voiture, et je m’en félicite. Du reste, je n’ai jamais utilisé ma voiture à Paris, excepté pour aller jouer au football sur des terrains de banlieue mal ou pas desservis par les transports en commun.

              Je suis d’ailleurs un inconditionnel du métro et du RER, beaucoup moins des bus, eu égard aux aléas de la circulation.

              Dans un précédent commentaire, vous mettez en cause la circulation des Parisiens en voiture. Ce ne sont pourtant pas eux qui encombrent les chaussées, la majorité utilisant les TC ou... le scooter, très en vogue chez les bobos, Un nombre croissant de Parisiens ne possèdent d’ailleurs plus de voiture, préférant en louer une en cas de besoin, ce qui à l’arrivée se révèle nettement plus économique.

              Pour ce qui est de la voie de ceinture - un dossier que je connais assez bien -, il faut savoir que depuis 40 ans on parlait régulièrement de sa réouverture avant le choix du tramway. Un dossier qui avait été étudié en profondeur par les ingénieurs et les financiers de la RATP en relation avec l’autorité de tutelle de l’époque, le Syndicat des Transports Parisiens (ancêtre du STIF), autorité organisatrice. Il en est ressorti que la remise en état de cette ligne et surtout les énormes travaux de complément des sections préservées ainsi que la construction de gares et d’accès dans un environnement urbain ayant fortement évolué auarient coûté beaucoup trop cher relativement aux solutions de surface : bus et maintenant tramway. Du reste, les associations d’usagers des transports ont admis ces arguments.

              Le problème en Ile-de-France n’est d’ailleurs pas Paris mais les dessertes de banlieue à banlieue d’une part, et la politique d’urbanisme réalisée sans que la dimension transport ait été suffisamment prise en compte en amont, d’où les délais insupportables qui sont imposés à de nombreux franciliens dans leurs trajets domicile-travail.

              Cordiales salutations.


            • 2102kcnarF 27 décembre 2010 15:35

              Il arrive à la SNCF ce qui est arrivé à toutes les compagnies privatisées...


              • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:16

                 Voila un commentaire clair et précis, on ne peut pas rendre service au gens et nourrir des spéculateurs !


              • paul 27 décembre 2010 17:03

                La question de l’implosion ne se pose même plus, car elle est en cours -et même organisée - déjà depuis plusieurs années, libre concurrence européenne oblige .

                Sur le plan économique, il est très discutable d’écrire que des investissements dans les services publics -par exemple dans l’entretien et l’achat de matériel à la SNCF -ne feraient que creuser la fameuse dette (en plus, ce matériel est souvent acheté à l’étranger ) .
                Conclusion, il faut tout brader ,les entreprises philanthropiques privées prendront le relai !

                Enfin si les transports publics ne sont pas la solution principale au problème des transports
                comme il est dit dans l’article, je ne vois pas de solution alternative clairement proposée .

                 


                • Fergus Fergus 27 décembre 2010 18:00

                  D’accord avec Paul.

                  A noter que les Pays-Bas, pays nettement plus libéral que le nôtre, ont l’un des réseaux de transports publics les mieux maillés et les plus efficaces en matière de service rendu.

                  Il faut savoir ce que l’on veut : faciliter la mobilité des citoyens et des marchandises et donc investir dans le transport, fut-ce localement à perte, ou réaliser des économies en trompe l’oeil.

                  Pourquoi en trompe l’oeil ? Parce que la qualité des réseaux, qu’il s’agisse des transports ou de l’énergie, est un des facteurs essentiels de la réussite économique du tissu industriel et commercial, une sorte de système sanguin indispensable. Que le sang circule à perte, où est le problème si cela permet au corps entier d’être dans le vert !


                • Lutin Lutin 27 décembre 2010 18:15

                  Les Pays-Bas ont une superficie terrestre à peine un peu plus grande que la Bretagne.

                  Pas une montagne à franchir ou à traverser

                  Pratiquement aucune ligne internationale ne la traverse à cause de sa situation géographique

                  C’est difficile de comparer la SNCF avec la compagnie hollandaise


                • Fergus Fergus 27 décembre 2010 18:58

                  Bonjour, Lutin.

                  Je ne compare pas la SNCF avec quoi que ce soit, mais la politique de transport public d’un pay pourtant réputé très libéral. Et ce que j’ai dit pour les Pays-Bas vaut également pour la Suisse où le pays n’est non seulement pas plat, mais l’un des plus accidentés d’Europe.


                • Lutin Lutin 27 décembre 2010 19:22

                  Bonjour Fergus

                  De même leur réseau autoroutier est un exemple pour un si petit pays. Gratuit pour les autochtones et au prix d’un parcours Lyon-Nice pour une année d’usage pour les étrangers, il est admirable de par ce qu’il a demandé en études et en ouvrages d’art.

                  Et pour en revenir au train, la ponctualité est inscrite dans leur Constitution. S’il y a un retard le chef de gare se fait Hara-Kiri avec la grande aiguille de la pendule du quai. On ne plaisante pas avec ça chez nos cousins, à moins de prendre l’Helvétie pour des lents ternes....


                • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:27

                   La Suisse a règlementé SÉRIEUSEMENT le trafic des poids lourds, utilisant le ferroutage et elle aussi n’a pas de ’liaisons internationale . De plus depuis que l’Allemagne a mis des péages autoroutiers automatiques pour les poids lourds, une partie du trafic du nord la contourne par la France !

                   L’autoroute A1 est desormais une Camionroute qui arose paris et sa couronne !


                • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 28 décembre 2010 12:21

                  @ Lutin :

                  Ce que vous écrivez à propos de la gratuité de l’usage des autoroutes en Suisse, qui serait gratuit pour les « autochtones » est inexact !

                  En effet, il n’y a aucune discrimination entre les résidents et les automobilistes immatriculés à l’étranger. Tout usager qui emprunte le réseau autoroutier est astreint à s’acquitter du paiement de la vignette autoroutière qui coûte 40.- CHF pour une année, soit environ 30.- €.

                  « De même leur réseau autoroutier est un exemple pour un si petit pays. Gratuit pour les autochtones et au prix d’un parcours Lyon-Nice pour une année d’usage pour les étrangers, il est admirable de par ce qu’il a demandé en études et en ouvrages d’art. »

                  @ Defrance :

                  « La Suisse a règlementé SÉRIEUSEMENT le trafic des poids lourds, utilisant le ferroutage et elle aussi n’a pas de ’liaisons internationale . De plus depuis que l’Allemagne a mis des péages autoroutiers automatiques pour les poids lourds, une partie du trafic du nord la contourne par la France ! »
                   

                  Exact, s’agissant de la très forte réglementation !

                  Inexact en revanche lorsque vous évoquez l’absence de « liaisons internationales » !

                  Que faites-vous de la liaison Nord-Sud entre le sud de l’Allemagne (Stuttgart et le Bade-Würtemberg) et le nord de l’Italie (Milan et la Lombardie) ?

                  C’est précisément dans cette réglementation du trafic poids lourd que s’inscrit le ferroutage à travers les Alpes (NLFA), le tunnel de base du Gothard sur l’axe entre Bâle et Chiasso et le tunnel de base du Lötschberg et le Simplon, sur l’axe entre Berne et la région de Novare en Italie.

                   

                  Concernant la forte réglementation du trafic poids lourd en Suisse, on peut citer la « RPLP » (Redevance Poids Lourds liée aux Prestations, voir ici), qui est le pendant des péages appliqués en Allemagne (ceux que vous citez).


                   


                • Lutin Lutin 2 janvier 2011 17:13

                   

                  En Suisse les poids-lourds sont interdits de circulation de 22h à 5h du matin, et ceci tous les jours

                  La taxe kilométrique est très élevée en Suisse pour les poids-lourds, ils payent au km et à la tonne, mais qu’ils soient vides ou chargés c’est le même prix ; le tarif s’applique sur le Poids Maximal Autorisé

                  Exemple ; un ensemble semi remorque récent de 40 tonnes fait Bâle-Chiasso soit 300km. Le tarif sera de 40tonnes X 2,26 centimes X 300km soit 271 Francs Suisses ou 220€ à peu près, pas loin de 0,75€ par kilomètre et ce tarif est applicable sur tout le réseau routier, même les chemins vicinaux........... si on y accède bien sûr

                  Mais ceci reste toujours moins cher que le passage des tunnels du Mont-Blanc ou du Fréjus à 270€ l’aller simple, sans compter le prix des autoroutes françaises qui vous y mènent et le surplus de kilomètres que cet itinéraire engendre en partant d’Alsace par exemple, d’où je suis et où j’exerce la profession de routier.


                • jef88 jef88 27 décembre 2010 18:11

                  Et si on regardait la carte des voies ferrées ?
                  Elles convergent toutes vers Paris :
                  Vive le jacobinisme !!!!!!!!

                  Donc il y a un noeud de communication quasiment inextricable et un « bordel » ambiant : le moindre décalage a des répercussions immenses.

                  D’autre part le modèle de fonctionnement est obsolète :
                  Pour une petite ligne de campagne 10 passagers dans le train 6 gares 60km
                  1 conducteur
                  1 controleur
                  12 personnes dans les gares
                  tout cela pour 8 trains par jour....
                  Quand pourra t-on acheter les billets dans le train, comme on fait pour les bus ?

                  Les polytechniciens de la SNCF ne sont pas arrivés à ce niveau de réflexion et la CGT non plus


                  • Lutin Lutin 27 décembre 2010 19:12

                    Mettre réflexion et CGT dans la même phrase c’est expliquer par l’image la définition de l’oxymore (ou oxymoron)


                  • Gasty Gasty 27 décembre 2010 19:53

                    C’est un niveau de réflexion difficile à atteindre. Les voie ferrées sont utilisées aussi bien par les trains direct, express, omnibus et marchandise. Hormis les LGV , tous les types de circulations doivent se partager une voie dans un sens et dans l’autre à des vitesses moyennes différente. Personnellement, je ne vois pas les trains régionaux omnibus s’accaparer la majeur partis des plages horaires au détriment des autres circulations par une lenteur de circulation que ce choix occasionnerait.

                    Sinon les infrastructures d’une ligne sont régulièrement contrôlé par du personnel réparti dans les gares environnantes dont il faut dire qu’un grand nombre sont déserté et le personnel remplacé par des automates.

                    Mais rassurez-vous, il existe dans toutes les régions des abonnements hebdomadaires ou mensuel. Ca ne date pas d’hier, mais ne vous en déplaise,figurez-vous que le choix appartient encore au voyageur . Un argument de taille, c’est le prix de l’abonnement très inférieur au prix des billets à l’unité.En résumé, les billets sont pris par les voyageurs à l’avance....même pas dans le train pour la majeure partie.
                    Désersifions et mettons des caméras n’est-ce pas !


                  • Croa Croa 27 décembre 2010 22:26

                    Tout à fait Gasty ! Les autoroutes sont toutes à 4 voies mais aucune voie ferrée ! smiley

                    Cette solution d’adaptation des lignes existantes pouvaient être alternative à celle de la future LGV sud-ouest. Mais les politique n’ont pas voulu de cette solution simple : Trop bon marché... pour les affaires de leurs amis !


                  • zelectron zelectron 27 décembre 2010 23:22

                    Cher nous c’est 4 trains par jour et 5 retraités de la SNCF parmi les 10 passagers....


                  • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:33

                     Bien vu Croa ,

                     en parlant du LGV, j’habite a mois de 20 KM de la « gare es Betteraves » et je vais assez souvent en Allemagne, or cette gare qui se trouve sur la ligne , a mi chemin entre paris et Lille ne me permet d’aller a Cologne qu’en passant par la gare du nord ! le train qui dessert Cologne ne s’y arrête JAMAIS ! et je paye les 200 km inutiles ! c’est ça le business !


                  • suumcuique suumcuique 27 décembre 2010 18:36

                    Si l’auteur de cet article avait pu discuter avec un ingénieur de la SNCF, il aurait une partie des réponses aux questions qu’il se pose. En particulier, il saurait pourquoi, les voies ferrées recouvertes d’un micron de neige, les TGV ne peuvent plus circuler à vitesse normale.

                    L’autre partie est à rechercher dans le fait que, si le réseau ferré français ressemble de plus en plus à celui du Nigéria et de la Grande-Bretagne, c’est aussi parce que les employés de la SNCF sont de plus en plus originaires, à tous les niveaux, de pays extra-européens où il n’est pas important d’être à l’heure, où l’on se sait pas ce qu’est la ponctualité. Il faut avoir voyagé - en train - dans les pays du tiers-monde pour se rendre compte à quel point la SNCF n’a presque plus rien à envier à la compagnie des chemins de fer indonésienne.

                    L’une veut monter avec ses trois poussettes et ses quatre bambins dans un train de banlieue et c’est déjà cinq minutes de retard. A la station suivante, c’est la même chose. A la station d’après, c’est la police du rail qui doit intervenir parce qu’un « sans ticket » a agressé un autre voyageur : c’est le psycho-drame : encore 15 minutes de retard au moins. Etc.


                    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 27 décembre 2010 19:50

                      Le prétendu « manque de personnel » n’est qu’une conséquence du passage des 39 h hebdo aux 35 heures.


                      • Pyrathome pyralene 27 décembre 2010 20:54

                        n’importe quoi.....


                      • hans 27 décembre 2010 21:10

                        senatus , cela ne se résume pas à cela, il faut aller au bout du raisonnement, 35 avait pour objectif d’amener à des embauches.
                        Il est évident qu’en appliquant les 35 sans embauche on va au devant de ce scénario, comme en particulier dans les hopitaux...


                      • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:36

                         Message télégraphié par la « Sarkosie », les 180 millions d’euros du lupanar volant ont probablement plus d’impact que les 35 heures !


                      • Defrance Defrance 27 décembre 2010 21:17

                        Bravo l’Heretique !

                         Delanoë qui se dit socialiste se fout de la gueule du monde, avec ses compères verts, pourris jusqu’à la moelle qui ne pensent qu’au BOBOS parisiens ! Rappelez vous du coup ou Cout des parkings pour vélos, pleins a la première réunion du conseil municipal et avec UN SEUL vélo a la seconde !
                         Le probleme de la SNCF est le même que celui des aéroports de Paris, on a privatisé des pans entiers, a la découpe, le rail a RFF, les wagons restaurants, les responsables se rejettent les problemes, rien n’avance plus ! aux aéroports c’est la même chose, l’entretien des pistes et privatisé, la restauration, même les fauteuils roulants ! ( j’en ai fait les frais la semaine dernière)


                        • Croa Croa 27 décembre 2010 22:49

                          Bonne conclusion de l’auteur « et donc, une organisation différente des entreprises en premier lieu, de la société à terme. »

                          Je m’étonne que la plupart des intervenants aient réagi sur les détails plutôt que sur le fond.

                          J’aurais toutefois préféré « et donc, une organisation différente de la société en premier lieu, des entreprises à terme. »

                          En effet le problème vient de la délocalisation des activités et des résidences qu’il convient donc de relocaliser. Toutefois des pôles subsisteront et de bons transports seront désormais toujours nécessaires ; pour être efficaces et écologiques ces entreprises devront aussi gagner en qualité, mais ce sera alors facile !


                          • Defrance Defrance 27 décembre 2010 23:42

                             Je vous suis , il faut raser la Défense pour régler le problème mais c’est mal parti, il y a une nouvelle tour en projet !

                             Je vais même plus loin il faut que le gouvernement « tourne » en province et ne siège plus en permanence a Paris pour que les taches de pots de vins ne soient pas qu’a Paris ?
                             Ca nous permettra d’écouler les tomates et les œufs pourris lors de leurs sessions et j’allais oublier, ils pourront avoir un peu plus de maitresses ( dans chaque capitale régionale)
                             


                          • titi 28 décembre 2010 00:23

                            @L’auteur

                            Je ne partage pas les mêmes souvenirs que vous.

                            La palme revenant à un Metz-Nice en 1992 qui arrivé en gare de Nancy (soit environ 90 km de son point de départ) accusait déjà un retard d’une heure et demie.
                            Je vous passe les trains en panne d’électricité et de chauffage en plein mois décembre.
                             
                            Mais il est vrai que je ne cultive pas l’art du « c’était mieux avant ».
                            Ou du moins je ne cherche pas par l’exemple de la SNCF et de l’absence de mémoire de mes contemporains à faire passer un message...
                            La SNCF est un fiasco. Ca l’était déjà il y a 20 ans.
                            C’est normal pour une entreprise qui fonctionne comme il y a 40 ans.


                            • titi 28 décembre 2010 00:44

                              J’ajouterai que imputer les problèmes de la SNCF à sa privatisation est le comble de l’ignorance, puisqu’à sa création la SNCF était une société d’économie mixte (51% état et 49% privée : et donc partiellement privée), et que c’est devenu un EPIC en 1982, dont l’Etat est l’actionnaire unique. La SNCF a donc bien été nationnalisée depuis 30 ans... tiens c’est marrant depuis que c’est du grand n’importe quoi.

                              Ce qui a changé ces dernières années :
                              - C’est la séparation entre infrastructure et exploitation : au lieu d’avoir un EPIC il y en a deux... la belle affaire puisqu’il y a une convention entre RFF et SNCF et donc que la SNCF continue à gérer les infrastructures.
                              - C’est que c’est la dette des régions qui finance les TER au lieu de la dette de l’Etat.


                            • Béotien 2 janvier 2011 16:41

                              Bonjour à tous, et je me permets d’ajouter mes meilleurs vœux de bonheur, de santé, mais également de citoyenneté et de vigilance !

                              J’ai personnellement expérimenté la déliquescence du transport ferroviaire le 26 décembre au matin, quand j’ai décidé sottement de me lever à 6h pour aider un proche qui avait besoin de mes bras.

                              Arrivé à 7h15 à la gare de Roanne, après 20 km sur des routes verglacées en diable, j’ai eu la bonne surprise de constater que la très grande majorité des TER pour Lyon étaient annulés, pour cause de grève. Oui, vous avez bien lu : il ne s’agissait pas de retards dus aux intempéries, mais d’annulation, parce que le service public, vous comprenez, ma bonne dame, c’est quand même plus facile entre 9h et 17h, les jours ouvrés et quand il fait beau que quand on est d’astreinte, et qu’il fait froid !

                              J’accuse donc, même si je n’aurai jamais les facilités de plume des vrais tribuns !

                              J’accuse les directions successives de la SNCF depuis l’avènement du roi TGV, d’avoir systématiquement et inconsidérément saccagé la stratégie d’investissements la plus élémentaire dans le réseau (ce que dénonce l’auteur), mais également dans le matériel roulant. Il n’est que voir à quel point le matériel est antique sur certaines liaisons (exemple : Montereau-Gare de Lyon, pour ne parler que de ce que je connais), et comment les collectivités régionales sont systématiquement sommées de cracher au bassinet si elles désirent maintenir un semblant de transport public ferroviaire.

                              J’accuse ces mêmes directions successives de lâcheté et d’irresponsabilité face à des agents qui cultivent la fainéantise et la malhonnêteté vis-à-vis de leur employeur et du service du public au point de refuser les astreintes, et d’avoir organisé un système parallèle, via leurs syndicats, pour être payés quand ils refusent de faire leur travail. Le pendant de cette lâcheté étant l’absence de juste rétribution et de reconnaissance pour les agents qui assurent leur service sans gémir, qui réparent inlassablement les dommages des ans, causés par les tempêtes, ou l’incurie d’autres égoïstes.

                              J’accuse les Sud-Raillistes (Sud-Railleurs ?) et autres Cégétistes d’un égocentrisme sans limite, portant au sommet l’individualisme et le corporatisme. Cachés derrière les bannières qu’ils brandissent, chargées de slogans dont la noble grandiloquence ne parvient plus à cacher la putridité de leur état d’esprit, ils révèlent le mépris qu’ils ont pour les notions de droit et de devoir, et la superbe ignorance de leurs frères humains.

                              J’accuse l’Etat de se décharger de son devoir d’assurer des infrastructures de transport sur les régions, des sociétés privées, sans que le citoyen y trouve la flexibilité, la productivité, le juste emploi de ses impôts qu’il est en droit d’attendre. Les impôts locaux et régionaux explosent, sans que ceux perçus au niveau national se réduisent, et surtout sans que le résultat économique résultant, qui seul compte, progresse depuis près de 30 ans !

                              Un tel fiasco nous pousse vers les extrêmes, soit dans un sens, soit dans un autre. D’aucuns argumenteront dans le sens d’un « tout étatique », planifié, nationalisé, dont la bureaucratie et une nomenklatura tireront le seul bénéfice. D’autres prôneront les vertus et la productivité d’un système privé, dont le bénéfice ira aux seuls actionnaires, sans que les autres parties prenantes (le client et les employés) aient autre chose que le strict minimum.

                              Alors citoyens, appelons à l’équité : que chacun soit payé selon son du.

                              Chassons les surcoûts... dans l’administration, y-compris l’administration européenne, qui creuse avec vigueur la tombe d’une Europe qui seule nous permettra de faire valoir notre culture, notre économie et nos talents face aux étoiles montantes d’Asie ou d’Amérique du sud.

                              Que les fauteurs de trouble, et seulement eux, soient punis. C’est valable à la SNCF, mais également dans la majorité des administrations et établissement publics ou assimilés.

                              Réintroduisons la notion d’Etat, non pas « providence », mais pour assurer les missions que lui seul peut assurer en maintenant l’équilibre entre le bien-être des citoyens, qui leur est dû, et les légitimes bénéfices des véritables entrepreneurs, et pas seulement des apporteurs de capitaux.

                              Utopie ? Pas si nous nous adaptons rapidement aux situations nouvelles qui surviennent chaque jour, pas si nous tordons le cou aux corporatismes, en commençant par le corporatisme financier, pas si nous construisons un projet de société.

                              D’un petit fait du quotidien aux grandes évolutions, il n’y a qu’un pas. Le tout est de vouloir le faire.

                              Bonne année !


                              • jaja jaja 2 janvier 2011 17:40

                                Si votre « utopie » c’est de vous en prendre à Sud Rail et aux syndicalistes, ce sera sans moi. Ou plutôt contre moi (et des millions d’autres).....

                                « Alors citoyens, appelons à l’équité : que chacun soit payé selon son du » dites-vous.. Et bien plus que dans l’administration, là où il faut chasser et se débarrasser des parasites c’est dans les Conseils d’administration d’entreprises où sévissent les actionnaires qui s’en mettent plein les poches. Et qui refusent l’investissement minimum au service de tous en préférant se remplir les poches.

                                Idem pour les banquiers. Et lorsque tous seront socialisés nous ne nous en porterons que mieux.

                                Et il y aura alors des transports dignes de ce nom....

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